Dans les coulisses [Nikiya] [Sujet terminé]

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Lun 18 Avr 2016 - 10:39
Je veux vivre, je ne veux pas mourir. Pas mourir. Pas mourir. Et ce n'est pas une blague. Pas une blague. Pas une blague.

Le mantra intérieur, obsédant, était curieusement réconfortant, à la manière d'une bouée lâchée dans la tempête en plein naufrage. Si l'on se fiait à l'état des pensées du lieutenant de vaisseau Amelia Caine, ce n'était pas si éloigné de la vérité. Elle se raccrochait à ses mots, qui venaient parfois agiter ses lèvres comme sous le coup d'une prière muette, adressée à nulle autre qu'elle-même. Objectivement, cela n'avait aucun sens. Elle savait pertinemment qu'elle n'avait plus envie de mourir qu'elle n'en avait l'intention, et il apparaissait superflu d'assurer qu'il ne s'agissait là nullement du plaisanterie. Et pourtant... Et bien, c'était ainsi, voilà tout. Peut-être y avait-il bien une part d'elle-même qu'elle devait s'efforcer de convaincre, presque en permanence. C'était ainsi qu'elle se rassurait. L'ennui, c'était que lorsqu'elle entrait dans le jeu, il était difficile d'en sortir. Le problème, c'était de le faire par trois. Elle aurait été bien incapable de dire pourquoi trois, et pas deux ou quatre. Mais lorsqu'elle y pensait trois fois, elle finissait souvent par recommencer une fois, puis deux. Pour en arriver à trois groupes de trois, la trinité au-delà de la trinité. Mais, dans dans ce cas, autant recommencer le cycle, multipliant les groupes de trois. Elle s'était déjà retrouvée incapable de s'arrêter jusqu'à ce qu'une intervention extérieur ne la sorte de ses pensées. Combien de fois Lexy l'avait-elle trouvée immobile devant le miroir de la salle de bain, mordant sa brosse à dents sous l'effet de cette réflexion perpétuelle, le regard à la fois étrangement vide et pourtant farouchement concentré. Un disque rayé, c'était l'impression que lui donnait parfois sa vie. Le reste du temps, elle s'estimait surtout heureuse qu'il s'agisse de trois, et non de, disons, quarante-neuf.

Et voilà que ce soir, elle se réfugiait une fois de plus dans les méandres obsessionnels de son esprit. Elle ne pouvait pas s'empêcher, plus encore lorsqu'elle avait autant l'impression d'étouffer. Les soirées officielles ne lui avaient jamais réussies. Les galas, les cérémonies pompeuses... Ce n'était pas ce pourquoi elle s'était engagée dans la flotte. Elle avait réussi à éviter le plus gros du décorum jusqu'ici, mais son nouveau grade ne lui en laisserait plus autant le loisir. Au sein d'une nation qui n'était pas en guerre, l'armée avait la fâcheuse tendance à se rabattre sur l'apparat des parades. Amelia aurait donné n'importe quoi pour être dans le feu de l'action à la place, même si le feu de l'action revenait la plupart du temps à de longues périodes de calme à bord d'un aéronef, entre deux interventions contre des pirates ou des contrebandiers. Mais le Harrington n'était pas encore prêt pour le décollage ; ou plutôt il l'était, mais les huiles avaient décidé de faire de son inauguration le clou du spectacle de l'exposition universelle qui allait avoir lieu sur l'arche. En attendant, son nouveau commandant était clouée à terre comme un albatros maladroit. Le pire, c'était qu'au fond d'elle-même, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ne méritait pas cet honneur. Elle avait travaillé dur pourtant, plus que bon nombre d'officier, et elle aurait dû rayonner de fierté à l'idée d'avoir obtenu un tel poste aussi jeune. Mais après ce qui s'était passé à bord du Loch Ness, elle n'en était pas aussi sûre. Elle avait vaincu pourtant, lui avait-on dit. Elle avait triomphé de l'adversité, défiant les probabilités et retournant une situation désespérée. Elle avait sauvé les survivants. Elle aurait voulu y croire sans réserves, mais elle ne pouvait s'empêcher de repenser à ce qu'elle aurait pu faire autrement. Si elle avait été plus rapide, si elle n'avait pas été brièvement paralysée par l'angoisse, si elle avait donné d'autres ordres... Alors peut-être bien que plus de ses camarades, de ses amis seraient en vie aujourd'hui. Et puis le commandement de la flotte avait décidé de la faire passer pour une héroïne, et elle n'avait pas protesté. Elle ne s'en était pas glorifiée non plus, même si elle était apeurée de sentir cette toute petite part d'elle qui voulait désespérément être d'accord avec eux ; comme une fierté bien vaine qui l'inquiétait encore plus. Mais elle était une officier de la flotte, il était de son devoir d'accepter les ordres, et de montrer qu'elle était à la hauteur de la tâche.

Même lorsque la tâche consistait à faire acte de présence pour la navy au sein d'un gala de fonction donné au nom des supporters de la flotte. Ces derniers avaient au moins eu le bon goût d'organiser l'événement à l'Opera House. Si Amelia ne goûtait guère aux salamalecs qui accompagnaient les petits-fours, au moins avait-elle pu profiter du spectacle. Elle aimait tout ce qui se produisait sur une scène ou presque ; c'était un moyen d'évasion, la possibilité de se plonger dans quelque chose qui la dépassait, et qui occupait son esprit au-delà de ses obsessions. Mais ces dernières n'avaient pas tardé à reprendre une fois la représentation finie, la forçant à naviguer dans les eaux troubles de la politique sociale. A accepter des félicitations qu'elle ne se sentait pas encore en droit de réellement accepter, lui donnant l'air d'une imposteur qui aurait volé l'uniforme qu'elle portait sur le dos. L'uniforme d'apparat bleu et or, d'un bleu marine presque noir dont les boutons et les décorations dorées brillaient de l'éclat réglementaire. Après elle ne savait combien de temps de politesses officielles, elle avait eu l'impression de se noyer dans le flot des visages inconnus qui lui semblaient faux, peut-être parce qu'ils lui renvoyaient celui qu'elle imaginait afficher. Elle s'était éclipsée à la première occasion, vaguement honteuse de fuir ses devoirs, mais respirant déjà mieux. Elle se promenait maintenant dans les couloirs déserts de la bâtisse, tirant sur son col, tout à son éternel monologue intérieur. Il y avait quelque chose d'impressionnant à se balader seule dans l'opéra, surtout après la fin du spectacle. En tendant l'oreille, elle aurait presque cru entendre le bâtiment respirer, à sa manière. Tout à ses pensées, elle n'avait pas vraiment accordé d'attention au chemin pris, laissant ses pas la guider au hasard. Elle finit par se retrouver devant une salle dont la porte était entrouverte. Laissant la curiosité l'emporter, elle la poussa doucement pour regarder à l'intérieur, découvrant une grande salle de répétition, pour la danse si elle se fiait aux barres et au reste.

Elle regarda autour d'elle, comme une enfant prise en faute après le couvre-feu. Elle ne savait pas vraiment si elle avait le droit d'être ici, et Amelia avait toujours eu de la peine à contourner les règles, quelles qu'elles soient. Elles existaient pour une raison, après tout. Mais elle ne ferait rien de mal en se contentant de jeter un coup d’œil, si ? Après un bref instant de réflexion, elle entra d'un pas précipité, comme en se jetant à l'eau. Elle se sentait attirée par l'endroit, ses pas résonnant sur le sol dans la grande pièce vide. La danse... C'était toujours quelque chose qui l'avait fascinée. Elle appréciait la grâce de celles et ceux qui la pratiquaient, cette impression qu'ils donnaient de s'abandonner tout entier à leur art et à leur corps. Elle les enviait, aussi, elle qui n'avait jamais vraiment réussi à franchir le cap, son esprit bien trop conscient de la moindre imperfections de ses mouvements, qui lui donnaient toujours l'impression de se sentir ridicule lorsqu'elle s'y essayait. Rêveuse, elle commença à faire le tour de la salle, faisant glisser une de ses mains sur une barre, totalement inconsciente de la nouvelle personne qui venait d'entrer à sa suite...
Solaris
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Mar 19 Avr 2016 - 0:36
Dans les coulisses

Lieu :

Edimburg Opera House – studio de répétition

Date de l'événement :

Avril 2016

Participants :

Solaris

Précédemment:

Entre la vie et la mort

A suivre:

Un parfum d'autrefois





***


Soirée de gala. Encore une. Pour l'opéra, les mondanités étaient une question de survie. Les mécènes donnaient, il fallait les contenter. L'art pour l'art n'était une illusion. Sans l'argent, l'art n'était pas.
Bien évidement, la présence des danseurs de la compagnie étaient requise. Celle de l'étoile parisienne était fortement espérée et répondre négativement à « l'invitation » qui lui avait été faites aurait été un caprice. Mais voilà, la perspective d'une soirée, d'autant plus lorsqu'elle était donnée en l'honneur de la Marine de l'Arche, ne l'enchantait guère. Des militaires, la belle affaire. Notre danseuse nourrissait pour l'armée une indifférence qui frisait le dédain.
La rumeur de couloir voulait même que quelques héros de « guerre » se trouveraient parmi les spectateurs. Sans rire. Parce qu'il pouvait exister une forme d'héroïsme à faire la guerre ? Nikiya sentait le goût amer des souvenirs ardents de sa jeunesse sur sa langue. Elle avait vu les militaires obtenir un pouvoir démesuré, la police devenir justice et les milices se multiplier. Elle avait vu de ses yeux des arrestations injustes, les violences et l'impuissance. C'était un autre temps, sur une autre arche. Seulement, tout ces gens, dans leur beaux uniformes, seraient les premiers à tirer dans la foule en cas de résistance. Elle chassa les images de son adolescence. Elle devait se reprendre. Il n'y avait aucune raison pour que la situation dégénère à nouveau, la paix s'était installée durablement sur l'Arche Écossaise.

Elle serra les dents, elle n'avait pas à danser pour qui que ce soit si elle ne le voulait pas, elle pouvait danser pour elle, seulement pour elle et ses partenaires. Passant rapidement ses chaussons dans la colophane, elle chassa la salle de son esprit, conta mentalement dans sa tête alors que le chef lançait les premières notes de la partition, refit rapidement dans l'obscurité les premiers enchaînement avec ses mains et, dans une inspiration, entra sur scène.

Pour cette soirée avait été programmée trois ballets d'une trentaine de minutes chacun. Notre protagoniste n'avait dansée que dans le deuxième d'entre eux. Une pièce plutôt technique et particulièrement épuisante puisque son rôle ne quittait presque pas la scène pour la demi heure que durait la chorégraphie, mais elle l'avait dansée une centaine de fois et son corps connaissaient davantage les pas que son esprit. Pourtant, cette fois avait été différente.

L'étoile était sortie de scène précipitamment après le salut. Elle ne s'était pas attardée en coulisse mais avait rejoint sa loge, pointes aux pieds. Les regards se tournaient sur son passage. Extrêmement pâle, elle avait l'impression de suffoquer. La danseuse s'enferma dans la pièce qui lui était réservée, les larmes aux yeux. Elle le sentait. Elle sentait la crise qui allait venir. La musique de son corps s'était emballée vers là fin du ballet, l'harmonie s'étaient décalées, chaque mouvement lui demandait d'autant plus de concentration, elle n'arrivait plus à contrôler sa respiration et l'apport en oxygène, la tonicité de ses muscles, la réactivité de son équilibre. C'était évidemment anormal. Anormal mais pas inhabituel.

La première crise était apparue cinq ans auparavant. Un événement isolé mais terriblement effrayant qui ne s'était pas reproduit pendant dix huit moi. Dix huit mois pendant lesquels la jeune femme en avait presque oublié cette détresse qu'elle avait alors associé à une période de stress et de travail intense. Seulement, une seconde avait éclaté, puis une troisième et les crises s'étaient peu à peu rapprochée avec les années. Son arrivée à Édimbourg ne semblait pas avoir amélioré les choses puisqu'elles n'étaient maintenant plus séparées que par quelques jours, semaines lorsqu'elle était chanceuse.

Vacillant jusqu'à la pièce d'eau, elle tentait de reprendre le contrôle de son corps qui s’emballait. Chaos. Elle réussit à se couler sous la douche, laissant l'eau froide couler sur son corps brûlant qui ne savait plus faire retomber la température. Arrivant à peine à respirer correctement elle se sécha, se glissa dans des sous-vêtements, tiraillée entre l'idée que ça aller passer et celle qu'au contraire, cette fois, elle ne s'en tirerait pas indemne. Peut-être devait-elle appeler de l'aide ?

Assise à même le sol devant une banquette, elle sentait monter de chacune de ses cellules le message nerveux de la douleur qui allait se répandre pour rejoindre le cerveau. Elle appréhendait ce moment, tremblante. Juste un mauvais moment à pass-er...
L'éclair fut fulgurant. Elle étouffa à peine un cri, mordant à pleines dents dans sa serviette. Les larmes emplissait ses yeux alors qu'elle se laissait tout à fait glisser à terre. Haletante, elle écoutait la mélodie rassurante de son organisme qui reprenait peu à peu ses marques, des différentes fonctions qui recommençaient doucement leurs besognes ordonnées. Elle voulait rester là encore quelques secondes, juste quelques secondes le temps d'être tout à fait remise. Mais ce temps lui fut refusé, alors qu'on toquait précipitamment à la porte.
Une voix féminine s'éleva de l'autre côté de la paroi de bois.

-Tout va bien ? Je peux entrer ? …. un silence. Lotte jura pour elle même et se redressa péniblement. Je viens récupérer votre costume qui doit partir à l'entretien.... Cela ne pouvait donc pas attendre cinq minutes ? Elle n'était tout de même pas aux pièces, si ? La danseuse s'était relevée avant de répondre d'un ton sec :

-Entrez.

-Je suis désolée... j'étais dans le couloir et j'ai entendue un bruit... Elle avait l'air véritablement concernée. Nikiya se radoucit. L'habilleuse n'y était pour rien, elle avait probablement un planning à respecter et chacun dans la maison avait son job à faire.

-Une crampe, c'est tout, mentit-elle avec un sourire.

-Alors il faut boire de l'eau ! S'écria l'inconnue qui allait déjà chercher un verre à la fontaine pour le lui rapporter. Hydratez-vous. Puis, en désignant un paquet rose et or posé sur la table de la coiffeuse. On a déposé ça pour vous. Vous voulez que je vous aide ? Nikiya la remercia d'un signe de tête.

A quatre mains, elles réussirent à lui passer la robe d'une grande maison de couture. L'habilleuse regardait avec des yeux rond la griffe qui signait cette pièce digne une œuvre d'art, mais aussi avec un petit air envieux. Elle venta les mérite de la maison, avant de continuer la conversation sur le fait que l'une de ses amies habillaient parfois les mannequins pour les défilées.
Lotte s'en voulait en peu de ne l'écouter que d'une oreille, mais elle avait l'esprit ailleurs. Elle aurait voulu rentrer chez elle, se glisser entre les draps, oublier l'épisode qui venait de se passer et à la place, elle devait aller jouer les potiches au cocktail qui ne tarderait pas à commencer.
Elle inspirait. Prendre sur soi. Elle posa sur ses lèvres un sourire puis s'apprêta à remercier son assistante temporaire par son prénom... avant de se rendre compte qu'elle ne le connaissait pas. Elle fronça les sourcils. La jeune femme était probablement nouvelle puisqu'elle ne l'avait jamais croisée. Elle se contenta donc d'un « Merci, bonne soirée », en observant la jeune femme sortir de la pièce avec le tutu sous le bras. Elle ne put s'empêcher de penser que celle-ci avait quelque chose de différent bien qu'elle ne puisse mettre de mots sur ce « quelque chose ».
Peut-être parce que la femme qui venait de sortir n'était pas réellement habilleuse, mais cela était une autre histoire qui échappait pour le moment totalement à notre protagoniste...

Lotte finit par rejoindre les parties publics où la foule des spectateurs s'était déversée à la fin de la dernière représentation. D'élégantes tables fleuries avait été dressées ici et là et sur lesquelles avait été disposées des centaines de flûtes du meilleur Champagne ainsi que des petits fours cuisinés par les plus grands traiteurs de la capitale. De petits groupes se formaient ça et là, selon les affinités. Ça pullulait d’uniformes. Des escouades de militaires dans leurs belles tenue de parades. Ils étaient beaux, tient, avec leur galons cousus et leur boutons brillants.
Miss Hoffmeister avait pris une coupe pour la forme tout en espérant passer inaperçu, chose peu aisée lorsque l'on portait une robe aussi resplendissante, elle tenta tout de même de se glisser auprès d'un groupe de danseurs en costards cravates. Raté.
Elle fut presque immédiatement alpaguée par le directeur de l'opéra avant même d'avoir la chance de trouver un peu de soutient du côté de ses collègues.

Elle fut alors présentée à tout un panel d'amiraux, de capitaines et peut-être même bien de lieutenant-colonels, pour tout ce qu'elle y connaissait. Elle écoutait à peine leurs félicitations et leurs remarques sur le spectacle, se contentant de leur servir des sourires crispés qu'elle ne cherchait nullement à cacher. On lui présenta ensuite un jeune femme sur laquelle on ne tarissait d'éloge quant à l'exploit et au courage, dans l'ardeur des propos, elle saisit que ladite demoiselle avait sauvé son équipage d'une attaque de piraterie, ou quelque chose dans le genre et Nikiya la félicita avec une exubérance presque ironique. Son comportement fini par dissuader le directeur de la balader de droite à gauche pour l'exhiber comme un trophée à des militaires toujours plus décorés les uns que les autres.

Elle finit même par s'éclipser totalement du cocktail en cherchant le calme dans les couloirs vides de l'opéra. Elle passa dans les coulisses, suivant le fil de sa pensée plutôt qu'un chemin précis. Ses ballerines à la main, elle marchait maintenant pieds nus et ses pas la guidèrent jusqu'à un studio de répétition. Elle avait besoin de danser, d'évacuer tout ce qu'elle venait d'accumuler, mais à sa grande surprise, la pièce n'était pas vide. Qui pouvait répéter à cette heure ?
Son visage s’assombrit instantanément lorsqu'elle vit l'uniforme réglementaire qu fourmillait à peu près partout ce soir. D'un coup d’œil elle reconnue la jeune femme qu'on lui avait présenté un peu plus tôt dans la soirée :

-Je peux vous aidez ? Demanda-t-elle, froidement.
Nikiya
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Sam 23 Avr 2016 - 15:10
Quand elle était plus jeune, Amelia s'était essayée à son lot d'activités extrascolaires. Elle était allée jusqu'à en cumuler plusieurs, aussi bien dans le cadre de la Potential Home qu'à l'extérieur. Là où certains jeunes en avaient besoin pour se défouler, canalisant une énergie débordante, elle l'avait surtout fait pour essayer de calmer son esprit toujours agité. Elle était en proie aux obsessions et aux angoisses depuis son enfance, et se concentrer sur une tâche à accomplir permettait souvent de les mettre un peu de côté. L'important, c'était de toujours avoir quelque chose à faire. De plus, elle excellait souvent dans ce qu'elle entreprenait ; et elle ne le disait pas pour se jeter des fleurs, c'était un fait. En réalité, elle ne pouvait véritablement faire autrement. Elle ne pouvait s'accorder un autre but que l'excellence, qu'elle atteignait via un travail acharné, souvent au-delà du bon sens. L'échec lui paraissait intolérable, tant elle avait peur de décevoir les gens qui l'entouraient. Pourtant, si ses parents avaient toujours prêché à la valeur de l'effort et du travail bien fait, jamais ils ne l'avaient forcée à quoi que ce soit. Toute cette pression, elle savait qu'elle se l'était mise toute seule. C'était dans sa nature, et c'était sans doute une des choses qui l'avait poussée à rejoindre la flotte. Où elle aurait toujours un objectif à atteindre, un ordre à exécuter, une cause à servir.

Toujours est-il que si elle avait appris à maîtriser l'escrime ou le violon -deux activités auxquelles elle se consacrait encore aujourd'hui, en plus du sport en soit- elle n'avait jamais eu la moindre aisance pour la danse. Elle s'était toujours sentie aussi gauche que désemparée à l'idée d'esquisser ne serait-ce que quelques pas, y compris lorsqu'elle se retrouvait seule, loin de tous les regards. Il y avait là un blocage qu'elle n'avait jamais réussi à surmonter, comme un mur infranchissable. Elle avait bien essayé un peu de danse classique, lorsqu'elle avait douze ans, mais cela avait été la première activité qu'elle avait abandonnée de toute sa vie. Quelques mois à peine avaient suffi pour lui faire comprendre qu'elle n'arriverait à rien. Souvent, elle s'était retrouvée paralysée au milieu de la salle de répétition telle une lapine dans les phares, sous l'agacement de ses professeurs et les moqueries de ses camarades. Pourtant, elle ne manquait ni de coordination ni d'aptitudes physiques, comme en témoignaient les sports qu'elles pratiquaient. Et l'idée de se donner en spectacle, si cela la mettait toujours vaguement mal à l'aise, n'était jamais un problème lorsqu'il s'agissait d'un de ces autres sports, par exemple. C'était bien dans la danse qu'il y avait pour elle un pas qu'elle n'arrivait pas à faire, à son grand désarroi. Ce qui ne lui plaisait guère : Amélia détestait ne pas se sentir en contrôle, et la danse provoquait tout de suite chez elle un terrible sentiment d'inaptitude, comme si elle révélait dans le même instant son esprit torturé au monde.

Pourtant, elle adorait voir les gens danser. Elle suivait avec intention le programme de l'opéra, où elle s'efforçait de manquer le moins de représentations possibles. En contemplant les danseurs et les danseuses sur scène, elle pouvait s'abandonner dans l'expression de leur art comme rarement elle en était capable. Elle se concentrait sur leurs mouvements, sur leur rapport avec la musique, sur leur précision exemplaire et leur incroyable sens du rythme, au point qu'elle en oubliait toutes ses angoisses le temps de quelque précieux instant. De s'être ainsi dirigée dans les coulisses de la grande bâtisse, elle avait l'impression d'avoir pénétrer le sanctuaire pour se rapprocher du saint des saints ; et sans doute serait-elle incapable d'aller plus loin un jour. Tout à sa concentration, elle n'avait pas perçu l'arrivée de la jeune femme, et elle sursauta au son de sa voix comme un chat prit en faute. Les lumières de la salle baissèrent un instant d'intensité en grésillant ; sous le coups de la surprise ou de l'émotion, les pouvoirs d'Amélia se déclenchaient parfois malgré elle, absorbant une partie de l'énergie ambiante. Sa peau se mis à luire brièvement, et un éclair d'énergie lumineuse dansa dans ses yeux avant de disparaître. Elle s'était retournée, l'air gêné, pour contempler la nouvelle venue. La posture du lieutenant s'était raidie automatiquement, réflexe né d'une carrière au sein de la flotte. Elle fit de son mieux pour se détendre en voyant qu'il ne s'agissait pas d'un officier supérieur venant la rappeler à l'ordre, même si ses épaules restaient tendues. Souvent, elle avait l'impression que son corps n'était qu'une extension de son esprit nerveux et agité.

« Je suis désolée. Je ne voulais pas me montrer intrusive, mais... La porte était entrouverte, et je n'ai pas pu résister. Depuis le temps que je viens assister aux spectacles, j'étais curieuse de découvrir un peu les coulisses. »

Elle reconnut tout de suite la jeune femme, une danseuse française.. Non pas parce qu'on la lui avait présentée quelques instants plus tôt, mais parce qu'elle l'avait déjà vue sur scène plusieurs fois. Amélia se sentit aussitôt intimidée, fascinée par celles qui arrivaient aussi bien à faire parler leur corps. Ses prestations l'avaient plus d'une fois impressionnée, et ce soir n'avait pas fait exception. L'artiste ne semblait en tout cas pas lui retourner le compliment ; elle n'avait clairement pas l'air ravie de voir ce lieutenant empiéter sur son territoire.

« Lieutenant Caine. » se présenta Amélia sur un automatisme qui rejaillissait même jusque sur les civils, plus encore lorsqu'elle se sentait nerveuse. Ses joues s'empourprèrent, et elle se reprit du mieux qu'elle put : « Amélia. Enfin, on s'est croisées tantôt, je doute que vous ayez oublié. Le spectacle était très beau, ce soir. Vous avez magnifiquement dansé. Comme tous les soirs, d'ailleurs. Je veux dire, j'aime beaucoup ce que vous faites. » Allons bon, voilà qu'elle s'enfonçait comme une écolière face à l'une de ses idoles. Il était beau, l'officier de la flotte tiens ! Donnez-lui un pont d'aéronef sous les pieds et un combat contre les pirates tous les jours, mais essayer de parler à une danseuse. « Pardon, je n'ai sûrement pas le droit d'être ici. Je peux vous laisser... »

Elle esquissa un pas vers la sortie, manquant trébucher sur son propre pied tout en essayant désespérément de reprendre contenance. Avec un peu de chance, peut-être que des pirates allaient bien finir par faire irruption dans la pièce ; au moins aurait-elle enfin l'impression de savoir comment se comporter...
Solaris
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Dim 24 Avr 2016 - 21:10
Si la militaire avait sursauté à l'arrivée de Nikiya, celle-ci demeura de marbre et ce, malgré la chute de tension et le grésillement des ampoules qui lui tirèrent seulement un regard étrange vers le plafond. Elle n'avait que de doute quand à l'origine du phénomène étrangement concordant, d'autant plus qu'elle aurait jurée voir la peau de la jeune femme briller légèrement tandis qu'elle se retournait un peu promptement.
L'intruse était clairement gênée d'être surprise en ces lieux et se raidit immédiatement, droite comme un « i », presque au garde à vous.
Lotte haussa un sourcil. S'était-elle attendu à quelqu'un d'autre, où était-ce une réaction normal pour un militaire que d'être aussi tendu -pour ne pas dire complètement coincé- ? L'importune semblait clairement nerveuse de se trouver là et l'étoile n'avait, pour le moment, aucune envie de la détromper. C'était mesquin, mais elle était de mauvaise humeur et l'uniforme que le... lieutenant (ou un autre grade quelconque, c'était, pour notre danseuse, du pareil au même) portait sur le dos n'aidait en rien.

Alors, Nikiya l'écouta se justifier sans rien dire, le visage parfaitement fermé. Elle l'écoutait, non sans un certain plaisir, s'enfoncer un peu plus dans des explications qu'elle n'écoutait que d'une oreille sans lui donner la moindre possibilité de se raccrocher à une expression de visage positive qui lui aurait montré qu'il n'y avait pas mort d'homme, qu'elle aurait simplement pu demander à quelqu'un de la maison de lui montrer le chemin et qu'il y aurait bien eut un danseur qui, pour ses beaux yeux, se serait fait une joie de l'accompagné pour lui faire découvrir les petits secrets de l'établissement... et pourquoi pas plus...
A la place de quoi, elle gardait un silence complet, jaugeant d'un œil un peu partial la demoiselle face à elle. Elle devait être dans ses âges. Beaucoup plus grande qu'elle d'une bonne quinzaine de centimètre, une corpulence correcte... pour quelqu'un qui ne dansait pas, bien évidemment.

L'étoile arqua de nouveau un sourcil lorsque la jeune femme se présenta ; Avait-elle oublié que leurs supérieurs respectifs les avaient présenté l'une à l'autre un peu plus tôt dans la soirée, ou bien n'avait-elle trouvé rien de mieux à dire sous le coup du stress ? A la rougeur sur ses joues, Lotte eut la réponse. L'officier tenta de rectifier un peu le tire avant de complimenter la danseuse. Bien que cette dernière n'en montrait rien, elle en était toujours touchée. Etait-il possible que la curieuse ait un réel goût pour la danse ? L'avait-elle trop hâtivement jugée en imaginant un lieutenant se pensait tout permis grâce aux deux bouts de galon dorée qui ornaient ses épaules ?
La française se cantonnait toujours au silence, les bras maintenant croisés sur la poitrine, écoutant ladite Amélia Caine s'excuser de sa présence et consciente de l'interdiction pour toute personnes étrangère à l'opéra de se trouver dans les coulisses.
D'ailleurs, Nikiya lui confirmait d'un :

-En effet, un peu sec, qui ne la dissuaderait probablement pas de son idée. Alors l'officier initia un mouvement bien maladroit pour sortir et Lotte dû retenir un petit sourire moqueur pour conserver son rôle, avant de reprendre avec une froideur qu'elle surjouait  un peu :

-Mais maintenant que vous êtes ici, je pourrais vous faire visiter... j'imagine.
Nikiya
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Mer 27 Avr 2016 - 12:01
Au moins, l'éclairage était vite revenu à la normale, c'était déjà ça. Plus jeune, elle avait plusieurs fois drainé l'énergie de toute une pièce sans le vouloir, voire d'un petit bâtiment. Lorsqu'elle était surprise ou nerveuse, ses pouvoirs menaçaient toujours de se déclencher comme un réflexe, et elle a avait longuement travaillé pour en limiter les fluctuations. Personne n'avait envie de voir un aéronef commencer à perdre de son énergie en plein vol ; fort heureusement, voilà un cas de figure qui ne s'était jamais présenté. Elle se sentait tellement à sa place sur le pont d'un vaisseau qu'elle y contrôlait ses dons mieux que partout ailleurs. Les années passées à la Potential Home l'avaient beaucoup aidée à prendre le dessus sur cette facettes de ses dons, en lui permettant surtout d'apprendre à les accepter pour ce qu'ils étaient. Ils ne l'effrayaient plus autant que lorsqu'elle était enfant, où l'idée de ne plus être capable de les contrôler au point de faire du mal à autrui pouvaient la paralyser des journées durant. Le contrôle, voilà qui définissait la majeure partie de la vie d'Amelia Caine. Celui qu'elle avait sur elle-même, et qui la poussait à se tester chaque jour, chaque heure, chaque minute.

Je ne veux pas mourir, je veux vivre. Je ne veux pas mourir, je veux vivre. Pas mourir, vivre. Et ce n'est pas une blague. Pas une blague. Pas une blague.

La pensée, obsédante, tournait dans sa tête comme un défi perpétuel, la poussant à se prouver qu'elle le pensait réellement, et qu'elle n'était pas sur le point de disparaître face à l'adversité. Qu'elle était assez fort pour la surmonter, et vivre en accord avec ses principes plutôt que de céder à de plus bas instincts. Car si cela devait arriver, la vie valait-elle vraiment la peine d'être vécue lorsqu'on ne se reconnaissait plus soi-même ? La tête d'Amelia se penchait en avant comme pour ponctuer ses pensées, des petits coups secs qui lui donnaient l'air d'un oiseau étrange et qui ne manquaient généralement pas d'intriguer ses interlocuteurs. Elle avait l'impression que quelque chose clochait, mais elle n'arrivait pas à définir quoi. Et l'attitude de la danseuse ne lui facilitait pas la tâche ; elle pouvait presque sentir son hostilité, bien qu'elle fut incapable de dire pourquoi la jeune femme semblait autant lui en vouloir. De plus, l'idée d'avoir enfreint une règle contribuait à rendre le lieutenant encore plus mal à l'aise, elle qui avait toujours fait de son mieux pour les suivre et ce quelles qu'elles soient. Sans les règles, elle se sentait perdue.

« Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas faire preuve d'inconvenance, et encore moins contourner le règlement. Les mondanités ont eu raison de moi, je pense. Je porte peut-être l'uniforme, mais je n'ai jamais vraiment apprécié toutes ces simagrées officielles. J'avais l'impression d'étouffer, et... je ne sais pas, cet endroit m'apparaissait paisible. Conçu pour une tâche précise, née d'un effort salutaire. »

Amelia avait commencé à se tortiller sur place, interrompue dans la sortie qu'elle avait amorcée. Dieu comme elle se sentait maladroit au sol, parfois ; à la manière d'un albatros sur la terre, entre deux envols. Les choses n'étaient jamais aussi clair qu'aux commandes d'un aéronef. Elle regretta une fois de plus que Lexy n'ait pu l'accompagner ce soir ; sa présence lui aurait fait du bien, l'aurait aidée à garder les deux pieds bien solidement sur terre. Elle pouvait affronter n'importe quoi lorsqu'elle était à ses côtés. Mais elle restait un officier de la flotte, et elle ne pouvait tout de même pas s'écrouler ainsi. Elle fit de son mieux pour reprendre contenance, esquissant un sourire pâle mais sincère.

« Je ne voudrais pas vous importuner. J'adorerais découvrir les lieux, bien entendu. Les coulisses... Voilà qui fait rêver le spectateur ; c'est là où la magie commence, après tout. Les innombrables heures d'entraînement, la planification et la coordination de tous les détails afin de donner naissance à la meilleure des performances... J'ai toujours trouvé ça fascinant. Mais loin de moi l'idée de vous retenir ; si vous préférez que je m'en aille, je comprendrai. C'est votre domaine, après tout ; je n'y suis qu'une visiteuse, et une importune qui plus est. »
Solaris
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Sam 7 Mai 2016 - 17:32
Lotte posait sur la jeune femme un œil perplexe tandis qu'elle suivait du regard ses légères oscillations répétées, ne sachant quoi penser de cet étrange comportement. Devait-elle s'inquiéter de savoir si tout allait bien ? Plus les secondes s'écoulaient plus elle s'interrogeait sur cette curieuse personne et, inconsciemment, elle avait légèrement pincé les lèvres, comme un signe de son scepticisme.
Par réflexe, elle échauffait déjà ses pieds libéré de l'emprise de ses ballerines. Sous sa robe de créateur qui tombait en cascade de broderies et de perles sur ses jambes, elle faisait méthodiquement travailler les articulations de ses chevilles, la souplesse de son coup de pied, étirant muscles et ligaments.
Elle ne quittait pourtant pas la militaire des yeux. Son allure, gracieuse, son port, altier, sa légèreté, même au repos et son visage aux traits parfaitement lissés, lui donnait une allure et une assurance qui contrastait avec le malaise palpable de son interlocutrice.
Sans la quitter des yeux, elle était venue, d'une main, détacher ses cheveux remonté en chignon compliqué et tandis qu'elle arquait un sourcil aux paroles d'Amelia, sa chevelure venait tomber sur ses épaules presque nues. Elle l'écoutait avec une attention toute particulière qu'elle venait masquer derrière une nonchalance travaillée dont elle aimait se parer.
Finalement, elle esquissa un très léger sourire à peine perceptible. Mes deux femmes étaient venu chercher refuge des mondanités interminables, loin de l'agitation, des sourire surfaits, des poignées de mains et des embrassades hypocrites, des compliments convenus, des conversations sans intérêt, des coupes de champagnes où l'on ne pouvait que tremper les lèvres et les petits fours qu'on ne pouvait déguster que du regard. Nikiya semblait pouvoir comprendre se que ressentait le lieutenant, seulement, elle était peu disposer à lui montrer pour le moment. Un brin de jalousie, peut-être, que d'avoir été troublé dans son sanctuaire.
Elle la regarda avec un petit sourire moqueur lorsqu'elle trébucha dans ses propres pieds mais repris un air moins rieur lorsque Caine retrouva un peu de son assurance pour se perdre à nouveau dans un verbiage que Niki n'écouta, cette fois, qu'à moitié.
Passant une main dans ses cheveux pour leur redonner un peu de gonflant, elle allait arrêter la jeune femme dans son discours mais deux nouveaux "intrus" pénétrèrent dans la salle de répétitions. Deux grands gaillards aux muscles saillants. Deux danseurs de la compagnie. Leurs joues rouges, leurs rires joyeux et leurs regards brillants qui dévisageait tour à tour les deux jeunes femmes étaient le signe de leur ivresse déjà avancée. Très tactiles, ils virent épauler l'étoile et avec un accent légèrement maniéré, l'un s'adressa à la ballerine :

-Niki, chérie, on se tire de cette soirée à mourir. On sort danser au Pamp, tu viens avec nous ? Plus bas à son oreille. Qui est cette petite ? Elle est véritablement charmante...

Lotte hésita un instant, regarda à deux fois Amélia, avant de lui proposer avec une certaine audace :

-Okay, je te fais visiter, mais si tu accompagnes en boîte ensuite, j'ai envie d'aller danser et ça sera définitivement plus fun qu'avec tous les uniformes coincés d'ici !

Elle n'avait aucunement l'intention de mettre les pieds dans un club sans être accompagnée. Certes, c'était un deal un peu bancal, mais puisque la militaire voulait découvrir les coulisses et semblait vouloir éviter les mondanités, Lotte lui offrait une alternative !

Les garçon s'éclipsèrent en lançant une dernière œillades aux demoiselles -œillades plus provocatrices que réellement intéressées - et le silence retomba sur le studio.
Nikiya
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Lun 9 Mai 2016 - 11:56
Dire qu'Amelia se sentait mal à l'aise était un euphémisme. Elle avait l'impression d'être une enfant prise en faute après s'être faufilée là où elle ne devait pas aller, et ce n'était pas un sentiment digne d'un officier de la flotte. D'autant qu'elle avait rarement été dans la situation de l'enfant prise en faute : déjà gamine, elle prenait grand soin de respecter les règles. Toutes les règles. Après tout, elles existaient pour une raison, et dieu seul savait ce qui aurait pu se passer si on les ignorait. Elle ne savait toujours pas ce qui l'avait poussée à les défier ainsi en s'égarant volontairement dans les coulisses, alors qu'elle aurait froncé les sourcils en surprenant qui que ce soit faire de même. Mais l'attrait avait pour une fois été plus grand que ses réserves, et elle se retrouvait dans une situation qui l'angoissait plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Et il fallait dire que la danseuse ne lui facilitait pas la tâche, mais elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Si les rôles avaient été échangés, et qu'Amelia l'avait surprise dans les coursives d'un aéronef où elle n'appartenait pas, nul doute qu'elle l'aurait sévèrement tancée.

Hoffmeister ne la quittait pas des yeux, tandis qu'elle commençait ses étirements. Elle faisait preuve de la même maîtrise impeccable de ses mouvements en dehors de la scène également, et le lieutenant ne pouvait s'empêcher d'apprécier sa grâce. Elle devait bien avouer que l'étoile était séduisante, et dotée d'un certain magnétisme. Plus que tout, elle admirait le contrôle qu'elle exerçait sur elle-même et sur son corps. Amelia suivait ses mouvements, impressionnée, se concentrant pour essayer de retrouver contenance. Elle n'osait plus faire un pas, des fois que ses pieds se rencontrent à nouveau d'une manière indigne pour toute personne normale. C'était à se demander comment elle faisait pour tenir debout sur le pont d'un vaisseau ; mais le stress de sa vie militaire était différent c'était quelque chose qu'elle avait appris à gérer.

Deux danseurs firent irruption dans la salle, empêchant Amelia de continuer à s'enfoncer plus en avant, ce qui n'était pas plus mal : elle n'aurait su quoi dire de plus pour se sortir de cette situation gênante. Elle accorda un regard d'intérêt poli aux deux hommes, mais il n'était pas difficile de voir qu'elle ne leur accordait pas le même intérêt qu'à la danseuse. La promiscuité qui semblait de mise entre les artistes était au moins une chose qui ne perturbait pas le lieutenant. Dans les quartiers exigus des aéronefs, les membres de la flotte des deux sexes étaient habitués à se changer ensemble et à partager les mêmes salles d'eau sans faire d'histoire, sans parler des entraînements et du reste. Il s'en dégageait une certaine complicité tacite qui n'était peut-être pas sans rappeler ce qui se passait avec les danseurs. Elle ne s'offusqua pas non plus de la manière dont ils la dévisagèrent ; si Amelia était facile à stresser, il en fallait beaucoup plus pour la choquer. Ce bref moment de normalité qui unissait les danseurs contribua même à la détendre un peu, et à lui faire retrouver quelques uns de ses moyens. Du moins, jusqu'à la proposition de Lotte, aussi soudaine qu'inattendue.

Les yeux de Caine s'arrondirent sous l'effet de la surprise, et elle manqua trébucher à nouveau alors qu'elle n'avait même pas fait un pas. Ce qui rendait d'autant plus difficile à croire l'habileté dont elle était capable sur un terrain d'escrime... Elle se serait plus sentie une épée à la main, à combattre un adversaire décidé à lui faire mordre la poussière. Si l'idée de pouvoir visiter l'opéra en compagnie de quelqu'un qui en connaissait bien les coulisses l'enchantait, la suite du programme la laissait bien plus dubitative. Elle ne savait comment réagir face au comportement de la danseuse, bien incapable de savoir si cette dernière se montrait sincère ou se contentait juste de la faire tourner en bourrique.

« J'apprécie votre...ta proposition. » réussit-il à dire, devant se reprendre pour passer au tutoiement qui était venu naturellement à son interlocutrice. « Pour la visite, j'en serais honorée. Pour le reste, je... Et bien, je ne sais pas vraiment danser. Je n'ai jamais... Disons que je n'ai jamais su comment m'y prendre. Je crois que je fais un blocage, je pense que c'est en grande partie pourquoi j'admire autant les danseuses comme vous, euh, toi, qui semblent si maîtresses de leur corps. Quand j'essaie de bouger sur la piste, j'ai l'impression d'être une sorte d'albatros maladroit dont on aurait agrafé les ailes... »

A cette idée, Amelia se sentait mortifiée ; et pourtant, elle ne pouvait faire taire la petite part d'elle-même qui ne demandait qu'à réussir à se lancer, enfin...
Solaris
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Jeu 12 Mai 2016 - 19:38
Ouf. L'arrivée impromptue des deux danseurs s'était révélée être un intermède salutaire, aussi bien pour Nikiya, qui, maintenant qu'elle avait trouvé un intérêt certain chez la militaire, semblait moins féroce à son égard, que pour la lieutenant elle-même, qui avait arrêté de se tortiller. Elle semblait d'ailleurs retrouvé un peu de contenance, du moins jusqu'à sa proposition, certes un brin insolite. La surprise, et peut-être un peu l'embarras, se lisait que son visage et Lotte arqua un sourcil tandis qu'elle vacillait sur place sans même avoir tenté un nouveau mouvement. Cette nana était incroyable...
Elle eut visiblement quelques soucis pour lui rendre son tutoiement - si naturel chez l'artiste, lorsqu'elle était de bonne humeur - et lui fourni une réponse un carrément alambiquée. Lotte leva les eux au ciel à la mention de "blocage", un sourire un peu narquois sur ces lèvres. Pourquoi diantre était-elle en train de faire son auto-psychanalyse quand elle lui proposait que d'aller poursuivre la soirée dans un club ! Mi-moqueuse, mi-amusée par ce moulin à parole, elle rétorqua :

-On va se remuer sur la piste de danse, pas exécuter un pas de deux du Lac des Cygnes ! Relax.

Le cygne et l'albatros. L'idée fit sourire l'étoile. Les deux volatiles n'étaient pourtant pas si éloignés, peut-être y aurait-il finalement quelque chose à tirer de la jeune femme...

[color=#cc9999Je peux t'assurer que là où un va, tout le monde s'en fout. [/color]

Cette perspective rendait déjà notre danseuse plus légère. Comme si l'idée d'aller se trémousser dans un lieu surpeuplé, bondé, aux milieux des corps transpirants, tout collés serrés et sans personne pour vous jugé, sur de la musique beaucoup trop forte et plutôt mal mixée - sans parler de l'odeur poisseuse de l'alcool - la réjouissait plus que de raison.
Elle avait besoin de ça. De s'oublier, d'oublier son corps surtout. Sortir de la pression accablante qui régnait dans son monde de faux-semblants.

Allez, viens. Finit-elle par dire en lui faisant un petit signe de tête pour qu'elle la suive.

Ses chaussures toujours à la main, elle se dirigea d'un pas souple vers une autre porte, à l'opposé de celle où elles étaient entrée, et qui donnait directement sur un vestiaire. De là, elles pourraient rejoindre des lieux plus intéressants et commencer la visite à proprement parlé.

L'espace d'un éclair, un sourire carnassier se dessina sur les lèvres fines de l'étoile, alors qu'elle se surprenait à penser qu'elle aurait tout aussi bien pu faire le choix de perdre Amelia dans le dédale du théâtre. Mais puisqu'elle avait décider de la prendre comme "cavalière" pour aller danser, elle devait renoncer à cette perfidie.

Lotte emmena tout d'abord la visiteuse impromptue à l'arrière de la scène. Des techniciens s'affairaient déjà à vérifier la mise en place des décors et des lumières du spectacle qui se jouaient en alternance avec le show de ce soir. La danseuse saluait toujours toutes personnes qu'elle croisait, connue ou non.
Elle montra à la millitaire les loges du bord de scène ou les danseurs et danseuses pouvait faire des changement de costume et de maquillage lorsqu'il n'y avait pas assez de temps pour remonter dans les étages.
Elles firent tour à tour et en montant progressivement dans les étages : les studios de répétitions, les loges, le département du maquillage et de la coiffure, le département de l'habillement -où quelques femmes finissaient de mettre sur des portants les costumes du soir même-, le département des costumes -les ateliers vides avaient quelque chose de fantomatique tandis que les tutus, pendu la tête en bas, couvraient le plafond comme une horde de chauve-souris endormies -, l'atelier de déco où on réalisait les teintures et les bijoux, la mode où l'on concevait les chapeaux, la maille pour les académiques. Il fallait gravir encore de nombreuses marchés pour arriver sous la coupole de l'opéra, sous laquelle se trouvait une large salle de répétition, copie exacte du plateau quelques étages plus bas.
Les longs couloirs étaient vides, plutôt étroit et presque tous identiques. Dans certains corridors, des portes fermées alignaient les unes à côté des autres et notre héroïne n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait se trouver de l'autre côté.
Nikiya présentait toujours sobrement les lieux, laissant le temps à la curieuse d'observer à son aise. Elle, en profitait pour observer Caine.
Elle était cependant disposée à répondre dans la mesure de ses connaissances aux questions de la jeune femme.

Le tour termina dans la loge de l'entrée des artistes.

-Alors, c'était comme tu l'imaginais ? Demanda-t-elle. Elle voyait l'envers du décor tout les jours, peinant même parfois à se rendre compte du côté prestigieux qui régnait sur les lieux. De plus, les coulisses étaient, dans leur architecture, beaucoup plus rudimentaires, loin du faste bourgeois des parties publiques et de la salle, tout en marbres et en dorures.

À l'entrée, l'artiste demanda à la concierge si elle pouvait lui appeler un taxi. Maintenant, c'était à Amelia d'honorer sa parole.
Nikiya
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Mar 17 Mai 2016 - 14:30
La soirée prenait une tournure des plus imprévisibles. Et Amelia n'aimait pas l'imprévisible. Elle avait toujours aux horaires, aux décisions nées d'une longue réflexion plutôt que d'une spontanéité qui pouvait se révéler dangereuse, et aux règles. Voilà ce qui arrivait lorsqu'on contrevenait aux règles, même les plus anodines : on prenait le risque de perdre le contrôle qu'elles permettaient d'avoir sur soi-même. C'était une chose d'improviser dans le feu de l'action, lorsque les explosions secouaient le pont de l'aéronef et que l'instant présent était le seul qui comptait. C'en était une autre que de le faire lorsqu'elle avait le temps d'y réfléchir. Mais peut-être bien qu'à trop réfléchir, elle se fourvoyait également. Elle revoyait chaque jour le visage des hommes et des femmes mort sous son commandement improvisé, lorsqu'elle avait dû prendre la relève de son supérieur blessé, inanimé. Si elle avait réfléchi ne serait-ce que quelques secondes plus vite, si elle avait été plus sûre d'elle...certains des morts ne le seraient sans doute plus aujourd'hui. Ses proches comme ses supérieurs et les membres de son équipage avaient beau lui dire qu'elle avait fait de son mieux, que beaucoup lui devaient leur vie, cela ne lui suffisait pas. L'excellence n'avait jamais autant d'importance que lorsque des vies étaient en jeu, et elle leur avait failli.

Depuis, ses angoisses n'avaient cessé de l'assaillir, plus pernicieuses que jamais. Et malgré l'aide de Lexy, de sa famille, du docteur Weston, de ses camarades de la flotte, elle avait de la peine à réellement prendre pied. Elle sentait les nouveaux galons sur ses épaules même lorsqu'elle quittait l'uniforme, comme une paire de poids brûlants qu'elle s'imaginait arracher avec violence. Et puis, dans les bons jours, il y avait la fierté de les avoir obtenus malgré tout, et c'était sans doute ce qui lui faisait le plus peur : de succomber à une fierté qu'elle ne méritait pas. Elle en attendait trop d'elle-même, on le lui avait souvent dit. Mais elle ne savait pas comment faire autrement. Qu'il s'agisse du service actif, d'un duel d'escrime... ou de la piste de danse.

« Qu'il s'agisse d'exécuter le Lac des Signes ou de se trémousser sur la dernière musique à la mode ne change rien à mes yeux. » répliqua-t-elle, le ton plus mordant que prévu. L'attitude de la danseuse réussissait enfin à la faire réagir autrement que par la stupeur et la confusion, et elle commençait enfin à se dire qu'elle n'appréciait guère de voir ses propos ainsi déconsidérés. « Et ce n'est pas le regard des autres qui me bloque, seulement le mien. » Et c'était là son plus gros problème, se retint-elle d'ajouter. Néanmoins...une petite partie d'Amelia trouvait presque agréable de se faire agacer ainsi. Il y avait bien peu de gens qui arrivaient à faire réagir cette partie-là, outre sa sœur et Lexy. Qui arrivaient à la faire réagir malgré elle, comme si elle arrivait enfin à sauter certains des innombrables pare-feux mis en place par son inconscient.

« Mais un marché est un marché. Si vous...tu as la gentillesse de prendre de ton temps pour me faire faire un tour dans les coulisses, je peux bien te rendre la faveur. »

Et par ces mots, Amelia scellait son accord. Sa parole était sacrée, et elle n'avait jamais déshonoré le moindre marché. Elle avait répondu comme sous le coup d'une impulsion, et ne savait pas si elle devait se réjouir d'y être arrivée ou se maudire de s'être piégée elle-même. Voilà qui mériterait d'être abordé à sa prochaine séance de thérapie... Décidant de profiter de la visite, elle emboîta le pas à Lotte, s'en remettant à elle pour la guider dans les entrailles de l'opéra. Et plus elle en voyait, plus l'analogie à une grande forme de vie fascinante et complexe lui semblait valide. C'était comme finalement prendre le pouls de la créature après l'avoir uniquement observée de loin. Voir les représentations, le talent des artistes et des musiciens, c'était déjà formidable. Mais le spectacle ne prenait tout son sens que lorsqu'on on réalisait enfin la mesure du travail effectué en arrière-plan. Des costumiers aux accessoiristes, c'était autant d'organismes essentiels qui s'unissaient pour permettre la magie d'opérer sur scène. Le lieutenant observait avec attention, prêtant une attention sincère aux explications de Lotte, et appréciant chaque instant de la visite. Elle posait une question pertinente ici et là, toujours ravie à l'idée d'en apprendre un peu plus. Sa guide était manifestement dans son univers, évoluant dans les coulisses avec autant de grâce que sur le devant de la scène. Elle y était à sa place, et il suffisait de voir son attitude avec les personnes qu'elles croisèrent pour s'en rendre compte. Amelia saluait également les gens, toujours polie et chaleureuse, ne se privant jamais d'un remerciement à l'adresse de ces travailleurs de l'ombre lorsqu'elle en avait l'occasion, tout en prenant soin de ne pas se montrer intrusive ou de les déranger dans leur ouvrage. En un sens, c'était là aussi quelque chose qu'elle comprenait : les aéronefs de la flotte fonctionnaient de la même façon. Pour qu'ils s'élèvent dans les cieux sous les regards émerveillés des spectateurs, il fallait un travail qui demandait autant de soin que de dévotion, et la plupart de ceux qui les faisaient fonctionner étaient rarement visibles du grand public. Les machinistes, les responsables de la logistique, les officiers d'ordonnance et les matelots qui briquaient le pont : ils faisaient tous partie de l'équipage au même titre que les officiers qui donnaient les ordres sur le pont. Un bon commandant ne l'oubliait jamais, et Amelia avait toujours mis un point d'honneur à traiter chaque membre d'équipage à sa juste valeur, quel que soit son rôle.

« C'était fascinant! » répondit-elle avec enthousiasme à la question de Lotte une fois la visite terminée. « L'opéra est un peu comme un grand vaisseau : c'est la combinaison des talents de chacun qui lui permet de fonctionner. Je suis heureuse d'avoir eu l'occasion de m'en apercevoir ; je me sens privilégiée, même. Et ça bat un énième souper de gala pompeux n'importe quel jour de la semaine. Je te remercie. Vraiment.»

Amelia s'était détendue au fur et à mesure de leur marche dans les coulisses, et son pas comme sa posture s'étaient faits plus assurés, se rapprochant enfin de la grâce qu'elle avait sur le pont d'un vaisseau. La maladresse de l'oiseau à terre avait laissé la place à l'Amelia Caine qui se cachait derrière, et qui avait souvent bien de la peine à revenir à la surface. Son sourire était franc, et ses yeux clairs. Mais maintenant qu'elles en avaient fini avec cette partie de la soirée, il lui revenait d'honorer son propre accord, et elle espérait qu'elle ne perdrait pas ses moyens d'ici là. Autant se lancer alors qu'elle s'en sentait encore le courage, galvanisée par le tour qu'avait pris la nuit, elle se tenait face à Lotte, avec une assurance nouvelle bien que fragile lorsqu'elle songeait à cette histoire de danse.

« Et bien, il semblerait que ce soit à mon tour que de complaire à ta demande. J'imagine que tu ne me laisseras pas m'en tirer à si bon compte, de toute façon. » Un brin de malice, peu coutumière chez elle, avait remplacé le mordant ; à croire que celle de la danseuse était contagieuse. En tous les cas, Amelia s'apprêtait à affronter les prochaines heures avec autant de dignité que possible : ce n'était tout de même pas un lieutenant de la flotte qui allait s'enfuir en courant. Du moins pour le moment.
Solaris
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Jeu 19 Mai 2016 - 1:35
Par chance, la visite semblait avoir un effet positif sur le lieutenant Caine. Comme si tous ces lieux propices à créer la magie avait une influence bénéfique sur son humeur et son comportement. On ne pouvait nier qu'Amelia était légèrement passée pour une névrosée aux yeux de la danseuse. Après la timidité et la confusion, elle n'avait pas manquée de se montrer sur la défensive et même un brin agressive, du ressenti de Nikiya. Cette dernière avait d'ailleurs fait une très légère moue à cette réaction un peu sèche qu'elle avait eu, entre l'agacement et le malaise. Elle ne lui imposait pas à la mer à boire, tout de même. Elle ne lui imposait rien du tout, d'ailleurs. Mais la militaire avait tout de même accepté sa proposition, mais si cela semblait être bien malgré elle. La ballerine leva discrètement les yeux au ciel avant de guider son invité dans le dédale du théâtre.

Heureusement, il n'avait fallu que quelques minutes à la femme en uniforme pour retrouver une assurance et une sérénité qui contrastait avec son attitude précédente. Elle était curieuse, avenante, à l'aise. Qui l'eut cru. Caine montrait un tout autre visage qui surpris agréablement l'étoile française et elle sourit à l'enthousiasme qu'elle montrait maintenant. Avec un petit rire, elle releva les paroles de la jeune femme à ses côtés :

-C'est marrant que tu parles de « vaisseau »... tu sais que les premiers machinistes dans les théâtre étaient des marins, n'est-ce pas ? D'ailleurs, on a, depuis, à peu près les mêmes superstitions.

Les remerciements que lui fit Amelia était sincère, mais elle s'était, pour une seconde, perdue dans ses pensées et avant répondu dans un petit sourire un effacé.

-Je suis contente que ça t'ait plu.

Après tout, c'était aussi son job que de devoir partager tous ces trésors. Même si elle ne l'avait pas montré, elle avait pris plaisir à faire découvrir son univers. Ce monde magique du spectacle.
Néanmoins, c'était maintenant l'heure de tenir sa parole et, peu avant que le taxi n'arrive, la gradée réaffirma son intention, non moins incertaine, de l'accompagner. Elle avait compris qu'elle n'avait, de toute façon, pas vraiment le choix et Lotte répondit à sa malice par un sourire mutin :

-Non, en effet, tu as vu juste... Aller, ne t'inquiète pas, ça va être fun, lui assura-t-elle avec un clin d’œil.

Et, l'invitant à la suivre dans le taxi, Nikiya grimpa dans la berline noire au vitre teintée qu'on lui avait fait envoyé.
Une fois à l'intérieur, elle s'excusa auprès d'Amelia d'être vieux jeu et de préférer rester bien sur terre. Des paquets étaient posé sur les sièges arrières.

-Par contre, il va falloir quitter ça... fit-elle en désignant l'uniforme immaculé. Dans les paquets soigneusement préparés, des vêtements et des chaussures beaucoup plus adaptés – pour la situation, pas forcément pour l'une des demoiselles. Niki avait déjà retiré sa robe de créateur sans la moindre pudeur et enfilait une tenue plus indiquée en se tortillant.
Pendant ce temps, le véhicule filait dans les rues de la ville. Le trafic était plutôt fluide à cette heure.

En quelques minutes, les deux femmes arrivèrent au club que Lotte avait pris l'habitude de fréquenter, grâce aux deux zigotos de danseurs croisés plus tôt. Il s'agissait d'un lieu extrêmement select et très huppée où tous les jeunes adultes friqués de la capitale venaient faire la queue pour tenter d'entrer. Mais comme partout ailleurs, il y avait des plus privilégiés que d'autres...
Aussi, Nikiya et son accompagnatrice n'eurent même pas à faire la queue et furent accueilli à l'entrée comme si elles fréquentaient l'endroit tous les soirs.
Évidemment, l'ambiance était déjà à son comble à l'intérieur et une foule compacte se déplaçait par vague. Lotte était venue prendre la main de la militaire sans vraiment lui demander son avis. La musique était, de toute façon, bien trop forte pour qu'elle entende quoi que ce soit et la danseuse avait tout de même une responsabilité de ne pas la perdre dans la foule dès les cinq premières minutes.

Elles se faufilèrent alors entre les clubbers déchaînés sur la piste et les assoiffés qui tentaient de rejoindre les différents bars. Étonnement, au vue du nombre de personne au mètre carré, Nikiya réussi à retrouver assez rapidement ses amis déjà bien avancés dans le processus de dépravation. Dans un langage rudimentaire composé de lecture sommaire sur les lèvres et de gestes simple de la main, les deux hommes leur offrir un verre à chacune et déjà les trois danseurs trinquaient à cette soirée en entraînant avec eux la quatrième. Nikiya, vidant son premier cocktail cul sec, éclatait déjà de rire puis entraîna dans sa suite sa partenaire pour la soirée.

Avant de rejoindre la piste de danse à proprement parlé – qui était d'ailleurs assez difficile à distinguer puisque ça dansait un peu partout – Lotte s'arrêta en sortant quelque chose de son corsage. Dans un petit sachet transparent, deux pilules bleutés qu'elle mit dans sa main. Elle tenta d'expliquer à Amelia en criant par dessus la musique qu'elle ne les avait pas sortie devant les gars parce qu'elle n'en avait que deux.
Elle tendit un cachet à la lieutenant, avant d'avaler le sien.
Nikiya
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Lun 23 Mai 2016 - 11:58
Encore charmée par la visite privée à laquelle elle avait eu droit, et par toutes ses découvertes, Amelia restait détendue malgré ce qui l'attendait pour la suite de la soirée. Au fond, c'était un mince prix à payer en échange de la faveur qui lui avait été accordée. Et puis son impression de Lotte s'était considérablement modifiée au long de leur marche dans les coulisses. Elle était bien moins déstabilisée par l'attitude de la danseuse, et se rendait bien compte que si cette dernière avait commencé par se montrer assez dure, c'était bien parce qu'Amelia lui avait tendu toutes les perches nécessaires. Maintenant, les deux femmes semblaient plus détendues, et la tension avait bien baissé. Le lieutenant savait qu'elle n'était pas toujours très douée pour faire une première bonne impression, aussi était-elle finalement reconnaissante à l'étoile d'avoir fait le gros du travail pour faire tomber un peu les barrières. La jeune femme semblait facile à vivre, et Amelia n'avait qu'à essayer de suivre la cadence.

« Oui, je savais que les machinistes venaient de là. C'est un fait qui m'a toujours intéressée, et que je trouve plutôt logique, quand on y pense. Quant à la superstition... Il y a des environnement qui la favorisent plus que d'autres, et tout ce qui touche aux machines en fait partie, j'ai l'impression. Si découvrir les coulisses d'un des grands aéronefs devait un jour t'intéresser, tu as déjà une guide ; je serai ravie de te faire partager mon monde à mon tour. Certifié sans décorum. »

Elle se doutait bien qu'en plus de son aversion pour le pompeux inutile, Lottet n'était sans doute pas une grande admiratrice de tout ce qui touchait à l'armée. Elle pouvait le deviner rien que d'après son caractère. Mais un vaisseau n'était pas uniquement défini par son appartenance à flotte, et certains des engins les plus sophistiqués et impressionnants en faisaient partie. Chaque engin était son propre petit monde à part, à la manière d'un théâtre. Et d'innombrables hommes et femmes œuvraient dans l'ombre pour leur bonne marche, loin du feu des projecteurs.

« Et je suis contente que tu n'aies pas décidé de me perdre dans les coulisses. » répliqua une Amelia amusée, qui savourait le fait d'arriver enfin à se sentir un peu plus légère. « L'inquiétude est un peu mon paramètre par défaut, mais je ferai de mon mieux. »

Anna avait déjà essayé de l'amener en boîte ; sa petite sœur avait toujours été celle qui essayait de bousculer ses habitudes pour lui permettre de mieux profiter de la vie. Mais ses efforts s'étaient rarement révélés concluants lorsqu'une piste de danse était concernée, et elle avait fini par baisser les bras. Quant à Lexy, elle avait toujours préféré les sensations fortes procurées par la vitesse d'un VAP lancée à toute allure à celle de la danse endiablée. Mais Amelia se sentait curieuse à l'idée de retenter l'expérience ce soir. Elle était en bonne compagnie, et peut-être que la présence de Lotte se révélerait salvatrice ; il était parfois plus facile de se laisser aller lorsqu'on était en compagnie d'une quasi-inconnue. D'autant que son enthousiasme se révélait communicatif.

L'officier suivit la danseuse dans le taxi, et réalisa que cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas été dans un véhicule en contact direct avec le sol. Dans sa vie privée, elle se déplaçait par VAP ; à bien y réfléchir, la dernière fois qu'elle avait roulé devait daté d'au moins dix ans. Elle en fit brièvement part à Lotte, amusée. Quant au changement de tenue, l'idée fit sourire Amelia : « Tu es décidément bien préparée. » Après tout, pourquoi pas ? Elle n'était plus en service, et elle n'était tout de même pas du genre à porter son uniforme dans le civil. Elle se dévêtit sans hésitation, habituée à se changer sans la moindre pudeur en présence d'un grand nombre de personnes ; dans les étroits vestiaires des aéronefs de la flotte, on n'avait de toute façon guère le choix, et ces détails perdaient très vite de leur importance. Sa nouvelle tenue était plutôt confortable, et clairement plus adaptée à la suite du programme. Durant la suite du trajet, elle prit néanmoins le temps de plier soigneusement son uniforme, n'hésitant pas à s'y reprendre à plusieurs fois lorsqu'un mouvement lui semblait mal exécuté ; mais elle y arriva plus rapidement que d'autres fois, moins sujettes à ses cycles de répétions maintenant qu'elle était plus détendue.

Une fois arrivées, Lotte put les faire entrer directement, ce qui ne surprit pas Amelia le moins du monde. L'étoile avait manifestement ses habitudes dans ce genre d'endroit. Le club, moderne, semblait plutôt huppé, et clairement pas le genre d'établissement que le lieutenant aurait imaginé fréquenter un jour. A l'intérieur, le bruit était assourdissant, et l'ambiance oppressante. Amelia avait beau avoir l'habitude des endroits exigus et de la présence humaine, il y avait quelque chose dans cette ambiance qui la mettait mal à l'aise. La musique, la foule, le bruit, l'anonymat : autant de choses qui, conjuguées, participaient à une sorte de désinhibition de masse. Elle prit soin de ne pas perdre Lotte de vue, qui retrouva rapidement ses amis. La danseuse semblait aussi à l'aise ici que sur scène, parfaitement dans son environnement. Malgré sa bonne volonté, Amelia ne pouvait s'empêcher de se sentir stressée ; elle accepta du coup le premier cocktail avec plaisir, en sirotant quelques gorgées sans pour autant aller jusqu'à le finir. Lotte finit par l'entraîner un peu plus loin, pour lui présenter un cachet. Décidément, la soirée se révélait de plus en plus inattendue... Amelia en resta un instant interdite, se demandant comment réagir. Si elle buvait très peu, c'était bien parce qu'elle détestait la sensation de perte de contrôle. Et puis il y avait une autre raison, bien plus terre à terre : l'alcool se mariait mal avec les médicaments qu'elle prenait tous les jours. Si un verre ou deux était sans danger, elle prenait soin de ne jamais franchir la limite, par souci des règles aussi bien que de sa santé. Quant aux drogues, légères ou non... Disons que leurs effets étaient encore moins conseillés que ceux de l'alcool pour quelqu'un dans sa condition. Elle n'y avait jamais touché, pas même au moindre pétard. Elle avait même évité les stimulants dont se gavaient certains cadets pour tenir le coup. Surtout, elle avait vu les ravages qu'ils provoquaient chez les jeunes officiers ou les pilotes, et les dégâts que cela pouvait causer au sein de la flotte. C'était là quelque chose qu'elle pourrait jamais tolérer dans sa vie, et elle n'allait certainement pas commencer ce soir. Elle essayait malgré tout de ne pas juger autrui, du moment qu'ils s'y adonnaient dans un cadre privé, et qu'ils n'avaient pas des responsabilités qui impliquait, par exemple, d'être aux commandes d'un aéronef.

« Non merci ! » cria-t-elle pour essayer de se faire entendre, secouant la tête pour appuyer sa réponse le cas échéant. Et puis il y avait vraiment la peur qu'elle ressentait à l'idée de perdre le contrôle sur elle-même, d'une manière ou d'une autre. C'était ce qui l'effrayait le plus, comme si cela l'aurait alors poussée à succomber à toutes ses angoisses et ses craintes les plus secrètes. A cette idée, elle pouvait déjà sentir sa gorge se serrer et son cœur se mettre à battre la chamade de manière totalement arythmique. Son col la serrait, ce qui était étonnant car elle n'en portait pas, et elle ressentait déjà la première sueur froides. Autant de symptômes qui annonçaient le début d'une crise d'angoisse. Elle chancela sur ses jambes, soudainement prise de vertige. Elle dût s'appuyer sur l'épaule de Lotte pour conserver son équilibre, et se força à prendre une longue inspiration pour essayer de se calmer. Puis elle fouilla dans ce qui faisait lieu de poche dans ce qu'elle portait, pour en sortir un de ses propres comprimés : un anti-anxiolytique d'appoint à faire fondre sous la langue, justement fait pour supprimer ce genre de crise dans l’œuf.

« J'ai ma propre dose. On me l'a prescrite, pour l'angoisse...» lança-t-elle avec un sourire contrit. Elle s'en voulait d'être ainsi victime de ses angoisses. Elle n'avait pas envie que Lotte la voit ainsi, et encore moins de lui gâcher la fête. « Je fais une bien piètre clubbeuse, je suis désolée... »
Solaris
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Lun 30 Mai 2016 - 21:49
Nikiya n'avait pas cherché à insister lorsque sa comparse d'un soir avait répondu par la négative à son offre, appuyant son refus d'un mouvement du chef. La danseuse avait, pour toute réponse, haussé les épaules, lui signifiant ainsi que c'était comme elle le souhaitait, qu'elle ne la forcerait à rien. Elle lui lança un petit sourire avant de ranger le petit sachet qui contenait la dernière pilule d'ecstasy dans son bustier.

Notre héroïne repensa alors aux paroles qu'Amelia avait eu plus tôt, lorsqu'elles étaient encore dans la voiture, et elle eut un sourire étrange. Était-ce ce qu'elle avait imaginé de la vie d'une danseuse étoile ? Était-elle, de par son comportement, en train de surprendre la lieutenant ? 
Avant de se changer, cette dernière avait fait remarquer son organisation ; probablement était-t-elle loin d'imaginer réellement à quel point elle avait raison. Lotte pouvait apparaître comme une jeune femme qui vivait dans l'instant - et c'était le cas, en quelque sorte - mais elle faisait également partie de cette élite qui, en un claquement de doigt, pouvait obtenir tout ce qu'elle voulait. Une voiture, une collection de vêtements, des entrées dans les boîtes les plus branchées du moment, et aussi... De la drogue. N'importe laquelle et la meilleure... 

La ballerine avait alors fermé les yeux pour se laisser porter par le rythme de la musique électro, exécutant quelques mouvements qui, malgré leurs aspects désordonnés, lui donnaient une certaine grâce désinvolte. Ses cheveux bruns tombaient en boucles légères sur son visage parfaitement détendu. Il faudrait pourtant encore quelques minutes avant que le narcotique ne fasse son effet, mais elle s'abandonnait déjà sur la musique. Son corps vibrait, traversé par les basses fréquences poussées à fond.
Elle ne rouvrit les yeux que lorsqu'une main vint se poser sur son épaule. Celle de sa partenaire. Elle remarqua immédiatement, et ce malgré les lumières noires, qu'Amelia avait pâli.
Par réflexe, la française avait agrippé la jeune femme par le bras pour l'aider et la soutenir en cas de besoin. Caine semblait chercher de l'air et Niki comprit qu'elle était la deux doigts de lui faire un malaise au milieu de la foule compacte et complètement insouciante.
Elle jura pour elle-même.

La danseuse passa alors son bras à la taille de la militaire pour la conduire hors de la foule. Elle gardait un air parfaitement serein, respirant lentement, mais intérieurement, elle forçait son organisme à ralentir l'assimilation du MDMA pour en retarder les effets. Seulement, elle était surtout parfaitement consciente qu'elle prenait justement ce psychotrope afin de mettre en sourdine son don. L'un dans l'autre, elle ne tarderait pas à planer.

En attendant, elle jouait des coudes pour les sortir de là, se coulait parmi les clubbeurs, entraînant Amélia avec elle Amelia. Lorsqu'elles se retrouvèrent dans une zone un peu moins dense, l'étoile observa la garder sortir ses médicaments avec de les glisser sous sa langue, lui expliquant qu'il s'agissait d'anxiolytiques.
Il semblait que les pièces de puzzle commençaient à s'imbriquer de façon plus cohérente. Notre héroïne comprenait un peu mieux le malaise dont la militaire avait fait preuve à leur rencontre, son flots de paroles, ses attitudes étranges, la façon qu'elle avait eu, dans le taxi, de plier à la perfection ses vêtements, recommençant plusieurs fois s'il le fallait, le fait qu'elle avait refusé la pilule bleue, aussi... 
Elle ne la jugeait pas pour tout ça. Elle aurait dû s'en douter, être plus attentive aux signaux, accepter de sortie de sa bulle parfois, revenir sur terre. Elle ne pouvait pas entraîner tout le monde dans son sillage chaotique...

Lotte se força à garder l'esprit clair, ce n'était pas le moment de ressasser.

Au moins, l'avantage qu'elle avait à fréquenter régulièrement le club étaient qu'elle commençait à connaître les lieux. Elle savait qu'il existait un coin où elles seraient tout à fait tranquilles. Nikiya jeta un coup d'oeil autour d'elle avant de légèrement pousser Caine dans un couloir presque dérobé avant qu'elles ne puissent être remarquées par les vigiles. Le corridor menait vers des salons privatifs qui pouvaient être réservé le temps de quelques heures ou d'une soirée. Notre protagoniste s'engouffra dans l'un d'eux qui était parfaitement après y avoir guidé la lieutenant.
Il n'était pas vraiment nécessaire de préciser qu'elle n'avaient pas vraiment le droit de se trouver là, mais la ballerine comptait sur son assurance et ses sourires pour les tirer d'une situation délicates en toute circonstances. Au moins, ici, Amelia pourrait reprendre ses esprits et elle, faire son trip tranquillement.
Ce qu'elle ignorait évidemment était que toutes les salles étaient dotées de caméras afin de pouvoir garder un œil sur ce qui se passait au sein de la boite de nuit, salons privés compris.

Ici, l'ambiance était tout à fait différente, tamisée, confortable. La musique aussi était différente. La française avait laisser sa comparse s'installer dans un canapé moelleux tandis qu'elle s'était aventurée vers le bar, sortant une bouteille d'eau, l'autre de Champagne. Elle servit un verre de la première à son "invitée" et un de la seconde pour sa personne avant de la rejoindre sur le sofa.

Portant la flûte à ses lèvres, elle ne quittait pas sa nouvelle connaissance du regard. Elle finir par lui répondre avec un certain délais :

-Oui, une bien piètre clubbeuse. Mais ce n'est rien, assura-t-elle avec un sourire sur les lèvres qui prouvait la franchise de son affirmation. 

-L'idée était stupide, de toute façon. Elle pouffa.

La drogue commençait à faire son effet. La demoiselle se reversa alors sur la banquette capitonnée, la tête vers le plafond, le regard dans le vague, un sourire sur les lèvres. Devant ses yeux, l'espace prenait une toute autre dimension, la musique avait un goût délicieux et les lumières chantaient en harmonie avec le rythme des beats.

Elle se coula à côté du lieutenant en civil. 

-Ça va mieux ? 

Demanda-elle en glissant doucement une main sur son bras, l'effleurant du bout des doigts. Contact était incroyablement plus chaud, plus doux, elle voyait des étincelles se former sous la pulpe de ses doigts et parcourir le bras d'Amelia.
Nikiya
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Mar 31 Mai 2016 - 13:20

Kim Wang

« Kim, n’oubli jamais que dans chaque cœur se cache la puissance d’un soleil. »
Sarah Kane [1874]


Music
一粒沙子

    La porte du bureau du directeur s’ouvrit sur la silhouette massive du chef de la sécurité. Celui-ci eut un mouvement d’arrêt en voyant son patron en pleine conversation avec Kim Wang. Kim Wang était le patron du patron. Kim Wang montait rarement jusque dans ce bureau. Ce n’était jamais pour annoncer une augmentation de salaire du personnel. L’homme de main s’avança avec prudence, maudissant déjà les deux petites pestes à cause de qui il était ici.

    - Oui, Hu ?

    - Patron, deux femmes sont entrées dans un salon privé sans avoir de réservation. L’une d’elles est sur la liste. Miss « Hoffmeister ».

    - Je m’en occupe. Quel numéro ?

    - Le 3.

    Malgré son apparence de trentenaire, Kim Wang allait bientôt dépassé les 200 ans. Il était le fils de Jao Wang et de Sarah Kane, plus connue sous le nom de Sveda. À l’âge 20 ans, il s’était détourné de cette dernière pour rejoindre les rangs de son père et mentor. Depuis ce temps, il travaillait pour le Samouraï. Ses activités demeuraient dans le domaine légal. Elles servaient régulièrement de couverture aux affaires à la mafia chinoise internationale. Kim ne se préoccupait pas de tout ça. Il se contentait de profiter des avantages qu’elle lui offrait. Donc, l’un d’eux était bien sûr d’avoir accès aux sphères supérieures de la richesse.

    Il passa devant un veilleur et lui indiqua qu’il pouvait partir. Il attendit que les pas de l’homme s’éteignent avant d’entrer dans le salon. Ses yeux charbon embrassèrent la pièce d’un regard. Ils se posèrent sur les deux silhouettes qui occupaient les sofas. Il reconnut immédiatement la ballerine Lotte Hoffmeister, sans être certain de l’identité de la seconde. Il s’avança avec calme. Un sourire éclaira ses traits.

    - Bonsoir…
    Miss Hoffmeister, en tant qu’habituée du club vous n’êtes pas sans savoir que cet espace n’est pas libre d’accès.


    Le regard de Kim détaillait depuis quelques secondes le jeune officier. En bon élève il avait retenu les enseignements de sa mère et du vieil herboriste chez qui il avait parfait son savoir. Il s’approcha de la jeune femme. Il adressa un sourire rassurant à Amélia et tendit la main pour saisir sa main droite.

    - Permettez…

    Kim incita la main de la jeune femme à s’ouvrir. Il caressa délicatement le bas de la paume et appliqua un point de pression avec son pouce. Il appliqua un lent mouvement circulaire sur la zone pour accentuer les effets sur le nerf. Un point d’acuponcture basique qui aidait à réguler les montées d’angoisse. Lorsque la jeune femme reprit un peu de couleur, il s’arrêta et reposa doucement sa main. Il lui adressa un sourire rassurant avant de se relever pour leur faire face.

    - Je vais dire à mes hommes de vous laisser tranquilles pour ce soir. Vous en avez besoin.

    Kim avait retrouvé son allure neutre voir austère. Cependant, une lueur bienveillante persistait dans le fond de ses prunelles. Cette intervention venait de lui donner une idée. Avec cela il espérait pouvoir aider quelqu’un qui lui était cher. Une jeune immortelle, elle aussi, pour qui la vie n’avait pas été facile. Il observa de nouveau la danseuse et nota une nouvelle fois la grâce de son port de tête.

    - Et puis, je ne veux pas subir les foudres de Xin-Qian en contrariant l’une de ses amies de shopping.

    Kim laissa entrevoir un sourire légèrement taquin avant de lancer un regard en direction de la caméra. Il adressa ensuite un dernier sourire au joli duo et se retira. Quelques minutes plus tard, un serveur toqua à la porte. Il portait un plateau sur lequel étaient disposées plusieurs sucreries de grands confiseurs. Une note manuscrite accompagnait les douceurs.

    « Des douceurs pour de douces fleurs.
    Mademoiselle Miss Caine, je vous recommande d’aller voir le professeur Li. N’hésitez pas à lui dire que je vous envoie. Il vous aidera.
    Mademoiselle Hoffmeister, j’ai beaucoup aimé votre dernier rôle. Au plaisir de vous voir danser.
    Le serveur est à votre disposition. En vous souhaitant à toutes deux une bonne soirée.
    Kim Wang. »



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Tohum
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Dim 5 Juin 2016 - 18:40
Reprocher à Lotte l'enchaînement des événements aurait été la dernière chose à laquelle Amelia pensait. Elle s'en voulait avant tout à elle-même de gâcher l'ambiance, et d'autant plus la soirée de la danseuse. Elle était sortie pour s'amuser, et pas pour se retrouver à devoir s'occuper d'une officier de la flotte qui n'était même pas capable de garder le contrôle sur elle-même dans une boîte de nuit. Mais il fallait dire qu'elle avait connu des champs de batailles moins effrayants ; à cette pensée, un mince sourire tordit ses lèvres pâles tandis que l'étoile l'emmenait à l'écart. Lotte avait très bien réagi, comprenant tout de suite que le lieutenant avait besoin de calme, et elle ne s'était pas offusquée le moins du monde de la voir refuser sa pilule ou de la voir perdre ainsi ses moyens. Elles en étaient toutes deux au point où juger l'autre ne leur serait plus venu en tête, et Amelia en était profondément reconnaissante. Si leur rencontre s'était déroulée un peu froidement, la suite avait bel et bien permis de briser la glace.

Caine se laissa guider, se forçant à faire un pas après l'autre dans le calme en essayant de réguler sa respiration. Le bruit assourdissant du club devenait difficilement supportable, de même que les mouvements frénétiques des danseurs, les flash de lumières et la promiscuité étouffante des corps. Les yeux fermés, elle se concentrait sur un îlot fragile de tranquillité mentale, un truc qu'elle avait développé au fil de ses séances avec le docteur Weston. Elle s'y raccrochait de toutes ses forces, s'enveloppant d'images rassurantes qui l'ancraient toujours dans la réalité : les sourires de sa famille, de Lexy, la liberté d'un aéronef en plein vol... Le médicament commençait déjà à faire effet, elle pouvait le sentir. Celui-ci était spécialement conçu pour agir rapidement ; pris assez tôt, il l'aider à tuer ses crises d'angoisse dans l’œuf, du moins dans les bons jours. Son cœur battait un peu moins la chamade, même s'il menaçait encore de s'affoler. Et lorsque l'organe devenait irrégulier, son rythme effrayant et sauvage, c'était le cercle vicieux qui commençait. Celui où le moindre symptôme physique causait une plus grande détresse mentale, qui aggravait lesdits symptômes, qui nourrissaient la peur d'autant plus... Et si elle s'était retrouvée seule, Amelia aurait sûrement succombé malgré le comprimé. Mais la présence de Lotte la rassurait, et lui donnait quelque chose de tangible à laquelle se raccrocher sur place. Enfin, les bruits furent étouffés, et Amelia ouvrit les yeux pour voir qu'elles se trouvaient maintenant dans ce qui devait être une petite salle privée. Elle se laissait tomber -fort peu gracieusement- sur le canapé, et accepta avec reconnaissance l'eau que lui apporta sa compagne. Boire lui faisait toujours du bien dans ces moments-là.

« Non, c'est moi qui suis stupide. J'aurais dû te dire que ça risquait d'arriver, je ne voulais pas gâcher ta soirée... Surtout après la patience dont tu as fait preuve à mon égard pour la visite. »

A la question de Lotte sur son état, Amelia en profita pour faire le bilan, et réaliser que oui, elle allait déjà bien mieux. Sa respiration était plus maîtrisée, son cœur moins saccadé, et elle reprenait petit à petit le contrôle sur elle-même ; et la perte de ce dernier était bien le plus effrayant, comme si cela ne pouvait être que le signe avant-coureur d'un arrêt total et définitif du corps. Je veux vivre, je ne veux pas mourir, pensa-t-elle une fois de plus. Je veux vivre, je ne veux pas mourir. Je veux vivre, pas mourir.

« Oui, merci. Tu as su m'aider comme il fallait, je ne sais pas ce que j'aurais fait toute seule sur la piste, dans cet état... Avoir l'impression de perdre ainsi le contrôle de son corps...c'est terrible. Mais ça va mieux, vraiment. » De fait, les couleurs lui revenaient déjà, chassant petit à petit la pâleur qui avait saisi son visage. Elle retrouvait une meilleure perception de son environnement également, et elle réalisa soudain que Lotte s'était rapprochée bien près. Au contact de ses doigts sur le bras de l'officier, des étincelles dansèrent sur la peau, et Caine pouvait en ressentir toute la chaleur. Elle rougit de plus belle, se demandant bien comment elle était censée réagir à un tel contact. Elle voyait bien que Lotte commençait à ressentir les effets de ce qu'elle avait pris plus tôt, et n'était pas très au fait de la marche à suivre. Elle devait bien avouer qu'elle la trouvait très séduisante, mais les émotions fortes commençaient à succéder plus que de raison, et elle n'avait surtout pas envie de risquer de vexer cette femme qui avait si bien su l'aider.

Comme pour répondre à sa prière muette, la porte s'ouvrit soudain sur un jeune asiatique. Il connaissait visiblement Lotte, et était probablement l'un des responsables de l'endroit. Voilà deux fois qu'Amelia était prise sur le fait en train de commettre l'infraction de se trouver où elle n'aurait pas du être, et elle se demandait ce que cela pouvait bien en dire sur elle. Mais le dénommé Wang se montra charmant plutôt qu'agacé, si bien qu'Amelia n'eut même pas la présence d'esprit de réagir lorsqu'il se saisit de sa main. Intriguée, elle le laissa faire, et ne tarda pas à en ressentir les effets bénéfiques. Tout le scepticisme qu'elle aurait pu ressentir à l'idée d'un tel traitement s'envola, et elle avait bel et bien reprit ses couleurs quand il en eut finit avec elle.

« Merci. » lui dit-elle avec un sincère sourire de remerciement, avant de se présenter : « Lieutenant Caine. Amelia. Je suis désolée d'avoir fait irruption dans un endroit privé. Je vous assure que ce n'est habituellement pas mon genre. Mais ce soir, on dirait que je ne peux pas m'en empêcher. »

Peu de temps après son départ, voilà qu'arrivait un serveur qui leur offrit des friandises sur un plateau. Amelia le remercia gentiment, et dévora la première qui attira à son regard ; comme l'eau, le sucre faisait toujours du bien après un tel épisode. De quoi recouvrer son énergie. Elle lut avec attention la note qui lui était destinée, avant d'examiner sa tenue à la recherche d'une poche pour l'y ranger (si cette tenue avait des poches, elle n'en était pas encore sûre...). Son esprit cartésien avait toujours eu de la peine à envisager que de tels traitements étaient possibles, mais ce soir lui aurait au moins appris qu'elle s'y était plus réceptive qu'elle ne l'aurait pensé. Peut-être bien qu'elle irait voir ce docteur Li ; après tout, elle n'avait rien à perdre dans cette entreprise, et tout à y gagner.

« Non seulement tu sembles prête pour n'importe quelle occasion, mais en plus tu connais pas mal de monde, on dirait. » lança Amelia à l'adresse de Lotte, toujours souriante, heureuse de se sentir un peu calmée. « Est-ce qu'il t'arrive de perdre le contrôle ? »
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Mar 21 Juin 2016 - 22:46
Lotte n'écoutait plus que d'une oreille les paroles contrites d'Amelia. Elle lui aurait bien répété qu'elle n'avait pas besoin de lui dire tout cela, ni même de s'excuser. Ce qui était fait, était fait et, au final, la soirée n'était pas plus désagréable comme ça. Seulement, cela aurait nécessité un effort supplémentaire que d'ouvrir la bouche et de prononcer des phrases grammaticalement correctes. De plus, la douceur de la voix de Caine l'apaisait comme une berceuse qu'elle ne voulait interrompre. Elle laissa donc les mots de la jeune femme flotter paresseusement dans l'air, avant de ses laisser porter par les étranges divagations de son esprit sous l'emprise des narcotiques.

Néanmoins, lorsque la porte du petit salon s'ouvrit, elle sut qu'elle devait se reprendre, qu'elle ne pouvait pas laisser Amelia gérer seule la situation. Sortir de la torpeur. Se redresser. Sourire. Amadouer. Elle commença par se donner mentalement une claque - qu'elle regretta forcément un peu - avant de se relever. Maintenant en position assise, un petit sourire innocent sur les lèvres, elle fit face à l'asiatique qui venait d'entrer dans la pièce.
Il se tenait droit, imposant, le visage fermé, impassible. Le regard qu'il posa sur elle la fit d'ailleurs frissonner. Non pas parce qu'elle était impressionnée – enfin, un peu tout de même, mais il lui en fallait plus pour la déstabiliser – mais à cause de la force qui se dégageait de ces yeux de jais, le magnétisme. Elle connaissait cet homme, de vue tout au moins, pour l'avoir croisé plusieurs fois en ces lieux, dans ce club qu'elle fréquentait de plus en plus souvent et à chaque fois sa présence avait attiré son regard. Où était-ce à cause du groupe d'hommes toujours sérieux et fermés qui gravitait autour de lui et sortait de ces salons privés ou de derrières des portes stipulant formellement « staff only » ?

Lorsqu'il brisa le silence, ce fut pour s'adressa a elle en premier. L’appelant par son nom, il lui rappela les règles de base du lieu. La ballerine n'appréciait que peu cette situation d'infériorité où l'on se targuait de savoir qui elle était sans que cela de puisse être réciproque. Pourtant, l'homme accompagna ses paroles d'un sourire, qui radoucis immédiatement notre danseuse, qui chercha rapidement une réponse appropriée qu'elle accompagna d'un charmant sourire, presque mutin :

-En effet, et je m'en excuse. Je n'aurais jamais agit de la sortie si ce n'était pas une situation d'urgence...

En d'autre circonstance, si elle n'avait pas un contrôle si parfait de son corps et de ses réactions, peut-être que le rouge lui aurait légèrement monté aux joues. Mais déjà, le regard de l'homme était posé sur Amelia et avec assurance, elle reprit :

-Je dédommagerais votre club de ce que je lui dois.

Une affirmation qu'elle avait lancé, non pas au hasard, mais à la chance, celle d'une déduction qu'elle espérait juste et donnerait-elle (ou au moins tenterait-elle) de donner le change en faisant croire qu'elle savait parfaitement à qui elle avait affaire.
Mais sans rien répondre, l'asiatique s'était contenté d'approcher de sa comparse. Elle le regarda faire avec une certaine méfiance mêlée... d'impuissance. A vrai dire, elle faisait beaucoup d'effort pour rester maitresse d'elle-même et de la situation et rien dans le comportement de cet homme ne laisser présager une réaction négative. Elle ne s'interposa donc pas. Elle suivit d'autant plus distraitement l'échange entre les deux lorsqu'elle comprit qu'il l'aidait à faire passer la crise d'angoisse. Le gentleman finit par leur permette de rester dans cette alcôve de tranquillité pour le reste la soirée. Elle le remercia alors à mi-voix, tandis que son sourire avait totalement disparu, il avait de nouveau paré ses traits d'un air froid et distant. Ce changement fit , une fois encore, frissonner notre étoile.

Puis, lorsqu'il mentionna Xin Qian, Lotte pu enfin identifier leur interlocuteur. Kim. Il devait être Kim Wang. C'était donc lui, qui son amie portait autant en disgrâce ? Il avait pourtant quelque chose d'aussi charmant que mystérieux... il fallait croire que les rivalités entre le fils et la belle-mère étaient impénétrables.

Wang lui lança un dernier sourire avant de jeter un regard vers un coin de la pièce où devait se trouver la caméra qui les avaient trahi et il ne tarda pas à les abandonner, laissant nos deux jeunes femmes seules. Nikiya fut ravie de constater que la militaire avait réellement reprit des couleurs! Pour couronner ce rétablissement, un serveur vint leur apporter des douceurs et un mot de la main de leur bienfaiteur. L'étoile eut un sourire en coin, fit un petit mouvement charmeur de la main en direction de la caméra avant de prendre, elle aussi, une friandise qui s'avérait tout simplement être de un pur délice sous ses papilles.

Elle éclata d'un rire sonore en regarda Amelia et vint se rasseoir à ses côtés :

-On a eut une chance monstrueuse !

Elle était venue s'allonger sur la banquette et avait posé sa tête sur les genoux de sa partenaire. Inconsciemment, sa main avait reprit son mouvement sur le bras de la jeune femme. Elle aimait particulièrement sentir sous ses doigts l'incroyable douceur de sa peau. De l'autre main, ses doigts allaient de temps en temps chercher une confiserie.
Elle étouffa un rire à la remarque de Caine.

-C'est l'un des avantages de la célébrité, oui.

Sa seconde question la laissa davantage perplexe. Instinctivement, elle aurait répondu d'un « non » catégorique. Elle était une femme pleine de ressources, aussi bien physiques de financières, qui étaient des atouts non négligeables pour se sortir de bon nombre de situations peu plaisantes et elle n'avait jamais perdu le contrôle par le passé. Mais voilà qu'elle hésitait.

-Pourquoi perdrais-je le contrôle ? Se contenta-t-elle de rétorquer sur un ton un peu étrange.

Elle refusait d'accepter que les crises dont elle était victimes de plus en plus souvent était une perte totale de contrôle de son don, et donc de son corps. Mais elle allait trouver une solution pour ça...
Nikiya
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Pouvoirs : Conscience et contrôle du fonctionnement physiologique de son corps


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