Studio Petipa - Percy

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Mar 19 Juil 2016 - 20:12
Studio Petipa

Lieu :

Studio de répétition

Date de l'événement :

Juillet 2016

Participants :

Perceval Rose – Miranda Lockhart (pnj)

Précédemment:

Quand les arts se croisent

A suivre:

Qu'il parle maintenant ou se taise à jamais



***



Le cœur battant à tout rompre, la ballerine s'était allongée sur le sol. Son corps brûlant, elle tentait de capter la fraîcheur du plancher plutôt inhospitalier. Un frisson parcouru son dos, le long de sa nuque elle sentit perler les gouttes d'une sueur froide. Sa poitrine se levait au rythme irrégulier de sa respiration haletante et chaque inspiration était une déchirure dans son thorax. Elle avait fermé les yeux mais sous ses paupières persistaient des flashs de lumière. Au moins ne tremblait-elle plus. D'une main glissée péniblement sur le sol, elle dénoua le chignon serré de ses cheveux. Elle demeura encore quelque instant au sol, effaçant d'un revers de main les larmes qui avaient créés un sillon sur ses joues. La crise avait été, heureusement, courte. Provoquée par une crampe, Nikiya s'était effondrée sous la douleur qui avait envahie tout corps. Son don s'était chargé d'amplifier ce signal nerveux et l'ensemble de son organisme s'était emballé. 
Maintenant qu'elle reprenait peu à peu ses esprit et le contrôle de son corps, elle chassa les dernières marques de douleur. 
Elle finit par se redresser. Elle avait une mine affreuse, le teint pale, presque cireux. Combien de temps était-elle demeurée là, à demi-consciente, à demi-convulsante ? Elle fit affluer un peu de sang dans ses joues pour une meilleure mine, grimassa un sourire au miroir et se glissa vers son sac d'où elle tira une bouteille d'eau. Buvant à longues gorgées le liquide enrichi en minéraux, elle en profita pour vérifier l'heure sur le grand carillon mécanique qui ornait l'un des murs de la salle. Bientôt son rendez-vous n'allait pas tarder, sans compter qu'elle serait sur scène dans un peu moins de deux heures. L'espace d'une seconde, elle caressa l'idée de ne pas danser ce soir. Se faire porter pâle. Mais cela ne dura qu'une seconde.
Une serviette autour du cou, elle s'étira sur une barre à proximité et réfléchit rapidement. Elle avait encore le temps de retravailler une nouvelle fois son enchaînement avant d'aller prendre une douche. Elle relança le gramophone numérique et reprit l'entraînement. 

Lotte était arrivée le matin même un peu avant dix heures. Après un échauffement à la barre avec une partie du corps de ballet, les danseurs avaient enfin découvert les premiers enchaînements du spectacle qui ferait l'ouverture de la saison. La chorégraphe invitée pour inaugurer le premier spectacle de l'année était mondialement reconnue pour son travail et son génie, mais était aussi précise qu'exigeante. Et après une première répétition intense ou tout le monde avait mis ses tripes, la française avait estimé que cette collaboration entre la compagnie de l'opéra et l'artiste invité serait prometteuse. 
La seconde répétition de la journée étant consacrée au corps de ballet, la soliste n'avait pas eu à être présenté. Lotte s'était donc éclipsée dans un studio pour travailler sur une autre création qu'elle devrait également danser en début de saison, à Paris cette fois ! Elle était toujours, et il ne fallait pas l'oublié, l'une des danseuses de l'opéra Garnier. Il s'agissait là d'une pièce extrêmement technique, mais aussi pleine d'émotions, entre énergie, tristesse et mélancolie. Spectacle créé sur mesure pour elle par l'un de ses meilleurs ami chorégraphe, il l'avait appelé quelques jours plus tôt pour lui annoncer que le spectacle était déjà « sold out ». Pas de pression. Elle n'aurait pas le droit à l'erreur, pas dans ces conditions, pas avec ce chorégraphe (tout amis qu'ils étaient). Une petite voix dans l'esprit de la prodige ne cessait de lui souffler de façon insidieuse qu'il s'agirait probablement, de la derrière qu'elle danserait. Le travail devrait être acharné.

Une douche glacée plus tard, elle était prête à rencontrer, ou du moins, faire plus ample connaissance avec Mr. Rose, croisé à l'occasion de l'ouverture de l'exposition universelle. Miranda s'était, ce jour là, chargée des présentations. Lotte avait gardé le souvenir d'un homme affable, à l'allure distinguée et aux manières impeccables ainsi qu'à la conversation intéressante, voire intrigante. Elle n'avait pas oubli la lueur de détermination qui brillait dans son regard et une grande intelligence dissimulée derrière des traits de la modestie. Un homme qui, malgré son importante, ne cherchait en rien à s'imposer. La danseuse se rappelait également de la façon dont Miranda les avait présenté, elle l'avait introduit comme son employeur, directeur d'Arkadia. Une entreprise que la ballerine connaissait surtout pour son siège social impressionnant situé dans un aéronef dominant le port de la capitale. Du reste, elle n'avait, alors, aucune idée des activités de la firme.

Quoi qu'il en soit, l'étoile avait reçu quelques jours plus tard, une lettre dudit Mr. Rose et avait été d'autant plus intriguée que le courrier était arrivé directement chez elle. Autant n'était-il pas rare que missives et cadeaux l'attendent à la loge de l'opéra, autant prenait-elle tous les soins pour que son adresse réelle demeure la plus privée possible. Elle avait ouvert l'enveloppe avec un sourcil froncé mais n'avait pu décliner une offre aussi intrigante. 
Seulement, il s'avérait que ces derniers temps, notre protagoniste jouait au ministre et travaillant pour deux opéra en même temps, elle n'avait pu proposer qu'un créneau un peu spécial pour cette entrevue. Elle n'avait pu s'arranger autrement. Elle s'était, après coup, demandée si cela serait perçu comme l'acte d'une diva, qui aurait voulu attirer les autre à soit et non l'inverse, et l'idée la fit sourire.

Pour ce qui était des deux visiteurs – Miranda Lockhart et Perceval Rose - ils étaient supposés retrouver la danseuse au studio Marius Petipa.
Pour cela, ils leur faudrait passer par l'entrée des artistes, située vers l'arrière du bâtiment, là où, généralement un vigile s'assurait mollement que rien de dangereux ne pouvait être dissimulé dans un sac et de jeter un coup d'œil désintéressé aux badges des employés. Sans badge, il faudrait montrer patte blanche à la loge. Là, une hôtesse aux airs de vieille chouette, en échange d'un motif valable, leur délivrerait un badge "visiteur" contre une pièce identité. Mais le cerbère de l'accueil avait été mise au courant de la venue de deux personnes pour miss Hoffmeister et ils seraient, après ces formalités, dirigés vers la salle de répétition. On leur avait sommairement expliqué : Prendre la porte juste là sur leur gauche, au bout du couloir, à droite, prendre les ascenseurs, quatrième étage, couloir des cent pas, tout au bout, à gauche, monter l'escalier, prendre la première porte sur leur droite, traverser le couloir, prendre au gauche au niveau des bancs de musculation, le nom du studio était écrit sur la porte. Mais peut-être trouveraient-ils quelques de bien intentionnée pour les conduire. Et puis, l'opéra était peut-être un dédale, mais si eux ne pouvaient pas trouver leur chemin dans cette maison...
Nikiya sortait de la douce lorsqu'elle reçu un sms pour l'avertir de l'arrivée de son rendez-vous. Elle avait déjà revêtu l'académique de danse pourpre dans lequel elle danserait ce soir. Elle avait tout de même enfilé par dessus un pantalon de jogging noir pour rester au chaud. Il ne lui resterait qu'à passer la longue jupe de mousseline qui s'agrafait dessus une fois arrivée en coulisse. Elle serait sur scène dans une heure et demi, c'était le temps qu'elle pouvait accorder au directeur d'Arkadia et de son assistante.
Nikiya
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Dim 24 Juil 2016 - 19:38
Percy aimait donner à ses recrues potentielles le choix du lieu de l'entretien, toujours curieux à l'idée de ce que cela lui permettrait d'apprendre sur elle. Aucune information n'était négligeable à ses yeux, et il rangeait chacune d'entre elle dans le bureau impeccablement ordonné de son esprit. On ne savait jamais quand savoir que tel n'aimait comme pâtes que les penne allait s'avérer utile, par exemple.(1) Aujourd'hui, sa nouvelle rencontre l'emmenait au studio Marius Petipa, à l'Opera House. S'il avait rarement fréquenté ses studio, le directeur connaissait bien l'opéra, pour y avoir assisté à de nombreuses représentations. Il en manquait le moins possible, toujours avide de culture et appréciant aussi bien les pas de danse que les envolées lyriques. Son travail ne lui laissait malheureusement que de moins en moins d'occasion de suivre le programme dans son entier, mais il faisait de son mieux pour assister aux principaux spectacles. Entrer dans le bâtiment n'avait guère posé de problème à Percy et Miranda, qui accompagnait évidemment son patron ; ils avaient dû s'introduire dans des endroits bien pires, où aucune accréditation n'aurait été normalement capable de les faire pénétrer. Mais il était agréable de se sentir invité, pour une fois, et de laisser quelqu'un d'autre jouer de ses privilèges.

Il portait -quelle surprise- un costume sur mesure, de ceux qu'il affectionnait lors de ses sorties à l'opéra. Miranda, quant à elle, portait un haut à longues manches couleur crème, qui découvrait ses épaules, et des pantalons noirs. Ses cheveux étaient noués en une longue queue de cheval ; elle avait tendance à les attacher d'une manière ou d'une autre lorsqu'elle était en service. Elle était presque toujours présente quand Percy effectuait son premier entretien avec une personne d'intérêt, et il appréciait toujours son avis sur la situation. Mais ce n^était pas la première fois qu'ils allaient voir Lotte Hoffmeister en personne, et Rose savait que son bras droit l'avait côtoyée de plus près que lui. La mystérieuse soirée qui avait eu à la Villa Sofia avait bien évidemment titillé la curiosité du directeur d'Arkadia, qui n'appréciait guère de ne pas être au courant de tout ce genre de choses. Il n'avait pas jugé bon de lui tirer les vers du nez, la connaissant mieux que ça, et ce n'était pas non plus ses sœurs qui allaient le mettre au parfum. Mais il avait d'autres moyens ; comme les scans mentaux de la mémoire de certains de ses employés les plus sensibles. Ceux qui donnaient leur accord pouvaient à tout moment en être discrètement la cible par l'un des agents les plus efficaces de Percy à ce propos. Miranda avait souscrit à la procédure lors de son intégration à l'agence, et si Percy se résolvait à mettre cette méthode en action, elle ne s'en rendrait pas compte, pas plus qu'elle ne trahirait sa signature sur le document qui l'engageait à ne pas parler de cette soirée. Elle devait bien se douter que son patron risquait d'y recourir, de toute façon. Il n'aimait guère violer l'intimité de ses employés, voilà pourquoi il leur demandait la permission avant, et ne le faisait que pour les informations les plus sensibles. Et tout ce qui concernait de près ou de loin Nikolas Cnossos était en tête de liste ; il ne pouvait se permettre de laisser échapper la moindre information concernant cette femme dangereuse.

On leur indiqua le studio, et ils cheminèrent dans les couloirs jusqu'à le dénicher. Miranda entra la première, comme à son habitude, scannant la pièce de son regard d'oiseau de proie. Elle se détendit néanmoins quand elle aperçut celle qu'ils étaient venus voir, et se permit un sourire à l'attention de la danseuse. Percy était heureux de voir que Miranda sociabilisait un peu plus ; il avait toujours eu peur qu'elle ne s'enferme trop dans son travail, au détriment de sa vie privée. Il savait qu'elle s'était également rapprochée de Dahlia Anderson, avec qui elle formait un duo éminemment efficace. Si Percy demandait beaucoup de Miranda, il tenait aussi à son bien-être.

« Lotte ! Je suis contente de te voir.» la salua-t-elle, bien plus chaleureuse qu'à son accoutumée, tandis que Percy s'avançait à son tour.

« Mademoiselle Hoffmeister, je suis ravi de vous rencontrer à nouveau, et je vous remercie de nous accorder un peu de votre temps, surtout avant le spectacle. »

Il se demandait ce que la danseuse pouvait bien imaginer quant à la raison réelle de cet entretien. Il doutait qu'elle en sache plus que nécessaire sur Arkadia, mais on ne savait jamais ; la jeune femme semblait pleine de ressource. En tous les cas, il était plus que curieux de voir comment le rendez-vous allait tourner.

« J'imagine que vous vous demandez pourquoi j'ai tenu à vous rencontrer à nouveau, ou avez-vous votre petite idée ? »

Avec le spectacle qui approchait, mieux valait ne pas tourner autour du pot ; et puis il attendait de voir comment elle allait réagir, tandis que Miranda observait la scène avec attention.

___________________________________________________________________

(1) Dans le cas précis, cet élément anodin s'était révélé indispensable lors d'une mission délicate menée sur l'arche de Tokyo. Qui l'eut cru.
Percy
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Jeu 28 Juil 2016 - 13:42
L'étoile s'étirait au sol lorsque la porte du studio s'ouvrit, les jambes à l'écart latéral, le buste couché sur le sol frais. Le bruit la tira des nombreuses réflexions qui avaient accaparé son esprit à l'approche de cette entrevue un peu particulière. Elle se redressa avec doucement avant d'observer pour une seconde le reflet de Miranda et de son patron dans la vaste glace face à elle. Elle sourit à l'imagine de la belle blonde avant de se relever avec précaution et grâce. Elle se retourna pour faire face à ses visiteurs, un sourire avenant sur les lèvres, les yeux riants.

-Miranda. La danseuse s'approcha de la jeune femme et l'embrassa sur les deux joues avec le naturel parfois déroutant des françaises. Comment-vas tu ? Demanda-t-elle par politesse avant de s'adresser à son employeur. Monsieur Rose, sa main tendue était plus formelle, son ton montrait une certaine retenue. Je suis désolée de vous recevoir dans de telles conditions, déplora-t-elle en allant chercher une bouteille d'eau déjà bien entamée. Mais votre demande pour organiser cette rencontrer a attisée ma curiosité, je ne voulais attendre d'avoir un planning moins chargé pour cette rencontre.

En même temps qu'elle parlait, elle tentait de remettre en place une mèche rebelle cherchant à tout prix à s'échapper de son chignon pourtant bien serré et gainé par le gel.

-Notre première rencontre m'a laissé sur ma faim, monsieur Rose, avoua-t-elle avec une légèreté malicieuse. Mais déjà elle tournait le dos à son interlocuteur pour retourner quelque chose dans son sac. Cette attitude n'étonnait qui connaissant la danseuse : la jeune femme tenait rarement en place avant un spectacle et ce, malgré son assurance et son sang-froid apparent.
Lorsqu'elle revint vers les deux autres protagoniste, elle avait glissé un petit sac en tissu autour de son épaule et tenait deux billets dans une main. Elle tendit les deux tickets à la garde du corps :

-Voilà, j'espère, qui me fera pardonner pour ce déplacement incongru. Ainsi, vous ne vous serez pas venus pour rien, fit-elle avec humour. Elle avait réussi, au dernier moment - après un cas de conscience - à faire jouer ses relations au sein du services des protocoles afin d'obtenir deux places extrêmement bien située en corbeille, pour le spectacle du soir même. Il s'agissait de places déclinées par un ministre quelconque qui n'avait pu être présent et, en échange de ce service, Nikiya avait promis l'une de ses paires de chaussons, signée de sa main, que l'assistante au protocole pourrait offrir à sa petite nièce, fana de danse classique.

-Mais je vous en prie, vous pouvez vous installer si vous le voulez, elle avait désigné deux chaises rudimentaires qu'elle avait amené dans le studio pour l'occasion. C'est rudimentaire, avoua-t-elle. Avec le banc du piano de répétition, il s'agissait là du seul mobilier de la pièce permettant de s'asseoir un tant soit peu confortablement.

La ballerine, elle, s'était assise à même le sol, les jambes parfaitement tendue. Elle avait posé à côté d'elle le petit sac de tissu duquel elle avait sorti une paire de pointes neuves.

-En effet, répondit Lotte sans détour, en releva le regard vers le directeur d'Arkadia qui l'avait interrogé. Je dois avouer que vos motivations m'intriguent autant qu'elle me paraissent floues... elle pressa méticuleusement dans ses mains la coque de ses chaussons. S'arrêtant, elle reprit. Surtout étant donné les activités d'Arkadia...

Sur ces mots, elle était venue fixer son regard d'ambre dans celui de Perceval. Plongeant ses yeux noisettes dans ceux de son interlocuteur avant un aplomb et une assurance qui donnait à douter quant au véritable sens de ses paroles. Ou cherchait-elle à sonder une quelconque réaction ? Mais déjà elle avait détourner son regard et ses traits avaient reprit la douceur de l'insouciance.
Elle plia ensuite dans un sens puis l'autre la semelle de la pointe. Des gestes qu'elle maîtrisait sans avoir besoin de regarder ce qu'elle faisait. Elle était venue chercher le regard de Miranda, aussi belle que Nikiya l'imaginait dangereuse. Elle lui glissa un petit clin d’œil légèrement provocant, retenant un sourire amusé.

-Mais je vous en prie, monsieur Rose, éclairez-moi. Demanda-t-elle finalement avec douceur et patience en ce reconcentrant sur cet homme qui l'intriguait au plus haut point. Se doutait-elle seulement qu'il avait pu décelé en elle quelques qualités qui l'intéressaient ? Si c'était le cas, elle n'en montrait rien, occupée qu'elle était à préparer ses pieds, bandant les zones les plus fragiles, avant de les glisser dans les chaussons roses. Une fois noués, elle s'était redressée.
Elle ne quittait maintenant plus le directeur des yeux, bien trop curieuse de ce qu'il allait répondre.
Nikiya
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Mer 3 Aoû 2016 - 14:12
Miranda avait rendu sa bise à Lotte, avec un naturel que Percy n'avait que rarement constaté chez elle ; elle semblait capable de baisser sa garde en compagnie de la danseuse, qui faisait donc partie d'un cercle très restreint. Il n'y avait guère que Dahlia Anderson qui avait également réussi à passer les barrières de la blonde récemment, et Rose était heureux de la voir se faire des amies. Par elle-même, au-delà du cadre d'une mission. D'autant qu'il n'y était pour rien, préférant ne pas interférer dans la vie privée de son fidèle bras droit. Il serra la main que lui tendit la danseuse, dissipant ses excuses d'un signe de tête.

« Il n'y a pas de mal, je suis ravi que nous ayons pu réussi à nous revoir aussi vite, et je vous remercie de nous avoir casés dans votre emploi du temps. Peu m'importe le lieu et le moment ; en général, c'est la personne qui m'intéresse. » Il accepta les billets que lui tendit son interlocutrice avec plaisir. « Et je vous remercie également pour ces billets. Je m'en voudrais de rater une telle performance ; j'essaie d'assister au maximum de spectacles que mon emploi du temps le permet. »

Il les rangea soigneusement dans la poche de poitrine de son veston, prenant grand soin de ne pas les froisser. L'air aimable, il observait le moindre mouvement, la moindre expression de la danseuse avec la plus grande attention, et il n'avait pas besoin de regarder Miranda pour savoir qu'elle faisait de même. Le moindre détail signifiait beaucoup, surtout quand on savait les relier entre eux. Il suffisait ensuite de l'ajouter au dossier rassemblé en amont, de voir comment l'écrit et la personne se conjuguaient pour former le meilleur profil.

Percy jeta un coup d’œil aux chaises, avant de se décider lui aussi pour le sol. Il déboutonna sa veste pour se sentir un peu plus à l'aise dans cette position, croisant les jambes. Il était encore souple pour son âge ; l'avantage de s'octroyer encore régulièrement des mission de terrain. Son voyage en Chine l'avait rappelé à quel point il était important qu'il reste propice à l'action, et que son corps se devait de suivre. Pour le reste, il n'était pas du genre à se formaliser.

« Je préfère rester au même niveau que mes interlocuteurs, plutôt que de les toiser du haut de ma chaise. Miranda va sûrement dire que je fais mon démagogue... »

« Il fait son démagogue. » le coupa-t-elle, choisissant pour sa part de s'adosser à un mur, les bras croisés. Elle restait sur ses gardes, non pas à cause de Lotte, mais parce qu'il s'agissait de son devoir. Elle répondit au clin d’œil de Lotte, amusée.

« Ce qui n'est pas toujours un mal, surtout quand c'est sincère. Et je peux vous assurer que je le suis. Quant à mes motivations, elles sont au diapason de vos talents, et je ne parle pas seulement de la danse. Vous êtes une femme intéressante, mademoiselle Hoffmeister, et je ne pense pas être la première personne à vous le dire. Le fait est qu'Arkadia s'intéresse de très près aux personnes intéressantes. La société a de nombreuses facettes, et toutes ne sont pas sous les feux des projecteurs. Et nous nous employons à toujours à faire appel aux meilleurs. »

« Nous agissons dans l'ombre, parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Nous avons plusieurs divisions dotées de vastes ressources qui officient aux quatre coins du monde. La stabilisation des révoltes en Chine, c'était nous, avec l'aide de leur gouvernement bien sûr. La découverte du réseau de trafic d'humains sur les arches européennes, c'était nous aussi, de même que sa destruction. Je te donne des exemples, parce que si je ne me montre pas directe, le patron risque de tourner des heures autour du pot. Et parce que tu es digne de confiance. »

« Sans doute l'un des compliments les plus difficiles à obtenir de la part de l'agent Lockhart. Mais j'ai tendance à me fier à son avis, aussi autant se montrer direct, effectivement. Le côté officieux d'Arkadia se charge de préserver l'équilibre là où il est menacé, et surtout là où les organes officiels ont de la peine à agir sans se retrouver pieds et poings liés. Après toute une vie passée à amasser pouvoir et ressources, j'ai fini par réaliser que c'était un but vain en soi ; aussi, j'ai décidé de le mettre au service du monde. A ma manière. Pour ce faire, nous faisons appel à des agents et des consultants aussi divers que variés, toujours efficaces et souvent dotés de capacités uniques. Je crois savoir que vous connaissez Dahlia Anderson ; si elle ne fait pas partie d'Arkadia, elle travaille régulièrement avec nous, lorsque nos objectifs se rejoignent. Miranda et elle forment un duo du tonnerre. Tout ça pour dire que vos talents nous intéressent, mademoiselle Hoffmeister. D'une manière ou d'une autre, je suis sûr qu'Arkadia -ainsi que ses nombreux agents, et tous ceux dont elle s'occupe- pourrait grandement bénéficier de quelqu'un comme vous. »
Percy
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Jeu 4 Aoû 2016 - 20:51
La jeune femme avait baissé les yeux sur ses chaussons pour contenir un petit rire qui resta sur ses lèvres. Un sourire s'y était glissé. Elle s'amusait toujours avec une certaine curiosité de la relation singulière qu'entretenait les deux protagonistes face à elle.
Mais son sourire n'était demeuré très longtemps sur ses lèvres et elle écoutait avec sérieux les paroles de Perceval Rose. Ses grands yeux noisettes s'étaient fixés sur l'homme comme s'ils avaient cherché à le sonder, à décrypter ses paroles.
Y cachait-il des doubles sens qu'elle était censée saisir ? L'espace d'un instant, elle s'était demandé s'il ne se jouait pas d'elle... elle dut garder cette interrogation pour plus tard, alors que son assistante et garde du corps prenait à son tour la parole.

Miranda avait cela qu'elle était toujours directe et précise. Efficace. Oui, c'était le terme qui semblaient, aux yeux de la danseuse, la décrire le plus justement. Elle avait a présent posé son regard sur la jeune femme. Elle ne pouvait dire pour quoi, mais elle lui semblait différente de la Miranda qu'elle considérait sans mal comme son amie. Probablement à cause de la froide assurance de ses propos...
Sa dernière phrase lui laissa pourtant une sensation étrange. Pour une seconde, son cœur avait fait un bond dans sa poitrine. Une seconde pendant laquelle elle avait oublié le spectacle à venir, le studio, l'échauffement, sa préparation. Elle avait plongé ses yeux dans ceux de la jeune femme avec une lueur étrange. Quelques mots moururent sur ses lèvres. «Comment peux-tu en être aussi sûre... » Elle avait un goût amer sur la langue.

A la place, elle s'était détournée. Avait enfilé et nouée ses pointes avec des gestes précis et se redressait déjà pour finir l'assouplissement de tissu et de bois avec quelques mouvements répétitifs à la barre. Elle avait faiblement sourit à la mention de Rose pour le compliment...
Malgré la clarté des explications du directeur, Nikiya de pouvait chasser de son esprit quelques pensées parasites qui lui faisait presque oublier – ou remettre en cause – les raisons de leur venu. Pourtant, au fond d'elle-même, l'étoile était parfaitement consciente que les objectifs d'Arkadia étaient en accord avec ses idéaux. Après tout, n'avait-elle jamais fantasmé l'idée de participer à l'élaboration d'un monde meilleur ? Il semblait qu'on lui en donnait l'occasion. Alors pourquoi ce sourire résigné sur ses lèvres ? Elle avait doucement secoué la tête comme pour chasser une idées ou une voix mais dans son œil, un espoir. Était-ce véritablement ce qu'ils attendaient d'elle ? Elle avait du mal à s'en persuader. Elle s'était montrée intriguée par leur première rencontre, flattée par la proposition d'une entrevue et maintenant qu'ils y étaient, quoi ? Elle doutait ? Et si...

Le nom de son ex-amante l'avait extraite de ses réfléxion. Elle avait hoché légèrement la tête en guise d'affirmation. Elle comprenait maintenant le lien qui reliait Dahlia à la belle blonde.

Elle choisit ses mots avec soin, prenant son temps avant de formuler une réponse : 

-Vos objectifs semblent correspondre à mes valeurs et mettre mes capacités, dans la mesure du possible, à ce service... Me paraîtrait... Honorable. 

Un court silence s'installa. Elle sembla hésiter en son cœur, peut-être était-elle en train de faire une grosse bêtise, peut-être allait-elle regretter ses mots, mais elle n'avait d'autres choix. Elle ne voulait d'autre choix :

-Vous m'avez fait grâce jusqu'ici de votre honnêteté... et je vous en remercie. Je vous en prie, soyez le encore un peu.

Son ton était sincère, presque... grave.

-J'imagine... Elle cherchait comment formuler au mieux sa pensée sans tout à fait se dévoiler. J'imagine que vous avez dû faire des recherches de quelques sortes sur moi... sur ma vie, mes habitudes... Elle dévisageait Rose pour s’assurer qu'il voyait parfaitement où elle voulait en venir. ...sur les gens que je fréquente... le reste... les fameuses qualités qui semblent vous intéresser... Vous savez, n'est-ce pas ? Cette dernière question sonna comme rhétorique.
Nikiya
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Jeu 11 Aoû 2016 - 13:36
La relation singulière qu'entretenaient Perceval Rose et Miranda Lockhart avait tour à tour de quoi étonner, intriguer, décontenancer et amuser les gens. A bien des égards, ils se comportaient souvent comme un vieux couple, n'hésitant pas à se remettre en place ou terminant avec une facilité déconcertante les phrases de l'autre. Oui, le duo semblait extrêmement bien se connaître, et pourtant il n'y avait jamais eu la moindre étincelle de romantisme entre eux, ni même de simple attirance. Ce qui ne manquait pas de surprendre certains de leurs interlocuteurs aux pulsions terre à terre. C'était l'une des raisons qui poussait Percy à s'afficher autant avec la belle blonde : il offrait aux esprits plus étroits l'histoire qu'ils voulaient bien voir pour mieux les surprendre. Quant à Miranda, elle s'amusait de la situation plus qu'elle s'en agaçait ; elle aussi avait rapidement compris qu'il valait mieux se faire sous-estimer. Malgré tout, le lien qu'ils partageaient était aussi solide que profond, dénotant de cette intimité particulière éprouvée lorsqu'on pouvait entièrement baisser sa garde en compagnie de l'autre. A leur rencontre, l'agent avait surtout été reconnaissante au directeur de l'avoir aidée à se libérer des griffes de son père, et avait commencé à le servir par pur sens du devoir, et parce qu'il avait promis de retrouver sa sœur. Une promesse qu'il réalisa sans attendre, ce qui cimenta définitivement la loyauté de Miranda à son égard. Et puis tous deux avaient appris à apprécier les qualités et les forces de l'autre, au-delà d'un simple professionnalisme. Pour autant, Percy, n'était pas non plus un père de substitution pour la jeune femme ; il l'avait toujours traitée en égal, ce qui lui avait tout de suite plu. Elle n'était pas juste une garde du corps, ou un agent d'élite, et encore moins une subordonnée : elle était rapidement devenue un véritable bras droit pour le patron d'Arkadia. Elle ne l'avait pas réalisé tout de suite, Percy se montrant subtil, mais elle comprenait maintenant qu'il la préparait même à prendre sa place si quelque chose devait lui arriver un jour. De cela, elle ne savait pas vraiment quoi en penser: elle en était venue à faire sien le credo d'Arkadia, convaincue que la cause était juste, mais elle ne se sentait pas l'étoffe d'une dirigeante. Mais la question ne se poserait pas tant qu'elle ferait correctement son travail et empêchait son patron de mordre la poussière.

Et tandis que ce dernier parlait à Lotte, elle pensa une fois de plus au soin avec lequel Percy choisissait ses nouveaux agents. Depuis qu'il avait repris les rennes de son organisation et reformé ses brigades, il se montrait plus prudent dans le recrutement. Une chose n'avait cependant pas changé : il savait reconnaître les talents, et il avait horreur de les savoir gâchés. Que Lotte soit apparue sur son radar n'avait rien d'étonnant, et Miranda approuvait son choix. L'étoile était pleine d'esprit, de ressources et de contacts : autant de choses très précieuses pour un agent de couverture. Elle ne doutait pas qu'elle puisse accomplir son rôle à merveille. Plus important encore, la blonde appréciait le caractère de Lotte, qui faisait partie des rares personnes avec qui elle acceptait de baisser un tant soit peu sa garde. Si elle acceptait de les rejoindre, Miranda mettrait un point d'honneur à la former du mieux possible, afin que rien de fâcheux ne puisse lui arriver ; elle prenait soin de ses amies.

« L'honneur serait partagé, miss Hoffmeister. Arkadia saurait faire bon usage de vos services, et vos qualités seraient utilisée à bon escient. »

Percy se montrait sincère, observant avec calme les réactions de la danseuse, écoutant attentivement ce qu'elle avait à dire. Le ton léger qui était la norme chez elle s'était soudain assombri, tandis qu'elle se montrait plus sérieuse, voire grave. Ah, il s'était demandé si elle allait aborder le sujet la première. En un sens, c'était un autre petit test, mais tout ou presque l'était pour Perceval Rose. C'était un moyen pour lui de réellement jauger le caractère des gens, et s'en faire la meilleure idée possible. Et pour le moment, Lotte Hoffmeister les passait haut la main malgré ce qu'elle pouvait en penser.

« Le fait que vous abordiez vous-même le sujet est un très bon point en votre faveur. J'apprécie qu'on me retourne mon honnêteté. Et j'ajouterai que votre capacité à vous remettre en question est une autre qualité que je recherche. Pour être franc : oui, je suis au courant de vos frasques nocturnes. J'aime me renseigner sur mes éventuels futurs agents, et Arkadia ne manque pas de temps et de ressources pour ce faire. Ce que mes agents font de leur temps libre ne me regarde pas, tant qu'ils ne mettent pas en péril leurs missions ou Arkadia. Et je vous sais assez intelligente et -oui, honorable- pour faire ce qu'il faut lorsque c'est important. Quant à vos fréquentations... Et bien, elles vous regardent, même si je me dois de vous suggérer la plus grande prudence concernant la famille Wang. Du patriarche en particulier. C'est un homme dangereux, qui trempe dans beaucoup de trafics louches, et qui n'hésite pas à faire disparaître ceux qui s'opposent à lui. C'est une des plus grandes menaces pour l'ordre établi de l'Arche. Quant à ses enfants, je ne peux pas affirmer qu'ils aient hérité de tous les travers liée à l'ambition de leur père ; seulement...soyez prudent, voilà tout. »

« On sait que tu ne vas pas bien. » le coupa Miranda, avec une certaine impatience. Le sujet la travaillait depuis que le patron et elle en étaient arrivés à cette conclusion, et c'était selon elle le point le plus important. Surtout si cela pouvait leur permettre d'aider Lotter d'une quelconque façon. « On peut dire que je suis une experte en ce qui concerne le corps, son fonctionnement, son métabolisme... Et il y a des signes, chez toi. Quand on les analyse en même temps que le tour pris par tes habitudes dernièrement... »

Si elle se montrait brusque, c'était parce qu'elle était inquiète, Percy le savait, et il espérait que la danseuse n'en voudrait pas à la blonde de se montrer aussi directe.

« Miranda raison. J'en conclus que vous affrontez une véritable crise, du genre qui pousse à vivre comme si chaque jour était le dernier. Une sorte de dégénérescence, peut-être. Et comme nous n'avons rien trouvé qui indique que vous ayez consulté, vous n'êtes pas suivie médicalement. Comme si vous étiez résignée à votre sort. »

« Et ce sont des conneries. On peut t'aider. »

« Ce que Miranda veut dire, c'est qu'Arkadia dispose de moyens bien plus évolués que le domaine de la santé publique. Je devine qu'une des raisons qui vous pousse à ne pas être suivie, c'est que vous n'avez pas envie d'être un cobaye, de vous battre pour rien. De ne pas être en contrôle. Et je comprends, c'est une peur terrible.Mais...et bien, je me dois au moins de vous laisser le choix. Je ne peux pas promettre qu'on trouvera une solution à temps, ni que les essais et les traitements ne seront pas invasifs, douloureux. C'est votre décision, à vous seule, et mon offre n'est pas limitée dans le temps, que vous nous rejoignez ou non. Cependant...laissez-moi vous dire que vous perdre serait un véritable gâchis. Pas seulement pour Arkadia, mais parce que vous êtes une femme d'exception, miss Hoffmeister. Quelle que soit l'opinion que vous avez de vous-même, je reconnais en vous les qualité d'un être profondément juste. Une vie dissolue et ses excès n'ont que peu d'importance, et je ne vous ai jamais jugée là-dessus. Non, ce que je vois, c'est une femme brillante, dotée d'un talent immense, et capable de faire beaucoup de bien autour d'elle. De servir une cause juste, d'aider ceux qui en auraient le plus besoin. Vous ne serez jamais une usurpatrice à Arkadia ; au contraire, j'ai l'intime conviction que vous avez l'étoffe d'un excellent agente. Et j'aurais horreur de voir le monde privé d'une telle flamme.»

« T'es super, et on le pense vraiment. C'est ce qu'il essaie de dire. » intervint Miranda. Elle s'était rapprochée de Lotte, l'air concerné, et avait posé une main sur son bras. Pour Percy, qui n'avait pas l'habitude de voir son bras droit aussi vulnérable, la scène était surprenante. « Accepte, s'il te plaît. Accepte au moins qu'on t'aide. »
Percy
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Sam 13 Aoû 2016 - 18:42
Le silence s'était installé pour quelques longues secondes dans le studio de répétition. Une main légère posée avec douceur sur la barre de bois, la ballerine semblait s'être préparée à un mouvement qui n'était jamais venu, avorté dans l'intention, alors qu'elle s'était laissée absorber par la conversation. L'échauffement lui avait permis en outre d'afficher une décontraction, mais les paroles échangées avaient pris une certaine gravité et elle ne voulait plus diviser son attention. C'est d'ailleurs avec une intention toute particulière qu'elle avait écouté les propos du directeur d'Arkadia. L'intensité de son regard pour son interlocuteur s'était approfondie. La gorge serrée. Les yeux légèrement brillants. Puis Miranda s'était imperceptiblement rapprochée, elle était venue poser main sur son bras et l'étoile avait involontairement frissonné à ce contact aussi spontané qu'inattendu. Ses grands yeux bruns s'étaient plongés dans ceux de son amie. Lotte était touchée par la sincérité des mots malgré la rudesse du ton. Elle aurait voulu pouvoir la prendre dans ses bras, fondre en larme et exposer ses angoisses sur l'avenir, mais elle n'avait pas été conditionnée de cette façon. À la place, elle s'était détournée pour tenter de masquer son trouble. Vaine tentative dans une pièce où chaque murs s'appliquaient à renvoyer une image fidèle, qu'elle soit celle de la perfection ou au contraire de la faiblesse. Alors, elle relevait le menton, fière, ravalait ses peurs et sa douleur, redressait son corps incarnant force et grâce et sur ses traits, elle plaquait le masque de le sérénité, voilà, ce qu'elle savait faire...
Dans cette nouvelle disposition, elle fit de nouveau face à ses interlocuteurs, bien que son reflet ne les ait jamais quitté des yeux. De son regard d'ambre, elle avait remercier ses interlocuteurs pour leur sollicitude. À vrai dire, elle méditait encore leurs paroles.

Dans un premier temps, la confirmation de ses suspicions par Perceval l'avait rassuré. Il y avait dans l'honnêteté qu'il observait à son égard, un soulagement. Peut-être avait-elle craint, pour un temps, de n'être qu'un instruments aux réels desseins de cet homme. Une certaine habitude peut-être ?
Mais il lui avait avoué les recherches portées sur sa personne et lui assurait qu'il était, en effet, au courant. Cependant, le soulagement laissa place à la surprise lorsqu'il aborda en premier lieu, la vie dissolue qu'elle menait depuis quelques mois maintenant. La confusion la laissa silencieuse, peut-être n'était-ce pas le premier sujet qu'elle l'aurait imaginé aborder. Elle avait soigneusement écouté ce que Rose avait à dire sur le sujet, presque étonnée par cette forme d'indulgence et de confiance qu'il semblait lui accorder.
Elle avait imperceptiblement froncé les sourcils à la mention de Jao Wang et de ses activités ainsi que les risques que d'évoluer dans le cercle de ses connaissance. Y-avait-il une pointe d'ironie dans ses propos ? Elle avait l'impression d'entendre un discours répété des dizaines de fois. Peu à peu, elle compris le cheminement de la pensée de l'homme. Il savait construire son argument et amener les choses dans une logique presque... effrayante... Mais probablement pas assez rapidement au goût de son assistante qui perça plus abruptement l'abcès.

Nikiya sera les dents. À quoi s'était-elle attendue en les lançant sur le sujet ? Évidement qu'ils avaient saisi les signes... La dureté des mots de la garde du corps avait légèrement crispée l'étoile. Percy avait reprit avec un peu plus de douceur mais aussi avec une conclusion aussi pénible qu'exacte.
Miranda ponctua d'une phrase un peu coupante et la française tenta de ne pas se braquer. Après tout, même si elle n'en voulait pas, ils lui offraient leur aide. Les moyens d'Arkadia, loin des circuits officiels, et... Et une pensée la frappa. "Ils ne savent pas". Son ventre se tordît, une nausée au bord des lèvres, elle observait le directeur de l'agence non-gouvernementale, avec un œil différent, partagée entre l'appréhension de ce constat et un regret amer. Ils tenaient exactement les mêmes discours qui dans cesse la renvoyait à son propre égoïsme, celui de refuser de façon viscérale tout traitement, refuser les faibles probabilités de guérison. Elle n'était pas prête pour ça, pour les faux espoirs. Elle préférait savoir où elle allait, même si c'était vers le pire. Pourtant les paroles de Rose l'avaient ébranlé. Rarement lui avait-on fait déclaration plus touchante et plus honorante... Et voilà qu'elle devait répondre à cela et elle restait muette. Le temps de digérer l'information, rassembler ses esprits, réfléchir à la meilleurs façon de faire part de son point de vue, maintenant en pleine connaissance de cause. Puis vint son tour de soliloquer.

-Je vous remercie sincèrement de cette proposition de m'aider. Commença-t-elle avec une sorte d'hésitation. Mais je ne peux l'accepter pour le moment, avoua-t-elle comme pour alléger sa décision radicale.

-Vous avez raison. Je suis apparemment atteinte d'une maladie dégénérative lien au don dont je suis pourvu. Elle cherchait au mieux la façon de décrire ce qui, pour elle, était le fonctionnement normal de son corps.

-... Chaque respiration, chaque mouvement, chaque battement de cœur... Je suis parfaitement consciente de ce qui se passe au sein de mon organisme. C'est ainsi autant que je m'en souvienne. La jeune femme n'avait expérimenté que deux fois le silence oppressant de la privation de son pouvoir, en compagnie de la Duchesse de Lampeduza et l'expérience ne lui était pas apparue des plus agréables.

-Avec le temps et l'expérience, j'ai appris à exercer un contrôle sur chaque fonction de mon corps. Une maîtrise qui me permet d'appréhender au mieux la gestion de l'effort, l'optimisation de mes performances. Je peux danser plus longtemps, récupérer plus rapidement, dormir moins, assimiler plus efficacement ce que j'ingère. Elle ne précisa pas que c'était également le cas des doses de narcotiques et de médicaments qu'elle absorbait. J'ai également davantage conscience de mes limites, et une perception accrue de la douleur où des attaques extérieurs. La première crise remonte à six ans, je dirais, elles étaient rare à l'époque, une ou deux par ans maximum. Mais elles sont restées inexpliquées... Comme un dérèglement. Depuis six mois elles se sont multipliées et ont augmenté en durée et en intensité.

Elle se garda de mentionner les statistiques, estimées à un an, le temps qu'il lui restait avant que les crises ne deviennent réellement handicapantes, un an et demi avant qu'elle ne tombe dans le coma ou n'en décède. Mais beaucoup de variables rendait l'évolution majoritairement imprévisible. Elle ne précisa pas non plus que plus elle utilisait son don, plus le mal progressait. Elle s'était laissée tomber dans un paradoxe duquel elle était dorénavant prise au piège. Le seul moyen de stopper le mal qui la rongeait de l'intérieur était d'arrêter d'utiliser ses pouvoirs ou de prendre le sérum qu'on lui avait proposé, qui inhiberait ses dons. Mais sans quel but ? Devenir le dixième de la danseuse qu'elle était aujourd'hui ? Sa carrière prendrait fin immédiatement et sans la danse, elle n'était rien. Elle préférait quitter la scène dans un dernier éclat, quitte à ce qu'il la précipité vers sa fin, plutôt que de vivre, ou plutôt survivre, loin des studios de répétition et des plateaux. Elle écarta ses pensées funestes.

-Pour ce qui est de la vie que je mène, j'imagine que tout à une fin. Vous êtes probablement au courant de mon mariage prochain. Pour un temps du moins, devrait-elle se plier au jeu de la vie conjugalement et au "domestic bliss". Quant à ses fréquentations avec Wang fils, elles seraient probablement compromises par le fait qu'on allait lui glisser une bague au doigt. Pour ce qui était du père, et bien, ce ne serait plus non plus un soucis très longtemps...
Pourtant, un dernier point la laissait hésitante. Elle ne savait quoi faire... Mais la décision fut prise, peut-être précipitée par une voix douce s'élevant des haut-parleurs disséminés un peu partout dans les coulisses :

-Mesdemoiselles, messieurs les danseurs, il est 19h40, début de la représentation "d'Orpheo" dans vingt minutes, vous êtes demandés sur le plateau. Ceci est votre premier appel.

Elle en aurait presque oublié la représentation.

-Je serais ravie de vous rejoindre. Affirma-t-elle avec détermination, une pointe de défi dans la voix. Elle faillit ajouter quelque chose mais se reteint au dernier moment.

Elle avait encore un peu de temps avant sa première entrée en scène qui n'avait lieu que quinze minutes après celle du corps de ballet.

-Je suis contrariée que cette entrevue doivent prendre fin de cette façon, déplora-t-elle en rassemblant ses affaires dans un coin.

Un dernier étirement avant d'effectuer quelques mouvements plus techniques avec une apparente simplicité puis elle passa des sur-chaussons.

-Suivez-moi, je vais vous accompagner jusqu'à la salle par les coulisses, les invita-t-elle avec un sourire.

Dans le retour, on procédait au second appel. Le trio parcouru les longs dédales de couloirs, la vie de l'opéra y était, dans ces moments, la plus représentative. Silencieuse, Lotte, les conduisait tout en faisant défiler la chorégraphie dans son esprit. Par instant, elle exécutait quelques mouvement des bras et de la tête. Elle devait embrasser le rôle d'Eurydice.

Ils arrivaient au niveau du plateau et Nikiya s'apprêta à ouvrir la large porte anti-bruit lorsqu'elle se figea. Elle jeta un regard à Percy et Miranda. Il allait être fou... Mais après tout, il était au courant de cet entrevue et malgré sa désapprobation, il n'avait rien fait pour l'en empêcher. Ou peut-être était-ce la raison pour laquelle la belle avait donné rendez-vous ici, dans ce moment d'entre deux, elle savait que cela limitait ses possibilités d'interventions. Serait-il l ce soir ? Il avait si bien su la séparer de sa vie, et pourtant, elle avait l'impression qu'il était dans sa vie plus que jamais, son ombre toujours à ses côté. Son arrivée à Edimbourg n'avait pas arrangé les choses. Elle n'avait pas peur de lui, mais peut-être un peu de sa réaction. Elle anticipait son silence glacial, son œil noir et inquisiteur.
Et la réaction de Rose alors, reviendrait-il sur sa décision ?
La porte s'était ouverte devant eux et nos trois protagonistes, qui ne pouvaient rester dans les cadres de porte, avaient été forcés de s'engouffrer dans les coulisses qui bordaient le plateau en pente. Là se tenait une sorte de chaos organisés de danseurs et danseuses en pleines préparations, réalisant leur derniers échauffements ou effectuant avec les habilleuses les derniers ajustements de leur costume.
Elle désigna à ses accompagnateurs une portes en bas des coulisses :

-Par là, vous retournerez dans les parties publics, on vous montrera votre loge. Elle s'apprêtait à les abandonner lorsqu'elle se ravisa.

-Monsieur Rose, Miranda...

Le cœur battant, elle les observait avec appréhension.

-Miss Hoffmeister ! Une jeune femme l'avait rattrapé par le bras et lui fit comprendre qu'elle devait encore passer son costume.

Décidément, c'était comme si le destin s'opposait à ces paroles. Elle jeta un dernier coup d'œil au duo avant de les saluer à regret.

Ce qu'elle ne savait pas, c'était que le portable de Perceval Rose allait sonner presque immédiatement après qu'elle se soit éloignée pour remettre son corps entre les mains des habilleuses.
Le nom de Feuerbach s'affichait sur l'écran du directeur d'Arkadia, indiquant nouveau message :

"Je ne sais pas quelle réponse Lotte à faite à votre proposition, mais je l'imagine aisément positive. Je ne m'y opposerai pas, je lui ai promis de ne plus interférer dans sa vie. Mais sachez, Rose, avec toute la cordialité dont je suis capable, que vous n'avez nullement envie d'être mon ennemi. Pour le bien de votre agence ainsi que votre propre sécurité et celle de ceux qui vous sont chers, mieux vaudrait qu'il n'arrive jamais rien à ma sœur dans le cadre de ses activité pour Arkadia...
Au moins aurez-vous peut-être plus d'influence que moi sur sa décision de ne pas se soigner.

A. Feuerbach"


Niki avait, dans le même temps, reçu un message du même destinataire mais qu'elle ne verrait qu'après son premier solo :

"Merci pour ton dévouement Lotte, j'ai, grâce à toi, l'entrée que j'espérais à Arkadia.
Danse bien.
A."


Un message qu'elle effacerait le plus rapidement possible un fois sa lecture faite. Elle avait d'ailleurs violemment pâli et avait juré intérieurement. Les représailles étaient fourbes.
Nikiya
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Lun 15 Aoû 2016 - 15:03
On ne pouvait pas dire que Perceval Rose était surpris par les réponses de Lotte. De ce que ses agents avaient pu rassemblé sur elle, et de ce qu'il avait pu en juger lors de leurs brèves rencontres, elle n'était pas femme à revenir sur ses décisions. Qu'elle refuse pour l'instant de tout mettre en œuvre pour lutter contre sa maladie s'accordait à l'analyse qu'il s'était fait de son caractère. Ce qui ne l'enchantait guère, pour deux raisons : la première, c'était qu'il préférait travailler avec des gens qui allaient pouvoir longtemps faire profiter Arkadia de leurs services, et qu'il avait horreur de voir leurs talents gâchés ainsi. La seconde...et bien, il en était rapidement venu à apprécier cette jeune femme ; il devinait le cœur juste qu'elle cachait derrière un comportement léger, et il avait reconnu en elle un véritable désir de faire ce qu'elle pouvait pour rendre le monde meilleur, à sa manière. Mais il ne pouvait pas la forcer à expérimenter le moindre traitement, aussi n'avait-il d'autre choix que de s'y complaire. Il s'inquiétait plus de la réaction de Miranda, qui s'était déjà grandement attachée à sa nouvelle amie. Mais son bras droit se montra solide, comme toujours ; une certaine tristesse se lisait dans son regard, mais pas encore de résignation. Elle ne perdrait pas espoir, pas encore.

« C'est ton choix. » commenta-t-elle, sans réel reproche dans la voix. « Mais sache que le jour où tu souhaiteras te battre contre ça, on sera là. » Non, la blonde n'abandonnerait pas aussi vite.

« Miranda a raison. L'offre de soin n'est pas limitée dans le temps. En attendant... Peut-être puis-je vous proposer quelque chose d'un peu...différent. Un homme, sur l'Arche, est doté de pouvoirs de guérison extraordinaires. Je crois savoir qu'il n'est pas capable de supprimer tout mal inhérent aux dons prodiges, mais il sait les ralentir. Une session avec lui pourrait vous donner quelques jours, voire quelques semaines de répit. Sa méthode n'a rien d'éprouvant, je peux vous l'assurer. Je peux vous donner l'adresse de son cabinet, je sais qu'il est toujours prêt à aider son prochain. Il s'appelle James Novak. Et vous ne perdrez rien à au moins aller lui parler, si vous souhaitez en savoir plus. Sachez en tout cas que je respecterai votre décision sur la question. Votre vie vous appartient, même si j'espère sincèrement qu'elle n'aura pas à s'éteindre de sitôt. Mais...je peux comprendre ce que vous ressentez ; du moins je peux l'imaginer. Quand on est doté d'un talent comme le vôtre... et bien, il doit être inconcevable de ne pas vivre pour lui jusqu'au bout, et à fond, plutôt que de risquer de s'en priver pour de bon. Vouloir être soi-même -réellement soi-même- jusqu'au bout... C'est important. »

« Tu n'auras jamais à traverser ça seule. C'est promis. »

« En cela aussi, Miranda a raison. Vous faites partie d'Arkadia maintenant, et nous prenons soin des nôtres. »

Il n'était pas non plus surpris qu'elle ait accepté de les rejoindre. Il y avait un feu en elle, qu'elle pouvait mettre au service du monde, et il lui en avait donné l'occasion. Parce qu'elle le méritait, et qu'elle avait réellement de quoi se rendre utile aux yeux de son organisation. Plus même qu'elle ne semblait le penser. Elle avait de quoi se révéler être un formidable atout, il en était certain.

« Je suis fier de vous compter dans nos rangs, et je sais que vous êtes capables de grandes choses, sur la scène comme en dehors. Quant à votre mariage...et bien, permettez moi de vous adresser en personne mes félicitations. » Mais le spectacle ne s'arrêtait jamais, et il était sur le point de leur arracher l'étoile. « Ne vous excusez pas, la scène vous appelle. Je me réjouis d'assister à la performance. Je suis heureux d'avoir pu m'entretenir avec vous, et plus encore de votre réponse en ce qui concerne Arkadia. Nous aurons le temps de mettre en place les détails par la suite. Ne vous inquiétez pas pour nous, nous trouverons nos places. »

« Bienvenue parmi nous. » sourit Miranda, radoucie ; elle préférait mettre de côté la réponse de Lotte quant au traitement de sa maladie, pour se concentrer sur le positif. Prendre les choses l'une après l'autre, compartimenter : elle était douée aussi pour ça. « On se revoit bientôt. »

Et à peine la danseuse avait-elle rejoint les coulisses qu'un message apparaissait sur le téléphone de Rose. Il haussa un sourcil en prenait connaissance de son contenu, laissant échapper un « Et bien... » qui revenait chez lui à faire preuve d'un certain étonnement. Devant le regard intrigué de Miranda, il lui tendit l'appareil pour qu'elle puisse lire, et elle laissa échapper une expression un peu plus colorée. Voilà bien un retournement de situation auquel Percy ne s'était pas attendu, ce qui le chagrinait quelque peu. D'autant qu'en y réfléchissant bien, voilà qui prenait tout son sens et expliquait enfin le mystérieux lien qui unissait l'industriel et l'étoile. Que cela ait échappé à Arkadia -et à Percy, surtout- était...agaçant, mais pas extraordinairement étonnant non plus. Même si cela lui peinait grandement de l'avouer, il devait bien admettre qu'il ne savait pas tout. Et Alexander Feuerbach avait les moyens de lui cacher certaines informations, de la même manière que l'allemand ne pourrait pas percer à jour tous les secrets d'Arkadia ou de la vie de son patron. Voilà qui ajoutait un détail intéressant dans l'équation, mais qui ne la changeait pas fondamentalement. Il leur suffit, à Miranda et lui, de n'échanger qu'un seul coup d’œil pour se mettre d'accord : leur opinion de Lotte n'allait pas changer pour ça. Tandis qu'ils se dirigeaient vers leurs places, Percy pianota une réponse :

« Votre sœur est sa propre personne. Je respecterai ses choix, et elle sera autant en sécurité que possible au sein d'Arkadia. Nous prenons soin des nôtres. » Puis, après que les services d'Arkadia lui aient rapidement fait part du message envoyé par Alexander à Lotte, un tel trafic étant assurément surveillé et l'allemand ne s'en étant pas caché, il rajouta : « Inutile de prétendre la mêler à nos affaires. Comme je vous l'ai dit, elle fait partie des nôtres, maintenant. »

Non, il ne croyait pas un seul instant au fait qu'Alexander ait infiltré sa sœur dans son organisation. Il y avait bien d'autres moyens plus pertinents de le faire, et il n'appréciait guère qu'il fasse subir une telle pression à Lotte parce qui ressemblait à du dépit. Une fois installé, il rédigea une petite note à la main, qu'il fit déposer dans la loge de l'étoile pour qu'elle puisse en prendre connaissance le plus vite possible, afin de la tranquilliser.

« Votre frère vient de se faire connaître. Sachez que cela ne change rien. Vous êtes jugée sur votre propre personne, pas la sienne, et mon opinion de vous reste la même. Ainsi que celle de Miranda. Il en faudra plus pour semer le doute. PS : Ce premier solo était époustouflant. »

Voilà qui, il l'espérait, devrait suffire pour l'instant ; maintenant, il ne lui restait qu'à profiter de la suite du spectacle.
Percy
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Jeu 18 Aoû 2016 - 11:36
Sortant de scène, à la fin de sa première variation, Nikiya repensait aux paroles échangées un peu plus tôt avec le duo. « Je peux comprendre ce que vous ressentez ; du moins je peux l'imaginer. ». Les mains posées sur les hanches, elle cherchait a reprendre sa respiration, calmant ses inspirations saccadées par l'effort. Elle sourit distraitement à une main sur son épaule, félicitation tacite et silencieuse pour cet première partie. Mais son esprit était ailleurs, loin de ce ballet. Elle ne devait pas se laisser distraire.
Passant une main sur son front brûlant, elle bu à longs traits, l'eau enrichies de sa bouteille. Quoi qu'ils en disent, ils ne pouvaient réellement comprendre ce qu'était la peur qui lui nouait les entrailles. Ni la douleur. Épongeant avec douceur la sueur qui commençait à perler sur son front, elle forçait son corps à une récupération rapide. « Tu n'auras jamais à traverser ça seule. C'est promis. » Elle secoua doucement la tête comme pour chasser ce qui lui encombrait l'esprit. S'étirant à la barre, elle ne pouvait, malgré les efforts, détacher ses pensées de la précédente conversation. Elle savait qu'elle aurait pourtant à traverser cette épreuve seule. Pour le bien de ceux qu'elle aimait, elle ne pouvait que s'évertuer à les garder les plus à l'écart des ses maux. Elle leur imposait déjà cet avenir incertain, elle ne voulait entraîner personne avec elle dans sa détresse. Mais elle ne leur en voulait pas ce cette sollicitude.

Un technicien était venu l’informer d'un signe de la main qu'elle entrait de nouveau sur scène dans cinq minutes. « Nous prenons soin des nôtres. » Elle s'était glissée en silence entre les pendrillons pour observer la scène et le corps de ballet. Le cœur au bord des lèvres, elle se précipita vers une poubelle sous l’œil étonné des machinistes. Des son estomac ne sortie qu'une eau verdâtre. Un « ça va ? » articulé silencieusement sur la musique fortissimo du chef d'orchestre, elle hocha la tête à l'affirmative, acceptant le mouchoir tendu. Méritait-elle seulement d'être des leurs ?
Était-elle seulement prête ? Sa peur était d'avoir été sur-estimée pendant tout ce temps. Elle avait parfois cette impression étrange de n'être qu'un imposteur. « Je sais que vous êtes capables de grandes choses, sur la scène comme en dehors. » Qu'en savait-il ? Se rendit-il compte à quel point il pouvait avoir les mêmes discours que son frère ? Il frissonna à cette pensée.
Une minutes. Comptant les rythmes dans sa tête, elle était maintenant calé sur le chef et s'élança sur scène dans un grand jeté.

Les applaudissements de l'entracte se faisaient entendre jusque dans les coulisses. On avait fait baisser le rideau et notre étoile avait rejoins à petits pas sa loge. Elle ne voulait rester dans l’agitation du derrière de scène. Là elle y avait trouvé, comme on le sait, son téléphone. Alexander savait leur communication sous surveillance depuis qu'Arkadia s'était intéressée à elle et Niki, elle avait effacé très rapidement le message. Pâle, elle imaginait aisément le petit sourire satisfait de son frère à la réception du message de Percy. Elle avait laissé échapper un soupire, quoi qu'elle fasse, il obtenait toujours exactement ce qu'il voulait.
La danseuse avait également trouvé la note laissée par le directeur d'Arkadia. Elle l'avait relu plusieurs fois, détachant un à un les mots. Alexander s'était donc chargé de ce qu'elle n'avait pu elle-même faire avant d'entrer sur scène. Il s'était doutait qu'elle n'y arriverait pas.

Au moins, Rose ne semblait pas remettre en cause son engagement en dépit des nouvelles informations en sa possession. Elle aurait voulu pouvoir leur parler, à Miranda et à lui, leur présenter ses excuses, mais elle devrait, pour se faire, attendre la fin de la représentation.
La scène se succédait aux coulisses et inversement. Elle avait du mal à rester concentrer dès qu'elle posait le pied hors du plateau. Elle avait souhaité que les ovations finales prennent un peu moins de temps, mais elle se pliait avec grâce aux jeux des révérences et des applaudissements. Une fois le rideau définitivement tombé, elle avait enfilé un pantalon de jogging sans prendre le temps de se changer et s'était glissée dans les parties publiques sous les regards étonnées des spectateurs qui sortaient de leurs loges. Elle détournait les yeux pour éviter qu'on ne l'aborde, elle n'avait aucune envie de devoir faire la conversation, là, à des inconnus ou répondre à toutes sortes de compliments, même les plus attentionnés.

Elle guettait pourtant avec une certaine impatience la sortie des deux qui accaparaient sa concentration. Trouvant du regard la chevelure de la belle blonde, elle passa sa main autour de son poignet pour retenir son attention :

-Miranda.

Dans son regard, elle s'excusait de les déranger encore.
Nikiya
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Lun 22 Aoû 2016 - 13:37
L'avantage d'avoir un don qui vous développait le cerveau ainsi, c'était de pouvoir le répartir dans plusieurs tâches à la fois sans en pâtir. C'était un art que Perceval Rose avait appris à maîtriser depuis sa jeunesse, et qu'il ne cessait de parfaire, en saisissant la moindre opportunité. Et puis, le stimuler au maximum, sans lui laisser de répit, voilà un bon moyen pour tenir les souvenirs à distance. Les migraines viendraient plus tard ; elles venaient toujours, et de plus en plus fortes, mais il était prêt à s'en accommoder. Mieux valait cela que de se confronter à pire encore ; chacun cachait ses plus grandes terreurs enfouies au fond de lui, après tout. Il se demandait quelles pouvaient être celles de Lotte Hoffmeister, outre sa peur de perdre le contrôle, et de vivre privée de ce qui faisait d'elle...et bien, elle. Peut-être n'y avait-il rien de pire, finalement. En cela, il pensait la comprendre, même s'il ne traversait pas la même épreuve. Et voilà qui apportait même un certain éclaircissement nouveau sur Alexander Feuerbach, qui se retrouvait lui aussi en lutte avec son propre corps. Se sentir trahi ainsi par qui l'on était... Et c'était là un autre lien qui aurait dû mettre la puce à l'oreille de Rose, lui qui se targuait de savoir analyser et relier les informations. Enfin, cela montrait surtout qu'il n'était pas infaillible. Il le savait, et c'était bon de s'en rappeler de temps en temps ; seulement, il aimait éviter au maximum que les autres s'en rendent compte...

Tandis qu'il réfléchissait à tout ça -ainsi qu'à un grand nombre d'autres choses, comme plusieurs opérations d'Arkadia en cours- il n'oubliait pas de profiter du spectacle. Il n'avait encore jamais été déçu d'une représentation où l'étoile dansait, et cela n'allait pas commencer aujourd'hui. En fait, il comprenait mieux pourquoi elle semblait s'abandonner à son art plus que jamais ces derniers temps, ce qui renforçait encore ses performances d'une manière subtile mais bien présente. Elle comptait être fidèle à elle-même jusqu'au bout, et c'était là une qualité que Percy appréciait grandement chez autrui. Il espérait seulement que cela ne signifierait pas forcément l'arrête de mort d'Hoffmeister. Pas s'il pouvait y faire quelque chose, en tout cas. Ce dont il était sûr, c'était de la bonne foi de la danseuse. L'implication de Feuerbach ne changeait pas la chose, du moins pas drastiquement ; elle demandait simplement de la considérer sous un jour un peu différent. Et ce n'étaient pas les tentatives d'intimidation de l'allemand qui allaient modifier quoi que ce soit.

Il s'attarda aussi sur Miranda, qui était elle aussi en train de répartir son attention : elle semblait aussi captivée par le spectacle que par la surveillance de la pièce. Elle restait professionnelle jusqu'au bout des ongles, à un point qui ne rendait pas difficile d'accepter qu'elle avait basiquement été génétiquement créée pour aspirer à un idéal de perfection. Ce qui, paradoxalement, ne manquait pas de causer chez elle une grande insécurité, même si elle le cachait bien. Qui était-elle vraiment, au-delà des fonctions qui avaient déterminé son existence ? Elle se mettait une telle pression sur les épaules qu'il se demandait comment elle allait y faire face avec le temps. Qu'elle ait réussi à se rapprocher de personnes comme Dahlia Anderson et Lotte Hoffmeister était une bonne chose. Miranda s'attachait difficilement, mais une fois qu'elle baissait sa garde, elle le faisait pour de bon. Aussi il pouvait sentir à quel point la condition de Lotte l'inquiétait, et la faisait entrer en conflit entre son envie de protéger son amie et celle de respecter ses choix. Tandis que les dernières notes mourraient, et que les danseurs s'immobilisaient avant que les rideaux ne se baissent, il serra doucement le poignet de la blonde, en geste de réconfort. Lockhart lui adressa un -très-bref regard de reconnaissance, avant de redevenir la redoutable garde du corps.

A la sortie, Lotte les aborda rapidement ; elle avait dû partir à leur recherche dès la fin de la représentation, sans prendre la peine de se mêler à la foule ou de perdre du temps en coulisses. Percy n'était pas vraiment surpris qu'elle les accoste encore, et il en était plutôt heureux ; s'il pouvait d'une manière ou d'une autre tempérer ses inquiétudes, il le ferait.

« Lotte ! » s'exclama Miranda. « Tu as été formidable. Et...je suis désolée. J'espère que je n'ai pas été trop brusque, avant. Je... je n'ai pas l'habitude de ça. D'avoir une amie, je veux dire. » Ce qui, de sa part, revenait à une formidable déclaration de franche et sincère camaraderie.

« Je seconde Miranda : vous avez dansé superbement. Avez-vous réfléchi au guérisseur ? Et pour le reste... Et bien, comme mon billet l'a indiqué, votre situation familiale ne change rien. Et si je sais que vous ne chercherez pas à m'atteindre au nom de votre frère, je vous promets que je ne chercherai pas à l'atteindre à travers vous. Le travail que vous accomplirez au nom d'Arkadia sera totalement séparé de lui, et de ses affaires. Si vous avez d'autres questions, ou des inquiétudes, comptez sur moi pour y répondre. »
Percy
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Mer 24 Aoû 2016 - 21:34
La ballerine avait serré la main de son amie dans la sienne avec une pression toute particulière. Le regard qu'elle lui lança était plein de gratitude et elle articula un "merci" presque silencieux, mais profondément sincère. 
Elle se sentait, à cet instant précis, particulièrement vulnérable. Elle n'en voulait pas à Miranda pour la façon dont elle avait, plus tôt, formulé sa pensée. Au contraire, sa brusquerie la ramenait à une réalité qu'elle voulait fuir et dans laquelle elle oubliait, parfois, que sa décision pouvait blesser ses proches. Elle s'en voulait donc davantage qu'elle n'en voulait aux autres, de les placer dans cette situation délicates. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons qui l'avait poussé à taire sa condition. 

Rose s'était alors à son tour exprimé, la tirant d'une mélancolie qui s'était posée sur son front pour quelques secondes. Saluant sa performance, il avait ensuite repris sur un sujet plus tôt commencé.
Lotte avait doucement hoché la tête :

-J'y ai réfléchi, en effet. Après une petite seconde de réflexion. Je crois que j'aimerais pouvoir contacter cet homme, au moins pour le rencontrer, peut-être discuter, voir en quoi tout cela consisterait. 

La mention du guérisseur par Perceval, plus tôt dans leur entrevue, avait déclenché en elle un petit sursaut d'espoir, une lueur douloureuse, qu'elle chassait au plus vite. Elle ne voulait pas de bercer d'illusion, c'était là le plus pénible, que de se raccrocher à de vains espoirs.
Ce qu'elle ne savait pas - et qui lui aurait peut-être valu la révision de son jugement - c'était que le guérisseur en question n'était autre que homme aillé intervenu aux côtés de Kevin, celui là même qui, contre son gré, avait rencontré les lèvres de son ex-amante à l'exposition universelle, ou encore, l'homme aux allures d'ange tout juste tombé du ciel qu'Alexander avait fait venir à lui pour les mêmes raisons quelques mois en arrière...
Le prodige avait su repousser pour quelques temps la progression de la dégénérescence chez l'homme d'affaire allemand, cependant, Lotte était au courant de la contre-partie qui allait de paire avec une guérison et, en cela, elle ne voulait pas participer à la coloration de quelques plumes en noir. 
Mais pour le moment, la danseuse française ne savait encore tout cela et gardait cette possibilité dans un coin de son esprit.
D'ailleurs, le directeur d'Arkadia la rassurait à nouveau quant à son lien de parenté, lui assurant que sa relation avec Feuerbach ne serait ni un soucis ni remise en cause, elle baissa les yeux pour une seconde, avant de reprendre avec calme et sérieux : 

-Merci, je suis encore désolée de la façon dont ce sont présentées les choses, j'aurais voulu pouvoir vous faire part moi-même de ce détail, plutôt que mon frère ne s'en charge. Mais vous me connaissez, il aime ce côté un peu dramatique... 

Et pour sa part, Nikiya avait longtemps hésité, incertaine de la réaction des deux parties. Au moins, Percy n'était revenu sur sa décision et elle comprenait que, sans le vouloir, elle avait agis exactement comme Alexander l'avait voulu. Quoi qu'elle fasse...
Elle avait remercié une dernière fois ses interlocuteurs. 

Autour d'eux, l'opéra s'était considérablement vidé. Les spectateurs avaient, plus ou moins rapidement, rejoints les différentes sorties et les couloirs étaient de nouveau plus calmes. Ne persistait ici et là que quelques abonnées, plongées dans des conversations animées. Elle n'aurait su exprimer pourquoi, mais elle redoutait silencieusement de les voir partir. Leurs déclarations, tandis qu'ils étaient encore en salle de répétition, l'avaient touché et l'espace d'un instant, elle avait espéré... Qu'avait-elle espérer au juste ? … Il n'y avait rien à espérer.... Elle soupira intérieurement. Elle aurait voulu pouvoir prendre Miranda dans ses bras, lui avouer ses peurs, recueillir ses encouragement ou chercher une forme d'assistance... A la place, elle s'était contentée de faire claquer deux bises sonores sur chacune des joues de l'agent avec un sourire radieux. 
Puis elle avait serré la main, de Perceval Rose :

-Encore merci pour tout, je me tiens à votre disposition pour la suite. Je vous souhaite une bonne fin de soirée. 

Elle s'était alors éclipsée d'un pas léger pour retourner en coulisse où, à peine la porte franchi, son cœur s'était accéléré, sa gorge serrée. Ses jambes semblaient vouloir se dérober sous son poids et l'espace d'une seconde elle sut qu'elle avait peut-être trop puisé dans ses réserves. Elle ferma les yeux pour une seconde avant de tirer son portable de la poche de son jogging. Sur un numéro crypté, elle avait envoyé un message :


« Je peux venir ce soir ? »

À peine quelques secondes s'étaient écoulées avant la réponse :

« Oui. Un chauffeur peut être là dans cinq minutes. » Suivit de : « Tu veux que je vienne te chercher ? »

« S'il te plaît. »

Elle avait rangé son téléphone avant de péniblement rassembler ses affaires. Elle se sentait particulièrement faible et sujette à une crise et préférait ne pas être seule pour le reste de la soirée. Elle avait rapidement rejoint l'entrée des artistes quelques cinq minutes plus tard et une montagne de muscle lui avait ouvert la porte d'une antique Bentley, l'aidant avec délicatesse à monter dans la voiture. Elle qui ressemblait à une plume dans ses larges mains capables de tuer. La ballerine s'était coulée dans le véhicule, s'installant contre son frère, resté parfaitement silencieux, le visage neutre et fermé. Une ride sur son front indiquait les préoccupations qui occupaient son esprit.
Pourtant, il avait doucement glissé un bras autour d'elle et était venue les caresser les cheveux avec douceur. Dans cet environnement familier, elle s'était presque immédiatement endormie d'épuisement sur son épaule.
Nikiya
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Et v’la que je te fous la main sur le sein!
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