Every spring is the only spring || Solaris

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Sam 23 Avr 2016 - 21:34



« Every spring is the only spring, a perpetual astonishment. »
Ellis Peters

D’un geste habitué, comme si je me trouvais chez moi, j’ouvris le frigo de la cuisine du foyer et en sorti une bouteille d’eau fraîche. Je l’ouvris tout en me dirigeant vers la véranda qui donnait sur le jardin, et m’arrêtais pour contempler les premières manifestations du printemps. La propriété de la villa était immense, et le parc s’était largement devant moi. Des chemins étaient visibles, zigzaguant entre les différents arbres, dont certains commençaient à être en fleur. Un magnolia, non loin du petit lac, était particulièrement impressionnant, avec ses couleurs pâles et sa floraison imposante mais malgré tout reposante. Il s’en dégageait une certaine sérénité que ni la –courte- durée de ses fleurs, ni les frimas du climat écossais ne parvenaient à altérer.

C’était un arbre auquel je m’identifiais passablement, et aussi étrange que cela puisse paraître. Il était l’un des premiers à fleurir, alors même que les températures peinent encore à remonter. Un arbre précoce, jeté rapidement dans le combat de la vie. Et l’un des premiers à faner, en toute logique. Mais d’un autre côté, il correspondait exactement à l’idée que je me faisais de l’élégance et de la beauté, même si placé sous les projecteurs de manière trop rapide. Mais malgré sa délicatesse et la féminité de ses fleurs, c’était un arbre robuste, que l’on retrouvait partout autour du monde. Si je devais aspirer à quelque chose, c’était sans doute à atteindre ce même état de grâce, serein, parfait équilibre entre l’éphémère et la beauté, et robuste malgré les épreuves.

Buvant petit à petit mon eau, je laissais mes pensées vagabonder. Venir dans ce foyer me procurait une pause bienvenue dans mon quotidien, alors que je n’avais ici à jouer aucun rôle. Si ce n’était celui de la fille de la propriétaire, ou de l’une des principales contributrices de la fondation qui gérait l’endroit. Même si elles étaient souvent impressionnées de prime abord, les femmes qui vivaient ici se rendaient rapidement compte que j’étais une personne comme les autres, malgré la célébrité. Et de toute manière, elles avaient chacune bien d’autres choses à faire. Les raisons qui amenaient les pensionnaires de la villa en ces lieux n’étaient jamais très joyeuses, et bien souvent, elles devaient reconstruire toute leur existence après des expériences passablement traumatisantes.

Je prévoyais toujours du temps pour venir ici, passer du temps en leur compagnie et prendre de leurs nouvelles. Et puis, malgré les horreurs qu’avaient vécues certaines, l’ambiance était ici particulièrement calme et sereine. Propre à la guérison, ou à la méditation. Aujourd’hui, j’étais venue pour suivre le cours de Yoga hebdomadaire du foyer. En témoignait la tenue légère et confortable que je portais encore, un simple legging et un T-shirt blanc. Ce n’avait pas été une simple obligation de présence, car j’appréciais ces moments qui me rappelaient par instant mon séjour sur les arches du Japon et mes séances de méditation là-bas.

Tout ici me rappelait ce qu’aurait pu être une existence tranquille et paisible, que j’aurais volontiers embrassé si ma vie avait pris d’autres tournants par le passé. Mais je n’éprouvais cependant pas de regrets, ayant choisi moi-même mon destin, malgré les circonstances. Je savais que ce que je faisais était nécessaire, et que si je ne le faisais pas, il n’y aurait sans doute personne pour le faire. Et puis, d’une certaine manière, ma vie actuelle connaissait quelques îlots de tranquillité. Comme ici. Des endroits où je parvenais à oublier missions, spectacles, interviews, souvenir douloureux. Un endroit où j’arrivais tout simplement à vivre dans le présent.

Trop peut-être, car je me perdis dans mes pensées jusqu’à-ce que Riku, l’intendante du foyer, ne vienne m’interrompre pour me dire que mon invitée était arrivée. Je hochai simplement la tête, avant de la suivre jusque dans le hall d’entrée. Je remarquais immédiatement la présence de la jeune femme que j’avais invitée, et le choix de ce calme endroit n’était pas anodin.

"Bonjour Amelia." Je lui offris un léger sourire accueillant, avant d’esquisser un geste dans la direction de laquelle je venais d’arriver. "Je te propose qu’on aille sur la véranda, on y sera tranquille. Veux-tu quelque chose à boire ?"

J’attendis la commande de la militaire, avant de commander une théière de thé vert à Riku, qui s’éclipsa après un léger salut. J’invitais ensuite Amelia à me suivre.

"Je ne sais plus si je t’ai déjà expliqué quel était cet endroit ?" J’espère que le choix ne te dérangera pas. Tout en marchant, je me tournais vers mon interlocutrice pour lui adresser un nouveau petit sourire. Puis, arrivant dans la véranda, je l’invitais à prendre place sur une petite table ronde de laquelle on pouvait avoir l’une des meilleures vues sur le jardin. Prenant ensuite place, je lui demandais directement, mais avec calme : "Alors, comment ça se passe ? Ton travail ? Le reste ?"
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Lun 25 Avr 2016 - 13:15
Le VAP filait au-dessus de la route, à la limite de la vitesse de circulation autorisée. Amelia n'en était pas inquiète, d'autant qu'elle avait pleinement confiance dans les capacités d'Alexis pour les mener à bon port. Sa compagne était une pilote d'exception, et elle pouvait compter sur elle pour ne pas enfreindre le règlement malgré son amour de la vitesse. Lexy avait beau avoir une fâcheuse tendance à se montrer un peu trop casse-cou au goût d'Amelia, elle se montrait toujours plus prudente lorsqu'elle avait des passagers. Ce qui était le plus impressionnant, c'était qu'elle n'avait même pas besoin de regarder ses instruments de vol pour réguler sa vitesse ; c'était comme si elle savait instinctivement jusqu'où pousser ses moteurs, se fiant à un indicateur interne bien plus fiable que n'importe quelle machine. Elle avait le pilotage dans le sang, et Amelia n'aurait pas pu être plus fière d'elle qu'elle ne l'était déjà. Il ne lui restait plus qu'à faire preuve d'un peu plus de discipline pour voir son rêve de devenir pilote de chasse se réaliser. D'autant que son adresse ne se limitait pas à ses capacités de pilote ; elle savait également s'occuper de ses véhicules. Celui-ci, elle l'avait en grande partie montée elle-même, récupérant des pièces ici et là pour le personnaliser un peu plus au fil du temps. Elle disait que l'engin avait une âme, et Amelia le croyait volontiers. Après tout, elle-même avait pensé la même chose de Nessie, la frégate sur laquelle elle avait longtemps servi. Aucun vaisseau n'était juste un vaisseau. On le découvrait vite, et on apprenait à le respecter. Amelia laissait peu de place au mystique dans son existence ordonnée, mais c'était bien là quelque chose qu'elle n'aurait jamais imaginer mettre en doute.

Alexis était venue la récupérer après un entraînement d'escrime. Amelia en avait plusieurs dans la semaine, et aimait varier les armes comme les méthodes. Elle pratiquait ce sport depuis son enfance, et elle n'avait jamais cessé de s'y adonner, même lorsqu'elle avait croulé sous le travail et les devoirs à l'académie de la flotte. Avec le violon, c'était un de ses échappatoires les plus précieux, une manière pour elle de focaliser l'entier de son esprit sur une seule tâche, sans laisser de place à la moindre de ses angoisses. La séance du jour avait été satisfaisante, aussi bien sur le plan mental que physique. Elle s'était bien dépensée, et elle sentait qu'elle progressait dans la nouvelle variante du kendo qu'elle avait décidé d'explorer. Elle y trouvait un apaisement encore plus entier, et une philosophie qu'elle appréciait. Son sensei n'y était pas allé de main morte, et elle sentait déjà les crampes, mais elle se sentait bien. Le temps de prendre une douche et de se changer, Alexis était arrivée. Amelia avait opté pour une simple chemise rouge et noire à carreaux, et une paire de jeans. Elle se sentait toujours vaguement mal à l'aise lorsqu'elle n'était pas en uniforme, qui plaisait à sa volonté de conformité. Mais elle ne pouvait le porter en permanence, encore moins lorsqu'elle était en civil. Elle avait laissé ses cheveux lâches, encore légèrement humides après la douche.

« Nous y voilà ! »
lança Lexy tandis qu'elle garait le VAP avec adresse non loin de l'entrée qui menait à la villa.

« C'est bien aimable. Combien vous dois-je ? »

« Un baiser ? »

« Seulement ? Les prix baissent, ma parole. »

Amelia se pencha pour embrasser sa campagne. Puis elle ouvrit sa portière pour sortir au grand air, laissant son sac de sport sur la banquette ; elle n'en aurait plus besoin aujourd'hui.

« C'est parce que je te ferai payer la taxe plus tard. » l'avertit joyeusement Lexy. « Amuse toi bien, à ce soir ! »

« A ce soir. »

Elle agita la main à l'adresse de la jeune femme qui redécollait, y ajoutant un sourire. Elle suivit le véhicule des yeux un instant, et se dirigea ensuite vers la villa. Une fois n'est pas coutume, le lieutenant se sentait relativement détendue, même si elle dût s'y reprendre à deux fois pour franchir le pallier, pied droit en avant. Le premier essai ne lui avait pas paru concluant, mais le second lui avait procuré un ressenti bien meilleur. Elle fut accueille par une femme qui se présenta en tant qu'intendante, et attendit que Dahlia vienne la réceptionner. Amelia se réjouissait de revoir cette femme qu'elle en était venue à considérer comme une amie. Elles s'étaient rencontrées au cours d'une représentation à l'opéra, et s'étaient croisées plusieurs fois à un événement ou un autre. Caine ne se liait pas toujours très facilement avec les autres, en raison de son caractère réservé et de ses manies compliquées, mais Dahlia avait su voir au-delà et arrivait à la faire se sentir à l'aise. Aussi lui adressa-t-elle un franc sourire lorsqu'elle vint à sa rencontre.

« Bonjour Dahlia. Je suis heureuse de te revoir. » Elle lu emboîta pas le pas, et ne réfléchit pas longtemps à ce qu'elle souhaitait boire. « Je ne serais pas contre un peu de thé à la menthe, si c'est possible. » Guère de surprise ici ; Amelia consommait du thé en quantité industrielle, et en prendrait sans doute en intraveineuse si cela était possible.

L'officier s'installa à la suite de son hôtesse, et prit le temps d'observer les alentours. Elle était saisie par le calme et la beauté du lieu, qui dégageait quelque chose de profondément paisible et serein. Le silence y était doux plutôt que pesant, et on s'y sentait instinctivement à l'aise. Le jardin était magnifique, coloré et bien entretenu. De la véranda, la vue était superbe, et Amelia se dit bien que son amie n'avait pas choisi cet endroit par hasard.

« Je te remercie de m'accueillir, cet endroit est splendide. Je crois savoir qu'il s'agit d'une sorte de foyer pour celles qui en ont besoin, mais au-delà de ça je ne connais pas les détails. Je serais ravie que tu me l'explique, ça m'intéresse d'en savoir plus. » Elle sourit à nouveau, puis : « Et bien, cela se passe. Disons qu'il y a des jours meilleurs que d'autres, mais dans l'ensemble je n'ai pas trop à me plaindre. Aujourd'hui est un bon jour, par exemple. Pour le reste... Maintenant que je suis passée lieutenant de vaisseau, je n'ai plus qu'à m'occuper de l'administratif en attendant mon premier commandement. »

Amelia s'assombrit légèrement à ces mots, ne sachant toujours pas quoi penser de ce développement. Sa fierté d'avoir été promue aussi jeune -et à un poste aussi prestigieux- se disputait à la honte qu'elle ressentait encore en repensant aux circonstances du combat qui lui avait fait gagner ses galons. Tout le monde ou presque avait beau lui dire qu'elle avait de son mieux, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que cela n'avait pas été assez. Surtout quand elles pensaient aux vies perdues qu'elle aurait peut-être pu sauver si elle avait réagi plus vite, si ses ordres avaient été meilleures, si... C'était le problèmes, avec les si ; ils vous accompagnaient sans que vous ne puissiez jamais vraiment vous en débarrasser. Elle s'efforça de chasser ses sombres pensées, pour se concentrer sur Dahlia.

« Et toi, comment vas-tu ? Sur quoi travailles-tu, en ce moment? »
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Jeu 19 Mai 2016 - 13:45
Amelia était une personne que l’on pouvait difficilement manquer, du moins dans ma situation. Elle a d’emblée attiré mon attention lors de notre rencontre, à l’opéra, sans doute parce qu’inconsciemment elle ne ressemblait à aucune personne que j’avais l’habitude de voir dans ce genre d’événements. Ce qui explique sans doute pourquoi je m’étais naturellement tournée vers elle, et de fil en aiguille, non seulement mon instinct s’est avéré exact, mais nous nous sommes également bien entendue. L’alchimie s’était faite assez naturellement. Je ne savais pas si c’était son caractère militaire, sa complexité ou certaines ressemblances qui m’avaient intrigués de prime abord, mais désormais j’appréciais simplement sa compagnie et ses discussions.

Accueillant la jeune femme avec un léger sourire, je hochais la tête et me tournai vers Riku pour demander le thé à la menthe de mon invitée avec ma propre commande. L’intendante de la maison possédaient de nombreuses qualités –donc certaines parfois surprenantes ou nécessaires au regard des spécificités de l’endroit-, et parmi celles-ci se trouvaient la capacité à préparer des thés à la perfection. Plus secondaire, mais tout aussi essentiel.

J’invitais ensuite Amelia à me suivre vers la véranda, la laissant profiter de la vue tout en prenant place à la table.

"Tout le plaisir est pour moi." répondis-je simplement avec un nouveau sourire. Concernant le foyer, je hochai la tête en signe d’acquiescement. "C’est ça. L’endroit a été créé par ma mère pour accueillir des femmes et leur famille, dans des situations parfois très précaires. Le but est de leur fournir un logement provisoire, et des moyens pour se reposer et se réinsérer dans la société après des événements difficiles ou traumatisants. Les séjours sont plus ou moins longs selon les personnes, mais on essaie de faire un suivi personnel et de leur garantir une stabilité, un soutien et une sécurité qu’elles n’ont pas toujours eus."

Et par la force des choses, je m’étais trouvé embarquée dans le projet en arrivant à Edimbourg, après avoir retrouvé Ellen. J’avais toujours un peu de peine à réellement la considérer comme ma mère, mais ce n’était pas surprenant, et je me doutais bien que c’était quelque chose qui prendrait du temps. De toute manière, Ellen avait une drôle de manière de montrer son affection maternelle. Mais quoi qu’il en soit, elle m’avait simplement suggérée de me joindre à ce foyer, et j’avais spontanément accepté. C’était après tout une cause qui me tenait à cœur, et un des rares points communs que j’avais avec ma génitrice. Du mois, à ma connaissance.

J’écoutais avec attention mon interlocutrice me raconter comment elle se sentait ces jours, sachant que ce n’était pas toujours évident pour elle. Dans sa vie professionnelle comme privée. Je remarquai son expression peu enjouée à la mention de son nouveau travail, mais laissais quelques instants de silence, me contentant simplement d’afficher un visage plus neutre et concentré. Riku arriva sans bruit avec le thé, deux grandes théières et des petites coupes en céramiques sur un petit chariot. Elle déposa le tout sur la table, puis s’inclina avant de repartir tout aussi silencieusement, nous laissant à peine le temps de la remercier. Comme d’habitude.

"Et… comment ressens-tu cette promotion ? Cela demande plus de responsabilités, je suppose…" répondis-je enfin avec prudence, en me servant un peu de thé. Je ne doutais pas qu’elle ait reçu le poste parce qu’elle le méritait, ou du moins parce qu’on estimait qu’elle le méritait. Mais cela n’empêchait pas le sentiment de se sentir illégitime, surtout quand il s’agissait de fonctions aussi importantes et parfois difficiles. Et avoir un avis objectif sur soi-même n’était malheureusement pas aisé. En parler pouvait peut-être aider, mais cette décision lui appartenait et je n’allais la forcer à rien. Mais dans le cas contraire, je répondais bien évidemment présente.

"Les choses importantes vont bien, comme on dit. J’ai pas mal de boulot, surtout en prévision de l’exposition universelle. Des soirées, des prestations, des dîners… On risque d’ailleurs peut-être de se croiser à plusieurs reprises." Je bus une gorgée de mon thé, avant d’ajouter avec un sourire joueur : "Ai-je bien reconnu le bruit d’un VAP arrivant à grande vitesse tout à l’heure ?"

Mon propre véhicule attendait dans le garage de la résidence, et je ne manquais jamais de noter ceux des autres. Que cela soit un véhicule aérien, ou une grosse cylindrée ; mes moyens de locomotion étaient un constant sujet de discorde entre ma mère et moi. Mais même si j’avais peu l’occasion de me promener par moi-même sur l’un de ces engins, je saisissais la moindre occasion de le faire, sans aucun état d’âme quant aux inquiétudes d’Ellen. Le sentiment de liberté était tout simplement inégalable et enivrant, impossible de m’en passer.
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Mar 24 Mai 2016 - 13:26
Amelia Caine était reconnaissante à Dahlia de l'avoir abordée lors de cette rencontre à l'opéra, quelque temps auparavant. Elle avait tout de suite su l'aider à se sentir plus à l'aise, et s'était révélée être une personne avec qui il était facile de parler. Amelia avait toujours eu de la peine à nouer des liens, se retirant derrière des barrières qu'elle avait toutes les difficultés du monde à franchir. Même au sein de la flotte, elle avait peu d'amis proches. Elle s'entendait bien avec la plupart de ses camarades et de ses officiers, mais dans le cadre de l'équipage, cela allait rarement plus loin qu'un sain respect mutuel. Quant à sa vie privée, elle avait Lexy, ses parents, sa sœur, et quelques liens qui dataient notamment de son passage à la Potential Home. Dahlia avait su franchir ses barrières, et il fallait bien avouer qu'elle avait fait le plus gros du travail d'approche. Amelia l'appréciait d'autant plus pour lui avoir laissé le temps, et plus encore pour ne jamais s'être offusquée de son comportement parfois étrange.

« Cet endroit est magnifique. Apaisant, on s'y sent tout de suite à l'aise. Le cadre parfait pour se remettre d'événements difficiles. Un sanctuaire. C'est plus qu'important pour celles qui en ont besoin : de savoir qu'elles ne sont pas seules, qu'elles ont un refuge qui les attend. Qu'elles peuvent se sentir en sécurité. »


Elle était réellement impressionnée, et la tranquillité de l'endroit lui faisait déjà beaucoup de bien. Il était agréable de savoir qu'il existait une telle institution sur l'arche. Pour celles qui n'avaient pas d'autre endroit où aller, personne vers qui se tourner. C'était un travail plus que louable, et Amelia ne pouvait que lui accorder tout son soutien. « Ta mère doit être une personne unique, pour avoir mis tout ça en place. Bien peu de gens qui en ont les moyens se donnent la peine d'aider ceux qui en besoin. » La propre mère d'Amelia s'était toujours investie pour aider les vétérans et les blessés de la flotte, d'autant plus depuis sa propre blessure. Peut-être qu'il serait judicieux de la mettre en contact avec Ellen, si les deux femmes ne se connaissaient pas déjà. Quelque chose lui disait qu'elles pourraient sûrement s'entendre... Elle accueillit le thé avec plaisir, remerciant la femme qui le leur avait apporté. Elle s'en servit une tasse, qu'elle porta doucement à ses lèvres pour en savourer le breuvage.

« Le thé est excellent. Considère moi comme d'autant plus impressionnée. » Le thé avait toujours été une affaire sérieuse pour Amelia ; cela avait toujours été sa boisson de choix, et elle pouvait se révéler intransigeante sur la question. Là, elle n'avait rien à redire, et elle se contentait de l'apprécier, au même titre que le reste de sa visite. Son amie ne tarda pas à la questionner sur sa promotion, et elle profita de s'occuper de son thé pour prendre le temps d'y réfléchir. Le sujet restait compliqué à aborder pour elle, parce qu'elle n'était toujours pas sûre de savoir comment y réagir. La fierté se disputait à la culpabilité, comme si on la récompensait pour quelque chose où elle aurait pourtant dû faire bien mieux. De nouveaux galons ne remplaceraient pas les vies perdues, mais tout le monde s'accordait pour dire qu'elle avait fait de son mieux étant données les circonstances. Elle aurait aimer réussir à les croire ; peut-être se montrait-elle trop exigeante, mais elle n'aurait pas su faire autrement.

« Les responsabilités ne me font pas peur. Ou plutôt, disons que ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus. J'ai été formée pour ça, après tout. J'espère juste être à la hauteur. En mémoire de ceux que e n'ai pas réussi à sauver quand...quand j'ai dû assumer mon commandement dans le feu de l'action. Il ne se passe pas un jour sans que je ne passe en revue ce que j'aurais pu faire différemment. Parfois, je me regarde dans le miroir, et je vois une fraude. Et parfois, je me sens...fière, malgré tout. Je crois que c'est ce qui m'effraie le plus. La flotte a décidé de me faire confiance ; j'espère ne pas les décevoir. Et encore moins les hommes et les femmes sous mes ordres. Ils méritent mieux que ça. »

A la mention de l'exposition universelle, Amelia songea à tout ce qui l'attendait également concernant l'événement. Elle n'était pas étonnée d'apprendre que Dahlia y aurait beaucoup de travail ; elle excellait en société, et il aurait été étonnant de ne pas l'y voir. En y réfléchissant, le lieutenant réalisait qu'elle savait finalement peu de chose sur son amie. Si cette dernière se montrait toujours agréable et qu'il était facile de lui parler, elle restait pour sa part plutôt secrète, prenant soin de ne jamais trop en révéler sur elle-même. Amelia le respectait, choisissant de ne pas s'en formaliser. D'autant que c'était quelque chose qu'elle comprenait.

« On se croisera sûrement, oui. Je serai sûrement dans la délégation de la flotte pour l'ouverture. Et le commandement a décidé de faire de l'inauguration de mon bâtiment un des clous du spectacle... Le Harrington sera sorti du chantier jusqu'à temps, et ils ont décidé d'en faire la figure de proue du fleuron de la flotte. J'aurais préféré que cela se passe différemment, je ne suis pas une adepte du décorum, et le feu des projecteurs ne m'a jamais attirée... Enfin, qui suis-je pour discuter les ordres ? » Caine sourit lorsque le sujet passa au VAP, comme à chaque fois qu'elle pensait à Lexy. « Tu as bien entendu. Ma compagne – Lexy- m'a déposée. Elle a bricolé son engin elle-même ; elle n'arrête pas de le modifier, en fait. C'est une pilote dans l'âme, et la vitesse est une de ses grandes raisons de vivre. Et elle est l'une des miennes. J'ai beaucoup de chance. » Elle hésita un instant, se demandant si elle oserait aborder le sujet qui l'intriguait. Mais après tout, elle avait envie d'apprendre à connaître un peu plus son amie. « Est-ce que...est-ce que tu as déjà rencontré quelqu'un capable de faire une telle différence ? »
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Mer 6 Juil 2016 - 18:16
Depuis que j’avais quitté l’arche d’Allemagne, je n’avais pas eu d’autres lieux que je pouvais nommer foyer. Jusqu’à ce que je rencontre cette maison, un foyer au sens premier du terme, mais dans lequel je me sentais… enfin à l’aise. Même mon appartement, décoré pour correspondre à l’image que je me donnais, ne me procurait pas un tel sentiment. C’est donc ici que je donnais généralement rendez-vous aux personnes assez fiables et importantes pour y être conviée. Aussi, j’étais ravie d’entendre qu’Amelia ressentait la même chose de cette maison, son confort étant tout aussi important que le mien. J’acquiesçai doucement de la tête en guise de réponse, fixant quelques instants la vue qu’offrait le jardin, avec le doux murmure de l’océan en arrière-fond.

Néanmoins, je fronçais légèrement les sourcils à la mention d’Ellen, et pris quelques secondes de silence pour choisir mes mots.

"Ma mère… est encore une énigme pour moi, à bien des égards. J’ai parfois de la peine à comprendre comment elle fonctionne, et elle ne me parle jamais d’elle. Mais je suppose qu’elle fait aussi des choses bien, oui…" Je reportais mon attention sur Amelia, retrouvant un léger sourire. "En fait, je ne la connais que depuis peu de temps. J’ai été élevée par mes deux pères adoptifs en Allemagne, et je ne m’attendais pas à ce qu’elle revienne dans ma vie. Tout s’était toujours bien passé avec Jens et Stephan, je n’avais jamais ressenti le besoin de connaître mes géniteurs. Enfin, le destin prend de drôles de formes parfois…"

Loin de moi l’idée de vouloir étaler ma vie privée, ou de forcer mon interlocutrice à faire de même. Néanmoins, cette explication aidait sans doute à comprendre la relation étrange que j’avais avec ma mère. Je ne savais toujours pas sur quel pied danser avec elle, à l’exception des techniques qui la feraient inéluctablement lever les yeux au ciel. Ca au moins, je connaissais. Contrairement à mon frère, avec qui le contact s’était fait naturellement, je ne semblais pouvoir interagir avec ma mère que de manière professionnelle, ou totalement puérile. Mais c’était peut-être normal, après tout. Les relations mère-fille ne sont pas toujours de tout repos.

Riku arriva pour nous amener notre thé ainsi qu’une parenthèse à la discussion. La boisson semblait d’importance pour mon interlocutrice, et je répondis, non sans un sourire amusé :

"Riku a connu de nombreuses vies, dont la majorité m’est inconnue. Ce qui est sûr, ce qu’elle sait préparer le thé comme personne."

J’écoutais ensuite avec davantage d’attention Amelia me raconter sa promotion, et ses sentiments mitigés à ce sujet. Elle utilisait des mots durs pour se juger, et on sentait qu’elle plaçait la barre extrêmement haut, en plus des conditions difficiles qu’impliquait un tel travail. Je la fixais avec attention et calme, hochant doucement la tête lorsqu’elle eut terminé de parler.

"Je me permets de parler en ne connaissant pas spécialement ce contexte, mais… C’est un milieu difficile par nature, où les pertes sont malheureusement possibles, non ? Tu aurais pu faire les choses différemment, mieux ou pire, mais tu ne peux plus les changer de toute manière. Tu peux seulement changer ce qui est à venir. Et en ça, je trouve que le fait que tu te remettes en question est très sain, et très respectueux de ton équipage. Du moins, pas jusqu’à t’en rendre malade non plus. Tu as le droit d’être fière, tant que tu n’oublies pas que des vies dépendent de toi et que tu peux toujours t’améliorer, de façon constructive et en ayant ce qu’il faut de confiance en toi."

Je n’avais certes pas une situation professionnelle comparable, mais j’avais croisé un nombre incalculable de femmes qui se sentait fraudeuse de leur propre existence. Soit par la pression de la société, soit par celle qu’elles se mettaient elles-mêmes, ou un mélange des deux bien souvent.

Reprenant sur une notre plus légère, je lui posais des questions sur l’exposition universelle, et le bruit de mécanique que j’avais entendu à son arrivée.

"Sûrement oui. Et je suis sûre que cette inauguration sera très intéressante, je tâcherai de ne pas rater ça. Il est vrai qu’apparaître en public, c’est tout un métier… Mais ça me donnera aussi l’occasion de te voir en action, avec ton bel uniforme certainement." De taquin, mon sourire se fit plus doux lorsqu’elle mentionna sa compagne. Qui avait le bon goût d’apprécier le pilotage et la bricole. "Hum, voilà qui est intéressant ! Je serai ravie de la rencontrer à l’occasion. Si tu veux bien, bien sûr. Je vous souhaite en tous cas beaucoup de bonheur à toutes les deux. Elle est un précieux soutien, je suppose ? Comment vous êtes-vous rencontrées, si tu me permets ?"

Sa question me prit légèrement au dépourvu, mais je ne m’en formalisais pas. Profitant d’une nouvelle gorgée de thé pour réfléchir, je répondis finalement, après avoir hoché positivement du chef :

"Plusieurs même. Certains ne sont plus de ce monde, et d’autres sont arrivés de manière complètement inattendue dans mon existence. Mais qu’elles nous aient quittées ou non, elles m’ont profondément changée. En ce sens, elles ne me quittent jamais vraiment…"

Je songeais à Sacha, à Léon ou même à Lotte. Que cela soit la mort de la première, le lien familial avec le second ou encore ma relation avec la troisième ; ces personnes avaient laissé et laissaient une trace encore considérable sur mon existence. J’avais fait le choix de lutter contre les injustices de ce monde, mais avais aussi réalisé que, même si je faisais tout pour les enfouir, j’étais capable d’éprouver des émotions parfois intenses. Ils me rappelaient chaque jour que j’étais humaine, avant d’être un masque.
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Jeu 14 Juil 2016 - 15:26
Amelia se sentait bien, en bonne compagnie et dans un cadre agréable. Le calme du lieu la rassurait, et contribuait à tranquilliser la nervosité caractéristique de son esprit compliqué. Elle pouvait comprendre à quel point ce type d'endroit était important pour les femmes qui en éprouvaient le besoin ; parfois, tout ce qu'il manquait, c'était un sanctuaire. Un abri de la tempête, un havre de paix dans la tourmente. Tant de gens s'étaient perdus parce qu'ils n'avaient su où aller, parce qu'ils n'avaient trouvé personne pour les accepter lorsqu'ils en avaient le plus besoin. Quels que soient les qualités et les défauts de la mère de son amie, Amelia éprouvait déjà un fort respect pour cette femme qu'elle ne connaissait pas rien que pour avoir mis une telle structure en place. De même, elle était impressionnée par le travail que fournissait Dahlia dans le cadre du domaine.

« Pour le reste je ne sais pas, mais cet endroit est assurément une chose bien. Plus que ça, même. Vous faites une sacrée différence dans la vie de celles qui en ont besoin, et c'est là une chose incroyable. Tout le monde ne se donne pas cette peine. » Le compliment était sincère, et Dahlia méritait qu'on reconnaissait sa contribution dans la reprise en mains de personnes aux vies endommagées. Quant à ce qu'elle lui apprit sur ses parents, voilà qui ne manqua pas de faire sourire Amelia autant que de l'intéresser. « Un parcours atypique, mais plus valide que d'autres considérés comme normaux. Les liens du sang importent peu : ce qui comptent, c'est la famille qui se forme, les gens qui sont là les uns pour les autres. Tes pères ont fait du beau boulot, ils doivent être fiers de ce la femme que tu es devenues. J'ai été élevée par des parents adoptifs, moi aussi, et je ne le changerais pas pour tout l'or du monde. Ils ont toujours été formidables avec moi, puis avec ma sœur lorsqu'ils l'ont adoptée à son tour. Je ne sais toujours pas qui sont mes parents biologiques, et peut-être que je ne le saurai jamais ; mais je doute que ça ait une grande importance, je me sens complète avec la famille que j'ai. »

Plus jeune, au foyer, elle avait pensé différemment. L'abandon l'avait profondément marquée alors, même si elle n'avait jamais connu ses parents, laissée bébé à l'institution de miss Novak. Mais elle avait passé son enfance à se demander pourquoi ils n'avaient pas voulu d'elle, ou ce qui avait bien les forcer à l'abandonner dans le cas contraire. Comme beaucoup d'enfants dans sa situation, elle avait espéré les voir débarquer un jour, pour la reprendre, pour lui apprendre toute l'histoire. Et puis elle leur en avait voulu, qui qu'ils soient. Jusqu'à ce qu'elle rencontre les Caine, et qu'elle fasse partie de leur famille. Ils lui avaient donné un nom, mais ils lui avaient surtout donné de l'amour. Même s'ils n'avaient pas toujours su très bien géré tous les aspects compliqués de sa personnalité, ils avaient toujours fait de leur mieux, et ils l'avaient acceptée tout entière. Et puis quelques années plus tard, Anna avait rejoint leur famille, et Amelia n'avait plus jamais ressenti le besoin de songer autrement qu'en passant à celle qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais. Il restait de la curiosité, peut-être, mais pas de manque.

Elle remercia gentiment Riku lorsque la femme leur apporter le thé. La première gorgée ne manqua pas de confirmer les dires de Dahlia, ce qui ravit Amelia. Le thé avait toujours été sacré chez les Caine, et elle avait très tôt appris à en apprécier les nuances aussi bien de l'arôme que du goût ainsi que de la préparation. « Le thé est parfait. Cela me fait penser qu'il faudrait que je te fasse goûter celui que ma mère nous a ramené il y a quelque temps ; c'est un officier de la Fédération des Indes qui le lui avait offert, venu de ses propres plantations. Nous étions même allés sur place en famille, quand j'étais adolescente ; la vue d'un champ de thé en terrasse au-dessus du vite, sur une arche, c'est à couper le souffle. Ma mère à cru que je n'allais plus vouloir repartir. »

Oui, la plupart des souvenirs de sa jeunesse étaient heureux. Malgré la névrose, les angoisses et la difficulté qu'elle avait parfois de s'ajuster au monde. Le soutien y était pour beaucoup dans la croissance, et elle avait été gâtée de ce côté-là. Elle avait toujours fait de son mieux pour rendre à ses parents l'amour qu'ils lui portaient, et pour qu'ils soient fiers d'elle. Elle se rappelait encore du visage rayonnant de sa mère, lorsqu'elle avait obtenu ses premiers galons d'officier. L'amiral Caine ne l'avait jamais poussée dans une direction plus qu'une autre, mais sa fille savait qu'elle était heureuse qu'elle ait choisi d'elle-même de suivre ses traces. Amelia devrait s'en rendre digne, et c'était sans doute le regard qui comptait le plus. Elle savait pertinemment que sa mère ne lui en voulait pas pour les événements tragiques de sa dernière mission ; elle lui avait tenu le même type de discours que Dahlia venait de lui offrir, et elle leur en était reconnaissante à toutes les deux. A entendre ces femmes qu'elle respectait tant lui assurer qu'elle avait fait de son mieux, elle finirait peut-être par le croire. Presque. Elle ne pourrait jamais totalement effacer la honte de ne pas s'être conduite aussi bien qu'elle aurait pu le faire, de ne pas avoir donné pile les bons ordres au bon moment, de ne pas savoir sauvé plus de vies... Peut-être avait-elle fait de son mieux, mais il était alors de son devoir de faire encore mieux la prochaine fois, de ne plus jamais faillir dans le feu de l'action et ce quelles que soient les circonstances. Elles le devaient à tous ceux qui étaient morts, à ceux qui avaient survécu, et à tous ceux qui serviraient sous ses ordres. Avec le temps, si ça se trouve elle allait même réussir à réellement profiter de la fierté procurée par son commandement. Elle voulait juste être totalement sûre de le mériter avant.

« Je te remercie. Tes mots me font du bien, et j'espère que je saurai m'en rappeler le moment venu- J'ai...toujours eu tendance à mettre la barre haut, parce que j'estime qu'il serait honteux de m'en tenir à un strict minimum. Travailler au mieux, faire mon maximum, ça a toujours été ma manière de faire. Pas pour me comparer aux autres, mais pour moi. Je ne cherche pas à être la meilleure qui soit, je cherche juste à être la meilleure Amelia possible. Je le dois à tous ceux qui servent avec moi. Mais...et toi, alors? Des projets particuliers en ce moment ? »

La vie bien remplie de son amie l'impressionnait toujours. Entre sa carrière dans le domaine du spectacle et l'aide qu'elle apportait aux femmes qui en avaient besoin, elle ne perdait pas un seul instant.

« Je me réjouis surtout des festivités qui précéderont l'inauguration. Le spectacle qu'ils sont en train de préparer avec la Chine va sûrement s'avérer sensationnel. Je me suis fait une nouvelle amie qui travaille dessus, Lotte. Je la connaissais pour son art, mais je l'ai rencontrée après un gala en l'honneur de l'amirauté, il y a quelque temps. Je m'étais hasardée dans les coulisses, et elle m'y a surprise. D'abord, j'ai cru qu'elle allait me manger tout cru, puis elle a finalement accepté de me faire visiter. Le reste de la soirée s'est révélé aussi inattendu qu'intéressant. » Amelia sourit à l'évocation de cette soirée ; malgré l'attaque de panique au club, elle en gardait un bon souvenir, et elle était heureuse d'avoir eu l'occasion de connaître la danseuse. « Et puis il y a le carnaval, bien sûr. Nous allons essayer d'en profiter en famille ; mes parents sont tellement occupés, une pause leur fera du bien... Et ça me laissera du temps pour me préparer à tout le cérémoniel par lequel je devrai devoir passer. »

Autant Amelia appréciait l'ordre apporté par le protocole militaire, autant elle n'aimait guère les grandes pompes et l'apparat. Mais il fallait bien en passer par là lorsqu'on portait l'uniforme. L'important, c'était de faire en sorte que cela ne devienne pas la seule raison de s'en vêtir, comme s'était le cas pour bien trop de gradés dont elle tairait le nom... Parler de Lexy était déjà beaucoup plus agréable. Comme à chaque fois qu'elle mentionnait sa compagne, elle se mettait à sourire sans pouvoir s'en empêcher, et son visage s'illuminait.

« Merci. Et je suis sûr qu'elle serait heureuse de te rencontrer également. Lexy est du genre à s'entendre avec pratiquement n'importe qui. Elle n'est pas compliquée, mais... dans le bon sens, si ça veut dire quelque chose. Elle me fait beaucoup de bien, et j'espère que je lui en fais aussi. On se complète bien, en tout cas. Chacune apporte quelque chose à l'autre. On s'est rencontrées quand je servais sur Nessie. Enfin, sur le Loch Ness, le premier bâtiment où j'ai fait mes classes. Elle faisait un stage de mécano qui l'avait amenée à servir six mois en cale sèche pour la flotte. On a vite sympathisé, et c'est elle qui a fait le premier pas. Je ne m'en étais pas rendue compte avant -je...ne suis pas très douée pour ces choses-là- mais quand elle m'a ouvert les yeux, j'ai tout de suite réalisé que je l'aimais aussi. Ça fait trois depuis notre rencontre, et deux depuis qu'on vit ensemble. Une histoire toute simple en somme, mais j'en suis venue à penser que ce sont souvent les meilleures. Quand tout se passe...et bien, simplement, naturellement. J'arrive à être moi-même avec elle, d'une manière qui m'apaise plus que tout. »

Le lieutenant finit par s'interrompre, espérant qu'elle n'avait pas trop parlé d'elle. Mais elle se sentait en confiance avec Dahlia, et c'était plutôt facile de lui parler, agréable même. Amelia se sentait acceptée, écoutée, et les personnes comme ça étaient rares. Sa famille, Lexy, et quelques amis, dont Dahlia faisait maintenant partie. L'actrice se montra discrète sur ses propres relations, en mentionnant l'importance sans entrer dans les détails. Amelia n'était pas du genre à laisser sa curiosité prendre le dessus -à moins de se trouver dans les coulisses d'un opéra après une longue journée- aussi n'allait-elle pas commencer maintenant.

« Au final, nous sommes un peu la somme de toutes les personnes qu'on aura croisées au cours de son existence. En bien ou mal, ces gens font tous partie de nous. Je suis sûr que tu les as changées, toi aussi. Et que tu vas connaître d'autres rencontres tout aussi importantes. Tu es une femme formidable, et une bonne amie. Je voulais...je voulais te remercier ; pour ton soutien, pour ta gentillesse. Je suis heureuse de t'avoir rencontrée, Dahlia. »
Solaris
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Lun 1 Aoû 2016 - 23:42
Comment expliquer les relations que j’avais avec ma mère... En sachant qu’elle était tout aussi compliquée que moi, si ce n’était plus. A croire que l’immortalité et les dizaines d’années de vie ne faisaient que la rendre plus complexe au lieu de plus sage. Elle qui pourtant excellait à prendre en compte les relations sociales des autres se montrait aussi peu compétente qu’une ado pour gérer les siennes. D’où une certaine incapacité à gérer ses enfants comme un parent responsable, malgré son affection évidente. D’un autre côté, je ne lui lançais pas totalement la pierre, car chacun avait ses défauts, moi la première. Et comme le soulignais Amelia, elle œuvrait également pour de bonnes causes. Je ne connaissais pas exactement son passé, mais j’avais cru deviner qu’elle-même avait connu la détresse d’être une femme sans ressources et sans aides. Finalement, je me montrais assez critique envers elle surtout parce qu’elle était ma mère, et que les relations mères-filles sont souvent ainsi. Surtout avec deux fortes têtes.

"C’est vrai, ce n’est pas à dénigrer. Et cela nous fait toujours un point commun, je suppose que c’est une bonne base pour établir une relation positive." J’écoutais ensuite la réponse de mon interlocutrice, étonnée de nous découvrir d’autres ressemblances. Enfin, dans le coin, je connaissais peu de monde qui n’ait pas une vie de famille compliquée, cela dit… J’acquiesçai doucement. "Je suis d’accord, les liens du sang ne font pas tout. Je suis reconnaissante à mes pères pour ce qui m’ont offert et appris, et j’espère que c’est réciproque pour eux. Comme tu le dis, ma vie a été complète de ce point de vue. De ton côté, j’imagine également que ta famille doit être fière de ton parcours. Même si c’est sûrement ton bonheur qui doit leur être le plus essentiel."

Je ne savais sincèrement pas si Stephan et Jens approuvaient mes choix de vie actuels, justement pour ce dernier point. Mais une chose était certaine : ils avaient toujours été mes premiers fans, et les nouvelles qu’ils m’envoyaient étaient toujours pleines d’enthousiasme. Comme des pères pour leur fille. Mais je me consolais en voyant qu’ils menaient une belle existence, à vaquer autour du monde sur leur aéronefs, et jamais très longtemps au même endroit. Je leur avais donné l’opportunité financière de réaliser ce rêve, et même si je ne les voyais plus aussi souvent que je le désirais, les savoir heureux me suffisait complètement. Quant à mes véritables parents, si la vie ne me donnait pas l’occasion, je n’aurais pas regretté de ne pas les avoir connus. Même si, finalement, j’en étais venue à considérer Ellen comme ma mère assez naturellement. Quant au père… Allez savoir quel tordu ma mère avait trouvé, ce serait tout à faire son genre.

Le thé fut ensuite apporté, et sembla tout particulièrement plaire à mon invitée. Je souris à son anecdote, comprenant parfaitement le sentiment de vouloir s’ancrer à un endroit sur un coup de cœur.

"Ah oui ? Tu as eu souvent l’occasion de voyager ? Je t’approuve pour l’Inde, j’ai eu l’occasion d’y passer aussi, et c’est le genre de paysages qu’on n’oublie pas. Tout comme leurs thés, donc je le goûterais avec grand plaisir."

Il restait tout de même des choses magnifiques sur cette terre bien dévastée.

Concernant la promotion d’Amelia, cette dernière ne semblait pas croire qu’elle la méritait complètement. Et même si j’essayais de balancer ces critiques, je comprenais ce qu’elle ressentait. Avoir la vie de personnes sous sa responsabilité n’était pas à minimiser. La moindre faute coûte des existences, là ou d’autres perdraient simplement du temps ou de l’argent. Il était normal de vouloir donner tout ce qu’on pouvait afin d’éviter que cela arrive. Mais malheureusement, ce n’était pas toujours possible. Je la fixais quelques instants, étudiant son expression, avant de répondre, sur un ton toujours sérieux :

"Je ne pense pas que tu sois une personne à prendre à la légère tes responsabilités. Tu as raison de vouloir donner le meilleur de toi, et je suis certaine que tu le fais. Seulement parfois, on peut bien donner tout ce qu’on a, ça ne marchera pas. Ce serait pareil pour quelqu’un d’autre, il faut juste l’accepter, même si c’est difficile… Mais en tous cas, si j’en avais l’opportunité, je serais ravie de servir sous tes ordres. Je me sentirais certainement plus rassurée qu’avec n’importe qui d’autre." Par certains côtés, Amelia me rappelais un peu Sacha. Mon ancien amour doutait toujours d’elle-même et avait très peu confiance en elle, au point d’être très effacée. Et malgré tout ce que j’avais fait pour l’aider, cela n’avait pas suffi à lui donner l’envie de continuer à vivre… J’esquissai un léger sourire, redevenant un peu plus légère. "Oh tu sais, toujours un peu la même chose. Des tournages, des séances photos, quelques concerts. Et plein de soirées ennuyeuses où je n’aurais pas l’occasion de croiser des personnes aussi intéressantes que toi pour me sauver la mise. Heureusement, l’exposition universelle va amener quelques événements sympathiques, pour changer."

Ma carrière actuelle me servait surtout de couverture pour le reste de mes activités, si j’avais pu la choisir, elle aurait certainement été très différente… Mais c’était comme ça, et je ne regrettais pas mes choix. Au moins avais-je toujours un pied dans le monde de la culture et du spectacle, et j’appréciais tout de même certains projets sur lesquels je travaillais. En parlant de l’expo, Amelia me parla justement de ses plans à ce sujet. Je fus sincèrement surprise de l’entendre mentionner Lotte, mais ne pus empêcher un sourire amusée lorsqu’elle me décrivit sa rencontre avec mon ex.

"Tiens donc, tu m’en diras tant… Je la connais bien, Lotte, et il est vrai qu’elle est capable de dévorer de charmantes demoiselles comme toi… Mais c’est une excellente danseuse, et tu ne pouvais pas rêver mieux pour te faire visiter les lieux. Certainement que ce spectacle sera à ne pas rater, si elle est dedans." Je pourrais sans doute passer des heures à parler d’elle, du moins, du souvenir que je j’avais de nos moments ensemble, il y a quelques années. Mais de ce que j’avais pu comprendre, elle n’avait pas changé pour certaine choses. Et elle était toujours aussi belle. "J’espère que vous saurez en profitez oui, ce serait dommage. Et je te tiendrai les pouces pour le reste."

Pour changer de sujet, je la questionnais sur sa compagne. A nouveau, j’esquissais un sourire en la voyant se dévoiler ainsi, cela montrait qu’elle était à l’aise.

"Ça fait très conte de fée, dans le sens positif. A t’entendre en parler, on devine effectivement que tu es bien. Et histoire compliquée ou simple, le plus important, c’est que vous soyez heureuses. Je me réjouis de la rencontrer alors, mais comme tu me la décris, je devrais certainement m’entendre avec elle."

On se trompait lourdement lorsqu’il disait que les gens heureux n’avaient pas d’histoire. La leur n’a pas besoin de rebondissements spectaculaires dignes d’un mauvais feuilleton. Ils étaient simplement et naturellement bien, vivant leurs propres aventures. N’est-ce pas ce à quoi l’on aspire tous ? Pour ce qui me concernait, j’espérais qu’Amelia ne m’en voudrait pas d’être aussi peu précise. Mon histoire… était sans doute moins joyeuse et simple, et je ne tenais pas particulièrement à plomber l’ambiance. D’autant que ne n’étais pas malheureuse, plus vraiment. J’aimais toutefois la vision qu’avait mon interlocutrice de l’influence des rencontres sur notre développement et notre personnalité.

"C’est tout à fait ça. J’espère leur avoir apporté ce qu’ils m’ont offert, et qu’effectivement, l’avenir m’apportera tout autant de belles rencontres." On ne savait en effet jamais, et même si j’étais de nature plutôt pessimiste, je savais reconnaître que c’était possible. Ses compliments me surprirent cependant, et pour la première fois, j’affichai une expression étonnée, ne m’attendant pas à autant de remerciement et d’honnêteté. Je l’observais en clignant plusieurs fois des yeux, avant d’afficher un sourire tendre et sincère. "Moi aussi, je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance Amelia. Je ne sais pas si je mérite toutes ces louanges, mais au moins en ce qui concerne l’amitié, je vais te faire confiance. Et je peux te retourner tes remerciements et tes compliments. Tes points de vue et ton expérience me fascinent et m’aident à prendre un autre point de vue, c’est très rafraîchissant de discuter avec toi. Tu es le genre de personnes qui me font me réjouir d’être en vie, et j’espère pouvoir continuer à te soutenir et à faire ton bonheur."

C’est aussi pour cela que je menais la vie que j’avais, malgré les désavantages qu’elle comportait : pour aider ceux qui m’étaient chers.
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Mar 9 Aoû 2016 - 16:55
Amelia se laissait envahir par la sérénité du lieu, son esprit goûtant au calme avec la voracité de celui qui ne le connaissait que rarement. Ici, on pouvait presque oublier le monde extérieur, on se sentait protégé, à l'abri. La mère de Dahlia avait conçu un véritable sanctuaire, et ce dernier remplissait à merveille son office. On pouvait presque y oublier le monde extérieur, du moins le temps de reprendre des forces. La sensation était agréable, chaleureuse, même. C'était un bon endroit, qui faisait beaucoup de bien.

« J'en conclus que ce n'est pas tous les jours facile, avec ta mère. Mais si vous venez de vous rencontrer, c'est sans doute normal. J'imagine que vous avez encore le temps de voir venir, et de construire une véritable relation. Elle ne pourra remplacer celle que tu as avec tes pères, pas plus que je ne pourrais remplacer celle que j'ai avec mes parents adoptifs ; mais j'espère que ça se passera pour le mieux. Je me suis souvent demandé comment je réagirais si je rencontrais mes géniteurs... Aujourd'hui, je reste curieuse, mais je n'en ressens plus le besoin, comme ça a pu être le cas enfant. Ce que j'ai me suffit. Mais, j'y pense... Est-ce que ça t'a permis de rencontrer d'autres membres de ta famille biologique, du coup ? Je me suis toujours demandée si j'avais des sœurs, des frères, des oncles ou des tantes qui existaient quelque part... C'est assez étrange de se dire qu'on a peut-être des liens du sang avec de parfaits inconnus, quand on y réfléchit. »

Au fond, l'officier se sentait réellement en paix quant à ses origines. Elle avait peiné à trouvé son équilibre, mais le soutien de sa famille adoptive lui avait permis de se sentir acceptée malgré ses difficultés, et elle n'aurait pu rêver mieux pour l'accompagner. Elle était réellement bien tombée avec les Caine, c'était une chance à laquelle elle rendait bien souvent grâce. Ils lui avaient fourni une éducation de premier ordre, les valeurs auxquelles elle souscrivait, et tout l'amour dont elle avait eu besoin. Ils lui avaient permis de s'ouvrir un peu plus au monde, et de le découvrir comme elle ne l'aurait jamais cru possible, comme lors de leurs voyages en Inde. Si elle était sur le point de fendre les cieux aux commandes de son propre aéronef, prête à défendre l'Arche contre toute attaque, c'était en partie grâce à leur impulsion.

« De ce que tu me dis de tes père, tu as eu de la chance, toi aussi. Ils m'ont tout l'air d'être des gens bien. Qu'est-ce qu'ils font, dans la vie ? Tu les vois souvent ? J'espère ne pas me montrer trop curieuse, mais...et bien, j'ai l'impression que tu as eu une vie étonnante, et je suis toujours en train d'apprendre à te connaître. Avec le plus grand plaisir, ajouterai-je. » Amelia se fendit d'un large sourire, avant de boire une nouvelle gorgée de thé. Il était vraiment délicieux, et contribuait à sa détente. « Ma mère était officier de pont, avant que son accident ne la confine à l'administratif ; elle a commandé des aéronefs aux quatre coins du monde, mais elle a surtout eu des liens avec la Fédération des Indes. Nous y sommes allés quelques fois, et c'est vraiment un pays magnifique. Enfin, si on peut encore parler de pays comme nous l'entendions par le passé. J'espère y retourner bientôt, y emmener Alexis. Et toi ? J'imagine que tu as dû voir ton lot d'endroits différents, avec une carrière comme la tienne. Des lieux particuliers qui te tiennent à cœur ? »

Le lieutenant appréciait réellement d'apprendre à connaître Dahlia. Elle sentait bien que l'actrice se montrait parfois un peu sur la réserve, aussi espérait-elle surtout qu'elle ne se montrait pas trop envahissante. Son amie avait tous les droits de se montrer secrète, et elle n'insisterait pas. Seulement, il lui était facile de lui parler, là où elle avait toujours eu de la peine à tisser des liens. La plupart des gens avaient de la peine à aller au-delà de son attitude parfois étrange, la catégorisant trop vite. De son côté, elle n'avait jamais vraiment su comment aller vers eux, de toute façon ; elle avait toujours eu peur de dire la mauvaise chose, de les faire fuir. Alors lorsqu'elle rencontrait des gens comme Alexis, Dahlia ou Lotte, elle se sentait d'autant plus acceptée. Et espérait qu'elle pouvait leur communiquer le même sentiment en retour. Elle eut une pensée pour Fawn, son amie de jeunesse, qu'elle avait rencontrée à la Potential Home, et avec qui les choses étaient devenues bien compliquées...

« Je le sais bien, mais ce n'est pas si facile à accepter pour autant. D'avoir autant de vies qui dépendent directement de mes ordres...c'est un concept effrayant. Là, mes erreurs n'engagent plus que moi, mais concernent aussi les individus qui m'ont été affectés. J'ai cherché ce poste de commandement depuis que je me suis inscrite à l'académie de ma flotte, après être sortie de la PH. Malgré tous mes doutes et mes travers, je me sens vraiment à ma place sur le pont d'un bâtiment ; là, dès que je surpasse mes angoisses, j'arrive à atteindre l'état nécessaire pour accomplir mon devoir. Ce que je n'aurais jamais cru possible, il y a quelques années encore... Mais la flotte ne m'aurait donné mes galons si elle ne m'estimait pas capable ; j'ai toujours tout fait pour éviter d'être taxée de népotisme, et je sais que ma mère n'y est pour rien. On ne peut jamais savoir si on est prêt avant de se lancer à l'eau, de toute façon, malgré toutes les séances de simulation du monde. Il ne tient qu'à moi de tout faire pour apprendre de mes erreurs, pour que les vies perdues lors de l'affrontement à bord du Loch Ness ne l'aient pas été en vain. Peut-être bien que je n'aurais pas pu faire mieux ce jour-là ; mais je sais que je veux faire mieux à l'avenir. Je le dois. Pour moi...mais avant tout pour ceux qui serviront sous mes ordres. » Amelia rougit brièvement au compliment de Dahlia, flattée ; elle pouvait sentir qu'il était sincère, et que son amie n'était nullement une adepte de la flatterie. Aussi se sentait-elle même rassurée, comme confortée dans ses choix.

« Je te remercie. Si tu souhaites te reconvertir dans la flotte un jour, fais moi signe, je suis sûre que l'uniforme t'ira à ravir. Mais quelque chose me dit qu'un tel environnement ne serait pas ta sasse de thé. » reprit-elle sur un ton amusé. Plus elle apprenait à connaître Dahlia, plus elle était saisie par l'indépendance dont faisait preuve la jeune femme. Une qualité qui pouvait être aussi bien employée qu'une autre ; tout le monde n'était pas fait pour servir dans un organisme comme la flotte. « Tu m'as tout autant sauvé la mise, tu sais ; ces soirées mondaines ne sont pas non plus ma tasse de thé... Autant j'apprécie la structure et l'idéale de la flotte, autant je me passerais bien de sa propension au décorum... Et même chose ou pas, ta vie est bien remplie ; tu as aussi ton lot de pression à gérer, et de crises à régler. Le feu des projecteurs ne t'est jamais trop dur à supporter ? Avec en plus tous les racontars et les rumeurs qui infestent le milieu du spectacle... Ceci dit, de ce côté, la flotte n'est sans doute pas mieux...»

Amelia se montra surprise à son tour, quand l'actrice lui indiqua qu'elle connaissait Lotte. Elle fut ravie à l'idée que deux de ses nouvelles amies se connaissaient déjà, et curieuse du lien qu'elles partageaient. La danseuse n'avait pas mentionné la chanteuse, mais elle n'avait de toute façon pas eu l'occasion de le faire. En tout cas, Dahlia semblait avoir une bonne opinion d'elle, ce qui n'étonnait guère le lieutenant.

« Elle n'a dévoré personne, mais ce n'est pas faute d'avoir essayé. Nous sommes vite devenues amies, et j'en suis la première étonnée ; je ne suis pas très douée pour ça, la plupart du temps. J'admire beaucoup son énergie, et son attitude : elle croque dans la vie à pleines dents. Et elle m'a aidé à me rappeler que c'était parfois bon de le faire malgré tout. Vous vous connaissez depuis longtemps ? »

Bien sûr, Caine ne pouvait s'empêcher de se demander si Dahlia était au courant de l'état de santé de Lotte. La confession de la danseuse avait été spontanée, et elle avait promettre à Amelia de ne pas en parler à qui que ce soi. Une promesse qu'elle avait bien l'intention d'honorer, d'autant que ce n'était pas son genre de divulguer des informations sur quelqu'un d'autre. Si elle se posait la question, c'était parce qu'elle espérait que Lotte avait tout le soutien dont elle avait besoin. Mais même si Dahlia n'était pas au courant, ce n'était pas elle que cela revenait de le lui apprendre. Lotte était la seule juge, et Amelia ferait de son mieux pour épauler sa nouvelle amie dans cette épreuve.

« Oh, vous vous entendrez bien, Lexy et toi. Elle s'entend un peu avec tout le monde, en général. Elle est très simple, dans le sens où elle ne se complique pas la vie pour quoi que ce soit ; je pense que c'est une des choses qui m'attire autant chez elle, et qui nous rend complémentaires. Je lui rappelle qu'il n'est pas nécessaire de voler en rase-motte au centre-ville, et elle me rappelle qu'il est bon de se laisser vivre de temps en temps. » Comme toujours, parler d'Alexis illuminait Amelia. Littéralement dans le cas présent: une douce lumière, presque imperceptible mais présente, émanait de sa peau, sa chevelure prenait une teinte couleur de feu. L'amour qu'elle ressentait pour sa compagne, combinée à l'état relaxé dans lequel elle se sentait en ces lieux, laissait son pouvoir se manifester sans même qu'elle n'en ait réellement conscience, tout en le gardant parfaitement sous contrôle. Un signe chez elle qu'elle sentait réellement bien, en paix ; autant dire que cela n'arrivait pas souvent, et que la sensation était toujours agréable.

« Je suis sûre que tu rencontreras d'autres personnes capables de tout ça. Quand ce seront les bonnes, et quand tu seras prête, que tu en auras l'envie. Après tout, ce n'est pas non plus une nécessité, contrairement à ce que la société essaie souvent désespérément de nous faire croire. Ce qui compte, c'est que tu sois heureuse pour toi aussi, pour Dahlia Anderson. » Elle rougit à nouveau suite aux nouveaux compliments de Dahlia, et s'illumina un peu plus vivement. « Sache que la confiance est réciproque, et qu'à mes yeux, tu mérites tout ce que j'ai pu te dire. Je...n'ai jamais eu beaucoup d'amies, ce qui rend ce que l'on partage encore plus important à mes yeux. Tu m'aides à prendre en compte d'autres points de vue, et à accepter aussi bien mes erreurs que mes qualités, ce qui est un équilibre délicat. Tu favorises l'équilibre, et j'admire tout autant la sagesse dont tu fais preuve. Tu peux compter sur moi, quoi qu'il arrive. »
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Jeu 25 Aoû 2016 - 21:21
Il m’arrivait de songer à ce que ma vie aurait pu être si je n’avais pas choisi de la consacrer majoritairement à combattre le patriarcat et les injustices les plus directes que ce système induisait. Si Sacha était encore en vie… Non pas que je regrette d’une quelconque manière mes choix, c’était une voie que j’avais décidé de prendre suite à des circonstances particulières, et j’en assumais les conséquences. Ma vie aurait assurément été plus tranquille et banale, ou peut-être pas d’ailleurs. Mais dans tous les cas, ces moments de calme que je parvenais à avoir, comme celui-ci, me rappelait que, peut-être, ces illusions d’existence plus apaisée n’étaient pas forcément hors de portée. Quand bien même cela ne durait que quelques heures, au moins avais-je le sentiment d’être aussi un peu comme tout le monde. Un peu humaine.

"Ah ça, c’est le moins qu’on puisse dire." répondis-je avec un sourire amusée lorsqu’Amelia me déclara que ce n’était pas tous les jours facile avec Ellen. "Mais je fais avec. Et oui, je pense qu’on en viendra à développer une relation petit à petit, autre que celle que j’ai avec mes pères, mais ça nous convient très bien. Et si tu es apaisée de ce point de vue, c’est que tu n’éprouves effectivement pas le besoin d’obtenir ces réponses pour continuer ton existence." J’hésitais quelques instants lorsqu’elle me demanda si j’avais découvert des frères ou des sœurs. Je ne parlais que rarement de Léon, par sécurité. Mais finalement, je savais que je pouvais faire confiance à mon interlocutrice. "Un frère, au moins. On s’entend très bien, et je pense que s’il y a au moins quelque chose de bien qui est ressorti de tout ça, c’est que j’ai fait sa connaissance."

Après, allez savoir ce qu’avait fichu mon père, qui qu’il soit. Peut-être avais-je une ribambelle de frères et sœurs dans le monde, mais certainement pas d’autres jumeaux. De ce fait, la question m’intéressait peu, tout comme de connaître mon père. De toute manière, Ellen semblait peu encline à en parler, ou même à évoquer pourquoi elle nous avait éloignés pendant vingt-cinq ans. Par sécurité, qu’elle disait. Mais je pense plutôt qu’elle était à l’époque tout à fait incapable de s’occuper d’enfants. Contrairement à Jens et Stefan, finalement.

Et c’était au moins quelque chose que nous partagions avec Amélia : notre famille adoptive nous avait apporté ce dont nous avions besoin de ce point de vue. Et cela nous plaisait visiblement de parler d’eux.

"Jens est ingénieur son pour le théâtre, et Stefan professeur de philosophie. Si je devais les décrire, je dirais qu’il s’agit de deux gamins hippies et anarchistes sur les bords qui ne ratent pas une occasion de s’amuser. Ils sont occupés à faire le tour du monde sur un aéronef en ce moment, donc je n’ai pas souvent l’occasion de les voir, malheureusement." Mais c’était mieux pour tout le monde, et je me sentais plus apaisée de les savoir loin de moi et en sécurité. Même s’ils me manquaient, effectivement. Je secouais ensuite doucement la tête pour lui signifier que ses questions ne me dérangeaient pas, au contraire. "Je peux dire la même chose de toi, et c’est aussi intéressant de t’écouter me raconter ton parcours. Tu as donc suivi l’exemple de ta mère, si je comprends bien ? Tu as d’autres membres de ta famille qui sont dans ce milieu ? Et si j’ai beaucoup apprécié les Indes, c’est surtout les arches du Japon qui m’a marquée, pour de nombreux aspects, culturels et philosophiques notamment. Mais je dirais que l’endroit que j’apprécie le plus, c’est Hambourg, l’endroit où j’ai grandi. Tu y as déjà été ?"

Puis, Amelia me parla plus en détails de son travail, et de son ressenti vis-à-vis des responsabilités que ce dernier lui apportait. Tout en l’écoutant, je ne la quittais pas des yeux, réfléchissant en même temps pour essayer de comprendre ses sentiments et ses réactions, tout en tachant de lui apporter un point de vue aussi neutre que possible et qui puisse également l’aider.

"Je sais que ce n’est pas facile. Mais, ça finira par venir, à force de travail et de volonté. Et je sais que tu possèdes les deux." Je lui offris un sourire rassurant. "Si tu te sens à l’aise, et que c’est ce que tu as toujours désiré, alors c’est que c’est là que tu dois être. Tu t’es déjà surpassée par le passé, alors tu en seras encore capable à l’avenir. On avance toujours dans la vie, et un pas après l’autre." Mon sourire s’élargit légèrement lorsqu’elle me dit que je ne me sentirais pas dans mon élément dans un tel environnement. Je secouais légèrement la main. "Effectivement, je tiens à mon autonomie et je peux me montrer assez butée parfois. Je n’aime pas recevoir des ordres, ou ne pas être libre d’agir à ma guise. Mais dans le doute, je note ta proposition."

Je bus une nouvelle gorgée de mon thé, me rappelant alors qu’elle l’évoquait notre première rencontre. Je lui adressai un clin d’œil amusé.

"Ravie d’apprendre que nous nous sommes mutuellement sauvées alors. Mais je comprends que tu n’apprécies pas ce genre d’événements. J’ai beau y être habitués, je n’aime pas cela non plus. Et on s’y fait, aux côtés négatifs. Tant qu’on a quelque chose à quoi s’accrocher, mais je suppose que c’est pareil partout…"

Non, ce n’était pas vraiment le métier de mes rêves. Il avait de bons comme de mauvais côtés, et je m’y accommodais. Et malgré tout, jouer la comédie, c’était ce que j’avais toujours voulu. Il s’agissait juste ici d’un autre niveau, d’un autre monde. Je prenais plutôt comme un challenge de vivre cette existence faussement pailletée, et plus j’étais à fond dans mon rôle, mieux je pouvais accomplir mes travaux dans l’ombre. J’y trouvais passablement mon compte, et je n’exigeais rien de plus finalement.

Je fus sincèrement surprise d’apprendre qu’Amelia avait rencontré Lotte, et me demandais bien dans quelles circonstances. Mais mon interlocutrice, si elle décrivait si bien mon ex, semblait avoir développé une amitié sincère pour la danseuse, et j’en étais heureuse pour elles.

"Tu l’as vue danser ? Lotte a une personnalité qui peut impressionner, mais elle est dotée d’une très grande gentillesse, et va assez facilement vers les autres. Elle vit sa vie comme un feu d’artifice, et c’est vrai que c’est agréable d’être en sa compagnie. On se sent vivant. Nous nous sommes croisées il y a plusieurs années, à Paris, et on peut dire que l’on était proche. Je pense… que vous avez beaucoup à vous apporter, l’une et l’autre."

Et je le pensais, sincèrement. Même si je n’avais pas vraiment eu l’occasion de revoir Nikky depuis notre séparation, et que nos routes avaient divergées, je n’en ressentais pas moins pour elle une certaine affection.

En parlant de personnalités sociables, la compagne d’Amelia semblait être également dans ce cas de figure. C’était en tous cas un plaisir de voir l’officier en parler, elle s’animait soudainement d’une énergie nouvelle, qui se manifestait de manière assez évidente. Et puis, elle semblait vraiment apaisée.

"C’est aussi ça, d’être en couple, c’est de savoir se compléter et s’apporter de nouvelles choses. Il me tarde de la croiser, mais je me doute que cela finira bien par arriver."

Une autre chose à laquelle j’avais renoncé, ou plutôt, qui ne m’intéressait plus depuis un moment. Mais j’avais toujours été ainsi, indépendante et capable de m’en sortir seule. Ce qui ne m’empêchait pas de me reconnaître dans ce que décrivait Amelia, de mes rares expériences similaires. Allez savoir ce que je réserverais l’avenir dans ce domaine… En fait, je me reconnaissais assez bien dans ce que disait mon interlocutrice.

"Je ne suis pas malheureuse dans ma situation, et ce n’est effectivement pas ma seule aspiration dans la vie. Je préfère m’épanouir dans mes amitiés actuelles. C’est tout ce qu’il me faut." Je fis une pause pour admirer le jardin et l’instant présent, avant de reporter mon attention sur Amelia, abordant un fin sourire. "Ce n’est pas le nombre d’amis qui compte, mais la qualité de ces amitiés. Peu importe si tu n’arrives pas à te lier facilement avec tout le monde, l’essentiel est d’avoir quelques personnes proches sur qui tu peux vraiment compter. Ceux qui arrivent à voir à quel point tu es une personne exceptionnelle, qui ne se définit pas par ses erreurs ou ses faiblesses. Et… merci de m’accepter comme je suis. Ça aussi, c’est important pour moi. J’ai conscience que je ne suis pas toujours… facile à cerner."
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Dim 28 Aoû 2016 - 14:00
Amelia ne s'était que rarement demandé si elle aurait pu être quelqu'un d'autre. La plupart du temps, elle avait tellement de peine à être elle-même qu'elle était tout bonnement incapable d'imaginer autre chose. Elle avait pourtant souvent souhaité être différente, et ce depuis sa petite enfance. Pouvoir être quelqu'un de moins compliqué, de détendu, de plus...normal. Son esprit atypique l'avait souvent mise à l'écart, l'empêchant de s'intégrer comme elle l'aurait voulu, de réellement se lier aux autres. Bien sûr, il y avait eu des exceptions : Fawn, qu'elle avait rencontrée à la Potential Home, puis Alexis, et maintenant Dahlia et Lotte. Au fond, peut-être était-ce sa différence qui lui avait permis de rencontrer de telles personnes, et de se lier avec elles. Du coup, elle se sentait plutôt heureuse d'être qui elle était : il y avait des rencontres qu'elle n'aurait pas échangées pour tout l'or du monde. Quant à son parcours, elle s'en sentait satisfaite, et ne ressentait nullement le besoin d'en changer le moindre élément. Elle sentait que le chemin lui avait été tout tracé, mais c'était pour elle une sensation agréable : elle avait besoin de se sentir guidée pour réellement se sentir à sa place.

« Vous saurez développer votre propre relation, avec le temps. Tes pères restent tes pères, et du moment qu'elle l'accepte et qu'elle réalise qu'on ne peut pas devenir la mère de quelqu'un du jour au lendemain, je suis sûre que tout passera bien. Même si ce n'était pas un manque, c'est une belle opportunité que de pouvoir rencontrer la personne qui nous a mise au monde. Je me demande souvent comment je réagirais, comment peuvent être mes parents biologiques... C'est normal, au fond : souvent, on ne peut pas s'empêcher de se demander d'où on vient. Sans pour autant que cela représente un traumatisme. »

Lorsque Dahlia mentionna son frère, le sourire d'Amelia s'élargit. C'était une bonne nouvelle, et elle était touchée de la confiance que lui témoignait son amie. Cela devait être une chose bien curieuse de se découvrir tout à coup un frère ou une sœur, et de réaliser qu'on partageait depuis longtemps un lien unique avec un inconnu, et ce sans le savoir. Dans le cas présent, la découverte semblait avoir été positive pour l'actrice, ce qui réjouissait la militaire.

« Je suis heureuse que vous ayez pu vous trouver, et que vous vous entendiez bien. Faire partie d'une fratrie...c'est précieux. Anna –ma petite sœur- a été adoptée quelques années après moi, et nous ne partageons pas de lien de sang, mais le lien qui nous unit n'en est pas moins fort. J'espère que vous allez pouvoir continuer de vous découvrir, lui et toi, et de rattraper le temps perdu. »

De la même manière qu'Amelia s'interrogeait parfois sur ses géniteurs, elle se demandait si elle avait d'autres frères et sœurs quelque part dans le monde. Là encore pas par manque, mais par sincère curiosité. Cette idée l'intriguait plus encore que celle de ses parents, et elle savait qu'il en était de même pour Anna. Les deux filles avaient passé de longs moments à discuter de leur situation d'enfants adoptées, imaginant d'où elles pouvaient venir. Tout en ayant ni l'une ni l'autre jamais souhaité avoir connu une autre vie que la leur : elles étaient des Caine, et elles le seraient toujours, quoi qu'il arrive.

« Tes pères ont raison de profiter, d'autant qu'un tour du monde, c'est une sacrée opportunité. Parfois, j'envie un peu ceux qui ont le courage de vivre aussi libres... En tout cas, ils doivent en avoir des choses à te raconter, lorsque vous avez l'occasion de vous retrouver. » Au sujet de sa mère, Amelia se sentait toujours emplie d'une certaine fierté. Emily Caine avait toujours été son modèle. Son père aussi, bien entendu, mais elle avait tout de suite été plus attirée par l'armée que par la politique. La hiérarchie, la structure, l'ordre : autant de choses qui l'avaient séduites. « Maman m'a toujours impressionnée. Même aujourd'hui, ce n'est pas toujours facile d'être une femme haut placée dans la flotte, mais elle n'a jamais laissé le moindre obstacle la décourager, ni entacher son intégrité. Elle a bâti sa carrière toute seule, sans aller à l'encontre de ses idéaux, et elle ne s'est jamais laissé faire par l'opposition. Si je pouvais un jour ne serait-ce qu'arriver à la moitié de ce qu'elle a accompli, je me sentirais fière. Et même après sa blessure, elle n'a pas perdu de son courage. J'ai beaucoup de chance de l'avoir eue comme modèle. Mon père est un homme très bien, et j'ai beaucoup de respect pour lui, mais ce n'est pas tout à fait pareil ; quoi qu'on en dise, tout aura été un peu plus facile pour lui, au bout du compte. Et j'admire à quel point ils forment une équipe soudée, ma mère et lui. Ils se sont toujours soutenus dans leurs carrières respectives, tout en nous élevant Anna et moi. Nous n'avons pas d'autre famille, je pense que c'est ce qui nous a permis d'êtres autant soudés, tous les quatre. Nos grands-parents sont morts avant qu'on ne rejoigne la famille, ma mère est fille unique et mon père a perdu son jeune frère il y a quelques années. Je crois que mes parents avaient besoin de donner leur amour, de contribuer à former une véritable famille. Et je suis heureuse qu'on soit tombés sur eux. »

L'un des avantages de faire partie de la flotte que préférait Amelia -et sa mère avant elle- était la possibilité de voyager. Servir sur les aéronefs de l'Arche revenait à voir du pays, ne serait-ce que pour les nombreuses missions d'escorte de convois sensibles. Pour le lieutenant Caine, c'était un privilège qui la poussait encore plus à faire honneur à sa fonction.

« Je n'ai jamais vu le Japon, mais j'espère en avoir la chance un jour. Le rapprochement diplomatique avec la Chine me fait espérer que j'aurai de quoi découvrir la République et, de là, le reste de l'Asie. Il y a encore tellement de choses à voir ! Je suis déjà allée à Berlin, mais pas à Hambourg. Comment était-ce, de grandir là.bas ? » Puis, revenant sur son futur commandement : « Merci pour ton soutien. Ça compte, ce genre de choses. Je sais bien que je devrais être capable de gérer une telle pression : j'ai été entraînée pour ça, et c'est ce que j'ai toujours voulu... Mais c'est toujours différent quand ça devient réel. Quand il ne s'agit plus de simulations, et que des vies dépendent véritablement de chacune de tes décisions. Je sais que les combats comme celui auquel j'ai dû participé sont rares, et que la majorité d'un commandement revient à gérer la routine, mais...disons que j'ai toujours été d'une nature anxieuse. Et c'est un euphémisme. » Elle sourit : « Mais au fond, je suis heureuse d'en être arrivée là, je me sens à ma place. Tu as besoin de ton autonomie, et j'ai besoin d'appartenir à une véritable structure. Je trouve ça...rassurant. Et juste, quand c'est géré correctement. »

Malgré ce qu'elle pouvait en dire, Amelia s'était habituée aux éléments plus mondains de ses devoirs d'officier. Elle n'appréciait toujours pas plus que ça le décorum inutile, mais elle acceptait de jouer le jeu, sachant que ce n'était qu'un petit aspect de ce qu'elle avait à accomplir au nom de la flotte. Et puis mine de rien, c'était de telles occasions qui lui avaient permis de rencontrer des gens comme Dahlia et Lotte, alors elle n'allait pas s'en plaindre.

« Comme tu dis, on s'y fait. Et sans ça, je ne t'aurais pas encore croisée, et Lotte non plus. Je l'avais déjà vue danser plusieurs fois avant qu'on ne se rencontre, et je n'aurais jamais imaginer faire partie de ses amies. Elle sait effectivement comment s'y prendre pour te faire te sentir vivante, tu peux le dire. Avec elle...et bien, la manière qu'elle a de profiter de l'instant présent est contagieux. Et je dois dire que j'ai besoin qu'on me le rappelle de temps en temps. Et puis c'est facile de lui parler, elle fait preuve d'une profonde gentillesse, derrière l'exubérance. »

Caine sentait bien qu'il avait dû se passer quelque chose entre la danseuse et l'actrice, mais ce n'était pas à elle d'insister sur la question. D'autant que Dahlia semblait être restée en bons termes, et qu'Amelia était tout simplement ravie d'apprendre que deux de ses nouvelles amies se connaissaient également. Comme quoi, le monde était décidément bien petit, ou rassemblait les gens d'une manière qui ne lui appartenait qu'à lui. Comme Alexis et elle, aussi. Ce dont elle serait toujours reconnaissante.

« Je me réjouis que tu rencontres Lexy. Elle fait aussi partie de ces gens avec qui il est facile de se sentir à l'aise, sans complications. C'est quelqu'un sur qui je peux compter, quoi qu'il arrive. Comme tu dis, l'important c'est de se focaliser sur les liens qu'on a déjà la chance d'entretenir. La qualité prime sur le nombre, et je n'ai certainement pas à me plaindre de ce côté-là. Je sais ce que c'est de se sentir différente, comme décalée de la normalité, et à quel point c'est important d'avoir des personnes pour nous ancrer dans la réalité. Pour nous rappeler de vivre. Et je suis heureuse que tu en fasses partie. Je ne cherche pas à te cerner, Dahlia, et tu n'auras jamais à te sentir forcée de me parler de quoi que ce soit. Ce que je sais me suffit : tu es quelqu'un de bien, et c'est tout ce qui compte. »
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Mer 14 Sep 2016 - 18:49
Peut-être était-ce mon côté autonome et débrouillard, mais je n’avais jamais ressenti l’envie de savoir d’où je venais, ou même l’histoire de mes parents. Ou alors, c’était de la simple curiosité, qui finissait bien vite par disparaître pour des considérations qui me semblaient plus importantes. Pour moi, mes parents ou mes origines ne me définissaient pas, et j’avais été heureuse avec l’éducation et l’enfance que j’avais eues. Et puis, quand je voyais ma mère, j’étais d’autant plus soulagée de ne pas avoir eu à grandir à ses côtés, tant être parent ne lui réussissait pas toujours. Mais comme disait Amelia, il était toujours temps de construire une relation, et si je faisais surtout preuve de mauvaise foi, je devais reconnaître que malgré sa maladresse, Ellen semblait vraiment tenir à Léon et moi. C’était sans doute le principal.

"C’est vrai qu’à sa façon, ma mère a apporté de nouvelles choses dans ma vie, et de nouvelles perspectives… Cela reste une rencontre importante, même si elle n’était pas ardemment voulue de mon côté. Et tu verras bien ce que l’avenir te réserve de ce côté, mais il faut accepter l’idée que ce sont des questions qui n’auront peut-être jamais de réponses."

Cela pouvait certes mieux se passer que pour moi, ou pire. Et aussi importants que soient les liens du sang, je préférais croire qu’ils ne faisaient pas tout non plus. A l’instar de mon interlocutrice, je m’étais entendue de suite avec mon frère. A la différence peut-être que, du fait de notre gémellité, notre relation était encore plus particulière. Mais je concevais tout à fait que cela soit également possible pour une fratrie sans liens de sang.

"J’espère aussi, mais c’est assez étrange, je sens qu’il s’agit déjà du genre de relations où l’on accepte l’autre tel qu’il est, naturellement… Mais lien de sang ou non, je pense que ce n’est pas toujours ça qui compte. On peut se sentir plus proche d’un membre qui n’a pas de lien direct, ou au contraire ne pas accrocher avec des membres de sa famille. Mais quoi qu’il en soit, je suppose que c’est toujours plus sympa de grandir avec un compagnon de jeu, non ?"

Même si je n’avais pas eu de frères ou de sœurs durant mon enfance, on pouvait dire sans hésitation que mes deux pères avaient également tenu le rôle de frères et d’amis. D’où le fait que je n’avais jamais eu l’impression d’être seule, ou de manquer d’affection. Même petite, j’avais déjà un sacré caractère et un côté très sérieux, et de ce fait, Jens et Stefan étaient souvent les plus immatures de notre trio. Mais parler d’eux me faisait toujours sourire, alors que je me rappelais des souvenirs que nous avions passés ensemble.

"Nous n’avons pas beaucoup l’occasion de nous voir, mais ils m’envoient toujours beaucoup de courriers, et on se téléphone régulièrement. Je ne manquerais pas de te les présenter s’ils passent par Edimbourg prochainement." Ils étaient parfois assez impressionnants de par leur pitrerie, mais mes deux pères étaient profondément gentils et attachants. Et je devais avouer que les voir me ferait énormément plaisir. J’écoutais ensuite avec beaucoup d’attention Amelia me parler de sa mère, qui semblait être une sacrée femme. Même si entendre les difficultés qu’elle avait dû traverser à cause de son genre me fit légèrement froncer les sourcils de mécontentement. C’était une rengaine bien connue, et pourtant toujours aussi injuste. "C’est toujours plus difficile de s’imposer en tant que femme, surtout dans des milieux traditionnellement masculins. Ta mère et toi avez d’autant plus de mérite, même si vous n’aviez pas à vous battre plus qu’un homme pour arriver là où vous êtes. Et puis, tu es encore jeune, tu as encore de quoi rendre ta mère encore plus fière. Et tu es plutôt bien partie, non ? Mais quoi qu’il puisse arriver, je ne doute pas que ta famille t’aimera toujours autant."

C’était encore une chose que m’avaient appris mes deux pères, et pour laquelle je leur serai toujours reconnaissante. Je n’avais sûrement pas suivi une voie qu’ils avaient imaginée pour moi, mais ils me faisaient néanmoins confiance et ne m’en aimaient pas moins. Au contraire. Même si je les avais tenus éloignés de la plupart de mes activités, je pensais bien qu’ils se doutaient que je n’étais pas uniquement la célébrité que je laissais voir, et que ce n’était qu’une image.

"Je ne peux pas te dire pour le reste de l’Asie avec autant de certitude, mais le Japon est vraiment un pays à part. Extrêmement fascinant, même dans ses côtés négatifs. Mais j’avoue que ce rapprochement avec la Chine m’intrigue. C’est une puissance importante, et un pays avec une culture ancestrale non-négligeable. Rien à voir avec Hambourg, certainement. C’est une ville qui a toujours été portuaire, et pleine d’activités. Il y a toujours quelque chose à faire, des gens à rencontrer ; et je suppose que c’est là que j’ai commencé à développer ma curiosité." C’était vraiment très enrichissant. Surtout avec Jens et Stefan pour me traîner dans tous les théâtres, bars et autres lieux marquants de la culture, souvent underground. Rassurée par les paroles d’Amelia, j’acquiesçai doucement à ses paroles en affichant un sourire. "De rien, je sais que ça peut aider d’avoir un point de vue externe parfois. Tu as le droit d’être anxieuse, ou de ressentir ce que tu ressens. Tant que tu es heureuse, c’est le principal. Et chacune à sa place et à ses propres tâches pour faire tourner la société."

Ah ça, je n’allais pas cacher que l’armée m’aurait très peu réussi. Ou plutôt, aurait très peu réussi à ceux qui auraient eu le malheur de m’entourer. Les choses étaient donc mieux ainsi, et tant mieux si un tel milieu convenait à Amelia.

Je reposais mon menton sur ma joue quelques instants, observant mon interlocutrice avec un certain amusement alors qu’elle me parlait de Lotte. Le monde était vraiment petit.

"Et pourtant. Mais c’est vrai que Lotte et moi avons parfois des points de vue assez différents. Quoiqu’il en soit, je suis ravie de voir que vous vous entendiez bien, et je ne doute pas que tu sais lui rappeler des choses également. Peut-être aurons-nous l’occasion de nous voir à trois dans les prochaines soirées. D’autant que cela fait longtemps que je ne l’ai pas croisée en tête à tête…"

Cela promettait des moments bien intéressants, c’était certain. Même si, d’un certain côté, je ne savais pas vraiment comment une telle rencontre pouvait finir. Malgré les années et les changements, je ressentais toujours une profonde affection pour Lotte. Mais difficile de savoir si c’était pour le souvenir de notre relation, ou pour autre chose…

Mais pour l’heure, je me concentrais sur Amelia, l’écoutant avec une expression affectueuse et tendre. C’était une personnalité attachante et profondément humaine, malgré tout ce qu’elle pouvait dire ou penser d’elle. Et c’était rare pour moi de croiser de telles personnalités, qui n’en ressortaient alors que mieux et en étaient que plus précieuses. De même, sa relation avec sa compagne semblait saine et simple, contrairement à beaucoup d’autres, ce qui redonnait tout de même espoir dans les relations humaines.

"La normalité est une notion exagérée, et qui dépend de chacun. Ce n’est pas parce que tu te démarques de la majorité que tu n’es pas normale. Tu es toi, et c’est tout. Il ne faut pas laisser les autres nous définir, c’est à toi que revient cette tâche. Mais merci de croire en moi, et j’espère que tu continueras à avoir cette opinion de moi à l’avenir. Je vais en tous cas mette tout en œuvre pour cela." Je me levai pour m’étirer légèrement, avant de lancer un regard malicieux à mon invitée. "Une visite du jardin, ça te dit ?"
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Jeu 22 Sep 2016 - 17:57
« Les nouvelles perspectives, c'est toujours bon à prendre. Bonnes ou mauvaises, elles nous permettent d'en apprendre plus sur qui on est réellement, je trouve. Quoi que l'on doive, on le doit avant tout à ceux qu nous ont élevés, ceux qui ont été là pour nous. Le sang n'est que le sang, ce n'est pas lui qui nous définit. Quant à trouver ou non des réponses... Je m'accommode très bien de ce que je fais, et si je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions, je ne ressens pas non plus le besoin de les résoudre. La vie que j'aie eue me convient, et j'ai eu énormément de chance de tomber sur les Caine. Comme tu as eu beaucoup de chances de tomber sur tes pères. Je ne me sens pas d'affinité particulière avec le concept de destinée, mais parfois je me dis que certaines choses se produisent peut-être pour une bonne raison. On pense beaucoup à la manière dont nos parents adoptifs ont changé notre vie, mais il ne faut pas oublier que nous avons au moins autant changé la leur. Qui sait-ce qu'ils seraient devenus sans nous ? Finalement, j'ai envie de me dire que nous sommes là pour le meilleur des mondes. »

En effet, Amelia se demandait ce qu'il serait advenu d'Emily et Alrick Caine si leurs chemins ne s'étaient pas croisés. Elle se plaisait à croire qu'ils se complémentaient tous en tant que famille, et qu'ils avaient eux la chance de pouvoir la choisir eux-même. Souvent, elle songeait à ce qui avait bien pu pousser le couple à la choisir elle, alors qu'il y avait bien d'autres enfants orphelins, pour la plupart moins compliqués. D'autant que dans son enfance, elle avait eu encore moins de contrôle sur les particularité de son esprit, au point de se retrouver parfois totalement emprisonnée par ce dernier, comme derrière un grand mur d'où elle avait contemplé avec envie ceux qui vivaient leur vie sans s'enchaîner eux-mêmes. Mais ça n'avait pas empêché ses parents de l'accueillir à bras ouverts, et elle leur en serait à jamais reconnaissante. Ils lui avaient donné l'amour et le cadre dont elle avait besoin, et un nom qu'elle n'aurait pas cru rechercher à ce point avant d'en avoir un. Elle n'était plus juste la petite Amelia, l'étrange Amelia : elle était une Caine. Avant la flotte, c'était sa seule cause, et une cause était quelque chose dont elle avait désespérément besoin pour fonctionner convenablement.

« Ce qui compte, c'est que vous vous soyez enfin trouvés, ton frère et toi. Ce lien qui vous unit, je doute qu'il repose uniquement sur le sang ; cette connexion vous appartient, au-delà de qui peuvent être vos parents. Vous avez enfin l'occasion de rattraper le temps perdu, c'est une belle chance. » Puis, revenant à Anna : « J'étais déjà adolescente quand ma sœur est arrivée, et elle n'est pas beaucoup plus jeune que moi. Mais même si nous avons commencé à grandir ensemble plutôt tardivement pour deux sœurs, nous nous sommes tout de suite entendues. Nous sommes très complémentaires : je suis la réservée, la réfléchie, la structurée, et elle est l'impulsive, l'extravertie, la fonceuse. Elle sait me pousser quand il faut, et de mon côté je suis là quand elle a besoin de stabilité. »

Dès l'arrivée d'Anna, son aînée s'était jurer de tout faire pour qu'elle se sente bien à ses côtés, ainsi que pour la protéger. Non pas que sa cadette ait vraiment besoin de protection : elle était parfaitement capable de se débrouiller. Mais l'instinct de la grande sœur avait saisi Amelia comme si elles avaient réellement grandi ensemble depuis le début. La connexion avait été instantanée, de l'âme si ce n'était du sang. Depuis, Amelia considérait comme un de ses nombreux devoir celui de montrer le meilleur exemple possible à Anna. Et malgré leurs tempéraments différents, elles ne s'étaient jamais vraiment chamaillées pour de bon. La force des Caine se trouvait dans leur harmonie, et chaque membre de la famille s'accordait bien aux autres. Ils traversaient leurs difficultés, comme tout le monde, mais ils avaient toujours su leur présenter un front uni.

« Je serais ravie de rencontrer tes pères ! De ce que tu m'en dis, on ne doit pas s'ennuyer avec eux. Et j'avoue que je serais curieuse à l'idée de leur soutirer une ou deux histoires sur une petite Dahlia Anderson. » Car Amelia se demandait bien quel genre d'enfant avait pu être son amie. Ce qui était sûr, c'était qu'elle avait bénéficié d'un environnement aimant, et qu'elle avait du le vivre au maximum. Elle avait certainement plus fait ce qui s'approchait des quatre cents coups qu'Amelia, qui menait depuis son enfance une vie plutôt réservée. Trop réservée, même. Il lui avait fallu faire la rencontre de personnes comme Anna, Alexis, Fawn et aujourd'hui Lotte pour apprendre à se laisser aller ne serait-ce qu'un peu.

« Oh, je ne voulais pas faire passer la flotte pour plus machiste qu'elle ne l'est. C'est vrai que certaines idées ont encore la vie dure, mais dans l'ensemble, l'équité est plutôt bien respectée. C'était un peu plus dur quand ma mère a fait ses classes, mais ce sont des femmes comme elles qui ont contribué à la continuation des changements. Le problème est surtout situé du côté des officiers supérieurs les plus anciens, surtout dans l'amirauté ; certains sont incapables de considérer un autre point de vue que le leur, et s'accrochent à des traditions stupides de patriarcat... Mais la plupart des officiers moins gradés s'en détachent et, si je prends en exemple ma promotion, la plupart des nouveaux membres ne s'attachent plus à cette différence. Et de toute façon, c'est une limite qui s'efface très vite dès que l'on sert à bord d'un bâtiment : la promiscuité forcée, l'uniforme et la hiérarchie font bien vite oublier les différences. Au final, on est un soldat de la flotte avant tout. Je crois que c'est une des choses qui me plaît le plus dans l'armée : la structure, le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. J'ai toujours eu besoin de règles ; sans elles, je me sentirais perdue. Peut-être parce que je m'en impose tellement de moi-même... Ce n'est pas toujours une bonne chose, mais c'est qui je suis. Et j'essaie de ne pas me laisser aveugler non plus par le règlement comme certains officiers bornés ; la souplesse d'esprit reste importante, pour un commandement. Il faut savoir s'adapter. Et dans ton milieu, comment ça se passe ? J'imagine que certaines mauvaises habitudes ont la vie dure, elles aussi...»

Sur bien des points, les vies des deux femmes n'auraient pas être plus différentes, mais c'était peut-être ce qui contribuait à les rapprocher. Chacune faisait preuve d'une réelle curiosité à l'égard du monde de l'autre, plutôt que d'en tirer une quelconque opposition. Ce qui était plutôt agréable.

« Des manœuvres conjointes sont prévues avec la flotte chinoise, de même que des échanges technologiques en ce qui concerne les aéronefs. On parlerait même de créer quelques équipages mixtes, dans le but de renforcer la collaboration. J'avoue que c'est une idée qui m'intrigue, et que j'espère voir réussir. Je préfère voir dans la flotte quelque chose d'unificateur plutôt que forcément destiné au combat. Et je me dis que ce serait un bon début. Tu me donnes envie de découvrir le Japon, en tout cas ; et Hambourg. Les arches allemandes ne sont pas si loin après tout ; je trouverai bien l'occasion de m'y rendre. Et je compte sur tes conseils ! Oh, et à propos, comment trouves-tu Édimbourg ? Tu t'y plais ? » Et, revenant à Lotte, Amelia sourit de plus belle : « Je serais heureuse qu'on arrive à se voir toutes les trois, avec Lotte. Quand à lui rappeler quoi que ce soit...j'ai plutôt l'impression qu'il n'y a qu'elle pour choisir ce dont elle veut bien se rappeler. Mais c'est en partie ce qui fait d'elle ce qu'elle est. »

Quant à la normalité, c'était quelque chose que la jeune Amelia avait envié des années avant de réaliser à quel point elle pouvait se révéler subjective. Elle avait progressé, depuis, et avait appris à s'accepter de mieux en mieux pour qui elle était. Ce n'était pas toujours facile, et elle se surprenait encore à songer qu'elle aurait donné beaucoup pour un esprit plus...simple. Même si, au fond, elle n'aurait sans doute pas mené la vie qu'elle avait aujourd'hui si cela avait été le cas ; et elle n'aurait peut-être pas croisé la route de toutes ces personnes qui comptaient tant pour elle. S'imaginer une vie différente ne servait de toute façon pas à grand chose, mais elle ne pouvait s'empêcher d'y trouver parfois un certain attrait. Il y avait encore bien des jours où se retrouver dans sa tête restait une véritable épreuve, et elle avait encore beaucoup de chemin à parcourir pour trouver sa paix intérieure. En attendant, au moins n'était-elle pas seule.

« Merci, Dahlia. Ça compte beaucoup, ce que tu me dis là. Je ne l'oublierai pas. Et je doute que mon opinion de toi risque de changer un jour, sois sans crainte. Avec plaisir pour le jardin, je te suis ! »
Solaris
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Jeu 13 Oct 2016 - 15:09
"Certaines choses se produisent pour une bonne raison." répétai-je, surtout pour moi-même. Il était vrai que je n’aimais pas vraiment les explications qui s’en remettaient à une force inconnue et/ou supérieure. J’aimais l’idée, quoique que je sois consciente de ses limites, que notre vie nous appartenait et qu’elle était ce que nous en faisions. D’un autre côté, pour ce qui était hors de mon ressort, je devais reconnaître avoir eu beaucoup de chance, d’ainsi tomber sur mes pères. Tout comme cela avait été le cas pour Amelia. Alors, une bonne raison, pourquoi pas… Je me redressai légèrement sur ma chaise, un sourire aux lèvres. "D’une manière ou d’une autre, nous avons changé leur vie. Et il n’appartient qu’à nous de faire en sorte que ce soit pour le mieux. Pour le reste, cela fait partie des mystères de la vie, mais je préfère ne pas trop me poser de questions pour des choses qui me conviennent. C’est déjà assez compliqué, le reste du temps."

Et encore, c’était un euphémisme. Alors, il était vrai que pour ce qui marchait bien, je ne me torturais pas trop d’interrogations, fidèle à un pragmatisme que je possédais depuis toujours. Et qui me venait en partie de ma mère, avais-je pu constater en apprenant à la connaître et en la côtoyant. Ça va, il y avait pire, comme héritage.

J’acquiesçai doucement de la tête suite à la remarque concernant mon frère, ne sachant pas vraiment comment et si je devais expliquer davantage notre relation. C’était encore quelque chose que je ne parvenais pas à comprendre, même si je l’avais acceptée totalement. Mais là encore, je commençais à ne plus m’interroger trop à ce sujet, puisque les choses évoluaient d’une manière qui me convenait.

"C’est aussi ça, la fratrie. Se rassembler pour faire face aux parents. Et se compléter pour affronter le monde." C’était au moins quelque chose qui pouvait aller au-delà de la gémellité, et des liens de sang, visiblement. Dans tous les cas, j’étais heureuse de pouvoir écouter la militaire me parler de sa famille et s’enthousiasmer pour elle. Je voyais tellement de situations horribles, pour ne pas dire inhumaines, cela me faisait sincèrement du bien d’entendre et de voir que des relations stables et aimantes étaient encore possibles. Ce qui me poussa à ajouter, avec bienveillance : "Et je comprends pour la stabilité."

Il fallait dire qu’avec mes pères, j’avais plutôt tenu ce rôle, aussi était-il apaisant de pouvoir le faire à mon tour. D’ailleurs, en parlant d’eux, je sortis mon portable pour lui montrer un peu à quoi ils ressemblaient. On voyait deux hommes sur le ponton d’un aéronef, la cinquantaine bien passée, mais toujours souriant. Et presque sérieux.

"Ne te laisse pas avoir par leur expression innocente et adulte, c’est seulement pour la photo. Ce sont de vrais pitres." commentai-je en affichant néanmoins un petit sourire en coin qui trahissait mon affection. "Je crains avoir plus d’anecdotes à raconter sur eux, que l’inverse. Mais ils pourront peut-être te dire pourquoi on me surnommait la terreur des préaux, en primaire. J’étais, comment dire en anglais… une vraie teigne ?"

Autant dire qu’on ne s’essayait pas à m’ennuyer. Surtout si c’était pour se moquer de mes étranges parents, ou pour n’importe quel acte d’injustice envers des plus faibles. J’avais beau être studieuse, calme et silencieuse, je n’hésitais jamais à frapper où cela faisait mal. Encore aujourd’hui.

"C’est un problème qui touche toute la société, pas uniquement la flotte. J’en ai bien conscience, et je peux malheureusement en témoigner quotidiennement." Je poussais un léger soupir. "Mais ça me rassure de voir que ça évolue, même si parfois trop lentement, et que tu n’as pas trop à en souffrir. Et je vois bien que c’est une situation qui te sied, et dans laquelle tu peux t’épanouir tout en restant humaine. Ce n’est… pas vraiment mon cas, mais j’ai appris à faire avec. Ça fait partie du métier, je lutte à ma manière."

Mon regard se perdit quelques instants dans le vide, alors que je perdais dans quelques réflexions, avant de revenir vers Amelia et de lui adresser un nouveau petit sourire. Ma situation n’était pas des plus enviables, mais elle me convenait. Et plus important, j’étais heureuse de voir que la jeune femme se plaisait dans son milieu. Pour le reste, la vie était trop courte pour se plaindre.

"Oui, ce n’est pas un mal que cela soit la possibilité d’une autre sorte de partage et de diplomatie, ce serait dommage de passer à côté de cette opportunité. Mais dis-moi si un jour tu souhaites des conseils pour le Japon ou Hambourg, je serais ravie d’être ta guide. Concernant Edimbourg… j’aime bien le dynamisme de la vie. Et l’accent des écossais n’a tout simplement pas de prix." Sur cette remarque ajoutée avec un air amusé, je continuais, un brin plus sérieuse. Quoique. "Une sortie à trois, ça peut être… amusant. Mais comme tu dis, Lotte sait très bien ce qu’elle veut, alors il faudra son aval avant de faire quoi que ce soit."

Aaah, cette Lotte… J’aurais pleinement le temps de repenser à elle à l’avenir, et, sans que je m’en doute, de manière fort différente. Mais pour l’heure, je me plaisais à imaginer ce qu’une telle sortie pourrait donner.

Je me levais ensuite pour me diriger vers le jardin, ouvrant la porte de la véranda pour profiter de l’air frais et des quelques rayons de soleil.

"Je l’espère, je l’espère." commentai-je simplement en l’invitant à me suivre dans cette belle journée de printemps. Et j’étais sincère.
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Jeu 20 Oct 2016 - 14:00
Si Amelia se plaisait à croire que les choses se produisaient pour une bonne raison, elle ne s'en remettait pas pour autant aveuglément au destin. Elle appréciait dépendre d'une instance supérieure, qu'il s'agisse de la flotte ou de son sens du devoir, mais ses décisions restaient les siennes. Il était simplement agréable de se dire que tout cela servait quelque chose de fort, qui en valait la peine, et que les efforts étaient récompensés d'une manière ou d'une autre. Et puis elle rejoignait Dahlia sur ce point : pourquoi se poser des questions sur ce qui allait bien ? Il y avait déjà bien assez d'autres choses difficiles à comprendre pour s'en faire inutilement.

« Cela m'a pris du temps, mais j'ai fini par comprendre qu'il ne servait effectivement pas à grand chose de vouloir à tout pris comprendre, et c'est encore plus valable pour ce qui se passe bien. Il s'agit avant tout...et bien, d'en profiter. Tout bon moment est bon à prendre, précieux ; d'autant qu'on ne sait jamais quand ils sont sur le point de se faire rare. Un moment comme celui-ci, dans un jardin aussi calme que magnifique, avec un bon thé et une amie...qui y a-t-il de plus à comprendre ? »

Le lieutenant suivait Dahlia entre les haies et les fleurs, s'émerveillant de la beauté du jardin. Il était entretenu avec soin et chaque arbuste, chaque buisson, chaque fleur contribuait à la sérénité des lieux. C'était un endroit qui invitait au calme et à l'apaisement ; on s'y sentait bien, à l'abri, et c'était sans doute ce que recherchaient la plupart des pensionnaires. Dahlia et sa mère leur avaient vraiment offert un sanctuaire incroyable, là où beaucoup d'autres les auraient depuis longtemps abandonnées.

« C'est agréable de se dire qu'on a quelqu'un sur qui on pourra toujours compter. C'est le cas avec mes parents, bien sûr, mais c'est encore différent avec une sœur. Je ne sais pas ce que je ferais sans Anna, et j'ai de la peine à croire que j'ai pu vivre toutes ces années sans elle, avant qu'elle ne rejoigne notre famille. On se connaît tellement et moi, c'est comme si elle avait toujours été là. » Amelia observa attentivement la photo que lui montra son amie, avec un sourire. « Ils ont l'air en forme. Et heureux. La terreur des préaux, hein ? J'imagine que ceux à qui tu t'en prenais l'avaient bien cherché. Et quelque chose me dit que ça n'a pas tant changé que ça, je me trompe ? »

Amelia était encore en train d'apprendre à connaître son amie. Dahlia se montrait agréable, et toujours là pour elle, mais elle avait malgré tout l'impression que l'actrice cachait un grand nombre de secrets derrière une série de masques savamment mis en place. Ce qui, au fond, ne gênait pas Amlia, qui ne doutait pas que le visage qu'elle affichait actuellement était au moins aussi vrai que les autres. Et puis jamais elle ne forcerait Dahlia à lui dire quoi que ce soit ; elle lui faisait confiance sans avoir besoin d'en savoir plus, mais restait disponible si jamais elle avait un jour envie de se confier sur un sujet ou un autre.

« Ah ça, j'imagine que dans ton domaine, la misogynie a encore de beaux jours devant elle... Les choses changent, mais trop lentement. Pourtant, quand on pense à ce que tout le monde a traversé, on serait en droit de se dire qu'on devrait avoir fait bien plus de progrès. Certaines mauvaises habitudes ont la vie bien dure, pour que la fin d'un monde ne suffise pas à les remettre en question. Nous n'avons pas fini de livrer ce combat, mais j'ai bon espoir malgré tout. Et tu as donc de la peine à t'épanouir, dans ton milieu ? Tu sais pourquoi ? D'ailleurs, je crois que je ne te l'ai jamais demandé...comment en es-tu arrivée à faire ce que tu fais aujourd'hui ? »

Car Dahlia Anderson avait beau être une célébrité dans ses domaines, Amelia ne savait pas grand chose sur son parcours. Il existait sûrement bien des articles qui s'étaient essayés à en faire le portrait, mais provenant sans doute de sources auxquelles l'officier n'accordait pas une grande confiance...

« Exactement, c'est une belle opportunité, si on sait la saisir. Beaucoup de gens croient qu'appartenir à la flotte, être militaire, signifie que l'on recherche le conflit. Pour moi, au contraire, c'est promouvoir l'inverse : rechercher la paix, la stabilité, la protection de ceux qui en ont besoin. J'espère qu'une telle union saura le montrer. Et je serai heureuse de bénéficier de tes conseils pour Hambourg et le Japon. Je compte bien trouver le temps de voyager aussi en-dehors de mes affectations. »

Pour en revenir à Lotte, elle était de plus en plus curieuse à l'idée de ce que pourrait donner une sortie à trois. Du moments qu'elles ne se retrouvaient pas au petit matin sur une arche à l'autre bout du monde, des tatouages étranges sur le corps et un cerf empaillé comme butin, nul doute que cela leur procurerait une expérience des plus...intéressantes. Amelia ne put s'empêcher un léger rire à cette idée.

« De toute façon, j'ai l'impression qu'elle s'arrangerait pour mener le bal. Quelque chose me dit que ce que Lotte veut, Lotte l'obtient, d'une manière ou d'une autre. J'aimerais avoir son aplomb.» Puis, tandis qu'elles continuaient leur petit tour des lieux : « Ce jardin est magnifique, on s'y sent bien. C'est vraiment une belle chose, ce que ta mère et toi avez accompli ici. »
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Jeu 3 Nov 2016 - 18:22
"Les meilleurs choses sont les plus simples, et ne s’expliquent pas toujours. On se rend trop souvent compte après coup qu’on passe de bons moments, généralement quand ils sont terminés et qu’ils ne pourront jamais revenir. "

Ainsi en était-il des quinze premières années de ma vie, finalement bien insouciantes et plus qu’heureuses. Et puis un jour, un événement chamboule tout et le bonheur s’en va. Mais cela nous apprend au moins à apprécier l’instant présent, et heureusement, il y aura d’autres moments agréables à l’avenir, malgré tout. Je n’étais pas spécialement portée vers la mélancolie et le passé, essayant justement d’avancer et de savourer l’actuel. Mais je savais aussi me ressourcer dans des souvenirs, mauvais comme bons, pour continuer à affronter l’existence.

Et le jardin était un endroit propice à des instants agréables, pour qui savait en apprécier la beauté et la tranquillité. Mais cela semblait tout à fait être le cas d’Amelia, et je m’en réjouissais sincèrement. Ellen aimait bien entretenir les fleurs et les plantes quand elle avait un peu de temps, mais c’était également une tâche confiée aux pensionnaires qui le souhaitaient. Et à cette saison, c’était certainement le meilleur moment pour admirer leur travail.

"L’être humain est sociable de nature, et il dépérit sans la présence d’autres personnes. Mais tout de même, c’est vraiment étrange d’établir un tel lien avec une personne, en imaginant comment on a pu vive sans elle avant… Etrange, mais assez beau." En tous cas, à l’instar de mon interlocutrice, j’éprouvais cette même impression concernant Léon. Difficile d’imaginer comment nous avions pu faire avant sans nous connaître, sans ce lien qui nous relie désormais. J’observais la photo de Jens et Stefan avec Amelia, affichant un sourire en coin amusé. "Je le souhaite. Et on peut dire qu’ils l’avaient mérité, oui. Maintenant, je n’ai fait que changer pour un préau plus grand…"

Et plus cruel aussi, sans doute. Je récupérais la photo, tout en adressant un regard entendu à mon amie. Ses paroles montraient bien qu’elle comprenait assez bien en quoi consistaient mes petites activités officieuses, mais d’un autre côté, cela ne m’étonnait guère. Elle était intelligente, mais surtout, respectueuse de ma vie privée. Ce pour quoi je lui étais infiniment reconnaissante. Ce n’était pas vraiment que je ne voulais pas lui raconter exactement tout ce que je faisais, pour le compte du gouvernement, d’Arkadia ou pour moi ; mais je ne voulais pas mêler des proches dans ce business pas toujours sûr. Je n’étais pas certaine que tous le prennent bien, je n’étais après tout pas une enfant de chœur. Et c’était peut-être ça que je craignais aussi : les perdre parce que je les effrayais.

Pourtant, s’ils voyaient ce que je voyais chaque jour… pourraient-ils toujours me traiter de monstre ?

"La misogynie, mais aussi la violation pure et simple des droits humains les plus fondamentaux… Notre société a certes progressé, mais il nous reste encore tellement à faire… Enfin, comme tu dis, je suppose qu’il faut commencer par ne pas perdre espoir." J’observais quelques secondes une rangée de rosiers en fleurs, perdues dans mes pensées, avant de revenir vers Amelia avec un léger sourire. "Mais heureusement, je trouve certains avantages à ce que je fais. Je suis montée sur scène très tôt, même si c’était dans des cadres plus confidentiels. Mes parents travaillent dans le milieu du théâtre et du spectacle, alors j’ai été plongée dedans depuis toujours. Un peu comme toi et l’armée, finalement."

Comme quoi, notre éducation et notre milieu avait su avoir leur importance. Mais malgré cette ressemblance, l’armée ne m’attirait sans doute pas plus que le mannequinat ou la scène pour Amelia.

"Il est clair que sans l’armée, le monde serait beaucoup moins calme, quoi qu’on en dise. Et je suis sûre qu’avec des membres comme toi, cela se verra encore plus. J’espère néanmoins qu’à côté de tout ce boulot, tu trouves un peu de temps pour toi. C’est important."

Après tout, c’était souvent ce que je venais chercher au foyer : un moyen d’échapper à mon quotidien, ne serait-ce que quelques heures. Concernant Lotte, je voyais que la militaire semblait bien la connaître. Il fallait reconnaître que la danseuse laissait rarement indifférente, d’une manière ou d’une autre.

"Ah ça, je ne te le fais pas dire… Mais ça fait son charme aussi. Et il faut aussi des personnes moins… osée dans ce monde, ne t’en fais pas pour ça." Je lui adressais un sourire, contemplant le reste du jardin avec elle. "Merci. Je lui transmettrai. Dans tous les cas, tu seras toujours la bienvenue ici, quand tu veux. Pour te reposer, prendre un thé, discuter, passe simplement."

Et ainsi passa un charmant après-midi, petite pause plus que bienvenue dans mon emploi du temps, et qui plus est en très agréable compagnie.
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