Un parfum d'autrefois [Nikiya, Sersen]

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Jeu 9 Juin 2016 - 23:51
Ce soir-là, Sersen était de belle humeur. La proximité de l’Exposition Universelle allait amener du monde à Edimburgh, la prochaine saison du RSNO venait d’être annoncée et promettait de belles heures de musique et un article venait de paraître sur la nouvelle décoration de son établissement de Copenhague. Il avait décidé, plus tôt dans la soirée, de passer du Satie en guise de fond sonore au H20’s d’Edimburgh où il était de passage. La soirée commençait bien, la fréquentation était élevée. Les coups de tonnerre qu’il entendait éclater à intervalles réguliers laissaient présager un orage tout à fait respectable qui amènerait enfin un peu d’air frais dans les rues de la ville. Après avoir bouclé ce qu’il lui restait d’administratif à faire avant le lendemain, Sersen décida de descendre faire un tour dans la salle du bar. Cela lui permettait d’une part de s’assurer que tout se déroulait comme il le souhaitait et d’autre part de se faire voir par la clientèle, qui apprécie toujours la proximité du propriétaire des lieux. Il reboutonna ses manches, ajusta son épingle à cravate et remit son veston anthracite par-dessus son gilet avant de descendre l’escalier escarpé qui menait derrière le comptoir.

"Il faudra commander une nouvelle tenue pour l'Exposition Universelle, quelque chose d'estival. Lin, soie, trois pièces, caramel. Chaud/froid avec la chemise?"

Il passa la porte, et constatant qu’une des étiquettes de papier cartonné qui ornait un des récipients du bar était illisible, il la retourna. Il était très fier de l’idée qu’il avait eue pour cette succursale : en guise d’étagère à boissons, il avait installé derrière le comptoir du matériel de laboratoire (béchers, éprouvettes, alambics…) et garni le tout d’étiquettes griffonnées à la main. Le résultat était à la fois aseptisé, transparent et fonctionnel, et l’effet était particulièrement réussi. Il salua le barman (un charmant jeune homme écossais recruté récemment en raison de sa barbe et de ses bras musculeux) et s’enquit du déroulement de la soirée.

En l’écoutant d’une oreille, il jeta un regard circulaire sur la pièce. Son regard s’arrêta sur une table haute. Deux jeunes femmes magnifiques était assises là. Une asiatique (que Sersen connaissait comme étant une cliente régulière) et Elle. Qui n’avait rien d’une habituée, qui n’avait rien à faire dans cette partie de la vie de Sersen, qui s’était immiscée là en venant d’un autre temps. En la voyant, après un haut-le-cœur, il se rendit immédiatement devant l’installation haute-fidélité du bar et interrompit la Gymnopédie qui se déversait par les haut-parleurs. Il ne pouvait pas rester dans cette légèreté diaphane, pas avec elle sous son toit. La musique changea, l’Élégie pour violoncelle et piano de Gabriel Fauré.

Évidemment, il l’avait revue depuis. Plus d’une fois. À chaque fois qu’il la voyait danser, il ne pouvait que ressentir cette fascination mêlée de crainte et de tristesse qui lui montait aux lèvres quand il repensait à ce passé. Il revivait à chaque fois son voyage, celui de Paris, qui lui avait coûté si cher à l’époque. La joie d’aller écouter Aurore jouer du violoncelle à l’Opéra, le déchirement des larmes qu’il avait versées (les dernières) pendant son trajet de retour à Edimburgh. Et le seul élément de sa vie que le reliait encore à cette journée était maintenant dans son bar. Une des plus touchantes défenseures de la danse, l’artiste que Sersen considérait comme la plus sublime quand elle faisait vivre les destinées magnifiques du répertoire de ballet était là, à portée de main. Mais le prix à payer était de revivre le plus déchirant évènement de son existence. Elle, en revanche, ne l’avait pas revu depuis dix ans, il ne risquait rien. Il avait trop changé.

Il croisa son regard, un peu trop longtemps peut-être, ne sourit pas et détourna les yeux. Il regarda sa montre pour se donner une contenance, geste étudié et travaillé depuis des années, mais sa main gauche cherchait les doigtés de la Partita n°2 de Bach, en un geste d’évasion mentale et émotionnelle.
Sersen
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Dim 19 Juin 2016 - 20:26
Un parfum d'autrefois

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Lieu :

H2O's

Date de l'événement :

Juin 2016

Participants :

Sersen – Xin Qian (pnj)

Précédemment:

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A suivre:

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***


-Un joli garçon, hein ? Les filles adorent Kim. Avait affirmé Xin, d'un ton un rien moqueur.

Pour une seconde, le sourire de la danseuse s'était voilée de mystère. Son cœur, lui, avait observé une légère accélération à la mention de ce prénom. Elle avait rapidement détourné le regard vers l'extérieur pour dissimuler des sentiments encore incertains à ce sujet.

De lourds nuages noirs assombrissaient le ciel et plongeaient prématurément la capitale dans une obscurité de fin de journée. Cette luminosité entre chien et loup tombait sur le monde et plongeait toujours le cœur de Nikiya dans une profonde nostalgie. Comme une madeleine de Proust, elle éveillait en elle des souvenirs lointains et chers. Mais cet état ne durerait pas. Bientôt, les lumières artificiels rayonneraient sur la ville, donnant à la vie nocturne sa teinte jaune-orangée que la jeune femme prisait tout particulièrement.
Par delà la vitre du taxi, elle observait, pensive, les derniers aventureux qui pressaient le pas pour rentrer s'abriter. La pluie ne tarderait pas à battre les rues. La fin du printemps se faisait sentir et déjà, une vague de chaleur s'était rependue depuis plusieurs jours dans la métropole. L'orage n'était qu'une conséquence sine qua none à cette augmentation trop rapide de la température mais ne demeurait pas moins une inquiétude latente chez beaucoup. Celle de la foudre, aussi imprévisible et dangereuse que salvatrice.

Aux côtés de la ballerine, auteur de cette remarque un peu piquante, la belle Xin Qian Wang. La prunelle sombre de son regard, ses pommettes coupantes et ses cheveux relevés en chignon lui donnait un air un peu strict, une assurance froide et déterminée. Et déterminée, l'asiatique l'était.
Les deux amies avait fait le choix de clôturer leur escapade passée en compagnie l'une de l'autre en allant passer un moment dans l'un des endroits les plus chics et selects d’Édimbourg, là où il était toujours bon d'être aperçu, en tant que pur produit de la bourgeoisie édimbourgeoise. Leur après-midi avait été dédiée à une suite d'achats sans compter, comme le témoignait les nombreux paquets voyageant avec elles.

Lotte n'avait pas répondu à la dernière question de sa comparse et s'était contenté de descendre avec légèreté du véhicule, maintenant stationnée à destination. Elle avait frissonné au petit courant d'air apportant l'orage tandis que résonnait au loin les premiers coups de tonnerre.
Elle passa la porte de l'établissement pour la première fois, contrairement à sa comparse qui le fréquentait, toujours accompagnée, avec régularité. La danseuse jeta un regard à la ronde, sourire aux lèvres. Des yeux, elle prit le temps de juger de la décoration des lieux, de la fréquentation importante mais aussi de l'ambiance distinguée qui régnait dans la salle, et du sourire délicieux de l'hôtesse qui s'était empressée de venir les accueillir. Cette dernière les invita à prendre place à une table de choix qui offrait aux deux amies une perspective parfaite sur la musculature alléchante du barman. Lotte avait remercié la jeune femme avant de la regardé s'éloigner avec un intérêt à peine dissimulé. Elle imagina pour une seconde cette chevelure vénitienne détachée sur des épaules nues, avant de chasser cette bien agréable image pour se recentrer son amie et leur conversation.

Avec cette insouciance si caractéristique elle posait ici et là ses yeux curieux jusqu'à croiser celui d'un homme. Leurs regards s'accrochèrent et le temps se suspendit. Elle acquiesça mécaniquement aux paroles de Xin sans même savoir à quoi elle répondait. Elle ne pouvait détacher son regard. Lui avait détourné son attention d'elle, comme l'homme occupé qu'il semblait être, dans son complet si impeccablement taillé. Elle avait cette irrésistible impression de le connaître, sans pour autant pouvoir en avoir la certitude. Une dernière seconde à observer cette silhouette qui avait attirer son œil, avant quelle ne se penche vers son amie, interrompant un peu prématurément leur conversation.

-Est-ce que tu le connais ? Avait-elle demandé avec tout ce qu'il y avait de plus intrigué dans la voix.

Mrs. Wang haussa un sourcil avant de laisser échapper un rire discret et de renseigner notre héroïne. Elle lui révéla qu'il s'agissait du visionnaire qui avait eu l'idée de ce concept si terriblement snob, le distingué mais discret Søren Jensen. Xin le lui présenta comme un homme au goût et au raffinement extrême, venta son génie, ses talents de chimistes, son intérêt pour l'art, la musique notamment, qu'on ne cessait de le voir à l'opéra et à la philharmonie lorsqu'il résidait à Édimbourg.. mais Lotte n'écoutait déjà plus. Ses yeux d'ambre étaient à nouveau fixés sur l'homme en question. Évidemment qu'elle le connaissait...
Sans le vouloir son regard s'était fait intense, comme si elle eut cherché à imprimer définitivement son image sur sa rétine, seulement, elle était plongée dans ses souvenirs. Ceux de leur « rencontre ». Les circonstances n'avaient pas été les plus... propices, dix ans auparavant. Dix années qui semblaient être aussi bien une éternité, qu'hier. L'esprit de l'étoile vagabonda jusqu'au souvenir ardant que lui avait laissé l'envoûtante Aurore et son corps aux courbes parfaites.
Elle ne les avait jamais revu depuis ce jour là, ni l'un ni l'autre. Jusqu'à ce soir. Voilà qui aurait pu en rester là. Probablement aurait-ce été d'ailleurs préférable. Mais déjà, Xin Qian avait fait un petit signe de main au patron de l'établissement, qui avait entreprit de saluer quelque client. Nikiya jeta à son amie un regard étrange, mais déjà cette dernière le félicitait chaleureusement une histoire d'article paru sur un autre établissement on ne savait où. La danseuse, dont l'assurance était pourtant sans faille, abordait maintenant un sourire étrangement crispé.
Elle sursauta même lorsqu'un coup de tonnerre, beaucoup plus proche cette fois, éclata.
Nikiya
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Lun 27 Juin 2016 - 0:02
L’arche de Paris. Tu y es, pour de vrai ! La gare, effervescente, bruyante, te semble vide. En même temps, sans lui avoir dit que tu venais, je ne vois pas pourquoi tu es déçu qu’elle ne soit pas venue te chercher.

Maintenant il te suffit de trouver comment fonctionnent leurs transports. Dans sa dernière lettre, elle t’expliquait comment elle doit pousser les gens à l’intérieur des wagons avec son étui de violoncelle. La représentation est ce soir à l’Opéra, tu as du temps. Bastille ou Garnier ? Comment on sait lequel est lequel ? La danse, c’est visiblement à Garnier. Tu devrais aller à l’entrée des artistes, et expliquer qui tu es pour elle, ils te laisseront sûrement aller dans sa loge. Les différences sont petites entre chez toi et ici, mais les odeurs ne sont pas les mêmes. La seule chose qui ne change pas, c’est la solitude. Partir, en soi, n’est pas si dur. Il faut juste une impulsion, le courage immédiat de le faire. Le plus dur est d’arriver. Être seul, ici, à New York, à Paris, le problème est le même. C’est juste la taille de l’aquarium qui change. Tu réalises enfin ce que c’est que l’appartenance à un pays. Passer le plus clair de tes années à nier toute connexion avec ta patrie, et t’en rendre compte ici ! C’est une fois sorti de ton urbotope naturel que tu réalises ce que ça signifie, la nationalité. Sur d’autres trottoirs, les rues sont plus larges, les immeubles plus hauts… Dieu que ces boulevards sont grands. Les gens. Différents, dans leur essence.

Le son, c’est donner consistance au temps, ce que tu es incapable de faire pour toi-même. Aimer, aussi. Ces dernières années, tu t’es arrangé pour être suffisamment occupé pour que, quand tu avais du temps, tu ne savais pas qu’en faire mais ça te semblait « normal ». Maintenant, entre, assieds-toi, observe les gens et bois quelque chose.

L’heure de l’opéra, enfin. Ta tenue est impeccable, tu seras bien assis. Bayadère, elle y jouera le grand solo de la Mort, le moment le plus poignant du ballet. La danseuse étoile est jeune, mais époustouflante t’a-t-elle dit. Elle a une maîtrise de son corps qui fascine. Tu la vois tourner, sauter, vivre, aimer. Et là tu l’entends elle, Aurore, le son de son instrument, son vibrato parfaitement calé. Elle respire avec la danseuse, ses mains dansent avec elle, elle l’enlace par son phrasé et la caresse avec ses coups d’archet. De ta place, tu la vois assise, légèrement détachée du tutti. Belle, droite, décidée, les yeux fermés et les jambes écartées enserrant la pièce de bois taillée avec laquelle elle s’adresse à tout le public de l’opéra. Tu pleures, sans t’en rendre compte. Touche tes yeux, tu verras, ils sont humides.

Tu as trouvé l’entrée des artistes, on t’a laissé passer, ton bouquet de roses blanches dans la main. Tu es devant sa porte, ton cœur cogne, tu souris tellement l’impatience te déchire le torse. Tu frappes, tu entres. Elle est là, nue, son corps parfait sous tes yeux. Et elle enlace Aurore, comme elle enlaçait les danseurs plus tôt alors qu’elle était encore la Bayadère. Tu l’as applaudie plus tôt, tu es venu jusqu’ici, tu l’as attendue, tu as pleuré pour elle. De joie, de confiance, de plénitude. Les fleurs restent, tu t’en vas.


*****

Il prit son téléphone et envoya rapidement un message à la réceptionniste pour savoir le nom de celle qui accompagnait celle qui n’aurait pas dû être là. Comme d’habitude, la jeune femme fut d’une efficacité redoutable et la réponse arriva presque immédiatement : Xin Qian Wang, une cliente habituée du bar. Armé de cette information, qui donnait toujours aux clients l’impression qu’on n’était là que pour eux, Sersen avança vers elles au signe de la jeune asiatique alors qu’il passait près de leur table au moment de sa tournée d’inspection. Écoutant d’une oreille les félicitations de la jeune femme pour l’article sur le H20 de Copenhague, Sersen concentrait toute son attention sur la danseuse. Sans même l’avoir regardée, il sentait la chaleur irradier de son corps sculpté, travaillé, ouvragé pour ne servir qu’un seul but. Des heures passées dans une salle fermée, accrochée à une barre de chêne, devant un miroir pour que les muscles répondent à la moindre impulsion, que les mains se fassent plus gracieuses, que le pied se cambre dans la bonne direction. Et en recevant cette chaleur, cette énergie phénoménale qui se dégageait de l’artiste qu’il avait à ses côtés, il sentait une pression écraser sa cage thoracique de l’intérieur, il sentait son cœur cogner. Et pourtant ça n’arrivait plus, ça n’était plus arrivé depuis dix ans. Comment pouvait-elle revenir maintenant ?

Une fois que la jeune asiatique eût finit son discours de félicitations mondaines, Sersen se tourna subitement vers l’Étoile, alors qu’un coup de tonnerre particulièrement proche interrompait le second mouvement du concerto pour deux violons de Bach qui coulait des haut-parleurs du bar.

« -Et vous êtes Mlle Hoffmeister. Pardonnez cet abord franc de ma part, mais je suis un grand admirateur de votre art et de l’âme que vous y insufflez. Je n’ai jamais eu la chance de vous féliciter en face, je ne fréquente plus l’arrière des scènes, mais je tenais à vous dire toute mon admiration pour votre performance dans Bayadère à l’opéra de Paris. C’était il y a quelques années, mais votre pas de deux m’avait ce soir-là tiré des larmes tant il semblait vrai et intense. Je n’étais à l’époque qu’un jeune homme, mais il restera à jamais gravé dans ma mémoire. »
Sersen
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Dim 31 Juil 2016 - 17:13
À la table, le silence s'était installé pour une fraction de secondes. Interminables, pesantes, terriblement inappropriées... La jeune femme n'avait quitté des yeux le propriétaire des lieux, un petit sourire forcé, plaqué en façade sur ses lèvres. Elle saisissait toute l'ironie lugubre avec laquelle les mots avaient résonné dans son esprit et, derrière le doux voiles dont il avait enceint ses paroles, elle avait saisit le pénible double sens. Comme seuls les complices ou les coupables pouvaient les comprendre.
Pourtant, son aplomb n'avait vacillé. Le menton légèrement relevé, les lèvres pincées, la détermination dans son œil teinté d'une lueur plus noire cherchaient à compenser le malaise qui s'était emparé d'elle.

-Un temps où je dansais avec toute l'insouciante légèreté de la jeunesse... avait-elle soufflé en guise de réponse. Une défense bien faible, mais qu'aurait-elle pu dire ?

Elle soutint le regard de l'homme, qu'elle sentait terriblement froid sur sa peau.

-Je vous prie de m'excuser.

La jeune femme s'était levée mécaniquement, tel un ressort, avant de s’éclipser aux commodités. Là, elle s'était passé un peu d'eau sur le visage, reprenant ses esprits et sa respiration. Elle observa un temps son reflet particulièrement pâle dans le large miroir au dessus du lavabo.
Jusqu'à cette rencontre, que l'on pouvait maintenant jugée de terriblement inopportune, Lotte avait... oublié ce délicat souvenir. Ou du moins avait-elle fait en forte d'en occulter les détails trop embarrassant. Le temps s'était chargé de laver sa conscience et sa détermination avait fini par la convaincre qu'elle n'y avait été pour rien. Du reste, la mémoire avait cette capacité aussi étonnant qu'incroyable de modeler les souvenirs à sa guise afin de leur donner la forme désirée. Avait-elle osé espérer un seul instant que l'homme trahi aurait pu, lui aussi, oublier cette aventure ?

Seulement, la réalité lui revenait maintenant en mémoire comme de vives images, brûlante sur sa rétine. Elle sentait le rouge monter à ses joues, le désir brûlant qui les avait étreinte... Elle revoyait la jeune violoncelliste, si douce, appliquée sur son instrument, la façon dont la lumière avait touché sa peau à cet instant, dans le studio de répétition. Leur regard s'était croisé. Il n'avait fallu qu'un murmure, une caresse.
Il n'aurait pu s'agir que d'un plaisir sans conséquence. Les deux jeunes femmes n'auraient peut-être même pas vraiment l'occasion de passer plus de temps ensemble une fois les représentations terminées. Et puis, Aurore avait bien tentée d'arrêter cette idylle coupable, mais ni l'une ni l'autre n'avait su résister à cette sorte d'interdit qui planait sur sur leur relation.
Elle avait tout de même prit fin, d'une façon plus radicale qu'elles ne l'auraient voulu, après cette fameuse représentation de la Bayadère...

Elle ne pourrait rester trop longtemps dans ce refuge temporaire. Si son malaise n'avait pu échapper ni à son ami, ni à celui dont elle aurait voulu s'épargner une rencontre, au moins pouvait-elle tenter de se reprendre, continuer le jeu des noms dits, il fallait se persuader que le passé était le passé et que rien, aujourd'hui, ne pourrait le changer.
Nikiya
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