[CLOS] Nous nous rencontrons enfin [Tohum]

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Mer 30 Mar 2016 - 13:53
Le jardin botanique d'Amsterdam avait miraculeusement survécu à l'élèvement des terres, préservant plus de six mille espèces de plantes. A vrai dire, la ville entière avait eu la chance de rester pratiquement intact, formant un seul bloc plutôt que de se fractionner ou de voir ses quartiers forcés à un réajustement brutal, à l'image de Paris. Le reste des Pays-Bas avait profondément chamboulé, mais l'arche de Port-Amsterdam était plus bourdonnante d'activité que jamais. Le port était un point de passage presque inévitable pour la plupart des vaisseaux venus d'Europe de l'Est et d'Asie, une véritable zone neutre aussi bien pour le commerce que pour un grand nombre d'activités plus...annexes, disons, sur lesquelles les autorités et le consortium en place fermait les yeux du moment qu'elles n'empiétaient pas sur la bonne marche de la ville. A une heure à peine d’Édimbourg avec les aéronefs les plus rapides, il s'agissait d'un endroit de choix pour une rencontre discrète. Perceval Rose n'était certainement pas le seul à le savoir, mais il l'avait choisi néanmoins ; il restait pratique, plutôt facile à gérer, et il avait jugé bon de ne pas organiser cette rencontre sur le territoire écossais. Il y avait là-bas bien plus d'oreilles, d'yeux et d'organes sensoriels aussi divers que variés disposés à le surveiller qu'il n'y en avait ici. Et puis peut-être n'avait-il simplement pas pu s'empêcher de succomber au charme romanesque d'une rencontre discrète dans un lieu pittoresque. Une ode à l'intrigue, qui l'avait malgré tout poussé à choisir le jardin plutôt que la classique taverne malfamée ; il n'était pas sûr de la réelle pertinence de toute entreprise qui commençait par « Et là, vous entrez dans une auberge... ». L'impératif narratif avec ses limites.

Une partie de la gigantesque serre qui abritait bon nombre de précieuses espèces avait été reconvertie en un grand parc couvert, qui abritait aussi bien les promeneurs que les amateurs de flore. Les lieux étaient assez occupés pour qu'aucune rencontre n'y attire plus que cela l'attention, mais pas assez bondés pour qu'elle en devienne désagréable. Il se dégageait de la nature environnante, soigneusement cultivée et sauvegardée, qui apaisait l'esprit de Percy et soulageait quelque peu ses migraines. Il aimait se trouver au milieu des plantes, surtout lorsqu'il s'agissait d'un jardin aussi bien entretenu. La beauté de la nature, conjuguée avec l'ordre de la civilisation. Assis sur un banc, il pianotait sur son téléphone ; les réseaux sans-fil avaient beau être relativement nouveaux, ils évoluaient à une vitesse foudroyante, et Arkadia se devait non seulement de rester à la page, mais de la précéder si possible d'un volume ou deux. Posé à côté de lui trônait le petit sachet de papier qui contenait l'ensemble de graines qu'il était venu acquérir et qui enrichiraient sa propre serre ; après tout, autant mêler travail et plaisir lorsque cela était possible... D'autant que sa présence ici n'était pas surprenante ; voilà longtemps qu'il était, à travers Arkadia, un partenaire du jardin botanique de Port-Amsterdam.

Un peu plus loin dans le parc, Miranda Lockhart donnait l'impression de s'intéresser à un bouquet de hyacinthes, cheveux relevés en chignon et lunettes à épaisse monture sur le nez. Tout dans sa dégaine donnait l'impression d'une étudiante en pleines recherches, jusqu'au calepin sur lequel elle prenait soin de gribouiller quelques notes avec intensité. Elle avait l'art de se fondre dans pratiquement n'importe quel décors, et Percy lui faisait pleinement confiance pour assurer la sécurité de l'entretien. Quant à lui, il était vêtu d'un de ses éternels costumes sur mesure, même s'il avait laissé tomber la cravate et gardait son veston ouvert, eut égard à la relative chaleur des lieux. Il consulta sa montre, plus pour le geste que pour réellement regarder l'heure ; celle qu'il attendait arriverait quand elle arriverait. Si elle décidait de se montrer... Il espérait qu'elle répondrait favorablement à son invitation polie, ne serait-ce que par curiosité. Le simple fait qu'il ait réussi à la dénicher malgré tous les efforts qu'elle avait fait pour disparaître aurait au moins dû avoir cet effet, d'autant qu'il avait percé sa nouvelle identité à jour. Quoi qu'il en soit, il était plus que temps qu'ils se rencontrent enfin ; quant à savoir si les graines de cette discussion allaient porter leurs fruits, ça, c'était tout autre chose. Pour le moment, il ne lui restait qu'à attendre...
Percy
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Jeu 31 Mar 2016 - 1:20


Cultivez votre amour de la nature, car c'est la seule façon de mieux comprendre l'art.
Vincent Van Gogh


La rencontre avait été arrangée en peu de temps. Notre amie avait dû réagir vite. Ce qui s’avérait positif pour l’entremetteur qu’il n’avait pas eu a essuyé un refus. Toute prudence mise à part Sveda percevait les bénéfices communs qu’ils pourraient l’un et l’autre retirer d’une entrevue. Elle voulait se cacher de ses ennemis, mais certainement pas, de ses alliés (même si rien n’était fait encore). Percy, comme elle, jouissait d’une réputation ! Chez les intrigants on finissait tôt ou tard par se connaître. La nomade évoluait principalement dans la sphère des sciences. Mais à plus de 700 ans, elle avait eu le temps de s’intéresser à énormément de choses.

Valeurs humaines. Valeur humain. Quel est le prix ?

Perceval tel le galant chevalier, qui l’avait peut-être inspiré, attendait sur un banc. La charmante « brune » allongea le pas pour venir s’asseoir à ses côtés. Tout comme lui, elle avait un style vestimentaire sobre qui ne tranchait pas. Ils se fondaient ainsi dans le décor. Un sourire chaleureux embellit les traits de la Prodige avant qu’elle n’ouvre le dialogue d’un :

« Bonjour… » Elle retira son sac de son épaule, le déposa à ses pieds et s’installa dans une attitude contemplatrice.

Tohum n’avait pas remis les pieds en Hollande depuis l’élévation. Sahar lui avait raconté qu’Amsterdam avait retrouvé l’animation passée du fait de sa place stratégique. Le cataclysme avait finalement recréé les routes commerciales les plus anciennes. Ceux qui les avaient vues disparaître pouvaient trouver ce retour aux sources amusant. Les hommes ne font que tourner en rond. Sans fin ils reviennent à leur point de départ. Diane Geyer détourna son regard des bosquets et remarqua le panier posé près de l’homme.


« Avez-vous déjà entendu parler du désert d’Atacama ? A la frontière du Chili et de la Bolivie ? C’était l’un des plus arides de la planète. Pourtant, certaines années, il se transformait en un véritable champ de fleurs, des asteraceae violines le recouvraient sur des kilomètres. La nature est joueuse parfois… »

Jeu cruel quand il est à ses dépends.

Le souvenir emportait Sveda très loin du parc botanique. Elle revoyait l’image de cette terre brûlante devenue fertile. Une fois de plus, la nostalgie la prenait en otage. Comment ne pas regretter la Terre et ses merveilles, quand on était comme elle une élémentaire ? Après la catastrophe, elle avait perdu quelque chose, un lien, une connexion avec le minéral. Son don avait changé. Il lui avait fallu réapprendre à l’utiliser. Elle ramena ses mains à ses lèvres pour souffler dessus. Sa voix s’éleva ensuite entre eux, emplie de douceur et de compassion.


« J’aime à penser que les prochaines « formes de vies » sauront coexister avec ce qui les entoure. J’ai cru comprendre que nous avons quelques espoirs communs pour ce monde ? »

Une charmante façon de laisser au plus jeune le choix sur son angle d’attaque. Tohum en sage femme préférait avant tout écouter ce que l’autre avait à dire avant de s’avancer.

Tohum
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Dim 10 Avr 2016 - 14:39
Le long des chemins qui serpentaient entre les plantes colorées, plusieurs promeneurs flanaient tranquillement, seuls ou en petits groupes. Au sein d'une arche aussi bourdonnante d'activités que Port-Amsterdam, le jardin botanique était un véritable havre de paix. Loin des criées incessantes des marchés et du port, on pouvait espérer profiter d'un peu de calme. Un accord tacite semblait pousser la plupart des visiteurs à partager ce désir de retraite, et l'on y élevait rarement la voix. On y entendait tout au plus les rires des enfants, ou l'aboiement bref d'un chien. Perceval aimait cet endroit parce qu'il avait l'impression de pouvoir s'entendre penser, loin des tumultes de sa vie quotidienne et des éclats de sa mémoire. Un lieu où il appréciait de se ressourcer, et qui conviendrait à merveille pour la rencontre prévue. Il y avait des affaires qu'on ne pouvait correctement conclure dans un bureau, même à l'abri des formidables défense du Balance Point, l'aéronef qui servait de quartier-général à Arkadia, sur l'arche d’Édimbourg. Et puis il n'avait pas besoin d'une sécurité plus poussée ; il avait Miranda à ses côtés, et cela lui suffisait.

La personne qu'il était venu voir ne tarda pas à se montrer, sobrement vêtue, l'air d'une simple promeneuse de plus. Elle était d'une beauté que ne ternissait ni son anonymat, ni le brun artificiel de ses longs cheveux. Il suffisait d'observer attentivement ses traits pour avoir la possibilité de la reconnaître, mais la plupart des gens ne s'attardaient pas ainsi sur quelqu'un qu'ils ne reconnaissaient pas au premier coup d’œil. Souvent, les déguisements les plus simples restaient les meilleurs; il était curieusement plus facile de flouer le reste du monde en restant le plus proche possible de qui l'on était réellement. Et si Perceval Rose avait souvent entendu parlé de celle qu'on surnommait un temps Tohum, il n'avait encore jamais eu l'occasion de la rencontrer un personne. Il était dommage qu'il ait fallu sa « disparition » pour les pousser à se croiser mais, comme souvent, la nécessité faisait loi. Diane Greyer, comme elle se faisait appeler maintenant, dégageait une force tranquille et un charisme certain qui plurent instantanément à Percy, tout en lui donnant le sentiment curieux de se sentir soudain bien jeune à ses côtés. Il avait beau avoir vécu près de deux siècles et bâti son empire, à côtés de certains immortels il avait encore beaucoup à apprendre. Qu'il pensât ainsi montrait bien qu'il avait changé, ces dernières années. Son ambition jadis dévorante s'était apaisée pour révéler une saine humilité.

« Miss Greyer. » la salua-t-il à son tour, un sourire courtois et sincère sur les lèvres. « Je suis heureux que nous nous rencontrions enfin. »

Le petit discours de la femme sur le désert d'Atacama fit naître un autre sourire chez Percy, cette fois-ci empreint de nostalgie. Il n'avait peut-être pas vécu aussi longtemps que son interlocutrice, mais il avait parcouru la surface de la Terre pendant assez d'années pour être témoin d'un grand nombre de ses merveilles. Surtout en des temps plus simple, quand il était encore jeune et que consolider son pouvoir, son influence et ses richesses n'était pas encore devenu sa seule préoccupation. Il avait alors su profiter des paysages splendides découverts au fil de ses aventures, qui avaient enrichi son âme là où toutes les fortunes du monde n'auraient pas suffi. Et maintenant qu'il s'était assagi, il était trop tard pour en retrouver la plupart, perdu à jamais dans les affres du cataclysme qui avait changé le monde à jamais.

« C'était un spectacle sans pareil. J'ai eu la chance d'en être le témoin une fois, et de le graver à jamais dans ma mémoire. Il me suffit de fermer les yeux pour m'y retrouver comme si j'y étais, mais même avec mon don, ce ne sera jamais vraiment la même chose que de le contempler en vrai à nouveau. Les merveilles de l'ancien monde que nous avons perdues sont plus nombreuses que je n'aime à y penser, mais il est de notre devoir de ne pas les oublier pour autant. Je crois que le Klondike me manque le plus ; les aurores boréales au-dessus de la vallée blanche, dans le grand nord. Avant que les hommes n'aient le temps de le conquérir, et que les terres ne s'élèvent pour le faire disparaître à jamais. Mais notre nouveau monde n'est pas exempt de beauté, lui non plus ; vous êtes-vous déjà tenue au-dessus des chutes de Honshu, qui se déversent par-dessus le bord de l'arche dans une cascade de lumières étincelantes sous le soleil couchant ? »

Percy revenait d'un long voyage au nom d'Arkadia qui lui avait notamment fait passer du temps en République Impériale de Chine, et les petites îles naturelles qui flottaient aux alentours de la Nouvelle-Pékin avaient été une découverte saisissante. Il y avait encore bien des découvertes à faire et des mystères à conquérir dans les cieux de la Terre, et il pouvait à nouveau sentir battre dans ses veines le sang aventureux de ses jeunes années. S'il n'avait pas eu son devoir à remplir, et ses responsabilités à tenir, il aurait sans doute embarqué en solitaire à bord d'un aéronef privé, comme pour repartir de zéro. Mais c'était là un luxe qu'il ne pouvait plus se permettre ; trop de choses -et trop de gens- dépendaient de lui.

« Certaines de ces nouvelles formes de vie le font déjà. » reprit-il, en indiquant d'une main les colibris qui voletaient autour des fleurs, non loin d'eux. Les petits oiseaux, dont les plumes se partageaient les couleurs du saphir et de l'émeraude, butinait avec l'ardeur propre à leur espèce, incapables de rester en place. Cette espèce, née de divers croisements et matinées d'ajouts génétiques de pointe, avait été introduite il y a deux ans sur l'arche hollandaise, où ils s'étaient épanouis au-delà de toutes les espérances. « Je vous remercie d'avoir accepté de me voir. J'ose espérer que vous ne me tiendrez pas trop rigueur de m'être montré...invasif en vous retrouvant, mais je me suis dit que votre disparition représentait le meilleur moment pour nous rencontrer loin des yeux et des oreilles indiscrets. Je pense en effet que nous partageons un certain point de vue quant à ce que nous espérons pour le futur. Non seulement de notre arche, mais du reste du monde également. Je doute de pouvoir prétendre être aussi altruiste que vous, et dieu sait que j'ai commis mon lot d'erreurs ; mais aujourd'hui, je me rends bien compte que ce monde a besoin de stabilité, et que l'équilibre est encore bien fragile. Il suffirait de peu de choses pour que tout bascule dans le chaos, et il y aura toujours des individus prêts à tout pour en profiter... Je considère qu'il est de mon devoir de tout faire pour qu'on n'arrive pas là. Et quelque chose me dit que si vous avez agir comme vous l'avez fait, c'est bien parce que vous comptez en profiter pour mieux cerner la situation, je me trompe ?»
Percy
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Mer 13 Avr 2016 - 1:19

Sveda perçut l’aura posée de son interlocuteur. Cela la conforta davantage dans sa première intuition à propos de lui. Elle était d’un naturel optimiste ainsi que tout aussi naturellement confiante envers son prochain. Pourtant, elle ne saurait dire exactement en quoi Mr Rose lui inspirait aussi un quelque chose comme de la curiosité attentive. Percy ressemblait à ces hommes touchés par le pouvoir, dont on ne sait jamais quelles sont les véritables intentions.

« Non je n’ai pas encore eu l’opportunité de m’y rendre depuis l’Élévation. Mais j’ai vu des images. Ça a l’air magnifique en effet… »

L’Arche était moins grande que la Terre cependant elle demeurait vaste. Tohum n’en avait arpenté qu’une partie. Différentes affaires l’avait forcée à suspendre ses voyages. Elle qui avait tant besoin d’espace. C’était le cas -en particulier- depuis cette guerre civile, qui avait viré en guerre de religion. Les Archipels s’étaient encore plus refermés sur elles-mêmes. Vous savez ce que l’on dit ? L’ostracisassions est souvent le premier symptôme de la fin d’une civilisation. De quoi s’inquiéter.

« Oh, ne vous en fait pas pour cela. Vous avez bien fait. Cela fait un moment que j’ai envie de vous rencontrer moi aussi. Mais je me demande… qu’est-ce qui m’a trahie ? Comment m’avez-vous trouvée ? Si vous avez pu le faire, d’autres le peuvent certainement… Si les « mauvaises personnes » y parviennent, elles aussi, ma supercherie n’aura plus aucun intérêt. » Non pas que Kent soit heureuse de jouer à cache-cache.

Ahhh le « Bien Commun » ! C’était donc vraiment le cheval de bataille du directeur d’Arkadia ? Il avait l’air honnête. Le fait qu’il reconnaisse, d’entrée de jeu, avoir été faible au cours de sa vie, lui donnaient des points. Un humain capable de faiblesse. Le profil typique vers lequel Sveda se tournait. Il avait de l’argument. En tout cas assez, pour persuader une femme comme Diane Geyer, de discuter plus avant. C’en était même dommage qu’ils ne se soient pas rencontrés quelques années plus tôt ! Non ?

« Vous n’êtes pas loin de la vérité. Cela fait quelques années, en fait depuis la guerre des Cultes, que je soupçonne certains Prodiges de vouloir déstabiliser ce « fragile équilibre » comme vous le décrivez très justement. La concentration de plusieurs d’entre eux à Édimbourg même m’a poussée à agir. »

Les fondations du mal ne changent pas elles. Il y avait toujours un esprit plus machiavélique que les autres, pour avoir la mauvaise idée au bon moment. Or Sveda n’était pas dupe. Jao Wang n’avait pas rejoint la petite coure de Strega sans raison. Les deux Immortels avaient déjà travaillé ensemble dans les années 1850. Tout ce que l’on peut en dire, c’est que ça avait été un vrai fiasco pour les Prodiges comme pour les droits de l’Homme, partout où ils étaient passés. Ils pouvaient faire du grabuge.

« Que la planète soit en un seul ou en mille morceaux ne change rien pour eux. » Soudain, ce que je vous montrais comme une vendetta personnelle prend une mesure sensiblement différente. « J’ai l’impression que quelque chose se prépare ici sur l’Arche, Mr Rose. »

Là si vous avez bien suivi toute l’histoire, vous vous souviendrez de la peur qu’avez eu Sveda, le soir ou un certain Carso était venu lui rendre visite. Pourtant rétorquerez-vous Tohum n’a aucun talent pour la divination. En effet ! Du simple bon sang suffisait à voir que les Rebelles avaient eu de surprenants moyens au cours des six derniers mois. Elle tira de la poche de son jeanse, un minuscule objet. Une clé USB.

« J’ai déjà vue ce qui se passe quand des Prodiges malintentionnés soutiennent une rébellion. Ça ne finit jamais bien. Surtout pas pour la population. Voilà tout ce que j’ai pus collecter. »

Le regard de Sveda était franc. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle ne mettait pas ce jeune confrère à l’épreuve.
Tohum
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Sam 16 Avr 2016 - 15:14
« J'espère que vous aurez l'occasion de voir ces chutes en personne, un jour. Une des chose que le cataclysme nous aura appris, c'est que même les beautés qu'on croyait immuables sont éphémères. Je pense qu'il est plus que jamais de notre devoir en qu'être humains d'en garder la mémoire, et de la préserver autant que possible. C'est là, je pense, le seule noble but que l'on peut espérer du pouvoir. Bien plus que la simple possession, ou l'emprise sur autrui. »

Percy se révélait bien plus candide qu'il n'en avait l'habitude. Mais Catherine Kente -ou Diane Greyer, son identité importait peu- lui inspirait confiance. Peut-être parce qu'elle avait prouvé jusqu'où elle était prêt à aller au nom de ses convictions, sacrifiant jusqu'à sa dernière vie aux yeux du monde. Et puis leurs intérêts s'alignaient d'une telle façon qu'il ne voyait pas vraiment de raison de lui cacher quoi que ce soit, ou de jouer un jeu avec elle. Quelque chose lui disait qu'elle n'apprécierait rien tant que de la franchise de sa part. Il se sentait jugé, d'une certaine manière, mais avec l'équité de quelqu'un qui avait vécu assez longtemps pour comprendre la plupart de ses semblables avec une certaine bienveillance. Ce en quoi Percy lui-même aspirait, à sa manière, même s'il se sentait encore bien jeune à côté de cette femme.

« Oh, vous avez très bien fait votre boulot, concernant votre couverture. L'information est mon métier, tout simplement. J'y consacre tout le temps et les ressources nécessaires, et j'ai des groupes entiers dédiés à ce genre de tâches. Il s'agit avant tout d'un processus poussé d'analyse, corroborant entre eux des éléments infimes. A vrai dire, je n'étais sûr de rien jusqu'à ce que vous me rejoigniez dans ce parc. Je pense que pour apprendre ce que j'ai appris, il faudrait activement le rechercher avec cette idée en tête. Ce qui n'est pas impossible, je n'ai pas la prétention d'en être le seule capable. J'ai donc pris l'initiative de faire disparaître les dernières traces que j'ai pu trouver. Les prochaines personnes qui voudront remonter jusqu'à vous disposeront d'encore moins de miettes de pain. »

Du moins, Percy l'espérait. L'anonymat de Greyer était un des principaux éléments qui en feraient une alliée puissante, d'autant que personne n'avait de raison de penser que cette inconnue relative et le directeur d'Arkadia aient des raisons de collaborer. Il avait fait de son mieux, et il était relativement confiant, mais il ne pouvait exclure la possibilité que d'autres arrivent aux mêmes conclusions que lui. Le risque zéro n'existait pas, c'était l'une des règles les plus importantes par laquelle il jurait. Même lorsqu'il n'y avait qu'une chance sur un million que quelque chose se produise, il partait du principe que c'était probable. Après tout, les bonnes histoires aimaient les chances sur un million ; en y réfléchissant bien, elles avaient parfois plus de chances de se produire que d'autres pourtant bien plus envisageables...

« Il y en a qui voient la planète comme un puzzle à reconstituer, d'autre comme un jeu d'échecs. Je pense qu'il s'agit plutôt de quelque chose entre les deux, et qu'il nous faut plus que jamais la considérer sous une nouvelle dimension. Les anciennes règles n'ont plus cours de la même façon, et beaucoup de gens se raccrochent aux notions d'un ancien monde devenu obsolète. Alors qu'il ne tient qu'à nous de nous lancer dans un nouvel âge, avec une nouvelle redistribution des valeurs. C'est une des raisons qui me pousse à traiter aussi étroitement avec la Chine ; je suis persuadé qu'un partenariat de ce genre ne pourra que paver la voie à de meilleures relations pour tout le monde. Aussi utopiques que paraissent les arches, elles prônent malgré elle un isolement qui n'est sain par personne. Pas dans un monde où nous dépendrons de plus en plus les uns des autres. Voilà pourquoi l'équilibre des pouvoirs est si important, et pourquoi il nous faut éviter les extrêmes. Mais comme vous dites, il y en a qui ne reculeront devant rien pour tourner le jeu en leur faveur, obnubilés par des agendas personnels, en quête d'un pouvoir calqués sur les ruines de l'ancien monde. Les prodiges mal intentionnés sont capables de choses terribles, c'est un fait. Je le sais, parce que dans une certaine mesure, j'ai été à leur place. Mais sur le long terme, c'est quelque chose de futile. Ce que j'ai appris ces dernières années, c'était que nous avions besoin de quelque chose de plus. Et que le reste du monde n'avait pas à souffrir des querelles des puissants. Pas encore. Nikolas Cnossos, Jao Wang, le reste de leur clique et bien plus encore... A bien des égards, ils sont des dinosaures, animés par des instincts destructeurs, incapable de considérer un autre point de vue que le leur. Et ils ne sont pas les seuls. Un grand nombre d'arches sont la proie de tels dysfonctionnements, aussi bien au sein de leurs gouvernements que des rebelles qui s'y opposent. Comme en Chine, et comme chez nous, à Édimbourg. »

Sa voix vibrait d'une passion qu'il ne s'accordait que trop rarement. Comme s'il pouvait enfin se permettre d'exprimer réellement son avis sur la question, loin de la politique et des compromis forcés. D'une certaine façon, cette nouvelle idéologie qu'il espérait incarner, dépourvue des basses considérations qui l'avaient un temps poussé à se fourvoyer, représentait le nouveau trésor à la poursuite duquel se lancer, un nouveau Klondike à explorer, et une raison plus limpide et entière que jamais à son existence. Il accepta l'objet que lui tendit son interlocutrice, le rangeant soigneusement dans la poche de son veston. Il en sortit une autre clef usb, qu'il présenta à Kent avec un sourire amusé.

« Je vois que nous sommes tous les deux venus préparés. Voici les informations récoltées de mon côté, ainsi que mes analyses et celles de mes divisions. En faisant la synthèse de nos deux bases de données, je me dis que nous pourrons nous faire une meilleure idée de la tâche qui nous attend. Et rien que ça, ce n'est pas négligeable. En attendant, autant passer en revue ce que nous pouvons de vive voix ; quelque part, ça n'a pas son pareil. Que pouvez-vous me dire sur Nikolas Cnossos, dans un premier temps ? Si j'en crois mes recherches, vous avez un passif qui remonte à loin avec cette femme. Et je ne pense pas me tromper en avançant qu'il s'agit sans doute d'un des être les plus dangereux de notre arche. Tout ce que vous voudrez bien me dire sera bon à prendre, surtout venant de quelqu'un ayant eu avec elle une expérience de premier ordre. »
Percy
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Mar 26 Avr 2016 - 20:05

Quelle délicatesse.

Rien n’est gratuit sur cette Terre. Pas même entre preux chevaliers. Que demanderait ce cher Percy en échange de cette aide inattendue ? Enfin, entre immortels, cette question pouvait se résoudre ultérieurement. D’autant plus quand on était, comme Tohum, aussi à cheval sur des principes. Elle ne manquait pas de rembourser ses créances. Ce qui faisait d’elle une partenaire fiable.

« Je vous remercie. Considérez que je vous suis redevable et j’espère à mon tour pouvoir vous tirer de l’embarras à l’avenir. Enfin ! Il serait encore mieux que ce serment devienne inutile. Cela voudrait dire que tout se passe bien. »

Les précisions du directeur n’étaient pas tombées dans l’oreille d’une sourde. Diane songea d’ailleurs que le réseau de recherche d’Arkadia pourrait l’aider… Natacha avait disparu depuis plusieurs semaines. Malgré ses recherches Tohum ne savait pas encore où son ennemi la séquestrait. Mais, c’était un autre point, qui n’avait rien à voir avec la géopolitique mondiale. Autrement dit, elle repoussait la question à plus tard.

« Oui…. »

Quand Sveda repensait à ces quelques années en Asie, elle en gardait une impression douce amère. Ce qui avait été une mission de reconnaissance, c’était transformé en un amour sincère. Wang l’avait émue. Prés de trois siècles après les faits, notre belle ne comprenait toujours pas comment Jao avait pu la duper, avec tant d’audace ! N’avait-elle pas fait la même erreur avec Zac bien plus tôt ? Puis bien plus tard avec Pietro ?

De quoi se demander ce qui attirait réellement Tohum chez ses partenaires amoureux ?

En effet, connaître son adversaire c’est déjà commencer à le combattre. Vous êtes une fois de plus très informé, M. Rose. Très peu de personnes sont capables de relier des faits de 1557 à 2016… »

De quoi éprouver quelques réticences peut-être ?

Geyer savait très bien que la connaissance de son interlocuteur pouvait la mettre en danger. Espérons qu’il n’allait pas retourner sa veste. La société la plus civilisée du monde était toujours menacée par certains individus. Tohum observa son interlocuteur avec attention. Tentant une fois encore de démêler avec son intuition et son intelligence.

« Que puis-je vous dire, que vous ne sachiez déjà ? Une immortelle qui se réincarne approximativement tous les 60 ans. J’ai déjà essayé de la tuer, deux fois. Mais sa prévoyance et sa méfiance l’ont préservée. Elle sait s’entourer des bonnes personnes pour la protéger. Elle maîtrise toxicologie, comme personne et n’hésitera pas un instant à s’en servir contre vous. Elle a assassiné plus de nobles que je pourrais en compter. … C’est l’une des meurtrières les plus froides qu’il m’a été donné de rencontrer. Aucun scrupule ne l’arrête. C’est pour ça qu’elle est si dangereuse. Je ne lui connais qu’une faiblesse… ses compagnons de vie. Elle se fie à eux, les investit. Mais, bien souvent ils sont aussi intouchables qu’elle. » Du moins en apparence.

Le plan que la dame avait en tête était toujours celui qu’elle avait expliqué à Caleb. Elle travaillait depuis ce soir-là à en gommer les faiblesses. Elle avait convenu avec l’archéologue d’attendre qu’il ait pu rencontrer la Duchesse avant de tenter quoi que ce soit. Elle devait aussi revoir Kussi pour qu’ils améliorent ensemble le « piège à âme ». L’instrument de la défaite de Nikolas. Normalement. Sans entrer dans les détails, Kent se décider à informer Rose. Il n’était pas exclu qu’avec ses moyens il puisse leur apporter quelques solutions !

J’ai l’intention de la tuer. Ce qui veut dire qu’en plus de détruire le vaisseau je dois capturer sa « force vitale ». Je dispose d’un moyen, mais il est dangereux et il n’a encore jamais été testé sur une Immortelle. Ce sont des risques que je suis disposée à prendre. Si j’échouais, vous devriez trouver la nouvelle incarnation qu’elle prendra. »

En vérité, Sveda était soulagée, de savoir que quelqu’un d’autre (que Caleb ou Elias) était prêt à luter contre le cobra. Ainsi, même si elle perdait face à son adversaire, le combat continuerait. L’autre non cité par Percy correspondait à d’autres difficultés. Ce qui reliait Sveda à Jao était beaucoup plus complexe à gérer d’un point de vue émotionnel. Peut-être le trahie-t-elle à sa façon de prononcer son nom.

Quant à Jao Wang… lui couper la tête devrait suffire. Sans lui, son organisation tombera. Encore faut-il pouvoir l’atteindre. Le problème est que nous sommes de forces quasiment égales. »

La guerre qui l’opposait au père de Kim était une guerre d’usure. D’entrepôts incendiés, en données volées, elle sapait son influence autant qu’elle le pouvait. Malheureusement, sur le plan physique, leur don était de même facture. Il n’y avait pas que ce problème. Tohum, lorsqu’elle avait pu gagner, avait arrêté son geste au dernier moment. Tuer le père d’un de ses enfants, sans doute était-ce un acte impossible pour elle. Donc, oui, elle avait besoin d’une aide.

« Je ne me ferais jamais totalement à l’idée… qu’il faille tuer pour protéger la vie. »

Douce âme. Pauvre âme.

Ne t’en fait donc pas, l’Histoire est témoins que as essayé les autres méthodes, avant d'appliquer la loi du Talion.
Tohum
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Mar 3 Mai 2016 - 9:11
Percy suivit les mouvements agités d'un des colibris modifiés du parc, qui voletait de fleur en fleur. Qui aurait cru en contempler ici un jour, surtout après un événement aussi catastrophique que le cataclysme ? La vie trouvait toujours son chemin, d'une manière ou d'une autre. Quitte à ce qu'on lui donne un petit coup de pouce. Quand on avait les moyens, cela devenait plus un devoir qu'une possibilité : l'apanage des jardiniers du vivant. Peut-être était-ce prétentieux d'y penser de cette manière, mais cela valait mieux que de ne rien faire quand tant d'autres menaçaient de semer la destruction.

« J'ai toujours cru à l'échange de bons procédés. J'y trouve généralement bien plus de valeur qu'à l'argent ou au pouvoir. Si je devais avoir besoin d'aide un jour, je n'hésiterai pas à vous la demander si c'est dans vos cordes. Pour autant que cela s'accorde à vos valeurs, bien sûr. Mais comme vous, j'espère qu'arrivera un jour où de tels serments seront inutiles. Voilà pourquoi il vaut mieux que nous nous entraidions déjà maintenant. D'ailleurs, considérez que mes services vous sont offerts, si vous deviez en éprouver le besoin pour quoi que ce soit.»

Le directeur d'Arkadia pensait chacun de ses mots. Malgré les apparences, il n'avait aucune envie de s'épuiser dans des jeux de pouvoirs, qui finissaient de toute façon presque toujours par s'avérer stériles. Bien trop de monde souffrait quand les puissants s'affrontaient, et il était temps pour lui d'y faire quelque chose plutôt que de se retirer dans sa tour d'ivoire. C'était quelque chose qu'il aurait dû faire bien avant, mais il s'était fourvoyé dans sa quête de pouvoir. Revenir sur le droit chemin n'avait pas été facile, mais s'était avéré nécessaire. D'une manière ou d'une autre.

« L'information est mon métier depuis plus d'un siècle, j'ai fini par en apprendre la plupart des ficelles. Et puis j'ai eu droit à un petit coup de pouce de la nature. » Il se tapota la tempe d'un doigt, faisant référence à la manière dont son cerveau de prodige avait été modifié par la tempête. « Tout le crédit ne m'en revient pas, ceci dit. Arkadia sait ce qu'elle fait, et mes agents sont efficaces dans leur domaine : plusieurs têtes valent mieux qu'une. Ensuite, ce n'est qu'une question de temps et d'argent, puis d'analyse. Peu de choses peuvent réellement échapper à quelqu'un pourvu qu'on fasse un réel effort. Le truc, c'est de savoir qu'il y a quelque chose à chercher. »

Et pourtant, rassembler des informations sur Nikolas Cnossos s'était révélé relativement difficile. La duchesse savait effacer ses traces et déployer des contre-mesures, ce qui en faisait une adversaire coriace. De plus, Percy devait reconnaître qu'elle avait encore plus d'expérience que lui quant à certains domaines ; les bénéfices d'une plus longue existence que la sienne, contre laquelle il ne pouvait pas grand chose. Mais lorsqu'on vivait aussi longtemps, on était parfois condamnés à agir d'une certaine manière, et il espérait y trouver une faille. Perdre touche avec sa qualité de simple être humain était une, selon lui, et il comptait bien l'exploiter si c'était possible. Il y avait lui-même réchappé de peu, arrogant comme il avait pu l'être.

« Vos informations rejoignent les miennes, en effet. Cnossos est aussi redoutable qu'elle est retorse, et prudente en plus. Ses défenses ne sont pas faciles à percer, et il en va de même pour son compagnon. Entre sa fortune et ses contacts, elle a su se tisser un véritable réseau entre les mailles duquel il sera difficile de passer. Mais je ne désespère pas ; malgré tout son pouvoir, elle reste humaine, et les humains peuvent tomber. Si je peux me permettre... Quel est votre moyen d'y arriver ? Si je peux vous aider d'une manière ou d'une autre afin de vous faciliter la tâche, vous pouvez compter sur moi. Et je vous promets que je continuerai de m'opposer à elle si quelque chose devait vous arriver. Mais je compte bien faire tout ce que je peux pour que ce cas de figure ne se présente pas : nous sommes plus forts unis que solitaires. »

N'était-ce pas l'un des préceptes d'Arkadia, au fond ? Percy savait maintenant que la puissance venait du nombre, malgré tous les risques que cela encourait. Il ne pouvait pas tout faire tout seul, et plutôt que de le voir comme une faiblesse, il préférait le voir comme un avantage. D'autant que Cnossos n'était pas la seule menace dont ils avaient tous à se méfier...

« Wang... De ce que j'ai appris, cela doit être difficile pour vous. Là aussi, si je peux vous aider, je le ferai. Son organisation dépend principalement de lui, en effet. Déléguer ne m'a jamais apparu être son fort. Et il en va de même pour un autre de ses adversaires, et un nouveau venu dans la partie que je ne suis pas encore sûr d'arriver à cerner : Alexander Feuerbach. Un autre joueur à surveiller de près, dont l'ambition et les moyens ne sont plus à prouver. »

L'interrogation finale de Greyer aurait parue incongrue à Percy il y a quelques années encore ; aujourd'hui, il en prenait enfin la pleine mesure. Il prit le temps d'y réfléchir quelques instants, avant d'y répondre : « L'éternelle équation : combien de vies valent une seule ? Sauver des centaines, des milliers ou plus encore au prix d'une unique existence, voilà qui semble être une décision très simple sur le papier. Mais en réalité, ce n'est jamais aussi facile que ça. Et le moment où ça le devient, c'est qu'on est soi-même en train de se perdre en chemin. Non, ce ne seront plus jamais des décisions que je prendrai à la légère, et j'en porterai la responsabilité. Et si je peux l'épargner à d'autres, tant mieux. Nous faisons ce que nous avons à faire, mais nous n'avons pas besoin d'aimer ça. Peut-être que c'est ce qui nous sépare d'eux, au final... »
Percy
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Mar 10 Mai 2016 - 19:55

Eh bien voilà ! Mettez deux Prodiges protecteurs sur le même chemin, ou plutôt dans le même jardin, et vous obtiendrez ça. La collaboration partait pour être fructueuse. Plus fructueuse sans doute qu’ils ne l’avaient initialement prévu.

« J’aurais bien quelques dangers potentiels à vous signaler. En fait, j’ai une liste. Je vous en ai fait une copie dans le dossier. »

Sveda inspira un bon coup avant de se lancer dans une explication plus précise de son plan. Elle l’avait déjà fait devant Carso, quelques jours plus tôt, ce qui l’avait aidé à revoir certains points. Ils en avaient discuté. Il était indispensable que Tohum ait des appuis au moment d’intervenir.

« Comme je vous l’ai dit le procédé est encore expérimental. Pour le comprendre il faut accepter le fait que le corps humain n’est pas qu’une superbe machine, mais aussi le réceptacle d’une énergie. C’est la coalition de la science et de la spiritualité, qui nous permet de concevoir ce principe « vie » dans son ensemble. Cette énergie n’est pas uniquement régit par des lois mathématiques. Partant de cette hypothèse on peut comprendre comment des personnes comme Nikolas parviennent à faire un « transfère ». Le « truc » est d’amener cette énergie, dans un réceptacle choisi, où elle s’épuisera d’elle-même. Or je connais un homme qui a très longuement étudié cette énergie. Par des rituels et des combinaisons chimiques, il est parvenu à les « voir ». Il a trouvé une combinaison qui pourrait « attirer » l’énergie avant qu’elle trouve un corps. Je vais avoir besoin de vous pour désarçonner son garde du corps personnel. Au cas où. »

Les informations sur l’homme de main de la Duchesse n’avaient pas été difficiles à trouver. Il n’avait rien à voir avec les agissements de sa patronne. Tohum avait pour code de limiter au maximum l’impacte de ses actions sur les personnes qui n’étaient pas concernées. Elle respectait la vie comme la chose la plus précieuse à préserver.

L'apanage d'un Ange. N'est-elle pas ?

« Ce nom ne me dit rien. Pensez-vous qu’il pourrait nous aider ? Toute aide sera la bienvenue face à Jao. D’autant que je ne suis pas sûre d’être la mieux placée pour l’éliminer. Il y a une raison pour laquelle je ne l’ai pas encore tué. »

Alexander mon petit, tu es déjà dans les tuyaux. Je dois dire que je suis plutôt curieux de voir ce que pourrait donner un trio aussi bigarré ! Entre les objectifs de chacun je vois déjà les joyeuses disputes se profiler. Enfin, ce n'est pas encore le moment de rire. Surtout que les deux Roses partent dans ce genre de réflexion fondamentales, dont Tohum ne se débarrassera jamais.

Philosophie existentialiste.

« Peut-être oui… Du mieux que l’on le peut. Parfois je me demande si ce sera suffisent un jour ? Les visages changent, siècle après siècle, mais l’ennemi est toujours là. Enfin ! C’est sans doute la loi de la Nature ! Rien n’existe sans sa force opposée. »

Belles paroles. Les taoïstes croyaient sensiblement ainsi. Tohum en avait croisé quelqu’un au cours de ses pérégrinations. Elle adhérait à ce concept d’harmonie et d’équilibre. Pourtant, il lui arrivait d’être lassée par cet éternel combat. Elle aurait aimé être capable de laisser tout ça à d’autres. Vivre une vie calme et paisible, avec Dante, quelque part sur une île ensoleillée.

« Tout de même, la lutte est féroce. J’ai perdu de nombreux alliés au cours des dernières décennies. Je me demandais quand allait apparaître la nouvelle génération. M. Rose, vous arrivez à pique. Il était temps. »

Ceci étant dit ! Diane observa mine de rien en direction de l’ « étudiante ». Un fugace sourire trahit son amusement. Elle n’allait cependant pas jusqu’à saluer cet agent. Mais cette silhouette « innocente » lui rappela une autre femme. Pour la énième fois, Tohum tenta de donner un sens aux derniers événements. Malgré sa première décision, elle jugea judicieux d’intégrer Percy dans cette partie.

« Je crois que nous avons posé les bases de ce nouveau partenariat ! Aviez-vous pensé à autre chose, pour aujourd’hui ? J’agirais dans quelques semaines au plus tard. Je vous informerais dès que la date sera fixée. D’ici là, j’aurai une première requête. Pourriez-vous… trouver où Jao détient quelqu’un ? Natacha Nabov. Une scientifique qui travaille pour moi. Je veux la retrouver avant qu’il décide de s’en… débarrasser. J’ai l’affreux pressentiment que l’alliance entre Nikolas et Jao ne concerne pas seulement le pouvoir politique. »

Tu ne crois pas si bien dire. Tohum, graine minuscule de l’univers. Ce n’est pas pour être gentil que je te fournis ces alliés. Mais parce que tu vas en avoir besoin.

Tohum
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Jeu 12 Mai 2016 - 11:47
Percy n'avait trop su à quoi s'attendre en organisant cette rencontre. Ses capacités d'analyse et ses recherches ne suffisaient pas toujours à cerner l'élément humain, souvent imprévisible. Une rencontre en personne était toujours souhaitable, afin de mieux se rendre compte à qui on avait affaire. La réputation de celle qui se faisait appeler Tohum n'était plus à faire, mais elle restait assez subtile et intrigante pour avoir rapidement éveillé la curiosité du directeur d'Arkadia. Il restait dommage qu'ils n'aient pu se rencontrer avant la crise, mais c'était souvent les crises qui réunissaient ceux qui en avaient le plus besoin. Des alliances inattendues se nouaient, et les véritables personnalités se révélaient.

Toujours est-il que Rose appréciait grandement cet échange, content de ne pas s'être trompé sur le compte de cette femme. Et sans doute plus heureux encore qu'elle semble le prendre au sérieux, et le considérer assez malgré ses erreurs passées pour estimer qu'il ferait un bon allié dans la lutte qui les attendait.

« J'examinerai votre liste avec attention, de même que le reste du dossier. Je suis sûr que recouper nos informations nous permettra de nous faire une idée encore plus claire de la situation, afin que nous puissions agir au mieux étant données les circonstances. »

Il écouta avec attention la suite des explications avec la plus grande attention. Les détails de la procédure lui apparaissaient clairs, ou du moins comprenait-il ce que cela impliquait. La science et la mystique étaient plus que jamais entremêlés depuis les tempêtes et la naissance des prodiges, et dieu seul savait où commençait l'une et s'arrêtait l'autre. Nul doute qu'un tel procédé aurait fasciné grand nombre de ses agents au sein de la Head Brigade, même si la directrice aurait sûrement froncé les sourcils. Pandora n'avait jamais prêté beaucoup d'intérêt à ce qui dépassait le domaine de la science pure ; d'ailleurs, il croyait savoir que Tohum et elle n'étaient pas forcément en bons termes, à cause de la manière dont chacun voyait la science, et les limites des expériences.

« Je vous fais confiance pour ce qui concerne l'exécution finale du piège. Pour le reste, vous pouvez compter sur Arkadia. Je mettrai sur pied un groupe de mes meilleurs agents pour s'occuper de ses opérateurs. Nous ferons tout ce qui est en notre possible pour vous laisser le champ libre.  Quant à Alexander... » Il réfléchit quelques instants, pour présenter au mieux la situation. « C'est une nouvelle sommité dans la haute société : un jeune industriel allemand, et un génie aux capacités de prodiges quasi inégalées sur le plan intellectuel. Il touche un peu à tout, aussi bien dans le commerce que dans l'art ou encore la science. Il est ambitieux et dangereux, même s'il manque encore un peu d'expérience.C'est avant tout un pragmatique, qui ne se soucie d'éthique que lorsque cela sert son intérêt. Il trempe également dans des combines plus louches, mais il a toujours resté au-dessus de tout soupçon. Il sait très bien gérer son image, notamment à travers le mécénat. Je me méfie de lui, mais c'est normalement quelqu'un avec qui il est possible de raisonner. Et je sais que son organisation est en lutte contre celle de Jao Weng. Ce qui peut se révéler être à notre avantage, pourvu qu'ils ne favorisent pas plus le chaos dans les rues... Pour le reste, l'allemand est un joker : en bien ou en mal, ses actions pourront changer la face de l'Arche. Tout dépend de son véritable but... Si ses objectifs s'alignent avec les nôtres, il peut faire un allié redoutable. Mais le moment où il estimera que nous ne lui servirons plus, il n'hésitera sûrement pas à nous laisser tomber... Pour le moment, je ne crois pas qu'il ait une raison de nous poignarder dans le dos ; encore une fois, tout dépend de ce qu'il recherche vraiment... Peut-être devriez-vous chercher à le contacter, pour le rencontrer en personne et vous en faire une idée.»

Voilà quelque chose que Percy voudrait bien voir : l'altruisme sans limites de Tohum face au pragmatisme sans limite de Feuerbach. Mais ce n'était pas le sujet de la conversation, pas pour le moment. La suite de la conversation l'intéressait d'autant plus, car elle touchait à des sujets qui lui tenaient tout autant à cœur.



« Le mieux que l'on peut est parfois la seule chose que l'on peut faire. Non, c'est la chose que l'on doit faire. Peut-être bien que ce ne sera jamais suffisant, même si tout rêve d'utopie est un bon rêve. Et si l'ennemi devait toujours réapparaître, sous une autre forme, dans un entre temps... Et bien, c'est pour ça que nous sommes là, n'est-ce pas ? » Il s'autorisa un bref sourire, de celui qui se rendait bien compte que la position n'était pas facile, mais qui allait s'y astreindre malgré tout. « J'ai perdu mon lot de proches, moi aussi. Parfois à cause de mes actions. J'ai longtemps cru que c'était un dommage collatéral acceptable ; peut-être que ce sont des dommages qui restent inévitables, mais je veux maintenant faire de mon mieux pour éviter qu'ils ne se répètent inutilement. Et pour que tous ceux qui n'ont pas leur mot à dire ne souffrent pas des puissants. »

Être considéré comme la nouvelle génération ne manqua pas d'arracher un nouveau sourire à Percy. Lui qui se considérait si expérimenté, un véritable vieux de la vieille, il n'était qu'un nourrisson aux yeux d'une éternelle comme elle. C'était là une humilité bienvenue, qu'il acceptait à bras ouverts plutôt que de la repousser, comme il l'aurait fait il y a quelques années encore. Il se laissa aller contre le dossier du banc, le cœur un peu plus léger.

« Je vois que vous avez repéré Miranda. » Peu de chose échappaient aux capacités d'analyse de Percy. « C'est mon plus fidèle agent, et sans doute le meilleur. Loyale, efficace, et... et bien, je pense qu'elle est plus proche de moi que quiconque. Souvent, je me demande ce que je ferais sans elle. Beaucoup croient que s'entourer est un signe de faiblesse, et j'ai longtemps été du nombre mais...trouver les bonnes personnes, c'est important. Savoir sur qui compter, sur qui se reposer en cas de coup dur comme dans une bonne période. Miranda est tout cela, pour moi. Et j'espère que vous et moi saurons également compter l'un sur l'autre. » L'affection que portait Percy à Miranda était évidente ; le directeur la considérait vraiment comme une personne importante dans sa vie, et non comme un simple agent dont il pouvait disposer. « Je n'avais pas d'autre sujet à aborder aujourd'hui. Je pense qu'il sera bon de faire le point quand nous aurons tous les deux étudiés ces informations, pour ensuite mieux les recouper. Pour le reste, j'attends de vos nouvelles. Concernant votre requête... Vous pouvez compter sur moi. Dès la fin de cette rencontre, j'enverrai un message crypté au siège pour lancer les recherches. C'est là l'une de nos principales fonctions après tout, que de retrouver les gens. Si l'information existe, nous la trouverons. J'espère que nous trouverons votre scientifique avant qu'il ne soit trop tard, Diane. » Son ton était doux, et sa compassion sincère.
Percy
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Ven 13 Mai 2016 - 2:38


NOUS NOUS RENCONTRONS ENFIN

Lieu :

Serre du Jardin Botanique de Post-Amsterdam

Date de l'événement :

Mars 2016

Participants :

Percy – Tohum – Miranda (PNJ) – Lars (PNJ)

Précédemment :

Entre la vie et la mort.

A suivre :

Exposition Universelle - Partie 1






Dans les célèbres et très touristiques serres du jardin botanique de Post-Amsterdam, le temps semblait s'être arrêté autour des deux protagonistes principaux de cette histoire. Deux individus assis sur un banc, échangeant une conversation d'apparence quelconque. La banalité de la scène et de leurs allures contrastait avec l'enjeu même de leur discussion, un entretien qui déciderait peut-être de l'avenir du monde...
Était-ce seulement possible que de telles choses se décident à l'ombre d'un frangipanier ? 

Un sourire carnassier passa comme un éclair sur les lèvres d'un nouveau personnage qui s'imposait dans cette intrigue presque toute tracée. 

Une voix posée s'éleva aux côtés du très soigné Perceval Rose et de la belle Diane Greyer -aussi connue sous le nom de Catherine Kent.

-Il se peut que je détienne des informations sur le lieu de détention de madame Nabov. 

La déclaration avait été énoncée avec une absence flagrante d'émotion qui laissait toute place à une clarté pratique.
Si l'un comme l'autre des deux personnages principaux tournaient la tête vers la voix -qui n'était définitivement pas inconnue au directeur d'Arkadia- leur regard tomberait sur un jeune homme à l'allure reconnaissable entre mille. D'un geste, l'impromptu était venu retirer les lunettes de soleil qui reposaient sur son nez aquilin, révélant des yeux de jaie. Il était vêtu d'un costume trois pièces visiblement taillé sur mesure de couleur sombre et, malgré la chaleur qui ne semblait avoir d'emprise sur lui, sa chemise noire était boutonnée jusqu'en haut et une cravate anthracite ceignait son cou. 

-Si vous me pardonnez cette interruption et me permettez de m'immiscer dans votre conversation.

Ajouta l'homme qui avait perturbé le cours des choses. Une partie de son poids était visiblement appuyé sur une canne d'ébène et ciselée d'argent, son visage de lait était dénué de toute expression.

-Rose, vous me voyez flatté du portrait que vous avez si bien su bien dresser à mon égard à miss Greyer.

La parfaite neutralité de sa voix laissait à douter quant à la sincérité ou à l'ironie de son propos. En plongeant son regard dans celui de Tohum, il se présenta, mais avait-on seulement besoin de le présenter ?

-Alexander Feuerbach, enchanté de vous rencontrer.

Voilà une entrée dramatique digne du milliardaire allemand. 
Que faisait-il là ? Et apparemment -mais en apparence seulement - sans le gorille qui ne le quittait jamais. 
Comment avait-il su pour ce rendez-vous secret aux milles précautions ?Diantre, il était Alexander Feuerbach, il savait, un point c'est tout. 
De vous à moi, l'homme d'affaire n'avait eu vent de cette rencontre que par les multiples recherches qu'il avait commandé au sujet de Jao Wang. Une information en amenant une autre, il avait trouvé en la récemment disparue Dr. Kent une ennemie du chinois. La recherche de cette femme l'avait tout droit conduit dans la plus grande plaque tournante des Arches Européennes.
Le reste n'avait été qu'un jeu de piste pour ne pas dire, un jeu d'enfant. 

Alexander était particulièrement familier de cette ville et des trafiques qui s'y organisaient -pour avoir la main mise sur la bonne majorité d'entre eux. Certes, dans les affaires les plus sombres qu'il dirigeait, il déléguait à ses hommes les plus loyaux, mais certains business nécessitait sa présence et vous ne trouverez pas un hangars désaffectés, un entrepôt à l'abandon dans la banlieue industrielle de cette ville qui n'avait accueilli une cargaison appartenant à Feuerbach. Et pourtant, le génie exécrait particulièrement cette métropole. Probablement son manque de charme, la grossièreté de sa population, son côté cosmopolite. 

Le jardin botanique était l'un des rares endroit apprécié du cerveau en herbe. Si les lieux disposaient d'une quiétude salutaire, Feuerbach aimait pouvoir en disposer à sa guise pendant les heures de fermetures et, grâce à quelques dons, avait un accès privilégié au parc floral sans devoir supporter tous les flâneurs. 

La seconde question qui vous taraude sûrement est, comment se faisait-il que la très dévouée Miranda Lockhart n'ait avertie son employeur de la présence du PDG ? Et où pouvait bien se trouver Lars ?
Alexander était arrivé quelques heures avant les deux sujets de cette chronique. Le temps pour la montagne scandinave de placer l'endroit sur écoute et d'organiser la sécurité du milliardaire grâce à une quinzaine d'hommes. La jeune femme avec son bébé, un peu plus loin, là-bas, le vieillard qui contemplait, voûté, les cactus, l'employé, dans sa tenue verte et beige griffée du logo du jardin... Ils faisaient parties des effectifs de Feuerbach et, malgré leurs apparences peu impressionnantes, ne doutez pas du fait qu'ils étaient capables de tuer un homme à main nu. Lars, pour plus de discrétion, s'était séparé de son patron et gérait la sécurité à l'extérieur. 

Alexander avait longuement réfléchi à la façon dont il allait s'y prendre pour aborder ses cibles. 

Miranda, donc. Alexander avait avisé sa présence dés son entrée dans la serre et, plutôt que d'aller vers le directeur d'Arkadia, il s'était directement dirigé vers la pseudo étudiante. Il l'avait salué avec un flemme bien à lui et, en quelques arguments imparables, il avait réussit à convaincre l'agent qu'il devait parler à Perceval sans que celui-ci soit avisé de sa présence. Quels avaient été ces arguments en question ? Un cocktail de somnifères directement administré par projecteur de seringue hypodermique -le tireur se trouvait à plusieurs pieds derrière l'agent. Deux hommes prêts à récupérer la jeune femme pour la faire sortir discrètement. Et quelques courtes secondes d'une bonne distraction. Après tout, Lockhart ne pouvait qu'être surprise de croiser l'allemand en cet endroit. 
Un coup en traître, certes. Mais que l'on se rassure la belle blonde ne risquait strictement rien. Elle avait d'ailleurs déjà dû reprendre ses esprits et Lars s'était dévoué pour être la première personne qu'elle verrait à son réveil. Il lui expliquerait la situation aussi bien qu'il serait prêt à affronter une machine capable de le tuer, si besoin était.
Du moins, c'est ainsi que le cerveau avait planifier les choses...
Verstand
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Lun 16 Mai 2016 - 15:14

Pertes collatérales. Un terme militaire que tu avais déjà entendu Sveda. Soudain, le visage de Zac s’imposa de lui-même. Oui, lui aussi avait tenu ce genre de discours ultra pragmatique. Te souviens-tu ? Bien sur. Ce n’était pas ce « pragmatisme » qui te fascinait ? Tu leur as envié cette capacité à distancer les émotions, surtout pendant les batailles. Toi qui te serais tuée pour une seule vie.

« Oui… » Songeuse, en suivant la jeune femme des yeux.

Quels sont ces piliers pour la belle du désert ? Une question simple. Pourtant, le désir de protéger les siens l’empêchait de totalement se reposer sur eux. Elle avait beau porter une confiance (sans faille) pour ses enfants, Sveda refusait obstinément de se reposer sur eux. Sans doute avait-elle eu un moment de faiblesse à la mort de Joachim. Mais sinon ? Ils étaient sa chair et son sang et c’était son devoir de mère de les écarter du danger. Les amis ? Ceux de Potiental Home ou ceux des voyages… le même raisonnement la rendait coupable. Alors, l’amant peut-être ? Tohum pensa à Caleb. À ce jour, Carso était probablement l’homme sur qui la nomade s’appuyait le plus.

« Très bien, je vous remercie Perce… » La voix du jeune infirme lui coupa la parole.

Tadam !

Le germanique attira donc l’attention de nos deux comploteurs. Geyer le regarda faire son entrée avec curiosité. Après ce que venait de lui dire Percy à propos de ce jeune homme, elle hésita entre la méfiance et l’amusement. Car le tempérament d’Alexander lui faisait un peu penser à son tout premier compagnon, Zac. Voilà deux fois qu’il se rappelait à elle. Sveda vit tout de suite que ce Prodige souffrait d’une faiblesse musculaire au niveau d’un membre postérieur. Elle plongea ses yeux océans dans ceux de l’intrus. Elle y lu une puissante détermination, une vive intelligence, ainsi qu’une légère fragilité enfantine. Cela allait avec ce qu’elle avait ce qu’elle avait lu dans la presse. Beaucoup de personnes vantaient ce génie dans le monde la finance. Comme on le connaît Kent, ce n’est pas cette activité qui l’avait convaincue, mais plutôt le mécénat.

Déjà levée, la belle lui tendit une main franche.

« Eh bien bonjour Mr. Feuerbach. Je suis enchantée aussi. Le fait que vous soyez ici corrobore en partie ce que je viens d’entendre à votre sujet ! » Une affirmation pleine d’énergie.

A présent debout, Tohum se décala afin d’avoir une vue sur les deux génies en même temps. La place qu’elle occupait sur le banc était libre, au cas où le jeune homme voudrait reposer ses jambes. Ce qui était peu probable aux vues de l’énergumène. Percy avait été curieux de les voir ensemble. Il n’est pas le seul.

La culpabilité pousse à tout.

« Vous parliez de Natacha… ? La libérer est une priorité, autant pour sa survie que pour celle de nos recherches. » Aie. Es-tu réellement disposée à parler de « ça » ? En même temps, pour être convaincante il te faut des arguments. Choix difficile. « Enée » est si bien caché. « Elles ne doivent surtout pas tomber entre les mains de Wang. De personne d’autre d’ailleurs. »

A ce stade Sveda savait que son ex-compagnon de recherche se trouvait sur l’Arche lui aussi. Jao avait une équipe de scientifique sous ses ordres. Mais Pietro travaillait pour son compte lui. Kent n’avait pas réussi à obtenir des informations précises quant à ses dernières recherches. Mais elle connaissait le russe. Il était tout aussi déterminé qu’elle quand il s’agissait de la Science. C'est-à-dire, trop. Tohum avait très vite compris que se rapprocher de ces hommes finirait par la mettre en danger.

Après trois siècles de guerre froide, une confrontation semblait inévitable. Et c’est peu de le dire. Mais, la donne a changé Sveda. Avec ces deux gars, tes chances de gagner ont augmentée. Et puis, tuer Wang c’est indirectement affaiblir Nikolas. C’est bien ce que tu veux, non ? Réfléchie. Réfléchie bien.

Faire des choix.

« Si vous m’assurer que vous pouvez sauver Natacha je… Je m’occupe de Wang. Il faut seulement l’éloigner de ses hommes…. Et de Xin Qian. Sa femme. » Les deux femmes gardaient chacune un cuisant souvenir de leur dernière rencontre. Un peu avant la Guerre du Culte.

Prend garde aux élèves de Machiavel.

« Mr. Feuerbach, mon fils travaille pour son père. Je vous conjure de le protéger. Il n’est pas responsable de nos erreurs à son père et moi. »

Ce bon sens cachait une profonde angoisse maternelle. Elle endurait la perte de ses enfants mortels, car c’était l’ordre naturel des choses. Perdre un enfant immortel avait été un véritable anéantissement. Sveda n’était pas certaine de supporter un autre de ces deuils.

« Informez-moi quand vous serez prêts à passer à l’action. J’agirais. »
Tohum
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Mer 18 Mai 2016 - 10:55
« Alexander, quel opportuniste vent vous amène ? » La question était purement rhétorique, bien sûr, Percy n'était nullement surpris par l'arrivée de Feuerbach. Il n'avait pas été totalement sûr que le jeune génie se montrerait, mais disons que le contraire l'aurait étonné. L'affaire était bien trop grande pour qu'il ne s'y intéresse pas, et même s'il n'avait pas été directement lié au conflit contre Jao Wang, son ego l'aurait sans doute poussé à venir s'immiscer malgré tout. Ce n'était pas son genre de rester en dehors de la partie.

« Je vous en prie, prenez place. Je ne doute pas un seul instant de la pertinence de vos informations. » Percy était parfaitement sincère : le réseau de l'allemand était extrêmement efficace. Le jeune homme pouvait difficilement s'empêcher de se vanter, mais il n'était pas du genre à le faire dans le vide. Il aimait qu'on puisse appuyer ses propos, ne serait-ce que pour prouver qu'il était du côté des intelligences supérieures dans toute conversation. « Nul doute que le portrait que vous dressez de moi se trouve aussi précis. »

Non, Percy n'était pas particulièrement surpris. Au fond, il avait compté sur une telle intervention ; c'était le moment idéal pour que s'avance quelqu'un comme Alexander. Mieux valait que cela se passe maintenant, loin des regards, et quand la planification n'était pas trop avancée. Au moins Feuerbach avait-il choisi de les approcher directement, même s'il n'avait pas pu s'empêcher de faire son petit coup d'éclat. A cette pensée, Rose ne put s'empêcher de sourire ; il n'avait pas été très différent, lorsqu'il était jeune. L'envie d'une entrée en matière spectaculaire semblait toujours la plus fort alors, avant qu'il ne prenne un peu de bouteille.

« Si vous êtes prêt à travailler de concert, Alexander, peut-être que nous pouvons coordonner nos efforts. Pour retrouver le docteur Nabov...et pour éliminer Jao Wang et son opération une bonne fois pour toute. Cet homme est une menace qui n'a que trop longtemps menacé la paix de notre arche. Diane, vous avez ma promesse qu'il ne sera fait aucun mal à votre fils ; Arkadia l'aidera, si elle le peut.» Puis, à Alexander : « Vous auriez simplement demandé à l'agent Lockhart la permission d'approcher, elle vous l'aurait accordée. Je lui en avais passé la consigne, au cas où. Mais je crois que vous l'avez mise de mauvaise humeur ; j'ai appris il y a longtemps qu'il était toujours préférable d'éviter de provoquer la moindre rancune lorsque c'était possible. On ne sait jamais quand ça peut nous retomber dessus. »

D'un geste, Rose désigna quelque chose derrière Alexander. Ou plutôt, quelqu'un. Miranda se tenait derrière lui, et elle passa un bras autour de sa taille à la manière d'une jeune femme retrouvant son amant. De l'autre main, elle vint presser contre son coup la pointe d'une fléchette hypodermique. La blonde semblait passablement agacée ; pourquoi fallait-il toujours que ces grands enfants s'amusent à faire leurs petits malins ? Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour repérer la plupart des agents de Feuerbach sur place, mais le tire de seringue avait été relativement inattendu. Ce qu'elle avait bien rendu à ses assaillants, d'ailleurs. Les expériences qui avaient stimulé ses dons de prodige l'avaient dotée d'un métabolisme si performant qu'il lui permettait de résister à la plupart des poisons, somnifères et autres agents chimiques. Il aurait fallu la truffer d'aiguilles comme un porc-épic pour la mettre à terre ; la dose employée par l'opérateur de l'allemand était forte, mais pas assez. Ce qui n'était pas étonnant : les capacités réelles de Miranda n'étaient répertoriées nulle part. A vrai dire, le seul dossier concernant la jeune femme se trouvait dans le crâne de son patron ; tout le reste avait été détruit il y a bien longtemps. De plus, Arkadia avait développé des traitements de fond qui augmentaient la résistance de ses agents à ce type de produits, qui avaient d'autant plus protégé Miranda contre ces effets.

Elle s'était laissée tombée néanmoins, décidant de jouer le jeu assez longtemps pour mieux agir. Dès qu'ils furent hors de vue, elle se débarrassa des deux individus chargés de la transporter à l'extérieur. Elle avait ensuite rapidement fait le tour, silencieuse et discrète, pour se débarrasser du tireur. Chacune de ses cibles avait été assommée, les mains liées. Elle avait vidé le chargeur du fusil, piétinant toutes les fléchettes sauf deux. Dont celle qu'elle tenait contre le cou de l'allemand ; quant à Lars, il pouvait encore l'attendre longtemps...

« Allons, cessons de jouer aux coqs, et discutons. Maintenant que notre petit triumvirat officieux est enfin réuni, il est temps de planifier nos actions. » Il hocha la tête à l'intention de Miranda, qui lâcha Feuerbach pour venir se tenir au côté de son directeur. Elle jeta la seringue à terre pour l'écraser sous son talon. Celle qui lui restait serait analyse par la Head Division ; on n'allait tout de même pas gâcher. « J'avais espéré vous voir moins flamboyant dans vos actions, mon jeune ami. La plus extrême discrétion était de mise, mais vous avez investi la place avec une légion. Malgré tous vos talents, plus il y a d'hommes impliqués, plus il y a de chance pour que quelqu'un s'en rende compte. Nous ne sommes pas les seuls grands esprits du coin, et des vies sont en jeu, il en va de plus que notre ego ou notre pouvoir. Et voilà que vous cédez à l'envie de nous impressionner en vous prenant à Miranda alors que ce n'était pas nécessaire. Parfois, je me dis que vous avez encore à apprendre, mais vous êtes sur la bonne voie.»

Il jeta un œil à Miranda, qui ne quittait pas Feuerbach des yeux, puis revint à l'allemand. Comment disait-on, déjà ? Ah, oui...

« Yepa. » déclara-t-il sans élever la voix, se contentant de hausser un sourcil.
Percy
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Dim 22 Mai 2016 - 17:35
La question rhétorique posée par le directeur d'Arkadia avait tiré à Alexander un pâle sourire un peu narquois.

Il observa pour quelques secondes la main tendue vers lui avant de la serrer avec fermeté, plongeant par la même occasion son regard dans celui de Sveda. Dans cette poignée de main se lisait l'énergie, la détermination, mais aussi l'espoir d'une alliance. Le regard de l'immortel traduisait son caractère battant. En revanche, les petites rides au coin de ses yeux montrait une femme poussée dans ses retranchements, préoccupée par un avenir incertain. Une certaine fatigue habitait ses traits. Elle avait tout abandonné. Elle ne semblait pas encore prête à tout, mais peut-être le serait-elle bientôt.
Lorsque leur poignée de main pris fin, Alexander savait exactement ce qu'il pourrait ou ne pourrait pas obtenir de cette femme. Il garda pour lui un sourire intérieur.

Perceval l'invita alors à se joindre à eux et l'allemand avait remarqué le geste de Greyer qui visait à lui laisser sa place sur le banc. La mâchoire du jeune homme se crispa imperceptiblement et sa main se resserra légèrement sur sa canne, faisant pâlir les jointures de ses doigts.

Ceux qui avait le privilège de connaître suffisamment le génie n'aurait pu que remarquer la dégradation de son état de santé, sa perte de poids, la blancheur maintenant presque cadavérique et bleuté de sa peau. Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis l'intervention du guérisseur ailé et le mal qui rongeait son corps de l'intérieur avait repris sa course inéluctable. La veille au soir même, il avait douté du fait de pouvoir se permettre le déplacement jusqu'ici. L'enjeu avait été trop important pour qu'il y renonce et il avait passé une partie de la nuit à préparer son plan, le bras relié à une perfusion. Il avait fait rapatrier en urgence le dernier traitement qu'il avait mis au point. Les résultats, plutôt concluants, n'avait pas encore été mis en application dans une phase expérimentale sur l'homme, mais il n'avait pu se permettre d'attendre. Retourner en fauteuil était, pour le moment, une option non envisageable.
Une fois la première demi-heure du traitement passée, la douleur était devenue tolérable. Il avait pu préparer cet entretien en attendant que le jour se lève. Une dernière injection avait été réalisée pendant le trajet en aéronef entre d'Edimbourg et Post-Amsterdam.
Notre protagoniste avait été en mesure de demeurer debout jusqu'à maintenant, aidé par son ego surdimensionné. Mais il savait également reconnaître là où il ne pouvait pas gagner et s'assit avec précaution là où Sveda venait de se lever. Il la remercia discrètement d'un petit signe de la tête.

-C'est en effet de votre petite-fille dont je parle, répondit-il sans transition et avec une placidité déconcertante.

Avec des gestes lents mais précis, il avait sortie de sa poche intérieure une petite enveloppe contentant un cellulaire dernière génération. Un modèle inconnu du marché. Il avait tendu l'appareil à celle qui se faisait appeler Diane et cette dernière pouvait faire défiler sur l'écran des photos d'excellente qualité montrant plusieurs hommes de Jao Wang faisait sortir une jeune femme d'un van pour la conduire on se savait trop où.
La femme semblait en piteuse état. Exténuée, physiquement abîmée, elle portait des signes visibles de violence. Les clichés révélaient un probable changement de planque.
Selon les renseignements que possédait l'allemand, elle avait été transférée sur un terrain industriel en construction. La nouvelle n'était guère pour le réjouir, était-il d'ailleurs nécessaire de préciser à ses interlocuteurs le choix évident de ce lieu ? Autant dire que le coulage des dalles de béton armé qui constituaient les fondations des bâtiments était une opportunité idéale pour faire définitivement disparaître un corps. Wang était-il sur le point de réussir à faire parler sa captive ou perdait-il patience ?

D'une façon ou d'une autre, Alexander avait eu vent des-dits travaux qu'il fallait protéger. Chacun avait ses raisons de les convoiter. Lui-même avait les siennes. Sa voix ne montra pas la moindre hésitation :

-Le meilleur moyen de sauvegarder actuellement l'intégrité de ces travaux serait de les confier à la sécurité d'Arkadia. Le PDG vint poser son regard sur Percy. Mettre sous haute protection les recherches dans un de ses coffres lui apparaissait comme mille fois plus prudent, car il n'avait confiance en rien ni personne d'autre que lui. Seulement, il savait également que cette perspective rassurerait les deux parties en présence. Il reprit à l'intention de Rose.

-Je sais que votre agence pourra les tenir à l'écart de Wang, seulement j'imagine que cela n'aura que peu d'importance si Mrs Nabov se met à parler. J'ai de nombreux indices quant à la localisation de sa position.

Alexander fit une pause volontaire dans son discours. Puis, sans sourciller, il ajouta en fixant ses yeux sombres dans ceux de Tohum.

-Je peux vous l'assurer.

Cela pouvait même être fait dans les plus bref délais. Dans l'heure, s'il le fallait. Feuerbach avait fait le choix de miser énormément sur ce sauvetage car il avait besoin d'arguments de poids pour soutenir sa proposition pour le moins indécente.

-Mais j'ai une réputation à tenir, et la seule mort de Jao Wang ne peut me contenter. Je peux donner l'ordre à mes hommes d'intervenir pour récupérer votre nièce dès maintenant, à la condition supplémentaire d'un droit de regard sur les recherches que vous menez sur le projet... Enée.

Oui, il avait eu vent du programme. Lui-même menait une vaste campagne de recherches dans un champ similaire. Trouver l'origine des dons, leur moyen d'expression mais aussi leur contrôle. Il avait fait le pari de découvrir comment les amplifier, les annihiler ou bien... en contrecarrer certains aspects. Quoi que l'on en pense, sa motivation première était sa propre situation...
On pouvait aisément comprendre que de telles perspective avait motivé de nombreux chercheurs.

-Vous pouvez toujours refuser, auquel cas je me trouverais dans l'impossibilité de vous aider sur ce point. Mais je suis sûr qu'Arkadia trouvera Mrs. Nabov rapidement. Assez rapidement, j'espère...

Il laissa flotter sa proposition quelques secondes, avant de reprendre avec pragmatisme.

-Pour ce qui est de Wang, je pense être en mesure de distraire une partie de ses hommes les plus proches, mais l'aide de votre agence sera plus que la bienvenue, Rose. J'ai déjà mon idée pour éloigner Mrs. Wang. Pour ce qui est de votre fils, je ferais, pour ma part, en sorte qu'il soit tenu à l'écart tout du long et vous avez ma parole qu'aucun mal ne lui sera fait. Cependant, s'il venait, par ses actes, à tenter de mettre en péril la situation, je ne pourrais tenir mes engagements pour cette mission.

Que proposerait Perceval pour sa part ? A part lui reprocher ouvertement d'avoir fait le choix de placer sa sécurité avant une pseudo discrétion et de s'être probablement mis à dos son agent. Il n'avait pas eu le temps de faire une moue à ses reproches qu'il s'immobilisa lorsqu'une main passa autour de sa taille. Il senti tout aussi immédiatement, la pointe piquante de l'aiguille effleurer son cou blanc. Il avait légèrement relever le menton pour écarter au plus son cou de cette menace intempestive et serra les dents en laissant s'afficher un rictus. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre ce qui se passait. Bien qu'il fut lui-même immunisé contre ses propres cocktail, il n'avait pas la moindre envie de se faire injecter quoi que ce soit dans les veines. Surtout pas après avoir passé quatre heures la nuit même relié à une perfusion.
Vous me croirez, ou non, mais le jeune génie commençait à tenir en horreur les aiguilles, et si sa raison prenait le pas sur son dégoût, il n'en demeurait pas moins retissant face à la seringue. Il n'en resta pas moins parfaitement immobile jusqu'à ce que Rose daigne donner l'autre à son doberman enragé d'arrêter. Elle était donc plutôt coriace et Alexander trouvait intéressant d'avoir sous-estimé ses capacités à absorber la substance préparée par ses soins.
Lorsqu'elle relâcha sa prise pour retourner aux côtés de son maître. Pardon. Patron. L'allemand passa inconsciemment une main sur son cou. Lars sembla se matérialisé – façon de parler, il n'avait pas ce pouvoir – derrière son employeur, il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que miss Lockhart ne parviendrait pas jusqu'à lui. Il en avait ue confirmation en trouver leur premier homme neutralisé.
Maintenant, ils jouaient à armes égales. Le génie reprit :

-Vous ne pouvez pas m'en vouloir de veiller à ma sécurité... et à mon image. Si vraiment d'autres grands esprits observent nos manœuvres, quoi de plus louche que me déplacer sans mon armée de gardes rapprochés... Je peux comprendre la mauvaise humeur de miss Lockhart, qui aurait tout de même pu se passer de les traquer et les paralyser jusqu'aux derniers... Mais partir du principe qu'elle m'aurait laisser vous approcher aurait été vous sous-estimer.

Alexander observait Percy dans les yeux. La neutralité posée sur ses traits était parfaite.

-Oui, parlons.
Verstand
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Lun 30 Mai 2016 - 21:08


La rencontre prit une tournure inattendue. Cet Alexander boiteux chercha rapidement à imposer sa façon de voir. Geyer écouta. Avant tout, elle voulait savoir ce que ce jeune homme avait en tête. Il ne fallut pas long pour que les intensions sous-tendues lui apparaissent.

« Arkadia… C’est que… » Cela équivalait à demander à Tohum de remettre son foie entre les mains d’un interne de deuxième année.

De plus, l’attitude des deux hommes ne lui plut pas. Notre nomade avait tout à coup l’impression d’assister à la parade de deux paons. Elle se demanda si elle n’était pas en train de faire fausse route. Ces hommes avaient-ils compris de quoi il en retournait ? Sveda n’en était pas si sûre. Elle sentait l’ombre de la vanité derrière leurs sourires et leurs jolis mots. Elle essaya de garder l’esprit ouvert malgré ce qu’elle discernait.

« Où est-elle ? Dites-le-moi. » Aucune réponse directe, bien entendu.

Sveda ne pipa mot suite à la proposition du génie. Mais ses nerfs étaient à présent tendus au maximum. Elle n’était pas dupe. L’homme qui était face à elle ne ferait acte d'aucune générosité. La vie de Natacha n’avait pas d’importance à ses yeux d’intéressé. Tout ce qu’il voulait se résumait aux travaux de recherches. Si la situation n’avait pas été aussi critique Kent se serait octroyé le droit de rire. Un rire jaune. Où qu’elle aille des hommes cherchaient à la manipuler pour obtenir sa science, ses recherches. SES recherches.

La réserve qu’émit Feuerbach, concernant la sécurité de Kim, acheva de convaincre Tohum à son propos. Elle n’était pas prête à mettre la vie des siens entre les mains d’un tel arriviste. Elle en avait suffisamment vu pour savoir comment les choses allaient tourner. L’espoir suscité par Perceval se transforma en un dégoût mêlé de colère à cause de son benjamin. Les prunelles de Sveda se mirent à l’orage. Elle avait pris des risques pour venir à ce rendez-vous.

L’intervention de Miranda Lockhart, ainsi que de l’homme de main de l’allemand maintenait l’immortelle dans un silence lourd de reproches. Elle écouta les deux Prodiges se lancer leurs petites piques mesquines. Son regard passa de l’un à l’autre. La douceur de ses traits s’estompa à mesure qu’elle perçut la cupidité dissimulée derrière leur « bienveillance ».

« Non. » Sveda recula de trois pas en arrière.

Les bras croisés sur sa poitrine, elle toisa les quatre individus plantés devant le banc. Elle étudia ensuite les alentours d’un œil attentif. Quand on vit dans le désert, l’une des premières choses que l’on apprend c’est à ouvrir les yeux. Il faut savoir regarder, pour voir, anticiper les dangers. Tohum avait appris. Elle aurait repéré un homme de Wang avant eux.

« Mr Feuerbach, à ce stade je n’ai absolument aucune confiance, en vous, ou en vos motivations. Je ne veux pas travailler avec vous. Du moins pas dans les termes que vous proposez. »

Premier point. Ensuite… Sveda avait repéré plusieurs silhouettes dans le périmètre. Elle savait qu’il lui fallait trois minutes pour rejoindre la sortie la plus proche. Elle savait aussi que les hommes comme Alexander étaient des serpents déguisés en loups. Quand ils n’obtenaient pas ce qu’ils voulaient avec du miel, ils se servaient de leurs crochets. Elle fit un effort pour ne pas soupirer. C’était toujours la même histoire.

Insidieusement, la petite brise printanière se chargea de sable. Milliers de petites graines dorées commandées par un unique esprit. Un esprit qui était redevenu méfiant. Tohum reprit la parole. Cette fois, son ton était dur. Elle planta son regard dans celui du jeune homme. Il lui rappelait justement son fils. Si froid, si méthodique de l’extérieur, mais si enfantin à l’intérieur.

« Vous croyez que l’argent donne tout ? Vous croyez votre réputation vous permet toutes les mufleries ? Je connais bien ce genre de « réputation ». Je ne suis pas venue ici pour faire des affaires, Mr Feuerbach, mais pour aider Édimbourg et toutes les autres Arches. Je suis peut-être en mauvaise posture, mais ce n’est pas pour autant que je vais accepter votre petit chantage déguisé. Comme vous le suggérez Mr Rose devrait également pouvoir localiser mon associée. »

Tohum s’avança vers le banc pour reprendre ses affaires. Elle passa son sac à son épaule, avant de s’avancer droit vers l’Allemand. La déception avait terni son éclat naturel. La colère n’était plus que tristesse. La tristesse de voir les enfants répéter sans cesse les mêmes erreurs de trajectoires. Malheureusement, Geyer n’avait pas de temps à perdre pour ça. Pas maintenant. Elle annonça d’un ton brusque la vérité.

« Je vous aurais aidée. Plutôt que de m’imposer votre supériorité de matador, vous n’aviez qu’à la demander. … Vous êtes comme Lui. » Sveda s’imposa de sourire. Dans quelques années peut-être aura-t-il évolué. « Mais vous êtes jeune. Vous apprendrez. ... si vous aviez besoin d'aide pour votre dégénérescence, appelez-moi. »

Sans rancune le terrible, hein.

Une main se tendit pour le millionnaire. Une façon tacite de préserver un statu quo entre eux. Après tout, ils n’avaient rien eu à perdre. Leurs façons de voir les choses étaient trop différentes. Sveda se tourna ensuite vers le directeur de l’organisation. Elle fouilla son regard du sien. Rose était parvenue à la persuader en début de conversation.

« Si vous le voulez bien, je vais d’abord prendre connaissance de vos informations. Puis, je vous recontacterais. Au revoir messieurs. »

Lorsqu’elle croisa les yeux méfiants de Lars, Diane lui adressa un sourire sans quiproquo. Elle tourna ensuite les talons pour sortir du Jardin botanique.

Tohum
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Mar 31 Mai 2016 - 10:28
Percy n'était nullement venu ici avec l'intention de se lancer dans un concours de paons. A vrai dire, il ne se souciait guère de ce qu'on pouvait bien penser de lui, du moment qu'on reconnaissait ses résultats. Il s'était attendu à ce que Feuerbach intervienne d'une manière ou d'une autre, bien que pas forcément aussi directement. Mais en y réfléchissant bien, voilà qui n'était pas étonnant lorsqu'on connaissait son caractère. Il ne pouvait s'empêcher d'opter pour un coup d'éclat, et ce même quand la sobriété aurait été la meilleure solution. On pouvait mettre ça sur le coup de la jeunesse, qui n'avait pas encore réellement appris à se séparer de son ego. Quoi qu'il en soit, l'intervention n'avait certainement pas eu l'effet désiré, d'autant plus si l'on se fiait à la réaction de Greyer. Si l'allemand avait bien cerné la femme, il ne l'avait pas montré ; ou alors il ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de se montrer abrasif même lorsque cela allait à l'encontre des objectifs recherchés. Cette femme n'était pas du genre à apprécier une telle manière de faire, c'était pourtant évident.

« Je vous présente mes excuses. » déclara Rose à la femme. « J'aurais préféré éviter une telle démonstration de force, qui ne fait que nous détourner de notre objectif. Pour ma part, je peux vous dire que cela ne se reproduira plus. »

En cela, il était sincère. Il ne ressentait plus le besoin de montrer qu'il était capable de surpasser Alexander. Leurs actions parleraient d'elles-même, et puis il avait déjà montré qu'il n'était pas du genre à se laisser faire. Pour le reste, il ne comptait pas aller dans la surenchère. Seule la mission importait, pas qui faisait la meilleure impression.

« Je vais faire en sorte de retrouver Natacha. Quant à votre fils, vous avez ma parole qu'Arkadia fera tout son possible pour éviter qu'il ne soit blessé dans la lutte avec Wang. »

En réalité, des équipes étaient déjà sur le coup. Tout ce qui touchait de près ou de loin à Jao Wang était étroitement surveillé, et Percy n'allait pas passer la moindre opportunité. Pour l'heure, il était surtout déçu que la conversation avec Diane tourne court, et qu'ils doivent se séparer en ces termes. Au moins, Greyer n'avait-elle pas encore décidé de renoncer à une collaboration. Il pouvait difficilement lui tenir rigueur de sa réaction, en de telles circonstances. Il espérait surtout qu'elle le recontacterait, afin qu'ils puissent œuvrer de concert.

« Prenez le temps nécessaire pour vous assurer de ces informations. Pour agir correctement, ils nous faut nous préparer. Et j'aime à croire que nous serons plus forts ensemble, surtout pour lutter contre un tel adversaire. Je ne vous ai pas menti, quand je vous ai parlé de mes espoirs et de la manière dont je vois ce monde. Je ferai tout mon possible, parce que c'est la seule bonne chose à faire. »

Il hocha la tête pour la saluer, la suivant du regard jusqu'à ce qu'elle quitte la serre. Puis Rose se saisit de son sac de graines avant de se lever, époussetant distraitement les pans de son veston. Miranda se tenait à ses côtés, plus alerte que jamais et prête à agir au moindre geste suspect de la part de Feuerbach ou de son garde du corps. Non, il ne faisait vraiment pas bon de se la mettre à dos.

« Et la conversation avec si bien commencé... J'ose espérer que nous saurons en rester là, mon jeune ami ? Ou ressentez-vous encore le besoin de montrer à quel point vous êtes capable de tous nous surpasser ? Il est important de savoir œuvrer de concert, quoi que vous en pensiez. Pour ma part, j'aimerais que nous puissions éviter de nous livrer à ce genre de simagrées dans le futur. Je sais de quoi vous êtes capables, et j'ose espérer que vous savez de quoi je suis capable de mon côté. »

Du moins, Percy l'espérait ; sinon, voilà qui ne se révérait pas agréable pour personne... Et plus encore pour Alexander Feuerbach si Rose avait son mot à dire, et il avait eu une longue vie pour s'assurer le plus possible d'avoir le dernier. Maintenant, à moins qu'on ne le retienne, il avait un aéronef à prendre, et du travail ; beaucoup de travail... La journée ne faisait que commencer.
Percy
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