[CLOS] Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais ! [Scénario]

 :: Monde :: Vers d'autres arches :: Europe Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Lun 1 Aoû 2016 - 13:34
Je resserrai légèrement ma cravate, tout en admirant la majestueuse demeure qui se dessinait devant nous. J'avais beau ne connaître les mariées que de nom, il fallait admettre que l'endroit avec du charme, et beaucoup de prestance. Je n'étais pas un habitué des mariages, encore moins dans des cercles aussi aisés. Enfin, rien qu’à voir l’invitation, j’avais pu deviner qu’on allait mettre les petits plats dans les grands pour cet événement. Néanmoins, la présence de visages connus aidait à aborder cette assez sereinement. Ce d’autant plus que, depuis ma nomination en tant que directeur de la PH, j’avais eu le loisir de m’habituer aux événements mondains.

Il n’y avait peut-être que la personne m’ayant demandé de l’accompagner pour me surprendre. Déjà par son invitation, qui m’avait totalement pris au dépourvu, après une autre rencontre frontale. Je devais peut-être songer à installer un gyrophare sur ma tête… Quoique, je n’étais pas certain que cela suffise à attirer l’attention d’une Charlie en pleine exploration. Bref, j’avais répondu oui immédiatement, sans vraiment réfléchir sur le moment. Mais à présent, je me demandais tout de même si cela ne cachait pas un certain sens… Mais bon, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de lui demander, avec la présence de la petite Saoirse, cela me semblait plutôt inconvenant.

Au moins, on pouvait dire que j’étais bien accompagné, avec deux charmantes demoiselles à mes côtés. J’évitais de trop observer Charlie et sa robe, de peur de piquer trop souvent un fard, car il fallait dire que cela lui allait vraiment bien. De même pour notre jeune jeteuse de fleurs, qui n’arrêtait pas de faire fondre mon cœur mécanique tant elle était adorable. Je la portais quelques temps sur mes épaules, pour qu’elle puisse avoir une vue imprenable sur le jardin en attendant la cérémonie et son grand rôle dedans. J’avais sorti mon plus beau costume pour l’occasion, en espérant ne pas trop faire tache dans un mariage où je ne connaissais aucune des deux promises. Pour leur cadeau, j’espérais également avoir tapé juste en offrant deux élégantes montres à gousset.

Je saluais toutes les personnes connues qui se présentaient à nous, à commencer par Kevin, que j’étais une nouvelle fois ravi et surpris de retrouver. Je fus heureux de voir que Søren était également présent, devinant que le bruit de moteur entendu plus tôt ne devait pas lui être étranger. J’adressais également un signe à Amelia Caine et à sa partenaire, un autre charmant couple pour cette belle journée. Tout comme celui vers lequel nous nous dirigions, à savoir Lewis et Claire. Voyant les deux Richards nous observer avec un certain sourire, Charlie et moi, je baissais légèrement les yeux, le rouge aux joues. Avant d’essayer de me reprendre pour les saluer, en profitant du moment pour faire redescendre Saoirse de mes épaules pour qu’elle puisse se joindre aux enfants du couple.

"Bonjour Claire, bonjour Lewis. Quelle bonne surprise de vous retrouver ici." Je saluais également les jumeaux, avant de suggérer à Charlie d’aller nous trouver une bonne place pour la cérémonie. Mieux valait avoir un bon point de vue, si elle voulait peindre le moment.

Après avoir trouvé lesdites places, j’aidais l’artiste à préparer son matériel, prenant également le rôle du distributeur à mouchoirs. Profitant que Saoirse soit occupée un peu plus loin à jouer avec les jumeaux Richards, je déclarai avec un léger sourire :

"Merci de m’avoir invité, Charlie. Ça me fait plaisir de passer cette journée avec toi."

Mais je n’eus pas le temps de m’étendre, la cérémonie commençant. Je m’installais, prêt à aider Charlie en dégainant un mouchoir plus vite que mon ombre. J’encourageais également Saoirse, qui allait bientôt commencer sa tâche de lanceuse de fleurs. Ce faisant, je remarquais la présence de Gabrielle, que je saluai également d’un petit geste de la main. Décidément, ce mariage était de plus en plus surprenant.

Je me concentrais ensuite sur la procession, souriant de voir deux personnes, bien qu’inconnues pour moi, s’unir pour la vie. Voilà qui avait de quoi me laisser rêveur… Le bonheur est contagieux, paraît-il.
Dastan
Sphère Technique
avatar
Messages : 646
Etat Civil : Coquinou en couple
Pouvoirs : Maîtrise du temps



Don't waste your time or Time will waste you



Don't click... unless you wanna be blinded (a)

Revenir en haut Aller en bas
Mer 3 Aoû 2016 - 20:04

Arturo Cavalieri

- Le bel italien, ami des deux futures épouses, s'occupe d'officier la cérémonie d'engagement



Arturo balaya l’assistance du regard avec une pointe d’excitation mêlée à de la nervosité. Il repositionna sa feuille sur le pupitre pour la centième fois. Le brouhaha baissa d’intensité. Quelques toux, puis plus rien, c’était à lui de jouer :  
 
-Les amis ! Nous sommes rassemblés aujourd'hui en l’honneur d’Anna et de Lotte, qui ont décidé d’unir leur vie.
Quand les filles sont venues me demander de conduire la cérémonie j’étais fou de joie mais aussi pas mal nerveu à l'idée de cette responsabilité. J'ai lus des dizaines de bouquins sur le sujet, Hayden peut en témoigner ! Grâce à ce défi je peux vous dire qu'il y a autant de façon d’unir que de personnes qui s’aiment ! J’ai donc cherché celle qui correspondrait le mieux à ces deux magnifiques princesses. Je me suis tourner vers la poésie française.  
Je reprends les vers du romantique Nerval qui a écrit un jour
:
 
Arturo, de son accent chantant déclama alors avec ferveur l’Odelette par le prisme de laquelle il avait vue l’amour des deux nymphes.  
 
“Belle épousée, 
J’aime tes pleurs ! 
C’est la rosée 
Qui sied aux fleurs. 
Les belles choses 
N’ont qu’un printemps, 
Semons de roses 
Les pas du Temps ! 
Soit brune ou blonde 
Faut-il choisir ? 
Le Dieu du monde, 
C’est le Plaisir.” 

 
Arturo ménagea un court silence pour que chacun puisse s’imprégner de ces verres. Il s’éclaircit la gorge. Sa voix résonna dans le parc de façon beaucoup plus solennelle.  
 
-C’est sur la base de cet adage que j’ai perçu l’amour d'Anna et Lotte. Un amour mais aussi un engagement. Autrement dit, le respect et la bienveillance, envers l’autre, tout en acceptant malgré le temps qui passe et les larmes versées, tout ce qu’il est et aussi tout ce qu’il n’est pas.
 
Arturo eu un furtif regard en direction de l’assistance. Il croisa le regard de l’Allemand assit au premier rang. Il se cramponna au pupitre et reprit. 
 
-Parce qu'on a tendance à se dire que des émotions sincères vont suffire. Alors qu’a la vérité elles ne sont que le limon caché au fond du fleuve de la vie. Sans Souvenirs, sans projets, même la passion la plus ardente finira par s’éteindre.  
S'épouser c’est avant tout faire le pari d’une petite éternité d’expériences partagées ! Voilà la belle aventure que vont poursuivre Lotte et Anna.  


Le reste de la cérémonie s'était montrée aussi touchante et émouvante que ce début si bien orchestré par l'italien. Quelques demoiselles d'honneurs avaient ensuite été inviter à lire des textes de leur choix, écrit de leur main ou existant. Tout s'était magnifiquement bien passé et le public, comme les deux princesses, semblait aux anges.

-Bien, maintenant, si quelqu’un a quelque raison que ce soit de s’opposer à ce mariage, qu’il parle maintenant, ou se taise à jamais...

Le silence s'était installé comme un voile sur l'assemblée avant d'être subitement rompu par le bruit d'un objet qu'on échappe. Une centaine de regards noirs s'étaient tourné dans la direction du bruit, mais rien d'autre n'était venu empêcher l'union.

-Lotte es tu prête à… “ 
 
Arturo proféra les paroles ritualistiques tandis qu'une demoiselle d’honneur cherchait les alliances. Un léger vent de panique se propagea dans l’assistance féminine. Le murmure d’un essaim affolé brisa la rythmique de la cérémonie.  
 
-Elles sont là !
 
Arturo recommença à respirer. La jeune femme s’avança pour tendre les anneaux. La réplique fatidique tonna :  
 
- Lotte Hoffmeister..."

*

Le cœur battant, Lotte avait préparé sa réponse du bout des lèvres.
Une seule syllabe qui scellerait son engagement, une affirmation qu'elle avait répété encore et encore dans son esprit, comme pour lui donner la meilleure intonation possible.
Un « Oui » dont la retenue avait trahi l'émotion de sa voix.

Son regard d'ambre s'était alors fixé avec intensité dans celui de sa promise. Un sourire espiègle sur les lèvres, elle l'écouta répondre à son tour à la question fatidique. Les trois mêmes lettres s'échappèrent de sa bouche si douce et, instinctivement, la main de la ballerine était venue chercher celle de sa femme. Elle avait rencontré celle-ci à mi-chemin et leurs paumes s'était serrées avec une légère pression qui semblait vouloir signifier « C'est fait ». Leurs doigts s'entrecroisèrent et leur lèvres étaient venues se trouver, brièvement, tendrement.
Elles avaient encore échangé un long regard dont la lueur si particulière n'avait de sens que pour elles, au delà des mots. Le cœur de Nikiya s'était une nouvelle fois contracté dans sa poitrine, la gorge serrée, malgré le large sourire.

Les deux jeunes femmes réunirent autour d'elles leur demoiselles d'honneurs pour une photographie qui immortaliserait l'instant. Dans le rapprochement de toutes ses femmes, les doigts de Lotte avaient frôlé ceux de Dahlia et la danseuse avait accroché pour une seconde son regard au sien.
Mais déjà avait-elle retrouvé la main de son épouse et les deux mariées, d'un pas leste et joyeux, remontaient l'allée des invités, devancée par la charmante petite Saroise qui ouvrait la marche de ses pétales de fleurs offertes à la brise. Légères, elles guidaient le chemin d'un cortège désorganisés et insouciants – à l'image des deux reines du jour - de convives, invités à les suivre comme bon leur semblait.

*

Là, dans la partie du parc la plus propice - c'était à dire non loin du château, sur une large étendue d'herbe où avait été dressées de grandes tables nappées de blanc et couvertes de mets les plus raffinés, et où, non loin, se trouvaient de petits jardins offrants chemins de promenades et alcôves d'arbustes pour s'isoler – dans cet endroit, donc, la foule d'invités était accueillie par des serveurs en livrée noire et leur plateaux garnis de coupes de Champagne ou de petits fours. Ils passaient, telle une armée d'ombres, parmi les centaines de convives et étaient à même de répondre à tous leurs désirs. Cependant, en plus du service, avait été aménagés, pour prévenir aux désirs des hôtes, un bar à cocktail -qui se trouvait non loin d'une des terrasses du château- et, de l'autre côtés, plus près des jardins, un glacier, proposant un large choix de glaces artisanales et autres confiseries.

*

Une coupe du meilleur Champagne en main, Anna et Lotte remercièrent dans un discours commun la présence de tout un chacun et, ne s'attardant pour ne pas impatienter les foules déshydratées, levèrent leur verre. Une gorgée dans un verre partagé plus tard, les deux femmes s'étaient rapidement éclipsées de la vue de tous – qui d'ailleurs, pour la plupart, étaient bien trop occupés à s'enquérir de la diversité des mets proposés.

Lotte, qui n'avait toujours pas lâchée la main de sa femme, l'avait entraîné à sa suite dans le château. Un petit sourire mutin sur les lèvres, elle se retournait de temps en temps vers Anna, pour observer la belle. Son doux visage était encadré de quelques cheveux blonds un peu fous, échappés d'une natte laissée naturelle sur un côté. Dans un couloir à l’abri des regards, elle l'avait attiré tout contre elle en venant chercher ses lèvres :

-Je te suivrais bien dans une chambre, là maintenant, avait-elle murmurée tout contre son oreille.

D'un rire franc, Anna avait levé les yeux au ciel.

-Allons déjà finir les formalités, tu ne crois pas ?

L'américaine, avait à son tour pris les devant. Elle connaissait son amie. Sa femme, maintenant. Ce désir si soudain pour elle, comme à leur début... Elle chassa cette pensée. Oui, elle connaissait trop bien Nikiya et savait pertinemment qu'elle ne lui serait qu'à elle que pour très peu de temps. Elle s'était depuis longtemps faite à cette idée.

Dans la foule, on avait fait chercher la dénommée Gabrielle Kreizler. Une fois cette dernière trouvée, on s'était excusé de la déranger et de la tirer ainsi à quelques probables conversations - ou autre - avant de la prier, si elle le voulait bien, de rejoindre le château. « Cela ne serait pas long » lui avait-on bien précisé.
Nikiya
Sphère Artistique
avatar

Messages : 415
Etat Civil : Mariée
Pouvoirs : Conscience et contrôle du fonctionnement physiologique de son corps


Always comes a time when you need to take tough decisions.
Revenir en haut Aller en bas
Mer 3 Aoû 2016 - 20:10
Alexander gardait sur toute cette scène un œil implacable, sombre, dénué de la moindre expression. Il portait de temps en temps sa coupe de Champagne jusqu'à ses lèvres, un geste lent, mesuré, davantage destiné à ponctuer la conversation qu'à réellement boire le contenu de la flûte de cristal. Il faisait aller et venir son regard de jais sur ses différents interlocuteurs, les gratifiants parfois d'une parole parfaitement à propos.
Entretenir une conversation d'intérêt ne prévenait pas le génie de garder un œil alerte et analytique sur tout ce qui se passait autour de lui. Son cerveau avait cette facilité déconcertante à cloisonner et multiplier les tâches. Il enregistrait ainsi avec exhaustivité toute information avant de la traiter, l'analyser, puis la classer dans un endroit spécifique de son esprit infaillible. Sa mémoire absolue lui valait de connaître les quatre cent cinquante invités ayant répondu présents, il s'intéressait alors de savoir qui échangeait avec qui, ou au contraire, quels individus semblaient s'éviter.

Mais déjà venait-on le chercher et il dut s'excuser auprès de ses interlocuteurs pour rejoindre la demeure principale ou il était attendu.

Dans un petit salon XVIIIème aux teintes crème et saumonée, avait été installé un homme de loi. Un individu dégarni, d'une cinquantaine d'année et dont l'écharpe officielle ceignait le torse bedonnant. Il avait laissé éclater un rire plutôt aigu pour sa corpulence et regardait avec bonhomie les deux jeunes femmes qu'il était chargé d'unir aux yeux de la loi. Devant lui, sur une petite table qui le séparait des deux mariées éblouissantes de fraîcheur, était posé un lourd registre dans lequel il leur faudrait tous signer afin de légaliser l'union. Il s'y trouvait également un épais contrat de mariage qui avait été soigneusement relu par les avocats des deux parties.
En voyant arriver Feuerbach, Anna s'était empressée de prendre la parole :

-Elle ne devrait pas tarder, son ton se voulait pleins de certitudes.

Le mariage civil avait été, au dernier moment, repoussé après l'engagement laïque, dans l'espoir qu'une tante daigne bien vouloir montrer son visage. Cette dernière avait, heureusement, été aperçue dans la foule peu avant de début de la cérémonie.
L'homme d'affaire hocha doucement du chef, avant de se diriger vers une troisième jeune femme assise dans un coin de la pièce. Il lui baisa une main :

-Katarzyna.

A ce même moment, la porte du petit salon s'était ouverte et on y avait fait entrer Kreizler.

-Gabrielle ! Merci d'être venue ! Anne s'était précipitée à la rencontre de sa tante avant de s'arrêter, nette, presque figée, à quelques pas de celle-ci. Ne sachant si elle pouvait l'enlacer ou non, au regard de leur relation encore naissante, elle s'était contentée d'un sourire franc avant de reprendre avec un brin d'espoir dans la voix :

-Accepterais-tu d'être mon témoin devant la loi ? J'ai toujours souhaité que quelqu'un de ma famille ai ce rôle et... et puisque tu es la seule représentante de celle-ci présente aujourd'hui...

Elle avait laissé planer le reste de sa phrase dans l'air.
Plus tôt dans la journée, lorsque la future épouse était venue lui parler ce projet, qui comme on le sait, avait modifié légèrement le déroulement des festivités, Alexander avait recommandé à la jeune femme avec une fermeté non pas dénuée de bienveillance, de se préparer à l'éventualité d'un refus afin de lui éviter une déception. Il s'était tout de même chargé de trouver une solution de replis, le cas échéant.

Alexander avait alors posé son regard sombre mais dénué de jugement sur la profileuse et Lotte, d'un sourire charmant, avait appuyé la demande de sa compagne.


Lorsqu'ils ressortirent tous du château, les deux femmes étaient très officiellement mariées.


Dans le parc, aucune coupe ne restait bien longtemps vide. Le personnel était attentif et réactif. Le quatuor de musiciens avait été déplacé non loin d'une pergola et jouait de quoi meubler l'atmosphère de ce milieu d'après-midi. Rapidement, les convives s'étaient d'eux-même organisés en petits groupes d'affinité ou d'affaire et l'on pouvait dire sans mal que le cocktail battait son plein.

Du coin de l’œil, l'allemand observait les deux nouvellement mariées se mêler à la foule, saluant les convives avec chaleur. Elles passaient des uns aux autres et, irrésistiblement, le couple s'était rapproché de miss Anderson.

-Dahlia ! Mille merci d'avoir accepté d'être l'une de mes demoiselles d'honneurs ! Lotte avait pris la jeune femme dans ses bras avec une sincérité touchante. Elle semblait avoir profité de cette embrassade pour glisser un mot à l'oreille de l'actrice et chanteuse mais la distance l'empêchait d'en saisir la teneur.

-Je sais que c'est étrange de te présenter ma femme maintenant, n'est-ce pas ? L'étoile fit une petite moue ennuyée et déjà Anna se présentait d'elle-même, lui assurant que, de son côté, Lotte lui avait beaucoup parlé d'elle.

Les trois femmes avaient échangé un temps, avant que les reines de la journée ne soient appelées ailleurs, à d'autres salutations et d'autres remerciement.
A peine les mariées s'étaient-elles éloignées qu'un jeune homme, à la mine patibulaire, s'était approché des jumeaux et avait invectivé la star. Un ancien amant jaloux, selon toute probabilité, qui interrogeait avec hargne l'identité du jeune homme au côté de la belle starlette.

-Méfiez-vous de cette femme ! Avait-il lancé à la cantonade, avant de reprendre ses invectives contre la jeune femme.

Quelques invités avaient tourné la tête, curieux de cette scène qui dérangeait leur tranquillité. D'un coup d’œil lancé à l'un des ses hommes de main, le génie avait ordonné silencieusement à ce que l'importun soit gardé à l’œil et que quelqu'un intervienne si besoin était. L'homme d'affaire, pour connaître un peu la piquante Persona, ne doutait pas qu'elle saurait s'occuper à merveille du nuisible, elle le ferait même probablement avec un naturel déroutant. Mais puisque l'on ne pouvait tout à faire connaître les réactions imprévisibles d'un homme qui manquait suffisamment d'éducation pour être, si tôt dans la journée, éméché, Alexander préférait tout de même que l'un de ses hommes puisse intervenir rapidement au besoin.

Une fois ceci-fait, il s'était rapproché d'un pas lent et assurée de son rival préféré. Les conditions étaient idéales. Il était venu saluer de façon cordiale Perceval Rose, ainsi que sa charmante assistante et garde du corps - qui, si elle pouvait le cacher très bien, devait nourrir néanmoins quelques ressentiment à son égard. L'allemand échangea avec le directeur d'Arkadia quelques banalités au sujet de l'exposition universelle qui battait son plein ainsi que les records d'affluence, puis, au moment propice, alors qu'il avait avisé un couple non loin d'eux, il s'était permis d'ajouter, non sans une certaine lueur de satisfaction dans le regard :

-Monsieur Rose, permettez-moi de vous présenter un couple que, je le crois, vous n'avez pas encore eu l'occasion de rencontrer mais qui risquerait de vous intéresser.

D'un petit sourire carnassier et d'un petit geste, il avait attiré l'attention du Duc et de la Duchesse de Lampeduza, qui passaient à ce moment à leurs côtés.

-Madame la duchesse, monsieur le duc, permettez-moi de vous présenter monsieur Perceval Rose, l'éminent directeur d'Arkadia ainsi que son assistante et garde du corps, Miranda Lockhart.

A Percy :

-Vous connaissez, sans doute, le Duc et la Duchesse de Lampeduza, nobles mécènes de la culture et des arts...

Pour tout dire, Alexander se délectait d'être l'instigateur de cette rencontre, qui se serait plus que probablement faite sans son concours. Un très fin sourire s'était étiré sur ses lèvres pâles dans lequel n'était feintée aucune politesse. C'était une façon peu commune de bouger ses pions sur l'échiquier, mais il en était plutôt satisfait. Et s'il avait établie un nombre important d'hypothèses quant au déroulé de cette rencontre, il n'en demeurait pas moins curieux de voir qu'elle en serait l'issue.

Il avait laissé le quatuor improbable à leurs salutations et s'était éloigné pour rencontrer d'autres convives. Cherchant les deux princesses des yeux, il avait avisé Wang, en pleine conversation. Puis son regard s'était arrêté sur le jeune Kevin Scoltly, le jeune homme qui travaillait pour lui depuis quelques semaines déjà. Un homme, qu'il reconnaissait comme l'un des chorégraphe en résidence à l'Opera House, s'était approché du jeune homme et l'avait salué. D'une main tendue, il s'était enquis du nom – en ces termes exacts – de ce bel apollon qui se trouvait devant lui. Il semblait dévorer le garçon des yeux et, il avait fallu l'intervention in extremis de miss Hoffmeister pour qu'il ne fût pas mangé tout cru. Elle en profita pour faire les présentations mais aussi pour interdire à son ami de toucher à un seul cheveux de Kevin et cela, au sens propre comme au figuré.
Riant au éclat d'une réponse alors faite par le chorégraphe, elle s'était éloignée pour continuer ses salutations.
Verstand
Sphère Economique
avatar

Messages : 123
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Intelligence hors du commun
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 4 Aoû 2016 - 13:46
Pour un premier mariage, celui-ci semblait plutôt réussi aux yeux de Miranda. Aucun coup de feu, personne n'avait explosé, et elle était à peu près sûre que les musiciens ne cachaient pas des lames d'assassin dans leurs archets. La cérémonie lui avait paru adéquate, à défaut d'un autre mot. Les mariées semblaient heureuses, c'était le principal. Probablement. Elle n'était pas femme à s'émouvoir pour si peu, surtout lorsqu'il s'agissait d'une occasion où l'on affichait ses sentiments. Pour elle, l'union de deux êtres -quelle qu'elle soit- n'avait pas à s'accompagner d'un tel tintouin. La seule chose qui comptait, c'était d'avoir bien choisi sa partenaire, et d'avoir confiance en elle. Qu'on tienne à ce pont à l'afficher lui paraissait étrange, peut-être parce qu'elle était incapable de s'imaginer elle-même dans une telle situation. Sa vie n'était pas vraiment faite pour les quatuors à cordes, les demoiselles d'honneur et les alliances. Elle espérait tout de même qu'il y aurait du gâteau ; sa vie était faite pour le gâteau. Au-delà de ça, une cérémonie lui donnait surtout la désagréable impression de favoriser l'agissement d'éléments extérieurs négatifs en s'affichant ainsi. Plus il y avait de monde, plus le terrain était difficile à contrôler. Elle ne doutait pas de l'efficacité de la sécurité avec un homme comme Feuerbach dans le coup, qui devrait s'en sortir tant qu'elle ne se retrouvait pas aux prises avec quelqu'un comme Miranda Lockhart. Et elle ne voyait aucune raison de perturber un tel moment ; seulement, c'était plus fort qu'elle, elle se devait d'envisager toutes les possibilités. Une sorte de déformation professionnelle inscrite au plus profond de son être, qui l'empêchait de se montrer réellement détendue.

Quant à Percy, il avait suivi l'union avec un intérêt certain, un léger sourire sur les lèvres. Elle soupçonnait depuis longtemps son patron d'être pourvue d'une certaine fibre romantique sujette à la mièvrerie, d'autant que ce mariage ressemblait en tout point à ce qu'on pouvait attendre d'une telle occasion, nourrissant sans aucun doute l'appétit de Rose pour la narration bien faite. Pour le moment, personne n'avait soudain fait irruption pour perturber le déroulement des activités de manière théâtrale, c'était déjà ça. Même si Miranda n'aurait rien eu contre un peu d'action. Elle était, malgré son détachement quant au concept de mariage, heureuse pour Lotte malgré tout. La blonde n'avait pas beaucoup d'amies, aussi s'attachait-elle d'autant plus fortement à celles qu'elle comptait, et la danseuse avait l'air radieuse. Sa nouvelle femme rendait Miranda curieuse, d'autant qu'Arkadia n'avait rien déterré de particulièrement probant si ce n'était son lot de brouilles familiales. Il n'y avait que sa tante présente aujourd'hui, la fameuse Gabrielle Kreizler. Miranda ne savait toujours que penser du lien bizarre qui s'était formé entre son patron et l'agent de Scotland Yard, mais elle n'allait pas se mêler des affaires de Percy à ce sujet. Pour le moment, elle se contenterait de surveiller la situation de loin. Non pour la première fois depuis qu'elle avait été conviée à la fête, elle se demanda de quoi avait pu avoir l'air le mariage de Percy, bien avant qu'elle ne le rencontre. Il lui avait très peu parlé de sa défunte femme, et elle avait toujours respecté son choix malgré sa curiosité. Elle sentait que c'était pour Percy un sujet difficile, et probablement le souvenir qui le hantait le plus. Mais si un jour comme aujourd'hui le faisait à nouveau remonter à la surface, il ne le montrait pas.

Lockhart étouffa un grognement quand Feuerbach se dirigea vers eux après la cérémonie. Rancunière, elle lui en voulait toujours pour la démonstration de force puérile dont il s'était fendu à Amsterdam. De plus, voilà qu'il se plaçait entre elle et les petits fours, et elle n'avait même pas encore eu l'occasion d'aller féliciter Lotte et saluer Dahlia. Il avait intérêt à ne pas leur faire perdre trop de temps s'il ne voulait pas se retrouver poignarder par l'objet pointu le plus proche. Comme toujours, Percy se montrait civil avec l'allemand, et elle savait qu'il appréciait l'émulation de leur concurrence...tout en n'oubliait jamais de se méfier du jeune génie comme la peste. Elle suivit avec un intérêt modéré leur bref échange poli sur l'état de leurs affaires et la foire aux inventions du carnaval, tandis qu'elle essayait de repérer d'où est-ce que viendrait le gâteau(1). Cependant, elle n'en perdit pas une miette (ce qu'elle ferait aussi concernant le fameux hypothétique gâteau), et ne fut pas surprise de voir Percy se tendre très brièvement quand Feuerbach les précipita dans son petit guet-apens social. La réaction de Rose fut infime, d'autant plus pour un homme qui savait si bien se maîtrisé, mais les Lampeduza étaient de ceux qui le poussaient toujours à réagir. En particulier la femme, que Miranda avait rencontrée lors de la soirée d'intronisation de l'Ordre. Elle l'avait trouvée intrigante, et dotée d'une volonté qu'elle admirait, mais elle n'oubliait pas de s'en méfier pour autant. Si elle s'était hissée en tête de liste des individus dangereux à Arkadia, ce n'était pas pour rien.

« Décidément, vous savez introduire, Alexander. » répondit Percy, un mince sourire sur les lèvres, son calme olympien retrouvé. « Comptez sur moi pour vous rendre la pareille un de ces jours. Madame la duchesse, monsieur le duc Nous nous sommes déjà croisés de loin à l'une ou l'autre soirée officielle, mais nous n'avions encore jamais eu l'occasion de nous adresser la parole. »

Rose se montrait cordial, habitué à naviguer dans la mondanité et au double-jeu. S'il devait finir par y avoir des menaces ou des attaques, elles seraient voilées des deux côtés. Percy n'avait guère de raison de s'en prendre au duc, mais il considérait Nikolas Cnossos comme un tel danger qu'il devait concentrer la majeure partie de son attention sur elle. De son côté, Miranda restait attentive à tout pour deux, plus détachée que son patron. Elle hocha la tête à l'adresse des aristocrates en un salut muet.

« Je ne suis guère étonné de vous retrouver ici, surtout vous madame la duchesse ; il n'y a que peu d'occasions mondaines où l'on n'a pas une chance de vous croiser. On pourrait même dire que vous mettez un point d'honneur à vous montrer un peu partout. » Comme la petite vérole, aurait-il bien ajouté, mais il sut se retenir. « Monsieur le duc, c'est un plaisir de vous rencontrer enfin. J'ai toujours admiré vos œuvres ; plus encore, j'admire votre inspiration. C'est un don bien précieux. »


________________________________________________________________

(1) Et s'il devait s'avérer qu'aucune pièce montée ne fasse son apparition, voilà qui briserait à jamais les attentes de Miranda Lockhart sur le mariage.

Percy
Sphère Economique
avatar

Messages : 511
Etat Civil : veuf
Pouvoirs : mémoire parfaite - intelligence améliorée - résistance mentale - Immortalité


Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 4 Aoû 2016 - 15:12


« Ainsi la belle étoile filante d'Edimbourg s'est trouvée une douce nuit pour briller à jamais de milles éclats »


La majestueuse cérémonie parvint à sortir Kevin de ses inquiétudes, au moins pour un laps de temps. Ce n’est pas la duchesse qui l’inquiétait, malgré certains avertissements qu’il avait reçu à son encontre. L’origine c’était ce chinois qui savait responsable de son agression. Valait mieux qu’il l’évite car Kevin n’était pas du genre à jouer la comédie sociale que les riches fortunés savent si bien faire. Le jeune homme agit toujours avec franchise. S’il ne voulait pas gâcher la fête, il n’aurait donc qu’à l’éviter. Mais il était tout de même chagriné à l’idée que ce criminel compte comme un proche de Lotte ou de sa femme...

D’ailleurs, la présence de tous ces grands argentiers l’étonna. Disons le carrément, il faisait carrément tâche ici. Il se sentait comme un petit poisson entouré par les requins. Il nota également la forte implication de son patron allemand dans ce mariage. L’hypothèse d’un amour de jeunesse avec la danseuse était à exclure, vu l’orientation sexuelle de l’allemand. Tiens d’ailleurs, voilà qui s’approcha de Kevin pour le saluer.

- M. Feuerbach, mes salutations. Ce mariage est une vraie réussite. Les mots de M. Arturo furent très personnels, touchants et justes. Il m’a fait penser au poète Alessandro Manzoni. Il faut avouer que pour parler d’amour ce sont nous les italiens qui sommes les plus doués.

Kevin était convaincu que derrière les mots d’Arturo, il y avait un message caché adressé peut être de façon inconsciente ou pas à Verstand. Leur vie ne lui regardait pas donc il ne s’en mêlerait pas. Mais l’intelligent milliardaire devrait facilement comprendre ce que pensait Kevin dans les mots qui venaient de dire. Quoique, l’amour peut rendre aveugle ou idiot…

Dans tout mariage, les invités se doivent de féliciter les mariés. Kevin attendait e moment, voyant Lotte s’approcher tout doucement vers lui mais à chaque fois effrénée par la présence d’autres convives. Et puis il l’a perdue du regard lorsqu’un homme lui fit face en lui tendant sa main. Il sut plus tard qu’il s’agissait d’un chorégraphe de l’opéra. Son regard de prédateur le mit tout de suite mal à l’aise. Et lorsqu’il comprit qu’il le draguait ouvertement, il devint rouge comme une tomate. Heureusement que super woman Lotte vint le sauver…

Avant que la mariée s’éloigne, Kevin vint la rattraper pour se planter devant elle à une proximité dont il n’avait pas l’habitude avec autrui. Et par surprise, il lui déposa un baiser éclair sur son front. Pour Kevin, c’était un réel exploit de faire ce témoignage charnel d’affection. Il n’avait jamais embrassé quelqu’un depuis la mort de ses parents. Toute la grande affectation qu’il portait à l’égard de l’Etoile avait réussi à vaincre quelques barrières de sa phobie. Il était maintenant comme un objet en cristal dans les mains de Lotte qui pouvait soit le briser en mille morceaux soit en faire un vrai joyau.

- Etoile radieuse, je te souhaite un amour infini et heureux avec ta belle nuitée

Il n’attendit pas sa réaction, profitant l’arrivée d’autres invités pour s’éclipser. Il avait un large sourire, content d’avoir réussi ce qu’il pensait irréalisable. Il tomba nez à nez sur la famille Richards, qu’il salua chaleureusement. Il fut étonné de ne pas trouver Colm mais fut heureux d’apprendre que sa mère lui faisait un peu preuve de confiance en le laissant avec ses amis.

- Mme Richards, ce costume me va comme un gant. Vous êtes une fée de l’aiguille.

Lorsqu’il découvrit la présence de Dastan, il alla également le saluer, tout comme la belle jeune femme au cœur d’artichaut qui était à ses côtés. Lui qu’il pensait se retrouver qu’avec des inconnus était heureux de ne plus se savoir seul.
.



Iron Will
Sphère Savoir
avatar

Messages : 382
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Tactile télékinésie et télépathie, Biokinésie (sur lui-même)
Revenir en haut Aller en bas
Dim 7 Aoû 2016 - 10:59
Une fois les deux mariées devant l’autel, la cérémonie put commencer. Tout en écoutant le discours enthousiaste d’Arturo, je lançais de temps à autre un regard et un sourire à mon frère. Il semblait plutôt détendu et même souriant, ce qui me rassurait. Je ne manquais pas le long coup d’œil que notre maître de cérémonie adressa à un certain allemand au premier rang, mais à part à léger sourire amusé, je fis mine de n’avoir rien remarqué. Les mariages avaient décidément un drôle d’effet sur les gens, mais plutôt dans le bon sens du terme dans le cas présent, j’avais l’impression.

Puis vint le moment où quelques demoiselles d’honneur purent venir devant l’assistance déclamer un discours. Je m’étais prêter au jeu, ayant là pu me préparer assez à l’avance pour savoir quoi dire. Du moins, je l’espérais. Je m’approchais du micro, abordant le petit sourire timide de celle qui n’a pas l’habitude de prendre la parole pour dire des choses importantes ou intelligentes. Et du reste, j’avais effectivement peu l’occasion de parler devant tant de monde pour dire des choses, quoi que dans le cadre d’un rôle, qui n’en soient pas moins vraies.

"Je suis navrée si je n’ai pas le talent de notre maître de cérémonie, ni sa poésie. Cela ne m’empêchera pas, je l’espère, de pouvoir adresser mes plus sincères félicitations aux futures mariées. Car il faut un certain courage, pour s’unir ainsi jusque dans la mort. D’autant que de nos jours, le mariage n’a peut-être plus sa dimension sacrée d’autrefois. Mais peu importe, c’est à nous qu’il appartient de lui redonner les significations que cet engagement avait et continue malgré tout d’avoir. Anna, Lotte ; la vie est faite d’épreuves, mais surtout de bonheur. Et je vous souhaite qu’à partir de ce jour, vos existences unies connaissent une épaule sur laquelle vous appuyer en cas de problème, mais surtout qu’elles soient encore plus emplies de joie et de félicité. Merci pour votre attention."

Je retournai ensuite à ma place pour écouter le reste des discours, finalement assez satisfaite et sereine. Vint ensuite le moment d’échanger les alliances. La panique sembla prendre certaines demoiselles d’honneur lorsque les alliances ne furent pas trouvées. Gardant mon sang-froid, je les aidais jusqu’à-ce qu’enfin, les bagues fassent leur apparition. Le moment fatidique où l’on demande si quelqu’un dans la salle s’opposait à cette union, et je parcourrais l’assemblée du regard. Si quelqu’un avait le malheur de ses prononcer, il ne ferait de toute manière pas long feu. Les vœux furent ensuite échangés, et je souris doucement en voyant les deux femmes s’embrasser.

Les mariées et les demoiselles d’honneur se rassemblèrent pour la photo, et mon regard accrocha celui de Lotte lorsque ses doigts frôlèrent les miens. L’espace d’un instant, je me fis plus sérieuse, avant de retrouver mon air enjoué. Décidément, nous allions devoir nous expliquer, seule à seule, ayant manifestement des choses à nous dire. Mais pour l’heure, j’affichais mon plus beau sourire, et après le flash, me dépêchait de retrouver Léon.

"Ça va, tout s’est bien passé ? Ça n’était pas trop long ?" lui demandai-je avec une expression tendre. D’autant qu’à présent, le reste de l’événement nous attendait.

Lotte et Anna s’étaient éclipsées pour la cérémonie civile, avais-je cru comprendre, tandis que les invités restaient dans le parc à boire, manger et discuter. Apercevant Amelia et sa compagne non loin, je m’excusais auprès de mon cavalier, m’assurant que je pouvais le laisser seul quelques instants pour aller saluer mon amie. Je n’avais pas envie de lui imposer des visages inconnus, et ne restais de toute manière pas très loin de lui. S’il avait le moindre problème, il pouvait venir me chercher.

"Bonjour Amelia, ça me fait plaisir de te voir." déclarai-je en m’approchant des deux jeunes femmes avec un sourire. "Et je suppose que vous devez être Alexis. Amelia m’a beaucoup parlé de vous, et je crois savoir que vous vous intéressez aussi au pilotage et à la vitesse."

Je discutais quelques instants avec elles, ravies de les voir aussi rayonnantes que les mariées, jusqu’à-ce que ces dernières fassent justement leur réapparition pour venir remercier les invités. Lorsqu’elles vinrent vers moi, je fus un peu surprise de voir Lotte me serrer contre elle, avec une joie sincère. Je fis finalement de même, un petit sourire sincère aux lèvres.

"Merci à toi Lotte de m’avoir fait confiance pour ce rôle, j’espère ne vous avoir pas déçue toutes les deux." Le temps se figea néanmoins lorsque j’entendis ses paroles murmurées dans mon oreille. Sans me départir de mon expression, j’acquiesçai doucement d’un signe de tête, avant qu’elle ne continue en me présentant sa femme. A nouveau, je leur offris un sourire calme. "Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Enchantée Anna."

J’affichais une fausse expression surprise lorsqu’Anna m’assura que Lotte lui avait beaucoup parlé de moi, riant ensuite doucement. Elle semblait être une fille bien. Tout en me rapprochant à nouveau de Léon, je les regardais s’éloigner, une expression heureuse sur le visage. Mais l’intervention imprévue d’un homme mit fin à cette contemplation. Avant même d’avoir posé le regard sur lui, je reconnus la voix désagréable de cet individu, un autre énième homme kleenex que j’avais eu à utiliser comme couverture, notamment pour approcher son cousin politicien. David, de son petit nom, en plus d’être éméché, commis l’erreur ultime d’aborder mon frère pour connaître son identité, avant de copieusement m’insulter, attirant l’attention d’une bonne partie des invités. Je jetai un regard à Alexander, avant de m’approcher de Léon pour lui glisser à l’oreille, avec un petit regard rassurant :

"Ne t’en fais pas, je m’en occupe. Tu peux aller me chercher un autre verre de champagne, s’il te plaît ?"

Puis, lorsque mon frère se fut éloigné, je me tournais vers David, le regard soudainement empli de larmes.

"David ! Comment peux-tu dire des choses aussi horribles ? Après tout ce que tu m’as fait ? Malgré la boisson, les coups et les insultes ; je t’aimais sincèrement ! C’est pour ton bien que je t’ai quitté, et tu me faisais peur !" Eclat de sanglots bruyant et théâtrale. "Dire que je n’ai pas porté plainte, ni demandé de mesure d’éloignement, car je pensais que tu parviendrais à redevenir sobre et à reconnaître ton comportement violent…"

Déjà, des invités s’approchaient, certains pour me tendre un mouchoir, d’autres pour observer d’un air menaçant mon « ex » et lui demander de s’éloigner. David lui-même semblait être en proie au doute, malgré son alcoolémie avancée. Il fallait dire que j’étais particulièrement convaincante, et que je ne disais pas exclusivement des mensonges. Il buvait souvent au point de ne plus se souvenir de ses actes, mes accusations restaient donc plausibles. Quoiqu’il en soit, on l’envoya dégriser un peu à l’écart de la fête, tandis que je me remettais de ces émotions, recevant le soutien de plusieurs personnes. Mais il n’était pas à douter que David aurait à regretter davantage d’avoir osé intervenir durant le mariage de Lotte, et d’avoir ennuyé mon frère.

Une fois le calme revenu, et les invités de retour vers les festivités, je revins vers Léon, m’excusant pour cet incident. J’allais lui expliquer la situation, lorsque je remarquai une tête connue au milieu des invités. Surprise, je vis Ellen nous adresser un regard, avant de se diriger vers… Rose et Miranda. Elle semblait en tous cas passablement énervée, ce qui n’arrivait pas souvent. Intriguée, j’invitai mon frère à me suivre dans leur direction, pour savoir ce que notre mère faisait ici. Sûrement qu’elle n’avait pas été invitée de prime abord, mais avec toutes les connexions qu’elle avait au gouvernement, il ne lui était pas difficile de se trouver un carton d’invitation de dernière minute. Ne s’embarrassant pas de salutations, elle s’adressa directement au directeur, après avoir interrompu ses discussions :

"Perceval, il faut qu’on parle. Maintenant. Seul à seul."

Pour ce dernier point, elle ne pouvait pas compter dessus. Je n’allais pas la lâcher avant de savoir ce qu’elle voulait au directeur d’Arkadia. Avait-elle finalement appris pour mon rapprochement de l’organisation ? La connaissant, cela ne m’étonnerait pas. Mais alors, pourquoi ne pas en avoir discuté avec moi d’abord ? Ça ne me plaisait pas, toute cette histoire…
Persona
Sphère Artistique
avatar
Messages : 120
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Ven 12 Aoû 2016 - 23:45
L'air chaud de juillet enveloppait l'assemblée qui n'avait d'yeux que pour les deux jeunes femmes qui s'unissaient en ce jour. Leon avait été quelque peu perturbé par l'arrivée d'une demoiselle d'honneur visiblement en retard sur le timing de la cérémonie. Elle avait évité de traverser l'allée centrale et s'est ainsi qu'elle passa à proximité de lui. Il ne l'aurait pas remarqué si elle ne s'était pas arrêtée à sa hauteur pour lui demander de bien vouloir remonter la fermeture éclaire de sa robe. Le regard qu'il lui lança en disait long sur le nombre d'occasions qu'il avait eu de faire ce genre de gestes. Lentement, il s'était retourné avant de comprendre qu'elle s'adressait bien à lui et de se lever, les joues en feu. D'une main peu assurée mais dans un mouvement doux, il attrapa le zip et le remonta. Il se rassit le plus vite qu'il put et détourna son regard vers sa soeur, une sensation de chaleur intense lui enveloppant le visage. Lorsqu'il sentit que la femme s'était éloignée, il expira profondément, perturbé par cette soudaine intimité qui ne lui était pas coutumière.

Il lui fut difficile de se reprendre mais après quelques minutes, il avait réussi à se concentrer sur ce qui se passait devant l'autel. A dire vra, il n'écoutait que d'une oreille et s'était quelque peu réfugié dans sa bulle, mais cela ne l'empêcha pas de saisir l'émotion qui traversait ceux qui l'entouraient. Les coups d'oeil épisodiques de Dahlia lui permettait de ne pas perdre pied et il fut ravi de l'entendre prendre la parole, quelque chose dans sa voix le rassurait et le mettait à l'aise. D'autres discours suivirent le sien puis une agitation qu'il ne comprit pas jusqu'à ce qu'enfin les deux femmes s'unissent devant tous leurs invités, pour le meilleur et pour le pire. Il ne fut pas particulièrement ému contrairement à certaines personnes qui l'entouraient et qui s'épongeaient les yeux ou se mouchaient. Il avait saisi la beauté du moment et il trouvait qu'une certaine sérénité se dégageait de cette atmosphère. Il fut néanmoins heureux de retrouver sa soeur après qu'elle se fut prétée au jeu d'une séance photo improvisée avec les mariées et les demoiselles d'honneur. Il la reçu avec un visage radieux et la rassura d'une voix calme et posée qui lui montrait bien que tout se passait bien pour le moment.


- Très bien merci ! Je dois dire que je m'attendais à ce que ça dure plus longtemps, j'ai été agréablement surpris.

Il lui offrit à nouveau son bras et ils suivirent le mouvement pour rejoindre les tables élégamment arrangées dans le vaste jardin. Persona s'excusa rapidement et se dirigea vers une connaissance laissant son frère là où il se trouvait, reconnaissant qu'elle ne lui impose pas cette interaction sociale. Alors qu'elle s'éloignait, un serveur qui virevoltait parmi les convives s'arrêta devant lui et lui tendit le plateau d'argent qu'il portait d'une main habile.

- Champagne, Monsieur ?

Il attrapa une coupe en remerciant l'homme et observa son verre d'un regard curieux pendant de longues secondes. Il le porta ensuite à son nez et en renifla le contenu avant de prudemment tremper ses lèvres dans ce qui était la première goutte d'alcool de sa vie. Sa réaction fut à queleque chose près la même que celle d'un enfant en bas âge à qui l'ont fait goutter un bonbon acidulé. Son visage se contracta sous l'effet de la surprise mais se détendit lorsqu'il réalisa qu'il appréciait le goût de cette boisson pétillante. Un sourire satisfait apparu petit à petit sur son visage avant qu'il ne boive une nouvelle gorgée, plus importante celle-ci. Il était si absorbé par sa nouvelle expérience qu'il écouta à peine les remerciements des mariées et avant que Dahlia ne le rejoigne, il avait terminé sa coupe et reposé sur un plateau qui passait à proximité.

Cependant, à peine l'avait-elle rejoint qu'un homme s'était approché pour s'enquérir de son identité et pour.... insulter sa soeur. Si cette dernière ne s'était pas trouvée à ses côtés, Zephyr ne se serait pas privé d'apprendre la politesse à cet énergumène et il lui fallu la plus grande des concentrations pour se retenir de ne pas se jeter sur celui qui continuait à injurier sa jumelle. Tout son corps s'était tendu et l'on pouvait voir clairement ses muscles se dessiner sous sa chemise ajustée, tandis que sa mâchoire s'était tellement serrée qu'elle menaçait de se briser. Lorsque Persona lui demanda de s'éloigner, il ne réagit pas tout de suite et il fallut de longues secondes avant qu'il ne lâche de son regard flamboyant celui qu'il avait à présent pris pour cible. Derrière la douceur du bleu de son regard l'on pouvait maintenant voir toute la rage qui bouillonnait en lui. Un simple éclair qui avait illuminé son visage et qui marquait le début de gros problèmes pour ce David.

Il s'éloigna sans prononcer un mot et ne lâcha pas la scène des yeux. En voyant sa soeur faire son petit numéro, il ne put s'empêcher de laisser un rictus se glisser sur ses lèvres. Il connaissait assez Dahlia pour savoir quand elle jouait la comédie ou non. Elle pouvait leurrer son monde, mais pas son propre frère. Il alpagua un serveur et le délesta de deux coupes de champagne et sans attendre de trinquer avec sa jumelle, il descendit la moitié de sa fkûte. Il fut satisfait de voir l'individu s'éloigner et Dahlia le rejoindre, s'excusant de ce qui venait de se produire. Ils n'eurent cependant pas le temps de discuter de l'incident car la jeune femme semblait avoir le regard attiré par quelque chose derrière Leon. Celui-ci se retourna prestement et fut tout aussi étonné que sa jumelle de trouver leur mère ici, d'autant plus qu'elle ne leur prêta pas attention et se dirigea telle un boulet de canon vers un couple qu'il ne connaissait pas. Il emboîta le pas à Persona et tout deux rejoignirent rapidement leur génitrice qui elle semblait bien connaître l'homme, tout comme sa soeur d'ailleurs. Ne s'embarrassant pas des convenances, il s'approcha de sa mère et la serra dans ses bras.


- Maman ? Qu'est-ce que tu fais ici ? C'est une surprise de te voir !

Il se tourna ensuite vers l'homme et sa cavalière et les salua d'un simple signe de tête puis se plaça entre sa soeur et Ellen, les bras croisés, attendant de savoir ce qui se passait. Il n'avait pas autant d'intérêt pour la situation que sa jumelle, mais il sentait que cette dernière n'allait pas accéder à la demande de leur mère et qu'elle était décidée à savoir ce qui se tramait. Aucune chance qu'il reste en arrière, seul, parmi des centaines d'invités. Sans compter le fait que l'expression de colère sur le visage de sa mère le mettait en alerte. Si ce Perceval représentait une menace pour sa famille, il resterait là pour la protéger.
Zephyr
Sphère Artistique
avatar
Messages : 60
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Dissociation de molécules - Asymbolie à la douleur


Revenir en haut Aller en bas
Lun 15 Aoû 2016 - 17:20


    Xin, adressa un sourire complice à ses comparses d’honneur, tandis que la foule se rendait dans le parc. Mise à part la pointe d’adrénaline au moment de passer les bagues, tout s’était déroulé pour le mieux. Maintenant la fête pouvait véritablement commencer !

    Mrs Wang se faufila entre les demoiselles aussi vite que possible pour aller saluer et féliciter les jeunes mariées. Elle ne put s’empêcher de formuler des excuses au nom de Kim pour l’incident survenu juste avant la formulation des vœux. De toutes les manières, elle avait assez protégé les arrières de son beau-fils concernant cette pseudo idylle. Jao serait mis au courant de la petite aventure sous peu.

    Le cocktail proposé était exquis. De quoi ravirent les papilles de l’Asiatique . Xin sirotait le sien avec gourmandise tout en contemplant les convives d’un air intéressé. Elle vit passer Nikolas et son époux. Cette dernière avait validé la prochaine action de l'organisation, trois jours plus tôt.

    Les nouvelles recrues devraient annoncer leur positionnement quant au groupe. Xin avait grand espoir que son amie adhère à leur démarche. Cependant, elle n’était sûre de rien. Les yeux sombres allèrent d'une silhouette à une autre, continuant d'étudier chacune de leur réactions. On avait craint le Big Brother. Il était le fils de l'Ordre.

    **



    Kim sentit une présence sur sa droite. Il fit une petite rotation et croisa le sourire de la pilote rencontrée un soir dans son club. Il se souvenait bien de cette soirée de l'impression que lui avait laissé le duo. Il adressa un sourire à la jeune femme et la questionna d'une voix basse et suave.

    - Miss Caine, moi de même, moi de même. Vous allez bien ? Avez vous suivis mes conseils ?

    Kim ne pu s'attarder plus, car un homme prit la parole. Il écouta le discours d’introduction d’une oreille absente. Il ne quittait pas le charmant dos de la ballerine des yeux, hanté, par le souvenir de son parfum. A chacun des mouvements de la jeune femme, une part de lui, espérait la voir faire volte-face et le chercher du regard. Ce qu’ils avaient partagé avait été éphémère. Néanmoins, la présence de Lotte avait réveillé le cœur du Chinois endormi, à la mort de Violet, bien des années auparavant. Voir l’étoile se faire si vite capturer le rendait malheureux et jaloux.

    Au moment fatidique Kim préféra quitter l’arche fleurie. Les dés étaient jetés à présent. Dans sa retraite il manqua de peu de renverser une chaise, provoquant une malencontreuse interruption. Les invités les plus proches le fusillèrent du regard tout comme sa belle-mère, dont le visage se glaça lorsqu’elle l’assassina en silence. Kim s’éloigna le plus rapidement possible pour ne pas entendre la fin de la cérémonie.

    Le fils de Sveda était partagé entre l’envie de partir et celle de voir la ballerine. Lotte lui avait parlé d’Anna. Il n’avait absolument rien contre cette femme, cependant, leur accord le hérissait. Il savait ce que pouvaient donner les unions d’intérêts. Ce n’était pas ce qu’il souhaitait pour ces deux amies.

    Il se mit donc en quête de la danseuse. Quelques minutes plus tard, il la vit sortir du château très vite alpagué par des gens. Ça ne faisait rien, Kim était prêt à patienter. Il attendit silencieux que la belle soit disponible. Il refusa toutes les coupes qu’on lui tendit. Il avorta toutes les conversations. Il fit semblant d’être très absorbé par la lecture d’un email sur son GSM pour qu’on ne le dérange pas. Dès que Lotte se retrouva seule, Kim rangea son téléphone dans la poche interne de sa veste et il vint à elle.

    - Je continue de penser que c’est une erreur. Mais, j’espère me tromper.

    Sans en dire plus, il alla enlacer la danseuse, faisant glisser ses mains le long de son dos. Il bloqua les souvenirs sensoriels dans un coin de son esprit le temps de la féliciter avec retenu. Il la libéra délicatement avant de poser une clé dans le creux de sa paume.

    - C’est mon sanctuaire. Si un jour tu as besoin d’un endroit où être tranquille. Bonne chance pour la suite Lotte.

    Kim ne donna pas l’opportunité à la belle de le retenir. La peur de faiblir le poussa à partir si vite son cadeau offert.


    *


    Wang observa les mariées entrer dans la bâtisse de son regard froid et calculateur. Ainsi donc, voilà le visage, de celle qui avait réveillé le goût de la rébellion chez son fils. Une belle ironie, quand on considérait les antécédents familiaux de la danseuse étoile. Il jaugea plus attentivement la seconde épousée. Celle-ci travaillait pour le magazine dont Xin avait été l’égérie l’année précédente. Elle ne lui évoqua rien de spécial.

    Le regard noir du mafieux dériva naturellement sur la personne de Perceval Rose. Cet homme avait aidé Natacha Nabov à s’évader avec beaucoup d’efficacité. Il devait savoir où se trouvait Strega. Bien entendu il ne dirait rien. Il cherchait un autre moyen d’obtenir des informations. Cela l’avait donc amené à s’intéresser de plus près à Arkadia. De si près qu’il savait maintenant comment y faire, entrer l’un de ses hommes.

    Jao se concentra pour le moment sur les Cavalieri et plus particulièrement la femme, Mira. Il se porta à la rencontre de l’Italienne et s’arrêta à quelques pas d’elle. Tout en observant un petit groupe au loin il déclara avec désinvolture.

    Vous avez failli l’emporter à Bogota.

    La référence ne concernait en rien la ville colombienne mais l'une des échauffourées les plus sanglantes de ces dernières années. La guerre froide n'avait jamais de fin pour les gens comme eux.

    ***
Storyteller
Maître du Jeu
avatar

Messages : 61



]
Revenir en haut Aller en bas
Lun 15 Aoû 2016 - 21:19
QU IL PARLE MAINTENANT OU SE TAISE A JAMAIS !

Feat. Groupe

La main de Strega pressa le bras de Beleth, signe d’une tension sous-jacente. Une angoisse secrète grandissait chez cette dame dont l’origine n’était pas très claire.

- En effet, il a travaillé sur un projet similaire au « Enée ». Celui dont je vous ais parlé. Lui répondit-elle, en observant les une silhouettes des hommes de Jao Wang, au loin.

L’animation alentour ne put altérer le calme –apparent- de ce vieux couple. Ils discutaient ensemble comme s’ils étaient seuls au monde. Leur proximité, leur attitude, leur ton, tout indiquait qu’ils abordaient un domaine privé. Madame Lampeduza reprenait la parole avec une assurance non feinte. Elle se savait dans la vérité. L’expérience lui avait offert une connaissance du monde et des hommes supérieure à la moyenne. Ce n’était pas exagéré que de dire qu’elle connaissait la nature humaine.

- La raison est simplement, qu’elle comme moi, espérons voir le nom des Lampeduza perdurer mon cher. Or le temps passe quand bien même nous parviendrions encore à nous jouer de lui. La formulation était faite de façon à faire l’écho d’une conversation déjà débattue en privée.

Quelqu’un les interrompit. Le jeune homme ne leur était pas inconnu. Strega fit une rotation sur elle-même, avec une lenteur d’un autre temps. Elle darda son regard serpentin sur celui auquel on les présenta. Une lueur de lucidité brilla dans sa sombre pupille. Elle adressa un bref hochement de tête à cet individu qu’elle avait déjà identifié. Un sourire de circonstance atténua peu à peu la froideur de ses traits. Avec éloquence elle rebondit avec ironie sur l’introduction du personnage.

- Oui, nous savons en effet qui est Mr Rose, merci Feuerbach. Une présentation en bonne et du forme se devait d’arriver.

Un serveur approcha du groupe. Il leur présenta un plateau sur lequel trônait un champagne millésimé. Nikolas, ignora le domestique, visiblement attentive à autre chose. Elle ricana doucement, son corps se rapprochant instinctivement de celui de son mari.

- Il est vrai que nous avons plaisir à participer à la vie collective des cités où nous séjournons. C’est si fascinant de la voir évoluer, dans l’ombre, tout en y apportant sa touche personnelle.

La conversation était à double, voire à triple, sens entre ces adversaires naturels. Un jeu de faux semblant dans lequel cette femme excellait. La dame pouvait faire de sa rancœur le plus doux des miels, en attendant que sa victime approche. D’ailleurs, les dehors de Duchesse sicilienne ne masquaient pas totalement ce plaisir, presque malsain, qu’elle avait à manipuler les autres. Un plaisir d’autant plus grand, qu’elle était persuadée d’être la gagnante. Car même dans les situations les plus ardues, Strega survivait.

- Miss Lockart. Comment allez-vous ?

L’expression du vieux visage trahit tout à coup de la stupéfaction. Les sens alertés par une menace invisible se brouillaient. Le trouble se dissipa lentement. Une ride de contrariété demeura cependant au coin de sa bouche. Madame s’intéressa de nouveau à l’employée de Percy, tandis que son œil aperçut en périphérie une silhouette familière. Fawn Ridley était donc de l’entourage de la ballerine.

- Aurais-je le plaisir de vous voir à la prochaine soirée, Miranda ?
Strega
Sphère Artistique
avatar

Messages : 285
Etat Civil : Mariée au Duc Lampeduza
Pouvoirs : Inibition du gène x chez autrui
Revenir en haut Aller en bas
Lun 15 Aoû 2016 - 21:21



« La Quand il y a mariage sans amour, il y a amour sans mariage.»
Benjamin Franklin



    - Tu était le plus beau… et tu l’es toujours…

    Claire s’était mariée parce qu’elle avait été sûre que Lewis était l’homme avec qui elle voulait construire. Ils partageaient des buts et des aspirations communes. Chacun était conscient de ce qu’il pouvait attendre de l’autre. Ils étaient donc parvenus à vivre en harmonie l’un avec l’autre. Unis dans le bonheur comme dans l’adversité. Cela rendait la fileuse plus sécure, plus sûre d’elle et de la vie.

    Une voix familière attira le regard vert de Claire. Il rencontra le sourire de l’homme d’affaire et ami Sersen. Un sourire jovial se peignit spontanément sur sa bouche maquillée, quand elle croisa son regard. Par pur réflexe elle étudia sa tenue et lui adressa un sourire de connivence. Il avait suivi son conseil concernant l’association des coloris.

    - Bonjour Sersen ! Oh, oui, attendez une minute que je note tout cela. Passez à la boutique la semaine prochaine. Mardi matin, à 11h00 ? J’ai vos mesures cela ne devrait pas être très sorcier… et toutes mes condoléances pour votre perte.

    Une fois les quelques paroles de circonstances échangées les Richards reprirent le chemin vers l’arche. Claire aimait sentir la douce frénésie qui envahissait certains des convives. Elle reconnue Xin Wang pour qui elle avait confectionné quelques robes. La femme avait l’air extrêmement concentrée sur ce qu’elle fixait. Claire raconta son souvenir avec Lewis et lui avoua tout bas :

    - On verra bien ce qu'ils vont faire, mais j'ai une bonne intuition.

    Quelques membres de la Potentiel Home arrivaient dans leur direction. Ils se croisaient souvent ces dernières semaines avec tout ce qui était organisé sur Édimbourg. Il y avait un membre en plus aujourd’hui. En apercevant la petite fille, Claire s’accroupit pour la saluer. Saoirse était un tout petit peu plus jeune que les jumeaux. Elle était devenue une copine. Ils se voyaient souvent. Elle faisait partie des meubles.

    - Charlotte, Dastan… coucou Saoirse ! J’aime beaucoup ta tenue. Elle te va très bien ! Alors, comment allez-vous depuis la soirée d’inauguration ?

    Le sourire de Claire s’étira quand elle vit le jeune historien qu’ils avaient pris en affection. Le jeune homme était élégant. Il resplendissait même de quelque chose de plus depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Une fois encore la fileuse soupçonna des élans amoureux d’en être responsable. Un rire franc jaillit de sa gorge et elle fit spontanément une préposition.

    - Ahaha, en effet Kevin, vous le portez très bien ! Je suis contente qu’il vous plaise. Passez me voir un de ces jours, je suis sûre que j’ai quelques modèles qui vous iraient pour cet été…

    Elle se coupa elle-même pour attirer l’attention de son compagnon :

    - Lewis ! Je vois le photographe. Venez tout le monde. Faisons une photo. Je veux un souvenir !

    Claire releva le bas de sa robe d’une main et trottina vivement jusqu’au photographe. Elle le salua et tout en lui parlant désigna le petit groupe formé par les enfants et les professeurs de l’école. Le professionnel sembla acquiescer et l’accompagna pour revenir vers eux. Il demanda au plus grand de passer sur une ligne arrière. Après quelques ajustements il avertit et prit trois clichés successifs. Mission accomplie, il se présenta sommairement comme l’un des photographes officiels du mariage et donna sa carte à madame Richards.

    - Merci beaucoup ! Je vous en enverrais une copie à tous comme ça. Ah, je suis contente.

    Une silhouette se dessina à la périphérie de l’équipe. Il s’agissait d’Arturo Cavalieri. Il adressa un sourire à l’assemblée avant d’attarder son regard sur Claire. Ces ceux-là avaient fait connaissance par le biais d’une fondation créée pour aider les enfants les plus démunis. L’italien demanda à pouvoir lui parler un court instant en aparté. La couturière confia donc la garde des jumeaux à leur père et s’éclipsa quelques mètres plus loin.
Charadh
Sphère Economique
avatar

Messages : 157
Etat Civil : Mariée à Lewis Richards
Pouvoirs : Soin
Revenir en haut Aller en bas
Mar 16 Aoû 2016 - 14:19
« J'ai déjà pris rendez-vous. » répondit Amelia à Kim Wang. « Après tout, je n'ai rien à y perdre, et tout à y gagner, comme on dit. Je vous remercie encore de m'avoir orientée sur une nouvelle voie. »

Le jeune homme n'avait pas manqué d'intriguer la militaire, depuis leur rencontre au club. Elle avait effectivement prévu une première séance, curieuse à l'idée d'essayer une nouvelle méthode pour apaiser son anxiété. Cartésienne, elle n'avait jamais vraiment considéré la médecine parallèle, mais elle ne pouvait nier l'effet que la simple technique de Wang avait eu lorsqu'il s'agissait de la calmer. Peut-être y avait-il du mérite à explorer cette possibilité plus en avant, et Alexis s'était montrée enthousiaste pour elle à cette idée. Elle avait bien entendu raconté sa soirée entre les coulisses de l'opéra et la boîte de nuit à sa compagne, ainsi que sa rencontre avec Lotte puis Kim, et Lexy se réjouissait depuis de pouvoir enfin rencontrer ces fameux personnages. Amelia n'avait omis qu'un seul détail : elle n'avait pas parlé de la condition de Lotte. Elle avait promis à cette dernière de ne pas trahir son secret, et elle comptait bien s'y tenir. Elle allait présenter Lexy à Wang, mais n'en eut pas le temps : la cérémonie commençait pour de bon.

Les deux femmes écoutèrent avec attention les paroles de l'homme qui présidait à l'union. Les mots avaient été bien choisis, d'autant plus qu'ils sonnaient justes. Il y avait une sincérité et une passion à leur source qui étaient immanquables, et les deux mariées semblaient radieuses. Il était difficile d'imaginer Lotte malade en une telle occasion, elle qui dégageait une telle vivacité de corps et d'esprit. Amelia ne savait pas ce que le futur allait lui réserver, mais elle espérait que son amie serait heureuse, et que les deux épouses s'apporteraient autant d'amour que de soutien. La main du lieutenant vint serrer celle d'Alexis, qui avait doucement posé la tête sur son épaule. Aucune des deux n'était particulièrement adepte des grandes occasions, mais l'occasion ne pouvait que les attendrir.

Lorsque l'acte prit fin, et que les invités purent à nouveau se mêler les uns aux autres, Amelia réalisa que Kim Wang s'était éclipsé. Elle salua Alex d'un signe de tête, avant d'être abordée par Dahlia, qui avait joué les demoiselles d'honneur : « Je suis contente de te voir également. C'était une belle cérémonie, et je suis heureuse d'avoir pu y assister. Je ne connais pas Lotte depuis longtemps, mais...elle a l'air heureuse. Lexy, voici Dahlia. »

« Elle m'a beaucoup parlé de vous également, c'est un plaisir. » lança joyeusement la pilote, qui tendit la main à l'actrice pour une franche poignée de main. « Pour moi, le pilotage et la vitesse sont indissociables ; pourquoi garder l'un sans l'autre ? Si vous vous y intéressez, venez donc faire un tour avec nous un de ces jours. »

Alexis s'était réjouie à l'idée de rencontrer les nouvelles amies de sa compagne. Elle s'était déjà faite une bonne opinion d'elles via les dires d'Amelia, et les voir en personne ne faisait que confirmer la bonne impression. Chaleureuse et directe, elle s'entendait facilement avec tout le monde ou presque, surtout lorsqu'ils partageaient son goût du risque. Elles en profitèrent pour parler un peu entre elle, jusqu'à ce que les mariées fassent leur retour. Lotte s'empara un instant de Dahlia, et Amelia attendit qu'elles terminent avant de l'aborder à son tour.

« Lotte, c'était magnifique ! Anna, je suis heureuse de vous rencontrer enfin. Je suis Amelia et voici Alexis, ma compagne. Tous mes vœux de bonheur. »

« Enchantée. » Lexy souriait aussi, toujours ravie. Mais avec tous les invités présents, ni elle ni Amelia ne voulaient retenir trop longtemps l'attention des jeunes mariées. Et puis Amelia crut apercevoir quelque chose dans la foule, ou plutôt, quelqu'un.

« Fawn ? » hasarda-t-elle, surprise. Elle ne s'attendait pas à croiser ici sa vieille compagne de classe...
Solaris
Sphère Militaire
avatar

Messages : 75
Etat Civil : en couple
Pouvoirs : absorbtion et projection d'énergie
Revenir en haut Aller en bas
Mer 24 Aoû 2016 - 1:35
*****

Vous comprenez, je n'étais pas sûr de venir. Et en même temps, refuser une invitation pareille… Oui, volontiers, une autre coupe. C'est bon, qu'est-ce que c'est? Aha. En même temps, je n'arrive plus à distinguer les goûts, donc ça pourrait être de l'eau gazeuse que… Ah, millésimé? Et il y a d'autres couleurs que rouge? Et vous le rangez où, le cordon? Oui, oui, je vous en prie, allez-y, je vois bien qu'on vous appelle là-bas.

Sersen se retourna dos au soleil, face au mur sur qui il concentrait maintenant toute son attention.

Bon, excuse-moi, où en étions-nous? Oui. D'accord. Bon, en même temps, si tu es venu c'est que tu ne lui en veux pas tant… Non, moi c'est pour une toute autre raison. À elle, non. À l'autre, par contre… Non si tu veux, ce qui est pénible, c'est tout ce que ça fait remon – attends, la violoniste, bouge pas, je vais lui dire deux mots. Oui, tiens ma coupe, c'est mieux, comme ça j'en reprends une.

Et il laissa tomber sa coupe sur le sol.

Voilà, bonjour. Non, non on ne se connait pas, j'étais dans l'assistance. Oui. On peut se vouvoyer? Je préfère, c'est plus naturel. Génial. Non en fait, je trouve votre son formidable mais c'est dommage de pas avoir accordé votre corde de mi avant de commencer… Comment ça, juste? Alors vous accordez les trois cordes du bas à 440 et celle du haut à 418?

Il se renversa un peu de champagne sur le pantalon en riant à sa propre blague.

Bah c'est de l'eau, ça tache pas, même gazeuse. Bon, on en était… Ah oui, votre mi! Non mais vous êtes violoniste ou pas? Ou bien vous cachez une trompette dans votre étui pour pas qu'on vous la vole? Alors la prochaine… Ah on vous appelle aussi, d'accord. Si vous voyez le serveur là-bas, dites-lui bonjour, c'est un ami. Et super vibrato hein!

Sersen retourna vers son ombre, une deuxième coupe de champagne dans l'autre main.

Bon je t'en ai ramené une parce que t'as fait tomber la tienne. Si je l'ai vu, je te l'ai tendue, j'ai dit "Tiens" et tu… Non. Non, je suis désolé, mais non. Tu peux pas dire que je lui en veux. C'était à Paris, il y a plus de dix ans. En fait, je devrais même la remercier! Non, laisse-moi finir… Attends, je finis la mienne, ça me libérera une main. Voilà, il fallait que je la mette dans ma poche, il fait trop chaud ici. Donc. Je dois la remercier parce que sans elle j'aurais pas compris que les gens ça sert à rien. Sauf toi. Mais en même temps toi je me suis habitué, on se connaît depuis… Combien, tant que ça? On se fait vieux, dis voir. Ben elle oui, mais bon, une fois que j'ai eu compris que les autres non, c'était plus facile… Ouais bon ils sont sympas mais… Y'a ces trucs là, les émo… Motions… Aide-moi, tu veux? Oui, c'est ça! Ben voilà, ça j'y comprends plus. Avant ça allait. Mais mainte… Non si tu veux, avant c'était plus marrant, mais compliqué. Maintenant c'est moins marrant mais c'est plus facile. Voilà. Gérer "moi", je peux. Les autres, un à la fois je m'en sors, même si des fois je fais des conne… Oui par exemple! Non moi je disais ça sans penser à mal, mais elle l'a vraiment pas bien pris. On s'assied, ça me fatigue cet arbuste qui tourne sur lui-même. Ouais moi aussi ils me donnent chaud à se toucher tout le temps… Et que je t'embrasse, et que je te touche le bras, je te donne la main… Tu sais, toi, à quoi ça sert? Moi non plus, non. Pour ça, je me disais, des gants ça pourrait être pas mal… Ben j'y vais mardi justement! Non mais en voyant l'état dans lequel est celui que j'ai là… Non mais ça c'est l'avion. Si tu veux, ça va vite, donc avec le vent ça tire sur les coutures comme ça – oui, tiens-la moi, attends, je finis le fond là – donc ça tire ici et ça déforme le… Voilà, c'est ça… Donc j'en ai demandé une nouvelle… 11h, oui. Je prendrai des gants. Dis, j'ai envie d'essayer un truc, mais ça fait super longtemps… Attends, attends, je te dis après, faut que j'aille dire un truc à l'autre là. J'arrive, j'arrive, bouge pas.

En avançant vers Arturo, il croisa Dastan:

Hé, ça tombe bien que tu sois là, faut que je te demande un… Sersen s'interrompit brusquement, fixant le nœud de cravate de son ami. Un… Attends, tu permets? Allongeant le bras de manière un peu brusque, Sersen se saisit de la cravate de Dastan et en resserra le nœud. Tu vois, en fait ça doit être comme ça, tout fermé en faut, sinon après les gens ils voient tout ce qui se passe dedans. Et c'est risqué. C'est pour me demander de te refaire ton nœud que tu m'as arrêté? J'allais dire un truc super important au type qui dit des poèmes là, faut que je lui fasse lire du Baudelaire, ce sera un peu moins niais que… Bon, c'est moi si tu veux, ce qui compte c'est qu'un de nous deux se soit arrêté. Bref, faut qu'on s'éclipse cinq minutes après, j'ai un souci d'allumage. Non, ça peut attendre, c'est pas urgent, d'ici dix minutes alors. Mademoiselle peut venir si jamais, ça vous évitera de trop vous toucher, ça fait transpirer il paraît. Ok super. À toute.

Sersen arrivait enfin au niveau d'Arturo quand, soudain, son regard se posa sur le dos d'un des invités. Il ne le connaissait pas, mais l'affront était trop grand. En un éclair, son plan était prêt: Il se dirigea vers le buffet de crèmes glacées afin d'avoir un prétexte pour changer de route. Bifurquant légèrement vers sa droite, il fit semblant de saluer quelqu'un et adressa un signe de main à une parfaite inconnue, dont le visage lui disait vaguement quelque chose, mais la manœuvre avait eu l'effet désiré: en faisant cette diversion, sa cible ne s'était même pas rendue compte que ce qui se tramait dans son dos. Il entendit quelqu'un l'appeler "Léon", Sersen connaissait maintenant le nom du cuistre. Il arriva devant le glacier, et en commandant une boule moutarde et une boule saucisse d'une voix d'une nonchalance toute calculée, tourna la tête et adressa un clin d'œil à Dastan qui le regardait d'un drôle d'air. Au bout du troisième clin d'œil il comprit le message et se détourna en rougissant. Sersen se retourna vers le glacier, qui attendait en lui tendant un bol en cristal, et prit sa glace des deux mains (le travail d'équipe permet à l'une de se reposer pendant que l'autre reste aux aguets). Il se retourna élégamment et avança d'une démarche assurée dans la direction de l'homme qu'il avait dans le collimateur.

Là, tout se passa en une fraction de seconde. Sa cuiller avait à peine eu le temps de toucher le sol qu'il se baissait déjà en disant "Oh! Ma cuiller!" sur un ton qui ne laissait aucun doute quant à la surprise que cette chute avait suscité chez Sersen. Vif comme un flétan, il se saisit de l'ouverture de droite du complet de sa victime et cassa le faux-fil blanc d'un coup de ses dents aussi blanches qu'acérées. En un éclair, ses molaires se refermaient déjà sur le faux-fil de l'ouverture gauche du veston de l'homme. Une fois redressé, ni vu ni connu, il regarda Dastan et leva son pouce dans sa direction, lâchant ainsi son bol de glace qu'il ne tenait plus que d'une main, l'autre étant occupée à tenir la cuiller. Sa couverture et sa glace était ruinées, mais la mission était accomplie, le mariage pouvait continuer sans danger.
*****


Sersen
Sphère Technique
avatar

Messages : 36
Revenir en haut Aller en bas
Mer 24 Aoû 2016 - 20:00





SCENARIO


Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais.

Rix s'était donc fait discrète, restant loin derrière, observant le tout derrière ses lunettes de soleil. Qu'elle avait quand même fini par enlever, par respect pour les mariées. Son regard s'était donc porté sur sa nièce. Tout ceci lui était plus qu'étrange. Elle ne ressentait pas grand-chose, juste une simple curiosité. Elle n'avait rien contre cette demoiselle, qui n'avait pas à porter les bêtises de ses aînés, c'était avec son père, surtout, que Gabrielle avait un sérieux problème. Le restant de sa famille... l'avait tout simplement oublié. Et c'était mieux ainsi. Ses attaches familiales se trouvaient plutôt sur l'arche germanique, là où vivait encore la famille de Simon, mais depuis son décès, elle avait coupé tous les ponts et n'avait plus eu de nouvelle depuis longtemps.

Alors se retrouver au mariage d'un membre de son sang, voilà qui était curieux. Pourquoi cette jeune femme avait tant tenue à ce qu'elle participe, soit présente? C'était là toute la question. Elles ne s'étaient adressé la parole que très peu. Ça avait été même surprenant qu'elle retrouve sa trace, après tout, son nom de jeune fille avait été jeté aux oubliettes depuis bien longtemps. Ses papiers avaient changés avec le nom de son compagnon et il était sans doute compliqué d'en trouver la trace. Enfin, rien que pour ce fait, cette jeune femme méritait un peu de considération.

Cérémonie terminée, l'agent eu à peine le temps d'analyser les différents convives en présence, qu'on venait la chercher, pour une demande particulière. Elle suivit donc son guide, jusqu'à l'intérieur du château, pour se retrouver face aux mariées et un comité réduit, qu'elle salua poliment. Il y avait encore besoin d'une signature. Elle regarda sa nièce en haussant un sourcil à sa demande, voilà qui était encore plus surprenant. Pourquoi la choisir elle, alors qu'elles ne se connaissaient pas? Elle n'allait pourtant clairement pas refuser cela à une jeune femme dont ce jour était censé être le plus beau de sa vie.

- Bien entendu, Anna. Avec un léger sourire. Elle ne se montrait guère tactile, mais au moins, tentait-elle d'être un brin chaleureuse.

On lui tendit alors un stylo, avec lequel elle signa au bas du contrat de mariage, puis, ne sachant vraiment pas comment agir avec cette jeune femme, lui posa doucement une main sur l'épaule, en lui souhaitant tout le bonheur du monde. Qu'au moins une personne dans cette satanée famille, soit heureuse et vive comme elle l'entende. Puis notre profileuse retourna à l'extérieur, prendre l'air, tout en se fumant une clope.

Elle remarqua alors Percy un peu plus loin et hésita un instant à aller lui parler, mais une femme à l'air mauvais avait déjà accaparé son attention et elle ne rencontra que les regards des deux félins qui se baladaient dans le jardin, saluant les Lampeduza d'un signe de la tête, elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche et y répondit sans attendre. A l'autre bout du fil, une voix bien connue et amie, risquait bien de la faire quitter plus tôt que prévu la fête.

Mais était-ce vraiment un problème à ses yeux? Pas tant que cela.

Codage par Libella sur Graphiorum
Rix
Sphère Militaire
avatar

Messages : 391
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Connexion aux esprits psychopathes


Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
Revenir en haut Aller en bas
Mer 24 Aoû 2016 - 20:54
Tout cela était très mignon. Non, le Duc ne se moquait pas voyons, mais il observait le frère de son adversaire avec un petit sourire qui mêlait amusement et douce ironie. Ce dernier ne voulait rien savoir des affaires de sa soeur et pourtant, il finirait bien par y être mêlé. Un jour ou l'autre, lui-même avait fini par le comprendre, quand bien même, il avait tout fait pour ne pas faire partie des affaires. Pour le moment, Cavalieri menait à bien sa barque, en tant que maître de cérémonie, au moins était-il bon à cela.

Vito laissait son esprit divaguer au gré des paroles de l'italien, il sortit de ses songes une fois la cérémonie terminée, la main de son épouse sur son bras, ne manqua pas de l'interpelé. Il savait à quoi elle pensait et posa doucement sa main sur la sienne, ils n'étaient pas là pour laisser les inquiétudes prendre le dessus aujourd'hui. Une simple moue marqua ses traits, alors qu'elle parlait de descendance, il aurait pu relancer le débat sur le fait que si elle acceptait ne serait-ce que d'imaginer qu'ils pourraient tenter, eux, à nouveau, d'avoir des enfants, mais il savait le sujet bien trop sensible et tabou chez sa compagne pour éviter une scène en public.


- Hum... Giulia s'en occupe très bien. Après tout, elle était la seule à avoir des enfants. Tout en ayant gardé le nom des Lampeduza. Les trois hommes de la famille pouvaient dormir tranquille.

Et la discussion s'arrêterait là, déjà parce que les époux pouvaient parfaitement avoir des terrains de non-entente, ensuite parce qu'ils se voyaient interrompre par le jeune allemand, qui introduisait auprès d'eux, Rose, Perceval. Tiens donc. Beleth, comme Strega, connaissait très bien l'homme, en tous les cas, de réputation et de ce qu'ils avaient pu déterrer sur lui. Tout comme, assurément, ce monsieur devait en savoir un peu sur eux. Il offrit un charmant sourire à la garde du corps, avant de tendre la main pour prendre celle de son interlocuteur, toujours aussi sympathique et charmant.


- Remerciez ces dames pour mon inspiration. Avec un petit sourire en coin.

Une femme venait interrompre l'échange, attirant toute la curiosité du Duc, qui ne manqua pas de profiter de son don, pour entendre ce qui se tramait dans la tête de... cet agent. D'un air amusé, il murmura à son épouse, alors que les anciens amants s'éloignaient.


- Il manquait quelques drames familiaux. Attrapant deux verres de champagne, il en donna un à Nikolas, tout en la laissant finir de discuter avec la dite Miranda, apprenant ainsi, qu'elle avait participé à la soirée au manoir.

Son regard se posant alors sur les autres convives, il se demanda combien de femmes ici, avaient été chez lui. Croisant le regard de la profileuse, il lui fit un petit signe de la tête, avant de remarquer la nouvelle arrivante dans leur staff. En voilà une, qui avait sans doute quelques malices en tête.
Beleth
Sphère Artistique
avatar

Messages : 127
Etat Civil : Marié à Strega
Pouvoirs : Charme surnaturel, télépathe
Revenir en haut Aller en bas
Mer 24 Aoû 2016 - 22:00
Voilà qui faisait toujours plaisir à entendre, il lui offrait un petit sourire charmé, tout en lui volant un baiser.

- Oh, merci chérie, mais il me semble, que tout le monde n'avait d'yeux que pour toi, surtout moi, en fait. Avec un petit air malin.

Il l'avait trouvé magnifique au premier regard et ça n'avait pas changé depuis. Malgré les années qui passaient et encore, il trouvait que ça lui allait plutôt bien. Comme pour Claire, Lewis avait su très rapidement qu'elle était la femme de sa vie et qu'aucune autre ne pourrait jamais prendre sa place. Ils s'étaient trouvés et il souhaitait ce même bonheur aux demoiselles qui se mariaient aujourd'hui, sans savoir tout ce qu'il pouvait y avoir derrière cette histoire.

Enfin, il écouta d'une oreille vraiment intéressée les paroles du maître de cérémonie. Ce dernier avait l'air dans son élément et heureux, réellement, d'avoir cet honneur. Il s'en sortait plutôt bien. Le conteur se disait qu'il irait au moins lui dire qu'il avait bien réussi son boulot. Puis les convives purent vaquer à leurs occupations.

Kevin se permit alors de venir remercier la couturière de son travail. Il salua le jeune homme tranquillement.

- Ah ça, c'est le cas de le dire.


Restant en retrait quand son épouse discuta avec un de ses clients - le trouvant quelque peu étrange -, il gardait un oeil sur les jumeaux, qui étaient on ne peut plus intenable, ils avaient repérer un vendeur de glace et étaient partis une première fois au pas de course de son côté, pour voir ce qu'il y avait de bon à manger, avant de revenir tels des anges vers leurs parents. Le petit manège ne lui échappait clairement pas et il attendait de voir la suite.

Il salua, toujours avec chaleur, Dastan et Charlie, puis la petite Saroise, lui parlant - bien entendu - en langue des signes, ils avaient une complicité tous les deux, ainsi qu'avec les jumeaux, car le petit chat, était ravie d'avoir des copains qui la comprenaient sans problème. Et évidement, ses enfants l'embarquèrent avec eux, direction les glaces. Tandis que Lewis se sentait embarquer pour une photo.

Claire était comme ça, à avoir envie de garder des souvenirs, il ne manqua pas de faire l'imbécile en prenant la pause. Un plaisir tout particulier, qui faisait lever les yeux au ciel des siens, mais qu'importe.

- Je ne savais pas que tu venais aujourd'hui Alex. Tu connais l'une des mariées? Fit-il après que le photographe ait terminé son travail.

Remarquant Claire embarqué par l'italien, il garda un œil sur l'échange, l'avantage d'être à moitié sourd, c'était bien le fait qu'au pire des cas, il pouvait lire sur les lèvres. Mais il n'était pas jaloux et faisait entièrement confiance à son épouse, son attention revint alors totalement sur le couple improbable.
Grimm
Sphère Artistique
avatar

Messages : 100
Etat Civil : Marié à Claire Richards
Pouvoirs : Smoke Master
Revenir en haut Aller en bas
Page 2 sur 7Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Monde :: Vers d'autres arches :: Europe-