Exposition universelle - partie 1

 :: Édimbourg :: Westside :: Autres lieux Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Sam 3 Sep 2016 - 21:16
Alors que nous nous dirigions vers le Museum, j’en profitais pour discuter avec Delight et son frère. Pour sûr, ils formaient un duo étonnant, mais cela se sentait également qu’un lien très fort les unissait. Enfin, en matière de famille, je n’étais sans doute pas le plus grand expert… Enfin, ce qui s’approchait le plus pour moi d’une telle notion se trouvait après tout ici, en grande partie, puisqu’il s’agissait des membres de la PH ainsi que de mes amis. Je souris une nouvelle fois à Delight, secouant légèrement la tête.

"Tu n’as pas besoin. Tu es mon amie, et c’est normal que je t’aide si tu en as besoin. C’est toujours le cas, d’ailleurs." Je n’allais pas mentionner Feuerbach, cela ne ferait que gâcher la soirée et inquiéter inutilement mon amie. Elle avait fait son choix en connaissance de cause, et je luis faisais confiance pour cela. Dream de son côté m’impressionnait toujours autant, mais le voir si proche de sa sœur m’aida à me détendre un peu. J’acquiesçai doucement de la tête à l’écoute de ses sages conseils, comme un enfant face à un professeur. "Oui, vous avez raison, je vais faire de mon mieux. Et n’hésitez pas, si je peux encore vous être utile…"

Charlie, toujours sur mon dos, me révéla alors qu’elle travaillait au diner de Delight, raison pour laquelle elles se connaissaient. Le monde était décidément petit. Mais je ne me faisais donc pas de souci pour les deux, certain qu’elles s’entendaient à merveille.

"Vous y trouvez chacune votre compte." commentai-je avec un sourire, essayant de ne pas perdre l’équilibre pendant qu’elle se balançait sur mon dos.

James fit ensuite son arrivée, éveillant l’intérêt de Gear après que l’on se soit interrogé sur l’origine mystérieuse de traces de rouge à lèvres sur sa bouche. Une drôle d’histoire, avec une femme qui était fâchée mais l’a embrassé. Je le fixais, songeur, tandis que mon ancien mentor analysait les ailes avec une curiosité toute mécanique. Quoique…

"Comme tu veux, petit." lui répondit-il avec un petit sourire. "Dans tous les cas, tu sauras où me trouver : je vais rester quelques mois à l’école, pour l’expo. On risque pas de se rater. Et ma chambre est à côté de celle d’Alex."

Tiens, voilà qui était nouveau. Difficile de savoir à l’avance ce qu’il prévoyait, il était tellement impulsif, et prenait des décisions sans avertir quiconque. Je me tournais à nouveau vers Delight et son frère, demandant à ce dernier :

"Vous restez sur Edimbourg quelques temps ?" Puis à Delight : "J’aimerais bien vous inviter à l’école un de ces quatre, pour passer une soirée. Entre amis. Et c’est une très belle propriété, je serais ravi de vous faire visiter. Gear aussi serait content, apparemment…"

Pendant ce temps, des hommes passablement éméchés tournaient autour de Castiel, visiblement attiré par ses ailes et par Miguel. Quittant son sourire charmeur pour une expression plus sombre, Gear observa la scène avec attention, esquissant un début de mouvement lorsque l’un des hommes attira Charlie vers lui. Mais cette dernière sut s’en tirer par elle-même, et les hommes finirent par s’excuser avant de partir. Retrouvant un sourire, l’ancien directeur alla tapoter affectueusement la tête de la jeune femme.

"Bien joué, Koala. Tu te débrouilles bien." Puis, il observa James, et ajouta avec un air un peu plus sérieux, mais toujours souriant et sans le moindre ton moralisateur : "La gentillesse a ses limites. Il faut apprendre à ne pas te laisser importuner lorsqu’on te manque de respect. Et ressors un peu tes ailes, tu n’as pas à avoir honte. Les prochains qui y touchent sans ta permission, le Koala et moi, on leur règle leur compte, hein ?"

Il observa Charlie et lui adressa un clin d’œil. De mon côté, alerté par le raffut, je m’approchais pour voir si tout allait bien. Un hochement de tête de Gear me rassura sur ce point et je retournais aux côtés de Charlie. Pour quelques instants seulement, avant que la vue des nombreux stands ne me donne une idée. Quelques instants plus tard, je revins auprès de la jeune femme avec une barbe à papa et une pomme d’amour, les lui offrant d’une manière hésitante. Mais je n’avais pas besoin de m’en faire autant, à la voir me sauter au cou en me remerciant. Si je dois encore lutter pour ne pas perdre mon équilibre et pour ne pas perdre tous mes moyens, je parvins à rester debout sans faire tomber toute ma marchandise. Ce qui aurait été franchement dommage. Retrouvant un sourire pour répondre au sien, je lui tendis les sucreries, profondément heureux.

"De rien, avec plaisir."

On retrouva finalement la famille Richards aux portes du Museum. Je saluais Lewis et Claire, ainsi que les enfants, puis présentais tout ce petit monde à Delight, Dream et Gear.

L’arrêt brutal de la musique pour laisser place à l’alerte changea l’atmosphère du tout au tout. Tout à coup plus sérieux, j’acquiesçai doucement lorsque Claire mentionna le musée comme abris. Je regardais ensuite tour à tour James et Elias :

"Il faut aider les gens pour les diriger par ici." Je me tournais ensuite vers le reste du groupe : "On vous rejoint tout de suite, restez ensemble et veillez les uns sur les autres."

Presque instantanément, le véhicule de Gear atterrit automatiquement à nos côtés, et mon mentor sauta dessus pour partir faire l’inspection des alentours. J’adressais un dernier sourire à Charlie, avant de disparaître, accélérant ma course pour me rendre tout autour du musée pour guider la population et aider les autorités. J’en profitais également pour passer un coup de fil à l’école, et m’assurer que Kender, Farah et Fuji prenaient bien les choses en main. Rapidement rassuré sur ce point, je donnais quelques consignes, espérant que les mesures anti-ouragan développées par les ingénieurs de l’école feraient une nouvelle fois leur preuve.

Aidant les dernières personnes à entrer dans le musée, j’essayais de rejoindre les autres à l’intérieur, en accélérant une nouvelle fois mes mouvements. Mais l’accélération fut saccadée, pour finir par s’arrêter complètement, manquant de me faire tomber dans mon élan juste devant l’entrée du bâtiment. Surpris, je levai les yeux vers le ciel, sentant l’atmosphère se faire de plus en plus lourde et le vent se lever. Une tempête importante approchait, tellement important qu’elle perturbait les dons. Gear apparut alors à mes côtés, après avoir lui aussi vérifié que personne dans les alentours ne soient sans abri. Il posa une main sur mon épaule, et m’observa pour voir si tout allait bien. Comprenant ce qui se passait, il m’attrapa par le bras et me tira à l’intérieur du musée.

"Allez viens gamin, c’est à ton tour de te mettre à l’abri."

Dans la cohue calme de l’intérieur, on retrouva finalement les autres, et j’interrogeais tout le monde du regard.

"Tout le monde va bien ?"
Dastan
Sphère Technique
avatar
Messages : 646
Etat Civil : Coquinou en couple
Pouvoirs : Maîtrise du temps



Don't waste your time or Time will waste you



Don't click... unless you wanna be blinded (a)

Revenir en haut Aller en bas
Lun 5 Sep 2016 - 12:24
Amelia n'était guère étonnée qu'Anna et Lotte semblent s'entendre. En y réfléchissant, elle trouvait même que sa sœur et la danseuse se ressemblaient sur pas mal de points. Toutes deux étaient dotées d'un appétit insatiable et frénétique pour la vie, toujours dans l'action, prêtes à faire les quatre cents coups pour en profiter au maximum. Des caractères qui s'accordaient finalement assez bien avec celui du lieutenant Caine, et qui lui permettaient de briser quelques unes des barrières qu'elle ne cessait de s'imposer malgré elle. Son cadre privé était décidément bien différent de son cadre professionnel au sein de la flotte, et elle en était venue à la conclusion que c'était là ce qui lui permettait de conserver son équilibre. Si elle se sentait particulièrement à l'aise au sein de la hiérarchie militaire, et qu'elle n'aurait pu se passer de la structure rassurant que cela lui apportait, elle savait aussi qu'il était important pour elle que ce ne soit pas son unique point de repère, et qu'elle avait comme tout le monde besoin de décompresser un peu de temps en temps. Bon, peut-être pas en braquant une banque, tout de même, mais elle faisait confiance à ses proches les plus délurés pour lui soumettre des propositions tout aussi intéressantes.

« Avec grand plaisir ! » confirmait Anna, qui échangeait son numéro avec l'étoile. La cadette d'Amelia avait la capacité de s'entendre instantanément avec pratiquement n'importe qui, et quand elle ne travaillait pas en librairie ou avait le nez plongé dans un bouquin, elle était sans cesse en train de vivre à fond sa vie sociale, papillonnant d'un événement à l'autre avec la même intensité. Les parents Caine n'auraient pu se choisir des enfants plus différents, et peut-être l'avaient-ils fait en sachant que les filles se montreraient bien plus complémentaires qu'opposées. Anna avait grandement apporté à son aînée, et Amelia se plaisait à penser qu'elle en avait fait de même avec elle, toujours prête à la soutenir et à lui apporter un peu de calme et de tempérance lorsque c'était nécessaire.

« Ça marche, on se tient au courant ! On va profiter un peu du carnaval en famille, mais connaissant les parents, ça ne va pas nous prendre toute la soirée non plus. »

Une légère tristesse passa sur le sourire d'Amelia à ces mots ; malgré le caractère fort et l'énergie que conservait sa mère, depuis qu'elle avait perdu l'usage de ses jambes, elle y avait aussi laissé un peu de sa vitalité légendaire. Emily Caine aurait été la dernière à l'admettre, bien sûr, et le sujet était toujours délicat à aborder avec elle. Mais le fait était qu'elle n'avait plus les mêmes réserves, et que ce n'était pas toujours facile pour ses filles et son mari que de se faire à cette idée, eux qui l'avaient toujours connue comme le véritable moteur de la famille. Mais ils savaient aussi que c'était encore plus dur pour elle, qui faisait tout pour ne jamais afficher à quel point la situation l'avait peinée malgré l'enthousiasme permanent qu'elle avait décidé d'afficher. Quel que soit son état, Emily possédait encore une grande force d'âme qu'Amelia admirait plus que jamais ; seulement, le corps ne possédait plus les mêmes limites... Mais elle savait aussi qu'il était inutile de s'appesantir là-dessus : sa mère comme le docteur Weston lui auraient dit qu'on ne pouvait changer ce qui était fait, et que l'important était de se concentrer sur le présent. Emily était en vie, elle était avec sa famille, et c'était ce qui importait le plus, surtout quand on imaginait à quel point la situation aurait pu être pire.

Lotte s'éclipsa alors pour se rendre à ses obligations, et son amie espérait qu'elles auraient effectivement l'occasion de se retrouver plus tard. Amelia s'étonnait encore de voir à quel point elle se sentait à l'aise aujourd'hui, parmi la foule. Elle se sentait enfin plus détendue, depuis quelque temps. Elle acceptait petit à petit sa nomination au poste d'officier commandant pou ce qu'elle était, et apprenait à s'en sentir digne et honorée plutôt que coupable. Et puis le soutien de sa famille, de ses amis et de Lexy y était pour beaucoup. En pensant à sa compagne, elle regretta une nouvelle fois qu'elle fut de servir le jour d'ouverture de Scotland Yard. Alexis était pilote de transport pour les forces de l'ordre, et elle avait eu l'honneur de faire partie de la première brigade d'intervention chargée de superviser l'ouverture. Et puis ce n'était pas comme si elles n'allaient pas avoir le temps de profiter de la fête plus tard : le carnaval était prévu pour durer des semaines, le temps de l'exposition universelle.

Les Caine s'étaient remis en route, babillant joyeusement de ce qu'ils allaient faire à la foire, quand Lotte réapparut soudain, l'air soucieuse. L'instinct d'Amelia lui souffla aussitôt que quelque chose n'allait pas, comme lorsqu'une situation dangereuse était sur le point de se produire lors d'un vol en aéronef, et que tout allait soudain reposer sur les décisions prises sur le pont. Elle écouta son amie avec attention, sans l'interrompre. Elle ne savait pas comment son amie était au courant, mais cela n'avait pas d'importance : elle lui faisait confiance, et elle voyait à quel point elle était inquiète. Le lieutenant se sentit également touchée de l'avertissement de son amie, qui avait pris la peine de les retrouver, et qui leur offrait sa protection. Amelia passa très vite toutes ses options en tête, réfléchissant comme si elle se retrouvait en situation de combat. L'entraînement et l'instinct de situation de crise avaient pris le dessus, et elle était bien décidée à ne pas commettre la moindre erreur.

Mais elle n'eut pas l'occasion de répondre, coupée dans son élan par les sirènes qui retentirent, suivie du message d'alerte qui se mit à passer en boucle. Ses parents échangèrent aussitôt un regard sérieux, tandis qu'Anna s'était rapprochée de sa sœur. Bon, la situation n'était sans doute pas aussi grave que ça ; les gens avaient été rapidement averti, l'Arche était formée à ce genre d'incident, et avec un peu de chance, ce ne serait pas une tempête trop violente. Mais mieux valait pêcher par excès de prudence, et elle avait bien l'intention de mettre sa famille à l'abri.

« Allez avec Lotte. » leur dit-elle de son ton impérieux de soprano, celui qu'elle adoptait sans même le réaliser en situation de commandement. Elle faisait alors preuve d'une assurance étonnante pour ceux qui ne l'avaient encore jamais vue ainsi. « Pas de discussion. Maman, papa, il n'y a rien que vous puissiez faire maintenant. Anna, prends soin d'eux. » Puis, à Lotte : « Merci de nous avoir avertis. » Elle serra la main de la danseuse, lui témoignant sa sincère reconnaissance. « Vraiment. Mais je ne viens pas avec vous. »

Elle avait tout de suite su qu'elle ne les suivrait pas. Un officier de la flotte ne courrait pas se cacher en cas de danger, pas quand des civils avaient potentiellement besoin de protection. Si Amelia pouvait apporter son aide d'une façon ou d'une autre, elle le ferait. Et puis il y avait aussi Alexis, qui allait participer à l'évacuation, et l'idée de l'imaginer voler dans la tempête l'inquiétait malgré ses talents ; il était hors de question qu'Amelia aille se planquer quelque part. Peut-être trouverait-elle le moyen de la contacter, afin qu'elles puissent joindre leurs efforts. L'armée avait l'habitude d'aider les autorités lors d'une telle situation. Pour Amelia, c'était son devoir, et elle allait tout faire pour l'accomplir.

« Fais attention. » lui dit sa mère, et Amelia lut dans son regard qu'Emily Caine comprenait parfaitement ce qu'elle ressentait. Elle n'allait pas essayer de la retenir, et souffrait sans doute beaucoup de ne plus pouvoir elle-même accomplir son devoir comme elle aurait voulu le faire. Son père lui adressa un sourire entre l'inquiétude et l'encouragement, une main autour des épaules de sa femme. Anna serra sa sœur dans ses bras, avant de les rejoindre : « Je m'en occupe, Amy. On se revoit après. »

Amelia hocha la tête, avant de s'adresser à Lotte : « Merci. Vraiment. » Le geste de la danseuse comptait énormément pour Amelia. Elle lui sourit, se sentant étonnamment confiante maintenant qu'elle était en pleine action. Puis elle se força à les laisser derrière elle, gardant son inquiétude pour plus tard ; elle avait son devoir à accomplir, et se joignit aux efforts d'évacuation, rassurant et guidant les gens avec l'assurance de tout bon officier de la flotte qui se respecte
Solaris
Sphère Militaire
avatar

Messages : 75
Etat Civil : en couple
Pouvoirs : absorbtion et projection d'énergie
Revenir en haut Aller en bas
Mar 6 Sep 2016 - 18:31
Si Castiel -avec son air naïf et son attitude aux antipodes du conflit- paraissait une cible facile, c'était en réalité bien plus compliqué que cela. La plupart de ceux qui s'en prenaient à lui finissaient généralement par se lasser, incapables de gérer le fait de ne recevoir en retour que sourires et gentillesse. Et puis de toute façon, l'esprit du guérisseur passait au-dessus de la plupart des remarques blessantes, souvent bien trop imagées pour lui. Plus jeune, bien sûr, il prenait de tells attentions néfastes plus à cœur, marqué par sa différence et son inexpérience. Avec le temps, une fois émancipé de son enfance compliquée et sa foi en l'humanité retrouvée, il avait tout simplement décidé qu'il était inutile de réagir par la colère à ce genre de situation. D'autant qu'il pouvait sentir via son empathie que les trouble-fêtes n'étaient pas véritablement malfaisants, et encore moins dangereux .Un peu éméchés sans doute, et drapés de l'ignorance de leur jeunesse, celle qui leur faisait croire que tout est permis. Il se contentait donc d'attendre que cela leur passe, les gens se lassant généralement rapidement de lui lorsqu'ils réalisaient qu'ils n'allaient pas en retirer le moindre agacement réel.

Cependant, qu'ils commencent à s'en prendre à Charlie représentait la goutte d'eau de trop dans le vase de la compréhension de James, pourtant diablement profond. Il pouvait sans autre tolérer d'être le sujet des moqueries, mais il n'aimait pas du tout qu'on s'en prenne à quelqu'un d'autre, d'autant plus quand le quelqu'un d'autre en question faisait partie de ses amis. S'il connaissait la petite blonde depuis peu, leur récente sortie au zoo en compagnie de Dante et Diane avait définitivement soudé les liens de leur nouvelle amitié. Il agita nerveusement ses ailes, fronçant les sourcils pour la première fois pendant la conversation, mais se retint d'intervenir quand il vit que Charlie ne se laissait pas faire le moins de monde. Ce petit bout de femme se révélait aussi impressionnant qu'implacable, et voir ce groupe d'écervelés se faire ainsi rembarrer était assez appréciable. Elle n'avait besoin de personne pour la défendre, et c'était même qui était venue à la rescousse de son ami ailé, finalement. L'usage de son pouvoir si particulier se révéla une fois de plus fascinant, et Castiel put sentir les émotions du jeune homme se retourner comme une pièce lancée en l'air. Il calma aussitôt le jeu, dispersant ses compagnons et laissant le petit groupe constitué autour de la Potential Home en paix.

« Rappelle moi de ne jamais te mettre en colère. Merci. » dit Castiel à Charlie avec un sourire sincère. Puis il se tourna vers Gear, conservant son air tranquille et apaisé : « Et bien, je ne voyais pas de raison de les remettre en place ; ils allaient bien finir par se lasser, et puis c'est dans ma nature, je n'aime pas hausser le ton. On me dit souvent que je suis trop gentil, mais... ma foi, c'est qui je suis, et...je crois que je préfère ça. Mais ne vous inquiétez pas : je sais me défendre lorsque c'est nécessaire, et je n'ai pas peur de l'action. Vous le verrez bien, si je finis par vous rendre visite. »

S'agissait-il d'un double-sens de la part de Castiel ? Même en le regardant bien, voilà qui aurait été difficile à dire. Et pourtant, pourtant y avait-il peut-être eu une brève lueur de malice dans ses yeux, tandis qu'il les dirigeaient sur Gear. Encore une fois, James Novak était loin d'être stupide, et il y avait des domaines qui lui échappaient bien moins qu'on aurait pu le croire. Il salua également Delight, qu'il reconnut comme la gérante de Chez Reggie, diner où il passait régulièrement. Il l'avait toujours trouvée gentille, et appréciait sa lueur d'âme ; de même que celles de tous les autres membres de leur petit groupe. Il avait réceptionné la petite de Claire dans ses bras avec un grand sourire, avant de la faire tournoyer brièvement en l'air. Il la reposa au côté de son frère, et il s'adressa aux enfants : « Cela vous dirait que je vous fasse voler, un jour ? Si vos parents sont d'accord, bien sûr. »

Et Grimm et sa femme n'avaient pas à s'inquiéter : la maladresse de Castiel disparaissait aussitôt que quelqu'un rejoignait le harnais qu'il utilisait pour les vols accompagnés. Mais ils n'eurent pas le temps de répondre que la foule se mit à s'agiter alors que retentissaient les messages d'avertissements. James put aussitôt sentir l'angoisse et la nervosité émaner de la foule, son empathie siphonnant les émotions environnantes comme s'il avait été pour elles un paratonnerre Peut-être que la tempête était en train d'affecter son don d'une manière ou d'une autre, tellement le ressenti était vif. Mais il n'allait pas se laisser démonter pour autant, pas s'il pouvait donner un coup de main. Il hocha la tête aux directives d'Alex, joignait ses efforts aux siens et aux autres volontaires pour aider à diriger ceux qui en avaient besoin vers un endroit sûr. Il ne voyait plus son père ; l'apparition avait peut-être disparu à cause de la tempête, ou alors il s'agissait d'autre chose. Ni l'un ni l'autre n'avait jamais réussi à déterminer ce qui le faisait se manifester puis disparaître. Apercevant des gens apeurés au sommet des gradins, il s'envola pour les rejoindre, les rassurant gentiment. Il croisa même l'un des jeunes qui l'avait embêté un peu plus tôt, visiblement séparée de son groupe et l'air un peu perdu. Sans la moindre rancœur -un concept qui lui était pratiquement inconnu- Castiel le guida avec d'autres en direction du musée. Enfin, il rejoignit Alex et les autres, rassemblés dans la vénérable institution.

« L'évacuation se passe bien. » dit-il à Alex, qui se tenait à côté de Gear et de Charlie. « Je voulais m'assurer que vous étiez à l'abri, et je pense que je vais retourner dehors, voir si je peux encore donner un coup de main. »

L'idée de ne pas apporter son aide jusqu'au bout lui était tout bonnement impensable.
Castiel
Sphère Savoir
avatar

Messages : 117
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : immortalité - ailes (vol) - empathie - guérison/évacuation - empreinte
Revenir en haut Aller en bas
Mer 7 Sep 2016 - 13:00
Décidément, ce Gear était un personnage haut en couleur, ce qui n'était pas pour me déplaire. Le duo qu'il formait avec Alex était amusant, et j'imaginais à quel point l'aîné devait profiter de faire tourner en bourrique son protégé. Mais le lien qui les unissait n'en était pas moins solide, et j'étais heureuse de voir que mon ami était bien entouré. Quand je repensais à notre première rencontre, il y a bien longtemps dans le passé, je voyais à quel point il avait fait du chemin. Je n'étais pas étonnée de le voir en directeur, ceci dit ; je savais qu'il était doté d'un grand sens des responsabilités, et qu'il était du genre à accepter de porter tous les fardeaux du monde sur les épaules si cela pouvait soulager les gens autour de lui. J'espérais surtout qu'il n'oubliait pas de se détendre un peu de temps en temps, et qu'il ne se faisait pas trop de soucis. En tous les cas, il pouvait compter sur des gens comme Gear, Charlie ou moi pour lui rappeler de s'amuser un peu. Les membres de la Potential Home semblaient former une véritable famille, ce qui me réchauffait le cœur. Non pas pour la première fois, je me demandais si j'avais bien fait d'accepter l'offre de Feuerbach plutôt que celle d'Alex. Nul doute que je me serais plu parmi eux. Mais malgré mon optimisme retrouvé, je rechignais à l'idée de m'impliquer dans une institution aussi belle, de peur qu'elle finisse par en souffrir si j'étais incapable de trouver un quelconque contrôle définitif sur mes pouvoirs.

« Peut-être que je me joindrai à vous pour une petite visite un de ces quatre. » lançai-je à Gear et James avec une certaine malice. Et puis pourquoi pas ? Je n'avais pas envie de m'appesantir sur mes craintes d'un futur incertain, je préférais continuer de profiter de la journée, et de la fête. Puis, à Alex : « J'en serais ravie, tu peux compter sur moi. J'espère que la casquette de directeur ne te pèse pas trop ; en tout cas, elle te va bien. Je sais qu'avec quelqu'un comme toi, cette école est entre de bonnes mains. »

« La Famille et moi allons rester...quelque temps. » lui répondit Dream. « Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas rassemblés, et il semblerait qu'il y ait des choses qu'on ne puisse bien faire qu'éveillé, même si j'avoue que cela me dépasse un peu. »

Je savais que mon frère attendait impatiemment de pouvoir retrouver le cocon de son caveau de sommeil, et que le monde de veille ne l'intéressait que modérément, mais j'appréciais qu'il ait décidé de rester parmi nous un peu plus longtemps. Et puis cela lui faisait du bien de sortir de temps en temps, ne serait-ce que pour secouer les toiles d'araignées. Nous formions maintenant un petit groupe des plus sympathiques, rejoints par un couple ami de Dastan, ainsi que par leurs enfants. L'ambiance était à la fête, et il y avait même un pingouin : franchement, que demander de plus ? Le temps, lui, semblait penser différemment... Quand les alarmes se mirent à retentir, je fus d'abord surprise, n'ayant encore jamais assisté à ce phénomène sur l'Arche ; puis ce fut au tour du message, et je compris de quoi il s'agissait. Alex réagit comme un chef, ce qui ne m'étonna aucunement ; il distribua ses directives avec une fermeté assurée, et je hochai la tête pour lui donner mon assentiment. J'étais prête à donner un coup de main, bien entendu, mais je devais avouer que le passage de la tempête m'inquiétait : je n'avais aucune idée de l'effet qu'elle pourrait potentiellement avoir sur mes pouvoirs... J'aidai néanmoins de mon mieux Alex et les autres à diriger la foule vers le musée, cherchant du regard si je trouvais les autres membres de la Famille. J'apprendrai par la suite que Destiny et Emma s'étaient réfugiés à temps dans le bar à eau où devait se dérouler une soirée VIP. Quant à Death, elle me ferait le récit de ses aventures d'ici peu, n'étant finalement pas bien loin.

« Je pense que tu es surtout très douée pour faire croire aux gens que tes mystères n'ont rien d'exceptionnel. Tu es bien plus que tu ne laisses paraître, Dahlia Anderson. Mais sais-tu qui tu es vraiment ? » Death avait parlé douceur, sans la moindre pique ; elle était réellement intriguée par Dahlia, et se demandait à quel point la jeune femme portait ou non un masque. Ma sœur sourit, tandis que sa nouvelle amie lui serrait la main. Elle réfléchit quelques instants avant de répondre : « Tu as remarqué ? C'est peut-être parce que j'ai vécu aussi longtemps, que je me sens un peu triste parfois. Car tu ne te trompes pas à ce sujet : j'ai...une certaine durée de vie à mon actif. Je compte en siècles depuis un bail. Et je pense que c'est ce qui me pousse à apprécier d'autant plus l'instant présent, et ceux dont la vie est courte et qui en tirent pourtant bien plus que certains immortels en mille ans. Après, j'ai...d'autres dons, qui ne sont pas toujours faciles à vivre, même si je m'y suis accoutumée. Quand je regarde quelqu'un qui n'est pas immortel, je...le vois vieillir à vue d’œil. C'est presque imperceptible, comme des grains de sable surpris du coin des yeux qui s'écoulent dans un sablier. Et je peux plus ou moins déterminer combien de temps il reste à vivre aux gens, s'ils devaient mourir de mort naturelle. Et je n'ai pas le choix, je ne peux pas décider de ne pas le savoir. »

Si Death se confiait facilement à Dahlia, c'était parce qu'elle se sentait en confiance avec la jeune femme, et qu'elle n'était de toute façon pas du genre à garder des secrets. Elle portait pourtant un masque, à sa façon, et elle permettait à l'actrice de voir au-delà, ne serait-ce qu'un peu.

« Si je te disais que je pouvais te dire combien de temps il te restait à vivre, qu'en ferais-tu ? Mais ne crois pas que je me plaigne. J'ai appris à faire avec, et j'apprécie d'autant plus tout ce que la vie a encore à m'apporter. Même si...même si ce n'est pas toujours facile de voir disparaître la plupart des gens auxquels on tient, époque après époque. J'imagine que c'est ce qui a poussé Destiny à nous rassembler, à former une famille d'immortels : pour que nous ayons toujours quelqu'un dans notre vie qui ne disparaîtra pas si facilement. Et pourtant, je m'imagine mal m'empêcher de m'attacher à ceux qui vivent moins longtemps ; au contraire, je trouve chaque vie fascinante, quelle qu'elle soit. Je te te trouve fascinante. »

Elle avait ponctué sa phrase d'un clin d’œil, avant qu'elles ne tombent sur Clémence. Elles furent bientôt rejointes par Audrey, la sœur de la jeune femme, que Death salua chaleureusement à son tour : « Bonsoir Audrey. Je sais ce que c'est que de perdre sa sœur, ne serait-ce qu'un instant ; profitez de ces retrouvailles. » Elle salua également l'homme qui accompagnait Audrey d'un grand sourire.

Puis les sirènes retentirent, et elle comprit vit de quoi il retournait. Elle se joignait à Dahlia et aux autres, pénétrant dans le musée pour aller s'y abriter.

« Je ne me fais pas trop de soucis pour la Famille ; ils savent se débrouiller. J'espère que les vôtres seront à l'abri également. » dit-elle au petit groupe, tout en s'inquiétant néanmoins pour moi, sachant que j'allais certainement angoisser quant à mes pouvoirs dans cette tempête. Elle ne le montrait pas cependant, préférant afficher la façade douce et tranquille dont les gens avaient besoin en de telles circonstances. Puis, lorsque Dahlia revint avec une guitare, son visage s'éclaira d'autant plus : « Une promesse est une promesse. »

Un petit attroupement s'était formé autour de leur groupe ; il n'y avait rien de tel qu'un peu de musique et une chanson pour rassembler les gens en pleine tempête. Elle souffla un choix de chanson à Dahlia, et elle ne tarda pas à accompagner les cordes de sa voix, invitant l'actrice à y joindre la sienne. Et c'est ainsi que je les retrouvai lorsque mon groupe arriva au musée ; guidée par la voix de Death, je me glissai jusqu'à elle en compagnie de Dream. Nous échangeâmes tous les trois un regard, puis un sourire, et je me sentais déjà rassurée de les avoir retrouvés ; la tempête pouvait passer, avec tout ce petit monde, je n'avais rien à craindre. D'autres voix se joignaient déjà à celles des chanteuses, et je me lançai également, heureuse d'affronter cette nouvelle épreuve en une telle compagnie.

La chanson:



La Famille & Emma Gladstone:
 

Delight
Sphère Economique
avatar

Messages : 70
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : modifie la réalité autour d'elle à travers ses émotions
Revenir en haut Aller en bas
Mer 7 Sep 2016 - 21:21
En effet, il n'y avait jamais rien à perdre à essayer, au pire, son épouse se prendrait un non sonnant et trébuchant, au mieux, la mécène serait ravie et lui offrirait tout ce dont elle avait besoin. Donc mieux valait tenter, que de rester sur une interrogation. Il hocha donc simplement de la tête, pour montrer son accord. De toutes les façons, Claire savait qu'elle pouvait compter sur lui. Il serait toujours là pour la soutenir et si elle avait besoin de lui pour l'aider à faire sa demande, il était évident qu'il serait là.

Pour le moment, il valait mieux garder un oeil sur les deux gamins qui tentaient de courir dans la foule, pour aller voir de plus près, tout ce qu'ils pouvaient. Ces gamins étaient intenables et Grimm avait beau lever la voix pour leur dire de rester pas trop loin, c'était peine perdue.

Son regard se porta un instant sur son fils, qui demandait s'il pouvait rejoindre ses copains. Le père n'allait pas l'empêcher de le faire. De toutes les façons, ce gamin-ci serait, dans quelques mois, majeur et vacciné.

- Tiens-nous un peu au courant de ce que tu fais.
Finit-il quand même par dire. Il était sans doute moins papa poule que ne l'était son épouse, pourtant il aimait savoir un peu les faits et gestes de ses garçons. C'était toujours agréable d'avoir des nouvelles de Guillaume et Colm vivait encore chez eux, donc bon.

Ce dernier acquiesça et fila de son côté, envoyant déjà des sms à ses potes pour les rejoindre quelque part. C'était jour de fête, tout le monde avait le droit de le passer comme il le souhaitait et il avait fait les efforts nécessaire avec sa famille.

De plus, ils retrouvaient les autres membres de la PH, autant dire qu'il y aurait assurément assez de pair d'yeux pour surveiller les deux terreurs. Il tenta d'empêcher Elise de partir en courant sur Castiel, sans succès, alors qu'il payait les sucreries.

Andrew avait rapidement suivi le mouvement de sa soeur et vu les yeux plein d'étoiles qu'ils faisaient à l'angelot, pas de doute que ce dernier avait trouvé de quoi les intéresser. Ce qui pourrait inquiéter les parents, surtout connaissant les loustics. Ils revenaient en courant dans leurs jambes d'ailleurs, alors que Lewis saluait tout le petit monde, serrant les mains des messieurs, faisant la bise à Charlie. Il connaissait Gear, puisqu'ils s'étaient croisés à la PH, il était content de le revoir dans les parages. C'était un sacré numéro celui-ci.

- PAPAAAAAA!!!!
- Castiel il a dit qu'on pourrait voler avec lui!
- On peut?
- Dis!
- Alllerrrr!
- S'il te plaiiiiitttt!

Vu les yeux à la Simba que lui faisait ses mômes, il fût un peu prit de court pour donner une quelconque réponse sur l'instant, surtout que les haut-parleurs diffusèrent alors un message qui avait tout pour être inquiétant. Ce n'était plus le moment de s'amuser, mais bien de trouver un moyen de se protéger. Le paternel attrapa sa fille, pour la mettre sur ses épaules, qu'elle lui dise où aller, c'était ainsi la concentrer sur quelque chose et lui faire un peu oublier son inquiétude, alors qu'il suivait les indications de son épouse. Il ne fallait pas trainer.

Claire installa alors un coin pour eux, il posa sa fille au sol et secoua légèrement la tête à sa question.

- Pas vraiment non. Mais avec cet orage, je crains que les ondes aillent du mal à passer. Il lui fit un petit sourire rassurant. Mais ce gosse est intelligent, ils se sont sans doute déjà mis à l'abri.

Et les Richards devaient s'occuper de leurs derniers, qui étaient plutôt inquiet de la suite. S'asseyant en tailleurs avec eux sur le plaid, il commença à signer. Parler en langage des signes, les obligeait à se concentrer un peu plus et ainsi, faire retomber la panique. Il fallait surtout garder Elise au calme, ce n'était pas le moment qu'elle mette le feu à quelque chose. La voix d'Alex le sorti un instant de sa discussion et il fit un petit mouvement de la tête.

Oui, tout le monde allait bien. En tous les cas, tous ceux de leur clan. Il espérait juste que les animaux ne seraient pas traumatisés par la tempête qui s'annonçait.
Grimm
Sphère Artistique
avatar

Messages : 100
Etat Civil : Marié à Claire Richards
Pouvoirs : Smoke Master
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 8 Sep 2016 - 20:30


« Heureux les yeux qui n'ont pas besoin d'illusion pour voir que le spectacle est grand. »


Kevin ne s'était pas préparé ce qu'Audrey lui touche la main lorsqu'il parvint à lui retrouver sa sœur. Il la retira brusquement comme si sa main avait touché des braises ardentes. Il offrit un large sourire en guise d'excuse, espérant que ce réflexe n'allait pas l'exclure de nouveau. Apparemment, la jeune femme ne lui en portait pas ombrage, trop heureuse de mettre la main sur sa sœur. Depuis qu'il savait qu'elle était un responsable d'une librairie, il savait où il avait vu leur visage. Tester le concept qui allie à la fois salon de thé et librairie faisait partie de ses plans à venir. Il ne l'avait pas encore faute de temps. Son planning devenait hyper surchargé : entre son travail d'assistant au muséum, celui à la fondation du milliardaire allemand, son investissement au sein de la PH et ses cours de danse, il n'y avait plus autant de temps que cela pour sortir. Et puis il était encore un peu réfractaire encore à se fondre dans des lieux de public depuis son agression et sa phobie toujours aussi présente.

Lorsqu'il entendit les hauts parleurs sonner l'alerte, son visage devint grave et sérieux. Il ne fallait jamais prendre à la légère une tempête. Il invita les deux soeurs et la belle inconnue qui les accompagnaient de se rendre le plus rapidement au muséum. Kevin envoya rapidement plusieurs messages dont un pour rassurer son père et être certain qu'il soit en sécurité, et un autre pour prendre des nouvelles de Mylénia.

Il fronça les sourcils, lorsqu'il vit la famille Richards rentrer dans le musée sans le fiston Colm. Kevin inspira fortement pour ne pas céder à la panique. Il envoya un message à Colm pour s'assurer qu'il était bien en sécurité lui aussi. Il attendit sa réponse , invitant les derniers retardataires à rentrer au muséum. Même s'il savait l'ado intelligent et responsable, il ne se faisait pas à l'idée qu'il soit seul quelque part.


- Colm, je t'en prie, répond moi.

Le jeune prodige aperçut Castiel qui aidait lui aussi les gens à se réfugier. Il alla à sa rencontre, en accompagnant un couple de personnes âgées jusqu'aux portes du muséum, qu'il portait à bout de bras. Il avait surmonté sa souffrance et phobie dans ce cas d'extrême urgence pour venir en aide à ces gens.

- Castiel, mon ami, je n'ai pas vu Colm avec ses parents. Je suis mort d'inquiétude. Je sais que ce n'est plus un gamin mais c'est plus fort que moi....



Iron Will
Sphère Savoir
avatar

Messages : 383
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Tactile télékinésie et télépathie, Biokinésie (sur lui-même)
Revenir en haut Aller en bas
Dim 18 Sep 2016 - 15:15
Dans un premier temps, Sersen avait pensé se rendre au stade à pieds. La promenade lui permettrait de mesurer l’humeur de la ville et de faire quelques constatations légèrement méprisantes sur la tenue des « touristes » (car c’est bien de ce genre de personnes dont il s’agissait, n’ayons pas peur des mots) que l’Exposition Universelle avait, à son grand dam, attirés en ville. L’autre raison était que, secrètement, Sersen appréciait entendre les groupes folkloriques de cornemuses et de tambours qui jouaient aux coins des rues de la ville (même s’ils n’avaient rien de baroque ou de post-romantique). Ils suscitaient chez lui un besoin irrésistible de danser, de réagir à ces rythmes puissants et au son hypnotique des bourdons des cornemuses. Dans un second temps, il avait considéré la distance qui le séparait du stade, et avait décidé d’y aller en moto (Sersen s’était procuré un Scrambler de chez Triumph, petit véhicule fort pratique pour les déplacements en ville et pour ses escapades sur la colline d’Arthur’s Seat qui nécessitaient un véhicule tout-terrain). La moto démarrait systématiquement au quart de tour, Sersen en révisait régulièrement le moteur (sollicitant de temps en temps l’aide de Dastan, quand une opération délicate demandait l’intervention de deux paires de mains).

Maintenant qu’il avait assisté au spectacle d’ouverture et fait les mondanités nécessaires, il devait retourner au H2O’s pour préparer le lieu à l’arrivée des premiers invités de la soirée privée. Il avait laissé des consignes très précises à ses employés, mais préférait toutefois être présent pour tout contrôler une dernière fois. En enfourchant le deux-roues, il entendit une annonce passée aux haut-parleurs annonçant une tempête imminente. Sersen se méfiait du temps (comme tous les habitants de la ville, habitués aux caprices de la météo) mais il était loin de se douter qu’une tempête d’une telle amplitude s’apprêtait à s’abattre sur Edinburgh. Tout en roulant il se remémora les consignes distribuées à tous les propriétaires de lieux publics en cas de catastrophe naturelle : « Ouvrez les portes de votre établissement à quiconque en fera la demande, vous êtes tenus de fournir un abri à la population ». Malheureusement pour les pauvres hères qui n’avaient pas le refuge en ville, la soirée au H2O’s était privée, et le bar faisait partie des lieux prisés par la haute société (et tous ceux qui avaient les moyens de le fréquenter) en raison du fait que la clientèle y était triée sur le volet. Sersen décida donc, en enlevant son casque et ses lunettes de conduite, qu’il n’ouvrirait pas ses portes au public. Il n’en avait pas le droit, légalement, mais c’était après tout sa responsabilité. Il envoya toutefois un court message à Alexander Feuerbach, co-organisateur de la soirée, afin qu’il puisse en cas de problèmes avec la justice se dégager de toute responsabilité :

« Comme vous le savez probablement déjà, tempête en route. Je garde les portes du bar fermées au public, malgré les consignes officielles. Courez vous mettre à l’abri, si ce n’est pas déjà fait. SJ »

Listen to: Ambiance du bar, "I wanna be like you"

La recommandation de courir se mettre à l’abri, adressée à un infirme, était certes un peu mesquine mais elle suscita chez Sersen un petit sourire en coin, qui lui dura jusqu’à ce qu’il arrive au bar. Scotchée sur une des parois du bâtiment, Sersen remarqua une grande affiche écrite en caractères gothique : « Rejoignez la BDS dès maintenant – Purifions le monde des pratiques vestimentaires profanes ». Bien qu’il adhérât au propos, Sersen ne jugeait absolument pas nécessaire d’une part d’en faire un combat politique, et d’autre part de défigurer la beauté de son bâtiment avec de la réclame. Il arracha l'affiche avant d'entrer dans le bar par la porte qui lui était réservée. Il fit avant toute chose crochet par son dressing-room: il avait prévu pour la soirée un complet gris métallique à col mao et une chemise rouge sang, et ne voulait pas être vu autrement par sa clientèle. Une fois prêt à affronter la foule, il descendit l’escalier qui menait derrière le comptoir et découvrit un début de soirée déjà prometteur. Cherchant rapidement des têtes connues parmi la clientèle du bar, il reconnut Perceval Rose, qu’il se devait d’aller saluer. Il se dirigea vers lui, se demandant déjà de quoi ils allaient bien pouvoir parler.

« Monsieur Rose, je vous ai aperçu toute à l’heure dans la loge des officiels ! J’espère que le spectacle a été à la hauteur de vos attentes, malgré la prudence de l’orchestre au moment de l’ouverture des festivités. C’est un plaisir de vous accueillir ici, que j’espère voir se renouveler plus souvent à l’avenir ! »

Sersen espérait ainsi attirer l’attention du potentat sur le fait que les petites stalles installées à l’écart de la salle constituaient des lieux idéals pour les rendez-vous d’affaires. Ces stalles étaient particulièrement rentables, et permettaient de glaner par-ci par-là quelques informations fort utiles. Il se tourna ensuite vers le reste de l’assemblée.

« Quant à vous, messieurs-dames, soyez également les bienvenus au H2O’s ! L’établissement ne sert en principe que des eaux minérales, inspirées de l’ancien monde et élaborées selon un procédé novateur par votre serviteur, mais ce soir nous ferons une (ou plusieurs) petites entorses à la règle. Je ne crois pas que nous ayons l’honneur de nous connaître, je me présente : Søren Jensen, chimiste de formation et propriétaire des lieux. »
Sersen
Sphère Technique
avatar

Messages : 36
Revenir en haut Aller en bas
Mar 20 Sep 2016 - 10:07

Mes explications n'étaient pas très claires. Je n'étais pas spécialement paniquée plus que ça, mais je n'aimais pas vraiment parler à des inconnus, et encore moins leur demander de l'aide. Surtout quand l'inconnue en question était juste magnifique.
Oui, nous possédons une librairie, à quelques rues d'ici, et nous faisons également salon de thé.
L'esprit embrouillé, voilà que je commençais à vendre la librairie dans ce moment inopportun. Mais alors que nous échangions encore quelques phrases plus précises sur ma sœur, j'entendis mon surnom Maori « Moana ! » et qu'une bourrasque vienne s'écraser sur moi. Bon, c'était un vent qui avait l'odeur – ce n'est pas péjoratif -, la voix – non plus ! -, et le poids – bon là peut-être un peu ! - de ma sœur.
- Tu m'étouffes Awa ! Haletai-je alors qu'Audrey m'écrasait la poitrine contre elle.
Après avoir réussi à la repousser quelque peu, bien qu'elle me tint toujours dans ses bras, je pus enfin lui répondre.
- Et oui, ça va, si on enlève le fait qu'une femme bizarre vient d'essayer de m'assassiner par étouffement ! lui dis-je en riant.
Je la vis me regarder de haut en bas, ses yeux s'arrêtant un court instant sur mes jambes noircies par la poudre et les pétards reçus il y a quelques temps maintenant. Mis à part son air affolé que je reconnais si bien, surtout grâce à ses cheveux en bataille, elle a l'air d'aller bien. Du regard je me tourne vers mon interlocutrice précédente, poliment restée en retrait pendant ses retrouvailles, afin de guider Audrey vers elle.
Elle s'appelait donc Dahlia, d'après ce qu'elle dit à ma sœur lors des présentations mutuelles. Le nom d'une fleur ne pouvait qu'aller parfaitement à une femme comme elle. Je saluais rapidement Kevin pour ma part, que ma sœur me présenta, le remerciant brièvement mais avec un sourire sincère, quoique timide.

L'alerte sonna alors que nous nous apprêtions à continuer la conversation. Je rassurais rapidement Dahlia sur nos proches, bien en sécurité sur une arche du bout du monde bien éloignée de cette tempête. Nous pénétrâmes tous ensemble dans le musée bien que Kevin nous abandonna rapidement. Ma sœur me précédait, me tenant presque le bras de peur que je disparaisse à nouveau, alors que nous suivions Dahlia. Alors qu'elle discutait avec l'homme silencieux qui l'accompagnait, Audrey et moi nous nous éloignèrent de quelques pas afin de pouvoir discuter dans l'intimité, leur laissant également la leur.

- On s'éclate à Édimbourg hein ? lui dis-je en souriant, sachant quelle va va être sa réaction.

Avant même qu'elle me réponde, mon regard se posa à nouveau sur Dahlia, qui venait de faire sonner une guitare sortie de nulle part.

- Wahou ...

Invité
Invité
avatar
Revenir en haut Aller en bas
Mar 20 Sep 2016 - 21:57


Exposition universelle - partie I
Malédiction. Don. On a donné plusieurs noms à mes capacités, mais même si c’est un peu contre-nature de renverser comme ça le cours des choses, je suis bien contente que ce soit le cas. Pour une raison toute bête : c’est ce qui m’a permis d’exister. Et aujourd’hui de protéger Jimmy. Parce que c’est mon ami. Et certains pourraient me sortir qu’on peut pas être aussi proches en aussi peu de temps mais parfois en amitié, c’est pas la durée qui compte. Plutôt l’intensité. Ça peut faire un jour, et compter comme des centaines d’années dans ces cas-là. Et vu l’intensité de notre petite Armageddon au Zoo, on peut pas trop douter de ce point. Ah ça non ! Pas de mon côté en tous cas.

Et si je paye pas de mine, avec mon mètre cinquante, n’empêche que je me laisse pas faire. Pas que je devienne violente, ou quoi., mais je sais qu’il parfois faut pas se laisser marcher sur les pieds. Bon, l’air sérieux me va pas du tout, mais avec ce fameux don, je me débrouille comme une cheffe pour apprendre le respect à ces petits cette fois-ci. Les gamins partent rapidement, avec des manières en plus. Parce qu’il parait que ça fait jamais de mal, d’être gentil avec les autres.

Une fois dépatouillée du groupe de petits jeunes, Cas finit par m’approcher en me demandant de lui rappeler de jamais m’énerver. Et s’il risque trop rien, ce bisounours, je lui souris en retour. Parce que c’est bien plus drôle de paraitre féroce. Pour une fois que je peux ! Mais l’effet disparait rapidement quand Gear vient me tapoter le crane en me félicitant. Je ris. J’ai perdu toute crédibilité, mais c’est pas comme si j’en avais déjà eu une dans le sérieux. Au contraire, j’apprécie la marque d’affection du Mentor, qui tarde pas à faire gentiment la morale à James. Qu’il sache qu’il peut s’opposer aux importuns et que sinon, on leur maravera la gueule s’ils osent le toucher. Parce que c’est bien connu, on est des maitres ninjas, lui et moi ! Des armes de destructions massives. Des génies du mal !

Pendant que Jimmy lui répond, mon esprit par sur une autre planète. Je regarde mon poignet, avec une nouvelle idée qui vient de pousser dans mon crane. C’est celui où l’autre m’a tenue. Il me brule, je me demande si… Et je me demande pas plus longtemps. L’expérimentation vaut mieux que les questions. Ce qui explique surement pourquoi je me suis déjà retrouvée la main dans un toaster. Quoiqu’il en soit, je lui colle mon poignet sur la joue en plein dans une de ses phrases et j’attends. Le regard rivé sur ses ailes. Et surtout sur ses plumes. Les noirs. Qui pour certaines retrouve leur couleur d’origine. Je saute de joie, mais sans décoller mon bras. Ce serait dommage d’annuler l’effet en si bon chemin !

▬ Hé, ça marche !

Quand Darkstan revient vers nous, la sensation de chaleur a disparu, alors je baisse enfin le bras. Le temps d’observer les résultats même pas cinq minutes, il s’est de nouveau éclipsé. Pour revenir peu de temps après. Les bras pleins de sucreries. Pour moi. Evidemment, je lui saute au coup, pour le remercier. Il sait me parler, et surtout à mon estomac ! Décidemment, aujourd’hui, c’est mon jour de chance. J’attrape donc les deux merveilles quand il finit par me les tendre mais lui en rend une. Que je sois pas la seule à profiter. Un peu de bonheur au bout d’un bâtonnet en bois pourra pas lui faire de mal après tout. J’espère qu’il appréciera. Et le geste, et ce qu’il choisira des deux. Parce que bon, si il aime pas plus que ça, ce serait dommage, uh.

Notre petit groupe rejoint enfin les Richards aux portes du Museum. Je salue la petite famille, la barbe à papa à la main. Et quand je vais pour en proposer un petit bout aux petits, qu’ils décollent pas le ventre vide, c’est l’arrêt brutal de la musique. Pour laisser place aux cris stridents des alarmes. J’aime pas ce son, même si je sais pas vraiment pourquoi. L’annonce suit rapidement, et elle est pas de bon augure. Un ouragan approche. Et le musée ferait effectivement un bon abri. D’autant que je le connais comme ma poche. On commence donc à diriger tous ceux vers nous dans cette direction. Mais Alex décide de partir avec Gear et Castiel pour aller trouver les âmes égarées. J’ai envie de les accompagner mais je serai plus utile à l’intérieur. Je les laisse donc y aller pour guider dans ma deuxième maison. Avant de disparaître, on échange un sourire avec Darkstan. J’ai une boule au ventre. Mais je dirige bravement la petite troupe qu’on est dans la salle d’astronomie. C’est la plus protégée, avec son système anti-météorologique, on y sera à l’abri ! Et je profite du calme relatif à l’extérieur pour aller chercher les jerricanes d’eau de la cantine, aidée par Tamaki, son gérant. On récupère aussi un peu de nourriture, sait-on jamais combien de temps tout ça durera.

Le temps de faire les provisions, l’équipe d’exploration nous rejoint avec de nouveaux venus. On les accueille comme il se doit et quand j’aperçois la couleur qu’a pris Alex.

▬ T’es tout pâle! Tiens, mange ça!

Et je lui fous une gaufre dans la bouche, sans sommations. Lui faut des forces, et y a jamais rien de mieux que le sucre, pour ça ! Croyez en l’experte.

Edge
Sphère Savoir & Militaire
avatar
WEEEEEE UNICORNS!!! OWO
Messages : 324
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Reverse



If opposites attract we must be the exact same person.
 

“& without the bad, there would be no good.”
Revenir en haut Aller en bas
Mer 21 Sep 2016 - 13:09
Le milliardaire avait observé Rose avec un petit sourire en coin à la mention de Mesa Corporation. Voilà une firme qui ne pouvait manquer de les intéresser, aussi, pendant tout le temps que durerait l'Exposition Universelle, leurs yeux seraient probablement dardés sur les innovations qu'ils auraient à proposer et qui seraient, à n'en pas douter, nombreuses.
En toute honnêteté, l'intérêt de l'allemand pour la firme aux ramifications tentaculaires était proportionnel à son aversion pour celleèci, au profond mépris qu'il portait à cette multinationale encore capable de faire de l'ombre à la F. Corps. Une rivale puissante, aux secrets bien gardés, aux agissements douteux et aux scandales habillement étouffés. Pourtant, elle ne pouvait assurément pas être dénué de faiblesses. Aussi, peu important le temps et l'énergie qu'il faudrait y consacrer, Alexander saurait les trouver, les exploiter – une à une s'il le fallait – pour affaible le grand édifice et, lorsque le moment serait venu, lorsqu'il serait le plus opportun, il n'aurait plus qu'à porter un coup, le coup fatal, presque rien, qui entraînerait l’effondrement du colosse. De préférence dans un grand fracas.
Il s'agissait d'un projet de longue haleine, nécessitant milles précautions, beaucoup de ruses et d'ingéniosité. Mais le génie était patient et ne reculait devant rien, surtout pas devant le défi d’annihiler un ennemi, aussi puissant soit-il. Mesa occupait une place que Verstand voulait et il l'obtiendrait, par tous les moyens.

Alexander ne doutait pas que le directeur d'Arkadia puisse nourrir des projets similaires. Seules ses motivations -ironiquement ô combien plus louables – devaient différer des siennes. Peut-être même une collaboration afin d'atteindre un but commun serait envisageable... L'avenir nous le dirait, mais pour le moment, rien ne pressait, car rien n'avait, en cet instant, moins d'importance que la Mesa.

Pour qui savait lire la physionomie complexe et indescriptible de l'allemand – c'était à dire, à peine sa créatrice, sa sœur et son amant – la lueur étrange qui brillait au fond de son regard noir et perçant aurait pu laisser deviner quelques sujets de préoccupation.
Certes, les jeune homme ne donnait rien à voir de ce trouble – jamais n'y avait-il eu d'enjeux plus incertains – et il se pliait au jeu des conversations comme à son habitude, en écoutant avec une très grande attention, ne dispensant sa parole brève et finement argumenté que dans les moments les plus indiqués et seulement lorsque l'on s'adressait directement à lui.
De même, il ne perdait rien de tout ce qui pouvait se dérouler autour de lui, extrêmement conscient de son environnement, son œil scrutateur et implacable discernait chaque conversation, chaque interaction, chaque déplacements ou geste en apparence anodin.

Pourtant. Pourtant, comme nous l'avons dit, le milliardaire était particulièrement préoccupé et ne devait de le dissimuler avec autant d'aisance qu'à sa superbe intelligence et à l'incroyable fonctionnalité de son cerveau.

Le timing serait, ici, le plus important. Aussi, il demanda à son véhicule personnel de faire un léger détour afin de dispenser quelques ordres via une ligne terrestre, beaucoup plus fonctionnelle que les ondes déjà grandement perturbée. Il reçu tout de même le message de Jensen, qui serait probablement le dernier à atteindre sa destination ce soir – message auquel il avait déjà pris toutes les précautions – avant d'avoir la confirmation de son garde du corps qu'un certaine danseuse étoile avait été pris en charge par ses soins. A ce moment même, les sirènes de la ville se faisaient entendre. Après une dernière vérifications des informations transmises par son centre d'observation, Alexander se pressa donc de rejoindre l'H2O. Son arrivée au bar fut donc légèrement plus tardive que celle des autres invités mais lorsque ce fut fait, il avisa de son œil impénétrable et un petit signe du chef l'entrepreneur danois.
Par acquis de conscience, il avait tout de même jeté un dernier coup d’œil à sa montre mais pour le moment, tout se déroulait comme il l'avait prévu, calculé et pronostiquer.
Son œil sombre parcouru ensuite la salle avec une indifférence palpable, tandis que certains s'inquiétait tout de même légèrement de la situation. A quoi bon ? D'ailleurs, n'avait-il pas choisi ce lieu pour les dispositions anti-ouragan qu'il offrait ?

Le génie était venu s'installer non loin du bar, ayant ainsi une vision d'ensemble de la salle et écouta avec une neutralité parfaite les paroles de présentation de leur hôte. Lorsque celui-ci eu finit, il demanda avec flegme un verre – plein de quelque substance alcoolisée qui ne l'intéressait guère. Il avait également avisé une petite cuillère, qui fit jouer entre ses doigts et plusieurs longues minutes s'écoulèrent sans que l'orage ne semble vouloir s'apaiser. Mais il en fallait plus pour faire taire politicien, diplomates et industriel.
Lorsque le décompte dans son esprit atteind « Zero ». L'allemand frappa délicatement de la cuillère métallique contre le verre de la flûte. Le silence se fit par force d'étonnement, bien que l'impolitesse de l'ouragan au dehors créait un fond sonore très particulier.

Le jeune Feuerbach, habituellement avare de paroles, commença son monologue. Sa voix était posée, mais sans chaleur :

-Mesdames, messieurs. Je vous prie d'excuser cette prise de parole qui sera, malheureusement, ni brève, ni anodine. Beaucoup ici me connaissent, j'ai eu le loisir de m'entretenir avec nombre d'entre-vous plus tôt dans la soirée. Une soirée qui avait d'ailleurs, si plaisamment commencé. Pourtant, comme vous pouvez le voir, les autorités ont placé sur la ville une alerte maximale sur un ouragan qu'elle n'a su prévoir. On ne peut l'en blâmer, j'ai moi-même eu bien du mal à en analyser les signes avant coureur et sans la technologie de pointe du centre d'Observation de la Feuerbach Corp. Peut-être serais-je aujourd'hui, comme vous, dans l'incompréhension la plus totale.

Le génie observa une pause dans son discours pour observer chaque visage maintenant tourné vers lui.

-J'ai bien peur d'être le porteur d'une nouvelle des plus inquiétantes. Cet ouragan n'en semblable en rien à ce que nous connaissons. Oh, je sais déjà ce que certains vont penser : sur quelles données est-ce que je fonde mes allégations ? Je répondrais seulement à ceux qui refuseront de croire à mes affirmations ce soir, d'attendre quelques jours les réponses officielles des analystes météorologue. Vous aurez vos confirmations. Cependant, d'ici là, il sera bien tard car il vous aura fallut prendre des décisions impossibles à prendre sans toutes les informations que j'ai déjà en ma possession.

Un légère vague de protestation s'était levée dans la salle mais l'allemand n'y porta pas la moindre attention.

-Comme je vous le disais, l'ouragan qui s'abat sur nos côtes ce soir, ainsi probablement que sur les côtes de l'Arche anglaises, jusqu'au porte de l'Arche parisienne. Cet ouragan n'a rien de semblable avec les ouragans qui frappent le monde depuis Armageddon. Imprévisible, magnétiquement différent de tout ce que l'on a pu observer depuis plus d'un siècle, il semble affecter les lois même de la gravité des arches et modifier le phénomène d'élévation encore mal connu de nos scientifiques. La modification des conditions météorologiques au sol à également évoluée très étrangement depuis quelques heures et je n'ai, pour le moment, aucune idée des répercutions que cela va avoir, mais la théorie la plus probable... est-ce que les champs de gravité stationnaire les plus faibles pourraient s'effondrer. Je ne m'étonnerai pas, au regard des informations collectée, d'apprendre qu'un îlot comme... Jersey, ou Guernesey par exemple, se soient effondrés avant demain matin, avant l'apaisement de l'ouragan.

Il ne parlait pas encore des répercutions que cela aurait sur la population de prodiges, une vagues de concernés commenceraient d'ailleurs probablement à ressentir les effets de cette modifications.

-Aussi, je crois qu'il est temps pour vous, de réfléchir à deux choses. Le regard de l'allemand se faisait plus intense.La première. Au regard, des multiplications et des amplifications statistiques de ses événements au cours du temps, il semblerait nécessaire d'anticiper un plan d'action quant au maintient en place des Arches ou à la réadaptation à la vie humaine des sols. La seconde. Et non moins importante, l'attitude à adopter vis-à-vis de la population : annoncer dès demain qu'une Arche c'est effondrée, causant des centaines de victimes, et que ce phénomène pourrait se réitérer n'importe quand, n'importe où ? Ou taire pour le moment l'information, éviter une panique d'ordre générale et trouver des solutions concrètes.

On aurait presque pu croire qu'un fin sourire venait de passer sur les lèvres du jeune homme

-Mesdames, messieurs, politiciens, diplomates, toutes les clés sont désormais entre vos mains. Je vous souhaite une excellente soirée.

Feuerbach reposa son verre et observa son petit effet. Les conversations avait reprit de plus belles mais n'avait plus qu'un sujet, le petit discours de l'allemand.
Verstand
Sphère Economique
avatar

Messages : 123
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : Intelligence hors du commun
Revenir en haut Aller en bas
Mer 21 Sep 2016 - 13:11



« Ce qui a vraiment un sens dans l'art, c'est la joie. Vous n'avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez vous rend heureux ? Tout est la. »
Constantin Brancusi


Soirée d'ouverture


    En dix-sept minutes, 92% de la population fut évacuée vers des sites sécurisés. Ce qui, au regard de la densité de population au mètre carré, équivalait à un record. Les huit pour cent restants furetaient dans des endroits prohibés, égouts, entrepôts désaffectés. Pour eux les pompiers volontaires ne pouvaient pas intervenir avant le premier impact… Rien ne garantissait leur survie malheureusement.

    Quant une alerte ouragan se mettait en route le gouvernement réquisitionnait la station de radio nationale pour pouvoir communiquer avec la population. Le réseau avait été spécifiquement conçu pour ce genre de crise. L’E.N.N. prit donc le contrôle des ondes devenant ainsi le seul média disponible sur l’ensemble de l’Arche. Le canal fut stabilisé au bout de quelques secondes. Une voix se fit entendre dans tout Édimbourg. Non pas celle du charmant Lewis Richards mais celle de son collègue américain.

    - Chers amis, ici Wallace Bridgestone je me trouve toujours avec Kali Abhishala. C’est une situation exceptionnelle que nous connaissons là. Les festivités viennent d’être suspendues. Un ouragan ne va pas tarder à frapper nos cotes…. Nous allons vous informer au mieux sur ce qui va se passer pendant les prochaines heures. Surtout, restez avec nous.

    - En effet, le bureau d’analyse cyclonique vient de nous faire parvenir les premières estimations… Il semble que ce cyclone est de force 2. Il atteindra la ville dans un peu moins de 20 minutes. Nous vous recommandons fortement de rester isolés et de vous préparer pour une nuit agitée…

    Les deux journalistes se trouvaient très loin de leur terrain habituel. Mais le gouvernement avait déjà envoyé trois agents à leur côté pour servir d’intermédiaire. D’ailleurs, une communication était déjà en train de se faire en direction des autres arches pour qu’elles puissent se préparer à une potentielle catastrophe naturelle. Un ouragan pouvait très bien dévier de sa trajectoire et détromper les calculs les plus savants. L’Écosse en faisait la douloureuse expérience ce soir-là.

    Cependant, une résistance méthodique s’organisait. Les secouristes, pompiers, gendarmes, et tout autre personnel habilité, commencèrent à distribuer des produits de première nécessité, en vue d’une longue d’attente. Couvertures, bouteilles d’eau, lampes torches, surgirent des énormes caisses de réserve que possédait chaque établissement public.

    De même, les divers soignants présents se rassemblèrent pour monter des stands de premiers secours. Les blessés, les enfants en bas âge, les personnes fragiles, furent peu à peu pris en charge. Trois décès furent annoncés à la radio, alors que le vent s’engouffra à pleine puissance, dans les artères principales.

    Le gigantesque dragon de papier, qui avant tant réjoui les plus jeune fut violement projeté vers le ciel noir et termina en confettis. Toutes les décorations murales furent arrachées en quelques secondes et finirent en charpie.

    La température chuta de plusieurs degrés en moins d’un quart d’heure.

    Dans les hauteurs de la ville, à la tour de surveillance, au même instant :

    - Oh la vache ! Ed’ vient voir. C’est bien ce que je crois ?

    - Elle est au moins de force 4 celle-là… Appelle le Cercle.

    - On ne devrait pas attendre le relevé de Londres ?

    - On ne prend pas le risque. Appelle, je te dis…

    Les yeux rivés sur un écran d’ordinateur le scientifique attrapa vivement le téléphone rouge suspendu au mur droit.

    L’apaisement survint le lendemain matin alors que le soleil était déjà bien levé. L’alerte fut maintenue encore trois heures supplémentaire par sécurité. La permission de sortir fut annoncée sur les coups de midi. Les représentants de l’ordre s’occupèrent d’évacuer les habitants le plus efficacement possible. Une équipe de policier se chargea de faire une première battue pour retrouver les personnes disparues avant le début de l’ouragan.

    Plusieurs équipes de surveillance furent également déployées dans la capitale et sa périphérie pour évaluer les dégâts matériels. La plus grosse partie d’entre eux se situaient dans le quartier ouest, plus durement touché par l’ouragan. Un appel aux volontaires fut tout de suite lancé sur les ondes afin de remettre la ville en état. De nombreuses associations d’entraide internationale envoyèrent leurs bénévoles sur place. Le CSN apporta lui aussi son soutien à l’Arche.

    Mais, la catastrophe devait pourtant retarder de quelques jours la reprise de l’Exposition universelle. D’autant que l’ouragan Oya avait poursuivi son chemin et frappé si fort une petite arche du sud des royaumes unis que l’île s’est écrasée sur le sol terrestre, provoquant la mort de milliers de personnes en quelques secondes et une panique internationale.

¤¤¤
Storyteller
Maître du Jeu
avatar

Messages : 61



]
Revenir en haut Aller en bas
Dim 25 Sep 2016 - 21:52
Arkadia's Theme: It's a Start - Journey into the Star Cluster, by Kevin Kiner


Cœur de la tempête, quelque temps plus tôt

Ace dansait avec la tempête. Les mains serrées sur les commandes de l'engin expérimental, elle ne faisait plus qu'un avec l'appareil, avec la sensation de voler. C'était une sensation unique, indescriptible, plus intime encore que tout ce qu'elle avait pu partager avec quiconque, sa compagne Amelia comprise. C'était pour de tels moments qu'elle vivait, ces instants suspendus entre la vie et la mort, où la moindre erreur pouvait s'avérer fatale et ou la perfection n'était pas qu'un idéal. A travers le cockpit en plasto-verre renforcé -le plus solide mis au point par les laboratoires d'Arkadia- elle pouvait contempler les éclats de lumières qui flamboyaient à l'intérieur de l'ouragan et déformaient la couleur du ciel, lui donnant des teintes aussi magnifiques que terribles. Mais le paysage restait obscurci par les vents violents, et il était pratiquement impensable de ne se repérer qu'à l’œil nu, aussi dépendait-elle beaucoup de ses instruments de bord, eux aussi à la pointe du progrès. Tellement à la pointe du progrès qu'ils n'avaient encore jamais eu l'occasion d'être testés en condition réelle ; c'était à peine s'ils avaient eu droit à des simulations dignes de ce nom. Il en allait de même pour l'ensemble du chasseur brise-tempête de reconnaissance X-001, ou Diablo, baptisé ainsi à l'image du vent américain du même nom. Tous les brise-tempêtes, quelle que soit leur classe, portaient un nom de vent. Diablo avait paru le plus approprié pour X-001 : il était unique, un prototype à la pointe de la technologie, et il bondissait dans les airs comme un diables à travers la fumée. Ace pouvait sentir la carlingue se secouer tout autour d'elle, et son corps vibrait à l'unisson malgré le harnais de protection extrêmement serré et la combinaison de survie. Une combinaison qui ne lui serait d'aucune utilité en pleine tempête si l'engin venait à lâcher. Les quelques tests effectués en hangar avec des vents reconstitués ne laisseraient aucune marge d'erreur. La pilote était extrêmement consciente de la fragilité du vaisseau, construit entièrement dans des matériaux renforcés ultra-légers et ultra-fins, dérivés des composés utilisés par des sociétés pionnières dans le domaine comme Mesa Corporation. Arkadia avait mis des années à arriver à une mouture convenable, et elle était pourtant encore loin du compte. Et le procédé restait extrêmement coûteux : une arche aurait pu s'acheter une petite flottille avec le prix du seul Diablo. Ce qui rendait ce dernier unique, c'était la combinaison de procédés qui isolaient ses appareils délicats des effets nocifs de la tempête. Du moins en théorie. Et c'était Alexis Stone qui avait été choisi pour effectuer le vol test. Un vol bien plus improvisé que le directeur l'aurait voulu, mais l'ouragan Oya leur offrait une chance unique de tester les capacités de l'appareil et de récupérer des informations sur la nature des tempêtes.

Plus encore que l'engin en lui-même et toute sa technologie, c'était Alexis -Ace, comme on la surnommait à Arkadia- elle-même qui représentait ses meilleures chances de survie. Non seulement elle était une des meilleurs pilotes de l'Arche -et, si elle voulait se venter un petit coup, une affliction à laquelle succombaient à raison la plupart des grands pilotes, probablement du monde- mais ses dons de prodige lui donnaient une petite longueur d'avance. Une prescience presque instantanée qui pouvait se chiffrer en centièmes de secondes, et qui suffisaient à faire la différence entre la vie et la mort. Elle ne l'employait qu'instinctivement, lorsqu'elle s'abandonnait totalement au pilotage, et cela lui donnait un avantage non négligeable. Un avantage qui ne servirait cependant à rien si l'appareil ne suivait pas... Mais elle avait confiance dans les talents des ingénieurs d'Arkadia, ainsi que dans ceux du directeur ; et puis elle avait elle-même participé à toutes les étapes de la construction. Elle n'avait pas les compétences techniques pour développer les machines les plus perfectionnées, mais elle se débrouillait dans l'ensemble, et elle avait estimé important d'être le plus impliquée dans le projet. Et plus que tout, elle avait confiance en elle...et en Diablo. C'était leur premier vol, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Quand les alertes tempêtes avaient été déclenchées sur l'Arche, elle était déjà en train de préparer le chasseur brise-tempête. Avant, elle avait fait son boulot « de jour », pilotant des transports pour Scotland Yard, acheminant policiers et détails de sécurité pour l'ouverture de l'Exposition. Elle aurait bien voulu y aller avec Amelia et le clan Caine, avec qui elle s'entendait à merveille, mais son service en avait décidé autrement. Et puis son rôle d'agent de la Sword Division pour Arkadia l'aurait de toute façon amené à faire faux bond à ses proches. Elle espérait que les Caine s'en sortiraient, mais elle ne se faisait pas trop de soucis : ils étaient tous capables. Elle s'inquiétait surtout pour Amelia, car elle savait que sa compagne n'allait pas hésiter à se joindre aux efforts d'évacuation et de protection. L'officier faisait toujours son devoir, et c'était l'une des raisons pour laquelle Alexis l'aimait tant. Mais elle ne pouvait pas se permettre de laisser son esprit dériver, pas en pleine danse avec l'ouragan. Diablo et Oyan, engagé dans un ballet mortel. Et magnifique. De plus, si tout se passait comme prévu, Ace et Diablo reviendraient au bercail avec un tas de relevés et d'informations inestimables sur la tempête, car jamais observée auparavant. Outre sa résistance et sa protection, X-001 avait été conçu pour être l'appareil de reconnaissance ultime dans ce genre de situation, avec les meilleurs senseurs, radars et batteries de détection jamais développées par la Head Division. Il ne revenait qu'à Alexis de faire son boulot, et de revenir non seulement en un seul morceau, mais avec de quoi occuper les chercheurs.

Un sourire féroce sur les lèves, elle plongea plus en avant dans la tempête.


* * *


L'électro-swing n'arrangeaient en rien les migraines de Percy, qui en venait toutefois à se demander si la tempête ne jouait pas également un rôle là-dessus. Au moins, il pouvait certifier de la qualité des eaux de Jensen. La qualité de son travail était aussi irréprochable qu'admirable, aussi bien dans sa technique que dans sa commercialisation. Après tout, l'eau de base n'était pas en train de manquer à ceux qui en avaient besoin, aussi le directeur d'Arkadia ne voyait-il pas d'un mauvais œil qu'on exploite ses propriétés les plus raffinées au nom de ceux qui avaient les moyens de se l'offrir. Mais son admiration s'arrêtait aux compétences de chimiste et au sens des affaires du propriétaire des lieux ; pour le reste, il était bien plus dubitatif. Pour la simple bonne raison qu'il n'appréciait nullement que Jensen se soit permis d'ignorer les directives du gouvernement en fermant son bar à ceux qui auraient pu avoir besoin d'un abri. Du côté d'Arkadia, tous les bâtiments de la société présents sur les arches alentours avaient automatiquement mis en place cette règle, quels qu'ils soient. Que des puissants continuent de s'estimer au-dessus du bien commun commençait sérieusement à agacer Perceval Rose. Jensen, Feuerbach, Wang, et les autres... Un club de plus en plus select, tous ses membres retranchés dans leurs tours d'ivoire uniquement parce qu'ils s'estimaient meilleurs que la plupart de leurs contemporains. Et peut-être que tout cela touchait autant Percy parce qu'il faisait lui-même partie du club il n'y a pas si longtemps que cela. Ne voyaient-ils donc pas qu'ils faisaient fausse route ? Qu'à terme, ils se retrouvaient tous seuls pour se partager un monde vide, où ni l'argent ni le pouvoir n'auraient plus raison d'être ? De l'agacement, il passait à l’écœurement. Et d'après les expressions de sa sœur, Andrea n'en pensait pas moins. Quant à Miranda, elle restait soigneusement imperturbable, mais Percy la connaissait assez pour savoir ce qu'elle en pensait. Quand Jensen vint l'approcher, il dût faire un effort pour afficher un sourire neutre :

« Si j'avais envie d'un moment de calme, loin des hurlements de la foule déchaînée une fois l'apocalypse à nos portes, je saurai quel établissement choisir avant un dernier plongeon dans l'oubli. En attendant, je continuerai de conduire mes affaires ailleurs. » Car il n'était pas dupe des attentes du propriétaire; de toute façon, il n'avait certainement pas besoin de Rose et d'Arkadia pour continuer de faire fleurir sa chaîne. « Mes compliments sur l'eau, ceci dit. »

« Est-ce normal pour les nantis de votre société d'ignorer ainsi les ordres de son gouvernement ? Plus encore lorsqu'il s'agit de protéger des civils ? »
intervint l'ambassadeur chinois, qui ne cachait pas sa désapprobation.

L'estime de Rose pour Tran ne cessait de grimper, et il se félicitait de s'être trouvé un aussi bon partenaire pour traiter avec la Chine. Il aurait été curieux de voir la République Impériale mettre en œuvre ses plans de défense en cas d'ouragan, même s'il ne leur souhaitait nullement d'en affronter un. Mais il semblait que de tels événements s'avéraient de plus en plus inévitables. C'était pour ça qu'il avait mis en place la création des brise-tempêtes. Depuis des années, ses ingénieurs et ses savants travaillaient dessus, des transporteurs aux engins de reconnaissance, dont l'unique prototype devait avoir commencé son vol dès le début de la tempête. Percy consultait régulièrement son téléphone, essayant de ne pas trop s'inquiéter pour sa pilote ; il aurait les informations quand ils les auraient, voilà tout. Et il avait confiance en chacun de ses agents, Ace ne faisait pas exception. En attendant, il lui fallait faire avec la compagnie de ceux qui se moquaient comme d'une guigne des vies en jeu parmi la population. Et il lui suffisait d'écouter le discours d'Alexander Feuerbach pour réaliser à quel point leurs idéaux ne pourraient sans doute jamais coïncider. Oui, ils seraient sûrement capables de travailler ensemble face à des menaces comme celle que représentait Mesa Corporation, et leur rivalité pouvait rester relativement saine sans déboucher une guerre ouverte, mais en ce qui concernait Percy, il ne respecterait jamais que les talents d'homme d'affaire et de génie de l'allemand, et rien d'autre.

« Parce que vous croyez que certains d'entre nous ne sont pas déjà en train de travailler avec le gouvernement concernant les tempêtes ? L'Arkadia de mon frère, le CSN et le gouvernement Arche ont depuis longtemps mis en place un programme pour apprendre à gérer au mieux ce genre de situation. Une cellule de crise est en réunion en ce moment-même. » Andrea était intervenue avant Percy, avec sa brusquerie habituelle.

« Et comment compteriez-vous cacher la disparition d'une arche entière, même de taille réduite ? Comment expliquer la mort de milliers de personnes, à leurs familles et à tous ceux qui les connaissaient ? Sans compter sur le fait qu'une chose pareil finit toujours par se savoir, et que la population réagit encore plus mal lorsqu'elle l'apprend par elle-même, réalisant que ceux en qui elle avait placé sa confiance lui avaient cachés la vérité. » Percy avait pris la parole à son tour. « Dès que la trajectoire de l'ouragan a été estimée, Arkadia -conjointement avec le CSN- a tout mis en œuvre pour débuter une évacuation. Une série d'engins sur lesquels ma division scientifique travaillait depuis des années a effectué son premier test en vol réel. Un test forcé, mais nécessaire étant données les circonstances. Cinq transporteurs de la nouvelle catégorie d'aéronefs brise-tempêtes ont été dépêché sur place dès la nouvelle connue. Malheureusement, le Mousson n'a pas tenu le choc et a été perdu corps et bien, et le Mistral a subi une avarie qui l'a forcé à se mettre en panne ; mais il a survécu ! Et le Pampero, le Bise et le Sirocco ont permis d'évacuer des centaines de personnes. Une très maigre victoire compte tenu de toutes les vies perdues, mais il y aura des survivants pour raconter l'histoire. »

A moins que l'un d'entre vous ne suggère de les supprimer, pensa Percy sans pour autant le formuler. Ne serait-ce que parce qu'il ne serait probablement guère surpris si l'un des invités présents ici ce soir finissait par le suggérer. En tous les cas, Arkadia prendrait soin des réfugiés, et surveilleraient leur intégration dans les processus du CSN, qui allait s'occuper d'eux. Du coin de l’œil, Rose pouvait voir l'homme qu'on appelait Destiny écrire consciencieusement dans son carnet, une rousse assise à ses côtés. Perceval avait plusieurs fois eu affaire à l'énigmatique immortel, et se demandait s'il était vraiment capable de prédire ce qui pouvait se passer. Dans ce cas, qu'il n'ait jamais songé à avertir ceux qui en avaient le plus besoin ne faisait qu'assombrir l'humeur de plus en plus maussade du directeur d'Arkadia. Percy, Andrea, Miranda et Li Wei Tran ne seraient sans doute guère populaires ce soir, mais c'était le cadet de leur souci. Rose n'avait certainement pas besoin de la plupart de ces gens. A vrai dire, il attendait impatiemment le moment où il pourrait enfin quitter l'établissement. Enfin, les données qu'il attendait apparurent sur son téléphone, et il s'autorisa un bref sourire satisfait, avant de reprendre une dernière fois la parole :

« Je viens de recevoir la confirmation de la réussit du vol d'essai du Diablo, le premier appareil de reconnaissance ayant navigué au cœur d'un ouragan...et ayant survécu pour le raconter. Les données ainsi récoltées seront mises à disposition des meilleurs météorologues et chercheurs. Car monsieur Feuerbach a raison sur un point : nous nous devons d'apprendre le plus de choses possibles sur ces phénomènes pour mieux y faire face dans la futur. Sur ce, c'est à mon tour que d'effectuer un vol d'essai sur un brise-tempête. Si certains d'entre vous décident d'en faire l'expérience, ils sont les bienvenus ; ma pilote vous ramènera où bon vous semble. Sur ce, messieurs dames, je vous souhaite une bonne nuit. »

Le téléphone à l'oreille pour donner ses directives, Percy se leva, accompagné de sa soeur, de Miranda et de Tran, ainsi que de quelques courageux chez qui la curiosité avait pris le dessus. Et puis le risque était soigneusement calculé : le Grain Blanc était le brise-tempête qui avait sans doute été le plus testé dans les meilleurs conditions, et le petit appareil de transport personnel le plus sûr de tout Arkadia. Il gravitait présentement quelques mètres au-dessus du bar : un sas vertical avait été déployé pour se fixer à la porte, et l'échelle automatique hissa chaque passager à l'intérieur. Une fois qu'ils furent tous sanglés dans leurs sièges, la voix d'Alexis Stone retentit joyeusement dans le système de communication interne ; elle venait à peine de changer le Diablo pour le Grain Blanc, et Percy n'aurait pas confié son destin aussi aveuglément -ainsi que ceux des ses accompagnateurs- à un autre pilote.

« Accrochez-vous ! Le gros de la tempête est passé, mais le voyage va quand même secouer un peu. »

« Vous avez toute ma confiance, mademoiselle Stone. »


Le Grain Blanc s'éleva au-dessus de la rue, où les reliques du carnaval étaient ballotées par les vents, tristes vestiges d'une fête à laquelle on avait coupé court bien trop tôt. Perceval Rose espérait que l'esprit d'unité et de fête allait perdurer malgré tout une fois que l'exposition aurait repris son cours. Pour le reste...et bien, une fois n'était pas coutume, il avait beaucoup de travail qui l'attendait.

Et l'enjeu semblait plus important que jamais.

__________________________________________________

Ace - Alexis Stone:
 
Percy
Sphère Economique
avatar

Messages : 511
Etat Civil : veuf
Pouvoirs : mémoire parfaite - intelligence améliorée - résistance mentale - Immortalité


Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
Revenir en haut Aller en bas
Lun 26 Sep 2016 - 16:01



“Au diable la beauté lunaire Et les ténèbres millénaires Plein feu dans les Champs-Élysées Voici le nouveau carnaval Où l'électricité ravale Les édifices embrasés.”
Louis Aragon




    Claire Richards n’était pas une personne bileuse de nature. Ça ne l’empêchait pas d’être nerveuse à l’idée de savoir l’un de ses enfants dehors, alors qu’un ouragan arrivait sur la ville. Pendant que Grimm se chargeait d’occuper les plus jeunes, sa femme essaya encore une fois de contacter Colm. Mais, un message de l’opérateur lui indiqua que le réseau rencontrait des difficultés momentanées, avant d’enchaîner avec les consignes de sécurité « alerte ouragan ». Il serait impossible d’obtenir une réponse.

    Voyant du coin de l’œil qu’Élise avait l’air un peu tendue, la couturière mit sa propre inquiétude de côté et rejoignit le reste de sa famille. Elle s’installa avec eux sur le sol. Un sourire éclaira son regard vert tandis qu’elle découvrait le sujet de leur conversation muette. Elle signa avec eux pendant quelques minutes le temps que tout se mette en place autour d’eux. Ce moment de calme l’aida d’ailleurs elle aussi à s’apaiser.

    Pendant ce temps, le hall se remplissait à vue d’œil. Les gens qui se connaissaient se rassemblaient. Claire retrouvait cette atmosphère particulière d’avant les orages. Elle se souvenait encore parfaitement de la première fois où l’un d’eux s’était formé à quelques kilomètres de sa ville natale. C’était en France, bien loin de l’Écosse. Enfant, elle avait couru se réfugier dans les jupes de sa mère. Elle se souvenait de la peur qu’elle avait ressentie. À présent, c’était à elle de caresser les cheveux de sa fille pour la rassurer.

    Peu à peu une musique s’éleva autour d’eux. Claire chercha la provenance de celle-ci des yeux. Elle remarqua enfin le groupe qui s’était formé un peu plus loin. Elle se redressa pour apercevoir le charmant sourire de Dalhia Anderson qui était le centre de l’attention. Rien d’étonnant à cela, la jeune femme avait un fort charisme. Elle aurait pu séduire une bande de notaires constipés. Claire avait déjà entendu le morceau, mais elle aurait été incapable de donner les circonstances.

    À la fin de la chanson, quelqu’un alluma la radio. Tout le monde savait que c’était le seul moyen d’avoir des infos pendant une crise naturelle. Rien d’autre ne fonctionnait sur l’Arche. L’attention se tourna alors vers l’appareil. Les gens tentaient d’amener le silence pour pouvoir entendre ce qui était en train de se dire à l’antenne. Les paroles du présentateur réactivaient l’angoisse collective. Ils ne pouvaient plus se faire d’illusions ils étaient là pour la nuit, au moins.

    Claire voyait les gens se mettre à murmurer entre eux. L’angoisse des uns et des autres lui arrivait par vague.

    - Lewis ? Et si tu leur faisais un petit spectacle ? Ce sera toujours mieux que d’imaginer ce qui se passe dehors.

    Tout en continuant de caresser les cheveux de sa fille, Claire adressa un sourire aux jolies musiciennes. Son regard passait de James, à Alex, Charlie, Kevin bien sur… d’autres qui lui étaient inconnus. Elle faisait de son mieux pour ne pas envisager le pire des scénarios. Le vent arrivait sur la capitale comme un gigantesque monstre hurleur. Les lumières faiblirent instantanément d’intensité dans le musée.

    - Andrew vient… vous allez aider les gendarmes.

    Pour occuper les enfants, Claire les accompagna jusqu’au regroupement du service de sécurité. Elle s’adressa à un jeune officier pour lui expliquer qu’elle voulait impliquer ses enfants dans une occupation. Il y eut un moment de flottement. Le jeune homme alla se mettre d’accord avec son supérieur. On confia une cagette remplie de repas sous-plastique à madame Richards. Les enfants, fiers de leur mission en firent la distribution aux occupants du hall. Pour quelques instants, ils oublièrent ce qui se passait dehors.

    Tel que l’avaient prédit les commentateurs cette fin de soirée fut longue. Claire avait proposé à la nièce de Charlotte de se joindre aux jumeaux pour dormir. Ils étaient de toute façon exténués. Avec le chant, il y eut également, des parties de cartes, des jeux d’énigmes, en fait tout ce qui pouvait occuper les esprits des insomniaques. Claire s’était finalement munie de son appareil photo et elle allait de groupe en groupe pour capturer des souvenirs.

    A l’instant, où on leva l’interdiction de sortir Claire laissa tomber la couverture sur ses épaules elle se leva d’un bond et couru à l’air libre en actionnant déjà son téléphone. Par chance, une voix ensommeillée lui répondit à la seconde sonnerie. Son soulagement pourtant ne devrait pas durer, car déjà la rumeur se répandait… Une Arche était tombée. La nouvelle vida la fileuse de ses forces. Le visage blême, elle retrouva ses comparses. Elle aurait voulu parler, mais les mots lui manquaient.

    - Lewis...

    Claire se sentait totalement démunie. Le pire, l’impensable était arrivé. Comment allaient-ils l’expliquer aux enfants ? Comment allaient-ils faire maintenant qu’ils savaient que leur monde pouvait s’écrouler du jour au lendemain ? Claire alla serrer son mari dans ses bras avec force le rassurant pour Colm. Le téléphone se mit alors à vibrer Guillaume voulait savoir si tout le monde allait bien ? Les Richard allaient bien. Quant aux reste, il faudrait un moment pour s'y faire.
Charadh
Sphère Economique
avatar

Messages : 157
Etat Civil : Mariée à Lewis Richards
Pouvoirs : Soin
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 29 Sep 2016 - 19:23
Avec un petit sourire, j’écoutais Death me décrire, très justement d’ailleurs. Mais avec elle, ça ne me dérangeait pas. Elle semblait douée pour lire les gens, d’une façon que je n’expliquais pas mais qui faisait sans doute partie de son charme mystérieux. Et puis, elle avait posé la question fatidique, savoir si je me connaissais moi-même. Je haussai doucement les épaules, même si j’étais loin de prendre ça à la légère. Mais il n’empêchait, en discuter avec elle était tout de suite moins grave et je répondis avec une autre question, joueuse :

"Mais qui peut prétendre se connaître entièrement ? Nous sommes plus complexes que l’on laisse paraître, et certainement pas immuables." Voilà qui devenait hautement philosophique, même dit sur un ton joyeux. Retournant à une expression plus sérieuse, j’ajoutai : "Je suis simplement ce que ce monde a fait de moi, tout en respectant mes propres choix. C’est un peu contradictoire, non ?"

Ou peut-être pas tant. Mais pour l’heure, je me concentrais entièrement sur la réponse de Death à mes propres questions. Mon expression se fit plus grave au fur et à mesure qu’elle me racontait l’origine de sa tristesse, et de son nom. Ce n’était certainement pas des poids faciles à porter, et je réalisais bien que je ne pouvais qu’imaginer ce qu’ils impliquaient pour elle, n’étant ni immortelle ni dotée d’un quelconque don. Chacun a ses propres soucis, certes, mais il était des situations plus pénibles que d’autres.

Je serrais un peu plus la main de la jeune femme dans la mienne, et lui offrit un regard encourageant.

"Ma vie est limitée, je suis née pour finir par mourir et je sais que je peux partir n’importe quand. J’essaie de ne jamais l’oublier, et de vivre en conséquence." Puis, retrouvant un léger sourire : "Je suis désolée que tu doives vivre cela, et que cela t’attriste autant. C’est tout à fait compréhensible. Mais ça me rassure que tu ne sois pas seule à vivre une telle existence, vous vous êtes bien trouvés, ta famille et toi. Et j’espère que même si le temps que l’on aura ensemble est limité, on pourra en profiter pleinement et que tu t’en souviendras avec bonheur et non avec des regrets."

C’était en tous cas bien parti, perdues au milieu d’une foule de gens en plein carnaval. Arrivant devant le musée, on croisa ensuite une jeune femme esseulée qui finit par retrouver sa seule. Une scène émouvante, qui me faisait regretter de ne pas avoir mon frère à mes côtés.

"Il faudra que vous me donniez l’adresse alors, j’y passerai volontiers." répondis-je à Clémence avec un sourire sincère. J’étais toujours ravie de pouvoir découvrir de nouvelles librairies, c’était un commerce particulier et en trouve une bien devenait de plus en plus difficile.

Malheureusement, l’alarme nous interrompit et nous dûmes nous diriger vers l’entrée du musée pour y chercher refuge. Après avoir vérifié que mes proches étaient à l’abri et avant que les communications ne soient coupées, je m’adressais aux autres pour espérer qu’il en soit de même. Et en ce qui concernait Death et les deux sœurs, cela semblait heureusement être le cas.

Alors que nous prenions place et nous préparions à une nuit mouvementée, je réussis à me procurer une guitare, rappelant à Death la promesse qu’elle m’avait faite à la soirée de l’Ordre de faire un duo. Attirés par l’instrument, un attroupement se créa autour de nous. Je tendis l’oreille pour entendre le nom de la chanson soufflé par Death, et acquiesçai doucement avant de commencer à en jouer les premiers accords, joignant ensuite ma voix à la sienne. La douceur de la musique contrastait avec les vents violents que l’on entendait depuis l’intérieur, mais on les oublia bien vite, transportée par les accords de la guitare et nos deux voix réunies.

Une fois la chanson terminée, j’offris un sourire complice à ma partenaire de chant tandis que les gens applaudissaient, enthousiastes. Une radio avait été allumée pour transmettre les informations, et certaines personnes s’occupaient des rations alimentaires. Il ne nous restait rien à faire, à part continuer sur d’autres chansons. Je repris la guitare, et commençai un nouveau morceau, encourageant Death et les autres à me suivre.


Par la suite, je rendis l’instrument à son propriétaire, qui prit le relai. Je m’installais auprès de Death et de sa famille pour passer cette nuit à leurs côtés, un peu plus rassurée que si j’avais dû attendre seule la fin de cette tempête. Je m’endormis même à un moment, pour me réveiller sur l’épaule de Death, un peu gênée de m’être laissée aller à ce point. Je devais être plus épuisée que je l’aurais cru. L’interdiction de sortir fut ensuite levée, et je sortis immédiatement mon téléphone pour prendre des nouvelles de Léon et de ma mère.

"Je vais aller voir mes proches." annonçai-je au petit groupe. Puis, à Death en particulier : "Tu m’appelleras ? Il faut que nos grains de sable continuent à être aussi inoubliables. Même si un peu de calme ne me dérangerait pas, pour les prochaines fois."

Déposant un baiser sur sa joue, je les saluais tous pour me diriger vers le véhicule de ma mère qui m’attendait devant le museum. Elle ne semblait pas avoir dormi tout court, et à son expression plus concernée que d’ordinaire, je compris que quelque chose n’allait pas. Elle m’annonça la nouvelle presque immédiatement après s’être assurée en direct que je n’avais rien : une arche s’était écroulée durant la tempête. Nous étions peut-être tous en sursis, alors que la prochaine pouvait être celle sur laquelle nous nous tenions.
Persona
Sphère Artistique
avatar
Messages : 121
Etat Civil : Célibataire
Pouvoirs : /
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 29 Sep 2016 - 19:25
Gear observa Castiel silencieusement quelques instants, avant de lui adresse un regard entendu et de poser une main sur son épaule, affectueusement. Il n’en donnait pas toujours l’air, en semblant constamment ne rien prendre au sérieux, mais il s’attachait facilement aux gens. Du moins, à ceux qui le méritaient et l’intéressaient suffisamment. Mais quand quelqu’un ne lui plaisait pas, il lui faisait rapidement comprendre, ou l’ignorait complètement. Cependant, c’était rarement le cas pour les collaborateurs de la PH, il fallait l’avouer. Même s’il se plaisait souvent à en taquiner certains, Gear considérait tous les habitants de l’école avec bienveillance. Et plus, si affinité.

"Tu as intérêt, et je me réjouis de voir ça." lui répondit-il avant de lui adresser un clin d’œil. Il observa ensuite Charlie durant quelques instants, avant qu’ils ne viennent nous rejoindre, mais n’ajouta rien. Il affichait cependant un sourire mi- amusé, mi- tendre ; et la soirée semblait décidément lui plaire.

De mon côté, je discutais avec Delight et son frère, profitant enfin d’avoir un peu de temps ensemble pour rattraper celui qui avait été perdu. Je les invitais d’ailleurs à venir à l’école prochainement, pour leur faire visiter et passer un moment ensemble, dans un contexte plus calme. Quoiqu’à la PH, on ne savait vraiment…

"Ce n’est pas tous les jours facile, mais ça me plaît vraiment. Et j’espère que je fais ça bien, je fais de mon mieux en tous cas. Mais tu es la bienvenue, quand tu veux." Puis, je m’adressai à Dream, toujours su un ton un peu plus respectueux : "Et vous aussi. J’espère que cela ne sera pas trop ennuyeux à côté de vos rêves, mais ça me ferait plaisir de vous recevoir. Et de vous voir, autrement qu’en rêves."

L’idée semblait aussi plaire à Gear, ce qui ne laissait pas toujours présager de bonnes choses, surtout pour moi… Mais bon, c’était vrai qu’on formait un groupe sympathique, et que la PH était propice aux belles rencontres et agréables après-midi.

Profitant de cet instant, j’allais chercher des sucreries pour Charlie, me disant que cela pourrait lui faire plaisir. Et en effet, à croire l’attaque surprise qu’elle me réserva pour me remercier. Je fus cependant une nouvelle fois surpris lorsqu’elle m’en laissa une, et un peu par hasard, je choisis la pomme d’amour. C’était sans doute pour la pomme, le seul élément que je connaissais à peu près. Mais à peine avais-je eus le temps de la remercier que Gear se matérialisa à mes côtés, croquant dans le pomme pour en emporter un bout avec un air malicieux. Je lui adressai un regard quelque peu exaspéré, auquel il me répondit d’un hochement d’épaule, visiblement peu affecté.

Lewis et sa famille nous attendait déjà devant le musée, et notre groupe s’empressa d’aller les saluer. Mais ces retrouvailles furent de courte durée, puisqu’une alarme nous signala qu’une tempête était en train d’approcher de l’arche. Tout le monde était évacué, nous vers le musée en l’occurrence. Avec Castiel et Gear, et après un sourire pour Charlie, je restais à l’extérieur pour aider les secours à faire en sorte que tout le monde arrive à temps et sans heurt dans l’abri. Je m’étais assuré que tout se déroulait selon le protocole d’urgence à l’école, laissant les responsables sur place prendre en charge le reste. Je ne pouvais après tout rien faire de plus pour eux.

Cependant, alors que je m’affairais à courir partout de manière accélérée, je fus interrompu d’un seul coup, comme si mon don venait de tomber en panne. Essoufflé, j’essayais de reprendre mes esprits, comprenant rapidement que la tempête n’était pas étrangère à ce phénomène. Gear me força alors à entrer dans le musée pour me reposer, et je devais admettre que n’avais même plus l’énergie de protester.

A l’intérieur, les gens étaient déjà occupés à préparer les lieux pour passer la nuit. Certains jouaient de la musique ou s’occupaient comme ils pouvaient. Je retrouvais les autres, et fus rapidement rassuré de voir que tout le monde semblait être en sécurité. Toujours soutenu par Gear, j’adressai un hochement de tête à Castiel, déçu de ne pouvoir le suivre mais acceptant de ne plus être en état.

"Sois prudent, et reviens te mettre à l’abri avant qu’il ne soit trop tard."

Charlie s’approcha alors pour me fourrer une gaufre dans la bouche, inquiète de me voir dans cet état. J’aurais voulu m’excuser de l’inquiéter pour si peu, mais j’étais trop occupé à essayer de mâcher la pâte sucrée pour lui répondre de manière compréhensible.

"Hey, c’est marrant ça !" s’exclama Gear en prenant une autre gaufre et en me la calant également dans la bouche, alors que je venais de finir la première. Je lui adressai un regard noir, avant de capituler. Manger me faisait du bien, je devais l’admettre. Il m’installa alors par terre, non loin de la famille Richards. J’écoutais ces derniers s’activer pour m’occuper, essayant de ne pas trop penser à ce qui se passait dehors et à l’école pendant ce temps.

"Vous voulez que vous raconte les moments les plus embarrassants d’Alex quand il était mon assistant ?" proposa Gear avec bonne humeur. "C’est hilarant et ça passera le temps."

Malgré mes protestations, il fut ainsi raconté comment j’avais failli mettre le feu à l’un des ateliers de la PH en essayer de réparer un VAP, ou nos nombreux exploits lorsque j’accompagnais Gear à des soirées toujours trop arrosées.

Mais le temps passa effectivement, et lorsque l’intervention fut levée, je poussai un soupir de soulagement. Attrapant mon téléphone, je joignis l’école. Aucun blessé ni dégâts importants n’étaient à signaler, grâce au dispositif anti-tempête. Jusque quelques arbres déracinés et pots de fleurs envolés. Je transmis la nouvelle au petit groupe, puis annonçais :

"Je vais y retourner pour aider à tout remettre en place et à faire l’inventaire des dommages. Si y en a qui veulent un lift…"

"On peut les déposer." termina Gear en s’adossant à mon épaule avec un sourire charmeur.

Je poussais un nouveau soupire. Eh bien, au moins, ces prochains mois à l’école promettaient. Ce n’est qu’une fois dans le véhicule conduit par mon mentor que j’appris la nouvelle de l’arche tombée lors de la tempête. Soucieux, j’y pensais le reste du trajet. On allait avoir du pain sur la planche.
Dastan
Sphère Technique
avatar
Messages : 646
Etat Civil : Coquinou en couple
Pouvoirs : Maîtrise du temps



Don't waste your time or Time will waste you



Don't click... unless you wanna be blinded (a)

Revenir en haut Aller en bas
Page 5 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Édimbourg :: Westside :: Autres lieux-