[CLOS] Jeune et Jolie. / Persona

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Mar 12 Avr 2016 - 23:30



« I don't know why women want any of the things men have when one of the things that women have is men. »
Coco Chanel



    Claire tendit l’oreille. La clochette de la porte d’entrée venait de sonner. Elle vérifia l’heure sur la pendule murale de l’atelier. 14h01. Dalhia Anderson venait très probablement d’entrer. Claire piqua son aiguille dans la manche qu’elle retouchait à l’instant, un chemisier de soie blanc. Puis elle quitta la pièce, pour rejoindre la salle principale de la boutique. Elle avait choisi un créneau horaire dont elle savait qu’il serait plus calme. Il y avait toujours un creux dans le début d’après-midi. Cela lui permettait de recevoir sa cliente dans de meilleures conditions.

    Il est vrai que le « secret d’Edy » comme elle la surnommait, commençait à être étroite, depuis que Claire avait engagé deux nouvelles couturières, pour faire face à la demande. Bien entendu, l’idée de changer de local lui avait traversé l’esprit. Mais elle avait vite abandonné en voyant le prix de la location au mètre carré. Ne parlons par de l’achat. En quelques années le prix de l’immobilier avait implosé. Les charges n’arrêtaient pas d’augmenter elles aussi. Heureusement que Claire avait une bonne comptable et un banquier dont la femme « adorait » ses robes.

    Claire s’avança vers la jeune femme d’un pas enjoué, un sourire accroché aux lèvres. Une bonne commerçante avait toujours le sourire. De plus, elle était contente de revoir cette cliente. Cette belle jeune fille lui avait laissé un bon souvenir. Ce qui n’était pas toujours le cas. En particulier quand Claire devait faire face à aux jeunes bourgeoises, qui ne juraient que par des maisons de haute couture européennes. C’était souvent l’annonce d’une avalanche de remarques effarées. « Comment, vous faites encore du carreau. Mais ce motif était à la mode en 2013 ! »

    Eh bien oui, contrairement à ses envies de jeunesse Claire, se faisait maintenant un malin plaisir d’éviter le sentier battu par les grandes marques. Elle n’arrivait pas toujours à convaincre ses clients. Mais, au moins elle tentait d’apporter quelque chose de différent sur le marché.

    - Bonjour mademoiselle Anderson ! Je suis ravie de vous revoir chez nous. Puis-je vous débarrasser ?

    Claire réceptionnait avec agilité manteau et autres accessoires, avant d’aller les ranger dans une penderie installée près du comptoir d’accueil. Une fois les mains libres Claire escortèrent sa cliente vers une salle d’essayage.

    La pièce était de taille modeste, mais une grande fenêtre sur le mur droit, ouvrait l’espace. Le soleil d’avril inondait un paquet vieux dont se dégageait un léger parfum de cire d’abeille. Un confortable sofa était à la disposition des visiteurs de même qu’une élégante table basse en bois. Contre le mur de gauche était collée une grande table de travail autour de laquelle se trouvaient des tabourets.

    Claire laissa la jeune femme reprendre ses marques avant d’aller attraper une tasse sur la petite déserte posée à l’extrémité, pour la lui tendre. La boisson chaude était exactement ce que la jeune femme avait pris la première fois.

    - comment allez-vous depuis la dernière fois ? Tout va bien ? Vos projets ? Ils avancent comme vous le voulez ? Il me semble que je vous ais entendu passer à la radio il y a quelques mois ! Oui, je suis presque sûre. Mon petit garçon avait beaucoup aimé le morceau.

    Les yeux verts de Claire observaient attentivement la jeune femme, sa façon de se mouvoir, de prendre la lumière du début d’après-midi. Une lueur passionnée s’enflammait dans le fond de son regard. Ses doigts semblaient prendre vie rien qu’à la perspective de devoir embellir cette charmante silhouette.

    - De quoi avez-vous envie cette fois-ci Mademoiselle ?


Charadh
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Sam 16 Avr 2016 - 14:11



« On devrait soit être une œuvre d’art, soit en porter une. »
Oscar Wilde

La limousine nous posa, Ellen et moi, devant la boutique alors que les rues étaient encore fort calmes en ce début d’après-midi. Le visage à demi dissimulé derrière d’immenses lunettes de soleil, je pris quelques instants pour savourer la tranquillité de l’endroit, ainsi que la devanture de la discrète boutique. Puis d’un pas décidé, je me dirigeai vers l’entrée, suivie par Ellen tandis que la voiture attendait à l’arrêt derrière nous. Le désormais habituel carillon de la porte annonça notre arrivée, et je retirai mes lunettes pour admirer plus en détails l’intérieur de la petite boutique.

J’étais assez sobrement vêtue, comme à mon accoutumée lorsque je me déplaçais en ville, pour ne pas attirer l’attention. Un simple pantalon noir et une chemise blanche, le tout agrémenter par une légère veste et un sac à main à la fois discret et élégant. Ellen avait déjà une allure plus habillée, avec un costume plus professionnel mais très soigné et fin. C’était surtout elle qui insistait pour valider ou non mes tenues officielles, et en la matière, elle avait certes plus de connaissances que moi. Néanmoins, le choix final m’appartenait toujours. C’était elle qui m’avait conseillé cette boutique, il y a maintenant quelques temps, et sa taille ainsi que sa chaleur humaine m’avaient rendu l’endroit bien plus sympathique que de nombreuses boutiques de grandes marques. Ce n’était pas parce que je jouais les stars que je devais me comporter comme tel vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

La patronne ne tarda pas à venir nous accueillir, connaissant mes heures de passage dans sa boutique. Je répondis d’un large sourire à ses salutations enthousiastes, tout aussi heureuse de la retrouver qu’elle semblait l’être à me voir.

"Bonjour Madame Richards, le plaisir est partagé. Merci beaucoup." Avec un léger hochement de tête poli, je lui tendis ma veste et mon sac, avant de m’avancer légèrement dans la boutique. Ellen de son côté restait vers l’entrée, mais salua également la couturière avec un petit sourire.

"Je vous laisse, je reviendrai la chercher dans une heure." répondit-elle simplement. "Et je verrai avec vous pour commander un nouveau tailleur, si vous le voulez bien Madame Richards."

Sur ce, elle la salua avant de sortir rejoindre la voiture. J’observais d’un œil ma mère et agent s’éloigner, ayant le curieux sentiment de me sentir soudainement plus libre et plus autonome. Ellen me faisait souvent cet effet, et son attitude parfois protectrice n’aidait pas vraiment. Elle avait le don de me traiter comme une enfant parfois. Enfin bon.

Je suivis la patronne, m’installant sur le sofa tout en observant les lieux avec calme. L’endroit respirait la sérénité, même si je supposais que, comme le beau rayon de soleil, ce n’était qu’éphémère. Il devait y avoir des périodes de rush pour amener de l’animation dans cet atelier, le métier étant parfois fait d’imprévu et de commandes express. Je remerciais ensuite la couturière lorsqu’elle m’apporta une tasse de thé vert, comme lors de ma première visite. Elle avait bonne mémoire, et un sens chaleureux de l’accueil. Une vraie petite bulle de calme dans mon quotidien parfois chaotique.

"Tout va pour le mieux, on fait ce qu’on peut pour. Mais mes nombreux projets avancent chacun à leur rythme, j’en suis donc assez satisfaite. Et vous ? Pas trop de travail ? Et comment va votre famille ?" répondis-je avec un sourire et après avoir pris une gorgée de mon thé. Certes, j’avais beaucoup à faire, autant sur le plan « professionnel » que sur celui moins officieux. Mais je menais ma barque d’une main ferme, comme toujours. Suite à sa remarque suivante, j’émis un léger rire amusé. "Oh c’est fort possible, j’y passe de temps à autre. Mais tant mieux si cela plaît à votre garçon. J’ai également entendu votre mari plusieurs fois. Il n’y a pas à dire, il a vraiment une belle voix."

Reprenant une gorgée de thé, je reposai la tasse et sortis un petit calepin sur lequel j’avais pris des notes avant de venir.

"Eh bien, dans quelques temps se tiendra la grande exposition universelle, je pense que vous devez être au courant. Normalement, je devrais y donner quelques concerts, et assister à plusieurs soirées. J’aurais donc besoin de tenues plus légères pour les premiers, et quelque chose de plus habillé pour les secondes. Je dirais deux robes pour les concerts, et trois pour les soirées, qu’en dites-vous ?"

J’esquissais un petit sourire amusé, ne doutant pas que mon interlocutrice avait déjà de nombreuses idées en tête. Son regard pétillant me le prouvait en tous cas.
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Mar 3 Mai 2016 - 21:05




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    - "Je vous laisse, je reviendrai la chercher dans une heure." répondit-elle simplement. "Et je verrai avec vous pour commander un nouveau tailleur, si vous le voulez bien, Madame Richards."

    - Oh parfait oui ! Nous verrons cela ! À tout à l’heure !

    Claire regarda la silhouette de l’accompagnatrice se déplacer vers la sortie. Par voie de conséquence la dame était elle aussi devenue une cliente de la boutique. Claire l’appréciait. Elle se souvenait bien du dernier tailleur qu’elle avait fait pour elle. La coupe assez classique créait un bel effet sur cette silhouette, cependant elle avait envie de lui proposer un modèle un peu plus… excentrique cette fois-ci.

    - C’est bien, c’est même très bien.

    Les personnalités qui atterrissaient à Édimbourg's Secret étaient, pour la majorité, hautaines et faméliques. Les tops modèles actuels présentaient une image du corps féminin qui avait tendance à la faire frémir. Claire appréciait de voir que certains arrivaient pourtant à garder corpulence etles pieds sur terre. Elle avait l’impression que celle qui était assise devant elle était d’ailleurs plus fine d’esprit qu’elle ne voulait bien le montrer dans la presse.

    - Nous avons obtenu, une commande de costumes de scène, de la part de l’opéra ! Un très beau projet artistique, mais qui réclame beaucoup de temps. J’ai aussi l’espoir que le comité accepte mon projet pour le carnaval du mois prochain. J’aimerai au moins costumer quelques danseuses.

    Les festivités du printemps à Édimbourg amenaient toujours plus de travail pour les commerçants de la ville. Claire tissait peu à peu des liens avec ses collègues installés dans le quartier. Ils essayaient de travailler ensemble. Ils se relayer pendant cette période extrêmement intense. Cette coalition commerciale était malheureusement impossible, avec les grandes enseignes, dont la quête de bénéfice dépassait les limites. C’est probablement ce qui retenait Claire d’accepter d’entrer dans un grand réseau.

    - Ils vont tous bien ! Mon aîné veut se lancer dans le journalisme. Il a été accepté dans une école. Mais je n’ai jamais eu le droit de lire ce qu’il écrit !

    Le rire de Claire était spontané et franc. Elle s’exerçait à prendre le choix de Guillaume avec philosophie. Ce n’était pas facile. Une vraie angoisse le vrillait les entrailles quand elle l’imaginait sur les zones de conflits. Elle était aussi déçue que son fils ne lui fasse pas partager ce qu’il écrivait. Elle était curieuse de connaître le regard de ce jeune homme sur leur Archipel mondial. Il avait grandi beaucoup trop vite à ses yeux. Elle avait parfois du mal à se dire qu’il vivrait bientôt une vie d’adulte loin d’eux.

    - Ce qui nous ferait 5 robes. Mmm, oui ! On vient de recevoir la popeline. Avec votre silhouette elle ferait un bel effet.

    Le stock de la boutique avait été refait au cours des deux derniers mois. La chef d’atelier avait fait quelques menues folies aux derniers achats. Une bonne façon de compenser le manque de moyens pour repousser les murs. Les filles et elles pouvaient se lancer dans de nouveaux défis de créations. Claire attrapa l’un de ses carnets de croquis sur la table de travail. Elle le feuilleta jusqu’à tomber sur le modèle auquel elle avait immédiatement pensé.

    - Ce qui nous ferait 5 robes. Mmm, oui ! On vient de recevoir la popeline. Avec votre silhouette elle ferait un bel effet.

    Claire se glissa sur le sofa au côté de sa cliente pour lui présenter une double page d’esquisses. Elle ne cachait en rien son affiliation à une créatrice comme Coco Chanel dont elle admirait beaucoup le travail. Il y avait dans ses dessins une recherche d’harmonie entre la mode actuelle et un style beaucoup plus classique. Elle expliqua son idée de départ, partir sur une robe longue, échancrée dans le dos, avec un jeu de dentelle au niveau des reins et des cotes.

    - Qu’est-ce que vous en pensez ? Pour les événements officiels, ça pourrait convenir, je pense !
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Jeu 2 Juin 2016 - 20:56
Ellen s’éloigna après un salut bref mais courtois, quittant la boutique avec cette démarche qui montrait bien qu’il s’agissait d’une femme qui avait à gérer divers projets à plusieurs endroits de la ville, et dont l’agenda était par conséquent bien chargé. Néanmoins, je remarquai le regard de madame Richards sur ma mère, ne doutant pas que la tailleuse avait déjà quelques idées pour le fameux tailleur. J’esquissai un bref sourire, car il était vrai qu’Ellen restait assez classique dans ses propres choix vestimentaires, à défaut d’avoir le temps d’y songer davantage comme elle le répétait parfois. En revanche, ma propre apparence faisant partie intégrale de mon travail, aussi officiel qu’officieux, elle y prêtait donc logiquement beaucoup plus d’attention.

Prenant des nouvelles de la gérante, je remarquais sans grand étonnement que le futur carnaval de la ville nous demandait un travail de préparation assez important, et ce dans bien des domaines différents. Mais cela ne le rendait finalement que plus intéressant. Je hochais doucement la tête.

"Je n’en doute pas, c’est un milieu assez particulier, mais je ne doute pas que vous saurez vous en sortir. De quelle production s’agit-il ?" Je connaissais le monde l’opéra grâce à mes deux pères, qui avaient beaucoup de connaissances travaillant dans ce domaine, et d’aussi loin que je puisse me souvenir, ils me trimbalaient souvent avec eux dans les coulisses. "Concernant le carnaval, je peux peut-être en toucher un mot à quelques personnes pour appuyer votre projet, si vous le voulez ? Je serais vraiment curieuse et ravie de voir vos créations lors de cet événement, c’est certain."

Et puis, le but de ces grandes festivités était également de promouvoir les talents d’Edimbourg, pas de grosses boîtes internationales. Je pris une gorgée de mon thé, tout en me laissant quelques instants transportée par la musique diffusée dans la boutique, et qui lui donnait cette atmosphère rétro si particulière et agréable.

Le rire de mon interlocutrice était franc, et communicatif. J’avais si rarement l’occasion de côtoyer des personnes si spontanées, cela faisait… franchement du bien. Mon sourire s’agrandit un peu plus, et je l’écoutais attentivement me parler de sa famille. Ça aussi, c’était un sujet si frais et sincère dans mon monde.

"C’est une véritable vocation, journaliste. Mais si c’est ce qu’il désire faire et qu’il a été pris dans une école, alors je dirais que ce sont des débuts prometteurs, vous ne trouvez pas ? Et il ne pourra pas toujours vous cacher ce qu’il écrit, s’il est un jour publié. Ce que je lui souhaite."

C’était aussi un milieu assez difficile, mais comme pour beaucoup de choses, la passion aidait à se trouver une place. Et des journalistes de qualité ne courraient pas les rues, je pouvais aisément en témoigner. Il y avait donc largement de la place pour les petits nouveaux.

La discussion continua sur le but premier de ma visite, et j’expliquais à la couturière la commande que j’avais à lui passer pour les débuts de l’exposition universelle. Il n’en fallut pas plus pour la lancer, et je l’observais avec intérêt et curiosité s’emparer de son carnet de croquis. C’est ce qui me plaisait dans notre relation, certes professionnelle, mais qui restait malgré tout très humaine. Cela n’arrivait pas souvent, à ce niveau, et pourtant, la vie était soudainement plus légère lorsqu’on se parlait avec respect et d’humain à humain…

Mon regard parcourut les esquisses, s’illuminant légèrement alors que je pouvais tout à fait visualiser la robe à partir de ces traits évocateurs. Je ne pouvais pas me dire être une enragée de mode, m’y intéressant par intérêt et devoir professionnel. En revanche, l’esthétisme et l’art en général me parlaient davantage, ainsi que certaines figures ou époques historiques aux styles bien particuliers.

"Ça me plaît beaucoup. Mais avec vous, je sais que je peux y aller les yeux fermés." Je fis une pause, et hochai délicatement la tête pour signifier que je ne disais pas cela pour lui faire plaisir, mais parce que je le pensais sincèrement. Elle savait mettre en valeur ce corps qui restait un outil de travail de façon extrêmement soignée et élégante. Néanmoins, la discussion était tout aussi intéressante, aussi continuai-je : "Pensez-vous pouvoir continuer dans cette lignée avec les autres tenues ? Pour donner une cohérence et un concept sur l’ensemble des manifestations, tout en essayant que chaque tenue soit unique ? Est-ce que cela vous inspire ?"
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Ven 8 Juil 2016 - 23:34



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    - Ce serait vraiment gentil de faire ça. Vous êtes sûre que ce n’est pas dérangeant ?

    Claire avait tendance à croire aux signes. En tous les cas les signes qui étaient dans le quotidien. Dalhia Anderson pouvait tout à fait être l’un de ces signes ! La jeune femme faisait un joli début de carrière dans le mannequinat. Elle s’était fait des contacts dans le milieu. L’appui d’une égérie actuelle ne pouvait pas faire de mal aux affaires de la Française. C’était quoiqu’il en soit une preuve de confiance qui était déjà en elle-même une satisfaction.

    - Oui évidemment c’est tout ce qu’on peut lui souhaiter !

    Une vocation ne pouvait être entravée. D'ailleurs, le père comme la mère du jeune homme étaient bien placés pour en témoigner. Ne s’étaient-ils pas tous deux lancés dans des métiers à risque ? Sans compter qu’il était difficile de trouver un poste fixe dans un journal actuellement. La presse n’était pas un domaine très porteur économiquement parlant. Sans le salaire fixe de Richard à la station de radio et leur sens des économies, certaines fins de mois auraient pu être beaucoup plus difficiles. Mais encore, ce n’était même pas pour les sous que Claire s’inquiétait.

    La session vira naturellement sur les considérations techniques. Claire piqua un léger phare au compliment. Car bien que consciente, qu’elle faisait un travail de qualité, elle était heureuse que cela soit apprécié par sa clientèle. Cela faisait toujours du bien de savoir que son travail était remarqué. Tout artiste passait sa vie en quête d’une reconnaissance. Claire n’échappait pas au lot. Elle adorait quand le regard de son client s’illuminait en voyant sa silhouette dans le miroir. Quelle victoire ! En effet, elle n’était jamais plus comblée, que quand quelqu’un revenait la voir, pour lui dire : « Je me trouve beau. »

    - Je vais tâcher de donner raison à votre confiance. Merci ! Alors voyons voir. Une harmonie… on pourrait jouer sur une palette de couleurs, un camaïeu de rose, ou d’oranger. Ou sur la répétition d’un motif aussi. Une dentelle autour du buste. Mmm.

    Le crayon battait l’air au rythme des pensées qui défilaient dans l’esprit de la créatrice. Elle fixait un point vide droit devant elle, sans donner l’impression de se concentrer sur quoi que ce soit. Le cerveau de Claire avait tendance à turbiner une fois qu’il était lâché sur une piste à explorer. Prise d’une brusque impulsion la créatrice bondit sur ses jambes et fondit vers l’une de ses étagères. Elle attrapa une petite boîte en fer. Celle-ci contenait des échantillons d’ornements, pierres semi-précieuses, perles, rubans, plumes, etc.

    - pourquoi pas… Oui, voilà ! C’est ce que je cherchais.

    Dans le creux de la paume de Claire se logeait une poignée de coquillages. Ils venaient des mers qui entouraient l’Arche de Perth. Un marchand les lui avait revendues à prix d’or à la suite d’une négociation serrée. Il y avait caché en leur tréfonds une perle de nacre. Rien à voir avec les produits synthétiques du marché. Elles étaient pures de tous traitements, imparfaites, donc parfaites aux yeux de la fileuse.

    - J’attendais une bonne occasion de m’en servir. Une pour chaque robe. Mise en valeur par vous. Vous mettant en valeur à leur tour.

    Claire replaça ce trésor dans le réceptacle pour pouvoir reprendre son carnet de croquis en main. Le crayon glissait sur une page vierge pour illustrer en quelques traits ce que la dame avait en tête. La popeline, le nacre, une broderie délicate, pour casser le côté sage de la coupe. Un autre modèle lui venait sous les yeux, un tissu vaporeux, une couleur pastel, le retour d’une perle placée au niveau de la poitrine.

    Sans même s’arrêter d’esquisser, Claire retourna s’asseoir sur le sofa. Une troisième image émergeait de son imagination en branle. Elle posa le carnet ouvert sur ses genoux et darda ses yeux verts sur la jeune beauté. Une expression passionnée illuminait son visage. Un sourire étira sa bouche et elle s'écria pleine d'excitation :

    - Oh ! Je sens que je pourrais même en faire une collection !
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Sam 30 Juil 2016 - 16:52
"Aucun problème, au contraire, cela me ferait très plaisir. Je ne vous promets rien, mais je vais voir ce que je peux faire."

Au moins qu’il y ait des avantages à fréquenter ce milieu… pas toujours agréable. Tout le contraire de mon interlocutrice, finalement. Et puis, pour tout ce qu’elle faisait pour moi, je lui devais au moins d’essayer. Si ce n’était pas pour cette fois, peut-être une autre. J’allais en tous cas en discuter avec plusieurs de mes contacts, dans le milieu du cinéma et du mannequinat. Ellen pouvait également aider, il faudrait que j’en discute avec elle à l’occasion.

La discussion porta ensuite sur la famille de la couturière, en particulier de ses nombreux enfants. Mais à la fréquenter, même professionnellement, j’étais persuadée qu’elle faisait une excellente mère. Elle et son mari semblaient avoir les pieds sur terre, tout en laissant une certaine liberté à leurs enfants. Par certains égards, ils me rappelaient Jens et Stephan. Mes pères adoptifs, bien que beaucoup plus exubérants, avaient aussi des professions et une manière de vivre tournées vers le créatif et la culture. La passion était un véritable moteur pour eux, plus que l’argent ou le prestige. Cela ne les avait toutefois pas empêché de s’inquiéter pour moi lors de mon départ pour la vie professionnelle, et même aujourd’hui encore, je savais qu’ils scrutaient la moindre mention de mon nom dans les médias pour avoir de mes nouvelles. Mon cœur se serra à cette pensée, et je réalisais que je ne les avais pas vus depuis un sacré moment. Ils me manquaient…

Revenant à des considérations plus terre-à-terre, lorsque Claire me présenta ses premières idées. Je souriais à nouveau en la voyant si enthousiaste, lui demandant ensuite s’il était possible de créer une ligne thématique pour toute l’exposition, et en se basant sur ses suggestions. Elle réfléchit quelques instants, avant de bondir soudainement, sous mon regard amusé, pour se diriger vers une boîte. La couturière revint ensuite avec une poignée de coquillages. Une lueur apparut dans mes yeux, alors que je me remémorais de vieux souvenirs de mes pères et moi au bord de la mer, au nord de l’Allemagne. Ils ne ressemblaient pas vraiment aux coquillages que l’on pouvait y trouver, mais rappelaient immédiatement l’air marin et le bruit des vagues.

"Ils sont magnifiques. C’est une excellente idée, originale et rafraîchissante. J’espère que je pourrais effectivement parvenir à les mettre pleinement en valeur."

Elle repartit alors pour ranger les précieux ornements, et attrapa son cahier pour commencer des esquisses. Fascinée, mon regard passa des dessins au visage concentré de la couturière. Finalement, elle posa son cahier sur ses genoux pour me fixer à nouveau, les yeux remplis d’une passion que tout artiste connaissait bien. Une passion enthousiaste et enfantine. Emportée par son énergie, je ris légèrement, décidément de bonne humeur. Si seulement tous mes rendez-vous professionnels étaient aussi passionnants et amusants…

"Une collection entière, vraiment ? Je serais très intéressée à la découvrir, dans ce cas. Et si vous cherchez quelqu’un pour l’essayer, sans vouloir m’imposer non plus, vous pouvez compter sur moi. Dans tous les cas, vous tenez un très beau concept."

Mon regard se posa à nouveau sur ses dessins, je les observais avec attention, admirant à la fois leurs formes et la vitesse avec laquelle ils avaient été posés sur le papier. Dire que bientôt, ces esquisses allaient bientôt prendre vie. Reportant mon attention sur Claire, je lui demandais, avec un sourire :

"On vous sent passionnée. Vous avez toujours souhaité être couturière ? Et si j’ose demander, comment se passe le processus créatif chez vous ? Et pour la réalisation des robes par la suite ? Comment vous organisez-vous ?"

La curiosité était plus forte, d’autant que cette démonstration avait attisé mon intérêt.
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Mer 24 Aoû 2016 - 12:55



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    - Vous ne vous imposez pas du tout. Non au contraire c’est une bonne idée. Avec un visage aussi connu que le vôtre pour porter mes créations la publicité se fera en moins de deux !

    Claire n’avait ni les moyens, ni l’envie de faire une promotion de masse pour la boutique. Cela ne l’empêchait pas non plus d’ignorer la concurrence. Celle-ci s’était amplifiée au cours des deux dernières années. Si la marque « Secret » voulait résister, il lui fallait un nouveau plan d’attaque. La jolie top modèle pouvait en faire partie. Une piste que Claire ne tarderait pas à explorer.

    Lorsque cette dernière l’interrogea concernant son processus créatif, Claire suspendit son crayon dans l’air. La formulation de ces questions lui rappelait un peu la méthode d’un journaliste. Un homme qui était venu, dans le but de faire son portrait, pour un magazine l’automne précédant. Ça avait été un exercice plus intimidant que Claire ne l’aurait pensé. Mais au moins, cela lui avait permis d’analyser sa façon de faire.

    - Osez osez ! Même si je ne sui spas sûrs que mes explications seront les plus claires. Bon ce qui est sûr c’est que d’aussi loin que je cherche, oui j’ai toujours eu envie de coudre. Enfin pas tant coudre que voir mes idées prendre formes. La technique j’ai appris à l’apprécier en la pratiquant.

    Aussi loin que poussait sa mémoire Claire se voyait en train de jouer avec un objet. Elle avait une vraie fascination pour la boîte à couture de sa mère. Le métal qui luisait, les gravures sur le couvercle, les bobines colorées, tout avait l’air précieux à ses yeux d’enfant. Elle avait rapidement réclamé des leçons jusqu’à devenir l’apiéceuse en chef de la maison.

    Claire déposa son carnet sur la table basse. Elle croisa les jambes. Son pied tournoya lentement dans le vide. Une ride au coin de son œil droit s’accentuait sous le coup de la concentration. Ce n’était pas si facile que cela d’expliquer sa façon de travailler à quelqu’un d’autre. Surtout quand, comme elle, on fonctionnait sur la base de l’instinct.

    - Pour le reste, j’aurais envie de vous dire, que mon imagination n’en fait qu’à sa tête. Je fonctionne énormément par association d’idées. Une couleur, une odeur, va me faire penser à une matière… Je vais entendre un son et y associer une texture. Je vais voir un corps et imaginer une coupe. Tout peut me donner des idées. Ahaha ! Et vous ? Vous avez toujours eu envie de faire ça ?

    Elle le demanda tout en reprenant sa tasse de café. Elle la porta vers sa bouche pour finir la boisson qui avait refroidi. Elle observait Dahlia du coin de l’œil pendant que son esprit virevoltait déjà entre le coquillage et la dentelle. Elle le sentait, cette nouvelle collection serait un beau défi.

    Claire reposa sa tasse vide. Elle se releva pour aller chercher un énorme classeur sur une étagère remplie de bouquins. C’étaient principalement des documentaires sur les techniques de couture. Des livres d’arts sur les costumes d’époques. Des catalogues de défilés de mode. Il y avait aussi des beaux livres de photographie. De quoi avoir encore plus d’idées. La fileuse parcourut les pages de son classement jusqu’à retrouver les mesures de miss Anderson. Elle releva le nez pour fixer la silhouette de la jeune femme.

    - Toujours le même poids j’ai l’impression ? Je vais reprendre le tour de tête.

    L’outil en main madame Richards invita sa cliente à se lever. Elle avait des gestes précis. Ce qui était normal étant donné son métier. Ils étaient aussi extrêmement doux. Ça c’était davantage parce que telle était la nature de cette créatrice.

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Mer 31 Aoû 2016 - 17:20
Il était vrai qu’on me traitait souvent comme un panneau publicitaire ambulant. Mais ça ne me dérangeait pas, cela faisait partie intégrante du métier et des joies de la célébrité. Au moins, je préférais le faire pour encourager et mettre en valeur des créations comme celles de Mme Richards. Elle me traitait toujours avec gentillesse, et comme un être humain. Cela ne faisait que la rendre plus sympathique et atypique dans ce milieu.

"Je vous le souhaite, et je vais faire de mon mieux pour que votre travail soit reconnu." acquiesçai-je avec douceur et sur un ton plus amical qu’uniquement professionnel.

Cela se sentait qu’elle y mettait du cœur, et que ses créations étaient un véritable artisanat. Alors que je n’y accordais généralement qu’un intérêt purement utile, puisque m’habiller faisait partie de mon travail, je pris le temps de l’interroger sur son métier afin d’en découvrir plus à ce sujet. La couturière s’interrompit quelques instants pour réfléchir et me répondre, et je l’écoutais avec attention, un léger sourire aux lèvres, attendant patiemment qu’elle trouve ses mots.

"Ne vous en faites pas, je comprends, ce n’est pas toujours facile à expliquer, ce genre de choses." l’encourageai-je d’un léger hochement de tête compréhensif. "Une passion qui remonte à loin, alors. Et c’est la couture qui a toujours eu votre préférence ? Vous auriez pu être… je ne sais pas, musicienne, peintre ou architecte, mais c’est vraiment coudre qui vous a toujours inspirée ?"

C’était sans doute ce qui m’intéressait le plus, dans l’art : la capacité dont chacun arrivait à créer selon un moyen bien particulier. Je pensais à mon frère Léon, à ses peintures et à ses chansons. C’était une partie de lui-même qu’il peignait et il avait choisi ce médium pour le faire. Tout comme mon interlocutrice pour la couture.

"Je me demande ce que cela doit être, de voir à travers vos yeux et de comprendre comment la moindre chose peut vous inspirer un vêtement… Ça doit être fascinant." A mon tour, je pris quelques instants pour réfléchir à ma réponse, sans doute moins évidente que pour la couturière. Après tout, ce n’était clairement pas le métier de mes rêves, mais plus un moyen de parvenir à mes fins. Un sacrifice nécessaire, que je ne regrettais cependant pas. Et qui n’avait pas de que des désavantages. "D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé être sur scène, jouer la comédie. Et puis, j’ai une voix qui se prête au chant, alors avec beaucoup de travail et de chance… Mais c’est vrai que je n’ai jamais imaginé que cela prendrait de telles proportions. Qui sait, si je n’avais pas emprunté cette voie, j’aurais pu devenir tout autre chose. Etudier le phénomène de la créativité d’un point de vue neurologique ou social, peut-être !"

J’avais proposé cela avec un léger rire, quoique cela aurait pu être une proposition sérieuse. Oui, cela aurait pu… Mais qu’importe. Je n’étais pas malheureuse dans ma vie, et j’assumais mes choix. J’avais encore l’occasion d’aborder l’art d’une autre manière, que cela soit la musique ou le théâtre, et finalement je n’avais pas besoin de plus. Surtout si d’autres personnes autour de moi vivaient pleinement leur créativité.

Je terminais à mon tour la boisson tout en observant mon interlocutrice se lever pour aller consulter ses classeurs, croisant finalement son regard.

"Toujours le même, en effet. Comme ça, ça vous facilite la tâche."répondis-je avec bonne humeur avant de me lever pour me prêter au jeu des mesures. Elle avait toujours des gestes délicats et doux, comme elle-même finalement. Quel contraste avec Ellen, qui était souvent sèche et stricte. Dans ses relations professionnelles, mais également personnelles, tant elle ne savait pas toujours comment gérer ces dernières. Elle avait beau être d’une efficacité exemplaire dans son travail, elle était d’une maladresse perpétuelle avec ses proches. Enfin, avec mon frère et moi, elle semblait commencer à faire des progrès. Un peu. Reportant à nouveau mon attention sur Madame Richards, je demandai avec un air malicieux : "Vous pensez ajouter des couvre-chefs à la collection ?"
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Dim 4 Sep 2016 - 12:48



« I don't know why women want any of the things men have when one of the things that women have is men. »
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    - Oui je crois bien. Même si, la photographie me plait aussi, beaucoup. Mais je n’ai pas autant de facilités dans ce domaine.

    De plus, Claire préférait gardait cette activité comme libre sans avoir de pression monétaire par exemple. De temps en temps, elle se proposait pour photographier les soirées, ou les spectacles de la PH. Mais c’était surtout pour aider. Elle ne se considérait ni bonne, ni mauvaise. C’était pour elle seulement une autre façon d’exprimer ses goûts ou ses émotions.

    - Oh c’est souvent le bazar. Vous n’imaginez pas. Quand nous partons en vacances, je peux arrêter tout le monde au moins dix fois pour prendre des notes.

    Claire savait que c’était quelque chose qui avait pu agacer Guillaume et Colm plus jeunes. Les jumeaux eux se prêtaient plus au jeu. Ils en faisaient même une sorte de chasse au trésor collectif. Il leur arrivait de rentrer avec des dizaines d’idées. Les enfants étaient des Muses insaisissables pour cette fileuse. Alors que paradoxalement, Claire était très discrète, dans son milieu professionnel, à ce sujet. Elle n’en parlait qu’à ceux avec qui une confiance s’était créée.

    - Vous pouvez toujours le faire ! Bien sûr ça demande de l’organisation. Mais c’est possible. Moi-même je l’ai fait avant la naissance des jumeaux. Des cours du soir. Ca a été très stimulant de revenir sur les bancs de l’école. Je suis sûre que vous auriez beaucoup de choses à dire avec votre expérience en plus.

    Les encourages étaient sincères. Ils étaient aussi intéressés. Madame Richards aurait voulu savoir ce que miss Anderson aurait pu trouver. De son côté, elle avait régulièrement envie de reprendre des études. Claire était naturellement curieuse. Elle adorait découvrir de nouvelles choses. Elle aimait beaucoup apprendre. Cela se sentait aussi dans sa façon de travailler. Personne ne pouvait se reposer sur ses lauriers à la boutique. Les filles étaient toujours en formation avec elle. Madame Richards les entendait parfois se plaindre. Mais en réalité c’était un plus pour elles.

    - Oh j’ai une petite idée oui. Pour cet automne… Voilà. Parfait. Je crois bien que j’ai tout ce qu’il me faut pour le moment.

    Une fois la mesure prise, Claire, se dirigea vers la table où était posé son agenda grand format. Il y en avait un individuel pour chacune des couturières et un autre collectif pour reporter les rendez-vous importants. Comme de bien entendu il y avait pas mal de choses de noter. Charadh était une créatrice prolixe. Il était rare qu’elle n’arrive pas à tenir ses engagements auprès de ses clients. Quand bien même elle amenait un peu de travail à la maison certains soirs. Elle avait la chance d’avoir un compagnon de vie qui comprenait sa passion. Lewis Richards en plus d’être la belle voix de la radio était parfois l’une des petites mains de sa femme.

    - Voyons pour le prochain rendez-vous ? Dans deux semaines ça irait ? Si jamais je suis trop juste je vous appellerais. Ça vous convient ?

    Claire leva ses yeux verts sur la jolie jeune femme pour avoir son assentiment. Elle lui adressa un sourire plus que complice. Une fois l’heure notée la dame referma l’agenda et alla tranquillement ouvrir la porte. Elle vérifia l’heure à sa montre et fut ravie de voir qu’elles étaient dans les temps. L’escorte de Persona n’aurait pas à l’attendre. Claire ne voulait pas mettre sa cliente dans une position délicate. Et elles pourraient voir ensemble pour la commande de ce nouveau tailleur pour Ellen.

    - Ça a été un plaisir Dalhia. Comme toujours.

    Elles revirent au niveau du hall d’entrée. Madame Richards avait encore ce pétillement dans le fond des yeux. Elle aimait avoir ce genre de rendez-vous, sans complications, agréable. Dalhia était une bien jolie jeune femme, se disait-elle de nouveau. Elle était dans les âges de son fils aîné. Claire aurait été ravie que Guillaume lui présente quelqu’un comme elle un jour.
Charadh
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Mer 28 Sep 2016 - 21:04
Je souris un peu plus en écoutant Madame Richards me parler de ses autres loisirs et de la manière dont s’exprimait sa créativité. Je n’étais pas spécialement douée de mes deux mains lorsqu’il s’agissait de créer, que cela soit par la peinture, la photographie ou la couture. Je savais me débrouiller, mais j’avais rarement le temps de m’adonner à de telles activités, malheureusement. Le peu de temps libre que j’avais encore, je le consacrais à la lecture ou la pratique du violoncelle. La musique avait tout de même et malgré tout mes préférences, même si c’était un tout autre registre que ce que je montrais publiquement.

"Rares sont ceux qui ont des facilités. Le plus important, c’est que cela vous plaît et que vous avez l’occasion de pratiquer la photo pour vous améliorer. Mais à l’occasion, vous devriez me montrer vos photographies, je serais curieuse d’y jeter un œil." Cela faisait également partie du plaisir d’avoir ce genre d’occupations, après tout. On appréciait d’autant mieux le résultat si on avait passé du temps à le préparer ou à l’exercer. Comme pour beaucoup de domaines, il n’y avait pas de miracle, il fallait de la pratique. Mais cela valait presque toujours la peine. "Vous n’êtes pas la seule dans le cas, mais c’est bien, vous êtes passionnée. A chacun de s’y adapter ensuite."

Du moins, c’était ainsi que je le fonctionnement d’individus au sein d’un groupe ou d’une famille. Jens et Stefan en étaient de très bons exemples. Mes pères avaient des lubies vraiment étranges, qui nous emmenaient parfois aux quatre coins des arches allemandes juste pour voir une performance théâtrale ou de danse, ou simplement pour aller manger dans un restaurant innovant qui ne servait que des céréales de toutes les couleurs. Et de l’autre côté, ils acceptaient mon intérêt pour la musique, et mes choix de carrière.

Ma remarque sur les études avait davantage été une plaisanterie, je devais admettre qu’à bien y réfléchir, ce n’était pas si idiot. Avis que partageait également mon interlocutrice, l’ayant elle-même expérimenté. Et avec une vie de famille en plus à gérer, je n’avais donc vraiment plus d’excuses.

"Je vais y réfléchir. Mais c’est vrai que ça m’intéresserait, et puis… Je ne sais pas vraiment ce que c’est, faire des études, ce serait l’occasion."

J’avais dû stopper mon cursus à quinze ans, pour commencer à travailler et payer la chimio de mon père. Bien sûr, j’avais beaucoup appris de mon éducation, étant naturellement curieuse, et avais étudié en autodidacte de nombreux domaines, comme les langues. Mais moi la première, je savais que j’avais mes propres limites. Alors oui, pourquoi pas. Je devrais en tous cas en parler à Ellen. Elle n’aurait pas son mot à dire, mais peut-être que sur ce coup, elle me soutiendrait. C’est toujours beau de rêver.

La couturière m’annonça qu’elle avait toutes les mesures nécessaires, et je retournais donc vers ma place pour récupérer mon sac et mon propre agenda.

"Deux semaines, c’est parfait. Et de même, je vous tiendrai au courant si j’ai le moindre changement." Je notais le rendez-vous, et si j’avais été prise j’aurais de toute façon décalé le reste pour caser cette date. Chacun ses priorités, après tout. Je relevais le regard et offrit un sourire chaleureux en réponse à celui de mon interlocutrice. "Merci. Je pense qu’Ellen vous appellera pour prendre rendez-vous de son côté. C’est une grande fille, et je ne veux pas abuser plus de votre temps aujourd’hui."

Je me dirigeais vers la sortie, me permettant de lui faire la bise pour la saluer avec affection.

"Pour moi aussi. Je me réjouis de vous revoir et de voir le résultat. Amusez-vous bien surtout."

Un dernier petit signe chaleureux de la main, et je sortis de la boutique, de bonne humeur. Cela n’échappa pas à Ellen lorsque sa voiture vint à ma rencontre pour me récupérer, mais elle-même appréciait également Madame Richards et comprenait cet état d’esprit. Les vêtements en seraient presque un prétexte, mais ce ne serait pas faire honneur au travail de la couturière. Dans tous les cas, je me rendis à mes rendez-vous suivants plus légère, comme toujours après être passée dans cette boutique.

Vivement la prochaine fois

Sujet terminé
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