[CLOS] " Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. " [Mi Amor]

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Ven 25 Mar 2016 - 21:06


Tout le monde l'attendait, sa nouvelle exposition, pourtant, le Duc n'était pas prêt à une telle chose. Pourquoi? Mais parce qu'il n'avait rien de nouveau à montrer parbleu! Ce n'était pas parce qu'il peignait longtemps et souvent, qu'il était pour autant satisfait de ce qu'il faisait.

Depuis quelques temps, Vito se sentait frustrer. Son art lui donnait l'impression de stagner. Certes, il dessinait les femmes mieux que personne, avait compris beaucoup de chose, en savait encore plus et les connaissait sur le bout des doigts. Ce n'était pas pour autant que ses peintures le montraient. En tous les cas, c'était son impression. Comme tous les autres peintres, artistes, notre homme pouvait avoir des passes de non-appréciation de son travail, qui pouvait être assez forte.

Les gens autour de lui, savaient que ce n'était qu'un mauvais moment à passer, mais pour lui, qui le vivait, il n'y avait franchement rien d'agréable. Il restait alors enfermé dans son atelier, sans en sortir réellement, il vivait comme un ermite, jusqu'à retrouver le souffle, qui le rendait sûr de son travail.

Ce fût donc dans cet état d'esprit, qu'il demanda à Luke de lui apporter de quoi se sustenter, il pouvait oublier de le faire, souvent, mais quand la faim devenait intenable, il retrouvait au moins un peu de bon sens à ce niveau. Le regard concentré sur la toile qu'il lui faisait face, il essayait de capturer l'essence d'un regard, sans y parvenir totalement.

Quelques toiles éventrées dans un coin, démontrait que même Lampeduza, pouvait perdre son calme légendaire, surtout quand il n'atteignait pas son but.
Beleth
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Sam 26 Mar 2016 - 23:03
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "
Feat. Beleth


Madame rentra du centre-ville en fin d’après-midi. Elle s’arrêta dans le hall et se laissa déshabiller par la jeune Ridley. Toutes deux observèrent le silence tandis que les tissus s’effaçaient lentement.

En quelques interrogations factuelles, la Duchesse s’informa sur l’état de la maisonnée. Une ride naquit au coin de sa bouche quand ont lui confirma que Monsieur n’avait pas quitté son atelier de la journée. La réclusion volontaire du Duc durait depuis maintenant plusieurs jours. Jusqu’à présent Nikolas n’était pas intervenue. Elle tolérait, acceptait, ces humeurs, qu’elle savait inhérentes au tempérament de son époux. Néanmoins, l’aparté de leur bras droit lui confirma qu’une intervention s’avérait nécessaire. Elle se dirigea donc vers les cuisines d’un pas décidé.

Je m’en charge Luke. Prenez congé. Que personne ne nous dérange ce soir. La noble saisit le plateau destiné à son compagnon et prit le chemin de son antre.

La pièce n’avait pas été aérée depuis plusieurs heures. L’odeur des peintures chargeait l’air ambiant. En arrière-fond se percevait celle des cendres froides. Enfin, l’acidité d’une transpiration que la dame reconnaîtrait entre mille. Elle pénétra lentement sur le territoire de Vito. Le pas souple et silencieux, sur un sol couvert de craie et de poussière, ne s’entendait guère.

Strega s’approcha d’une table surchargée de matériel de peinture. Le plateau appuyé contre un bord, elle dégagea une zone et l’y déposa. Les mains libres commencèrent à vider ce plateau avec application. Le parfum du café envahissait progressivement l’espace. L’arôme était légèrement épicé. Il évoquait une terre riche et ensoleillée. Un nez affûté reconnaîtrait l’arrière-goût du soleil et des oranges de l’île sicilienne.

Il est arrivé par colis ce matin. Introduisit la dame en servent une tasse au peintre.

Sans en dire plus, Nikolas passa dans le dos de son époux, pour avoir un aperçu du travail en cours. Elle jaugea à peine l’ébauche, avant de laisser ses yeux dériver sur les toiles crevées, dans un coin de l’atelier. Un éclair de lucidité étincela dans le fond de sa pupille noire. Elle ne commenta pas immédiatement ces indices et préféra poursuivre avec le sujet qu’elle avait introduit.

J’ai croisé Silvio en ville. Lui indiqua-t-elle donc tout en portant une main dans les cheveux grisonnants de son époux. Elle les caressa, en partant de la base de crâne, dans un mouvement lent et apaisant. Les doigts effleuraient à peine la naissance de la nuque. Nikolas renouvela ce traitement, plusieurs fois, avec patience. Elle usait d’un vieux et tendre rituel pour extraire l’artiste de ses limbes. Il s’est plaint de ne pas avoir de réponse de votre part.

Les deux pouces s’apposèrent au bas de la nuque pour en défaire la tension accumulée par les heures de travail. Nikolas sentait les nervures dans le cou de son époux. Elle progressait petit à petit, dénichant et combattant chaque résistance. Les gestes médicaux prenaient un aspect plus affectueux à mesure que le Duc se détendait. Lorsque la femme sentit son compagnon un peu plus réceptif, elle fit une tentative d’approche.

Laissez vos pinceaux pour ce soir ?

Strega
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Lun 28 Mar 2016 - 13:53
Vito ne faisait guère attention à qui était entré dans son antre, il estimait que Luke avait fait vite, il montra d'un geste dédaigneux une table remplie de bordel, où son homme de main pourrait poser le plateau. Mais au lieu de faire ce qu'on lui demandait et de partir en silence, une voix s'éleva dans la pièce et elle n'avait absolument rien avoir avec celle de Luke.

Vito leva alors les yeux sur son épouse, qui lui tendait une tasse de café. Si elle prenait les choses en main, c'était peut-être qu'il était ici depuis bien trop longtemps. Il avait totalement perdu la notion du temps, plongé comme il l'était dans sa création.


- Merci. Fit-il pourtant d'une voix un peu rauque, qui montrait une voix un peu fatiguée de ne pas s'être fait entendre depuis un certain nombre d'heure. Le goût du café lui fit un peu de bien. Il lui rappela un instant la Sicile et ses paysages dorés. Son pays lui manquait, souvent, c'était là-bas qu'il savait être le plus créatif. La tasse se vit poser à ses pieds.

Laissant son épouse se placer derrière lui, son attention revenait toute entière à sa toile, dont son crayon revenait se poser dessus, il ne semblait pas être prêt à réellement se laisser divertir par quoi que ce soit. Même les mains de Nikolas dans ses cheveux. Il grogna légèrement quand elle parla de son frère.


- Je suis occupé, Nikolas...

C'était la seule et unique réponse à donner à Silvio. Il comprendrait sûrement, après tout, lui aussi avait besoin de ces moments loin du monde pour composer. Il pouvait bien le laisser un peu tranquille, pour qu'il finisse de peindre. Pourtant, le soin qu'apporter sa femme à le détendre, marchait peu à peu. Si son esprit n'était pas totalement ouvert, son corps lui, était déjà beaucoup plus réceptif, au fur et à mesure des caresses sur sa tête.

Sa nuque se pencha lentement au massage, il se laissa faire, n'ayant pas l'envie de se défaire de ces mains, même si cela le détachait peu à peu de ce qu'il était en train de faire. Après tout, sa duchesse de femme, savait s'y prendre avec lui. Il soupira un peu, quand il entendit sa question.


- Je dois au moins en finir une aujourd'hui... alors que sa toile n'en était encore qu'à une simple ébauche, de quoi devenir fou.
Beleth
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Mer 30 Mar 2016 - 23:39
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "

Feat. Beleth



Les Lampeduza étaient deux êtres dissemblables. Cependant, ils partageaient le goût de la perfection. Leur aspiration commune les avait guidés au cours du demi-siècle qui venait de s’écouler. Ils avaient chacun progressé dans leur domaine, sur les voies parallèles, sans jamais se perdre de vue. Lorsque l’un d’eux se retrouvait devant un obstacle, cela signifiait souvent que l’autre était déjà arrêté juste derrière.

Nikolas intensifia son massage sur la base de la colonne vertébrale. Là où les vertèbres étaient les plus sensibles. Un traitement qui avait plusieurs fois fait ses preuves. Elle ne rétorqua rien aux négociations de l’artiste. Mais, après une furtive caresse, elle relâcha son cou, lui rendant une totale liberté de mouvement. Elle retourna ensuite au plateau pour saisir l'assiette sur laquelle se trouvait un sandwich. La main libre alla -avec fermeté- s'emparer des outils auxquels Vito se cramponnait. La nourriture remplaça les pinceaux.

Vous devez vous alimenter. Rappela-t-elle sans démontrer le moindre signe de culpabilité.

La Duchesse déposa les pineaux humides sur une table, au passage, tandis qu’elle se dirigeait vers la fenêtre centrale de l’atelier. Elle tira les rideaux pour faire pénétrer la lumière du crépuscule dans la salle. La pièce donnait sur les jardins de la propriété. Le coucher du soleil colorait le paysage de nuances orangées, rouges, et roses. Un filet d’air frais s’engouffra ensuite dans l’antre y déposant un parfum de pivoines. La lumière déclinait progressivement et donnait des ombres difformes aux objets.

Les toiles abîmées par la rage du Duc furent déplacées jusqu’au seuil de l’atelier. Elles seraient probablement brûlées par le jardinier le soir même. Madame s’épousseta, tout en revenant vers le centre de l’atelier. Elle observa l’espace autour d’elle d’un œil acéré. Il irradiait de sa silhouette une puissance étrange. Le regard s’arrêta sur le gramophone. La dame alla fouiller dans la pile de vinyles rangés dans le meuble. Mozart serait à l’honneur. Don Giovanni à ses conquêtes malheureuses furent mis à l’amande. Le sacré introduit par : Vesperæ solennes de confessore. KV 339.

Les premières notes envahirent l’espace du vieux sicilien. La Duchesse se tourna alors vers son époux. Elle planta ses yeux dans les siens. Un message secret s’y lu. Les paumes ouvertes Nikolas tendit ses mains vers son peintre. Une invitation silencieuse, mais autoritaire, a quitté le siège de l’artiste maudit.

Seulement pour le temps que la nuit vienne.

La brise souleva délicatement les cheveux d’albâtre de Strega. Ils étaient légers, comme du coton, lambeaux de lointains cheveux dorés. Les années allant, le corps de Nikolas semblait se réduire à l’essentiel. L’âme –elle- ne perdait rien de son pouvoir. Un pouvoir qui, par amour, se manifestait parfois dans la douceur.


Strega
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Sam 2 Avr 2016 - 10:42
Au moins, le massage lui faisait réellement du bien. Il le détendait complètement. A force d'être assis, courbé sur sa toile, Vito ne ménageait pas son corps, qui n'avait plus la jeunesse de l'époque. Il devait voir à faire plus attention, chose que bien évidement, il ne faisait pas. Et ensuite, son dos, lui rappelait son âge, en étant douloureux quelques jours. C'était pire que de simples courbatures souvent. Alors les mains de fée de Nikolas, lui permettrait de ne pas trop souffrir cette fois-ci.

Sa tête se releva quand il la sentit le lâcher, pour s'éloigner de lui. Il suivait ses mouvements d'un regard curieux. Quand ses pinceaux se virent arracher de ses mains, pour être remplacé par l'assiette contenant de quoi manger, il grogna à nouveau. Son épouse n'était pas si prête que cela à lâcher l'affaire.


- Cela peut attendre.


Enfin, au regard de la duchesse, il comprit qu'il n'avait guère le choix et se força donc à prendre quelques morces du sandwich. Finalement, comme souvent, la faim venait en mangeant et c'était là qu'il se rendait réellement compte qu'il avait peut-être un peu trop négligé ses besoins primaires. La lumière tombante du jour lui fit porter une main au-dessus de ses yeux quelques instants, eux qui n'étaient plus habitués, à force d'être éclairée par la lumière artificielle et concentré en permanence sur la toile devant lui.

Ce n'était pas plus mal d'aérer un peu la pièce. Un petit mal de crâne lancinant, maintenant qu'il s'en rendait compte, lui faisait comprendre qu'il avait passé trop d'heure enfermé, dans un air qui pouvait devenir vicié. Mais comme on l'avait déjà dit, quand le duc créait, plus rien d'autre n'avait d'importance. Les notes de musique s'élevèrent dans l'air, son attention revint sur son épouse, qui semblait le sommer de se lever.

Il l'observait avec un regard presque passionné. Il y avait dans sa position, dans la lumière, dans l'air, quelque chose d'attractif.


- Ne bougez pas... L'assiette se retrouva à terre, son crayon à nouveau dans la main, il fit l'ébauche d'un croquis en quelques minutes sur un papier, un petit sourire en coin, satisfait de ce qu'il venait de faire, il se leva pour aller lui prendre les mains et l'attirer contre lui. Vous êtes une source infinie d'inspiration pour moi, mi amor.

Au moins, certaines choses ne changeaient pas. Nikolas était sa muse. La vraie et l'unique. Les autres femmes n'avaient rien de tout ça. Même s'il pouvait parfois avoir une passion, mais cela ne durait jamais. Elle, c'était pour la vie, jusqu'à sa mort.

Beleth n'avait pas fait ce qu'il voulait, mais avoir finalement réussi un croquis qui lui convenait, le rendait à nouveau plus affable et atteignable. Une main sur les hanches de sa compagne de vie, il fit quelques pas de danse en sa compagnie.
Beleth
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Mar 5 Avr 2016 - 18:47
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "

Feat. Beleth



Un sourire retenu au coin de la bouche de madame se remonta dans ses yeux. Ils ne se détachèrent pas de l’homme, qui paraissait soudainement s’animer. Il s’agitait comme celui qui est envahi par la Grâce. Une illumination qui ne souffrirait ni entrave, ni retard le commandait. La Duchesse obtempéra et garda la pose, le temps que l’esquisse fut achevée. Pendant toute la durée du travail, elle contempla le visage de l’artiste. Le bruit du crayon qui court sur le papier était imperceptible sous les notes du compositeur autrichien.

Bien entendu. Lui confirma-t-elle avec un petit sourire.

Le couple se retrouva au corps à corps. La dame s’adapta naturellement à cette promiscuité. Elle relâcha ses épaules. Ensuite la Duchesse posa une main à plat dans le dos de son époux. L’autre main alla sur son épaule. Les doigts malaxaient délicatement l’arrondit de cette épaule. Nikolas était consciente de tout ce qui les entourait. Elle savait, où ils se trouvaient, sans avoir la nécessité de vérifier. Elle connaissait par cœur l’agencement de cette pièce, ainsi que leurs silhouettes.

Un pas de danse improvisé écarta les Lampeduza des tracas extérieurs. Ils étaient coupés du monde. Ils étaient bercés au son des vents et des cordes. Strega suivait son éternel cavalier avec aisance. Elle avait l’agilité des femmes éduquées. La danse était pour elles un art complet. La dame parvenait à pallier, ce que la vieillesse provoquait sur ses muscles, par la parfaite maîtrise de ses mouvements. Cependant, la cadence réveilla une douleur sourde quelque part dans la hanche gauche. Le visage de la femme se figea.

Attendez ... Le pas ralenti.

La noble recula de deux pas avec une raideur apparente. La dignité la poussa à masquer la souffrance physique derrière un voile. Elle retenait ses mains, prête à attendre que la douleur passe. C’était le lot des personnes âgées. La richesse avait permis, un confort et des soins, qui avaient longtemps préservé les deux Siciliens. L’arthrose était apparue trois ans plus tôt chez la dame. Elle gagnait lentement du terrain.

L’air se rafraîchit d’un seul coup dans la pièce. Madame porta son regard vers le ciel rougeoyant. Les derniers rayons étaient en train de disparaître derrière l’horizon. Une horloge sonna sept coups dans le salon principal de la villa. Nikolas reporta son attention sur le Duc. Une ombre passa sur son front blanc. Une effroyable lucidité renforça la force de son regard. Elle s’avança –lente- pour poser une main sur sa joue droite.

Vous pourriez peindre cet instant. Ce jardin. Cette lumière. L’on l’appellerait « L’aube de notre décrépitude ».

Un sourire plein d’ironie se peignit sur les traits de Strega. Le reflet au fond de ses yeux s'adouci cependant. La présence du Duc maintenait chez elle un semblant d'humanité. Il la maintenait dans les carcans de leur vie commune. Il lui donnait une raison réelle et concrète de tenir à ce vaisseau et à cette vie. Elle prit le visage de l’artiste entre ses deux mains et lui fit baisser le menton. Elle appuya sa bouche contre son front pour un baiser protecteur.

Ne tardez pas trop. Lui conseilla-t-elle avant de le libérer et de lui tourner le dos.

Dans la pénombre du soir, la Duchesse s’entêta dans sa comédie bienséante. Une grande dame qui maintenait toujours l'image de la perfection. Une main serrée contre son bas ventre pour évacuer une partie de sa douleur. Elle regagna l’entrée de l’atelier, murée dans une rage silencieuse. La rage de voir la nature reprendre des droits que la sorcière s'ingéniait à lui voler.
Strega
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Sam 9 Avr 2016 - 16:16
Bien entendu que Nikolas savait parfaitement qu'elle était l'ultime inspiration pour son peintre de mari. Elle avait bien fait de venir le chercher dans son antre, au moins, redevenait-il un peu lui-même, une fois son croquis réussit. Ce n'était qu'un simple sourire qui répondait à ses mots, mais un sourire qui voulait dire beaucoup. Un remerciement, un vrai. C'était tout ce dont il avait besoin, en fait.

La danse était un moment de partage, comme d'autres d'ailleurs, mais certains se faisaient plus rares, alors Vito profitait quand son épouse lui permettait d'être plus proche d'elle, que d'habitude. Sa main sur sa hanche était simplement posée, il donnait le rythme et le chemin de la danse, mais rapidement, il remarqua que quelque chose n'allait pas et alla moins vite, arrêta même un instant les pas, observant son épouse de son regard félin, cherchant où était le problème.


- Que se passe-t-il Nikolas?


Il savait que le corps de son épouse, aimait parfois se rappeler à elle, lui faire se souvenir qu'elle n'avait, hélas, plus 30 ans et qu'elle ne pouvait plus se permettre de faire tout ce qu'elle voulait avec. L'âge n'était pas une sinécure, même pour lui, mais il lui semblait que ses vieux os étaient plus solides parfois. Doucement, son pouce caressait la hanche.

Beleth observait sa femme en silence, il n'aimait pas ce pessimisme qu'elle avait parfois. Certes, ils vieillissaient mais de là à parler de décrépitude. Il soupira un instant. Le duc aurait même voulu dire quelque chose, mais elle le fit taire en l'embrassant sur le front, pour ensuite quitter l'atelier. Il laissa alors là ses créations, il y avait des choses plus importantes et suivit la maîtresse de maison. Malgré toute la bienséance qu'elle essayait de maintenir, lui, voyait que ça n'allait vraiment pas.


- Laissez-moi prendre soin de vous. Avec un petit sourire, alors qu'il se retrouvait à sa hauteur, prenant doucement une de ses mains pour y déposer un délicat baiser. Vous avez raison, mes pinceaux peuvent être posés pour ce soir. Un massage vous ferait sans doute le plus grand bien.

Il fallait que la dame se détende un peu et notre homme souhaitait que ses douleurs s'apaisent, il ferait donc de son mieux. Quitte à lui passer ses fameuses pommades de sorcière sur la peau. Tant que ces satanés maux s'atténuent.
Beleth
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Mer 13 Avr 2016 - 22:52
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "

Feat. Beleth



Le regard, envahi par une douleur muette, observa le geste tendre de l’artiste. La douceur du baisemain éclaira une seconde le visage de la vieille dame. L’homme était sincère. Il y avait chez lui un authentique désir d’apporter une aide. La Duchesse ressentit une petite bouffée d’affection pour le vieux séducteur, qu’elle avait élu comme compagnon de vie. Ils s’étaient engagés à partager le bon et le moins bon.

Voici un retournement de situation aussi inattendu que séduisant.

L’air de la nuit passa entre eux. La saison était encore fraîche. L’Ecosse était plus humide que la Sicile. Nikolas frissonna de froid. Elle inclina finalement la tête en signe d’approbation. Elle regarda l’atelier aux fenêtres grandes ouvertes où retentissait encore la musique classique. Une domestique s’occuperait de tout remettre en ordre pour eux. Le personnel était au fait des attentes de leurs maîtres. Aucun d’eux ne s’oserait à mal faire son travail.

La villa était spacieuse. Mais ils avaient voulu une architecture astucieuse. Il y avait plusieurs façons de passer du rez-de-chaussée au premier étage. Madame se décida pour le chemin le plus court. A mesure qu’elle se déplaçait un léger boitillement se vit au niveau de la jambe gauche. Elle avait probablement négligé ses os depuis quelques jours. La préparation de la réception lui avait demandé plus d’énergie.

La chambre à coucher des Lampeduza était une pièce spacieuse. Les quatre étoiles n’auraient rien eu à y ajouter pour le confort. La dame entra la première et se rendit dans le fond de la salle. Elle ouvrit les portes d’un grand placard. Une enfilade d’alambiques recouvrait une étagère. Il y avait aussi quelques pots en verre. Nikolas prit l’un de ces derniers et referma le placard. Les mains accrochées sur l’objet elle s’avança vers son époux, pour le lui confier.

Donnez-moi une minute.

Elle se retira dans la salle d’eau pour passer une tenue plus adéquate à l’opération. Nikolas avait cessé d’observer son reflet avec plaisir, voilà des années. Elle détestait voir ce corps vieillir jour après jours, devenir plus faible et disgracieux. Elle n’en montrait rien devant les autres, mais elle regrettait ses quarante ans et leur vigueur. Elle referma le déshabillé avec acharnement et passa dans la pièce principale.

La vue de Vito provoqua chez elle une réaction ambivalente. Elle arriva devant lui moins certaine de vouloir concrétiser l’idée. Les tissus n’étaient plus là pour masquer les imperfections de sa silhouette. Elle fouilla son regard en cherchant une façon de leur épargner un moment qu’elle voyait comme embarrassant.

Peut-être devrions-nous appeler Mr Wayne. Il sera plus à même de savoir quoi faire. Je n’aimerai point vous voir faire de faux mouvements.

Strega tendit la main pour reprendre le baume. Elle prolongea la durée de son mouvement pour caresser la main du peintre. Celles-ci étaient recouvertes de fusain, de peinture. Les traces du labeur créatif que la dame avait toujours aimé voir. Elle porta sa main vers la barbe de Vito, fit glisser ses doigts sur la pulpe de sa bouche. La délicatesse du geste était associée à la fascination de la dame.

Les années vous embellissent. Ou finis-je donc par tomber sous votre « charme » ?

Une plaisanterie qui n’avait que pour but de les distraire du mal être de la Sorcière. Elle ne disait jamais à son mari qu’il était un vieil homme âgé. Elle faisait de lui un immortel rien que par la force de son désir.

Strega
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Dim 17 Avr 2016 - 15:36
Vito avait toujours apprécié surprendre son épouse. Bien entendu, là, il était plus inquiet de sa santé que cherchant à réellement la surprendre. Il voulait prendre soin d'elle. Parce qu'il savait à quel point elle commençait à ne plus supporter son corps. Et que finalement, c'était pour lui qu'elle restait dans ce vaisseau. Il lui en était, bien entendu, reconnaissant. Car si Nikolas ne supportait que très peu ce corps vieillissant, lui, y voyait encore une certaine beauté et... il se demandait comment il le prendrait, s'il la découvrait dans un autre corps. Quelque part, ce ne serait plus la Nikolas qu'il avait connu. Toute cette situation était quand même bien étrange. Elle qui cherchait à le rendre immortel, il lui faudrait quand même apprivoiser le nouveau corps que cette dernière prendrait, alors que lui, ne changerait pas. En tous les cas, pas de visage. Enfin, ils pouvaient encore y penser, un peu.

- J'aime vous séduire, ma dame. Avec un petit sourire en coin, charmeur, comme il savait si bien le faire.

Autant jouer, un peu. Elle devait s'avoir qu'il s'inquiétait pour elle. Mais pourquoi le dire? Alors qu'elle n'aimait guère montrer que ça n'allait pas. Il la suivait donc jusqu'à leur chambre, prenant le pot qu'elle lui tendait, il l'ouvrait délicatement, tout en l'observant d'un œil. Se frottant lentement les mains, pour les chauffer tranquillement alors qu'elle se mettait en tenue.

Quand Vito vit sa belle revenir vers lui, il comprit bien rapidement qu'elle n'était plus aussi prête à se laisser faire. Aucunement besoin de lire dans ses pensées, il la connaissait suffisamment pour savoir ce qui lui passait dans la tête.


- Nikolas, je ne ferai rien qui risquera de vous faire mal, vous le savez. Et je suis assez maître de moi-même pour ne pas faire de faux mouvements me concernant.

Il détruisait gentiment la défense de sa belle. Simplement parce qu'il souhaitait réellement l'aider et lui faire du bien. C'était important de prendre soin de ce corps qu'il chérissait plus que tout. Beleth se laissa faire alors, fixant son regard dans le sien. Cette douceur, il n'y avait bien que lui qui en était le témoin. C'était parfois étrange de la voir ainsi, quand on connaissait son âme, mais c'était un vrai honneur de pouvoir en être le témoin. Un petit rire marqua la remarque de son épouse. Il lui prit doucement la main pour y déposer un baiser.

- Oh, si mon charme commence à faire finalement effet sur vous, je n'ai pas tout perdu. Avec un petit pétillement au fond du regard.

- Allongez-vous mi amor. Je vais prendre soin de vous. Allant lui déposer un baiser sur le coin des lèvres, pour l'aider ensuite à s'installer le plus confortablement possible. Ses mains chaudes se posant d'abord doucement sur son dos, pour la masser tranquillement à travers le tissu.

Vito irait au rythme de la duchesse, aussi calme que le félin qu'il était. Pour la mettre totalement en confiance et oublier ses craintes.
Beleth
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Jeu 28 Avr 2016 - 1:28
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Feat. Beleth

A l’attitude du Duc la femme comprit qu’il n’allait pas accepté le repli qu’elle lui proposait. Il confirma sa détermination. Nikolas ne pouvait le contredire davantage sans parler de ce qui la dérangeait vraiment. Mais l’aveu aurait été si pénible à formuler face à lui. Aussi elle essaya de tempérer ses appréhensions. L’intention était charitable. L’épouse ne voulait pas blesser son compagnon.

Il était frustrant de vivre, chaque fois, le goût des choses agréables. Les années avaient passé et essoufflé les envies les plus simples chez cette femme. La dame associait au corps une suite de contraintes et de douleurs. Quand elle avait tant aimé le tordre dans les plaisirs, l’épuiser dans le jeu. Elle s’était étendue sur le grand lit. Elle baissa les paupières, pour que son esprit se focalise sur le massage prodigué par Vito.

D’abord les muscles résistèrent. La patience du peintre les aida à se décontracter. Mais, dès que les mains tendres arrivèrent à la périphérie des reins de Nikolas, elle se contracta d’un bloc. Le corps tendu par l’anticipation d’un mal refusa de se relâcher. Les mains serrées en poings. La respiration coupée par la panique. La femme retint son soupir entre ses lèvres pincées et alla chercher un son au fond de sa gorge.

Non… Vito. C’est inutile mon ami. Mon corps refuse vos doux traitements.Il refuse tout.

Consciente que se lever lui causerait une vive douleur la Sorcière se roula, lentement, sur le côté le moins sensible. Elle remarqua que le peignoir s’était soulevé. D’un geste vif, elle cacha la cuisse à la peau translucide. Les veines violacées étaient de plus en plus apparentes avec le temps. Elle avait été si fière de ce corps. La souffrance et la frustration allumèrent une rage sourde dans ses yeux.

Le mal passera de lui-même. Laissez. Vous n'êtes pour rien dans cet échec. Les froids de fin d'hiver n'aident points. Cela passera...

Nikolas inspira avec force pour dissiper une partie de sa tension. Elle se connaissait. Ces désagréables moments la rendaient encore plus revêche. Elle était d’autant plus agacée de se montrer diminuée devant l’homme de la demeure. Une raison supplémentaire pour lui de fuir vers des femmes plus jeunes. Une tempête familière agita les pensées de la Duchesse.

Peut-être feriez-vous mieux de trouver un compagnon de divertissement pour ce soir. Je ne pense pas pouvoir quitter le lit avant le matin. Comme je hais cette carcasse. Persifla Srega.

Un aboiement plaintif parvient du rez de chaussé. Les bêtes exprimaient souvent les émotions de la Duchesse.

M’excuserez-vous pour cette impotence ? Je serais rapidement sur pied. Ne vous gâchez pas la soirée. Sortez aérer votre esprit. Trouvez de nouvelles idées de peinture. C'était là ma seule attente tout à l'heure.

Strega
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Dim 1 Mai 2016 - 21:47
Le Duc était un homme têtu, lui aussi. Et quand il avait décidé quelque chose, il était parfois bien difficile de le faire changer d'avis. Surtout quand cela concernait le bien être de son épouse. Après tout, il fallait bien qu'il en prenne soin. Surtout quand elle l'avait fait de son côté. Il savait combien elle n'aimait pas vieillir, qu'elle avait souvent honte de se montrer devant lui.

Comme si elle était la seule à prendre des rides. Pourtant, il n'arrêtait pas de l'aimer, ou de la trouver désirable. Mais il avait parfois bien du mal à la rendre aussi confiante dans ses paroles, qu'il ne l'était. Elle devait penser qu'il jouait avec elle, ou disait cela simplement pour lui faire plaisir. Ce n'était pas le cas. Évidemment, le fait qu'il pouvait, parfois, être capable de voir ailleurs, n'arrangeait pas les choses. Il voulait pourtant qu'elle comprenne, que ça n'avait rien avoir.

Alors Vito prenait son temps, ses mains épousaient parfaitement ce corps connu, avec soin et délicatesse, il détendait les muscles, un par un, consciencieusement. D'un air on ne peut plus concentrer et si, au début, il sentit que son petit traitement faisait effet, qu'il pouvait peut-être voir à aller plus loin, que même, se permettait-il d'embrasser délicatement le bas de la nuque de son épouse, voilà qu'il touchait un endroit plus sensible qu'un autre, qui la rendait directement imperméable à tout autre type de traitement.

L'homme se redressa alors, pour s'asseoir sur le bord du lit, tout en observant son épouse, dont il pouvait sentir la mauvaise humeur à des kilomètres à la ronde, pourtant, il restait patient. Une main doucement posée sur son poignet, à elle. Comme pour l'apaiser un peu. Il ne lui en voulait pas.


- Ce n'est pas ce que je sentais, ma mie. Avec un sourire tranquille, pour ne surtout pas envenimer les choses. Vous étiez réellement en train de vous détendre. Son pouce caressant doucement sa peau, lentement, simplement pour que le contact ne soit pas définitivement rompu.

Il n'aimait pas la savoir souffrante, il n'aimait pas voir à quel point elle pouvait détester sa condition. Il voulait l'aider au mieux. Sans les talents de médecin, mais au moins de mari un tant soit peu attentif à son épouse. Beleth manqua de soupirer, quand elle lui fit bien comprendre, qu'aucune deuxième chance ne serait offerte ce soir. Voilà qui était utile... attendre que cela passe. Ses sourcils se haussèrent un instant alors qu'elle lui proposait de sortir, sans elle. S'il n'était jamais contre aller au bar, boire quelques coups, faire quelques rencontres, il fallait qu'il soit en état d'esprit de le faire. Et pour le moment, le peintre ne l'était pas. Prit dans ses créations, il devenait plus antisocial et s'il ne restait pas avec Nikolas, il retournerait à sa peinture.


- Soyons plus indulgent avec votre enveloppe Nikolas.
Reprenant son petit sourire tranquille, continuant sa douce caresse. Je n'ai rien à vous excuser, parce qu'il n'y a rien de mal. Lui caressant doucement la joue de sa main libre. Je ne vous abandonnerai pas ce soir. Un baiser venant se poser sur son front.

Parce qu'il était important que la duchesse n'oublie pas, qu'elle était l'une des priorités de son duc de mari. Même si ce dernier, parfois, manquait singulièrement de le lui rappeler.


- Voulez-vous un peu de vin?

Ce n'était pas parce que madame risquait d'être coincé sur le lit, qu'il ne fallait pas s'empêcher des petits plaisirs. N'est-ce pas?
Beleth
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Mar 10 Mai 2016 - 23:39
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "

Feat. Beleth



Nikolas se rembrunit. Elle aurait été taxée de mauvaise foi à venir contredire son époux. Cependant, elle s’abstint d’aller oralement dans son sens. Elle ne voulait pas encourager un débat sur les bienfaits pour le corps humain. Il n’y avait chez elle qu’un désir lancinant de changement. Vito était au fait et revenir dessus n’aurait fait que reprendre une discussion stérile. Elle laissa sa main en otage.

Indulgent ? Non. Il n’est pas dans mes habitudes d’être indulgente. Vous le savez pertinemment.

Elle observa le peintre faire. Il était attentionné. La bienveillance dont il fit preuve à son égard aurait dû la toucher. Néanmoins, une part d’elle se rebiffait contre ce soudain intérêt marital. En créature méfiante et suspicieuse, Strega avait une tendance à voir le mal partout. Quand elle était en souffrance et d’humeur à mordre, la paranoïa devenait plus forte. Elle accepta le baiser frontal en silence et le fixa avec intensité. Elle revoyait comme hier leurs baisers autrement moins chastes.

Si fait. Un verre de rouge ne pourra me faire de mal.

Pendant que, le Maître de maison appela un domestique, la vieille femme tenta un mouvement. Elle serra les dents à l’attaque lancinante de la douleur. La frustration contracta ses poings. Elle prit une longue inspiration et réessaya de se redresser pour appuyer son dos contre le montant du lit. À la vue de son corps plié en deux, sec et douloureux, Madame eu envie d’hurler. Elle ferma son visage.

Soit. Donnez-moi la boîte à pilule qui se trouve sur la psyché. Le ton était au scepticisme. Quelle faute cherchez-vous à absoudre ainsi ?

Etrangement, la dame ne s’était montrée, ni froide, ni agressive, dans cette interrogation. Elle paraissait plus intriguée que fâchée, par les états d’âme de son mari. A l’observer, ses yeux de nuit, voyaient vraisemblablement au-delà de leurs vieux os. Elle ne pouvait nier que les trente premières années avaient été belles. Les traits de son visage se détendirent un peu. La flamme s’atténua. Strega força sa raison à dominer la chair. Elle retint un soupir en pinçant les lèvres. Le peintre n’était pas coupable des ravages du temps.

Venez près de moi. Une main à plat tapota l’espace vide à ses côtés.

La dame se redressa doucement pour se tendre vers l’artiste. Elle était fatiguée, faible même, incapable et in désireuse de faire querelle. Cependant, elle ignorait chaque fois, comment faire autrement.
Strega
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Jeu 19 Mai 2016 - 18:28
Au regard de Nikolas, Vito savait que tout ce qu'il pourrait dire, ne serait jamais bien prit. C'était ainsi quand la dame était accaparée par les douleurs que lui faisait subir son corps vieillissant. Mettant sa patience à rude épreuve. Il savait à quel point elle rêvait d'en changer, il savait aussi qu'elle restait dans ce corps, pour lui, en tous les cas.

- Bien entendu, Nikolas. Mais... les circonstances l'exigent quelque peu. Vous ne croyez pas?


Beleth se leva, toujours avec son petit sourire, quand sa dame accepta au moins le verre de vin. Il pouvait bien sentir que la dame se posait des questions sur ses façons de faire. Mais il voulait juste l'aider, au moins un peu. C'était sans compter le caractère, plutôt terrible, de son épouse. Encore plus dans ce genre de situation. Le maître des lieux alla ouvrir la porte de la chambre, pour aviser un domestique qui passait dans le coin, lui demandant de ramener une bouteille de vin, ainsi que deux verres. Elle n'allait quand même pas boire seule.

Avant de revenir vers elle, il allait donc lui prendre sa boîte de médicament. Le manque de confiance de son épouse, aurait pu le faire soupirer, voir lui faire lever les yeux au ciel. Mais il n'en fit rien. C'était parfois justifier, mais pas cette fois. Il revint vers elle, sans se démonter une seule seconde.


- Dois-je vraiment être toujours en faute, pour vouloir prendre un peu soin de vous?
Lui tendant la boîte. Après tout, vous êtes venue me sortir de ma retraite artistique, je peux bien vous rendre un peu la pareille.

Beleth venait s'installer auprès de son épouse.

- Que puis-je faire pour vous rendre la vie plus agréable ce soir?
Avec un petit air malin. Je suis à votre entière disposition.

A une époque, cela les aurait mené à une nuit des plus sportives assurément, au jour d'aujourd'hui, ils n'étaient plus ce jeune couple plein de fougue, mais ils étaient capable de passer une agréable soirée en compagnie de l'un et de l'autre. On vint frapper à la porte, notre homme se leva pour aller prendre la bouteille et les verres. Tout fût poser sur la table de chevet et il servit la boisson.
Beleth
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Mar 31 Mai 2016 - 21:02
" Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable. "

Feat. Beleth


La chambre à couché était pour ce couple le lieu de la paix.

Ainsi nos vilaines habitudes ensemble. Murmura-t-elle en amenant une pilule à sa bouche.

Le doux bruit du liquide versé dans les verres évoqua celui d’une rivière à la vieille noble. Elle observa son compagnon, la façon de saisir un verre pour le lui tendre. Le sourire qui accompagna son regard sur elle. Vito Lampeduza n’avait pas perdu de son charme naturel. Il avait, comme ses frères et sœurs, une beauté chaude et sauvage. Strega n’avait toujours eu qu’une grâce froide. Le feu et la glace, ainsi les décrivait-on.

Nikolas étendit sa main pour attraper un livre rangé dans la table de chevet. L’objet était protégé par une couverture de cuire. Sur le dos du livre était incrusté : Commedia. L’œuvre d’Alighieri avait marqué le XII siècle. Il s’agissait de l’une des premières impressions. Les soins d’un spécialiste l’avait protégée d’une trop grande détérioration.

Lisez pour moi. Le Chant IX. Dit-elle en écartant sa main.

Les paupières closes, Strega écouta la mélodie de l’épique poème. Il faisait parti des textes qu’elle avait aimés et retenus. Elle l’emmenait quand ils quittaient leur île. Elle semblait y tenir particulièrement. Coincée entre les pages du livre se trouvait une photographie. Le noir et blanc était passé sur les bords. Trois silhouettes étaient identifiables, le Duc, la Duchesse et une petite-fille au sourire joyeux. Au dos figurait seulement « Eté 1979 » inscrit à la plume.

Déjà plus détendue, la dame se redressa pour boire enfin un peu de vin rouge. La fatigue détendait enfin ses traits. Elle ressemblait à cette vieille femme qu’elle était en réalité.

Je pense avoir ce que je suis venue chercher prochainement. Une fois l’Exposition Universelle terminée, rentrons chez nous. Vous pourrez tout aussi bien vous préparer là-bas qu’ici. Qu’en dites-vous ? Lui demanda-t-elle avec sincérité.

Elle se débarrassa du récipient pour avoir les mains libres. Habitée par la peur de l’avenir pour le Duc. Une peur qui la réveillait de plus en plus souvent la nuit. Ses mains lui servir à prendre celle du peintre entres elles. Nikolas souffrait intérieurement de pouvoir combler cet homme. Malheureusement, elle ne savait guère tricher dans ce domaine. Elle se redressa et le prit dans ses bras avec une certaine maladresse. Les yeux fermés pour mieux ressentir ce contact.

Nous sommes si vulnérables. Le murmure s'éteignit dans une caresse.
Strega
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Jeu 9 Juin 2016 - 15:33
Bien, la hache n'était pas déterrée. Tant mieux, Vito n'avait pas envie qu'ils finissent en froid ce soir. Ce n'était vraiment pas ce qui était recherché. Un peu de paix entre eux, faisait aussi beaucoup de bien. Il hochait de la tête avec un petit sourire, tout en terminant de servir les verres et la rejoindre sur le lit.

Ah, il devait donc faire la lecture. Ce serait avec plaisir. Attrapant ses lunettes sur sa table de nuit, il les passait, tout en prenant le livre qu'elle lui tendait, s'asseyant sur le matelas, de façon confortable, pour lire sans trop se fatiguer.


- Dante, voilà longtemps que vous ne me l'aviez pas demandé. Avec un petit air charmeur.

Un certain nombre de souvenirs pouvaient être accroché à ce poète florentin. Ou en tous les cas, à ses écrits et leurs lectures. Vito fit donc l'exercice avec une certaine habitude, lisant le poème d'une voix chaude et sûre d'elle, dans un italien parfait. Après tout, c'était sa langue natale. Bien entendu, il n'avait pas autant le talent qu'un certains Richards, mais pourtant, il s'en sortait. Tant que c'était pour son épouse.

Il évita de trop s'attarder sur la photo que contenait le bouquin. Ce n'était pas le moment d'être nostalgique. De toutes les façons, le passé ne pouvait être changé. Son plus grand regret. Cette fille disparue bien trop tôt. Il avait aimé être père, il aurait voulu pouvoir l'être à nouveau. Mais Nikolas s'y était violemment opposé. Le sujet n'avait plus été mis sur le tapis. Et parfois, il se demandait ce qu'elle en pensait, au jour d'aujourd'hui. Reposant délicatement le livre, connaissant sa valeur aux yeux de sa compagne, il prit à son tour une gorgée de vin.


- Et bien, vos gens ont été efficaces. Se grattant la barbe. Vous savez bien que je ne suis jamais contre retourner chez nous. Souriant un instant. Bien entendu que je peux me préparer là-bas. Ce sera sans doute mieux, même.

Le Duc n'était pourtant pas totalement certains de ce que pourra apporter cette expérience. Il espérait juste que tout irait bien. Surtout pour Nikolas en fait. Si lui n'était pas non plus si effrayé que cela à l'idée de quitter un jour cette Terre, ce qui lui posait plus problème, c'était bien de laisser sa femme, seule. Il savait à quel point ces pensées la stresser profondément, même si elle voulait ne rien laisser montrer. Mis à part dans ces rares moments. Le fait qu'elle le prenne ainsi dans ses bras, en était une preuve.

L'homme passa ses bras autour du corps de sa compagne de vie et la serra doucement contre lui. Lui déposant un baiser dans les cheveux, tentant, avec sa force tranquille, de calmer son esprit. Il ne fallait pas que cette peur lui paralyse ses pensées.


- Voilà qui ne vous ressemble pas, ma mie. Si défaitiste. Ne sommes-nous pas les plus puissants? Un petit sourire taquin dans la voix.

S'il pouvait être d'accord avec elle, sur le fait qu'en vieillissant, tous les deux, perdaient un peu de cette force, ce n'était pas pour autant qu'il devait le faire à voix haute. Ce n'était pas ce qu'attendait son épouse. Enfin c'était ce qu'il pensait en tous les cas.
Beleth
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