[CLOS] Non, le scotch ne fait pas tout... [PERCY]

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Lun 4 Juil 2016 - 15:32
Non, Percy ne s'attendait pas vraiment à ce que Gabrielle fasse à lui concernant cette affaire ; mais il n'avait pas pu faire autrement que de lui présenter cette proposition. Il savait à quel point le cas était personnel pour elle, même s'il ne pourrait sans doute jamais vraiment comprendre à quel point. Il en savait autant que possible sur cette situation, mais tous les dossiers du monde ne suffiraient jamais pour en expérimenter ne serait-ce qu'une fraction de la réalité. Il se gardait bien d'évoquer le sujet dans les détails, estimant que ce n'était certainement pas à lui d'en parler. Ce n'était pas sa place. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était se concentrer sur le présent, et faire de son mieux pour le futur. Qu'il espérait moins sombre que ce que l'agent du FBI semblait croire inévitable.

« De rien. C'est la moindre des choses. »

S'il avait pu faire plus, il aurait agi sans hésiter. Mais cela ne dépendait pas de lui, et toute cette histoire avait tellement de paramètres inconnus qu'elle avait de quoi le perturber plus qu'il ne l'aurait cru possible. Il aimait avoir toutes les cartes en main, et s'arrangeait même pour distribuer lui-même le paquet à chaque fois que c'était possible. Là, il était dans l'ombre, à la merci d'un être aussi malfaisant qu'insaisissable, et c'était un sentiment qui ne lui plaisait pas du tout. Lui qui avait l'habitude d'être en contrôle, voilà que toutes les ressources et tout le pouvoir d'Arkadia et de ses divisions ne lui étaient que d'une piètre utilité. Un homme pouvait parfois se révéler plus dangereux qu'une organisation entière...et toujours plus discret.

« Oui, je m'étais penché sur la question avant même de te rencontrer, aussi était-ce d'une certaine manière inévitable que je m'y confronte un jour. Je n'ai pas l'habitude d'être de ce côté de l'engrenage, et je dois dire que c'est fort désagréable. Mes agents connaissent les risques encourus, ceci dit. Et si Arkadia passait l'éponge à chaque fois qu'on se retrouvait confrontés à un cas dangereux et compliqué, on ne vaudrait pas mieux que les systèmes en place les plus obsolètes. Je ne peux tout simplement plus rester le dos tourné quand de tels individus se croient permis de faire souffrir ainsi le monde. » Il s'interrompit un instant, se demandant jusqu'où il était prêt à partager son passé avec Gabrielle. Il avait beau se sentir à l'aise avec elle, et n'avoir aucune envie de lui cacher quoi que ce soit, il se demandait comment elle réagirait en apprenant certaines de ses actions passées les plus répréhensibles. « J'aurais pu totalement basculer dans l'ombre, fut un temps ; je m'étais bien engagé sur ce chemin, j'ai fait des choses terribles. J'ai décidé que ce ne serait plus jamais le cas, et que j'allais faire de mon mieux pour racheter mes erreurs. »

Il ne s'étonna guère de voir Kreizler finir à nouveau son verre, d'autant qu'il n'était pas loin derrière. La descente de l'agent était toujours aussi impressionnante ; cela lui rappelait leur première rencontre, et le souvenir parvint à lui faire afficher un bref sourire. Avoir une mémoire parfaite permettait aussi de revivre les bons moments, pourtant, c'était bien là une des seules choses qu'il semblait oublier... L'ambiance était bien différente aujourd'hui, avec cette menace qui planait sur le lien encore indéfinissable qu'ils avaient réussi à créer. Ils n'auraient pas trop de scotch de qualité pour apaiser un peu les tensions...

« Je te crois. Et si je devais croiser un tel individu un jour, ce serait pour tenter de l'exterminer aussitôt plutôt que d'essayer de le comprendre. Il y a des individus bien trop dangereux pour qu'on leur laisse la moindre chance. Mais personne n'est parfait, personne n'est infaillible, pas même-lui. Un jour ou l'autre, cette arrogance lui coûtera la partie. Mais il essaiera très certainement de balancer tout l'échiquier au feu -lui et nous compris- plutôt que de se laisser avoir. »

Quand Gabrielle disait que pour son cas à elle, c'était plus compliqué, il la croyait sans hésiter. Cela lui paraissait même être un sacré euphémisme, dit comme ça. Il ne pouvait que se perdre en conjectures, basées sur ce qu'il avait pu apprendre du passé de Gabrielle et des trop rares et infimes traces laissées par le monstres, et elles n'auraient rien apporté. Seule son interlocutrice pouvait prétendre avoir le droit d'en parler, et il n'allait certainement pas l'y forcer. Il n'en avait pas le droit. Quand elle réagit plus vivement à ses paroles, il aurait souhaité que ces dernières ne dépassent pas ainsi sa pensée. Il avait parfois de la peine à s'arrêter lorsqu'il essayait d'exposer son idée, et il avait encore trop souvent l'arrogance d'estimer son point de vue inattaquable, ce qui le poussait parfois à manquer de tact. Il comprenait bien pourquoi cela avait dû agacer Gabrielle, ou du moins s'en faisait-il une bonne idée. Il la laissait s'éloigner, comprenant qu'elle avait besoin d'un brin de répit avant de poursuivre la conversation. Il finit son propre verre, et attendit encore quelques instants avant de venir doucement la rejoindre, contemplant les lueurs de la ville en contrebas.

« Je suis désolé. Je ne voulais pas te blesser, mes mots ont été plus que maladroits. Je...n'ai plus l'habitude qu'on s'inquiète pour moi, pas vraiment. Je pêche par excès de confiance, et j'imagine trop souvent avoir toutes les bonnes réponses alors que ce n'est pas le cas. Et je finis par raconter n'importe quoi. » Il lui effleura gentiment le bras ; un bref contact pour appuyer sa pensée, sans pour autant se montrer intrusif. « Seulement... Et bien, je m'inquiète pour toi, moi aussi. Tu n'es pas la seule à t'en faire à ce sujet. On se connaît à peine, quand on y pense, et pourtant... S'il devait t'arriver quelque chose, je ne sais pas comment je réagirais. »

Voilà des années qu'il ne s'était pas montré aussi vulnérable devant qui que ce soit ; et c'était aussi étrangement dérangeant que curieusement agréable...
Percy
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Lun 25 Juil 2016 - 23:26




Avec
P.ROSE


Non le scotch ne fait pas tout

C'était sans doute le petit plaisir du Chuchoteur, mettre les autres dans le brouillard, les empêcher de totalement poser leur carte, les faire avancer dans le noir et avoir la seule et unique chandelle pour éclairer le chemin. Que Percy se rassure, Rix était dans le même état que lui à ce niveau, elle ne supportait guère d'être dans cette situation. C'était sans doute pour cela qu'elle n'arrivait pas à lâcher le morceau, sans compter, bien entendu, cette rage vengeresse qui lui bouffait les entrailles. Elle ne pouvait pas nier qu'elle rêvait de le voir clouer à un pilori, pour ce qu'il avait à Simon, et aux autres, ensuite.

Le soutien de cet homme était important, tout autant qu'il était dangereux. Elle n'arrêterait jamais de le penser. Et c'était bien ce qui allait se mettre entre eux. Ce barrage que l'agent tentait de monter, pour le protéger lui, en premier lieu.

- Au moins, tu as trouvé ta voie.
Fit-elle avec un léger sourire, même si ça pouvait paraître ironique, ça ne l'était pas. Elle trouvait bien que cet homme mette son savoir, son argent et son pouvoir au service de la communauté. Mais si même avec tous ses moyens, Arkadia n'avait pas mis la main sur son ennemi... une nouvelle gorgée était engloutie, décidément, c'était un sujet qu'elle n'aimait pas.

Elle le regardait en silence, alors qu'il lui expliquait qu'il avait pu mal tourner. Elle ne le jugeait pas. Tout le monde pouvait un jour ou l'autre, faire ressurgir son côté sombre. Le sien était bien là, latent, mais présent. Il lui suffirait simplement d'atteindre son but, pour montrer de quoi elle était capable... mais irait-elle jusqu'au bout? Au fond, elle se refusait à devenir comme ceux qu'elle chassait.

- Hum... je ne suis sans doute pas la mieux à même de te dire quoi que ce soit, ou te juger à ce niveau Percy.


Au moins, le Russe semblait avoir parfaitement compris la méthodologie de leur adversaire. Il avait raison de parier que le Chuchoteur ferait tout sauter, s'il se retrouvait en mauvaise posture. C'était une certitude de la part de Gabrielle, qui ne doutait pas une seule seconde qu'il ne chuterait pas seul. Mais voilà longtemps qu'elle avait prévu de l'emmener en personne rencontrer son créateur. C'était bien là où le caractère buté de la profileuse devenait dangereux pour sa propre santé, en fait... Car elle était prête à tout et rien ne pourrait l'arrêter, puisqu'elle estimait avoir déjà tout perdu. Ou en tous les cas, le plus important.

- Là est tout le danger de cet homme, en effet.

Bien entendu, ce genre de conversation ne pouvait pas rester neutre. Pas avec ce qui les liait, qu'importe ce qu'était ce lien, pas avec le passé de Rix, pas avec les propos tenu par Rose. Un sujet aussi sensible pour cette femme, ne pouvait qu'entraîner des réactions plus vives, presque à fleur de peau. Il ne manquerait plus qu'une bonne petite crise, pour que cette soirée soit plus que totalement pourrie.

Concentrée sur la ville et ses lumières, elle sentit pourtant la présence de l'homme à ses côtés. Il avait pris la peine de se déplacer, de s'excuser, de se montrer plus doux et surtout, de tenter de s'expliquer sur sa façon de faire. Ce que Gabrielle pouvait comprendre finalement, puisqu'ils agissaient pareil à ce niveau tous les deux, mais que l'on s'inquiète pour elle... ça amenait à la mort et elle ne l'acceptait pas. Sa leçon avait été parfaitement apprise. Le Chuchoteur s'en était bien assuré.

- Ce n'est pas grave... Recrachant un peu de fumer, sa respiration redevenant normale, elle reprenait doucement le contrôle de ses émotions. ... Petit raclement de gorge. Elle ne souhaitait vraiment pas parler de son passé. Pas maintenant. Elle tourna la tête vers son invité surprise et lui tapota finalement doucement l'épaule, avant d'écraser sa cigarette à moitié entamée dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre - qui était déjà bien rempli -. Encore un verre?

Boire, oui, quoi de mieux?

- Ne parlons plus de ça pour ce soir... essayons... qu'ai-je manqué de tes lettres alors?

Elle revenait vers la table, attrapait la bouteille, versait à nouveau deux verres. Kreizler, versatile? Lunatique? Oui sans doute un peu, ou alors plus simplement, pour cacher tout le reste. Elle avait bien entendu les paroles de cet homme, ce pseudo aveu d'une affection particulière, même s'ils n'avaient eu qu'une nuit. Elle ne voulait pas y penser.

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Rix
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Ven 29 Juil 2016 - 14:57
« J'ai plutôt l'impression que c'est la voie qui m'a trouvé. Un ensemble de circonstances et de trajectoire qui se sont croisées pour former un point d'équilibre...ou de rupture. Heureusement, j'ai fait en sorte que ce soit le premier qui prime. Du moins je l'espère... On n'est jamais à l'abri d'un retournement de situation, et la vie ne manque pas de mauvaises surprises. »

L'équilibre, Percy l'avait finalement trouvé en acceptant la vacuité de ses ambitions personnelles. Vouloir amasser tout le pouvoir c'était bien beau, mais ça ne menait fatalement qu'à une seule issue : quelqu'un finissait toujours par vouloir s'en emparer. C'était ce qui s'était produit avec Marisa, et elle avait réussi...pour un temps. Rose frissonnait encore à l'idée de tout ce que sa défunte femme aurait pu accomplir avec ce pouvoir entre ses mains. Il n'avait jamais rien eu d'un enfant de chœur, encore moins à l'époque, mais l'ambition qui s'était emparée de son épouse l'avait effrayé comme peu de choses avaient jamais réussi à le faire. Il était malheureux qu'un tel événement fut nécessaire pour enfin réussir à lui faire comprendre à quel point il s'était fourvoyé, mais c'était une leçon qu'il n'oublierait pas de sitôt. Et le geste auquel il avait du se résoudre pour mettre fin aux agissement de Marisa le hanterait toujours ; il savait qu'il s'était avéré nécessaire, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne le regrettait pas. L'amour qui les avait d'abord uni n'était alors plus réel depuis longtemps, comme s'ils avaient surtout tous deux aimés l'ambition de l'autre, mais elle restait la femme qui l'avait le plus compris, et la mère de son fils. Et comment expliquer à ce dernier que sa mère ne pouvait pas rester en vie, quoi qu'il arrive ? Le bien du plus grand nombre n'avait que peu d'incidence aux yeux d'un enfant qui perdait sa mère de la main de son père. Mais Percy n'aurait pas pu laisser quelqu'un d'autre se charger de la besogne. Il n'avait pas fait de Marisa ce qu'elle était en terme de tempérament, mais il était responsable de lui avoir fourni les moyens de mettre ses plans en action. C'était son erreur à régler, et celle de personne d'autre.

« Je ne cherche pas à ce que l'on me juge ; je crois que je m'en charge assez bien moi-même. Et ce n'est pas une sinécure. »

En réalité, Perceval Rose se jugeait en permanence. Il décortiquait chacun de ses actes, chacune de ses pensées, chacun de ses sentiments, comme pour s'assurer qu'il ne risquait pas de se laisser reprendre par ses vieux démons. Il était son propre juge interne, ne s'accordant aucun répit, aucune excuse, aucun favoritisme. Personne d'autre n'avait à assumer une telle responsabilité ; chaque homme restait seul juge de ses actes, et c'était lorsqu'il finissait par se complaire dans la fausse excuse et l'hypocrisie que l'homme s'abandonnait au mal qui l'habitait. Percy passait son temps à maintenir sa part d'ombre sous contrôle, la canalisant au nom de ses idéaux plutôt que de l'oublier. L'obscurité ne quittait jamais vraiment ceux chez qui elle avait fait son nid, et penser le contraire était illusoire et dangereux. Le truc, c'était de savoir quoi en faire, et de tout mettre en œuvre pour qu'elle ne prenne jamais le contrôle. Quelque chose lui disait que c'était une lutte que Gabrielle connaissait bien elle aussi, même si les circonstances en étaient différentes. Toujours être sur le qui-vive, ne jamais baisser sa garde, et la tentation dans un coin de son esprit, le loup noir qui ne demande qu'à être nourri. Et il ne pouvait imaginer à quel point cela devait s'avérer délicat quant on était doté d'une affinité comme celle de Kreizler aux pires esprits de l'humanité, qu'elle le veuille ou non.

« Je me suis toujours demandé ce qui pouvait pousser quelqu'un à agir ainsi. A s'abandonner au mal en toute impunité, convaincu d'être dans bon droit, et que la vie des autres n'existe que pour son amusement. Que peut-on traverser au cours de sa vie pour en arriver là ? Ou y a-t-il réellement un mal intrinsèque couvant le cœur de certains individus ? Un mal naturel, se suffisant à lui-même, incapable d'être expliqué parce qu'aucune explication n'existe. »

Autant dire que c'était le genre de questions qui l'intriguaient depuis bien avant le Chuchoteur, qui n'était pas le premier monstre de l'histoire, et encore moins le dernier. Aux yeux de Percy, aucune histoire -aussi tragique soit-elle- ne pouvait excuser de tels choix, mais elle pouvait au moins permettre de comprendre leur existence. Si, au contraire, il n'y avait aucune explication à avoir, rien à comprendre... Voilà ce qui le perturbait le plus. L'effrayait, même. Percy était un homme de raison avant tout, et il n'y avait rien de plus terrifiant pour ceux de son espèce qu'une entité avec laquelle il était tout bonnement impossible de raisonner. Comme si l'histoire était déjà écrite, son sanglant chapitre final impossible à réécrire. Alors non, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour Gabrielle ; entre la détermination dont elle faisait preuve et les éléments personnels qui la menaient à l'affaire, il pouvait se faire une idée de la conclusion qui ne lui plaisait pas du tout. Mais il pouvait au moins faire de son mieux pour ne pas lui témoigner inutilement cette inquiétude, et s'écarter lorsque c'était nécessaire. Mais il ne resterait pas non plus sans réagir si ses actions pouvaient un jour changer la donne... Ceci dit, on en était encore loin.

Il resta à côté d'elle, en silence, observant les lueurs de l'Arche. Chaque lumière qui se reflétait derrière une fenêtre était le signe d'une présence, d'une vie qui menait la sienne, en accord ou aps avec celles des autres. Autant de gens qui étaient pour la plupart loin de se douter des puissances qui s'agitaient dans l'ombre, et des menaces globales ou particulières qui planaient sur leur tête. C'était leur équilibre que Percy s'était juré de préserver dans sa nouvelle voie, qu'il s'agisse de les mettre à l'abri de créatures comme le Chuchoteurs ou d'organisations aussi néfastes que globales. Il avait appris à quel point la vie humaine, dans toute sa complexité et sa simplicité, était précieuse. Et que l'humanité dans son ensemble valait la peine qu'on lui offre un futur décent. Il ne comptait pas l'y forcer, mais il pouvait au moins lui offrir le choix. Quant à lui... Il n'osait pas vraiment se demander ce qu'il méritait, ni même s'il était en droit de mériter quelque chose. Pour le moment, il appréciait simplement le fait de se retrouver en compagnie de cette femme, avec un verre d'un excellent scotch à la main. Quand la vie était noire, et le futur plus sombre encore, le moindre instant présent qui valait la peine d'être vécu s'imposait comme une brève mais éclatante lueur dont il fallait profiter de son mieux.

Percy suivit Gabrielle vers la table, lorsqu'elle proposa un nouveau verre. Il hocha la tête en signe d'assentiment, acceptant celui qu'elle lui tendait. L'effet de l'alcool commençait à se faire sentir, mais restait agréable ; il avait une bonne descente, et il savait que Gabrielle aussi. Il leur en faudrait encore plus pour finir sous la table, une cravate nouée autour de la tête. Elle ne voulait plus parler du Chuchoteur, ni de la tension qui était apparue entre eux, et il le comprenait ; lui-même n'était pas contre revenir à des sujets plus légers, bien qu'il doutât de leurs capacités à tous deux dans ce domaine : la légèreté ne serait sans doute jamais leur point fort... Il fit tourner le scotch dans son verre, prenant le temps de réfléchir à la question de l'agent.

« Oh, rien de bien passionnant. Je tenais surtout à te montrer que je n'étais pas du genre à filer après la première rencontre sans donner de nouvelles, surtout lorsque la première rencontre s'est avéré être si intéressantes. Mais je crois que c'est raté. » Il se permit un sourire, préférant s'amuse du quiproquo plutôt que de s'en agacer. « Je n'attendais pas forcément de réponses non plus, mais...et bien, c'était une communication qu'il m'était bien plus agréable de transmettre qu'un énième mémo concernant les affaires. Et puis tu n'as pas raté tant de messages que ça ; ce n'est pas non plus comme si je m'étais fendu d'une missive par semaine. Mais j'avoue que j'appréciais repenser à notre rencontre et que, si je ne m'attendais à rien de particulier non plus, je n'avais pas envie qu'elle devienne qu'un unique souvenir. Pour le reste... Ces derniers mois n'ont pas été si mouvementés que ça de mon côté ; j'en ai passé la majeure partie en Chine, à solidifier le dialogue et le partenariat entre la République Impériale et notre arche. Il se peut que j'ai aidé à mettre fin à une tentative ou l'autre d'insurrection, conjointement avec le jeune empereur, qui ne pouvait pas toujours se permettre d'agir au grand jour et d'utiliser les agences officielles de son pays pour remettre de l'ordre dans son gouvernement. Le climat politique était plutôt instable, mais j'ai l'impression qu'il l'est plus ou moins partout en ce moment. Rebelles, terroristes, dissidents, cultistes... C'est comme se baisser dans un coin un champignons, on dirait qu'il y en a partout. Et pourtant, c'est encourageant de voir que la Chine semble prête à se reformer, du moins si le jeune empereur arrive à solidifier son influence ; nous vivons dans un monde nouveau depuis longtemps maintenant, mais beaucoup ne semblent pas s'en être encore aperçu. A titre plus anecdotique, un buffle d'eau s'est assis sur moi, mais ce sont les risques de retourner sur le terrain ; et il m'a sans doute sauvé la vie. Miranda proposé que j'en fasse un de mes nouveaux gardes du corps, mais ce n'est pas un emploi que je souhaiterais à un paisible buffle d'eau. »

Au fond, Percy savait rire de lui même, et c'était sans doute une des choses qui lui permettait de garder son ego sous contrôle. De même qu'il essayait de toujours accepter ses erreurs, et de se fier au jugement des personne de confiance (qui étaient peu nombreuses dans son entourage, mais qu'il écoutait du coup d'autant plus). Et en terme de souvenir, celui-si s'avérerait au moins parfaitement unique, même s'il n'était pas pressé de s'en rappeler l'odeur. Il but une nouvelle gorgée de scotch, contemplant toujours Gabrielle.

« Et toi alors ? Qu'est-ce que j'ai raté ? »

La question était sincère ; ils se connaissaient finalement peu, et il avait vraiment envie de faire de son mieux pour établir un réel dialogue allant au-delà de l'affinité brute d'une première rencontre. Et s'il aurait pu lire le dossier, il préférait l'apprendre de Gabrielle en personne, la laissant révéler ce qu'elle jugeait bon de lui révéler plutôt que de la résumer à un fichier ; avec elle, il ne ressentait pas le besoin de se montrer un véritable je-sais-tout, et encore moins celui de se montrer intrusif pour un sou.
Percy
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Dim 31 Juil 2016 - 17:59




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P.ROSE


Non le scotch ne fait pas tout

- Tu sais être philosophe à tes heures. Marqua-t-elle, alors que Percy semblait vouloir lui faire comprendre qu'il n'y était presque pour rien, dans son changement de voie.

Elle ne pouvait pas le contredire pour tout en tous les cas, surtout quand il parla de la vie et ses mauvaises surprises. C'était quelque chose que Rix connaissait bien. Elle avait rarement eu droit à quelque chose de vraiment positif et quand c'était le cas... tout tournait bien rapidement au vinaigre généralement. De quoi être dégouté, c'était aussi pour cela, qu'elle avait monté une armure qu'il était très difficile à faire tomber. Et que sa vision pessimiste de la vie et des Hommes en général, ne changeait plus réellement.

- Nous sommes nos meilleurs bourreaux parait-il.

Une petite pensée pour son psy, qui tentait de lui faire rentrer certaines choses dans le crâne, sans trop de succès. Elle ne doutait pas que l'homme face à elle, avait, lui aussi, ses parts sombres et qu'elles ne l'avaient sans doute pas épargnées. Pas à l'âge qu'il avait, pourtant, Gabrielle n'était pas assez curieuse pour en savoir plus, pas pour le moment. Car plus elle s'intéresserait à lui, plus elle le laisserait venir loin dans son cercle de confiance et maintenant, vous devriez avoir compris le nœud du problème, à ce que cela arrive.

- Ils se cherchent souvent des excuses, t'expliquant que leur vie a été malheureuse, que leur enfance était pire que tout. Mais ce ne sont que des excuses justement. Il ne faut pas chercher à comprendre. C'est un mal qui les ronge dès la naissance. Même si les signes peuvent être perçu tôt, il n'y a pas réellement moyen de changer ce qui est inscrit quelque part au plus profond d'eux. Ils passeront à l'acte, un jour ou l'autre.

Autant dire, qu'elle faisait bien comprendre à Percy, qu'il n'y avait pas réellement d'explication plausible. Ces tarés étaient ainsi fait, voilà tout. Même si elle cherchait encore et toujours des moyens de les comprendre, pas pour les sauver, mais pour avoir un temps d'avance sur eux, elle avait pourtant compris que la base de leur soif de sang, n'avait rien d'explicable.

La remarque de Percy la fit sourire, un peu. En effet, c'était raté, mais ce n'était pas de sa faute. Elle l'avait bien compris. Elle tenterait de se rattraper de son comportement, mais d'un côté... si cela avait pu le refroidir un peu et lui permettre de s'éloigner, ce ne serait sans doute pas plus mal. Parce que le fait qu'il ait trouvé leur première rencontre intéressante, n'apporterait vraiment rien de bon. Elle l'écouta attentive, tout en continuant de boire, s'étalant un peu dans son fauteuil.

- Mmm... tu as bien bossé dis-moi. Marquant un petit temps. Est-ce vraiment une bonne chose de laisser le pouvoir à un "empereur"? J'ai l'impression que c'est retourner en arrière, que d'avoir un monarque à la place d'une démocratie.

L'agent manqua de rire à l'anecdote.

- Un... ? Mais... comment? Je sais bien que le terrain peut-être dangereux, mais de là à te faire écraser par un animal pareil. Un sourire franc aux lèvres. Je comprends mieux pourquoi Miranda reste toujours proche de toi. Se moquant, mais bien gentiment, de lui. Rien d'intéressant, c'est un peu le bordel ici, entre les rebelles qui font tout sauter, les petits criminels et les tueurs qui se baladent, il y a de quoi faire, mais c'est toujours un peu la même chose.

Oui, Rix était un peu blasée de tout cela. Enfin, c'était son travail. Chaque enquête était différente, quoi qu'elle en dise, mais il y avait des patterns qui lui semblaient toujours récurant. Elle vint se frotter le front en grognant un peu. Une douleur infime commençait à se faire sentir. Il était peut-être temps de mettre fin à ces retrouvailles.

- Je ne veux pas te mettre à la porte Percy. Mais il se fait tard et je commence tôt, demain.

Au moins, cette rencontre ne se finirait pas au lit cette fois-ci, qu'importe l'alcool qu'ils avaient ingurgités tous les deux.

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Rix
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Lun 8 Aoû 2016 - 13:22
« Philosophe, ou trop bavard. Ce qu'on me reproche souvent. » sourit Percy, qui ne se faisait pas d'illusion sur sa propension au verbiage. La plupart du temps, il ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher, et les mots pleuvaient au fur et à mesure qu'il construisait sa pensée. Il restait réfléchi dans sa logorrhée, et ne parlait pas pour ne rien dire, mais exprimer les mots qui lui venaient contribuait à lui clarifier l'esprit. Souvent, il se demandait si c'était parce qu'il gardait déjà bien trop de choses à l'intérieur, qu'il s'agisse de ses souvenirs ou des informations que son cerveau analysait en permanence. Contrairement à ce que disait Miranda -dont la patience s'usait au fil des longues discussions- il n'en était pas encore au radotage ; du moins il l'espérait.

« Nous avons toujours su comment nous punir nous-mêmes, y compris et surtout lorsque nous ne nous en rendons pas compte. Et parfois, il devient bien difficile de savoir quand doit s'arrêter la punition, et commencer la suite... »

Continuait-il de se punir pour ses exactions passées ? Il avait encore beaucoup à faire pour se racheter, mais il ne pensait pas être encore entièrement dirigé par les regrets. Non, la rédemption n'était plus un but en soi : il croyait réellement à la cause qu'il servait, et c'était pour elle qu'il luttait, et non plus pour le seul salut de son âme. Au fond, peu lui importait ce que les autres pouvaient penser de lui tant que le travail était fait. Il s'était redécouvert une conscience, qu'il avait pleinement acceptée, l'accordant à l’œuvre de toute une vie. L'individu qu'était Perceval Rose ne comptait plus vraiment, et ce qu'accomplissait Arkadia allait bien au-delà d'un seul homme. Il était revenu de son emprisonnement doté d'une humilité qu'il n'aurait jamais crue possible : il ne tenait qu'à lui de continuer de lui faire honneur.

« Je ne cherche nullement à les excuser, d'autant que rien de rationnel ne peut justifier un tel comportement. Et j'ai appris à la dure qu'il y avait des êtres malfaisants qu'on ne pouvait espérer changer un jour. Non, les comprendre, repérer les signes, cela ne m'intéresse que pour une chose : les arrêter. Définitivement. »

Oui, si Arkadia mettait un jour la main sur un être comme le Chuchoteur, Percy n'y réfléchirait pas à deux fois avant de le faire supprimer. Avec des créatures pareilles, il ne fallait pas hésiter, ne pas croire qu'une autre solution était possible. Et ne jamais leur laisser le temps de réagir. Percy croyait aux secondes chances -Arkadia en était une grande pourvoyeuse, permettant à des gens de se reconvertir malgré leurs actes passés- mais elles étaient parfois tout bonnement impossibles. Mais Gabrielle changea rapidement de sujet, et Percy n'insista pas sur la question : il voyait bien à quel point celui-ci était épineux pour l'agent de Scotland Yard, et il y avait des barrières qu'il ne pouvait se permettre de franchir.

« Empereur est un titre ronflant dans le cas présent, plus fait pour imposer que pour réellement faire honneur à sa définition. Les chinois sont traditionalistes ; en des temps troublés, une telle figure autour de laquelle se rassembler permet de renforcer l'unité. Après, c'est aussi une situation qu'un homme sans foi ni loi pourrait exploiter pour embraser les esprits et dominer tout un peuple ; on a bien vu ce que ça a pu donner, par le passé... Mais on a aussi vu ce que cela pouvait apporter, quand le dirigeant était juste. Et je pense que le jeune empereur l'est ; il a vraiment envie de changer les choses pour le mieux, et n'a pas peur de bousculer certaines idées reçues. Et puis malgré le titre, il n'a pas le pouvoir absolu : il travaille avec tout un cabinet de ministres, et son rang n'est pas héréditaire. J'ai apprécié le personnage, en tout cas. Il est jeune, plein d'énergie et de volonté, et un véritable fruit de ce nouveau monde, loin de s'accrocher à l'ancien comme autant de nous continuent de le faire. Mais comme n'importe quel dirigeant, il ne peut pas agir en toute impunité, du moins pas publiquement ; c'est là qu'Arkadia intervient. Nous bénéficierons tous d'une bonne entente entre les arches, et je pense que la Chine peut avoir un rôle important à jouer dans le nouvel équilibre. »

Il s'amusa de voir que Gabrielle avait manqué rire à l'histoire du buffle ; c'était bon de la voir sourire, même pour un instant.

« Et encore, ce n'est pas la situation la plus improbable dans laquelle nous nous sommes retrouvés, Miranda et moi. J'ai suivi de loin ce qui se passait sur l'Arche, pendant mon absence : c'est surtout l'activité rebelle qui m'inquiète, comme beaucoup. D'autant que je n'arrive pas tout à fait à cerner leurs véritables objectifs. Maintenant que je suis de retour, Arkadia va sérieusement se pencher sur la question. Avec l'exposition universelle prête à ouvrir ses portes, on n'a pas besoin d'un coup d'éclat de leur part... »

Et puis Gabrielle décida, sans heurt, de mettre fin à leur soirée. Ce qui ne surprit pas Percy, qui s'y attendait. Il était déjà heureux qu'elle ait pu durer jusqu'ici, vu comme elle était partie. De toute façon, il n'avait eu aucune attente en venant ce soir, si ce n'était simplement des retrouvailles. Une fois de plus, la situation rendait Percy légèrement confus ; lui qui était si habitué à savoir exactement ce qu'il attendait d'une situation, il ne savait toujours pas trop ce que signifiait le lien qu'il partageait avec Kreizler. Au moins avaient-ils pu démêler cette histoire de messages, et partager du bon scotch.

« Je comprends. »
fit-il avec un sourire. « Comme tu viens de le dire, il se passe toujours des choses sur l'Arche qui nécessite qu'on se mette au boulot. Le repos du guerrier, ce n'est pas vraiment pour les gens comme toi ou moi, j'ai l'impression. Il y a toujours quelque chose à faire, une crise à régler, un danger à traquer... J'ai été heureux de te revoir, Gabrielle. »

Avec un sourire, il lui effleura le bras en guise d'au-revoir, et se dirigea vers la porte. Oui, lui aussi aurait du travail, au petit matin. Et beaucoup de choses auxquelles réfléchir, une fois de plus.
Percy
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Mer 10 Aoû 2016 - 21:36




Avec
P.ROSE


Non le scotch ne fait pas tout

Ahhh, ça, pour être bavard, Percy l'était. Mais ça ne dérangeait pas réellement Rix. Après tout, il parlait pour eux deux ainsi. Elle qui était plutôt monosyllabique, ou disons, qu'elle disait une phrase ou deux, avant d'estimer avoir assez utilisé sa salive. C'était intriguant d'avoir en face de soi, quelqu'un qui parlait si facilement. D'autres auraient sans doute été déjà saoulés d'un pareil débit de parole, mais notre agent, appréciant - malgré tout - la compagnie du chef d'Arkadia, n'y voyait aucun inconvénient. Elle n'eut qu'un petit sourire de connivence à sa remarque. Signe qu'elle était assez d'accord avec la deuxième solution.

Il avait l'air de savoir ce qu'il disait, autant qu'elle, concernant l'auto punition. Tous les deux avaient leur côté sombre. Des secrets qu'ils ne dévoilaient pas, dont ils n'avaient guère envie de parler, mais qui les avaient façonnés. C'était ainsi. Au moins étaient-ils d'accord sur quelques points.

Elle l'écouta parler de l'empereur, sans pour autant être totalement convaincue, mais la profileuse n'avait pas très envie d'entrer dans un débat maintenant. Elle se méfiait des grandes nations, un peu trop envahissante. La Chine en faisait partie. Enfin bref... les rebelles étaient un tout autre problème, bien plus présent et accaparant. Si Arkadia s'en mêlait, ce ne serait sans doute pas une mauvaise chose. Elle continua donc de boire, le laissant parler, sans jamais l'interrompre. Heureusement, il comprit, sans faire la gueule, sa demande de quitter l'appartement. Un fin sourire apparu alors sur ses lèvres, tandis qu'elle le raccompagnait à la porte.

- En effet... marquant un léger temps quand il se permit de lui toucher le bras. Merci d'être passé Percy. C'était agréable de te revoir. Sans pour autant avoir plus de geste envers lui.

Quand la porte fût fermée sur le dos de l'invité surprise, elle soupira et se laissa un instant, avant de se reprendre et d'aller vider la bouteille, comme si cela allait l'aider à faire passer son mal de crâne, qui devenait de plus en plus insistant. Mieux valait aller s'écrouler sur son lit.

Demain est un autre jour... parait-il.


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Rix
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