Exposition universelle - partie 1

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Dim 5 Juin 2016 - 16:35



« Ce qui a vraiment un sens dans l'art, c'est la joie. Vous n'avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez vous rend heureux ? Tout est la. »
Constantin Brancusi


Pas de fête sans carnaval!

Soirée d'ouverture



    A quelques heures du coup d’envoi du Carnaval, la ville d’Édimbourg est en effervescence. L’excitation collective est palpable à tous les coins de rue et les habitants attendent impatiemment le coup d’envoi de la soirée.
    Ce qui est parfaitement compréhensible puisque les préparatifs de la soirée d'ouverture durent depuis des jours maintenant. Une semaine que le centre de la capitale est entièrement bloqué pour permettre aux équipes de la ville de décorer les rues. Le résultat en est d'autant plus charmant. Banderoles, gerbes de fleurs, lampions, la ville se sont parés de mille couleurs et lumières.

    Pourtant, malgré l'air léger et joyeux qui flotte sur Édimbourg, les yeux les plus avertis auront remarqué une présence policière accrue depuis la veille au soir, et ce, partout dans la capitale. Pour la soutenir pendant toute la durée de l'Exposition Universelle et assurer la sécurité des citoyens et des touristes, une délégation de garde suisse a également été dépêchée sur place par le CSN.
    Cette omniprésence des forces de l'ordre est d'autant plus visible aux abords du stade où se dérouleront les festivités, où hommes en uniformes sont postés en grade à l'extérieur, aux portes, mais aussi à l’intérieur, autour de la grande scène. De plus, parmi la foule se sont disséminés des policiers habillés en civil afin de passer incognito, mais prêt à réagir à tout moment.
    Par conséquent, les procédures de vigilance sont plus intenses.
    Les contrôles à l’entrée du stade sont stricts. Des agents sont présents pour opérer une fouille des sacs et des personnes. Certains objets considérés comme dangereux peuvent être confisqués. (Armes, fumigènes…) On redoute probablement une escarmouche de la part des extrémistes.

    D’ailleurs, plus tôt dans la journée, alors que le stade n’était pas encore ouvert au public et que déjà une foule se massait devant les entrées pour faire la queue, un petit groupe d’Aeoliens extrémiste s’était regroupé avec des pancartes et des slogans, pour rappeler aux païens que les divertissements de ce genre étaient contraires aux enseignements des Ouragans (ils ont d'ailleurs pu s’adresser aux personnages pendant qu’ils faisaient la queue).
    Les mécréants feraient mieux d’abandonner cette vie de perdition pour les rejoindre, disaient-ils. Les pratiquants avaient distribué leurs tracts sous l’œil vigilant dès les forces de l’ordre, qui s'était abstenu d'intervenir contre ce rassemblement pacifique qui ne représentait aucune menace envers les civiles.

    Une certaine tension n’est donc pas totalement absente malgré le côté festif.


    Depuis leurs loges VIP les deux présentateurs en charge de commenter l’événement prennent la parole. L’homme commence d’une voix forte :


    - Bonsoir à tous les téléspectateurs qui nous rejoignent sur ENN pour ce programme spécial. Ici Wallace Bridgestone et avec moi ce soir, en direct du stade de Murrayfield, la très charmante Kali Abhishala, pour commenter cet évènement.

    - Bonsoir à tous ! C’est un grand honneur pour moi que d’être ici ce soir avec vous pour célébrer et retranscrire le 6éme Carnaval international, organisé à l’occasion de la soirée d’ouverture de la nouvelle Exposition Universelle qui devrait attirer plus de deux millions de visiteurs dans notre belle capitale d’Édimbourg au cours des six prochains mois.
    Les caméras du monde entier sont là pour retransmettre cet évènement mondial qui ne s’était pas produit depuis près de cinquante ans !


    - En effet, certains se rappelleront peut-être de la dernière édition de 1966 qui avait eu lieu sur l’Arche de Rio. À l’époque déjà, l’ouverture, créée pour les circonstances par le célèbre artiste Vénézuélien Pedro Alves, avait fait sensation !

    - Oui, mais rien en comparaison de ce qui nous attend ce soir et qui se prépare depuis des mois déjà. Il paraît que le spectacle a nécessité des mois de préparation, de nombreux aménagement au sein du stade et le concours des plus grands artistes et techniciens de ce début de siècle.

    - Et avec tout l’argent déboursé par les contribuables pour cet événement, le show risque bien d’être grandiose !

    - Tout à fait Wallace ! Cela promet d’être une soirée inoubliable.

    - Kali, excusez-moi de vous interrompre, mais une voiture vient de s’arrêter devant le tapis rouge et j’aperçois déjà la première personnalité qui entrera dans le stade ce soir, la comtesse Antonov, qui, on le rappelle, est l’une de nos plus grandes diplomates à l’échelle internationale.

    - Oh oui, une grande dame ! Splendide dans ce tailleur blanc signé Chanel.

    - Elle est suivie de près par la talentueuse artiste Dalhia Anderson, que l’on a pu récemment voir à l’affiche dans le chef-d'œuvre de la cinéaste Carla Gorski.

    - Comme toujours, exquise dans sa robe Valentino. Il semblerait qu’elle soit, ce soir, encore au bras d’une nouvelle conquête, qui n’est autre que la coqueluche du petit écran, Peter Green.

    - Aussi belle par le corps que par la voix dit-on. Saura-t-elle, un jour, trouver chaussure à son pied ?

    - J’aperçois la silhouette plus sobre du directeur de la Potential Home qui ne nous avait plus fait l’honneur de sa présence depuis un moment. Son sourire ravageur aura manqué à nos téléspectatrices.

    - Il se fait ce soir le représentant des Prodiges.

    - Une Bentley se gare devant le tapis rouge, je me demande qui va en sortir.

    - Mais ce ne sont autre que le Duc et la Duchesse de Lampeduza ! Un couple qui ne manque jamais d’élégance. La prochaine exposition parisienne du Duc se fait d’ailleurs attendre dans le milieu de l’art. Il faudrait vraiment que je demande à madame le nom de son chirurgien…

    - (Pouffe de rire)

    - Ils précèdent de peu Monsieur Eddy Clarkson, notre ministre de l’écologie, accompagné de son épouse. On remarquera qu’il porte toujours une fière marguerite à la boutonnière, symbole de son parti. Il inaugure le ballet des hommes et femmes politiques écossais et de toutes les nations qui va se succéder ce soir.

    - Et voici venir l’un de nos premiers invités d’honneur, Jao Wang, le richissime homme d’affaires chinois, au bras de sa très belle femme et égérie Xin Qian.

    - Tout à fait Kali. On m’a d’ailleurs rapporté que leur plus jeune fils entrera à l’université d’Édimbourg à la rentrée prochaine, ce qui prouve à nouveau l’excellence des cursus d’études supérieures de notre Arche.
    Ils ont fait le voyage depuis New Victoria pour assister à la soirée, les très glamours Joane Livingstone et Mathéo Linch, en couple à la vie comme à l’écran, dans le dernier blockbuster de Terry Jenkins.


    - Oui ! Et ils ont officiellement annoncé leurs fiançailles il y a quelques semaines ! On attend un mariage GRAND-DIOSE !

    - Que de personnalités qui défilent sur ce tapis rouge ce soir ! Les paparazzis s’en donnent à cœur joie !

    - Et regardez, escorté par l’ex-mannequin Hayden Sorensen, le PDG allemand, Alexander Feuerbach. Visiblement son état de santé ne s’améliore pas…

    - Comme quoi le malheur n’épargne personne ma pauvre Kali…
    Mais voilà qu’il est déjà bientôt vingt heures et l’on me prévient dans l’oreillette que le spectacle va bientôt commencer. Je vous propose de nous tourner vers le stade que l’on a la chance de dominer depuis l’une des loges d’honneur. Dans les tribunes présidentielles, les plus importantes personnalités politiques de notre Arche et de l’Arche Chinoise ont pris place. Non loin, les loges VIP se remplissent et les gradins sont déjà noir de monde. Plus de cent mille personnes vont être réunies ici pour cette soirée exceptionnelle !


    - D’autant plus que les conditions météorologiques sont optimales, une belle soirée de printemps qui s’avère parfaite pour le feu d’artifice !

    - Que la fête commence !

    Dans les gradins, la foule c'est installée.

    À vingt heures pile, une voix annonce le début du spectacle. Les lumières diminuent avant de s’éteindre tandis qu’un silence relatif s’installe dans le stade. Une musique épique s’élève. Un orchestre symphonique, composé d’une centaine de musiciens édimbourgeois et chinois joue une œuvre spécialement composée pour l’occasion.

    Un jeu de lumière est mis en place tandis qu’une voix off s’élève des haut-parleurs pour présenter les enjeux de l’Exposition Universelle dans un discours passionné. Les voix de personnalités célèbres de l’arche d’Édimbourg se succèdent sur un thème musical grandiloquent.
    Dans le même temps, un spectacle composé de sons et lumières, d’effets pyrotechniques, ainsi que d'artistes performeurs qui exécutent des numéros complexes, débute. Des exclamations d’admirations ponctuent les numéros les plus impressionnants.

    La fin du discours déclenche des ovations dans l’ensemble du stade. La nuit commence à tomber, et grâce à un plancher technique, une scène se forme et les danseurs de l’opéra d’Édimbourg semblent sortirent du sol, dans une brume mystique. La musique s’est alors arrêtée. Une nouvelle partie du show s’ouvre sur un solo de violoncelle.
    Cette seconde partie de ce fabuleux spectacle commence dans un ballet fantomatique et contemporain, où les danseurs dans des costumes inédits, créés pour l’événement, font apparaître des sortes de créatures magiques tirées de différentes légendes écossaises, il se joue sur scène l’histoire, mais aussi le futur, dans une atmosphère onirique, dans des mouvements gracieux, doux lumineux, qui laissent transparaître tout l’espoir, l’amour qu’il est possible de porter, mais aussi le chemin qu’il reste à faire. L'atmosphère est entre fantasme, fascination et angoisse.
    Les danseurs laissent bientôt la place aux artistes chinois. Leurs costumes sont plus sobres et laissent transparaître toute leur musculature. Leur danse est beaucoup plus technique, leurs mouvements sont parfaits, précis, et fluides, et leur coordination est impressionnante. Mais ils restent froids et distants avec le public.
    Le contraste entre les deux styles est saisissant.
    Le spectacle se clôture sur une réunion des deux ballets pour une dernière danse.
    Le vivat des applaudissements met fin à la seconde partie de la soirée.
    Un entracte de 15 minutes est accordé. C’est le dernier temps avant que la parade du Carnaval ne débute.

    Sur un piédestal central, nos deux présentateurs sont apparus pour présenter la procession. Kali dans une robe lilas et Wallace dans un costume trois-pièces à rayures. C’est ce dernier qui prend la parole en premier :


    -Ne nous vous avions pas promis un show exceptionnel ?

    -Et ce n’est pas fini !

    -Accueillons la première délégation du carnaval, celle de la Chine, invité d’honneur. Les voilà qui arrivent par la porte d’Occident sur leur char de fleurs blanches. Ils commencent le premier tour de stade avant de sortir par la porte de l’Orient pour rejoindre la rue où la fête se prolongera jusqu’à demain !


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Lun 6 Juin 2016 - 16:53
PAS DE FETE SANS CARNAVAL

Feat. Groupe




Les projecteurs du stade furent peu à peu visible à l’horizon. La voiture noire se coulait à la perfection dans la circulation. La mairie avait anticipé correctement le flux des visiteurs de sorte que le trajet n’avait pas été aussi pénible que prévu. La femme assise sur la banquette arrière lança un regard furtif sur sa gauche.

- Espérons que ce ne sera pas aussi tape-à-l'œil que la dernière fois. Commenta Nikolas.

La remarque faite elle eut un fugace sourire. Elle se souvenait qu’ils avaient –son époux et elle- fait le voyage depuis l’Italie pour assister à l’événement. Elle gardait peu d’images du Carnaval ou même de l’Exposition en mémoire. Mais, elle n’avait pas oublié la petite chambre d’hôtel où ils avaient séjourné et l’odeur de la jacinthe qui recouvrait leurs draps. Ils étaient encore jeunes, beaux, prêts à tout.

La dame détourna de nouveau son regard vers la fenêtre de la voiture. Le bruit de la foule se faisait déjà entendre au-dehors. Comme on pouvait s’y attendre, les médias avaient investi les lieux. Ils venaient chercher, le bout de gras, le scoop à mettre en Une. Fort heureusement, les Lampeduza étaient rompus à l’exercice. Une chorégraphie, mainte fois répétée, débutait à l’instant où Maurice sortit du véhicule. Pendant que l’homme de main fit le tour, Strega avisa son compagnon.

- Beaux comme le Diable. Une seconde plus tard la portière s’ouvrit.

Une main se présenta pour aider l’aristocrate à quitter la voiture à son tour. Elle se redressa en prenant le temps. Elle entendit son nom crié par les journalistes. Elle embrasa l’espace d’un regard, tandis que les flashs les aveuglaient presque. Son bras passa naturellement sous celui du peintre sicilien. Elle remonta le tapis rouge avec assurance dans sa robe d’une éclatante sobriété. Ils ne l’impressionnaient pas. Après les dalles de l’Empire romain, les cours anglaises, les républiques espagnoles, Nikolas n’était plus éblouie par beaucoup de choses.

Une hôtesse leur indiqua la loge mise à leur disposition. La Duchesse étudiait l’agencement du lieu comme à son habitude. Cette soirée était la plus importante de l’année 2016. Des personnes intéressantes allaient se montrer. Elle repéra quelques visages sur le trajet. Salua d’un mouvement de menton la comtesse et amie. Elles ne s’étaient point revues depuis la Soirée.

Une fois installée confortablement, la dame chercha le regard de Vito Lampeduza.

- Ezio sera-t-il présent ?

Comme Nikolas ne posait jamais de question inutile, c’est qu’elle avait une idée derrière la tête concernant le cadet. Elle n’en dit rien pour autant et se contenta de patienter jusqu’à ce que retentissent les 20h00.

Le visage de la dame demeura neutre pendant toute la première partie de la représentation. Il s’anima légèrement au solo de violoncelle. La musique était pour la Duchesse l’un des plus beaux moyens d’expression. Elle alla presser la main de son voisin en signe, aussi discret que pudique, de son contentement. Puis débuta le ballet et les yeux de la Prodige s’attachèrent à suivre les pas d’une petite étoile en particulier.

À la fin Madame se leva lentement. Ses mains frappèrent des applaudissements lents et réguliers. Le regard fila de loge en loge pour en discerner les occupants. Elle s’attarda quelques secondes, sur un couple chinois, avant de distinguer les Caine un peu plus loin. Lorsqu’elle croisa les yeux bleus, d’un immense blond aux airs de Viking, un léger ricanement lui échappa. Cependant très vite son attention se concentra sur la suite de la soirée.

- Allons ce que nous réserve ce Carnaval qu’en dites-vous mon doux ami ? Murmura-t-elle concupiscente.

Strega
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Lun 6 Juin 2016 - 17:12



“Au diable la beauté lunaire Et les ténèbres millénaires Plein feu dans les Champs-Élysées Voici le nouveau carnaval Où l'électricité ravale Les édifices embrasés.”
Louis Aragon




    - Il faut lui mettre plus de laques dans les cheveux. Sonia, tu as trouvé le fil bleu ?

    Claire lança la ceinture de soie sur son épaule droite. C’était le moment des ultimes finitions. Elle darda ses yeux verts sur la coiffe du coryphée. Quelque chose n’allait pas. Il y avait un déséquilibre quelque part. Elle défit et replaça les épingles, plusieurs fois, jusqu’à ce que le résultat lui convienne. L’harmonie, voilà ce qu’ils devaient créer pour les spectateurs.

    - Là, c’est mieux !

    « Dix minutes ! »

    Les danseuses de mirent à pailler d’excitation. Madame Richards se sentit gagner par leur impatience mêlée de trac. Cela faisait plus d’un mois qu’elle suivait la progression de la troupe, au travers des essayages des costumes. Alors, même si elle n’allait pas faire de pirouettes sur la scène, c’était aussi son spectacle quelque part. Elle leva les yeux sur l’écran qui retransmettait ce qui se passait en haut en simultanée. Un sourire détendit ses lèvres quand elle imagina les jumeaux en train de le regarder.

    Claire réussit à repérer encore deux fausses notes avant qu’un gars du service technique arrive pour les faire monter. Munie de sa « trousse de secours » elle ferma la marche avec les deux collègues réquisitionnées pour l’occasion. Elle avait bien aimé travailler avec elles. C’était toujours enrichissant de croiser des camarades de création dans le métier. Elle savait que l’une d’elles participait aussi à la parade du Carnaval. Elle était curieuse de voir ses costumes !

    Le comité avait refusé le projet de Claire, voulant encourager des maisons de créations débutantes. Enfin, c’était la réponse toute faite qu’on lui avait envoyée par courrier. Claire n’y croyait qu’à moitié. Elle savait que son intervention devant le Consortium l’an dernier avait fait grincer des dents quelques vieux requins défraîchis. Ils l’avaient puni pour avoir dit tout haut ce que beaucoup cachaient derrière les rideaux. Claire avait d’abord été folle de rage. Mais, elle s’était promis de leur rabattre leur caquet un de ces jours !

    Claire écarta légèrement le rideau dans l’espoir d’apercevoir Lewis et les enfants. Les gradins étaient remplis jusqu’au dernier. Elle n’avait pas vu ça depuis… en fait, Claire ne se souvenait pas d’avoir vu autant de monde dans ce stade depuis qu’ils étaient ici. La lumière commença à baisser dans la salle. Une tension monta dans les coulisses. Claire s’écarta du rideau. Elle ne pouvait pas rester là. Les danseurs risquaient d’avoir besoin d’aide. Tandis que les premières notes vibraient, Claire se concentra sur la réaction des gens. Elle retint son souffle lorsque la première danseuse entra sur la scène. Cette fois, ils y étaient !

    Toute l’équipe était dans un état second. Le ballet se passa sans accroc majeur. Il n’y eut pas de catastrophe. Pourtant, Claire ne réussit à respirer qu’au moment où les deux troupes commencèrent à faire leurs saluts devant la salle. Elle attrapa son portable pour convenir d’un endroit où se retrouver avec Lewis. À l’annonce de l’entracte, elle s’excusa auprès des filles et fila vers les escaliers. Elles s’étaient arrangées. Claire s’était chargée de l’installation du matériel. Les autres aideraient à le ranger une fois le public dehors.

    Claire se dépêcha de récupérer ses affaires. Elle voulait voir les enfants, avoir leurs impressions et aussi souffler un bon coup. Déjà elle sentait la tension dans ses épaules se relâcher. Tout s’était bien passé. Elle passa par une sortie arrière et remonta la ruelle pour rejoindre l’artère principale. Il y avait déjà foule partout. Claire se faufila tant bien que mal dans la foule pour traverser la rue. Un cri qu’elle connaissait bien lui indiqua bientôt qu’elle avait été repérée. Elle accéléra le pas et croisa le regard d'Andrew. Ses yeux remontèrent vers son père avec qui elle partagea silencieusement son soulagement. Arrivée à leur hauteur elle embrassa furtivement son mari.

    - Alors ??! Ça vous a plu ? Vous avez croisé du monde ?

    Claire adressa un regard au second de la fratrie. Sa main se portait naturellement dans les cheveux du plus jeune mais elle s’arrêta en remarquant le gel qui maintenait sa coiffure.

    - Holala mais tu t’es fait drôlement beau dis-moi ! On va voir le défilé ?!

Charadh
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Mar 7 Juin 2016 - 13:53
En tant que des principaux instigateurs, Perceval Rose n'allait certainement pas manquer l'ouverture de cette nouvelle exposition universelle. Arkadia avait usé plus que jamais de sa face publique pour en faciliter l'organisation et le financement. La société sera représentée par de nombreux stands lors du prochain espace des inventions, et son empreinte se retrouvait dans la plupart des facettes de l'organisation. Percy et sa sœur -l'ambassadrice de l'arche- avait travaillé pendant des mois à huiler la machine diplomatique entre tous les pays participants, et ils comptaient bien veiller sur son bon fonctionnement. Pour le moment, il n'y avait guère eu de troubles : quelques cultistes d'Aéolus, mais rien que la sécurité ne pouvait gérer. Et entre Scotland Yard, l'armée et les forces officieuses d'Arkadia et sa Sword Division, autant dire que les festivités seraient sous bonne garde. Et cela valait mieux : Percy attendait beaucoup de l'événement. Il espérait que cela favoriserait le rapprochement entre les peuples, entre arches proches comme éloignées. Lors de sa conversation avec Diane Greyer quelques jours plus tôt, aux jardins botaniques d'Amesterdam, il ne lui avait avait pas menti quand il avait avoué désirer un monde nouveau, uni, capable de dépasser les querelles et la destruction de l'ancien monde. Il comptait en particulier sur le rapprochement avec la République Impériale de Chine, qui avait accepté de lancer conjointement cette exposition. Le vieux pays était maintenant un jeune gouvernement, avec un jeune empereur qui avait appris des erreurs du passé et se montrait déterminé à le faire aller dans la meilleure direction possible. Les mois que Rose avait passé en Nouvelle-Pékin lui avait permis de jauger un peu mieux la situation, et il en était arrivé à la conclusion que la Chine était à l'aube de devenir un de ces véritables nouveaux pays dans un monde qui l'était tout autant. Édimbourg serait sage de s'y allier, et le directeur d'Arkadia faisait tout pour.

Accompagné de Miranda, qui portait une robe noire sobre mais élégante, il avait été escorté jusqu'à la place qu'il occupait, dans la loge où l'attendait déjà Andrea et les représentant chinois. Leur autre sœur, Agrafena, avait voulu profiter du spectacle plus proche du public, et elle avait encore ses ordres à donner pour les différents stands de nourriture qu'elle allait superviser. Plusieurs hommes se levèrent à son approche, mené par un homme d'un certain âge, à l'air aussi affable que passe-partout. Mais Percy ne s'y trompait pas, d'autant qu'il en était venu à connaître et apprécier l'ambassadeur chinois. Li Wei Tran était un homme capable et rusé, et l'un des plus proches conseillers de l'empereur. Et, Percy n'avait pas tardé à le comprendre, une sorte d'homologue chinois dédié à la tâche que s'efforçait d'accomplir Rose de son côté.

« Li Wei, j'espère que vous avez fait bon voyage. Je suis heureux de vous revoir. »

« Moi de même, Perceval. Le voyage s'est déroulé sans encombres. Et votre sœur se montre une personne redoutable avec qui croiser la parole. »

« Ce n'est pas à moi que vous allez l'apprendre... » sourit Rose, heureux de voir que sa sœur et Tran semblaient s'entendre. Voilà qui ne ferait que simplifier les choses. Ils s'installèrent tous, maintenant au complet, tandis que les discours se suivaient. Tran était resté debout, en compagnie d'un jeune chinois qui devait sans doute lui servir d'aide de camp et de garde du corps. L'empereur et ses partisans ne s'attiraient pas que des amis en tentant de réformer leur empire, et ils avaient déjà dû faire face à de nombreux dangers. Percy se jura qu'il ne leur arriverait rien dans son domaine, et écouta avec attention le bref discours de Li Wei : simple, court et passionné.

« Au nom de la République Impériale de Chine et de sa majesté l'Empereur, je remercie votre belle arche d’Édimbourg de nous avoir reçu en toute amitié. Sachez qu'elle vous sera rendue, et que je suis fier de me tenir à vos côtés. Que ce spectacle, puis le carnaval qui suivra, marque le début d'une nouvelle et longue alliance aussi bien d'âme que de corps ! »

Puis les derniers discours finirent par mourir, et le spectacle put commencer. En amateur des arts, Percy le trouva remarquablement exécuté, même s'il fut un peu déçu de voir que les danseurs locaux et chinois avaient chacun présenté leur propre œuvre plutôt que d'en danser une conjointe. Ma fois, Rome ne s'était pas faite en un jour, et on ne pouvait espérer abaisser toutes les barrières d'un coup. Mais la politique à part, c'était un ravissement pour les yeux et les oreilles : des mouvements à la musique en passant par les costumes et les décors, tout était impeccablement maîtrisé, et l'émotion qui s'en dégageait gagna Percy, même s'il prenait soin de conserver un air neutre. Il prit note de commander un nouveau costume ; voilà trop longtemps qu'il n'en avait pas demandé à la femme brillante qui avait assuré ceux de l'événement. Et puis il lui faudrait tenir à l’œil la danseuse étoile, Lotte Hoffmeister ; ses talents étaient indéniables, et elle n'aurait pas été la première artiste à intéresser Arkadia, qui recrutait tous ceux qu'elle estimait dotée d'un talent pertinent. Il se joignit avec plaisirs aux applaudissement, ne laissant même pas la présence de Nikolas Cnossos assombrir son humeur. Il ne la considérait pas encore comme une menace dans le cadre du festival, après tout.

Enfin, les parades commençaient, la chine en tête. Le dragon asiatique mécanique faisait plus vrai que nature, émeraude et doré, crachant des feux d'artifice issus des dernières recherches de l'Empire dans ce domaine. Il était tant pour les spectateurs de rejoindre les amusements prévus, et aux peuples de se mêler. Mais pas pour Perceval Rose, Andrea Antonov ou Li Wei Tran. Pas encore ; pour le moment, ils auraient beaucoup à parler, entre eux et avec d'autres officiels. C'était un autre ballet qui s'apprêtait à commencer, de ces ballets qui pouvaient changer le monde...en bien, comme en mal.


Li Wei Tran, ambassadeur chinois
Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Mer 8 Juin 2016 - 14:10
« Grouillez-vous un peu, on va rater le début ! » Emily Caine tapotait sur les accoudoirs de son fauteuil à gravité, attendant le reste de sa famille. Elle devait reconnaître que le dernier modèle était encore plus maniable, et qu'elle n'avait jamais eu autant de facilité à se déplacer. Les répulseurs la faisaient flotter à quelques centimètres au-dessus du sol, et elle pouvait sans autre s'élever jusqu'à un peu plus d'un mètre, ce qui était appréciable dans un grand nombre de circonstances. Impeccable dans son uniforme de cérémonie, ses cheveux blancs relevés en une coiffure digne et élégante, elle consulta sa montre une fois de plus tandis que les informations résonnaient dans les hauts-parleurs du stade. Elle n'avait jamais été une femme patiente, et elle l'était encore moins depuis qu'elle avait perdu l'usage de ses jambes plusieurs années auparavant. Il y avait encore bien des complications que la médecine moderne n'arrivait pas toujours à régler, mais si l'incident avait mis un terme à sa carrière au front, il n'en avait certainement pas mis un à sa vie active. Si elle regrettait de ne plus pouvoir sillonner les airs sur un pont de commandement, elle était fière de ses accomplissements à terre. Après tout, elle s'était hissée au rang de premier lord de l'amirauté, gérant notamment les recrutements et bon nombre d'autres détails. Beaucoup disaient que sans elle et ses dons d'organisatrice, l'amirauté ne saurait pas lasser ses propres chaussures même s'ils avaient du velcro, et elle en tirait une certaine fierté, même si elle essayait de ne pas trop la laisser paraître. Et plus que tout, elle était fière de sa famille, et heureuse qu'ils aient pu se réuni pour venir assister ensemble à l'ouverture de l'exposition universelle. Maintenant, s'ils voulaient bien se dépêcher un brin...

« On arrive, Em', ne t'inquiète pas. » Aleck Caine -son mari et le duc de Cromarty, salua les collègues du gouvernement qu'il avait rencontré dans le chemin jusqu'aux loges, et vint embrasser la joue de sa femme, la piquant de sa barbe blanche. Calme et solennel dans son costume, ses yeux n'en pétillaient pas moins de tendresse, comme à leur accoutumée. Mais les rides supplémentaires qui garnissaient son visage et les cernes trahissaient sa fatigue ; le gouvernement était toujours un peu agité, et l'exposition ne lui facilitait pas la tâche. Mais aujourd'hui, rien n'allait l'empêcher d'assister à la fête avec les trois femmes de sa vie. Anna, la plus jeune de leurs deux filles, portait ses cheveux d'un roux flamboyant mi-long, et le perçant de ses yeux bleus était appuyé par son teint pâle et le maquillage qu'elle avait choisi. Elle portait une robe légère mais élégante, noire à pois blancs, et son éternelle vieille besace était passée sur son épaule, sans doute rempli de bien plus de livres qu'elle n'aurait le temps d'en lire. Mais la jeune libraire ne se déplaçait jamais sans quelques bouquins, dans lesquels elle était généralement plongée en même temps. Elle était vive et pleine d'énergie, et avait toujours mis un point d'honneur à croquer la vie à pleines dents.

Quant au lieutenant Amelia Caine de la flotte écossaise, aujourd'hui elle était heureuse d'être Amelia avant tout. Elle portait son uniforme d'apparat pour accompagner sa mère, mais n'était pas officiellement en service. Son tour viendrait bien assez vite, et elle passa une fois de plus en revue tous les détails qui l'attendaient pour préparer l'inauguration de son nouveau bâtiment. Le Harrington serait un des clous du spectacle, et si elle aurait préféré que l'amirauté n'en profite pas pour jouer les relations publiques, elle était au moins fière à l'idée de se dire qu'elle allait recevoir son nouveau commandement. Enfin, quand l'idée ne la rendait pas malade, bien sûr. Mais elle n'allait pas se mettre en tête maintenant. A vrai dire, elle se sentait aussi détendue que possible, et d'humeur agréable. Sa famille avait cet effet-là. Bien qu'adoptée, elle avait toujours été proches de ceux qu'elle considérait comme ses véritables parents, qui l'avaient toujours soutenu de leur mieux malgré les difficultés. Elle leur devait énormément, et si elle était un officier accompli aujourd'hui, c'était en grande partie grâce à eux. Elle partagea un sourire avec sa sœur, elle aussi adoptée et de quatre ans sa cadette. Elles étaient dotées de tempéraments différents mais complémentaires, et Anna avait toujours été là pour l'encourager et la pousser à se détendre, et elles étaient très vite devenues complices. Pour compléter le tableau, il ne manquait plus que Lexy, mais la compagne d'Amelia pilotait l'un des véhicules de troupe de la brigade assignés à la sécurité du stade. Amelia se réjouissait qu'elle en ait fini avec son affection, qu'elles puissent toutes profiter du carnaval qui allait battre son plein ses prochains jours. Les foules denses et bruyantes n'étaient pas toujours du goût d'Amelia, mais elle se sentait prêt à braver tous les dangers avec Lexy à ses côtés. Peut-être même qu'elle arriverait à en profiter sans risquer de devoir aller se cacher derrière une tente pour reprendre son souffle.

« Nos places sont là. » avertit-elle, guidant sa famille. Ils s'installèrent parmi d'autres officiels dans une des tribunes qui leur étaient réservées, juste à temps pour le début du spectacle. Amelia fut aussitôt transportée par la musique et la danse, en profitant d'autant plus maintenant qu'elle en savait plus sur les coulisses. Elle appréciait le travail d'équipe formidable qui avait permis tout ça, et se demanda qu'elle avait été l'implication de Lotte dans son organisation. Elle chercha bien évidemment son amie du regard, toujours impressionnée par la grâce et la coordination dont elle faisait preuve. Impressionnée, elle le fut aussi par l'équipe chinoise, dont la précision et l'allure quasi militaire appelaient à son sens de l'ordre. Dès que les dernières notes moururent, elle se leva pour joindre ses applaudissements à ceux de la foule, enthousiasmée par cette série de performance. Et voilà qu'à peine le spectacle terminait, le carnaval commençait avec son cortège, la délégation chinoise en tête.

« C'est un beau jour pour être en vie. » dit Emily Caine, comme elle en avait l'habitude quand la situation s'y prêtait ; c'était un de ses petits rituels à elle. Amelia, qui était assise à côté d'elle, enlaça sa mère et pencha la tête sur son épaule ; elle se sentait toujours un peu plus paisible auprès de cette femme, sa mère était un roc. Elle vit son père leur adresser un clin d’œil complice, et tressaillit à peine quand Anna surgit dans leur dos pour les enlacer :

« Les spectacles c'est bien joli, mais il est temps pour les Caine de sortir s'amuser un peu ! »

Oui, songea Amelia ; c'était un beau jour pour être en vie...

La famille Caine:
 
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Jeu 9 Juin 2016 - 21:45
Je regrettais immédiatement le silence et la tranquillité à l’instant même où Peter posa le pied dans la limousine. Un sourire vint immédiatement illuminer mon visage à la vue de mon petit ami du moment, et je l’embrassai avec l’ardeur qu’il attendait toujours de ma part. Pour sa défense, ce n’était pas un mauvais bougre, et j’avais connu bien pire. Il était cependant d’un ennui profondément atterrant, et d’un ego si énorme que c’en était comique. Je l’aurais certainement ignoré durant nos rencontres sur les plateaux, si je n’avais pas trouvé un intérêt à un rapprochement intime. De un, il me fournissait toujours avec enthousiasme toutes les informations que je lui demandais à propos de sa famille, et d’ici quelques jours, son oncle serait certainement arrêté pour divers trafics et autres activités pas vraiment très légales. Et de deux, j’avais besoin d’une personne pour m’accompagner au spectacle d’ouverture de l’exposition universelle. Comme le disait si bien Ellen, ça donnait beaucoup mieux sur les photos.

Le trajet se composa essentiellement en un monologue où Peter me parla de sa merveilleuse journée de fils à papa, et où je me contentais simplement de hocher la tête en ayant l’air intéressée et admirative. Pour passer le temps, je me décidais à compter le nombre de fois où il employait le mot « je » dans son discours. Au moment d’arriver devant l’entrée du stade, il en était à quarante-sept. Heureusement, l’attention du public et médiatique l’empêcha de continuer, et il s’empressa de sortir de la limousine, puis de m’aider à faire de même. Les flashs crépitèrent de tous les côtés, et j’abordais mon plus beau sourire, tout en manœuvrant pour éviter que Peter ne passe pas à chaque fois une éternité devant l’objectif de chaque photographe, et en esquivant les interview avec un sourire charmeur.

Mon seul regret ce soir est que l’on m’ait imposée ma tenue. Elle était certes splendide, mais j’aurais préféré pouvoir porter l’une des créations de Claire Richards pour cette inauguration. Evidemment, les sponsors et autres lobbys ne l’avaient pas entendu de cette manière, et pour le début des festivités, je n’avais d’autres choix que de me plier à ces exigences. Mais il était certain que pour le reste de l’exposition, je m’habillerai comme je le souhaitais. Et je me réjouissais de voir le travail de la couturière ce soir. Ecourtant la séance photo de Peter, je le traînais vers l’entrée du stade, me réjouissant intérieurement du moment où je pourrais, comme tous les autres, l’abandonner à sa misérable existence.

Tout en prenant place dans la loge VIP, j’en profitais pour jeter un regard alentour et repérer les visages connus. Je m’attardais un instant sur Miranda, Rose et la sœur de ce dernier, ne m’étonnant pas de les voir à un tel événement. De même, le couple Lampeduza nous faisait l’honneur de sa présence. Je vis alors Amelia entourée de sa famille, et parvint à lui faire un petit signe de la main. Elle semblait être en forme, malgré la foule, et il était indéniable qu’elle avait une certaine prestance dans son uniforme. Je l’enviais presque à cet instant pour sa liberté, alors que de mon côté, je devais me coltiner un être parfaitement insipide en prétendant m’amuser… Mais ainsi allait ma vie.

J’écrasais fortement le pied de Peter pour le faire taire lorsque l’ambassadeur chinois commença son discours, avant de laisser place au spectacle. Et même si ce dernier intéressa moyennement mon infortuné compagnon de soirée, je n’en perdis pas une miette. La première partie était présentée par les écossais, et comment rater la danseuse à la silhouette si familière ? Je me laissais prendre au jeu, avant d’accueillir avec curiosité la partie chinoise. Il s’agit d’un spectacle tout à fait différent, mais finalement plus en phase avec la culture de l’empire du milieu. Je me remémorais mes différents voyages là-bas, et des souvenirs plus ou moins agréables se rappelèrent à moi durant les premiers instants du show. Néanmoins, je suivis la performance avec tout autant d’attention, et à la fin, je me levais avec les autres pour applaudir cette très belle prestation. Je notais mentalement de féliciter Mme Richards la prochaine fois que je la croiserai. Mais vu la foule qui se pressait maintenant vers le carnaval et le défilé, je doutais de pouvoir tomber aisément sur elle…

Profitant du fait que Peter était toujours profondément endormi sur sa chaise, je me faufilais discrètement au loin, espérant retrouver un visage connu pour échapper à mon boulet de la soirée. Pas question de me le coltiner alors que la fête ne faisait que commencer ! Mais alors que je glissai vers la sortie, il me sembla voir une silhouette s’avancer discrètement dans la même direction. Un visage qui ne m’était pas inconnu, et le temps de reconnaître Aurore De Villier, elle disparut de mon champ de vision.
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Jeu 9 Juin 2016 - 21:50
Quelque peu nerveux, je triturais une nouvelle fois ma cravate, alors que le véhicule aéroglisseur aux couleurs de la Potential Home avançait inéluctablement vers le stade. Seul dans l’habitacle du véhicule, je me retrouvais obligé à ressasser les mêmes pensées, celles qui n’avaient cessé de me hanter depuis le moment où j’avais proposé à Charlie de m’accompagner pour la soirée d’inauguration de l’exposition universelle. C’était sorti tout seul, et sur le moment, ça m’avait même semblé être une bonne idée. Mais je regrettais à présent, réalisant que cette invitation avait trop de sous-entendus auxquels je n’avais pas initialement pensé. Et que je ne réalisais pas encore totalement…

L’arrivée imminente devant l’entrée me tira cependant de mes réflexions, et j’inspirais profondément pour chasser toutes ces interrogations. Au moins, j’arrivais seul sur le tapis rouge et cela me changerait les idées. Pour quelques instants. Et puis, finalement, j’étais assez heureux d’être présent pour ce grand événement. La Chine, grand invité d’honneur, faisait partie des pays avec lesquels l’école avait de nombreux contacts, et nous avions déjà eu l’occasion d’accueillir des étudiants chinois tout en envoyant certains de nos élèves dans leurs écoles. Une rencontre avait d’ailleurs été programmée avec l’ambassadeur, qui avait été cordialement invité à la Potential Home pour un dîner durant son séjour à Edimbourg.

Sortant du véhicule, je souris à la nuée de personnes présentes devant l’entrée du stade, me prêtant avec bonne humeur à ce qui faisait également partie de mon travail de directeur et ambassadeur de la PH. J’accordais quelques mots à des journalistes, leur déclarant à quel point j’étais ravi d’être ici ce soir et que je me réjouissais des prochains événements de cette exposition universelle, notamment la foire aux inventions où la participation de l’école était l’un des temps forts de la manifestation.

Je rentrais ensuite dans le stade, non sans serrer la main à de nombreuses personnalités et connaissances lorsque je le croisais, avant de finalement prendre place juste au moment où les festivités commençaient. Je reconnus le ballet d’Edimbourg, avant d’accueillir celui de la délégation chinoise. Les deux prestations étaient certes fortes différentes, mais d’un excellent niveau et j’étais de toute façon tout à mon aise de pouvoir me concentrer sur les danseurs, leurs costumes et les décors plutôt que sur d’autres pensées.

Applaudissant avec enthousiasme à la fin du spectacle, je remarquais alors un visage que je ne pensais pas retrouver ici soir.

"Kevin ? Quelle bonne surprise, qu’est-ce que tu fais ici ?" Je m’approchais avec un sourire du jeune garçon, sincèrement heureux de le retrouver durant cette occasion. "Tu as apprécié le spectacle ? Et tu comptes aller voir le carnaval ?"

Mon ton se fit alors légèrement plus soucieux. La foule présente durant cet événement ne devait pas être très agréable pour lui, même s’il était d’un autre côté dommage qu’il rate la suite de la fête pour cela. Après tout ce qui s’était passé dernièrement, lui aussi avait bien le droit de penser un peu à autre chose et de profiter des festivités.

***



Alors que les derniers invités se pressaient pour rejoindre leur loge, un bruit de moteur attira l’attention des journalistes encore présents autour du tapis rouge. Quelques personnes poussèrent des exclamations surprises lorsqu’un VAP déboula en trombe de nulle part, atterrissant juste au bout du tapis avec un manœuvre précis malgré la vitesse de l’engin. Ce dernier semblait d’ailleurs ne faire partie d’aucun modèle commercial connu, il consistait en un étrange mélange de locomotive et de voilier dont la taille réduite laissait supposer qu’il était construit pour le transport d’une seule personne. Le pilote n’attendit d’ailleurs pas longtemps pour sauter à terre, retirant avec nonchalance ses lunettes pour les lancer sur son siège. Comme si cela avait été un signal, l’engin se remit en marche par lui-même et repartit devant le regard éberlué des spectateurs encore présents. L’homme remit machinalement en place son costume, dont la veste était négligemment ouverte, lui donnant un air parfaitement décontracté et indolent. Un murmure parcourut l’assemblée, devenant rapidement un bruit de plus en plus important.

"Mesdames et messieurs, un invité surprise de dernière minute semble être arrivé. Elias Dewey n’était pourtant pas prévu au programme, mais l’homme est connu pour n’en faire généralement qu’à sa tête !"

La foule s’anima soudainement en reconnaissant le nouveau venu, et des journalistes s’empressèrent d’aller l’aborder alors qu’il avançait vers le stade.

"Monsieur Dewey, vous êtes de retour à Edimbourg ?"

"On dirait bien." répondit l’intéressé avec un haussement d’épaules, mais en esquissant un sourire charmeur à la journaliste qui lui avait posé la question.

"On ne vous attendait pourtant pas ici, est-ce que vous venez en tant que patron d’un colossal réseau d’industries mécaniques américaines, ou en tant que fondateur de la PH ? L’arche écossaise vous avait-elle manqué ?"

"C’est plutôt le soleil de Californie qui m’avait sacrément manqué lorsque je vivais ici… Et pour mon rôle, je te laisse choisir, très chère. Maintenant, si tu veux bien m’excuser."

Avec un nouveau grand sourire, Gearwheel ignora le reste des questions pour se diriger vers l’entrée du stade. Il arriva juste au début du spectacle, et même s’il n’avait officiellement pas été invité, on s’assura rapidement de lui trouver un siège bien placé dans la zone VIP. La présence d’Elias Dewey, même imprévue, était toujours fortement appréciée. D’autant qu’elle se faisait rare à Edimbourg ces dernières années, du moins officiellement. Il suivit d’un œil les deux spectacles de danses, appréciant plutôt la sublimation des corps plutôt que l’aspect artistique de la performance. Il nota également le ton assez distant des danseurs chinois, ce qui ne l’étonna finalement guère. Enfin, lorsque le show se termina, il applaudit vaguement durant quelques secondes tout en parcourant la loge du regard. Un sourire en coin apparut lorsqu’il trouva la personne qu’il cherchait, et il se leva d’un geste pour se diriger tranquillement vers Dastan. Sans même se soucier du fait que ce dernier était en pleine conversation, il arriva derrière lui avec calme, et balaya d’une jambe les pieds du directeur pour le faire basculer en arrière. Le rattrapant avant qu’il ne s’effondre à terre, Gearwheel adressa de haut un sourire mi amusé, mi charmeur à son ancien assistant et successeur.

"Salut gamin."
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Ven 10 Juin 2016 - 14:36
Plus la foule était dense, plus un don d'empathie pouvait à la fois se révéler une merveilleuse qualité et un terrible désavantage. Fort heureusement, dans le cas présent, c'était plutôt la qualité qui primait, l'humeur du public étant au beau fixe. Alors qu'il survolait le stade à la recherche de sa place, Castiel pouvait sentir la joie et l'enthousiasme des gens venus pour l'occasion, qui le portaient dans les airs presque aussi bien que les courants thermiques. Il était difficile de résister à un tel torrent d'émotions positives, aussi n'essaya-t-il même pas, préférant l'associer à sa propre joie. Il avait raté le signal d'ouverte, et les discours se terminaient déjà tandis qu'il amorçait sa descente. On avait toujours beaucoup à faire lorsqu'on cumulait autant de tâches, et celle de guérisseur lui assurait un emploi du temps plein de tout temps, festivités ou non. Il y avait toujours une cheville à redresse, une toux à guérir, ou simplement une visite à faire chez un vieil homme qui s'ennuyait seul chez lui depuis la mort de sa chère épouse. Et quand on y ajoutait son rôle de professeur à la Potential Home, et au foyer de miss Novak... Mais aujourd'hui, les élèves comme les enseignants étaient sûrement pour la plupart présent quelque part dans le public, et le foyer avait organisé une sortie rien que pour assister à l'événement.

Le ballet avait commencé quand il s'installa enfin, après avoir manqué trébucher dans bon nombre de sièges (et spectateurs, par la même occasion). Juste à temps pour contempler avec ravissement la grâce des artistes sur la piste, et pour s'émerveiller de cette adresse qui lui faisait décidément bien défaut. Le bonheur ambiant grimpait au fur et à mesure de la prestation, de même que le sourire de James, qui menaçait à tout instant de découper sa tête en deux au-dessus des oreilles s'il persistait à s'élargir ainsi. Il lui était tout simplement agréable de voir des êtres d'autant d'horizons se rassembler et s'unir pour partager un tel moment. Cela donnait plus que jamais de la foi à son positivisme naturel, persuadé que la bonne entente pour tous n'était, au fond, qu'une question de temps.

« J'en ai vu des foires, à l'époque, mais je dois reconnaître que celle-ci est plutôt impressionnante. Pour ce patelin, du moins. » commenta Jeremiah Smith. L'empreinte de son père adoptif -c'était ainsi qu'il dénommait son...esprit, son fantôme, ou son illusion, il n'en savait toujours guère plus- s'était montrée pour l'occasion, vêtue sur son trente-et-un avec sa plus belle cravate et ses plus belles guêtres d'époques, celle qu'il portait le dimanche lors des sermons, à l'époque de la guerre de sécession. Jeremiah prenait soin d'afficher l'air bougon qui était devenu sa marque de fabrique, comme s'il ne pouvait décemment pas se permettre d'être surpris en train de réellement apprécier quelque chose. Il était assis sur le siège d'à côté, à savoir qu'il occupait plus ou moins le même espace qu'un spectateur, ce qui avait toujours tendance à rendre Castiel un peu confus (il était difficile de tenir une conversation avec quelqu'un quand on était plus très sûr à qui appartenait les bras). Au-delà de ça, Castiel avait finalement réussi à s'habituer à la présence régulière de son père plutôt que de s'y opposer. Le vieil homme se révélait plus facile à vivre de son vivant, à croire que la mort avait tendance à vous rendre un peu plus humble. Et puis il n'allait quand même pas empêcher Jeremiah de profiter du spectacle. « 'sont un peu maigrelettes, ces donzelles qui s'agitent, quand même. De mon temps, on les appréciait quand même plus rondes, c'était mieux pour pondre les gamins. Et ces numéros élaborés, là, ça ne vaut pas les rondes sur fond de violon. Enfin bon, au moins c'est distrayant. »

Et les distractions n'étant pas légion quand on était incapable d'agir sur le monde solide, Jeremiah Smith se contentait de celles qui croisaient sa route avec l'avidité de l'assoiffé perdu dans le désert. Il aurait sans doute applaudi avec le reste s'il avait été capable de frapper ses mains l'une contre l'autre. Son fils ne s'en priva pas, s'efforçant de ne pas battre des ailes histoire de ne pas bousculer ses pauvres voisins ; il avait refusé de les cacher, pas pour une occasion pareille. Une fois la parade lancée, il se lança à la recherche de têtes connues, souhaitant partager un tel instant avec ses proches. Il aperçut Alex, plus loin, et se dirigea vers lui, son père sur les talons.

« Attention gamin ! » Mais comme souvent, l'avertissement de Jeremiah arriva trop tard pour contrecarrer la maladresse de son fils, qui s'était retourné un peu brusquement pour éviter des gamins qui courraient entre les gradins ; ce faisant, ses ailes firent basculer un jeune homme séduisant mais à l'air imbu de lui-même, qui tomba tête la première dans le seau de popcorns beurrés que tenait un autre spectateur. Bien emprunté, James se fendit d'un sourire d'excuse gêné mais sincère à l'adresse de la jeune femme que la victime avait eu à son bras.

« Je suis vraiment désolé, j'espère que votre ami n'a pas eu trop de mal... Ohlala, ça avait l'air d'être un beau costume... » se lamenta Castiel, qui portait pour sa part une simple chemise blanche, boutonnée de travers. Et ce n'était pas lui qui, inconscient de tout ce qui se rapprochait de près ou de loin de la pop-culture, qui allait réaliser de sitôt qu'il se retrouvait en présence de deux stars de cinéma, dont une qu'il avait précipitée dans le maïs...


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Sam 11 Juin 2016 - 9:57


« Heureux les yeux qui n'ont pas besoin d'illusion pour voir que le spectacle est grand. »


Kevin avait passé des heures dans sa salle de bain et sa chambre pour se préparer. Tous ses costumes étaient étalés sur son grand lit. Il se mettait une pression d’enfer car il avait un rencart. Oui vous avez bien lu, le jeune homme timide et haptophobe avait le premier rencart de sa vie ! Mylénia, la muse mythologique aux cheveux d’or, avait accepté de l’accompagner au spectacle d'ouverture de la nouvelle Exposition Universelle. Il avait eu deux places VIP grâce à la célèbre danseuse Nikiya, avec qui il avait noué un lien fort et mystérieux. Peut être d’ailleurs qu’elle s’y trouverait également. Le jeune homme n’était pas insensible au charme des deux femmes. Les deux l'attiraient mais pas de la même façon. C'était nouveau pour lui. Admiration, attirance physique ou sentiment amoureux, il ne savait pas encore mettre des mots sur ce qu’il ressentait.

Enfin, il se décida en choisissant une chemise bleue ciel et un costume gris foncé. Il renonça à mettre une cravate car il aurait l’air trop guindé avec. Il se coiffa soigneusement avec un peigne, content de l'effet de sa chevelure qu'il laissait pousser depuis peu. Au final un vrai bogoss, aux allures de mannequin ! Son père ne l'avait jamais vu aussi coquet et ne manqua pas de se moquer un peu de lui. Mais il était heureux de le voir ainsi.

Prenant un taxi, il partit rejoindre Mylénia. Au premier regard posé sur elle, les battements de son cœur accélérèrent ; ses joues rougissent ; et ses pupilles se dilatèrent.

Elle aurait pu choisir seulement de s’habiller avec une nappe qu’il l’aurait encore trouvée magnifique. La jeune femme avait le don de mettre le jeune homme quasiment en transe et de l’hypnotiser. Finalement, il savait peu de chose sur elle. Elle était mystérieuse, parfois distante ou tout l’inverse. Il avait encore en mémoire l’incident de l’hôpital où la jeune femme était venue le protéger du danger.

La phobie de Kevin n’était pas un secret, surtout au Potentiel Home. Par contre peu savait les raisons et encore moins connaissait le pouvoir de Kevin de lire dans les pensées par simple contact physique. Il était très discret sur le sujet. D’ailleurs, Kevin n’en avait toujours pas parlé à Mylénia. Il craignait sa réaction.

Mylénia put sentir la grande nervosité et l’angoisse du jeune homme lorsqu’il aperçut tout ce monde autour du stade. Fort heureusement, sa présence lui donnait courage de surpasser sa phobie. Le fait que ses places étaient VIP permit également d’éviter trop de fil d’attente et de contact physique. Il ne put cependant éviter certains journalistes qui le reconnurent. Depuis son agression, il avait acquis une certaine notoriété en devenant le jeune homme héroïque qui s’était interposé quasiment au prix de sa vie pour sauver un homme d’affaire et une jeune femme. Il répondit timidement à leurs questions pour s’en débarrasser au plus vite, notamment en les réconfortant sur son état de santé. D’ailleurs qu’il eut cru qu’il avait été à deux doigts de la mort ? Il rougit comme une tomate lorsqu’on lui demande si Mylénia était sa petite amie. Fort heureusement, il n’eut pas le temps de leur répondre. L’endroit ne manquait pas de stars pour attirer les journalistes vers une autre proie.

Le duo prit finalement place. Ils n’étaient pas très loin des loges d’honneur. Il eut un pincement en cœur en voyant le pdg allemand avancer sur le tapis rouge, compatissant pour son état physique. Il reconnut également l’aristocrate aux cheveux de neige qu’il avait rencontrée lors d’une exposition.

Le spectacle commença enfin. Kevin était comme un gosse qui va pour la première fois à une séance de cinéma. Tout l’émerveillait. Il applaudissait franchement et lâchait fréquemment des « Whaou ». Toutes ses angoisses avaient disparu. Son sourire lunaire resta figé du début à la fin du spectacle.

Il profita de l’entracte de 15 minutes pour aller leur chercher un rafraîchissement. C’est ainsi qu’il tomba nez à nez sur Dastan, le directeur du Potential Home. Quel heureux hasard !

- J’ai ADORE ! Magnifique !!! Je suis venu avec Mylénia qui a eu la gentillesse de m’accompagner. Je suis venu chercher des rafraîchissements. Est-ce que je compte aller voir le carnaval ?...

Kevin n’avait pas envisagé d’y aller, trop craintif face à autant de monde. Alors qu’il allait répondre à Dastan, il vit un homme venir agresser son directeur par une balayette. Il était à deux doigts d’intervenir quand il reconnut finalement qu’il s’agissait de l’un des fondateurs de l’école.



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Lun 13 Juin 2016 - 0:14



Suivant finalement les conseils avisés de Mme Richards, Sersen avait opté pour un complet en lin couleur caramel (en réalité un fil-à-fil de beige et de brun). Il avait décidé de se rendre à pieds à l'exposition universelle, afin de profiter de cette soirée printanière et de la température idéale du jour. Sa tenue restait sobre, mais il s’était tout de même muni d'une canne, dont la seule fonction était de lui fournir une contenance. L'objet était beau, et le pommeau en argent aux motif Art Déco était assorti aux boucles de ses chaussures impeccablement cirées pour l'occasion.

Aux abords du stade, la foule commença à se densifier. Évitant un groupe de familles massées devant ce qui devait être les sanitaires, à en juger par l'odeur, Sersen contourna le bâtiment à la recherche de l'entrée des loges VIP (il avait réussi, comme d'habitude pour les évènements auxquels il assistait et qui ne relevaient pas directement du domaine musical, à se procurer des billets gratuits et qui lui permettraient de rester à l’écart de la foule). Progressant d'un pas rythmé, il se fit tout d'un coup apostropher par un énergumène (c'est le premier mot qui lui vint à l'esprit pour qualifier le personnage qui venait de surgir devant lui) qui lui tendait un pamphlet de papier glacé, au texte écrit en lettres capitales aux couleurs criardes. Il ne lui fallut pas longtemps pour identifier cette personne comme étant un fanatique religieux.

"-Vous vous rendez à l'exposition universelle ? Vous ne vous souciez donc pas du salut de votre âme ? La vanité, le luxe, l'obscénité des corps et d'une musique décadente, voilà ce qui vous attend si vous pénétrez dans ce lieu de perdition !"

Comme à chaque fois qu'il se retrouvait confronté à des gens de cette espèce, il sentit un fort sentiment de dégoût lui monter jusqu'à l'arrière du nez. Il jeta un regard froid et méprisant sur la brochure pauvrement exécutée, puis sur l'homme aux arguments criards et utilisa le papier glacé pour racler consciencieusement une immondice qui avait eu l'outrecuidance de se coller à sa semelle. Remerciant l'homme pour ses avertissements, il lui signala que son âme était déjà plus que perdue (et pas seulement en raison de la décadence de la musique dont il se délectait) et lui rendit son papier avec un sourire bref et tranchant.

Trouvant finalement l'entrée de sa loge VIP, il se soumit de mauvaise grâce à la fouille corporelle dont il fit l'objet (non sans répondre "Mais évidemment. Faites attention au complet, il est neuf et le tissu le froisse facilement" d'un ton glacial à l'agent de sécurité, lui faisant bien sentir qu'un tel degré d'intimité avec un inconnu n'était pas dans ses habitudes) et prit place dans sa loge. Peu de têtes connues pour l'instant, tant mieux.

L'évènement s'ouvrit sur une musique orchestrale aux dimensions postromantiques. L'orchestre n'était pas mauvais, mais on sentait dans leur son propre et prudent que les musiciens n'avaient pas l'habitude de jouer ensemble. Ou pas envie. La pièce était cependant bien écrite, Sersen ne s'ennuya pas. La partie chorégraphiée, elle, fut introduite par un long solo langoureux de violoncelle.

"Pourquoi faut-il qu'ils choisissent toujours le violoncelle ? Trop de vibrato, les démanchés ne sont pas propres. Beau phrasé et de beaux graves, cependant."

Quelqu'un ricana quelque part dans la loge, Sersen avait dû parler à voix haute.

"Je crois que ça devient de plus en plus fréquent. Surveille ça."


Nouveau ricanement.

La partie dansée valait le détour. La magnificence des étoffes, la langueur des chorégraphies, la beauté de la musique... Il se surprit même à laisser traîner sur son visage un sourire de contentement quand Lotte Hoffmeister commença à se détacher du corps de ballet pour entamer ce qui se révéla être une variation aux accents à la fois douloureux et sensuels. Les chinois, quant à eux, étaient un peu moins captivants quand ils dansaient seuls mais la réunion des deux corps de ballet fut un des plus beaux moments du spectacle. La rigueur et la précision mécanique des asiatique donnait aux danseurs locaux le socle et la structure qui leur permettait de s'épancher en toutes confiance et sécurité. Une leçon de complémentarité artistique, comme si une ligne de basse continue écrite par Bach s'était soudainement parée d'un chant mélodieux imaginé par Chopin.

Une fois les applaudissements évanouis, Sersen se leva pour aller admirer de loin la suite des réjouissances. Il put en se levant toiser d'un regard désapprobateur la tenue d'un homme qu'il reconnut comme Elias Dewey, un des fondateurs de la Potential Home et dont la chemise commençait à déborder dangereusement du pantalon, alors qu'il n'avait même pas pris la peine de boutonner sa veste en se levant.

"Pourquoi ne pas directement retrousser tes manches, tant qu'à faire ?"

Alors que le jeune homme commençait à relever la manche droite de sa veste, Sersen s'en détourna avec agacement et aperçut le visage plaisant de Dahlia Anderson qui s'éloignait d'un jeune homme avachi dans son fauteuil, habillé en « fils à papa » et qui visiblement intériorisait ses émotions de la soirée en dormant profondément. Il la connaissait de loin, ayant suivi bien malgré lui sa carrière artistique, mais n'avait que peu de respect pour le personnage public qu’elle était. Elle se tourna vers lui au même instant, semblant chercher quelqu'un dans la foule, et Sersen lui décocha un sourire automatique accompagné d'un hochement de tête poli. Après tout, ils se connaissaient de vue, elle était cliente régulière des soirées privées du H20's, cela semblait approprié. Le mépris n'excluait pas la politesse.

"Par contre, le ricanement de tout à l'heure était probablement le sien."
Sersen
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Lun 13 Juin 2016 - 13:49
Aujourd'hui, l'arche bourdonnait d'activités festives en préparation de l'exposition universelle et du carnaval qui allait suivre. Et je n'allais certainement pas manquer l'événement. J'avais exceptionnellement fermé le diner, afin que Larry et Hernando puissent également profiter de la journée. Pour ma part, ce jour était d'autant plus important pour moi : en effet, il marquait le premier depuis bien longtemps où la Famille était réunie. Death était en ville depuis quelque temps déjà, et nous avions passé de longs moments à rattraper le temps perdu depuis. Destiny était arrivé ce matin-même, et il n'était pas venu seul. Une femme rousse l'accompagnait, et ma sœur et moi furent ravies de faire enfin sa connaissance. Emma Gladstone était une violoncelliste de renom qu'il avait rencontré à New Victoria, d'un caractère aimable et souriant. En plus de deux mille ans, c'était la première fois que notre frère affichait une inclinaison romantique, du moins en public, mais il ne semblait pas changé pour autant. Toujours impeccable dans son costume sur mesure, ses lunettes cerclées d'argent sur le nez, son expression neutre et indéchiffrable. Quant à Emma, elle semblait heureuse à ses côtés. Enfin, le membre le plus élusif de notre fratrie était également à Édimbourg pour l'occasion. Dream s'était réveillé pour la première fois depuis au moins un bon siècle, quittant la crypte de son sanctuaire en Irak et le monde des rêves qu'il affectionnait tant. Son costume était de qualité, mais ancien, et sentait encore vaguement la naphtaline. Mon frère observait le monde réel avec un intérêt poli ; il avait toujours préféré celui de ses rêves. Dans ce dernier, il avait droit à des spectacles bien plus fabuleux à ses yeux que celui auquel nous avions droit aujourd'hui, mais il n'était pas venu pour la danse, et encore moins pour le carnaval. Non, il était venu pour nous voir, parce que la Famille ne s'était pas vue depuis trop longtemps, et qu'il était bon de renouer le contact de temps en temps. J'étais heureuse de le voir, toujours reconnaissante de la brève vie qu'il m'avait permis de passer en tant qu'Angie. En fait, j'étais heureuse de les revoir tous les trois. Le spectre de Desire, disparue depuis si longtemps, planait sur notre rencontre, mais nous n'avions pas encore abordé le sujet. Nous aurons beaucoup à parler tous ensemble, mais voilà qui pouvait attendre encore un peu. Pour le moment, je comptais bien profiter de la fête en compagnie de mes proches.

Les danses étaient magnifiques, de même que la musique et les costumes, et j'avais l'impression que la joie environnante nourrissait mon pouvoir ; mes yeux et mes cheveux scintillaient au soleil, et je pouvais sentir l'effet euphorisant que je provoquais chez les spectateurs alentours. Voilà bien une facette de mes dons qui ne me dérangeait pas, et j'aurais volontiers accepté de rester Delight pour toujours. Peut-être que cela s'avérerait un jour possible, avec l'aide de Feuerbach...ou pas. L'espoir, voilà ce qui me faisait vivre plus que jamais, et je n'allais pas abandonner maintenant. Death applaudissait à tout rompre également, de même qu'Emma ; les deux s'entendaient déjà très bien. Death avait souvent cet effet sur les gens, comme s'ils retrouvaient une vieille amie depuis longtemps perdue de vue, mais qui vous mettait tout de suite à l'aise. Destiny applaudit calmement, sans manifester la moindre émotion, et sortit un carnet dans lequel il nota quelques lignes. Dream avait été bien plus fasciné par les réactions des spectateurs, et il avait passé plus de la moitié du spectacle à sonder les rêves éveillés qui se cachaient dans les subconscients. Je dus lui asséner une petite tape sur la tête pour le faire revenir à la réalité, la parade qui commençait ne réussissant même pas à attirer son attention. Le moment était venu de se rendre au carnaval, une activité que j'avais toujours affectionnée. Au fil des siècles, les membres de notre Famille avaient fréquenté de nombreuses fêtes foraines, parfois même tenant des stands où nous faisons usage de nos pouvoirs. Destiny prédisait des futurs possibles, Death des morts, je provoquais la joie et Dream lisait dans les rêves...

Tandis que nous cheminions dans le stade, en direction d'une sorte, je cherchais du regard des visages connus. Death avait déjà repéré Dahlia, qu'elle avait rencontrée à la soirée de Nikolas Cnossos, et qu'elle avait tout de suite beaucoup appréciée. Elle entraîna Emma et Destiny dans son sillage, un grand sourire sur les lèvres : « Bonjour Dahlia ! Oh, je crois que tu as perdu quelque chose... » Elle pointa du doigt un homme à terre, la tête plongée dans un seau à popcorns. Destiny, pour sa part, s'approcha d'un homme élégant, et je ne pus m'empêcher de les trouver semblables : tous deux tirés à quatre épingle, les expressions de leurs visages parfaitement maîtrisée, et l'air vaguement arrogant de ceux qui savaient sur le monde quelque chose que ce dernier était trop rustre pour comprendre. Ça, et la façon qu'ils avaient de regarder les gens jusqu'au moindre bouton de chemise, donnant à quiconque qui n'était pas parfaitement sapé l'impression qu'il n'était qu'un moins que rien dépourvue de manières.

« Monsieur Jensen. » le salua poliment Destiny. L'autre ne s'était pas présenté, mais mon frère savait ce genre de choses. « Je tenais à vous dire que j'appréciais grandement vos établissements. Ils donnent à ce monde par ailleurs dépareillé une certaine classe à laquelle il se devrait d'aspirer en toute circonstance. » Ce qui, de la bouche de mon frère, s'approchait du plus chaleureux et démonstratif des compliments. "Prenez cet homme débraillé, là-bas: ce n'est pas ainsi qu'on porte une chemise, et il me la mérite certainement pas. Si ça se trouve, il est même capable de porter des shorts." Visiblement déjà habituée, Emma ignora l'attitude de Destiny, - dont les lèvres s'étaient brièvement tordues de dégoût en prononcer le mot interdit - avant de les présenter tous deux, la violoncelliste se montrant bien plus sociable que son compagnon. Ceci dit, j'avais connu des brouettes plus sociables que Destiny... Pour ma part, j'aperçus Alex, et je me dirigeais aussitôt vers lui. Entre l'ouverture et la tenue de Chez Reggie, et ses responsabilités à l'école, nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de nous revoir depuis l'Australie. Il était en train de s'extirper d'une curieuse posture dans laquelle il avait été entraîné par un homme dont le visage me disait quelque chose ; de ceux qu'on avait sans doute aperçu dans un journal ou une émission quelconque. Un jeune homme à l'air enthousiaste était également présent, et je leur adressai à tous un grand sourire ; Charlie était sûrement dans les parages elle aussi, et je la cherchais du regard tandis que je saluais ce petit monde.

« Alex ! Je suis contente de te voir ! On n'a pas encore eu le temps de rattraper le temps perdu, toi et moi... Je suis Delight, une vieille amie du directeur. » me présentai-je aux autres, avant de tirer mon frère par le bras. « Et voici mon frère, Dream. »

« Enchanté. » dit-il poliment. Son regard croisa celui d'Alex, et il esquissa un sourire : « C'est agréable de vous rencontrer en personne. Je tenais à vous remercier de ce que vous avez fait pour ma sœur. »


La Famille & Emma Gladstone:
 
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Jeu 16 Juin 2016 - 20:23


Exposition universelle - partie I
L'exposition universelle. Elle a enfin ouvert ses portes. Moi qu'attendais ça depuis longtemps, je suis survoltée dès le petit matin. Première étape, le Carnaval. Déjà que dans l'idée ça me botte vachement, quand en plus on me dit qu'il y aura des stands de bouffe tous les deux mètres, mon excitatio-mètre dérape légèrement. Juste légèrement, au point de ressembler à un furet sous crack. Rien d'inhabituel, on me dirait, sauf que la c'est puissance 4. Et ça se transmet à mon entourage. C'est dire pour l'heure, un petit palmipède se dandinant en cercle derrière moi. Pourrait presque entrer dans le ballet qu'on est partis pour voir tout à l'heure s'il continue comme ça. Parce que oui, Charlotte Edgeworth va enfin voir son premier ballet! Je sais pas si ça me plaira mais après des années de refus catégorique des parents pour m'y trimballer, ça doit bien en valoir la peine, non ? Si c'est le même enthousiasme que certains étudiants de l'Ecole peuvent avoir face à leur foot, ça peut qu'être cool! Il faudrait que je m'entraîne à encourager tout pareil, d'ailleurs. Mais j'aurais qu'à suivre l'exemple d'Alex! Lui qui m'a gentiment proposé sa deuxième place pour me permettre de découvrir tout ça.

Mais encore faut-il qu'on puisse entrer, et c'est sur ça que je focalise toute mon énergie en trop. Parce que bon, Miguel n'est pas banal. Pour peu que le vigile soit un peu regardant, son plumage le trahirait. Alors j'imagine des stratagèmes. Le passer sous une des crinolines de Dalhia que je pourrais emprunter mais le pauvre chou étoufferait sous cette cage. Et je risquerai aussi de m'y encoubler, de quoi révéler la supercherie trop rapidement. Je tente donc plutôt de lui passer un t-shirt et une casquette multicolore visée sur le crâne mais c'est encore trop voyant. Il me faut quelque chose de sobre mais efficace. Réfléchissant, je tapote le bout de mon nez quand une idée vient. Et la, l'idée du siècle. Je débaroule dans la cafétéria à la recherche des garçons mais ils sont introuvable. Pourtant le petit Ange a laissé traîner exactement ce qu'il me fallait: son trench. Pour le reste, j'ai qu'à me laisser tomber sur le balcon d'Alex pour récupérer un Borsalino. Une fois sur le dos emplumé, l'illusion est parfaite. Les échasses se tenteraient bien mais déjà que sur des palmes, l'est pas forcément adroit, j'imagine pas. Pis faut dire, ramener son bec à hauteur d'homme serait risqué !

Des lunettes de soleil pour touche finale, et le voilà parfait. Avec ça, on est sûrs d'y arriver!

***

▬ Désolée Madame, pas d'animaux dans les loges. qu'il nous dit simplement, un sourcil arqué.

Comment il a fait pour le repérer sans lancer un regard au pingouin super-costumé, mystère. Le fait est qu'il fait deux fois ma taille alors inutile d'essayer de le courser, un palmipède sous le bras. Il doit y avoir une autre solution.

▬ Mais c'est un prodige! je me défends.

Je mens pas. Pas vraiment, après tout j'y mets pas la majuscule et Miguel est un prodige en son genre ! Jamais on a vu Pingouin plus évadé. Peut être même plus intelligent! Et qui dit que les Prodiges n'existent pas parmi eux aussi ? Si ça se trouve, c'est le premier de sa sorte ! Ou le premier que je capte, tout du moins. Pendant deux secondes je repasse en mémoire tous les coupains à fluff et autres, à la recherche d'autres prodiges probables, mais c'est pas trop le moment. J'ai un autre poisson sur la poêle! Et de taille, vu que le vigile fait toujours deux fois ma taille. Et qu'il est loin d'être coopératif. Alors je plante mes pieds sur le sol. Oui, je peux être têtue et je vais l'être. Je vais pas rater le ballet parce que monsieur est animalophobe! Je lève donc la main, tel un Jedi :

▬ Laisse-nous passer.

Pas de réaction, je recommence. Jamais deux sans trois, et le gardien commence à souffler. Semblerait que la force soit grande en lui pour me résister ! On tente des yeux doux avec Miguel mais rien à faire, son cœur est de pierre. Finalement il m'attrape par l'épaule pour m'amener jouer près de l'autoroute mais je sens cette zone chauffer alors que je souhaite qu'il change sa manière de penser. Et là, changement de discours. On peut passer. Mais il est déjà trop tard, le ballet est terminé. (Insulte désuète). Ce qui m'empêche pas de sauter sur Alex pour m'excuser. Vole derrière moi un petite robe que j'ai fait l'effort de porter. On m'a toujours dit que c'était bien habillé. C'est ce que j'avais de mieux. Mais la journée m'a prouvé que ça suffira sûrement !

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Sam 18 Juin 2016 - 1:33
Exposition Universelle - Partie 1

Lieu :

Scénario de groupe

Date de l'événement :

Juin 2016

Participants :

Scénario de groupe

Précédemment:

La vie est courte

A suivre:

Rencontre avec la danse



***



-Mademoiselle Hoffmeister...?

L'intéressée avait relevé la tête avant de quitter avec douceur sa position d'échauffement. Abandonnant les barres installées dans ces coulisses improvisées, elle s'approcha d'un pas souple de l'habilleuse qui l'avait interpelé, costume sous le bras.

Les mains posées sur les hanches, l'étoile se dandinait dans le bustier qui enserrait sa taille pour aider son corps à appréhender les baleines métalliques cachées dans les coutures. Elle effectua ensuite quelques mouvements, attrapant du regard son reflet dans un miroir un peu plus loin. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres maquillées, elle avait des airs de déesse mystique. Magnétique et intrigante. Son assurance s'en raffermit.

Plus que quelques minutes avant l'entrée sur scène...

Les perceptions de la ballerine en devenaient sélectives tandis qu'elle tentait de s'isoler de l'agitation et du trac ambiant en répétant mentalement quelque pas. Ses mains exécutaient les enchaînements les plus complexes, fermant les yeux pour visualiser les pas. Elle fit à peine attention la femme qui vint vérifier que son imposante tiare piquée dans sa coiffure savamment torsadée était correctement équilibrée et la remercia machinalement.

Cinq minutes.

L'appréhension se mélangeait maintenant à l'excitation. L'heure de sourire à un dernier selfie réalisé par un danseur et ami qui s'était glissé à ses côtés en lui murmurant un mot d'encouragement, puis passage obligatoire par la colophane. Elle n'entendit que le crissement du chausson de bois et de tissu contre la poudre jaunâtre, le silence concentré s'était installé dans les coulisses et, au "top" du régisseur, le corps de ballet s'élança sur scène.

Lotte devrait encore attendre un peu avant de les imiter. Son regard tomba sur les artistes chinois qui avaient pris grand soin de ne pas se mêler aux danseurs qui les avaient accueilli pendant un mois. Ils s'échauffaient dans un silence parfait, gardait une organisation et un calme à toute épreuve. À croire que le trac ne les atteignait pas.
A dire vrai, le travail avec les artistes extrême-orientaux ne s'était pas révélé des plus simple. Au delà d'une communication difficile, d'un répétiteur chinois censé parler anglais mais ne traduisant en mandarin que les informations qui l'intéressaient et une sorte de rivalité ambiante entre les deux corps de ballet, une ambiance étrange s'était installée d'elle-même. Barrière des cultures ou égos surdimensionnés, la troisième partie du ballet s'était révélée être un calvaire à mettre en œuvre. Et en plus de la distance glaciale des artistes chinois, leur étoile féminine s'était révélée être une peste doublée d'une diva, en sus d'arriver systématiquement en retard en chaque répétions et, accessoirement, d'être parfaitement insensible aux charmes de notre française.

Un régisseur s'était silencieusement placé à ses côtés. Dans quelques secondes elle aurait le signal pour entrer et se livrer à la scène.

***

Le tonnerre d'applaudissement la ramena sur terre. Sa cage thoracique se levait à un rythme rapide tandis qu'elle régulait sa respiration accélérée par l'effort. La joie au bord des lèvres, elle s'avançait, délicate jusqu'à la dernière révérence. Ses yeux parcouraient la foule, masse informe et noire, soudainement terriblement impressionnante. Jamais elle n'avait eut l'occasion de voir rassemblé autant de monde encore moins de danser pour eux.
La ballerine applaudit ensuite les danseur extrême-orientaux qui reçurent également leur dose d'ovation. Ils avaient su se montrer techniquement parfaits, mais à l'image de leur caractère, Nikiya était restée de marbre devant leur performance aseptisée.
Ils quittèrent finalement tous la scène. Dans les coulisses, la joie, la bonne humeur, les compliments et l'euphorie. Nikiya félicitait ses amis, remercia chaleureusement le chef qui avait fait une brève apparition, tout vêtu de noir. La tension était retombée, chacun commençait à quitter son costume, impatient d'aller rejoindre la suite de la fête. Beaucoup iraient à travers les rues pour le carnaval, d'autres rejoindraient des soirées privées, costumées et un peu délurées qui s'étaient organisées pour l'occasion.
Du côté chinois en revanche, toujours le même silence, les visages baissés et le répétiteur déblatérait en mandarin un discours sec et rapide.
Lotte s'était contenté d'un sourcil haussé avant de s'éclipser pour prendre une douche.

Elle s'était changée et arborait maintenant une robe mi-longue - une création des derniers défilées d'une maison de haute couture milanaise - qui s'accordait d'ailleurs à merveille avec un maquillage discret mais sophistiqué, elle avait également gardé sa coiffure -moins le diadème.
Elle avait ensuite demandé à être conduite dans les loges VIP du stade où elle savait déjà qu'elle aurait toute une flopée d'amis et de connaissances à saluer. Dans le dédale impersonnel du stade, elle restait pensive. Elle n'avait pas ouvert beaucoup la bouche et, malgré son sourire satisfait, elle semblait presque lointaine à toute cette liesse. Chaque représentation pouvait être la dernière, elle voulait en profiter, sentir, ressentir chaque parcelle de son corps après l'effort, comme une sorte de rituel bien particulier qu'elle seule pouvait connaître et apprécier. Et puis elle repensait à la chorégraphie, la satisfaction de l'avoir exécuté presque à la perfection, l'étrange pouvoir dont elle s'était sentit dotée à ce moment là, attirant à elle tous les regards. Pour un temps, elle avait été cette créature fabuleuse qu'elle incarnait, elle avait été autre chose, plus majestueuse, plus belle...

Mais voilà, elle était de retour dans la réalité et déjà elle entendait le brouhaha du stade, bien qu'étouffé par les loges privées.

Nikiya entra avec une assurance qui lui était si caractéristique, entre l'insouciance et le déterminisme. Elle attrapa au vol une coupe de Champagne qui passait sous ses yeux et y trempa les lèvres avant de se glisser parmi les convives privilégiés. Elle salua ici et là les visages connus, un sourire pleins de fraîcheur sur les lèvres - sourire qui ne laissait nullement deviner qu'elle avait dansée sur scène quelques instants plus tôt. Mais n'avait-elle pas un métabolisme incroyable ?

Elle repéra au premier coup d'œil le Duc et la Duchesse de Lampeduza, un couple qu'il était difficile de manquer. Lui, avec cette aura charismatique, d'un regard qu'il posait sur vous en balayant la foule il semblait vous susurrer au creux de l'oreille "Pourquoi ne m'apprécieriez-vous pas ?" et elle, avec cette prestance qui imposait le respect, cette présence dominatrice qui la donnait à craindre autant qu'à admirer. Elle salua à distance mari et femme d'un petit geste de la tête qu'elle accompagna en levant légèrement sa coupe. Elle savait qu'ils feraient le premier pas si le désir les prenait de venir la voir, elle se détourna donc. Après tout, la bienséance voulait qu'une jeune femme ne prenne ce genre d'initiative, d'autant plus avec un couple plus âgé. Et puis, elle avait quelques proies plus jeunes bien en vu...

Elle garda pour elle un soupire éperdu. Dalhia. Toujours entourée d'une petite cour, elle semblait déjà bien accaparée, distribuant ses sourires naïf de starlette. Nikiya remarqua également d'autres visages familiers, non loin. Kevin à qui elle avait offert des places, ainsi que sa petite amie -assomption totale- et quelques visages croisés à l'hôpital et sur qui elle ne mettait pas encore de noms. Mais soyons honnête, elle n'avait d'yeux que pour la belle, l'unique, la et à la fois nonchalante, miss Anderson. Elle remarqua qu'elle s'était de nouveau affublée d'une célébrité masculine comme on se pare d'un sac à main. Ceci dit, un sac à main possédait probablement plus de classe et d'intelligence que ce bougre là... C'était à se demander comment Dahlia pouvait seulement supporter la compagnie de pareils énergumènes. Et puisque l'on parlait de rôles, la ballerine eut une petite idée. Probablement portée par un élan euphorique et le champagne -elle avait déjà bu la moitié d'une coupe- elle se dirigea d'un pas plutôt décidé vers son ex. Voilà qui aurait de quoi alimenter les torchons people, Lotte allait de faire un plaisir de leur donner de quoi gaspiller un peu d'encre. Se glissant au côté de Persona, elle posa doucement une main sur son épaule :

-Dalhia, chérie, encore un nouvel amant ?! Pauvre sont les âmes que tu abandonnes ! Son ton doucereux se voulait un peu piquant. Oui, derrière sa pique se glissait une once d'amertume, le goût âpre de leur propre rupture.

-J'espère au moins qu'il te baise bien, parce que ce n'est pas par son intelligence qu'il semble briller ! Elle souriait très naturellement et pourtant la lueur dans son regard donnait en voir un mélange d'effronterie et de sincérité. Mais quoi !? Ce n'était qu'un jeu, pas de quoi se vexer et après tout, Persona aimait ça, jouer !

Et puis Lotte s'éclipsa comme elle était venue, dans un courant d'air. Elle papillonnait à droite à gauche, tantôt serrant des mains à des gens important qu'on lui présentait, saluant du chef des connaissances respectées, ou alors, sautant au cou d'amis proches. Mais elle ne restait jamais très longtemps avec les mêmes personnes. Elle était humeur volubile.

Un sourire un coin de posa sur ses lèvres tandis qu'elle aperçu une chevelure dorée. Elle se donna une constance et s'approcha de l'exquise Miranda. Probablement ne l'aurait-elle abordé si elle avait su tout ce qu'il y avait à savoir sur cette femme, ni même si elle l'avait su accompagné (ou plutôt, qu'elle accompagnait quelqu'un, mais c'était du pareil au même). Mais la danseuse avait cela d'insouciance :

-Bonsoir Miranda, comment vas-tu ? Je n'arrive pas à dire si je suis surprise de te voir ici. Le spectacle t'a plu ?
Nikiya
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Et v’la que je te fous la main sur le sein!
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Jeu 23 Juin 2016 - 23:48
pour les festivités

Elle s'était imaginée souffrante, endeuillée, déprimée ou encore fauchée, pour esquiver cette cérémonie ou plutôt pour s'excuser courtoisement de laisser son partenaire s'y rendre seul. Ce n'était pas tant les festivités en soit qui l'inquiétaient mais le trajet, leur tête à tête confiné entre quatre morceaux de taule, toute cette proximité qu'elle allait devoir partager avec lui. Plus encore que son aversion pour les bains de foule, la jeune femme semblait être socialement handicapée et profondément indisposée dans ce genre de circonstances intimistes. Après avoir jugé qu'elle ne pourrait trouver d'argument suffisamment cohérent et valable pour justifier son désistement tardif, elle passa les heures suivantes non plus à s'imaginer fiévreuse mais à mettre en scène tous les scénarios pouvant se présenter à eux. Elle tenta de trouver les meilleurs astuces, les meilleurs discutions pouvant leur assurer une conversation fluide et détendue, mais elle trouva bien souvent les sujets trop ennuyants ou trop fades. Parler du soleil et de la pluie n'allait les mener que jusqu'à la première intersection, sachant déjà qu'elle n'arriverait pas à lui faire de compliment sur sa tenue vestimentaire ni sur son élégance qu'elle pensait certaine, elle ne put compter sur cette solution pour combler les premiers blancs de gêne. Elle obligea son esprit à cesser de cogiter le temps de choisir sa robe de soirée car pour l'heure elle n'avait fait que vider sa penderie au bazar presque organisé. Les tissus étaient répandus sur son pardessus de lit et formaient un patchwork multicolore mal assorti. Trop voyant, trop sage, trop guindé, trop sexy, trop enfantin, les coupes, les matières, tout passa au peigne fin et chaque robe fut malmenée et lancée nerveusement dans le placard. Elles sautèrent malgré elles au fin fond et s'envolèrent dans un chant de dénigrement. La seule rescapée fut une robe blanche, plus épaisse que celles printanières, et moins lourde que celles de soirées mondaines. Elle la passa sur elle pour se souvenir de l'image qu'elle dégageait, se plaça devant le miroir de sa chambre et apprécia sa coupe longue. Le tissus la caressait avec souplesses et tombait vaporeusement sur la naissance de ses orteils. La sobriété du bustier dégageait ses épaules sans attirer les regards sur sa poitrine qu'elle trouvait suffisamment mise en valeur sans pour autant rendre son allure sensuelle. Simplement délicate et convenable, elle trouva cette mise en beauté acceptable et espérait qu'elle soit adaptée aux événements. Après plusieurs minutes à se battre avec son reflet inversé dans le miroir pour tenter d'attacher ses cheveux dans un chignon sciemment mal structuré, elle ôta toutes les pinces installées, préférant finalement mettre ses épaules et nuque à l’abri des regards sous ses nombreuses boucles blondes. Elle ne travailla pas son teint, et n'apporta une touche de couleur qu'à son regard anthracite et à ses lèvres pleine. C'est avec subtilité et parcimonie qu'elle joua avec la douceur de ses traits et leur harmonie pour s'embellir. Finalement satisfaite du résultat et heureuse d'avoir enfin trouvé l'objet de la prochaine conversation, elle attendit patiemment sur le seuil de la porte d'entrée quêtant les trajectoires des automobiles. Elle fut réellement déçue de le voir arriver en taxi car elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait plus compter sur sa trouvaille pour occuper l'espace sonore. La présence du chauffeur rendait impossible sa discutions car à défaut d'avoir su trouver quelque chose d’originale, Mylénia comptait revenir sur les derniers événements et sonder son ami sur les hypothétiques coupables. Elle savait cette discutions assez peu joyeuse mais c'était la seule qui aurait put lui permettre de se sentir à l'aise et de la rendre bavarde sans difficulté. Elle s'installa dans la voiture, se sentit immédiatement oppressée et bien idiote de trembler comme si il allait se jouer en cet instant précis quelque chose de capital et de déterminant. Elle força son esprit à relativiser et c'est finalement Kevin qui prit la parole en premier. Elle n'osa pas le détailler et resta simplement dans ses yeux, trouvant au fond de ses prunelles un quelque chose d'un brun satisfait qui flatta son ego. Ils parlèrent finalement de la cérémonie et elle lui confia ses inexpériences en la matière, et les spectacles auxquels elle souhaitait assister pour tout compte fait conclure que ses yeux se ravissaient de tout et qu'elle savait apprécier tous les arts qu'ils soient plus anciens ou innovants.


Aux premiers silences elle attrapa son téléphone portable et se plongea dans la rédaction frénétique d'un message. Soucieuse cependant de ne pas être assimilée à une femme grossière, elle lui précisa qu'il était destinée à Isil, sa grand mère. Elle dressa son portait dans un sourire chaleureux tout en lui décrivant à quel point elle était une vieille dame alarmiste et maternante. Elle ne savait si il était suffisamment vif d'esprit pour saisir la différence d'intonation dans son phrasé car si la nuance était mince elle avait toute son importance, elle prononçait son prénom avec ce ton presque solennelle, de quoi donc saisir la grandeur de leur lien et leur profondeur. Si ''Isil'' s’échappait souvent des lèvres de la jeune muse, celui de sa mère ne s'était jamais élevé dans les airs. Un mince détail distillé et noyé dans un bain de banalité. Elle avait avertit de son programme bien avant son départ et avait déjà renvoyé un sms récapitulatif du déroulement de la soirée, mais si celui ci n'avait aucune réelle utilité, il lui permit au moins d'occuper ses mains et de relancer la conversation avec plus de légèreté. Elle raconta quelques anecdotes à leurs propos, chose qu'elle faisait très peu mais elle semblait préférer se livrer davantage plutôt de risquer de passer pour une cavalière ennuyeuse.


Enfin il arrivèrent, à l'instant même ou elle entendit et fut confrontée à l'immensité de la foule elle regretta le petit inconfort vécue dans l'automobile. Finalement elle ne savait pas ce qu'elle craignait le plus, cette effervescence ou leurs silences. Elle tarda à descendre de la voiture, son hésitation passa probablement pour de la délicatesse féminine, lui fit le tour pour lui ouvrir la portière tandis qu'elle regardait farouchement les éclats des appareils, les robes et tout ces autres suffocants dans la masse. Elle lui tendit le main, et entrelaça ses doigts entre les siens pour ne pas le perdre. Mylènia avança dans la foule avec une étrangeté qui ne pouvait passer inaperçue. Malgré sa tenue habillé, ses hauts talons et son joli maquillage, son allure dénotait cruellement. Elle n'avait rien de mondain, sur le qui-vive elle évoluait comme un félin en terre hostile, jugeant tout ses prédateurs et repérant toutes les issus pouvant lui assurer une fuite efficace et rapide. Elle ne maîtrisait rien, ni son style ni son image, elle représentait le sauvage et l'inaltéré. À la fois brute et faite d'une esquisse dentelle, son aura se répandait comme jamais. Le stress ressentit éveilla ses instincts primaires et excita ce flux impalpable qui devint omniprésent. Incapable de retenir tous les visages et d'observer convenable tout ces hypothétiques agresseurs, elle se laissa entraîner par son compagnon sans plus parler, toujours dans le mince espoir de ne manquer aucun détail pouvant mettre mal sa survit. Ce n'est qu'une fois après avoir regagné leur place de privilégier que son cœur cessa de frapper trop fortement dans sa poitrine. Elle savait ses chances minces si des extrémistes ou des terroristes choisissaient d'attaquer leur rassemblement, elle ne su totalement vaincre cette angoisse mais ses yeux réussirent tout de même à s'extasier des beautés des représentations et des spectacles. Elle contrôlait régulièrement l'atmosphère de la foule, jetant des regards inquiets aux gradins plus agités mais au fur et à mesure de la cérémonie ses sens se laissèrent lentement happés et prirent grand plaisir. Elle échangea plusieurs sourires satisfaits et réjouis à son camarade de place, et glissa un merci au creux de son oreille pour lui partager son contentement. À l'entracte, il fila trop rapidement pour elle, elle eut à peine le temps de récupérer sa pochette et de glisser la chaînette sur son épaule frêle, que déjà il fut déjà absorbé entre deux robes guimauves et disparu entre les paillettes et les sequins des suivantes. Elle se faufila entre les spectateurs et tenta au mieux de n'en toucher aucun mais se fut peine perdu et le contact avec ces inconnus lui tira plus d'une grimace d'inconfort. Les remarques véhémente d'un homme au visage étranger attira son attention et lui fit froncer les sourcils. Elle n'avait pas imaginé croiser un spectateur aussi mécontent, elle le pensa forcément expert en la matière et se réjouie de n'être d'une novice car visiblement il était bien plus aisé de prendre plaisir dans son cas que dans le sien. Son regard se posa sur lui plus longtemps que la bienséance ne le recommandait. Elle le suivit des yeux, silencieuse, détaillant ses traits et le sondant sans retenue. Ce qui pouvait paraître pour de l'insolence n'était que le fruit de sa spontanéité déconcertante. Elle regardait ce qui lui plaisait, ce qu'il l’interpellait, aussi longtemps et aussi profondément qu'elle le désirait. Une inconvenance sociale, sûrement grossière mais bien trop tenace et naturel pour qu'elle puisse s'en défaire. Enfin elle se glissa jusqu'à Kevin, elle coupa court à la discutions qu'il menait, ne pouvant totalement gérer sa tension, elle ne su patienter davantage pour lui signifier sa détresse.


-On ne devrait pas être ici. Tout ceci est une très mauvaise idée. Tout ces gens. C'est... Dit-elle effrayée.

Elle en oublia la courtoisie d'usage, sauta les salutations que l'on attendait, et s'adressa directement à leur référent.


-Notre sécurité devrait prévaloir sur notre plaisir. Déclarât-t-elle à Dastan.


Elle tourna sur elle même non pour faire apprécier la qualité de son tissus mais pour chercher un nouveau point d'horizon. Elle savait qu'elle regretterait, qu'un malheur allait nécessairement survenir et qu'elle manquerait d'identifier les indices.


-On devrait rentrer. Tu ne devrais pas te permettre ce genre de chose. Tu... ils connaissent ton visage, mois je... c'est cette foule, je n'aime pas l'idée mais ça n'a rien avoir avec... enfin avec notre race, c'est... pas sécurisant pour moi mais pour toi c'est inconscient, ce n'est pas une bonne idée, tu devrais rentrer je crois. Finit-elle par suggérer à Kevin.
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Jeu 30 Juin 2016 - 19:03



Ce n'était pas le fait de se montrer aux yeux du monde qui faisait venir le Duc à ce genre d'événement, non, ce qu'il préférait, c'était voir comment les autres pouvaient s'en sortir sous les feux des projecteurs. Après tout, lui n'avait qu'à lever un sourcil, avoir un petit sourire en coin, simplement entrer dans une pièce, pour que sa présence soit remarquée et appréciée. La facilité de son don, n'est-ce pas? Mais il ne s'en plaignait pas. Tout ceci l'amusait, comme le Diable qu'il était.

Son regard scrutait les rues déjà bondées de monde, prêtes à recevoir le carnaval et ses festivités pour la soirée. Mais il fallait d'abord commencer par l'officiel. Il ne serait pas contre, ensuite, se glisser dans les rues, avec la plèbe, pour simplement profiter de la fête. Il était de ces hommes de haute noblesse, qui appréciaient particulièrement de ne surtout pas aller là où on l'attendait le plus. Après tout, c'était dans les pubs des quartiers les plus malsains de Rome, qu'il s'était le plus amusé. A une époque.

L'attention de l'homme fût attirée par son épouse.


- Vous savez bien qu'ils se doivent d'impressionner les foules. Que serait le peuple sans un peu de fioriture. D'un air complice. Vous souvenez-vous du nom de l'hôtel? A croire qu'ils pensaient tous deux à la même chose.

Un petit sourire charmeur marqua le plaisir d'entendre le compliment, il prit alors doucement la main de son épouse pour y déposer un chaste baiser.


- Et vous êtes à damner à Saint, mi amor. Ses paroles n'étaient pas jetées ainsi, pour lui faire plaisir. Il y croyait dur comme fer. S'il devait représenter le Diable, il avait la plus belle des Reines à ses côtés.

Le Duc sortit le premier de la voiture, pour ensuite tendre la main à sa compagne, afin de l'aider. Derrière ses lunettes de soleil noires, il scrutait les photographes qui les aveuglaient de leurs flashs. Si aux premiers temps, il avait pu être déstabilisé, ce n'était plus vraiment le cas. Il y prenait même plaisir. Il y avait quelque chose d'amusant à faire ces tapis rouges. D'un sourire qu'il faisait devenir plus charmeur encore, il saluait ceux qui l'appelait, se prêtant au jeu de la pose. Pourquoi s'en priver? Mais tout comme Nikolas, il ne portait rien de très ostentatoire. Un costume sombre, dont la chemise était ouverte, ainsi qu'une écharpe négligemment posée autour de son cou. Il ne lui en fallait pas beaucoup plus, pour charmer son monde, il pouvait parfaitement l'entendre, aux pensées de ces dames.

Le peintre profita de ce moment pour saluer quelques connaissances, avant de suivre son épouse jusqu'à leur loge. S'asseyant à sa place, il posa tranquillement un bras le long du dossier de la chaise de son épouse, après avoir relevé ses lunettes dans ses cheveux. Il n'avait pas la droiture de sa duchesse, pourtant, il avait tout autant de classe.


- Il ne m'a pas prévenu. Peut-être passera-t-il plus tard.
Il jeta un regard à son téléphone pour voir si quelqu'un avait tenté de le joindre. Mais rien. De plus, il ne suivait pas les faits et gestes de sa fratrie.

Le spectacle était alors dans l'arène et Lampeduza le suivit d'un regard intéressé, comme toujours lors de ballet, c'était les corps et leur façon de bouger qui l'intéressait le plus. Surtout celui des femmes, bien évidement. Il avait aussi écouté les discours avec intérêt, trouvant toujours que la politique ne valait pas mieux, finalement, que ses affaires moins légitimes. Une belle brochette d'hypocrite. Mais il savait parfaitement l'être aussi. Il resta assis pour les applaudissements, il ne se levait que quand les spectacles le remuaient au plus profond.

Puis se redressa tranquillement, observant la masse sortir du stade, petit à petit. Comme des fourmis. Comme quoi... donnez-leur du pain et des jeux et le peuple oubliera tous ses tracas. Encore une preuve que cela marchait.


- Était-ce moins tape-à-l’œil pour vous? Ces chinois sont impressionnants... d'une froideur à toute épreuve! Riant un peu. Faisons cela. Je ne vais pas supporter les ronds de jambe encore longtemps. Lui offrant son bras. Et il me tarde de danser!

Vito pouvait parfois avoir l'air d'un gamin. Surtout avec le petit air malin qui s'affichait sur son visage. Pourquoi ne pas profiter des festivités comme tout le monde? La loge VIP l'était bien trop, ça ne collait pas avec l'ambiance d'un tel événement. Pourtant, son regard félin croisa celui de la jeune étoile, qu'ils avaient invités à manger quelques jours plus tôt. Un simple mouvement de la tête, lui rendit son salut. Peut-être aurait-il envie de jouer ce soir... s'ils se recroisaient dans les rues d’Édimbourg.
Beleth
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