[CLOS] Apollo ou la seconde rencontre | Iron Will

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Sam 23 Avr 2016 - 13:57
Apollon musagète - Balanchine

Lieu :

Appartement de Mr. Scoltly

Date de l'événement :

Avril 2016

Participant(s) :

Iron Will

Précédemment:

La danseuse et le gymnaste

A suivre:

Entre la vie et la mort



***



À peine avait elle posé le pied dans son appartement qu'elle s'effondra sur le lit. Elle avait été sur le point de une crise dans ne taxi et son cœur battait encore à toute vitesse.
Le sommeil la pris immédiatement, en dépit de l'heure hâtive.

Elle se réveilla une première fois aux premières heures de la nuit, en sueur, les membres douloureux. Son corps semblait vouloir lui transmette le message de son dysfonctionnement, un signal chaotique, désorganisé.
Elle fixa me plafond, immobile et pensive. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui lui arrivait mais cela s'empirait de jour en jour maintenant. Elle aurait dû aller voir un médecin mais elle n'arrivait pas. Elle n'arrivait pas à se résoudre à entendre une mauvaise nouvelle, comme si elle savait, au fond d'elle même, qu'elle était atteinte d'un mal incurable.
Avait-elle rayonnée pour la dernière fois dans cette production du Lac ? Ces applaudissements frénétiques et les acclamations de la foules en liesse, seraient-il les derniers ? Sa carrière ne pouvait finir maintenant, elle mourrait de ne plus pouvoir danser.
Elle aurait pu appeler sa fiancée Amélia, mais elle ne voulait l'inquiéter outre mesure. Elle aurait pu appeler son frère, ou même son ex, mais elle en était incapable.

Elle resta éveillée plusieurs heures cette nuit là et s'endormie aux premiers rayons du jour.
Lorsque le réveille sonna, elle s'extirpa avec peine du lit, se prépara un peu à la va-vite, reprenant le sac qu'elle n'avait même pas défait. Elle renifla tout de son t-shirt de la veille -glamour, pensa-t-elle non dans ironie- avant d'en jeter un propre dans son sac. Déjà elle était presque dehors que son regard tomba sur la veste oubliée. Elle sembla réfléchir deux secondes avant de la prendre sous son bras.
Le taxi la déposa au pied de l'opéra ou elle réserva un studio pour la journée. Elle n'avait pas l'intention de faire la moindre courbette au chorégraphe, il ne voulait pas d'elle ? Tant pis, il se priverait de son talent et d'une réussite assurée...

Avant de monter dans la salle de répétition, elle fit un détour par sa loge pour se changer et où un énormément bouquet de roses l'attendait. À la fois agréablement surprise et fronçant les sourcils, elle chercha la carte perdue dans les innombrables fleurs qui dégageaient une douce odeur. Neil avait-il compris son erreur et cherchait à de faire pardonner ?
Elle ne pouvait pas avoir moins tord.
Avec un petit pincement de lèvres elle lui le message du fuyard de la veille. Il avait dû tout bonnement se ruiner pour un cadeau aussi somptueux. Elle était touché par cette attention mais il n'y avait, à ses yeux, rien qui ne justifiait un tel présent.

Changement de plans. Elle devrait lui remettre son blouson en main propre.

Nikiya arriva en début de soirée dans le quartier où vivait Kevin, elle avait demandé à un taxi de la déposer au pied d'un vieil immeuble typique de Old Town. La veste de l'athlète sous le bras.
Avec une certaine assurance, elle trouva le nom de "Scoltly" sur la sonnette et son doigt pressa l'interphone.
Nikiya
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Sam 23 Avr 2016 - 15:22






C’est un homme plutôt fort âgé qui l’accueillit. Il était habillé avec classe à la mode ancienne écossaise. Il n’y avait à première vue aucune ressemblance physique entre cet homme et le jeune gymnaste. Pourtant la danseuse étoilée était certaine d’être à la bonne adresse qui était indiquée sur la carte de transport. Le doute se leva quand le vieil homme se présenta comme le père de Kevin. Il la fit aussitôt entrer dans un grand salon, au style très bourgeois dont l’immense bibliothèque attire en premier l’attention. Ici on aimait les livres, ça se voit, il y en a partout.

- KEVIN ? Tu as de la visite !

Le jeune homme apparut aussitôt, déboulant comme une tornade de l’escalier de sa chambre. Comme quasiment tous les soirs, il était plongé dans la lecture de ses livres d’histoire.

- Une visite ?

Il resta immobile comme une statue lorsqu’il découvrit la présence de la danseuse. Pour une surprise c’était une surprise. C’était encore une première pour Kevin car il n’avait jamais eu de visite chez lui et en plus sans y être préparé. Il était pris de cours ce que son visage d’un air nigaud ne pouvait cacher mais qui lui donnait aussi un certain charme. Fort heureusement, son père était là pour assurer et rappeler à Kevin les règles d’hospitalité qu’un écossais digne de ce nom doit respecter.

- Kevin ne reste pas planté là comme un arbre. Libère cette demoiselle de ses affaires et propose lui de s’asseoir et de prendre quelque chose à boire. Quant à moi, je dois vous laisser, j’ai une partie de Bridge qui m’attend chez mes amis.

C’est ainsi qu’en deux trois mouvements les deux jeunes se retrouvèrent finalement seuls, son père sortant casquette sur la tête dehors, avec un rire taquin dessiné son visage. Le jeune homme s’ébouriffa les cheveux et inspira fortement pour reprendre le peu de contenance qui lui restait. Il décrocha son sourire de briseur de cœurs pour finalement la saluer.

- Bonsoir, je ne m’attendais pas à votre visite. Je suis surpris, heureusement surpris. Après l’incident de l’autre jour, je pensais que vous m’en voudriez à mort. J’ai vraiment honte de moi. Je peux vous débarrasser de vos affaires et vous offrir quelque chose à boire ?

L’incident au gymnase l’avait vraiment secoué et était encore fort présent dans sa mémoire. Il avait doublement souffert : de constater qu’il était encore loin du chemin de la guérison et d’avoir causé du tort à une génie de la danse. Pour se faire pardonner, il avait dépensé quasiment un mois de salaire d’assistant de musée pour lui faire parvenir une cinquantaine de roses. Est-ce que cela avait suffi ?

Son regard d’ébène se posa sur la veste en cuir que tenait la jeune femme. Spontanément, sur son visage apparut une joie, avec quelques rougeurs sur ses joues. Kevin ne savait pas cacher ce qu’il ressentait. On pouvait lire en lui comme dans un livre.

- Je me demandais où j’avais oublié ma veste. C’est vraiment très gentil de votre part d’autant que je suis encore impardonnable de l’incident au gymnase.



Iron Will
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Mer 27 Avr 2016 - 21:33
Lorsque la porte s'ouvrit sur un homme d'un certain âge, le doute s'empara de la danseuse pour une seconde. Elle ne pensait pas s'être trompée dans l'adresse, mais à présent elle n'était plus tout à fait sûre d'elle. Instinctivement, elle vérifia le numéro de rue qu'elle avait relevé sur le petit papier qu'elle tenait dans sa main avant de venir reposer son regard sur le doyen face à elle.
Son visage s'illumina d'un sourire tandis qu'elle se présentait puis énonçait la raison de sa venue :

-Bonjour, je souhaiterais parler à Kevin, il vit bien ici ? Demanda-t-elle avec une assurance non moins courtoise.

A vrai dire, elle n'avait pas imaginé un instant que quelqu'un d'autre que le jeune athlète puisse ouvrir cette porte, elle dut reconnaître qu'il il s'agissait là d'un a priori idiot. Lorsque l'homme de présenta comme le père de Kevin, Lotte le détailla discrètement. Son visage marqué par les années, son style soigné quoi qu'un peu vieillot... et malgré ses talents physionomistes, rien ne lui rappelait les traits du jeune homme. Elle n'eut le loisir de pousser plus loin sa réflexion que monsieur Scoltly l'invitait à entrer tout en appelant son fils. 

Inconsciemment, l'étoile posa, en entrant, son regard sur le vaste salon confortable assez typique des intérieurs bourgeois savamment meublés mais un peu surchargé à son goût. Elle admira cependant l'impressionnante bibliothèque qui témoignait du niveau intellectuel du foyer. Elle même ne lisait que très peu mais trouvait un charme certains aux grandes étagères couvertes de livres.
Mais la ballerine dut interrompre son inspection puisque le gymnaste descendait quatre à quatre l'escalier qui menait à l'étage. 

Elle lui sourit avec franchise alors qu'il s'était figé à quelques mètres d'elle, marqué par la surprise. Après quelques bons conseils, le vieillard s'éclipsait, laissant les deux plus jeunes seul à seul.
L'apollon finit heureusement pas se décrisper, reprendre un peu consistance -ce qui, avec son physique n'était pas bien difficile puisque même son air le plus naïf avait un certain charme- et exécuter les conseils de son paternel. Il avait un côté naturel et entier tout à fait rafraîchissant.

-Merci, ceci est à vous, fit-elle en lui tendant la veste qu'elle tenait entre ses bras. Il semblait particulièrement heureux de la retrouver et elle balaya ses remerciements d'un petit geste de la main. Ce n'est rien, je suis d'ailleurs désolée de passer à l'improviste pour vous la rendre. Je me suis permise de fouiller pour trouver votre adresse.

Elle reprit avec un ton légèrement réprobateur.

-Les roses étaient magnifiques, mais vous n'auriez vraiment pas dû. D'autant plus que c'est à moi de vous présentez des excuses, je ne voulais en rien vous forcer à faire quelque chose dont vous n'aviez pas envie.
Nikiya
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Jeu 28 Avr 2016 - 21:49






Le sourire de la danseuse était vraiment rafraîchissant. Kevin était sous le charme, d’autant qu’il était impressionné et honoré d’une telle visite. La grande vedette étoilée venait lui rendre sa veste oubliée en personne ! Waouh !
Il avait un sourire jusqu’aux oreilles. Son regard d’ébène brillait d’une lueur inspirant la gentillesse.

- Je vous remercie encore d’être venu jusqu’à chez moi pour me rapporter ma veste en cuir. J’y tiens beaucoup

Bien sûr qu’il y tient beaucoup car c’est celle de son premier père, un des rares souvenirs qu’il lui reste de son parent.

- Les roses…j’espère qu’elles vous ont plu. C’était la moindre des choses que je devais faire pour me faire pardonner de mon attitude même si quelque part je ne suis pas totalement responsable. Vous ne m’avez en rien forcé à venir danser. Dans une autre vie, j’aurai adoré être un danseur. C’est l’art ultime où l’âme et le corps fusionnent pour devenir un langage universel. Mais voilà, je souffre d’une phobie très handicapante dans la vie de tous les jours. Les médecins appellent cela l’haptophobie. Pour faire simple, cela veut dire que je ne supporte pas qu’on me touche. Je ressens un contact comme une brûlure.

Dans ses paroles, était perceptible une certaine souffrance, même s'il ne cherchait pas la pitié. On pouvait facilement imaginer ce qu’il vivait tels que l’isolement et la solitude. Comment se faire des amis avec une telle phobie ? Et encore moins envisager d’avoir une relation amoureuse…Il y avait enfin là une explication du pourquoi le gymnaste de haut niveau refusait toute compétition. Et que le président de la fédération de gymnastique s’acharnait à tort sur le jeune homme. Voilà un thème qui pourrait inspirer un chorégraphe.

- Alors quand j’ai senti les mains de cette jeune fille sur mon épaule. Cela a été plus fort que moi. J’ai pris la fuite. Je suis resté sous la douche froide, tout habillé comme un idiot…Enfin bref, je ne vais pas vous embêter plus longtemps avec mes soucis. Parlez-moi un peu de vous. Comment trouvez-vous la ville d’Edimbourg ? Avez-vous eu au moins le temps de la visiter ?

D’un geste de la main, le jeune homme l’invita à s’assoir sur l’un des fauteuils à crapaud situés près d’une table basse.

- Je vous offre quelque chose à boire ? Ah mais j’ai une idée. Vous me feriez un grand plaisir en acceptant de diner ici, même si je ne prendrais pas ombrage de votre refus. Il me reste au four des lasagnes maison, qui sans me vanter sont les meilleures de l’Arche ! Dans quinze à vingt minutes, elles seront réchauffées.

Il inclina la tête sur le côté,comme un chien qui regarde son maître pour obtenir quelque chose, arborant son petit minois charmeur. Il serait heureux d’obtenir un « oui ».




Iron Will
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Jeu 5 Mai 2016 - 22:50
Le fin sourire qui se dessinait sur les lèvres de la ballerine était emprunt de politesse. Il n'en était pas moins naturel mais marquait, dans son attitude pourtant pleine d'assurance une certaine retenue. 
Dans le regard doux qu'elle posait sur le jeune homme, se lisait une forme de distance, comme si sa véritable pensée demeurait inaccessible. Pour une seconde, tandis que l'athlète la remerciait de son geste, une lueur de regret terni l'éclat de ses yeux bruns ambrés avant de disparaître comme elle chassait la culpabilité de son esprit. 
Elle détaillait avec attention le garçon au corps d'Apollon, observant avec la sympathie qu'il lui inspirait, chacune de ses réactions. Elle appréciait sa sincérité spontanée.
À la lueur du regard qu'il portait sur le blouson oublié, Lotte savait qu'il possédait une réelle valeur pour son propriétaire. Une veste de telle facture devait avoir un certain prix et si la coupe indiquait un modèle d'une autre génération, le cuir, d'excellente qualité, s'était patiné avec le temps, mais ne portait aucun accro ni craquèlement. Les finitions étaient parfaites. Le où les propriétaires en avait pris grand soin -à l'exception d'un oubli dans les gradin d'un gymnase. Pourtant, il était évident que la valeur sentimentale surpassait largement la valeur pécuniaire. 
Alors une fois de plus, l'étoile assura à Kevin qu'elle lui rapportait avec plaisir. 
Elle allait ajouter que les fleurs l'avait touché, mais demeura silencieuse alors que son interlocuteur expliquait son acte étrange. Elle l'écoutait avec une attention toute particulière. Son sourire avait inconsciemment disparu et une légère ride s'était creusée entre ses sourcils tandis qu'il lui avouait son goût pour la danse mais aussi cette phobie qui se transformait en véritable handicap social. Elle haussa très légèrement un sourcil à la mention du nom barbare de cette affection. A vrai dire, elle n'avait jamais entendue parler d'une telle chose, mais elle pensait pouvoir saisir l'étendue des conséquences qu'une telle phobie devait avoir sur la vie du garçon au quotidien. À sa voix, elle sentait que le seul fait d'en faire mention était peu agréable.
Elle resta silencieuse une seconde encore, ne sachant quoi répondre à sa douleur. Qu'elle réplique n'aurait pas paru futile ou déplacé ?

-Je suis vraiment désolée de l'apprendre. Je ne peux imaginer ce que ça doit être

Une pièce du puzzle se mettait pourtant en place. Elle comprenait mieux sa réaction et était désolée de voir qu'un geste si banal pouvait affecter autant un être. Pouvait-elle seulement, à son échelle, l'aider ? 
Kevin dirigea ensuite la conversation dans une autre direction et son enthousiasme naturel revint au galop. 

-J'aime beaucoup cette ville, oui. C'est la première fois que j'y venais et je m'y sens bien. J'ai envie d'y rester. Pour quelques temps au moins. Mais pour être honnête je la connais encore très mal, je n'ai même pas encore pris le temps de visiter. 

Et avec l'Exposition Universelle et sa cérémonie d'ouverture, elle risquait bien de ne pas trouver beaucoup plus le temps et l'énergie nécessaire pour remédier tout de suite à cette situation. 

-Vous êtes né ici ? Demanda-t-elle avec l'espoir de rencontrer un Édimbourgeois de souche. 

Personne ne pouvait voir une ville comme ceux qui y était né et y avait vécu suffisamment longtemps pour y posséder des souvenirs uniques.
A l'invitation du jeune homme, elle s'assit avec légèreté dans le fauteuil désigné. Elle n'avait nullement prévue de s'attarder mais une force irrésistible la poussait à rester, à ne pas le brusquer.

-Un verre d'eau, s'il te plaît. On peut se tutoyer, tu ne crois pas ? Reprit-elle avec une pointe de malice. J'ai l'impression d'être une antiquité quand tu me vouvoies. 

Dans sa spontanéité, il lui proposa de partager son dîner. La proposition avait été faite sans fioritures. Lui laissait-il seulement le choix avec sa petite moue ? 
Ce comportement rappela à notre héroïne la jeunesse de son vis-à-vis.

-Je vois bien qu'un non serait mal venu, rétorqua-elle avec un petit rire. Avec plaisir alors. Je peux t'aider à quoi que ce soit ? 

Elle était certes une piètre cuisinière et n'avait pas non plus de grands talents dans la tenue d'un ménage, mais son éducation avait été faite de telle sorte qu'elle connaissait les codes de la politesse. Aider un hôte, dans la mesure de ses moyens, à la préparation, en faisait partie. 
Nikiya
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Sam 14 Mai 2016 - 0:39



Voici un « oui » qui enchanta grandement le jeune homme. Il sentit presque des ailes pousser dans son dos tellement qu’il se sentit léger de bonheur. Il demanda à l’Etoile de patienter le temps qu’il aille mettre la lasagne au four et faire quelques petits préparatifs. Il en oublia même la proposition d’aide faîte par la jeune femme.

Nikiya, patientant, fut attirée par un livre qui était posé sur un guéridon près de son fauteuil. Piquée par sa curiosité, elle découvrit qu’il s’agissait d’un livre sur l’histoire de la danse. Alors qu’elle l’ouvrit pour le lire, elle laissa tomber un papier au sol qu’elle emprunta aussitôt de ramasser. Il y avait quelques lignes écrites dessus. La plume était la même que celle du message qui avait accompagné les roses. L’écriture était donc probablement de la main du jeune homme. Voici ce qu'elle put lire :

Captivé, mon regard ne quittait pas l’Etoile s’exercer à la barre, traçant de ses pieds délicats, sur le sol et dans l’espace, les mots mystérieux du langage abstrait de la danse, langage, pour moi, encore inaccessible. Mon cœur s’embrasa d’une flamme nouvelle, et mon âme et mon corps entonnèrent une mélodie, s’adonnant à son rythme qui m’envoûtait. Je l’admirai à s’efforcer à vaincre la pesanteur dans les déplacements verticaux et latéraux, à se détacher de plus en plus haut du sol et à percer le secret de la giration. La muse de la danse transpirait la joie, la joie de l’envol, la joie de l’entrechat, la joie des tours et des pirouettes, celle d’avoir maîtrisé ce langage de la danse et de devenir ailée, atteindre à ce monde mystérieux d’où il est exaltant, par le mouvement, cette parole, ce langage, de communiquer avec le spectateur, pour lui conter l’ineffable et la beauté, et de rester soi-même, fidèle à la beauté.

Le jeune homme revint cinq minutes plus tard, avec toujours ce même sourire chaleureux et bienveillant.

- Les lasagnes chauffent. On a encore quelques minutes devant nous avant qu’elles soient prêtes. Je vous…te… propose de venir m’aider à préparer une salade de fruits.

Il l’invita à la suivre. Ils traversèrent un petit vestibule avant de rentrer dans une vraie et belle cuisine familiale et rustique. En plein centre, il y avait une grande table sur laquelle étaient posés une grande corbeille de fruits et un verre d’eau. L’odeur de la lasagne avait déjà envahi le lieu. Et il est vrai que cela sentait rudement bon. Il lui tendit un tablier propre plié en quatre soigneusement. Il venait déjà de revêtir le sien, un tablier blanc sur lequel il y avait un superman en plein vol dessiné.

- Ca serait dommage de salir cette belle robe.




Iron Will
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Sam 14 Mai 2016 - 13:28
La curiosité était, semblait-il, un vilain défaut. 
Malgré son éducation sérieuse et plutôt stricte, Lotte cédait parfois, contre tous principes inculqués, à cet instinct irrésistible qui naissait bien souvent de l'ennui. 
Alors, lorsque son hôte s'était éloignée dans la cuisine pour aller réchauffer le repas avec un sourire un peu béat sur les lèvres et qu'elle s'était retrouvée seule dans le salon, son regard était posé sur les alentours, ses yeux irrésistiblement attirer par la bibliothèque.
Elle s'était levée pour aller observer de plus prés les ouvrages soigneusement rangés les uns à côté des autres. La tête légèrement penchée sur le côté, elle ne cherchait rien en particulier. Rien d'autre que la plaisir de saisir au vol quelques titres imprimés sur les tranches, de-ci de-là. Aucun ne lui semblait familier, mais peu importait, puisqu'ils avaient ce pouvoir d'évoquer tant de choses que l'imagination s'occupait d'inventer un contenu.
Après quelque temps passé devant les étagères remplies, notre héroïne retourna s'asseoir dans un fauteuil, presque lascive, perdue dans ses pensées. Son attention fut alors captée par le livre posé sur la petite table à ses côtés. Un ouvrage sur la danse qui ne pouvait, décidément, que l'intéresser. Lançant un petit regard en direction de la cuisine, elle s'était saisie du bouquin dans l'optique de le feuilleter rapidement. 
Les convenances auraient probablement exigées qu'on ne touche à rien dans la maison d'un hôte encore peu connu, d'autant plus que cette demeure était partager avec le géniteur -du moins qu'elle croyait- de l'hôte en question. 
Mais la danseuse faisait preuve parfois d'un peu trop de décomplexions. 

Mal lui en prit, puisqu'à peine avait-elle ouvert les pages qu'un feuillet s'en était échappé pour tomber au sol. Se penchant pour le ramasser, elle aurait dû se garder de lire les lignes qui se succédaient et noircissaient la page, mais elle avait reconnu l'écriture de Kevin et déjà elle avait fini de lire.Elle avait très légèrement pâli et se sentait soudainement mal à l'aise, comme si elle venait sciemment de lire la page d'un journal intime. 
D'un geste preste, elle avait replacé la note échappée du livre dans une page quelconque avant de refermer l'ouvrage d'un claquement un peu sec. Elle leva les yeux vers l'embrasure de la porte par laquelle le jeune homme s'était éclipsé pour constater que son indiscrétion était passée inaperçue. 

À peine quelques secondes plus tard, Kevin revenait vers elle pour la prévenir de l'avancement de la préparation du repas et le sourire dont elle le gratifia était peu naturel. Elle ne s'arrêta pas sur ses efforts pour passer du "vous" au "tu", mais le suivit docilement, lâchant un petit "avec plaisir" qu'elle tenta de faire passer pour enjoué.
Elle ne pouvait s'empêcher de repenser au billet, aux mots qu'il avait écrit. Elle avait l'intime conviction, à tord peut-être, qu'il parlait d'elle. Et elle aurait dû se sentir flattée. Elle l'était. Mais puisque les états d'âme du prodige ne la regardait en rien, elle avait cette légère culpabilité dans le cœur. 

Celle-ci finit bien par s'envoler, alors que l'apollon lui tendait un tablier. Elle lorgna avec un sourire amusé sur le super héros qui barrait le torse du garçon. 
La préparation une salade de fruits ne devrait pas être bien compliqués. Nikiya n'était pas une grande fanatique de la cuisine. Ni des tâches ménagères en général. Elle aurait fait une piètre femme au foyer et, heureusement, on ne lui demandait pas de tenir ce rôle. 
-Qu'est-ce qu'on met, dans cette salade de fruits ? Demanda-t-elle en prenant déjà une pomme dans ses doigts pour venir la porter à son nez et en sentir l'odeur, se délectant de la senteur sucrée.

Un geste probablement étrange, mais il fallait savoir que dans le monde où notre artiste évoluait, les fruits se trouvaient déjà à l'état de smoothies frais et autres jus tout juste pressées du jour et enrichis en nutriments, dans son frigo, grâce au service haut de gamme de livraison quotidienne. Les repas, eux, étaient tout préparés par des grands traiteurs à base de produits bio et de saison dans des plats particulièrement adaptés à son régime alimentaire. Faire les courses ne faisait pas partie de son mode de vie et, en bonne citadine, cueillir un fruit sur l'arbre, encore moins.
On pouvait donc comprendre qu'elle n'avait plus l'habitude de voir des fruits entiers ni de les couper elle-même. Fait encore plus exceptionnel que celui de manger des lasagnes. 
Mais voilà, le monde de la demoiselle était légèrement détaché de la réalité...

L'odeur qui régnait dans la cuisine était tout simplement divine et lui mettait sérieusement l'eau à la bouche. Son ventre émit d'ailleurs un petit grognement alors qu'elle avait entreprit l'épluchage de la fameuse pomme. Elle avait une façon délicate de faire, s'appliquant au mieux, seulement, avec la lenteur de sa méticulosité, ils n'étaient pas près de la manger, cette salade. Un mouvement un peu trop preste et :

-Merde ! Murmura-t-elle. Le sang commençait déjà à pointer par la petite estafilade sur son pouce qu'elle porta rapidement à sa bouche. Elle lança un regard désolé à son hôte.
Nikiya
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Sam 14 Mai 2016 - 14:36
Kevin sursauta en attendant le cri de la danseuse. Quel idiot il avait été en lui laissant un couteau à la main ! Il leva les yeux au ciel, se maudissant presque. Sans tarder, il se précipita à l’encontre de l’Etoile pour voir sa blessure. Il était inquiet et mal à l’aise car trop proche d’elle. Bon apparemment rien de grave. Il attrapa une chaise, intimant la danseuse de s’asseoir. Il ne manquerait plus qu’elle tombe dans les pommes…

- Ça fait mal, ça pique mais ça ne me semble pas grave.

Il alla chercher ensuite des serviettes en papier qu’il tendit à l’Etoile.

- Compresses la coupure avec une serviette pour éviter que cela saigne trop. On doit avoir une trousse à pharmacie dans la salle de bain. J’y vais la chercher. Je reviens.

A vitesse grand V, il revint. La trousse à pharmacie était déjà ouverte, posée sur la table. Ses mains lavées, il sortit un morceau de coton et un désinfectant de la trousse. Il devait maintenant se résoudre à jouer le rôle d’infirmier tout en évitant de toucher la jeune femme. Il y aurait l’épaisseur d’un coton entre eux. Est-ce que ça serait suffisant ?

- Ca risque de faire un peu mal avec le désinfectant mais bon une danseuse a du connu pire. D’ailleurs c’est quand la prochaine représentation ? Y a-t-il une séquence phare que tu redoutes mais que tu adores ?

En parlant, il essaya d’attirer son attention ailleurs. Kevin était blanc comme un linge, non pas à cause de la vue du sang mais par cette proximité si forte en eux. Un faux mouvement et il pouvait la toucher. C’est avec méticulosité et douceur qu’il appliqua le coton sur la plaie. Il sentit sa respiration et son parfum presqu’enivrant. Il croisa plusieurs fois son regard hypnotisant. Il lui demanda ensuite de retenir le coton. Lorsque leurs doigts s’effleurèrent pendant l’échange, il frissonna légèrement. Il découpa ensuite aux ciseaux un pansement pour lui donner la bonne taille. Toujours avec la même douceur et prudence, il lui imposa sur son pouce.

- Ca va ? Bon ça fait une petite jolie poupée…Je pense qu’au bout de quelques heures, tu pourras l’enlever et de nouveau nettoyer la plaie.

Le four sonna, alertant que les lasagnes étaient prêtes. En deux trois mouvements, le plat fut posé sur la table, la trousse rangée et les couverts mis. Il découpa une belle part de lasagne pour la danseuse. L’Italie se semblait inviter à la table tellement que ça sentait bon. Il y avait ajouté une petite salade et quelques brins de persil. La présentation était digne d’un étoilé même si le plat avait l’air simple. Tout y était maison. Les tomates étaient fraîches et les viandes hachées par ses mains. Il y avait mis quelques carottes pour couper l’acidité des tomates et une petite épice pour relever le goût. Un fromage fondant sur le dessus lui donnait un aspect très gourmand. Kevin avait choisi de faire un mix de fromages italiens comme le parmesan mais aussi le pecorino et, pour le côté filant, la mozzarella, le caciocavalo.



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Dim 15 Mai 2016 - 11:30
La jeune femme avait tenté de faire comprendre à Kevin que sa coupure n'était qu'une petite entaille de rien du tout, mais déjà ce dernier s'affairait autour d'elle pour s'occuper de la blessure. 
Alors, elle s'était assise un peu mécanique à son ordre, n'ayant pas vraiment le cœur de le contredire, et souriait intérieurement de le voir si préoccupé de son état et à ses petits soins. Elle ne le lâchait pas du regard, suivant le moindre de ses gestes. Ils étaient précis et organisés, Le jeune homme savait exactement ce qu'il faisait. Le garçon gardait son sang froid, mais, après tous, elle ne s'était pas non plus coupé un bout de doigt !
Pourtant, Nikiya s'exécuta à toutes ses recommandations, en commençant par presser le bout de papier qu'il lui avait tendu contre la plaie. Celui-ci se nimbait déjà de rouge et elle admit intérieurement que, peut-être, elle avait sous-estimée la profondeur de l'accro. Mais, à dire vrai, la distraction du prodige pour lui faire oublier la douleur était un peu inutile. En effet, grâce à son don, Lotte avait pris le réflexe de bloquer très rapidement les signaux de la douleur avait qu'ils ne remontent pas jusqu'au cerveau. Elle ne ressentait donc, pour le moment, absolument rien. L'étoile était parfaitement consciente qu'elle ne devait utiliser cette facette de son pouvoir que de façon exceptionnelle, la douleur était un avertissement indispensable. Seulement, ses capacités hors du commun lui faisait ressentir son métabolisme de façon beaucoup plus prégnante, et notamment tous ses maux...

Kevin s'était absenté une seconde avant de revenir avec une trousse de premier secours. Sa pâleur n'avait pas échappé à notre héroïne, ni les mille précaution qu'il prenait pour ne pas la toucher directement. En connaissance de cause, elle aurait pu -elle aurait - lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de faire ça, qu'elle pouvait se débrouiller seul. Mais elle resta muette, comme si quelque chose l'en empêchait, voir jusqu'où cela irait, tester les limites du garçon...

-Ne t'inquiète pas pour ça, dit-elle dans un souffle au moment où il appliquait le désinfectant sur l'entaille. Avec son sourire charmant, elle était délibérément venue plonger son regard dans celui de l'apollon. Son œillade brillait d'un éclat captivant. Elle profitait clairement de cette proximité. Pourquoi cherchait-elle à le déstabiliser alors qu'il prenait soin d'elle ? Peut-être ne pouvait-elle simplement pas s'en empêcher !
La danseuse se plia au jeu de la conversation :

-Dans une dizaine de jours, répondit-elle poliment puis, elle sembla réfléchir. Il y a un pas de deux où le porté est assez compliqué. Il est tout simplement magnifique et donne véritablement l'impression de voler, mais j'ai un nouveau partenaire et on se connaît mal, alors oui, je redoute un peu. 

Mais visiblement, Kevin perdait de plus de plus ses couleurs, à croire qu'il ne posait pas toutes ses questions pour la ballerine, mais bien pour lui, penser à autre chose. Quoi qu'il en soit, Nikiya restait parfaitement silencieuse à ce sujet, remarquant un petit mouvement de recule de sa main alors qu'il avait effleuré les doigts de la danseuse.

-Merci. Fit-elle avec un nouveau sourire sincère alors qu'il finissait et commençait à ranger. Mais, puisque tu m'as fait confiance, je peux t'avouer quelque chose, moi aussi. Tu sais, d'ici quelques heures, je pense que ça aurait presque entièrement cicatrisé.

En effet, notre prodige pouvoir influencer sur la coagulation et la cicatrisation de la plaie pour accélérer légèrement le processus, il lui faudrait probablement tout de même un temps, mais d'ici la fin de la soirée, tout serait comme si rien ne s'était passé.
Elle lui fit un petit clin d’œil en reprenant avec un air un certain optimisme :

-J'imagine qu'il y a des dons plus faciles à porter que d'autres.

La petite séance de rapprochement prit fin avec le bip du four qui annonçait que le repas était prêt et le jeune homme sembla profité de l'opportunité pour retourner aux fourneaux. Dommage. Lotte en profita pour plaisanter sur la situation : 

-La prochaine fois, je me contenterai de mettre la table, d'accord ? 

Une fois installé devant ce bon repas, elle observa avec envie la grosse part de pâtes qu'il lui avait servi. Elle était tout simplement énorme mais étrangement, elle se sentait capable de tout dévorer. La premier bouchée fut divine, mais pas autant que les suivantes. Elle laissa échappé un petit gémissement de plaisir. Damn, elle aurait voulu pouvoir manger des choses aussi bonnes plus souvent, mais probablement devrait-elle ajouter une heure de sport à son programme du lendemain pour compenser.

-C'est à tomber. Tu es cuisinier, ou bien ?

Nikiya s'était d'ailleurs demandé ce que pouvait bien faire le jeune homme, elle l'imaginait encore dans les études, mais seul son âge lui faisait penser une telle chose, à tord, probablement.

-Oui, tiens, je t'ai pas demandé, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?

En moins de coup de fourchette qu'elle ne l'aurait pensée, elle avait déjà fini son assiette. Elle aurait probablement eut la sensation que son ventre allait exploser si elle n'avait pas la capacité de gérer également sa digestion.
Une fois le repas finit, elle aida à débarrasser et donnerait un coup de main à la vaisselle si Kevin l'autorisait à toucher de nouveau à des objets coupants et potentiellement dangereux. Intérieurement, elle rit amèrement. Elle était pathétique, une vraie diva assistée. Elle posa les assiettes dans l'évier de la cuisine et fit volte face pour aller aider son hôte avec le reste. Elle ne l'avait pas vu arriver derrière elle et l'évita de justesse. Son cœur loupa un battement mais sa surprise ne devait être rien comparé à celle d'Iron Will qui était passé à un cheveux de se prendre de plein fouet la danseuse étoile.

Nikiya observa le jeune homme avec attention avant de lui présenter ses excuses. Elle ne devait pas faire de bourde. Pas comme ça. Il avait été très clair. Elle devait se rapprocher du jeune homme, mais en aucun cas le toucher. Établir une relation de confiance en prenant justement grand soin de lui donner une sensation de sécurité et, pour l'amour de dieu, ne pas tenter de le séduire... sur ce point là... elle n'avait rien promis...
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Dim 15 Mai 2016 - 18:54


Kevin ne la quitta pas du regard. Il n’en revenait pas que dans sa cuisine l’une des célèbres danseuses classiques était en train de manger une lasagne. Même là elle était encore belle et gracieuse. Il était aux anges. Il poussa même un léger éclat de rire en voyant l’assiette totalement vide et les traces de tomate que l’Etoile avait sur le contour de ses lèvres. Il lui fit signe tel un gentleman d’essuyer les lèvres avec une serviette. Quant à lui, il avait mangé à peine la moitié de son assiette. Ses pensées étaient parfois ailleurs mais toujours concentrées sur l’Etoile. Elle lui avait avoué à moitié mot qu’elle était un prodige. Il avait hésité à lui révéler que lui aussi mais finalement se retint pour ne pas interrompre ce petit moment de magie. En tout cas cela ne l’avait ni surpris ni contrarié de l’apprendre. Par contre une phrase le fit tiquer « J'imagine qu'il y a des dons plus faciles à porter que d'autres. ». Est-ce qu’il y avait un message subliminal adressé à son intention ? Jamais il ne lui avait révélé ses pouvoirs et il se montrait toujours discret à leur sujet. Non cette phrase était sûrement dite pour évoquer une généralité.

C’est toujours avec le sourire, mais d’une couleur plus taquine, qu’il répondit à la question de son invité.

- Moi cuisinier ? Non du tout. Ma mère tenait un restaurant italien sur l’Arche de la Fédération au State. J’ai du passer des heures à la contempler faire. Elle était d’origine sicilienne. Rien qu’à y penser, je me rappelle des odeurs de la pizza se lever dans le four, l’huile d’olive, les sauces en train de mijoter…

Son regard était devenu brillant. Il était ému et touchant.

- En tout merci d'avoir fait honneur à mes lasagnes. Les danseuses avec un appétit d'oiseau ne sont donc que légende. Bon je ne dis pas que demain je vais aller courir une heure pour éliminer...Alors ce que je fais dans la vie ? Plein de choses en ce moment. Traducteur au muséum, bientôt archiviste historien pour le président Feuerbach et assistant au Potential Home. Je suis passionné d’histoires. C’est mon père adoptif qui m’a surement transmise cette passion.

Il se leva pour aider la danseuse à débarrasser la table. Alors qu’il allait la décourager de faire la vaisselle, trop peur qu’elle se blesse et puis c’est une Etoile… ils faillirent se bousculer. Ils avaient frôlé l’incident. Mais Kevin se montra rassurant.

- Tu n’as pas à présenter tes excuses. C’est moins le fautif avec cette phobie. Je ne t’ai pas tout dit. Confidence pour confidence, j’évite également de toucher les autres pour une autre raison. Je peux lire les pensées par le toucher. Et je n’aime guère m’introduire dans la sphère privée de quelqu’un sans y être invité et encore même en l’étant…Mais pour toi, je n’ai pas besoin de te toucher pour lire ce que tu ressens. Ta danse est un langage à elle toute seule.

La dernière phrase était presque chuchotée. Kevin était encore égal à lui-même, d’une sincérité implacable et dangereuse pour lui-même. Il n’avait pas comme tout humain une bulle invisible ou une seconde peau pour se protéger de l’autre.



Iron Will
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Dim 15 Mai 2016 - 22:30
Le regard plongé dans celui du jeune homme, Nikiya avait tenté de déceler une réaction au sous-entendu qu'elle avait habillement glissé dans la
conversation. Derrière ses airs innocents et même un peu insouciants, elle était au prise avec ses scrupules. L'absence tangible d'une réponse à son allusion la fit douter pour une seconde. Elle se mordit l’intérieur de la joue et laissa la discussion poursuivre son cours, ainsi que le repas. Son visage restait ouvert et elle sourit doucement lorsque Kevni mentionna sa mère et le fait qu'elle avait tenu un restaurant Italien. Elle fut intriguée par la lueur d'émotion qui s'était allumée dans le regard de son hôte, elle plaisanta alors gentiment, espérant ne pas s'aventurer trop loin dans sur la piste glissante d'un sujet sensible :

-Tu as ça dans les gènes alors. Tu as vécu dans la Fédération Américaine ?

Elle n'avait une très bonne image de la Fédération qui avait, à son opinion, des idées étroites et tellement surannées. Elle n'y avait évidemment jamais mis les pieds, mais s'était tout de même forgé une idée bien arrêté sur cette contrée si différente de la New Victoria.

A la mention de l'appétit des danseuses, Lotte éclata d'un rire spontané :

-Ça dépend... fit-elle avec certaine ironie. L'anorexie reste une sorte de seconde nature chez beaucoup d'entre nous. En haussant les épaules, elle ajouta avec une certaine philosophie. Les autres ont des moyens de rester fines en mangeant comme quatre, j'imagine.

Quoi qu'on en dise, la danse classique était un milieu féroces en dépit de tout. Les danseurs étaient indéniablement des sportifs et la nutrition aurait dû être vu comme un facteur essentiel de leur mode de vie. Bien se nourrir pour répondre aux besoin important en énergie et traverser sans peine l'effort était primordiale. Pourtant, on inculquait souvent aux jeunes filles et cela depuis leur plus jeune âge, que leur grâce était directement lié à leur poids et la finesse de leurs membres. Sans compter qu'elle devaient penser à leur partenaires masculins qui devaient les porter. Et mine de rien, elles devaient également supporter leur poids à chaque fois qu'elles défiaient la gravité. C'était là un nombre suffisant de facteur qui poussait la majorité à négliger leur repas, mais la pression était forte et les demoiselles étaient cruelles entre elles, alors mieux valait ne pas prendre une assiette trop remplie à la cantine.
Lotte échappait aujourd'hui à se diktat de par sa situation, mais elle l'avait vécue comme toutes les autres jusqu'à la fin de son adolescence.
La ballerine écouta ensuite Kevin parler de ses occupation et, mine de rien, elle fut impressionnée et ne chercha pas à s'en cacher. Elle qui avait l'impression de ne pas avoir assez d'heure en une seule journée pour faire tout ce qu'elle avait à faire avec sa seule activité de danseuse, comment faisait-il avec trois ?

-Waouh. Rien que ça ! Et tu as des journées de quarante huit heures, c'est ça ? Elle se moquait gentiment de lui. Tu travailles donc au Muséum d'Edimbourg, dis-moi ce que tu traduis ? Elle ne connaîtrait probablement pas, mais c'était une façon de s'intéresser comme une autre.

En revanche, elle garda un visage parfaitement neutre à la mention du milliardaire allemand et nota qu'il n'avait pas hésité à lui dire qu'il était lié à la PH. Y avait-il fait ses études ?

Ton père adoptif ? C'est l'homme qui m'a ouvert ? Elle était à la fois curieuse mais ne voulait pas s'avancer sur un terrain miné.

Comme on le sait, l'incident fut évité en cuisine de justesse. C'est d'ailleurs à ce moment là qu'il fit le choix de lui parler de son pouvoir en luis expliquant les véritables raison de sa phobie et un sourire intérieur naquit chez la danseuse tandis qu'il lui avouait en quoi ce don si paralysant consistait. Preuve qu'il lui faisait au moins suffisamment confiance. Pour l'instant, tout ce déroulait comme prévu. Seulement, son sourire s'effaça bien vite, du moins intérieurement. Son visage ne se départait pas de sa naturelle bienveillance. Il sous-entendait pouvoir lire en elle tel un lire ouvert ? Rien que ça...

Elle arqua un sourcil entre l'amusement et le scepticisme :

-Oh... vraiment ?
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Lun 16 Mai 2016 - 11:01


Kevin avait été assailli de questions par la danseuse. Pourquoi s’intéressait-elle autant au jeune homme ? Alors que passée le palier de la porte de sa maison, peut être qu’elle ne le reverrait jamais et l’oublierait aussitôt ? Le jeune homme se doutait bien que cette rencontre serait probablement éphémère. C’était un peu comme une princesse qui dîne avec un jeune paysan. Il n’y avait que dans les contes de fée où cela arrivait. Il décida donc de savourer chaque moment et la chance qu’il avait.

Quant à ses occupations, elle avait raison. La vie du jeune homme était bien remplie. C’était un fou de travail et il aimait ça. Vous ne le trouverez jamais faire la grasse matinée. Il dormait peu et le cas échéant souvent c’était pour faire quelques cauchemars. De plus son pouvoir lui donnait quelques avantages de récupération extraordinaire.

Par sa dernière révélation, qu’il regretta finalement, il prit la décision de ne rien dévoiler par pudeur. Cette discussion devenait trop intime. Car oui, il était persuadé de lire comme dans un livre ouvert l’âme de la danseuse. Pouvait il lui dire que ce qu’il avait ressenti ? Sa colère contre l’injustice ? Sa soif de liberté ? Une petite fille rêveuse de conte de fée ? La tristesse des amis disparus ? Une ode à l’amour ?

- Quand on est si proche des étoiles par la danse, l’âme s’exprime dans chaque geste, regard, et sourire. Alors que les mots sont souvent des habits pour que la vérité ne soit pas à nue, celui du langage de la danse ne peut qu’être sincère et authentique s’il veut rester fidèle à la beauté. Et comme tu es sûrement la danseuse la plus douée de notre époque, tu ne peux qu’être fidèle à la beauté

Après cette déclaration, le silence s’était imposé comme tierce personne comme s’il tenait la main aux deux protagonistes. Kevin ne pouvait détacher son regard admiratif et passionné envers la danseuse. Il ressentait une sensation étrange comme celle de sa première rencontre avec la jeune femme aux cheveux d’or, Mylénia. Quelle magie pouvait exercer ses femmes sur lui ? Il leva le sortilège par l’action.

- Laisse moi une petite minute

Kevin alla au frigidaire, pour y sortir une boite de lait. Ensuite, il resta planté devant une machine expresso. Ses gestes étaient aussi précis qu’un chef d’orchestre. Il y avait là même quelque chose du rite religieux. Il revint avec deux tasses à la main tel un barista italien.

- Il caffè è il balsamo del cuore e dello spirito» (Le café est le baume du coeur et de l'esprit). Que serait un repas italien digne de ce nom sans son fameux cappucino ?

Hasard ou pas, geste conscient ou inconscient ? mais l'effet crémeux avait reproduit un coeur dans l'expresso...






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Lun 16 Mai 2016 - 15:44
Une légère ombre était passée dans le regard de la danseuse et venait contraster avec son sourire. Les paroles de son interlocuteur l'avait laissé méfiante. Nikiya ne savait quoi penser de cette remarque et n'aimait guère les sous-entendus qu'elle laissait entrevoir. Derrière le masque qu'elle s'était créé, il y avait des sentiments et des émotions plus profondément enfouies que personne n'avait intérêt à venir déranger.
Nikiya pouvait-elle se considérer comme une personne sincère ? Alors que la franchise était constamment biaisée par les codes ; ceux de la politesse et de la bienséance ? La sincérité des actes et des expressions ne devait-elle pas plutôt être jugée en fonction des intentions qui se cachaient derrière ? Elle n'en avait que des bonnes - la plupart du temps... Pourquoi certain avait de besoin de voir dans ses sourires, ses marques de dédains, ses rires, ou sa retenue, autre chose...

Elle pinça légèrement les lèvres, mais écouta le jeune homme exprimer son idée. Elle soupira intérieurement, ne pouvant niée que la danse était son vrai seul moyen d'expression, seulement, parfois, elle aurait voulu être la seule à pouvoir décoder ce langage.
Elle prit le compliment avec modestie, laissant s'échapper un petit « Merci » accompagné d'un sourire.

Le silence s’installa alors, pesant. Nikiya, perdue dans ses pensées, Kevin ne pouvait détacher ses yeux de sa personne. L'étoile regrettait parfois de générer une telle attention et c'était probablement pour cette raison qu'elle faisait souvent le choix d'en jouer. Certes, c'était également un moyen comme un autre d'arriver à ses fins.
L'étrange parenthèse se refermait lorsque son hôte reprit la parole et le mouvement. Tirée de ses pensées, elle le regarda s'occuper de faire un café. Profitant qu'il ait quelques secondes le dos tourné, elle tira son portable de sa poche et envoya un sms.

C'est bien la dernière fois que tu me fais faire ça, compris?.

Lorsqu'il revint avec deux tasses, elle avait déjà rangé le téléphone et son sourire était plus avenant que jamais. Elle regardait avec un œil pétillant le dessin dans la mousse et étouffa un petit rire. Elle semblait s'apprêter à dire quelque chose mais se ravisa. Il finit tout de même par dire :

-Tu sais, si tu sembles tellement aimer la danse, pourquoi tu t'y mets pas ? Sa question était véritablement sincère et non pas une sorte de compliment pour lui retourner la politesse. Je comprends que tu puisses avoir des réticences mais, je veux dire, tu es pas obliger de toucher la moindre danseuse au début. Et puis... personnellement, lorsque je danse, je ne pense qu'à ça alors peut-être que... que ça pourrait-être un moyen de retrouver le contact avec quelqu'un... tu sais, petit à petit ?

Elle n'avait pas la moindre idée du « pourquoi » elle avait formulé cette proposition. Mais voilà. C'était fait.
Nikiya
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Lun 16 Mai 2016 - 21:16


Lui danser ? Il avait encore en tête le dernier incident au gymnase. Machinalement il porta la main sur son épaule comme si la brûlure qu’il avait ressentie la dernière fois était encore tenace. L’idée était pourtant alléchante. Il pouvait le faire pour son pur plaisir mais s’il doutait d’avoir les capacités d’un grand danseur. Mais est ce que cela était possible ? Et par sa proposition, l’Etoile sous entendait qu’il pourrait petit à petit apprendre à accepter le contact de quelqu’un. Il n’y avait jamais pensé. Si son esprit était concentré à autre chose, peut être que c’était possible. Il n’était franchement pas certain du résultat. Mais il fallait bien qu’il tente l’impossible pour se soigner de sa phobie.

- Moi danser ? Cette idée est séduisante. On peut toutefois être un excellent critique culinaire mais être un piètre cuisinier…Ca doit être pareil pour la danse. Mais bon on peut danser que pour le plaisir après tout.

Comme un enfant qui joue, il simula la position d’un danseur avec le cou altier, le buste droit et le bras plié devant en signe de révérence. Puis il éclata de rire, se moquant de lui-même.

- Après qui accepterait de me donner des cours particuliers ? Ca me parait compliqué

Il invita la danseuse à s’assoir pour déguster le cappuccino qu’il avait préparé avec soin et dans les règles de l’art italien. Il porta ses lèvres délicatement dans la crème, lui dessinant une petite moustache blanche sur leur contour.

- Je n’avais jamais envisagé sous cet angle que la danse puisse être un moyen pour soigner ma phobie. J’aimerai tellement que ça marche…

On ne pouvait pas imaginer quelle souffrance il éprouvait d’être aussi retiré de la société. Il pouvait à peine toucher son père. Il avait peu d’amis et encore ils étaient très récents. Ses derniers baisers étaient destinés à sa mère.

- Pardon je ne t’ai pas répondu tout à l’heure…En effet c’est bien mon père adoptif. Il est extraordinaire avec moi. Il m’a recueilli à la mort de mes parents. Officiellement ils sont morts d’un incendie mais officieusement ils ont été assassinés…surement par des fanatiques anti prodiges car mon père était un grand chercheur scientifique soutenant la cause des prodiges. Ce qu’est devenu la Fédération me désole. Je ne sais pas si je pourrais y retourner un jour. Peut être qu’il faut se battre et ne pas se résigner à son sort. Bref…mon père adoptif était son ami. Il m’a ainsi adopté. C’est lui qui m’a transmis cette soif de savoir et encore bien plus son amour et la transmission de valeurs que pour toujours je défendrais, comme la sincérité, l’humanisme, la tolérance, le travail…Que serai je sans lui ?

Kevin réalisa que tôt ou tard son père allait mourir de vieillesse. Cela le plongea dans une tristesse profonde.




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Ven 20 Mai 2016 - 23:12
Lorsque le jeune homme exprima son doute vis-à-vis de ses capacités pour la danse, Nikiya lui répondit par un haussement d'épaules qui semblait lui concéder la justesse de cette remarque, seulement elle avait accompagné ce geste d'une petite moue dubitative.

-C'est vrai, admit-elle mais non sans renchérir. Mais comment savoir si tu n'essaies pas ? 

Ce n'était qu'un constat, la neutralité de sa voix tendait à sous-entendre qu'elle n'avait aucune réelle intention de le pousser à quoi que ce soit. Cependant, semblait-il qu'il avait fait le raisonnement par lui-même avant de reconnaître que le plaisir pouvait passer avant l'excellence. Le premier amenait d'ailleurs plus facilement au second.
Amusée de le voir exécuté quelques mimiques, elle sourit, mais son œil riant se transforma en un sourcil haussé par la perplexité. Elle hésita un instant, dévisageant son interlocuteur avec un air incertain, avant de précisée d'une voix un peu moqueuse :

-Au cas où j'ai été plus subtile que je ne l'aurais voulu, c'était une proposition... Moi. Moi, je pourrais te donner des cours particuliers. 

Elle reprit avec une certaine évidence. 

-Enfin, si le tu veux. J'ai un planning serré et il faudra que tu viennes à l'opéra pour me facilité les choses, mais on devrait pouvoir trouver un compromis. 

Elle était venue fixer son regard ambré dans celui, pétillant, du jeune homme pour observer sa réaction. Après tout, ils se connaissaient à peine. Leur première rencontre avait certes été un fiasco mais la seconde se passait relativement bien et la danseuse se prenait d'une certaine affection pour le garçon. Au delà de son corps de statut grecque et de la fraîcheur de sa jeunesse - Lotte ne cessait de se répéter qu'il était bien trop jeune pour elle - il avait quelque chose d'attachant et si la danse pouvait être une bonne thérapie, elle pouvait au moins lui offrir la possibilité d'essayer.

Lorsque Kevin reprit la parole, elle secoua doucement la tête pour lui faire comprendre que cette réponse différée ne la dérangeait pas. Elle écouta avec attention les explications de Kevin sur la mort de ses parents. L'insouciance de ses traits avait laissé la place à un air grave. Plus sérieux. Plus sombre peut-être aussi. 

-Je suis désolée de l'apprendre, murmura-t-elle, sincère.

Ses lèvres s'était pincées, son visage s'était légèrement fermé. Anti ou pro-prodiges, aucun extrême n'était préférable à l'autre...
La jeune femme refoula des souvenirs vieux de dix ans. Oui, peut-être fallait-il se battre pour lutter contre ses méthodes de pensées et surtout contre l'obscurantisme. Mais aujourd'hui, elle avait grandit, s'était assagit, et surtout avait perdu cette inconscience. Elle en venait à douter d'être capable d'agir à nouveau comme elle avait pu le faire par le passé si elle était confrontée à la même situation. Le confort du quotidien avait en cela un effet pervers.

La douceur retomba sur les traits de Nikiya. Elle n'avait pas de réponse à lui fournir sur son questionnement. La perte d'un être cher était bien souvent inimaginable, mais l'étoile n'avait que peu d'attaches, encore moins avec ses géniteur. Elle nourrissait avec eux une relation distanciée. Élevée jusqu'à ses huit ans par différentes gouvernantes, puis séparée de sa famille pour entrer à l'internat, elle n'avait jamais eut l'occasion de tisser des liens particuliers avec ses parents, qui n'étaient, ni plus, ni moins, des adultes comme les autres. Leurs morts lui vaudrait davantage de regrets de n'avoir jamais cherché à les connaître mieux que de la tristesse...

Perdue dans ses pensées, son regard tomba sur une horloge qui indiquait déjà une heure tardive et elle sursauta.

-Mon dieu, il est déjà cette heure ? J'ai pas vu le temps passer. Elle lui sourit, un peu désolée. Il va falloir que j'y aille.

Elle but d'un trait son café. Fermant un instant les yeux, presque surprise de se délecter autant du nectar noir.
Nikiya
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