[ En pause] Mélodie d'été. / Sersen

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Sam 9 Juil 2016 - 0:03



« La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elle-même.»
Friedrich Nietzsche





    - Les filles ! J’y vais !

    Claire referma le livret des commandes. Elle en caressa la reluire avec un petit sourire au coin des lèvres. Avec le temps le cuire était élimé. La perspective d’une soirée à l’opéra (en tant que spectatrice !) la mettait en joie. Cela faisait un moment, qu’elle n’y était pas allée, de l’autre côté du rideau. Munie de sa veste et de son sac-à-main, elle sortit de la boutique déjà à moitié plongée dans l’obscurité.

    Il ne fallait pas long pour faire le trajet entre ici et l’opéra national. Le temps était doux. Il n’y avait pas encore grand monde dans la rue. Claire s’offrit une petite balade estivale dans les rues édimbourgeoises. Ses chaussures à talons claquaient, contre les pavés de la rue piétonne, avec la régularité d’un métronome. Elle avait le pas vif de ces gens qui ont toujours quelque chose sur le feu. Au croisement d’un carrefour elle réalisa que rien ne la pressait et ralentie l’allure en songeant : « Rien ne presse. »

    Le mois précédant était passé comme l’éclair. Entre le lancement d’une nouvelle collection, la pièce de théâtre de Colm, le ballet de l’exposition universelle, les vacances des jumeaux, Claire ne savait plus où donner de la tête. Heureusement pour eux, Lewis était parvenu à aménager son emploi du temps. Ils s’en étaient sortis. Ils s’en sortaient toujours. Claire ressentait le besoin d’avoir un moment de pause, passer une soirée avec son mari, plutôt que de le croiser entre deux portes. Elle se promit de prévoir ça au plus vite !

    Une petite foule était déjà attroupée au pied du majestueux édifice. Claire ne pu se retenir d’observer leurs tenues de soirée. C’était plus fort qu’elle. Elle aimait découvrir le travail des autres, voir les modes se recréer, découvrir les lubies. Son regard s’arrêta sur une silhouette familière. Un léger sourire se dessina à ses lèvres alors qu’elle parcourue les derniers mètres qui les séparaient. Sersen Jensen était un homme ponctuel.

    - Sersen, bonsoir, vous êtes extrêmement élégant ! Comment allez-vous depuis l’autre jour ? Pas trop débordé avec la vague de touristes ?

    Claire jeta un œil vers la façade du bâtiment culturel. Les lumières des lustres diffusaient une teinte indéfinissable à l’intérieure. Elle se demanda vaguement à quoi allait ressembler le gala. Vêtue pour les circonstances, elle n’était cependant pas la plus experte, en matière de soirées mondaines. D’ordinaire Claire était celle qui préparait les dames pas l’une d’entre elle. Mais, elle était curieuse de voir comment elle allait relever ce défi.

    - Il y a une règle que je dois connaître avant d’entrer ?

Charadh
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Mar 26 Juil 2016 - 0:25
Pour une fois, Sersen était arrivé en avance, dérogeant à un de ses principes les plus chers: Il n'y a qu'une seule manière d'être ponctuel, c'est en arrivant exactement à l'heure prévue. Un principe certes un peu strict, mais il lui permettait de ne jamais commettre ni l'incorrection d'arriver en retard, ni celle encore pire d'arriver en avance. Cela donnait parfois lieu à des situations agaçantes où, ayant mal géré son emploi du temps, il devait alors flâner aux alentours du lieu du rendez-vous pour tuer le temps (sans pour autant en être trop proche pour ne pas y croiser la personne qu'il devait retrouver). Cette fois-ci, donc, il était arrivé en avance afin de ne pas laisser sa compagne pour la soirée, Claire Richards, seule au milieu de cette foule vibrante de mondanité. Il savait que la femme, comme toutes les personnes travaillant dans l'envers du décor de n'importe quelle institution, se sentait fort mal à l'aise quand il s'agissait soudainement de ne plus faire et contempler, mais de prendre bel et bien part à l'évènement. D'autant qu'une bonne partie de l'assemblée, Sersen y compris, se fournissait en vêtements dans l'échoppe de la créatrice.

Il attendait donc dans un complet trois pièces aux motifs "prince-de-galles" assorti d'une Lavallière en soie, planté devant l'entrée de l'opéra, paré de son air impénétrable et sûr de lui. Il connaissait l'opéra de Mozart qu'ils allaient écouter par cœur (comme n'importe quel quidam le devrait, d'ailleurs, murmura-t-il en sortant sa montre de la poche de son gilet), mais la mise en scène était nouvelle et il était curieux d'entendre le jeune ténor qui tiendrait le rôle de Tamino, Stanislas de Barbeyrac, dont il avait entendu beaucoup de bien. La présence de Claire était de celles qu'il arrivait à tolérer pour la durée d'une soirée, il émanait de cette personne une aura de franchise et de simplicité à son égard qui tranquillisait Sersen. Et surtout il ne se sentait pas obligé, en sa présence, de faire la conversation. Ce dont il était d'ailleurs en général parfaitement incapable. 18h58. Il entendit Claire avant de la voir (bruit mat de talons claquant sur le pavé), ce qui lui permit de ranger sa montre avant qu'elle ne croie qu'il s'impatientait d'un retard par ailleurs inexistant. Sersen avait la capacité, inconsciente probablement, de garder un petit espace vide autour de lui, quelle que soit la densité de la foule dans laquelle il se trouvait, ce qui permit à Claire de le voir et de lui sourire avant de se diriger vers lui. Celle (la foule) qui se trouvait devant l'opéra, principalement des mécènes et des personnalités artistico-politiques, commençait à gravir les marches pour se rendre à la réception qui précéderait la soirée de Gala. Comme d'habitude, il n'avait salué personne de son propre chef, ne sachant jamais s'il était vraiment judicieux et adéquat de saluer untel ou unetelle, et surtout comment il fallait le faire. Dans le doute, il s'abstenait, se bornant à répondre d'un bref signe de tête aux salutations distantes des quelques personnes qu'il avait reconnues parmi celles qui se massaient maintenant autour de lui, avides de se ruer sur le buffet et le champagne offerts par leur propre argent (c'était un principe de base de l'économie de marché que beaucoup de personnes, fortunées ou non, semblaient ignorer: Si on vous offre quelque chose, c'est que vous avez déjà permis à celui qui vous l'offre de gagner beaucoup plus).

Il salua Claire comme à son habitude, par un discret baisemain (la plus grande marque de chaleur dont il était capable quand il s'agissait de saluer quelqu'un) et la remercia de son compliment sur sa tenue en lui faisant tout de même remarquer que, comme d'habitude, elle était en grande partie responsable de son élégance, et continua:

-…Quant à l'affluence de touristes, je l'avais déjà légèrement anticipée en renouvelant le personnel du H20's: Un nouveau serveur et une jeune femme chargée de l'accueil des clients. Tous deux particulièrement efficaces et plaisants à regarder. Quant à vous, vous êtes d'une élégance qui n'a rien à envier à celle de vos clientes les plus férues de soirées du genre de celle à laquelle nous nous apprêtons à participer.

À la demande de Claire, qui désirait savoir s'il y avait une règle particulière à observer, Sersen se sentit soudain mal à l'aise, et sa main gauche se contracta brièvement. Cela faisait maintenant vingt ans qu'il cherchait à comprendre, à analyser, à appliquer les règles qui régissaient les rapports sociaux entre les hommes sans jamais rien y comprendre. Qu'une femme comme Claire Richards, tellement adéquate en toute situation, puisse se demander quelles sont les règles à observer, l'avait brièvement mis face à sa propre incompétence en la matière (Si même elle ne sait pas, comment pourrais-je en avoir la moindre idée?), et son visage trahit l'espace d'un instant le sentiment d'angoisse qui était né en lui. Reprenant immédiatement ses esprits, il fit signe à la femme qui l'avait rejoint pour affronter le monde des faux-semblants de monter à son tour les marches de l'Opéra en lui disant "Ils ont plus peur de vous que vous n'avez peur d'eux. Si vous avez un doute, faites un trait d'esprit et esquivez-vous. En tout cas c'est comme ça que je m'en sors depuis une vingtaine d'années. S'il faut que je vous vienne en aide, dites "Le bateau brûle dans le port" et je trouverai un moyen d'échapper à n'importe quelle situation." Et ils pénétrèrent dans la salle cliquetante, où un quatuor à cordes entonnait "Crisantemi" de Puccini.
Sersen
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Mer 24 Aoû 2016 - 12:55



« La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elle-même.»
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    Claire hocha du chef pour signifier son assentiment au sujet du bar. L’une de ses clientes lui en avait parlé pas plus tard que la veille. Elle avait dit avoir passé une très bonne soirée dans un lieu très agréable. Les Édimbourgeois appréciaient la classe que Sersen avait instaurée dans son commerce. Une fois encore Claire se fit la réflexion qu’elle devrait aller voir ça de ses propres yeux un de ces jours. Elle se le disait quasiment à chaque fois qu’ils se voyaient. À chaque fois le temps lui manquait.

    - De l’embauche c’est bien ! Ça veut dire que les affaires marchent. Toute cette agitation va booster l’économie.

    Le compliment de son interlocuteur flatta Claire. Elle eut un sourire un rien gêné. Non pas qu’elle n’était pas habituée aux compliments. Sa clientèle lui en faisait régulièrement. Lewis aussi. Cependant, certaines personnes, comme Sersen, pesaient vraiment leurs mots, elle le savait. Il ne lui disait pas cela pour lui faire plaisir, ou entretenir une bonne ambiance.

    - Merci ! C’était une bonne occasion pour sortir une jolie robe.

    Claire avait remarqué la soudaine nervosité de son ami. Elle allait s’enquérir de son état, mais il avorta toute possibilité en reprenant rapidement la parole. Elle l’écouta avec attention, amusée par cette explication. Le fait d’avoir un allié et une porte de sortie en cas de pépin était rassurant. Au moins, cela la détendit. Ce monde-là n’était peut-être pas si différent dans le fond.

    - D’accord. Je pense que ça ira comme ça. C’est un peu comme une aventure n’est-ce pas !

    La main serrée sur sa pochette, Claire s’avança pour entrer dans la bâtisse. Elle avait beau venir régulièrement ici pour le travail, l’endroit provoquait toujours le même effet. Elle savait que les Lampeduza avaient participé aux donations pour la construction de cet opéra. Rien d’étonnant qu’il est aussi ne classe.

    Les premières vibrations des cordes attirèrent l’ouïe de la fileuse. Elle fouilla le hall du regard pour voir les musiciens. Ce n’était pas le genre de musique qu’ils écoutaient à la maison. Mais en grande sensitive Claire se faisait emporter par l’harmonie de l’air. L’évolution du morceau la plongea immédiatement dans l’ambiance. Elle se pencha vers son comparse de soirée pour lui soufflée d’une voix déjà un peu émue.

    - C’est beau. J’ai fait un peu de pianos plus jeune grâce à la fac. J’avais bien aimé ! Mais ça n’avait vraiment rien à voir avec ce qu’on entend là. On dirait que les instruments sont en vie. Vous ne trouvez pas ?

    Observant la tactique qu’il lui avait donnée sur le perron, Claire se borna à saluer les convives qui croisaient son regard, sans aller plus loin. Elle laissait la personne déterminer si elle avait envie ou non d’entamer une conversation. En vérité, ce qui l’intéressait ce soir, ce n’était pas tant les gens que la musique qu’ils allaient entendre. Elle avait hâte de découvrir ce que cela pouvait donner dans une salle avec une bonne acoustique.

    Claire suivait et imitait Sersen avec le plus de naturel possible. Un petit jeu de rôle qui était en soi amusant. Elle devint une experte en inclinaison du menton. De l’oreille elle captait parfois quelques mots d’une conversation voisine. Elle était fascinée par la façon dont les femmes se tenaient, jouaient de leur allure, de leur charme sur leur cavalier. Cela donnait l’impression d’être dans une pièce de théâtre.

    - Et Sersen ? Vous frottez-vous encore à la musique ?
Charadh
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Dim 25 Sep 2016 - 23:15
Ambiance musicale de la soirée: Puccini, "Crisantemi"


Un cocktail mondain. D’une certaine manière, ici, les règles étaient simples : Il était entrepreneur, donateur, connu. Pas besoin de s’expliquer, de justifier sa présence. Les compliments arrivaient, il n’avait qu’à y répondre poliment et en adresser quelques-uns lui-même. Sersen avait perfectionné son art des compliments au fil des années, par pure nécessité : il lui était impossible de faire un compliment qu’il n’estimait pas vrai. Il avait dû faire montre d’ingéniosité, suivant les circonstances, mais au final s’en était toujours plus ou moins tiré (malgré quelques fiascos, en particulier à la sortie de concerts « -J’ai adoré votre prestation dans le second mouvement. -Je ne joue pas lors du deuxième mouvement de cette symphonie. -Je sais, justement. »). La présence de Claire Richards, cependant, le rassurait : elle lui évitait de tomber dans cet état d’angoisse, celui qui le prenait dans ce genre de situation (« Quand est-ce que les gens vont se rendre compte que je suis un imposteur, que je n’ai rien à faire ici ? »). Le fait d’avoir quelqu’un à ses côtés, une personne qu’il avait invitée qui plus est, lui donnait un sentiment de légitimité, surtout qu’il n’existait entre les deux personnes aucune ambiguïté. Elle voyait cet évènement social comme « une aventure », quelle chance.

*****

« En effet, ce sentiment de vie se dégage particulièrement des instruments à cordes. On a l’impression que les musiciens se contentent de porter l’instrument et de le faire chanter. Saviez-vous que la pièce de bois, à l’intérieur d’un violon (ou d’un violoncelle, d’un alto), qui sert à transmettre les vibrations des cordes à la caisse de résonnance de l’instrument s’appelle une « âme » ? Cela ne me surprend pas d’apprendre que vous avez touché du piano. Vous avez une excellente maîtrise de vos doigts, le goût du travail et la compréhension du point commun entre le tissu et la musique : c’est la superposition des fils de chaîne et des fils de trame qui permet à l’ensemble d’exister. Il en va de même pour la musique, harmonie et lignes mélodiques se mélangent pour faire exister la nappe sonore qui nous ravit les oreilles à l’instant. »

Une fois entrés dans le salon qui accueillait la réception, Sersen se dirigea vers la table où étaient servis les rafraîchissements. Il avait, en un geste de soutien, proposé d’alimenter de quelques-uns de ses meilleurs crus le bar du cocktail. Son nouveau serveur s’était également proposé pour venir servir les différentes eaux minérales, et Sersen fit rapidement le tour du comptoir pour aller lui serrer la main et lui demander comment se déroulait la soirée jusqu’ici. Il lui présenta Claire, à qui le serveur adressa un salut chaleureux (« En espérant vous voir un de ces soirs au H2O’s, je me ferai un plaisir de vous y servir. »). Après qu’il ait brièvement posé sa main sur l’épaule du jeune homme, Sersen et Claire allèrent saluer encore quelques personnalités présentes à la soirée (c’est à ce moment qu’ils se rendirent compte qu’ils avaient plusieurs connaissances en commun, qui furent plus que surprises de les voir venir les saluer ensemble).

*****

« Il y a peu de choses dans ma vie dont je ne pourrais me passer, et la musique en fait partie. Je fréquentais passablement les étudiants du conservatoire quand j’avais une vingtaine d’années, mais j’ai un jour arrêté de les voir. C’est d’ailleurs à cette période-là que j’ai cessé de prendre des cours d’alto (bien que je continue de pratiquer, par nécessité) et d’écriture musicale (*N.D.A : l’étude des règles qui régissent la composition musicale*). Mais je continue de composer un peu, j’ai d’ailleurs terminé d’écrire une valse lente il n’y a pas longtemps. Et vous, plus aucun contact avec le piano ? J’en possède un au bar, un charmant ¼ de queue Pleyel en bois clair, vous devriez venir en jouer un de ces jours. »

Ils entendirent à cet instant les sons de trompette qui invitaient les spectateurs à se diriger vers leurs places. La première sonnerie faisait office de rappel de politesse (« Si jamais, on ne va pas tarder à vous appeler pour de vrai ») et Sersen l’ignorait toujours royalement. C’est habituellement à ce moment-là qu’il reprenait un verre au bar de l’Opéra, d’ailleurs.
Sersen
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Dim 16 Oct 2016 - 15:19



« La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elle-même.»
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    Claire se contentait très bien du rôle de spectatrice qui avait, à ses yeux, un certain attrait. Sersen lui faisait l’impression de s’en sortir à merveille. Elle ne pouvait nier qu’il possédait de ce je ne sais quoi d’élégance qu’on ne trouve que chez les personnes d’influence. Comme le lui disait son oncle souvent son oncle quand elle était petite : « A chacun son héritage, y en a qui héritent de la terre, et y en a qui héritent les autres des sous pour les employer. » Ce n’était pas la première catégorie qui se rendait à ce genre de soirée.

    - Oh. Non, je l’ignorais. C’est poétique.

    La modeste couturière disait cela, en reportant son regard sur les musiciens. Elle imaginait aisément que ces morceaux de bois sculptés soient, en quelque sorte, pourvus d’une force intérieure. Le bois à partir duquel ils étaient taillés avait bien vécu, lui. Tout comme les plantes à partir desquels ils obtenaient le fil qu’elle utilisait pour tisser ses créations. Une croyance qui poussait la Française à prendre soin de ce qui faisait son environnement.

    - C’est une jolie comparaison que vous faites. Je suis assez d’accord avec vous. Tout est une histoire d’équilibre. Je garderais cela en tête demain quand je tiendrais l’aiguille.

    La salle de réception n’avait pas du tout le même aspect, quand les lustres étaient allumés et les tapis sortirent. On aurait dit un bijou. Claire observait les fresques murales en veillant à ne pas trop s’éloigner, de son camarade de soirée. Elle s’arrêta devant le bar avec lui, non sans adresser un sourire, à la recrue du H2o. Ce jeune homme lui fit automatiquement penser à Guillaume son aîné et attira sa sympathie maternelle.

    - alors je viendrais un jour ! Haha ! Merci.

    Quelques regards appuyés, sur leur duo, intriguaient parfois madame Richards. Elle faisait alors en sorte de croiser le regard du curieux, pour lui adresser ensuite un sourire poli. Une façon délicate, de les prendre sur le fait, de leur manque de discrétion. À la façon dont ils l’observaient. Elle se penchait pour aller gentiment se moquer des curieux.

    - Je vous paris que ces curieux sont en train de s’inventer des histoires romanesques.

    Claire sentait qu’ils se posaient des questions. Elle en était franchement amusée, mais essayait de ne pas trop le montrer, car il était inutile de contrarier qui que ce soit. « Les gens aiment les intrigues ma fille ! Pourquoi crois-tu qu’il y a autant de feuilles à potin dans les kiosques à journaux !? » lui aurait dit sa mère avec raison. Pour autant, si Charadh avait peu de certitudes, elle ne doutait pas de la solidité de son couple avec Grimm. C’était sur un autre homme qu’allait son regard.

    - Vous écrivez de la musique ! C’est formidable. Vous ne faites jamais de concerts ? Oh… oui je connais cette marque. Ils font de très beaux instruments. Vraiment ? Vous croyez ? C’est que je n’ai pas pratiqué depuis des années. Il faudrait que je m’entraîne un peu avant !

    Il y avait un piano chez l’une des belles-sœurs se souvenait-elle. Mais, la journaliste serait-elle d’accord pour que Claire vienne passer quelques heures chez elle ainsi ? Et puis, quand ? À moins de le faire pendant les vacances, elle n’aurait jamais le temps. Les semaines étaient déjà très remplies. Elle en toucherait un mot à Lewis. Peut-être saurait-il comment aborder sa sœur sur le sujet. Madame Richards avait parfois un peu de mal à résister à l’autorité et la prestance d’Élisabeth.

    À l’inverse de Sersen, Claire s’alarma d’entendre le premier signal sonore. Elle détestait être en retard. Elle lança un regard vers les portes de la salle, puis vers son ami. Il n’avait pas du tout l’air pressé.

    - C’est l’heure ?

    Une joie, aux accents enfantins, venait briller dans le fond de la pupille. L’émeraude du regard de Claire semblait alors rajeunir de quelques années. À l’instar de ses enfants, elle adorait rêver. Quel meilleur endroit pour cela qu’un opéra ?

Charadh
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