[CLOS] E la Regina [Scénario au féminin]

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Mar 19 Avr 2016 - 18:06


Loïse Moore


    Abigaël étudiait le premier des salons, lorsque l’on s’approcha d’elle, pour la rapatrier vers le centre de la Villa. Elle suivit la femme sans moufeter. L’orientation des pièces était telle qu’elle s’y attendait. Elle pouvait donc situer où se trouvait la grande bibliothèque, l’atelier, et selon son hypothèse l’antre de la bête. … C’était sûrement là qu’elle trouverait ses indices. Si tant est que la Duchesse fût bien mêlée aux desiderata de Sveda.

    Pas du tout réceptive, à la mise en scène de la soirée, Aby se demanda ce que cherchait à faire Strega. À en croire ce que disait sa mère, cette vieille bique n’était pas vraiment du genre à jouer au théâtre. Nikolas se serait-elle adaptée à cette époque « spectaculaire » ? Ou bien elle se faisait juste un délire.

    À moins que…

    Un coup d’œil vers les caméras confirma là soudaine l’intuition de la Française. Tous les objectifs étaient fixés sur le groupe central. Tiens tiens. Le cobra s’amusait à observer ses proies. Ça allait assez bien avec le tempérament psychopathe. La question était : pourquoi ou pour quoi ? Mis à part un grand délire mégalo ? Tohum n’avait jamais été très claire non plus quant aux motivations de son ennemie jurée. La curiosité scientifique ne composait qu’une partie de l’équation. Aby en avait la certitude.

    Elle attrapa une coupe, en respira l’effluve, mais se garda d’en consommer le contenu. S’il y a une chose qu’on apprend avec les Immortelles comme celle-là, c’est qu’il vaut mieux se méfier de leurs cajoleries. Abigaël l’avait appris à ses dépends un jour. Pas vrai gamine ? Elle vida le contenu de la coupe dans le vase le plus proche et s’en débarrassa sur une table.

    À peine eut-elle le temps de repérer la désertion du personnel que la lumière s’effaça. Abigaël fila contre les murs pour rattraper la dernière silhouette. Malheureusement, quand elle arriva au niveau de l’ouverture celle-ci s’était refermée, présentant un mur blanc quelconque. Une technique vieille comme le monde. Aby tâtonna, pour trouver un mécanisme. Dans la pénombre de la pièce, la blonde aperçut une ombre dressée sur ses quatre pattes.

    -Merde. La magnifique chienne avait les yeux fixés sur elle.

    *Si j’étais toi, je ne ferais pas ça.*



    Hecate



    Dans la salle, l’une des filles venait de poser la question clé. Abigaël abandonna le pan de mur en gardant un œil sur l’animal. Ou plutôt, si elle s’en référait à ses connaissances, le métamorphe. Qui était prêt à passer sa vie dans la peau du chien ? Aussi royal soit-il sur le papier ! Voilà une nouveauté qui pouvait s’avérer intéressante. Reste à savoir pourquoi le prodige croyait judicieux de la mettre en garde ? Une idée ?

    Aby serra les dents, en longeant le mur, pour gagner l’angle opposé de la salle. Elle regarda la belle-sœur de madame Lampeduza sourire à Charlie.

    -Bien joué Charlotte. Mais je ne suis pas certaine que tu apprécies le cadeau.

    La gardienne de la demeure s’était évaporée. Abigaël fit de son mieux pour contrôler le début d’inquiétude qui remontait de son ventre. Enfin de compte être privée de son don avait quelque-chose d’angoissant. Et si Strega en profitait pour régler ses comptes elle aussi ? Est-ce que quelqu’un ici oserait s’opposer à ce serpent ?
Tohum
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Mer 20 Avr 2016 - 18:29
E la Regina

Feat. Ces dames.





En arrière-plan, le personnel murmurait déjà quelques remarques sur les invitées de Madame. C’est que c’était la première fois que celle-ci avait lieu en Ecosse.

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Liebeth

Impossible de connaître cette femme, à moins d’avoir vécu à Londres bien avant l’Ouragan. Pourtant, à son allure et sa façon de vous regarder, vous pouvez soupçonner chez elle une bonne dose de ruse.


- En effet, vous avez raison. Oh non, point. Nikolas est aussi bonne, sinon peut-être meilleure que moi pour chasser ses proies. J’assiste les politiciens, quand ils ne sont pas trop mauvais. J’en profite pour garder un œil sur ce qui se passe. L’exposition universelle va-t-elle attirer beaucoup de vos confrères en ville ? Engagea-t-elle, tout en suivant des yeux le manège de l’une de ses camarades .

Lizbeth quant à elle préférait le traiteur au fourneau. Elle avait une sainte horreur de la cuisine, ou de tout ce qui pouvait être attribué à l’entretien domestique. Une horreur qui tenait autant de l’ennuie que d’une révolte souterraine, contre le statu induit par ces tâches rébarbatives. La quarantaine bien tassée, son esprit d’initiative et son mordant, lui valait déjà la crainte et le respect de la majorité de ses confrères.

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Estelle

Estelle O’Neal, petite quarantaine, est tout à fait avenante. Son visage vous évoquera sans doute quelque chose si vous êtes allées au théâtre ces temps derniers, où elle joue des seconds rôles.


Estelle O’Neal était une femme de bonne composition. Elle ne manquait jamais d’un sourire, en particulier pour les représentantes du beau sexe. Tout comme sa charmante interlocutrice –Miss Anderson- elle n’en était pas à son premier dîner, en grande pompe. Son phrasé léger rebondissait souvent sur un joyeux rire, qui plissait joliment le coin de ses yeux. Elle promit à la belle chanteuse de l’avertir lorsque sa prochaine pièce serait jouée, profitant de l’occasion pour mettre en place les prémisses d’une séduction sans conséquence. Cependant, l’arrivée d’une petite ballerine lui fit revoir ses plans. Car au jeu de l’amour et du hasard, l’artiste savait reconnaître les parties déjà lancées.

Ainsi, la comédienne se retira avec finesse de la conversation. Elle devait de toute façon débuter le service de la boisson. Nez à nez avec l’une des pouliches de la Duchesse, elle lui offrit un sourire mutin, sans daigner lui donner une réponse explicite. Nikolas avait été claire concernant ces invitées. Elle se contenta donc de couler un regard un rien aguicheur, à la policière, et repartie parmi la petite foule faire ses affaires.

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Jessica

Jessica Keenan est une jeune héritière américaine. C’est également une talentueuse avocate, aux dents et à l’ambition longues.
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Guilia

Cette splendide italienne au sang bien trempé est aussi la belle-sœur de votre hôte de ce soir.


Les réactions se succédèrent, pour les unes amusées, pour les autres agacées. La diversité du public de la soirée expliquait cet éventail et sa largesse. Les deux introductrices ne desserrèrent pas les lèvres, étudiant le tableau d’un œil avisé. Cela même lorsque Delight fit preuve d’une maladresse pleine de drôlerie. La flatterie de Persona provoqua un rire silencieux, chez l’avocate, qui réprima un sourire. Elle l’observa sans cacher sa délectation d’assister, enfin à une autre initiation.

- Elle vous dira que c’est la porte de droite qui mène au Paradis.

-Elle vous dira que c’est la porte de droite qui mène au Paradis. répéta la blonde d’un ton entendu. A droite… ou à gauche ?

La porte élue ne tarda pas à s’entrouvrir sans un son. Récompense, pour la vivacité d’esprit dont fit preuve l’une des jeunes biches, que la Duchesse avait présélectionnée.

La femme brune lança la procession féminine dans un couloir. Sa consœur referma la marche derrière la dixième invitée, car aucune dérobade ne passerait inaperçue. Miss Moore fut ainsi condamnée à remettre son obscure entreprise à plus tard dans la nuit. Keenan laissa le mur se refermer, coupant le groupe du reste de la bâtisse.

La flamme de la bougie, pour seule source de lumière, sur une bonne quinzaine de pieds, vous avancez. Guilia finit par ralentir pour s’effacer sur la droite et ramener à elle le pan d’un rideau noir. Le tissu dissimule l’ouverture sur un escalier, en pierres grises, qui s’enfonce vers les abysses de la Villa Sofia. Une petite lucarne éclaire l’escalier minéral quelques marches plus basses. De quoi rappeler les passages secrets qu’aimaient parcourir les intrigantes de hautes et de basses naissances.

À mesure que vous descendez ces marches, la température se rafraîchit un peu. L’hydromel vous donnera peut-être la sensation d’être procédé par des âmes vagabondes. La propriété n’est pourtant pas si vieille pour que d’autres vies y aient trépassé.

Après une encore une marche labyrinthique pour qui ne sait se repérer, vous entendrez l’écho lointain d’une fête. Un orchestre semble avoir pris place et propose une musique festive. De nombreux éclats de rires cristallins résonnent contre la pierre. Ils sont aigus, fluets. De même, des fragrances de vin épicé et de viandes rosies s’échappent peu à peu dans l’air.

La première femme de la file n’a guère le temps de poser la main sur la poignée de la porte, que celle-ci s’écarte. La comédienne aux cheveux clairs se dresse, avenante et chaleureuse, le teint un peu rose.

- Vous avez réussi la première question ! Venez, venez vite !

Félicitations.

Le sous-sol, de cette aile –devinez laquelle- , est une vraie salle de réception.
Seulement, taillée dans une pierre brute, elle n’a absolument plus rien à voir avec le lisse du marbre, que vous avez pu admirer, dans le hall de la demeure. L’ambiance est elle aussi très différente, du consensus établi à l’étage supérieur. Les femmes sont désinvoltes, volubiles, pieds nus, un verre à faire quelques pas de danse, sur de somptueux tapis persans. Ou bien dans une petite alcôve à boire un verre en jouant –leurs diamants- aux cartes. Ou encore assises comme des princesses, sur de larges sofas, à contempler l’agitation, en susurrant des idées politiques. Chacune semble être à son aise dans ce décor d’un autre siècle.

Un boudoir de coure européenne, se dresse devant vous, si l’on exclut tout le matériel contemporain. Il n’y aucun domestique ou serveur en vue. Il vous faudra faire tout vous-même à présent. Les femmes ici sont au moins une vingtaine, visiblement d’origines, d’âges, de milieux différents. Si vous êtes au fait de la vie édimbourgeoise, vous reconnaîtrez la conservatrice du muséum de l’île. Quelqu’un des visages les plus en vogue des mouvements féministes de l’Archipel. De vieilles rombières dont les combats n’avaient pas encore éteint la flamme d’un idéal.

Les lumières tamisées changent de couleurs selon l’endroit de la salle. Au centre de celle-ci, contre le mur du fond, se trouve une scène. Sur élevée sur des pilons, elle est de forme hémicycle, creusé dans un bois sombre. Sous les projecteurs, une femme menue et élastique produit un petit numéro de gymnastique. Un peu plus loin, une autre déclame haut et fort que Virginia Woolf et Marguerite Duras n’étaient pas les seules à avoir écrit des textes mémorables et qu’il fallait aller chercher les trésors littéraires dans les enfers. (Ces petites salles fermées à doubles tours des bibliothèques modernes.)

Au milieu de toutes ces femmes, jeunes et moins jeunes, connu ou méconnu, Nikolas Lampeduza, une aristocrate sicilienne au tempérament redouté, est assise. Un petit sourire au coin des lèvres, elle dépose le verre qu’elle a en main sur une table basse, avant de s’avance à votre rencontre. Elle pose une main sur l’épaule de son intermédiaire pour la congédier. De même, les complices qui vous ont conduit dans ce sanctuaire se sont retirées. L’une rejoignant une table de jeu, l’autre allant s’emparer d’une pomme.


La Duchesse, grande, élancée, habillée d’une robe beaucoup plus sobre que n’aurait pu le lui permettre son pécule. Un maquillage léger mettait en valeur des pommettes saillantes. Une coiffure sans artifice dégageait son cou de cygne. Elle était bien mise, sans les années qui pesaient déjà sur ses os et sa peau, la Sorcière eu été somptueuse.

Mesdames. Soyez les bienvenues dans le véritable « petit salon ». Il semble que chacune de vous a bien une place à prendre ici ce soir. Reste à trouver quelle sera-t-elle. Je vous invite à vous mettre à votre aise, à profiter de tout ce qui vous entoure. La première partie de cette nuit est consacrée à « la rencontre ». Car je n’ai aucun doute sur le fait que la majorité d’entre vous auront plaisir à découvrir de futures alliées.

Derrière la dame, plusieurs femmes vous observent, tout en faisant des commentaires sur la façon dont vous vous êtes accaparé le premier défi. Il semble en effet que toute la salle a pu voir la façon dont vous vous êtes débrouillé dans la salle au piano. À l’inverse, ce salon ne semble pas disposer de matériel de surveillance.

Andréa. Je suis ravie que vous soyez enfin ici. Annonce Strega à l’adresse de l’ambassadrice vers qui elle s’était avancée.

Lizbeth Featherworth la meilleure chasseuse de tête de feu le Royaume-Uni s’avance vers les plus « jeunes » d’entre vous. Le terme « novices » serait ici plus efficace. Elle contemple les cheveux humides de Dilight, l’air étrange d’Edge et tend une coupe d’hydromel à chacune. Avant de réitérer avec Nikiya, Persona, Miranda, Rix, sans oublier la gourmande Agrafena.

- Nous avions mis deux fois plus de temps lorsque l’on s’est retrouvée à votre place. Enfin, nous avions sans doute bu deux fois plus également. Je m’appelle Lizbeth. Poursuivit-elle tranquillement. Pour celles qui aiment l’eau, il y a un jacuzzi derrière le rideau rouge là-bas. Je crois que nous n’allons pas tarder à attendre l’une des filles chanté. D’ailleurs, la scène est en accès libre. Si l’une de vous a envie de nous faire un petit quelque-chose ce sera avec plaisir !

Alors, que les festivités débutent pour de bon, Madame Lampeduza réduit le champ de son pouvoir. Dissimulé à vos regards quelqu'un continu de vous étudier. À quel dessein ? Vous n’allez pas tarder à le découvrir, mesdames.

Strega
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Mer 20 Avr 2016 - 20:13
La salle et la soirée, malgré l’aura de mystère, battaient déjà bien leur plein. Et la prochaine arrivée d’autres protagonistes ne promettait qu’accentuer cette tendance. Ici et là, des femmes de toutes origines et milieux se mélangeaient, dans la plus grande allégresse. Et pourtant, il s’agissait bien plus que d’une simple réunion de femmes. Mais venant de l’hôtesse, cela n’était guère étonnant. Je me tenais bien à l’écart, les bras croisés, dans un des coins les plus sombres et isolés de la pièce, là où mon manteau de ténèbres me dérobait au regard de la plupart. De toute manière, même en me cherchant, personne ici ne pourrait m’apercevoir, et j’y veillais bien. Pas simplement à cause de la perspective que la vue d’un individu mâle pourrait causer à l’assemblée, mais surtout parce que j’étais ici pour une tâche bien précise et non pour me joindre aux festivités.

Qui plus est, l’on pourrait arguer que je n’étais pas non plus totalement intrus en ces lieux, ayant parfois eu le hasard de me retrouver dans le corps de femmes par le passé. Et bien assez de fois pour savoir que leur combat était encore parfaitement justifié. Néanmoins, comme pour beaucoup de choses, cela m’indifférait désormais passablement. Je me contenais donc de rester dans mon coin, observant et surveillant la salle d’un regard plus alerte et distant que diverti. De temps à autre, je fixais quelques instants la comtesse, avant de reprendre mes rondes visuelles. C’était elle qui avait appel à moi, et je n’avais pas trouvé de raison de refuser. Au contraire, me donner des tâches et des directions qui sortaient des sentiers battus de ma morne et automatique existence était généralement le bienvenue.

Finalement, la porte s’ouvrit et dévoila une dizaine de jeunes femmes, qui visiblement avaient réussi leur première épreuve. Je restais toujours invisible aux yeux de chacune, mais en profitais pour fixer les nouvelles arrivantes. Certains visages étaient connus de réputation, d’autre de connaissance. Certaines étaient cependant bien plus. Mais malgré la présence de Delight et de Death, je restais dans mon ombre, sans même esquisser un mouvement. Car leur arrivée me donnait le feu vert pour la suite, et j’étais bien déterminé à accomplir ce que l’on m’avait demandé. Fermant les yeux, je me concentrais intensément, cherchant au plus profond de mon esprit des détails, des informations. Des bribes de souvenirs.

Au détour d’une silhouette, d’un canapé ou du coin d’une table à jouer, de nouvelles participantes firent leur apparition, comme sorties de nulle part. Pourtant, on aurait dit qu’elles avaient toujours été de la partie, tant leur présence et leur aisance dans cette assemblée était naturelle. Et ce, malgré leur tenue et leur allure généralement, clairement d’une autre époque. En effet, il s’agissait de figures –féminines, est-il utile de le préciser ?- historique qui ont marqué leurs époques et ont fait évoluer la condition de la femme. Chacune à leur manière, que cela soit politique, culturelle ou autre.

Ainsi, peut-être reconnaîtrez-vous la silhouette fine de Marie Curie, ou l’imposante Margaret Thatcher, que l’on ne surnommait pas la dame de fer pour rien. Quelques suffragettes anglaises se joignaient à un débat politique, tandis qu’une noble japonaise conversait littérature non loin de là. Vous pouviez même apercevoir Cléopâtre et Elisabeth I admirer l’actrice Sarah Bernhardt déclamer quelques tirades. Et tant d’autres encore. Ainsi, la salle se trouvait désormais emplie de personnalités de tous pays et de toutes époques, illustres par leurs diverses actions, notamment pour la cause féminine.

Les illusions de ces femmes disparues tromperaient cependant n’importe qui, tant leur réalisme était frappant. Il fallait dire que je les avais pour la plupart connues de leur vivant et personnellement, et autrement, d’importantes connaissances comblaient les manques. Les invitées pouvaient tout à fait interagir avec ces illusions, voire même les toucher puisqu’elles étaient tangibles. Chacune des copies réagirait conformément à leur modèle.

De mon côté, je restais toujours à l’écart, pleinement concentré à faire vivre ces fantômes du passé.
Wairua
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Mer 27 Avr 2016 - 18:04
J’avais abandonné ma collègue O’Neill, après une agréable discussion, pour une rencontre plus… personnelle. Mon air candide se fait un peu plus sérieux, mais je n’en reste pas moins souriante et légère face à mon ancienne compagne. Cela faisait effectivement longtemps, et le temps avait bien passé depuis. Mais nous revoir ravivait certains souvenirs. Majoritairement agréables, il fallait l’avouer. J’observais les traits de son visage et la grâce particulière qui émanait de ses mouvements.

"Je vais bien, et j’espère que toi aussi. Cette soirée nous réserve bien des surprises. Et d’autres sont à venir, je n’en doute pas."

Le baiser fut plus un jeu qu’autre chose, surtout après ce que j’avais vu de son approche avec Miranda. Pas besoin de me retourner pour imaginer que ces retrouvailles n’ont pas laissé Lotte de marbre. Elle n’a pas changé complètement, après ces années. Et cela m’amusait, je dois le reconnaître. Mais pas au point de m’obséder, ni de m’accaparer complètement ma soirée. Elle et moi, c’était après tout une ancienne histoire et bien des choses avaient changé depuis Paris. Cela dit, je me réjouissais également de découvrir qui elle était devenu, et il serait sot de nier qu’elle attirait toujours mon regard, d’une certaine façon. J’aurais dû lui demander comment se portait sa fiancée.

La suite de la soirée arriva alors, et notre petit groupe féminin atterrit dans une nouvelle salle, faite majoritairement de jeux d’ombres. L’apparition des deux jeunes femmes aux bougies ainsi que leur énigme éveille mon intérêt, mais je me contente de suggérer une piste, avec mon enthousiasme de parade. Une voix me glissa cependant les mots auxquels je songeais fort justement, et je me retournais pour faire face à la sœur d’Angie. Tiens tiens.

"C’est une proposition originale et intéressante. J’aime ta philosophie." répondis-je en hochant la tête, un sourire plus sérieux et doux. Puis, j’ajoutai sur un ton plus joueur : "Mais as-tu alors déjà pu tester l’enfer et le paradis ?"

Difficile d’ignorer le regard de Lotte sur nous, même sans le voir. Ma foi, c’est un jeu qui peut se jouer à plusieurs. C’est alors que Charlie prit la parole pour répondre à l’énigme, et je remarquais pour la première fois la mèche folle dans sa chevelure claire. Je fronçais légèrement les sourcils. Pourquoi est-ce que cela me donnait une désagréable sensation ? Les réponses des deux jeunes femmes me tirèrent cependant de mes pensées, alors que la porte du paradis –dommage ?- s’ouvrait à nous.

Néanmoins intriguée, je suivis le reste de la procession, tout en prenant soin de rester auprès de Death, qui m’intriguait tout autant. Je descends l’escalier sans aucune hésitation, même si une étrange sensation me parcourut l’échine. Ou peut-être n’était-ce que la température qui se rafraîchissait de plus en plus au fur et à mesure que nous descendions.

"J’ai l’impression d’être Perséphone descendant aux enfers." murmurai-je tout bas à l’attention de la sœur d’Angie et avec un petit sourire malicieux. Ironique, alors que nous étions sensées avoir pris la porte du paradis, non ? Je profitai de la marche pour demander à la jeune femme, toujours sur un ton amusé mais néanmoins poliment curieux : "Ai-je le droit de demander pourquoi Death ?"

Le nom voulait à la fois tout dire, mais également rien. Finalement, après une marche longue, nous arrivâmes à une porte. Et, après des félicitations, cette dernière s’ouvrit pour dévoiler un spectacle surprenant. Une autre réception, souterraine mais encore plus animée. Mon visage s’illumina, mais mon regard balaya professionnellement l’assemblée, y reconnaissant quelques visages connus. Dont celui de la duchesse. Son petit discours d’accueil laissa suggérer que tout ceci était une sorte de réunion secrète entre femmes. Et où nous avions une place à prendre, sans savoir encore laquelle. Mais avant d’avoir plus de détails, nous avions désormais un peu de temps pour faire connaissance.

Une dénommée Lisbeth s’avança alors, nous révélant qu’elles avaient dû passer également par cette épreuve. Intéressant. Mon verre d’hydromel toujours dans ma main, presque intouché, je refusais la nouvelle tournée avec un sourire. La suggestion de la scène m’anima cependant, et je déclarai avec enthousiasme en levant une main :

"Je m’autorise à commencer !" Je me retournais vers Death, lui lançant un clin d’œil pour signifier que nous continuerons notre discussion plus tard. Tout en avançant, je remarquais cependant avec surprise l’apparition de nouvelles têtes que je n’avais pas remarquées jusque-là. Et pour cause, il s’agissait de personnalités décédées. Quelque peu perplexe, je reconnus le visage ptoléméen de Cléopâtre, ainsi que d’autres grandes dames. Visiblement, la Duchesse avait les moyens de ses ambitions. Secouant légèrement la tête pour me remettre de cette découverte, je montais sur scène en affichant un air enjoué. Je m’approchais du micro central.

"Bonsoir à toutes ! Je suis heureuse d’inaugurer cette scène, et je dédie tout particulièrement cette prestation à notre hôte de la soirée, qui a su nous réserver de nombreuses surprises. Merci de son invitation." Mon regard se posa quelques instants sur la Lampeduzza, avant de reprendre, avec un sourire un peu plus doux : "C’est une chanson que je dédie également aux rêveuses, et je ne doute pas qu’il y en a parmi nous."

Saluant le public, je me retirais ensuite vers le piano. Après avoir élégamment, et d’un geste expert, retiré mes chaussures, je m’installais devant le clavier. Mon visage avait pris un air plus serein, et le garda alors que mes mains tombèrent sur les touches pour faire résonner les premières notes d’un air doux et mélancolique. Ma voix s’éleva alors avec douceur :

"All I do is dream of you
The whole night through
With the dawn I still go on
Dreamin' of you...
"


Mes doigts caressaient doucement le piano, et je sentis les traîts de mon visage s’adoucir naturellement, plongés dans la musique. Je terminais les dernières notes avec un petit sourire, avant de remettre mes chaussures et d’aller saluer mon publique en retrouvant une démarche et une expression trop enjouée après ces instants de pause musicale. Après quelques salutations, je finis par redescendre, laissant la place à d’autres, et curieuse d’aller à la rencontre de toutes ces femmes. Puisque nous étions là après tout pour cela. Et pourquoi pas croiser une grande figure historique du féminisme ? Quoique la perspective de taquiner Lotte ; de surveiller Miranda, Charlie et Delight ; de retourner voir Death pour en apprendre plus sur elle ; de causer avec la blonde aux cheveux courts ou avec les autres invitées illustres ; c'était également d'intéressantes idées.
Persona
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Jeu 28 Avr 2016 - 19:58
L'hydromel coulait à flots, du moins était-ce l'impression qu'il me donnait. J'avais accepté avec plaisir celui que m'avait tendu Charlie, qui ne semblait guère apprécier le breuvage. Pour ma part, j'avais accepté de m'en régaler avec un vif plaisir, acceptant pleinement les effets qui l'accompagnaient. Je me livrais rarement à des accès d'alcool, et m'interdisait les substances à même de modifier mon état d'esprit et le contrôle que j'avais sur moi-même ; avec mes pouvoirs, je ne préférais pas courir le moindre risque. Mais la présence de Nikolas signifiait que pour cette nuit au moins, ce ne serait pas un problème dont j'aurais à me soucier. Je n'avais pas encore aperçu la duchesse, mais je savais qu'elle était dans les parages. J'avais perdu ma connexion avec la Famille aussitôt arrivée à la soirée, et c'était sans doute là l'effet le plus déstabilisant de l'absence de mes dons. Lorsqu'on était en contact permanent -même de manière diffuse- avec trois autres personnes, le voir coupé ainsi demandait toujours un temps d'adaptation. D'autant que ça ne manquait pas de me faire songer à Desire, la disparue avec qui le contact s'était mystérieusement rompu il y a bien longtemps de cela... Je ne pouvais donc m'empêcher de ressentir une légère appréhension, même si je savais bien que mes frères et ma sœurs ne couraient pas de danger. Au moins pouvais-je garder Death dans mon champ de vision ; elle semblait s'intéressait de près à Dahlia, les deux femmes conversant à voix basse. Voilà qui ne m'étonnait pas outre-mesure : c'était tout-à-fait le genre de personne qui allait intriguer ma grande sœur.

« Non seulement j'ai testé l'un et l'autre, mais en plus j'en redemande. Tout est plus intéressant qu'un éternel purgatoire. Le meilleur aura toujours été de concilier les deux : beaucoup de gens se trompent en les considérant mutuellement exclusifs. » Si elle s'était aperçue de la curieuse tension qui semblait régner entre Dahlia et la jeune danseuse que je ne connaissais pas encore, elle ne s'en formalisait pas. Elle ne prit pas non plus la peine de réfléchir à la question de son nom ; elle avait le chic pour se comporter avec la plus parfaite des inconnues comme si elle était en réalité une vieille amie de toujours. De son point de vue, il n'y avait aucune barrière. « Tu as le droit de me demander tout ce que tu veux. Voilà longtemps que je ne me rappelle plus du nom qui m'a été donné à la naissance ; de toute manière, il pouvait difficilement être aussi intéressant que celui-ci. J'aime l'idée que nous puissions nous donner notre propre nom, plutôt que de dépendre de celui que les autres nous auront attribués. Et pourtant, bien peu de gens s'accordent ce privilèges ; cela m'a toujours paru étrange, tout en disant beaucoup sur notre condition. Quant à Death, je crois que j'ai eu envie de réhabiliter un concept qui a bien mauvaise réputation. Après tout, il y a des guides de lecture qui en font une représentation du changement plutôt qu'une sinistre finalité. Ou alors, je ne suis jamais vraiment sortie de ma période rebelle, va savoir. » Elle ponctua sa phrase d'un haussement d'épaules et d'un regard malicieux.

De mon côté, j'étais contente de voir que ma petite gaffe n'avait pas eu de conséquences. Ou peut-être que ça n'avait pas vraiment été une gaffe. Je n'étais pas intoxiquée au point de ne plus savoir ce que je racontais, et puis c'était là typiquement le genre d'événement où je me plaisais à paraître plus légère que je ne l'étais réellement. Je n'avais que peu d'affection pour les soirées guindées, et aucun amour pour le cérémoniel. Si les gens préféraient me prendre pour une jeune femme un peu écervelée, grand bien leur fasse ; ceux qui sous-estimaient autrui aussi facilement étaient de toute façon rarement intéressants, et je doutais que cette description s'applique aux invitées présentes. Pas si Nikolas Cnossos se montrait toujours aussi sélective. En tout cas, je reconnais bien là son affection pour le décorum. A Rome, fais comme les romains, disait-on. Pour le moment, je n'y voyais pas de réel inconvénient. Tandis que la porte s'ouvrait enfin et que notre petite procession se mettait en route, je m'approchai de Charlie, qui avait preuve de sagacité concernant l'énigme. Je n'étais pas spécialement surprise ; après tout, j'essayais moi aussi de ne pas sous-estimer mon entourage. Et puis l'esprit de Charlie cachait bien des choses derrière sa personnalité enthousiaste ; il n'y avait pas que son régime en sucres qui était riche.

« Belle trouvaille! » la félicitai-je avec un sourire. Je la connaissais depuis peu, mais je l'aimais déjà beaucoup, et je ne pouvais plus imaginer mon diner sans elle. Je lui pris joyeusement le bras en riant, alors que je manquai de trébucher sur ma robe. « Je n'ai plus l'habitude de ces trucs-là... Dis-moi, tu ne serais pas en train de...euh, changer de couleur de cheveux ? » Je soulevai sa mèche d'un doigt, intriguée. Le phénomène ne pouvait être totalement naturel ; aucune teinture ne pouvait disparaître aussi vite. Et puis il y avait quelque chose de légèrement différent chez elle, tout à coup ; on le devinait au détour d'une expression, d'un mouvement, d'une lueur dans le regard. Comme quelque chose d'imperceptible qui se cachait sous la surface. Un don de prodige qui réagissait à...quelque chose ? Voilà qui était étrange, surtout avec les pouvoirs de Nikolas...

En parlant de la louve, voilà qu'elle se révélait enfin à nous. Nous arrivâmes dans le cœur d'un sanctuaire de pierre, à la lueur tamisée qui invitait aux conversations intimes ; une scène trônait dans ce décor étrange, entourée d'autres invitées. Ne me souciant pas de la vie mondaine, je n'en reconnus pas, ou du moins aucune sur laquelle je pouvais mettre un nom. Si ce n'était Nikolas, bien sûr...et plusieurs femmes dont l'une des principales raisons de leur célébrité -outre leurs accomplissements- était leur mort. De Sarah Bernhardt à Marie Curie, nous étions en bien bonne compagnie. Je jetai néanmoins un regard appuyé sur le fond de mon verre, comme si je me demandais s'il ne s'y était pas caché quelque chose d'encore plus fort que je ne l'aurais cru. Mais je savais pertinemment que je n'avais pas des visions, tout comme je savais également que la duchesse ne ressuscitait pas les mortes. A ma connaissance, voilà bien un pouvoir qui n'avait jamais été reconnu chez aucun prodige. Et à moins que la technologie androïde se soit développée de manière considérable pendant mon exil puis ma capture, il devait pourtant s'agir de quelque chose dérivant de l'utilisation de dons. Un prodige en était certainement à l'origine d'une manière ou d'une autre, loin du champ d'action de Nikolas. Des créations artificielles éphémères, peut-être, ou des illusions perfectionnées. En tous les cas, le réalisme était saisissant, au point qu'il semblait possible de se lancer dans une discussion à bâtons rompus avec n'importe laquelle de ces fameuses apparitions. Je vis que Death s'était contentée de les ignorer totalement ; elle avait toujours préféré se concentrer sur les vivants, n'accordant que peu d'importance à de telles simagrées. Et puis, quand on avait rencontré la plupart de ces femmes en chair et en os, l'expérience perdait de sa superbe... Nous échangeâmes un bref regard, qui nous confirma à toutes les deux que nous pensions à la même chose : ce spectacle nous rappelait fortement les capacités d'un ami commun. Peut-être un prodige doté d'un même contrôle des illusions qu'Anima. A priori, je voyais mal Nikolas faire appel à un homme pour ce qui semblait être une soirée exclusivement féminine ; mais d'un autre côté, elle savait s'entourer des meilleurs. Il me faudrait en avoir le cœur net ; vu les sombres pensées qui nourrissaient mon vieil ami en ce moment, je n'étais pas sûr que Cnossos soit la meilleure influence pour lui s'il était réellement derrière ce théâtre plus vrai que nature...

Ignorant moi aussi les fantômes, je préférai m'approcher de la maîtresse des lieux. Je voulais lui présenter mes respects dans les règles de l'art, et peut-être essayer d'en apprendre plus sur certaines choses. Je m'inclinai brièvement, avant de prendre la parole :

« Voilà bien longtemps que nous ne étions vues, Nikolas. Je sens que l'âge n'a pas émoussé votre esprit, mais je n'en aurais jamais douté. Je vous remercie pour l'invitation, ainsi que pour l'accueil. La soirée prend une tournure des plus...intéressantes. Considérez ma curiosité piquée, c'est certain. Mais dites moi... » J'indiquai Marguertie Duras, qui semblait en pleine conversation avec une convive. « Comment faites-vous cela ? Je dois dire que le réalisme est saisissant. Voilà qui me rappelle les talents d'un vieil ami de ma famille, qui aura su lui aussi traverser les âges... »

Ce n'était pas une approche très subtile, mais je n'avais jamais été très réputée pour l'être. Et tandis que je questionnais Nikolas, je pouvais entendre la voix de ma sœur, qui avait succédé à Dahlia sur la scène, qui nous avait gratifié d'une très belle performance. C'était fou comme elle semblait devenir quelqu'un d'autre lors d'une représentation, pour redevenir aussitôt après une véritable énigme. Quant à Death, elle avait toujours aimé chanter, et on avait le temps d'apprendre deux ou trois petites choses lorsqu'on vivait aussi longtemps. Elle n'était pas du genre à ressentir le besoin d'impressionner qui que ce soit en tout cas ; Dahlia avait simplement dû lui donner envie de s'accorder ce petit plaisir. Voilà longtemps que je n'avais pas entendu sa voix accompagner sa musique, et j'en étais heureuse.

I want to wake up in the morning
with that dark brown taste
I want to see some dissipation in my face
I wanna be evil, I wanna be mad
But more that that I wanna be bad


Au choix de sa chanson, je ne pus cacher un sourire amusé, et j'applaudis avec d'autres lorsqu'elle quitta la scène pour rejoindre les invitées.

Quelque part, j'avais l'impression que la soirée venait enfin de véritablement commencer.
Delight
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Sam 30 Avr 2016 - 11:11
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« L'exposition attend son lot de dignitaires, mais il fallait s'y attendre. L'ambassadeur chinois sera là ; ce n'est pas un secret que l'on attend beaucoup de nos relations avec la République Impériale. »

Andrea aurait beaucoup à faire pendant l'événement, et elle n'aurait guère le temps d'en profiter : pour elle, cela représentait surtout du travail supplémentaire. Percy avait profité de son récent voyage pour commencer à poser les bases d'un lien solide avec la Chine, et c'était à elle de faire le reste. Du moins d'un point de vue officiel. Mais ce soir, elle était surtout concentrée sur les manigances de Nikolas, et le terme utilisé par la chasseuse de têtes ne manqua de l'amuser : des proies, voilà ce qu'étaient la plupart des gens pour la duchesse. Elle n'était pas certaine d'aimer l'idée de faire partie du lot, et commençait sérieusement à se dire que leur hôtesse se faisait désirer. A combien de simagrées allaient-elles encore devoir se livrer avant d'en arriver au but de la soirée ?

De son côté, Miranda se demandait encore comment réagir face à Nikiya. Lorsqu'on approchait des doigts de sa bouche sans lui avoir demandé avant, son premier réflexe était de les mordre un bon coup et peut-être d'en arracher un ou deux au passage, des fois qu'il s'agisse d'un danger. Mais voilà qui aurait sûrement fait désordre en une telle soirée, et elle n'avait pas réellement été agressée. Pour dire vrai, elle était légèrement déstabilisée par le geste un brin provocateur. De plus, il y avait manifestement une sorte de tension entre la danseuse et Dahlia, et elle avait la désagréable impression d'être utilisée d'une manière qu'elle ne comprenait pas vraiment. Elle avait beau s'y être elle-même livrée au nom d'une mission, dans le cadre d'une telle soirée voilà qui lui paraissait bien plus étrange.

« Je ne sais pas ce qui s'est passé entre mon amie et vous, mais je n'apprécie pas qu'on s'immisce dans mon espace vital sans y avoir été invitée. » grogna-t-elle. Il était plutôt difficile d'être menaçante avec un chou à la crème dans chaque main (Miranda prévoyait des réserves), mais la blonde aurait réussi à être menaçante un poulet en plastique dans la main. Son premier instinct était de se ranger du côté de son amie, et de considérer toute intrusion comme une attaque. Elle ne gagnerait rien à se montrer encore plus désagréable, cependant, d'autant qu'elle devait bien avouer que la danseuse n'était pas désagréable à regarder. Seulement, elle ne savait pas comment s'y prendre et elle avait peur de faire une gaffe, ou d'avoir laissé son côté peste prendre le dessus plus que nécessaire. Elle se décida pour un sourire un peu maladroit : « Désolée, je ne suis pas exactement...à l'aise dans ce type de soirée. Je suis Miranda. »

Elle n'eut pas l'occasion de continuer, une porte s'ouvrant pour les mener plus loin dans la demeure. Les invitées s'y engagèrent à la suite de celles qui connaissaient le chemin, et Miranda comme Andrea prirent note du changement de cadre, avisant notamment l'absence de surveillance ; du moins de surveillance évidente. Quant à Agrafena, elle suivait le mouvement en babillant joyeusement avec l'une ou l'autre convive. Lorsqu'elle aperçut enfin Nikolas, Andrea se dirigea droit vers elle d'un pas vif, n'hésitant pas à interrompre la brune qui lui parlait déjà. Elle n'avait vraiment pas de temps à perdre avec toutes ces histoires...

« Cnossos ! Enfin ! Tu as toujours su te faire désirer. Est-ce qu'on pourrait enfin savoir de quoi il s'agit, ou est-ce que le cirque va continuer encore longtemps avant d'arriver au clou du spectacle ? Je n'apprécie nullement qu'on essaie de me droguer d'une manière ou d'une autre, et je n'ai pas la patience pour ces petits jeux. Qu'est-ce que tout cela signifie ? Qu'est-ce que tu espère obtenir en nous réunissant toutes ici, avec ces... je ne sais pas ce qu'elles sont, mais elles ne peuvent certainement pas être réelles. »

« J'ai toujours regretté de ne pas avoir rejoint de sororité. »
lança joyeusement Agrafena. « Bonsoir Nikolas, belle fête ! »

Tandis que l'aînée foudroyait sa cadette du regard, Miranda était occupée à passer la salle et les personnes présentes en revue, toujours à la recherche d'issues et de dangers potentiels. Et, accessoirement, de nouveaux choux à la crème. Elle écouta la chanson de Dahlia avec plaisir, touchée par sa prestation. De son côté, il faudrait l'y reprendre à deux fois avant qu'on la surprenne à pousser la chansonnette... Elle avisa Marie Curie qui passait à côté d'elle, se demandant comment une chose pareille avait pu être réalisée ; la soirée était décidément de plus en plus bizarre... Elle hésitait à aller retrouver Dahlia ; elle n'était pas du genre à causer avec des inconnues quand elle pouvait l'éviter. Il y avait Nikiya aussi, qui avait réussi à l'intriguer ; mais elle comptait sur la danseuse pour la retrouver si cette dernière en avait l'envie. Elle doutait que qui que ce soit puisse se mettre en travers de sa route, de toute façon...
Percy
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Dim 8 Mai 2016 - 20:52





SCENARIO


"E la Regina"

Rix avait eu une moue intéressée lorsque Death lui avait fait savoir ce qu'elle avait comme petit bijou à moteur. Bien que les Harley ne fussent pas son type, elle trouvait néanmoins que certaines de ces motos étaient des beaux modèles. L'heure n'était pourtant pas encore à ce genre de discussion, puisqu'elles s'étaient retrouvées bien rapidement à devoir retourner à l'intérieur. La femme qui avait tentée de la foutre à la flotte, se permis de l'appeler par son nom, alors qu'elles ne se connaissaient ni d'Eve, ni d'Adam, ce qui ne manqua pas de rendre méfiante notre agent. Elle n'aimait pas quand les choses n'allaient que dans un sens. Elle n'eut pourtant pas vraiment le temps d'en dire plus.

Comme elle avait décidé, elle resta à l'écart pour la partie énigme et observa tout ce petit monde se démener, enfin une partie. Car il semblait qu'une partie de cette petite équipe, semblait ne pas prendre tout cela au sérieux. Ce qui ne manqua pas de faire se demander à Gabrielle, si Nikolas n'était pas en train de lever les yeux au ciel en voyant ce cirque.

Ce fût donc la demoiselle qui semblait la connaître d'une façon ou d'une autre - qu'elle avait d'ailleurs observé d'un oeil, cherchant dans sa mémoire où elles avaient pu se rencontrer. Ou pourquoi elle lui disait quelque chose. Sa tête pourtant ne lui disait vraiment rien, mais il y avait quelque chose chez elle... qui l'interpellait, sans qu'elle puisse vraiment mettre le doigt dessus. - qui avait trouvé la réponse à la question. C'était bien pensé, un simple sourire marqua un instant les traits de la profileuse, oui c'était bien joué.

Laissant une partie des dames passer devant elle, elle ferma presque la marche en suivant la procession, toujours un peu sur ses gardes, comme Miranda d'ailleurs, elle remarqua bien que la garde du corps de Percy ne semblait pas plus à son aise qu'elle. Le voyage dans l'obscurité n'était pas réellement pour lui plaire. Quelque peu claustrophobe, Kreizler n'aimait pas cette sensation d'enfermement et espérait sortir rapidement de là. D'un revers de la main, elle s'essuya quelques gouttes qui perlaient à son front.

Se retrouver dans la nouvelle pièce ne manqua pas de lui faire lever un sourcil, même si finalement... elle n'était pas plus étonnée que cela. Pourquoi? Parce qu'elle avait déjà eu le droit de voir que cette bâtisse contenait des pièces bien spécifiques. Étonnamment, cet endroit lui plaisait déjà plus. Sans doute par le fait qu'elles pouvaient être plus à l'aise, ce qui lui fit amèrement regretter de ne plus avoir son sac à dos sur l'épaule, afin de se passer un jeans et un haut plus approprié que cette robe.

Finalement, la Duchesse les avait accueillie, elle avait écouté avec attention et l'avait salué d'un léger signe de tête quand leurs regards s'étaient croisés, avant de remercier la nommée Lizbeth pour le verre, qu'elle accepta et bu aussi rapidement que le premier, avant de s'éloigner de la place d'accueil, pour faire un peu le tour, curieuse, comme elle savait si bien l'être, surtout intriguée par ces figures historiques qui apparaissaient ici et là. Cherchant à savoir comment une telle chose pouvait se produire.

Rix tout à son habitude, ne s'adressait à personne, n'aimant guère se retrouver dans ce genre de situation, son côté associable se montrait sous son plus beau jour dans ces conditions. Même si elle ne ratait rien de ce qu'il se passait autour d'elle. Finalement, elle rejoignit le bar, pour se servir un verre de scotch. Autant en profiter, elle levait son verre vers les chanteuses, quand ces dernières descendaient de scène, après tout, il y avait des talents dans cette fine équipe. Et à cette vitesse, il faudrait une nouvelle bouteille...

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Rix
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Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
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Lun 9 Mai 2016 - 17:21


E la Regina
Ma réponse, même lancée en mode YOLO, c’est la bonne. Je le sais, même si je sais pas pourquoi je le sais. Alors quand Lotte vient me voir moins sure que moi, je la rassure d’un petit « hon » en posant mes poings sur mes hanches. Je suis sure de chez sure que c’est la bonne déduction. Même si elle comprenait qu’on puisse remettre en doute sa parole face à son comportement toujours un peu… extrême. Elle n’était cependant pas la seule à avoir des manières bien étranges. Après tout, sa première rencontre avec la demoiselle qui venait de l’interpellé avait été pour le moins… intéressante. Mais je suis qui pour juger. Surtout qu’on peut pas dire que je sois l’exemple le plus parfait d’occidentalisme ! Et puis de toute façon, on tarde pas à nous montrer que c’était la bonne réponse. Ou question, plutôt. Qu’importe, paradis nous voilà !

Et ça commence bien, j’ai droit à un calinou d’Angie ! Qui manque de se transformer en roulé-boulé en duo. Si elle elle a pas l’habitude de ces trucs, qu’est-ce que je devrais dire ? C’est tellement mieux de se balader en short ou en costume de mascotte que dans ces cages à oiseaux ! En tous les cas, on évite la roulade et elle me félicite de ma trouvaille. Alors je la serre dans mes bras aussi. Et faut avouer, je suis toute fière de pas m’être trompée. Ça aurait été assez ballot sinon quand même. Mon ego surdimensionné en aurait pris un sacré coup ! Mais surtout, je me demande ce qu’il serait arrivé si on avait gardé la question des filles sur la boisson. Quoiqu’il en était, lorsque sa patronne releva une de ses mèches pour lui montrer que ceux-ci commençaient à violemment changer de couleur, elle haussa simplement des épaules. Sa réaction habituelle eut été de lancer un « Whut ? » assez perceptible mais quelque chose en cette demeure, l’en empêchait quelque peu. Une chose étrange qui semblait toucher à l’impossible. Toutefois, elle suivit sans broncher la petite assemblée. Le couloir était sombre mais elle n’en avait pour le moment pas cure .Ce ne fut qu’à la moitié du couloir que ses instincts revinrent.

▬ Brrr ! Ça devait être le paradis..

J’agrippe un bras qui traine par là et je le serre un peu. Je crois qu’il appartient à une grande blonde*, mais je suis pas sure. J’ai pas pris trop le temps de regarder. J’ai jamais été trop rassurée par le noir. On sait jamais trop ce qu’il peut se cacher dedans !! Alors je serre le bras et je cache mon visage tout contre, histoire que ça passe plus vite. Après tout, le noir disparait, quand on ferme les yeux ! C’est le seul truc pour lutter activement ! Heureusement pour moi, on finit par atteindre le bout du tunnel. Et là-bas y a de la lumière. Masse de lumière en comparaison. Et on est accueillies par une dame qui ressemble vachement à la sorcière de contes de Grimm. A croire qu’il s’est inspiré d’elle ! Ou alors peut être que c’est vraiment l’image de la sorcière de cette société ? En tous cas, elle a l’air marrante. Ensuite c’est Dahlia qui se lance pour un toast. Un toast, tiens mais c’est que je commence à avoir faim moi… Je jette des coups d’œil furtif pendant qu’elle parle, à la recherche de plateaux comme on avait en haut. Mais pour le moment, je les repère pas. Je ramène donc mon attention vers ma coupine, qui s’est mise au piano ; Si c’est pas trop la classe ça ! Je commence donc à me dandiner près du piano. Au rythme de la musique. Avant de repérer parmi les dames présentes dans la salle, une héroine.

▬ Marie Antoinette ? En chair et en os ? Toute vivante ? Bejesus, no way !

Ni une ni deux, je trottine vers elle sans plus rien écouter et je la regarde avec de grands yeux tous pleins d’étoiles. Quand elle se retourne vers moi, j’hésite à lui attraper les mains en signe d’admiration. Puis au bout d’une minute à la regarder comme une tebe, je le fais. Et elle me sourit ! Il serait alors possible de se demander pourquoi elle adulait autant une personne connus pour ses penchants pour le luxe et la coquetterie. La réponse était en réalité des plus simples : la pomme de terre ; Croyez-le ou non, mais cette dame à jouer un rôle déterminant dans la popularisation de ce tubercule. Du temps où elle avait toute sa tête, du moins. Sa réaction face à la petite dont les cheveux n’étaient plus si blonds que cela fut bienveillante. Car s’il était un trait de caractère peu reconnu de cette dame, il s’agissait bien de celui-ci. Ceux qui l’avaient vu jouer à la bergère l’avait trouvé hypocrite mais elle avait toujours été sincère, quand bien même naive. C’était par cette facette qu’elle ressemblait à la petite prodige dont les yeux brillaient. La discussion dura ainsi quelque minute, avant qu’elle ne soit happée par d’autres conversations. Elle s’excusa donc et laissa la petite avec une envie étrange. Qui disait patate, disait vodka et qui disait vodka disait alcool. Et cela n’était pas de refus. Elle qui avait refusé de boire les différents breuvages alcoolisés qui lui avaient été présentés, voilà qu’elle avait l’envie de vider une bouteille ou deux de bon whiskey comme tout bon irlandais.

Au bar se présentait un visage plus familier et dont l’idée semblait avoir parcouru le même chemin. Elle s’approcha donc, les cheveux désormais aussi sombre que le hêtre. Elle pris un verre a son tour et le vida avec une descente consternante de facilité. Puis elle se tourna, un second verre à la main, vers la silhouette qu’elle avait salué plus tôt dans la soirée.

▬ J’espère que vous serez d’attaque pour bosser demain, si vous enchaînez les verres, Kreizler.

Son regard se déplaça sur le reste de la salle observant tout un chacun vaquer à leur occupation,. Elle repéra bien vite un autre personnage qu’elle irait saluer plus tard. Gerda Wegner.
La aussi j’avais une bonne raison de la trouver trop cool ! Après tout, c’est une des premières à avoir peint homme et femme comme une seule entité. Elle pourrait surement comprendre mon… problème. Qui allait rapidement devenir le manque de sucre si j’en avalais pas vite ! Heureusement pour moi, y a une sucrière sur le bar. J’en prends quelques cuillères et je les fous dans ma boisson. Sacrilège dirait certains ?

*Miranda


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If opposites attract we must be the exact same person.
 

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Mar 10 Mai 2016 - 23:03
Nikiya s'amusait toujours intérieurement des réactions que suscitait son comportement délibérément provocateur et un brin aguicheur.
Elle s'amusait de ce batifolage sans conséquence, qui n'était, au final, qu'un jeu entre elle et sa proie. Exaltée par la tension électrique du flirt, des œillades et des rires complices, elle se délectait plus encore, et avec un certain plaisir mesquin, des joues rosissantes, des regards qui se détournaient pour dissimuler un malaise, des mots à demi-balbutiés par toutes ces petites saintes nitouches persuadées que seul un mâle, un vrai, pouvait les mettre dans de tels émois et qui ne comprenaient qu'à moitié ce qui leur arrivait tandis qu'elles tombaient dans les filets de la ballerine et succombaient à ses charmes plutôt persuasifs.
Fine prédatrice, elle savait repérer et choisir ses cibles et, en cela, il était rare qu'on ose seulement lui résister. Alors, lorsque la grand blonde parfaitement moulée dans sa robe rouge la recadra sèchement avec un air qui n'invitait pas à la réplique, Lotte resta parfaitement muette pour une seconde. Hésitant, sous le coup de la surprise, entre rire aux éclats et être véritablement intimidée, elle se contenta de dévisager son vis-à-vis avec un air de prise au dépourvu, les yeux légèrement écarquillés. Elle n'avait pas l'impression d'avoir franchi une limite mais à voir la réaction de la blonde, elle se posa la question.
Elle allait présenter ses excuses avant de se retirer, mais il fallait croire qu'on ne pouvait en vouloir trop longtemps à son joli minois et la demoiselle -drôlement prompte à s'enflammer- la devança. Elle se présenta sous le prénom de Miranda et lui avoua son malaise quand à la soirée. Lotte n'eut le temps que de lui sourire en se présentant à son tour avant que les festivités ne prennent le tour qu'on leur connaît.

Voilà que les invitées remontaient un couloir dans la semi-obscurité avant de descendre dans l'antre de la demeure. Étrange conception de la position géographique du Paradis.
Nikiya avait fini d'un seul trait le contenu de la coupe qu'on lui avait offerte avant même de franchir la porte dérobée et resta silencieuse pendant toute la descente. Elle se laissait bercer par les sensations étranges qui s'emparaient de son corps. L'alcool (si c'était bien cela) réchauffait son corps tandis qu'autour d'elle, les degrés semblaient chuter sensiblement à mesure du parcours. Elle se sentait incroyablement légère mais sa tête était plus lourde, ses pensées plus confuses. Ou peut-être justes moins nombreuses. Autour d'elle, les ombres étirées et vacillantes à la flamme des bougies qui se reflétaient sur les murs de roches lui donnait l'intime impression qu'elles n'étaient pas seules. Instinctivement, elle posa le bout de ses doigts sur le murs le plus proche d'elle, les laissant glisser sur la pierre rugueuse à mesure qu'elle avançait, comme pour garder un lien avec une certaine réalité, celle de la fraîcheur minérale, et s'ancrer dans ce monde.
Le vide à l'intérieur d'elle était plus perturbant que jamais et pourtant, elle était dans l’insouciance de la substance qui circulait dans son organisme. Après de longues secondes a écouter les conversations ça et là qui s'élevaient du petit groupe, elle put percevoir la rumeur de la fête. La musique, les rires joyeux lui parvient et déjà elles furent accueillies par des félicitations, des rires, des conversations.

Lotte embrassa la nouvelle pièce du regard sans savoir où fixer ses yeux. Le décors était aussi somptueux que chaleureux, mais tout droit sorti d'un autre temps. Ici aussi, il n'y avait que des femmes, mais la danseuse avait depuis longtemps compris qu'il n'y aurait aucun homme ce soir et l'ambiance était d'autant plus enivrante que tout le monde était parfaitement à son aise. Nikiya s'étonna de reconnaître plusieurs visages parmi la foule, des personnalités le plus souvent croisées lors de gala à l'Opéra.
Son attention finit par se poser sur l'hôte de la soirée qui les honorait enfin de sa présence. La duchesse de Lampeduza. Un frisson parcouru la nuque de la ballerine alors que la vieille femme venait à leur rencontre. Elle semblaient à la demoiselle encore plus impressionnante que la première fois, avec ses manières impeccable, sa mise aussi simple que soignée, son regard sombre qui semblait pouvoir lire dans les âmes.
Cependant, notre protagoniste n'eut le temps de se questionner d'avantage sur les paroles de « bienvenue » de la duchesse qu'elle se trouvait de nouveau avec une coupe d'hydromel entre les mains.
Elle observa encore un peu le liquide, comme si elle eut pu y déceler ce qui le composait, avant d'en boire une longue gorgée. Elle prenait goût à cette substance amer et sucrée à la fois. Balayant de nouveau la grande salle du regard, elle imaginait que chacune des femmes ici présentes avaient été sélectionnées de la même manière qu'elles dix l'avaient été, qu'elles étaient passés par les mêmes épreuves. Seulement, une question tournait sans réponse dans son esprit : Pourquoi elles ?
Toute cette mise en scène un peu pompeuse tirait un petit sourire à la danseuse. Pourtant, elle trouait tout cela très agréable, libéré de toute présence et influence masculine. Des femmes qui parlaient de lettres, jouaient, se prélassaient, (re)faisaient le monde sans que n'interviennent le sexe soit disant « fort ». Plus que jamais, elles leur équivalaient.

Mais voilà que, sans vraiment qu'elle n'eut pu dire comment ni, à quel moment exactement, le nombre des convives s'était multiplié. Toutes ces femmes agissaient comme si elles avaient été présente depuis de début, seulement, Nikiya était formelle, ce n'était pas le cas.
Elle en eut la preuve lorsqu'elle reconnue Sarah Bernhardt ou encore Isadora Duncan. C'était impossible. L'étoile regarda à nouveau son verre avec un œil suspicieux. Elle hésita entre le finir d'une traite et le poser immédiatement quelque part encore à moitié plein. Le contexte voulu qu'elle garda la coupe dans sa main.
Partout où elle regardait, d'autres visages lui étaient familiers. Son esprit, sous le choc de voir ces femmes pourtant décédées, avait du mal à associer les visages familiers aux noms célèbres. Elle n'avait vu Elisabeth I qu'en peinture comment pouvoir être sûre, malgré la fidélité du portrait et l'étrangeté du costume, que cette femme au teint de lait était, effectivement, l'une des anciennes souveraines d'Angleterre ? Il en allait de même avec d'autres.
Le tableau en était à peine croyable. ces femmes ,du monde entier, en chaire et en os, dans leurs vêtements et parures d'époque... Nikiya cherchait des yeux les réactions des autres convives pour s'assurer qu'elle n'était seulement pas en train d'halluciner.

Presque heureusement, la voix de Persona s'éleva parmi la petite foule ici réunit et Lotte reprit un peu contenance. Elle regarda l'actrice se diriger avec une décontraction et une légèreté naturelle, vers le micro pour un bref mot à l'assemblée et à l'instigatrice de cette soirée.
Dans une évidence même, notre héroïne ne pu décrocher son regard de son ex, un fin sourire sur les lèvres et lorsque son amie termina son numéro, elle applaudit avec d'autre. La foule se dispersa un peu et tout le monde vaqua à ses occupations, cherchant un verre, un chou ou une nouvelle rencontre, parmi les vivantes ou les mortes.

Pour sa part, Lotte se laissa guider par on ne sait quel instinct - probablement né de la boisson. Elle quitta ses chaussures à talons, bien trop inadaptées à ses habitudes, pour les laisser dans un coin. Et tandis qu'elle avançait vers une petite alcôve vide, meublée de sofas aux coussins moelleux, ses pieds se réjouissaient du doux contact des tapis qui pavaient le sol. Elle s'installa ensuite dans un canapé, renversée, un bras négligemment jeté en arrière, avec la nonchalance des princesses arabes. Ses longs cheveux bruns venaient encadré son visage et chatouillaient ses épaules nues, la fraîcheur métallique du collier qui ceignait son cou était bienvenue. Elle n'avait pourtant presque rien bu...
Elle en profita pour observer avec un intérêt certain ce qui se jouait autour d'elle. Ici, Charlie qui s'exclamait de voir une reine française avec la tête toujours attachées à ses épaules, là, la plus taciturne de toute, prendre un verre pour le remplir d'elle ne savait quel alcool ambré, ou encore, plus loin là bas, les femmes discutant avec Nikolas.

Parmi toutes les femmes qui gravitait dans la pièce et autour d'elle -vision un peu égocentriste de par son statisme- Nikiya repéra la robe rouge de Miranda. Avec un large sourire sur les lèvres, elle lui fit un petit signe de la main. Salutation, ou invitation à la rejoindre.
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Mer 11 Mai 2016 - 18:16


Loïse Moore


    Abigaël avait refermé la file d’un pas prudent. Elle n’aimait pas les passages souterrains. Trop de souvenirs liés à la deuxième guerre mondiale s’y rapportait. Elle écoutait d’une oreille les remarques des autres femmes, sans pour autant montrer de réaction. En d’autres circonstances sans doute aurait-elle prit plaisir à entrer dans ces conversations. Ses premières observations l’avaient aidée à mettre un nom sur quelques-uns des visages. Surprenant que tant d’immortelles aient accepté de venir jusqu’à Édimbourg, pour une soirée mondaine. Quoique Strega était connue pour son pouvoir de persuasion.

    Enfin, la Sorcière se montra. Aby recula de quelques pas pour être dissimulée par d’autres silhouettes. Elle en profita pour jauger l’aristocrate de pieds en tête. Celle-ci était dans le même vaisseau qu’elle lui avait vu, deux décennies plus tôt. Elle avait vieilli et Aby en éprouva une sombre satisfaction. Le regard de la blonde dévia lentement sur la droite de la Duchesse. Son sang ne fit qu’un tour, lorsqu’elle vit la femme assise sur l’un des sofas.



    Mrs. Wang

    Le second verre d’hydromel connu le même sort que le premier. Aby bouscula une femme –Death- pour passer et rejoindre la Chinoise…
    -Pardon. Mais, la vue d’une certaine Margueritte Duras la coupa net dans son élan vengeur. L’apparition était si crédible que s’en était déroutant. Ce phénomène n’était pas sans lui faire penser à quelqu’un. Cela ne fit qu’accentuer son malaise. Elle avait du mal à imaginer qu’Anima soit du côté de Nikolas. Elle fouilla la pièce du regard sans avoir grand espoir de le trouver.

    Décidément… les inquiétudes de Tohum semblaient de plus en plus justifiées. Les Wang s’étaient donc alliés à la Lampeduza. Grâce aux recherches de François, ils savaient –Elias, Ava, et elle- que Natacha Nabov, l’une des collaboratrices de Sveda (et sa petite-fille), était séquestrée quelque part dans Londres. La Prodige avait été enlevé, parce qu’elle était la seule à détenir la clef. Celle qui permettait de décrypter les documents secrets du laboratoire de Catherine Kent. Aby bifurqua, en direction du bar, le temps de réfléchir à la meilleure façon de faire.
    -Saleté.

    Une certaine agitation gagnait la blonde. L’envie de se confronter aux deux vipères la taraudait. Car elle n’avait aucun doute. Sveda s’était effacée pour échapper à CES regards. Elles étaient responsables, plus ou moins directement, de plusieurs des malheurs qu’avait connus leur famille. Abigaël appuya son dos contre le bar et s’abîma dans la surveillance de l’épouse de Jao. À l’instant où cette dernière se leva du canapé, Abigaël se mit en mouvement pour croiser sa trajectoire.

    Les deux femmes se retrouvèrent « naturellement » côte à côte. Aby attrapa le bras de la dame avec une certaine poigne. Mrs. Wang la fixa avec un air confus, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse la forme de ce visage. Un air mauvais illumina ses yeux noirs. Elle voyait la même bouche chaque jour depuis 15 ans. Kim. Son exécrable beau-fils, dont elle rêvait de se débarrasser depuis le premier jour. Un sourire empli de fiel se dessina lentement sur ses lèvres peintes.

    -Discutons.

    - Ahaha. Discuter. Non. C’est inutile ma chère. Pourquoi ne profitez-vous pas de la soirée ? Tant que vous le pouvez encore… La nargua-t-elle en se libérant.

    -Ma nièce… où est-elle ? Insista Aby.

    -Je ne sais pas.

    De fait, comme l’avait justement souligné Percy, Jao tenait tout d’une main de fer.

    Une femme quittait tranquillement son alcôve pour venir à leur rencontre. Une autre venait du coin opposé. Malgré leur allure paisible, quelque chose chez elle les rendait intimidantes. Mrs Wang suivit le regard de la jeune femme et murmura d’un ton narquois :

    -Ne fait pas d’histoire.

    Les femmes entouraient maintenant Abigaël, chacun lui prenant un bras, comme si elles avaient été des camarades. Les choses se compliquaient. Aby n’avait que quelques secondes pour se décider. Elle avisa le dos de Strega et tenta le tout pour le tout :

    -NIKOLAS ! Rugit la jeune lionne.
Tohum
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Jeu 12 Mai 2016 - 21:07


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Liebeth

Impossible de connaître cette femme, à moins d’avoir vécu à Londres bien avant l’Ouragan. Pourtant, à son allure et sa façon de vous regarder, vous pouvez soupçonner chez elle une bonne dose de ruse.


Lizbeth et Andréas terminèrent leur discussion d’à point pendant que la suite de la soirée se préparait.

Ces dames furent donc invitées à se mettre à leurs aises. Elles le firent chacune à leur façon. À l’abri de caméras, mais du regard des complices de la maîtresse du lieu. Miss Keenan lorgna d’un œil amusé la langueur de la ballerine. Quant à O’Neal, elle observait les sœurs allégoriques tout en sirotant son morito. Peu de choses pouvaient échapper à la toile tissée par ces charmantes créatures.

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La Duchesse

Nikolas Lampeduza, l’hôte de la soirée, aristocrate et grande mécène du monde artistique, en particulier pour la peinture.


La Duchesse repartait avec élégance parmi les invitées. Elle rendit le salut à la jeune chanteuse qui venait d’investir la scène. Puis, elle avisa la femme qui venait vers elle. La politesse tailla un sourire sur son visage d’un naturel austère. Elle inclina du menton aux paroles de la Prodige sans âge.

Angelina… il semble qu’il a également préservé votre amabilité. Je suis ravie de vous revoir. Ravie aussi d’avoir « piqué » votre curiosité. Croyez bien que j’y attache grande importance. J’espère que votre Famille se porte toujours bien ?

Le regard onyx de la Lampeduza capta la présence d’Andréas, non loin. La membre d’une famille différente mais tout aussi intéressante. Bien qu’elle ait été amené à en côtoyé les filles, elle connaissait leur frère de réputation. Ces femmes possédaient une influence non négligeable sur l’Arche d’Édimbourg et même au-delà. Nikolas accueillit l’humeur de l’ambassadrice avec calme.

Ma chère ! Toujours à tempêter ! J’en n’en attendais pas moins de toi. Mais quel intérêt de tout te révéler maintenant ? Ne peux-tu simplement profiter d’une soirée, qui sorte un peu de l’ordinaire ? Agrafena. J’ai mangé chez toi la semaine passée. Succulents Parfaits.

Le chant de Death s’achevait à peine quand survint brusquement une perturbation.

-NIKOLAS ! Hurla une jeune femme à l’adresse Strega.

Au ton employé et à l’expression de son regard, il était facile de repérer une animosité. Les deux femmes qui encadraient Loïs Moore interrogeaient la doyenne du regard. Madame Lampeduza préserva un fasciée impénétrable.

Mesdames, je vous prie de m’excuser. Tout en s’avançant en direction de la perturbatrice, Nikolas croisa le regard de deux de ses acolytes dispersées dans la salle.

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Estelle

Estelle O’Neal, petite quarantaine, est tout à fait avenante. Son visage vous évoquera sans doute quelque chose si vous êtes allées au théâtre ces temps derniers, où elle joue des seconds rôles.


Estelle O’Neal hocha discrètement du chef et se rendit sur la scène. Elle régla le micro, donna trois petits coups sur l’objet. Madame ainsi que Miss Moore, quittèrent la pièce, escortées par les comparses orientales. La charmante artiste entonna avec jovialité :

-Bonsoir ! Bonsoir ! Tout le monde m’entend ? Oui ? Si vous voulez bien vous approchez ? Oui voilà ! ! Bien ! Bonsoir mesdames ! Pour commencer, encore une fois, bienvenue aux nouvelles participantes ! Nous sommes très heureuses de vous accueillir à cette soirée « d’initiation » ! Initiation à quoi me direz-vous ? L’invitation était –volontairement- floue sur le sujet, n’est-ce pas ? Oui ! Comme vous l’avez vue, notre hôtesse aime bien les énigmes. Oui, elle est plus joueuse qu’elle n’en a l’air au premier abord… La comédienne croisa vraisemblablement un regard dans la foule et reprit un ton plus sérieux. Donc initiation à quoi ? J’imagine que certaines ont déjà quelques hypothèses ? Oui ? On va voir si vous avez vu juste. Cela fait maintenant presque… 500 ans, et oui rien déjà, qu’a été créé l’Ordre. À l’origine, c’était un simple groupe de réunion féministe, qui traitait de l’évolution de la condition de la femme. Mais très vite le mouvement a pris de l’ampleur. Il est devenu actif. Pourquoi vous n’en avait jamais entendu parler ? Pour éviter d’être repris par un parti politique ou une religion, l’Ordre opère dans l’anonymat. Sa force est justement d’agir en surpassant les frontières géopolitiques. Cependant cela veut aussi dire que la progression est plus lente. C’est un gigantesque marathon sociétal. J’ai conscience que tout cela peut paraître obscur à certaines d’entre vous. C’est pour cela que… Le micro cessa brutalement de fonctionner, tout comme l’ensemble des appareils électroniques présents.

La panne d’électricité coupa également les lumières et le chauffage. Un courant d’air remonta des souterrains et rafraîchit l’atmosphère. Un trouble gagna l’assistante. Les initiées semblent aussi surprises voir circonspectes que vous. Cela ne fait visiblement pas partie du programme. Éclairée par la lumière d’un Smartphone, une silhouette traversa la foule, pour monter sur l’estrade. Elle se plaça à droite de la comédienne et porta la voix pour se faire entendre.

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Guilia

Cette splendide italienne au sang bien trempé est aussi la belle-sœur de votre hôte de ce soir.


- Quelqu’un vient de remonter pour trouver d’où provient la panne. Restons calmes. Ça ne devrait pas être long.

On chuchote.

Les secondes s’étirent en minutes.

Trois.

Sept.

Lumière !

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Domestique n°3

Miss Ridley, nouvellement arrivée au service, se fera un plaisir de vous servir.


Fawn poussa les portes d’entrée pour entrer. Une ride barre son front. Quelque chose ne va pas.

-Un cambriolage. La Dame arriva dans le dos de la domestique.

La colère qui se lit dans le regard de Madame a de quoi glacer le sang. Elle lança un furtif coup d’œil en direction d’un couloir avant de se poster sur le seuil de la pièce. Ses traits ont repris une expression impénétrable.

Quatre chiens arrivèrent. Ils sont grands, musculeux. Un pelage d’un roux mâte et blanc leur couvre le corps. Leurs oreilles plutôt petites retombent de chaque côté de leur tête. Ils ont la bouche fermée. Deux d’entre eux se placent de façon à barrer la sortie. Les deux autres s’avancent devant leur maîtresse.

Vous comprendrez qu’étant donné les circonstances ces veilleurs parcourent la salle. Je tiens à m’assurer qu’aucune voleuse n’est parmi nous.

Trois des molosses se mettent alors à déambuler parmi vous. Ils ne bronchent pas. Calmes et lents ils sont tout de même impressionnants.

L’orchestre se remet à jouer. Il semble que la soirée continue !

Spoiler:
 
Strega
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Dim 15 Mai 2016 - 15:50
Pendant que l’action se déroule dans la salle, la personne en charge de cette orchestration reste volontairement à l’écart, loin des regards. Le regard clos, les bras croisés et le dos adossé contre le mur froid ; on dirait presque qu’il dort. Ce n’est pourtant pas le cas, bien qu’on ne puisse pas non plus le décrire comme étant éveillé non plus. Si certains ont voyagé de par le monde, ils pourraient y voir une ressemblance avec l’état de profonde méditation que peuvent atteindre certains religieux ou sage de l’extrême Orient. Une longue histoire, et une bribe de passé qu’il n’appartient pas de raconter maintenant. Quoiqu’il en soit, l’homme est profondément concentré sur sa tâche, et il en vient presque à oublier son corps physique. Presque. Si le tour qu’on lui a demandé d’exécuter ne lui est pas particulièrement complexe, il requiert tout de même une attention particulière, surtout au vu de son sens du détail. Il faut dire aussi que cela fait longtemps qu’il n’a plus eu l’occasion d’utiliser son don de cette manière. Pas dans cette vie en tous cas.

Les nouvelles arrivantes se font une place parmi les invitées, ces dernières se montrant intriguées ou enthousiastes face à ces figures du passé. L’illusion est après tout parfaite. Ou presque. Deux personnes ne se laissent pas impressionnées, ou du moins, pas comme le reste de l’assemblée. Quelque part, ça ne le surprend pas, les connaissant. Elles ont sans doute deviné qu’il pouvait être derrière tout cela. Pour la première fois, son corps émet un léger frisson, avant de redevenir à nouveau parfaitement immobile.

***


Une ombre se glisse, invisible, à travers toutes les invitées. Elle pose délicatement une main sur le bras de Delight, et lui offre un grand sourire lorsque cette dernière se retourne pour lui faire face.


"Camille n’a jamais aimé être au centre de l’attention." déclare Johanna Woodhope à Angie, la seule qui puisse la voir et l’entendre ce soir. Elle n’a peut-être pas le prestige des autres illusions, mais la défunte n’en est pas moins importante pour l’homme derrière cette performance. Au point de parfois lui échapper. Le sourire de l’illusion se fit encore plus grand, et plus reconnaissant. "Merci d’être là pour lui. Il en a tellement besoin…"

Un battement de paupière, et Johanna Woodhope a disparu.

***

Malgré la présence de ses deux amies, il essaie de ne pas se laisser davantage perturbé. On lui a donné une tâche à accomplir, et il met un point d’honneur à le faire. Cela lui permet de ne pas penser, d’oublier, l’espace de quelques instants. Réfléchir sur le présent et l’avenir lui est devenu pénible. Cela l’indiffère, la plupart du temps. Alors, quand on lui demande ses services, il ne se pose pas davantage de questions. D’autant qu’il peut faire ce qu’il a toujours adoré faire : fouiller le passé, reconstituer, analyser, travailler. C’est la seule chose qui parvient à l’animer encore. Ou du moins, c’est ce qu’il se dit.

Il se laisse bercer par les performances des invitées sur scène. La musique a toujours eu cet effet apaisant sur lui. Il y plonge, se sent partir encore un peu plus. Jusqu’à ce qu’un cri ne vienne à nouveau effleurer la surface de sa conscience. Cette personne-là ne lui est pas inconnue non plus… Il fronce les sourcils, quittant une nouvelle fois son immobilité. Durant quelques instants, sa concentration quitte cette salle pour suivre l’intruse qui est emmenée. Les figures historiques présentes à la soirée deviennent tout à coup légèrement plus fades.

Il en oublie complètement le reste, l’intervention de l’actrice, la coupure de courant, les minutes dans le noir. Jusqu’au retour de la lumière. Les illusions des célèbres femmes disparues retrouvent leur éclat, comme si rien ne s’était passé, et continuent à converser avec leurs interlocutrices ou à vaquer à leurs activités.

***

Un souffle parcourt la pièce. Toutes les personnes présentes sont mises KO sans comprendre ou voir ce qu’il leur arrive. Elles émergeront d’ici quelques minutes, sans séquelles ou marques. Ces dernières disparaîtront bien avant leur réveil. Johanna Woodhope s’approche d’Abygaël, et pose avec douceur une main sur sa joue.


"Ça va aller."

Elle esquisse un nouveau sourire tendre. Sourire que pourra peut-être apercevoir Sahar, lorsque l’illusion viendra lui amener sa sœur, avant de disparaître une nouvelle fois.

***

Un léger frémissement le prend à nouveau, mais il retrouve immédiatement son calme. Il continue à se concentrer sur sa tâche, imperturbable. Les chiens ne le remarquent pas, s’ils venaient à s’approcher de lui. Et pour cause : il estime n’avoir rien à se reprocher.
Wairua
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Sam 21 Mai 2016 - 15:04
Mon humeur s'assombrissait au fur et à mesure que cette soirée avançait, aussi étais-je plutôt contente que les dons de notre hôtesses inhibent les pouvoirs de prodiges. L'amabilité de la duchesse était irréprochable, mais elle était dépourvue d'une réelle chaleur. D'autant qu'elle prit soigneusement soin d'ignorer mes insinuations, profitant sans doute d'être interrompue par une autre femme à l'air sévère. J'avais croisé les bras sur ma poitrine sans m'en rendre compte, les sourcils froncés, luttant pour conserver mon calme. Je ne pris même pas la peine de répondre à la question de Cnossos sur ma famille, estimant que je n'avais pas à les mêler à la conversation. Destiny avait sûrement déjà eu affaire à elle au cours de leur longue existence ; il y avait peu de puissants dont il n'avait jamais croisé le chemin. Quant aux autres, ils ne s'étaient jamais préoccupés de fréquenter ce genre de cercle.

Je m'inquiétais surtout à propos de la personne responsable des illustres illusions qui circulaient dans la salle, de plus en plus soucieuse ; s'il s'agissait bien d'Anima derrière tout ça, cela voulait dire qu'il était effectivement en train de travailler avec la duchesse. Et l'influence de cette femme était bien la dernière chose dont il avait besoin à mon goût. Bien sûr, je pouvais me tromper ; de plus, les choix de mon ami ne regardaient que lui. J'espérais surtout qu'il ne s'était pas engagé sur un chemin plus sombre encore... Je fus sorti de mes pensées par l'intervention soudaine d'une blonde que je n'avais pas remarquée plus que cela auparavant. Son attention était toute dirigée sur Nikolas, et tout se passa très vite. Elle fut emmenée au loin, Lampeduza sur les talons, tandis qu'une autre femme prenait la parole, sans doute pour éviter que nous n'accordions trop d'importance à ce qui venait de se produire.

Le discours tenu ne me surprit pas plus que cela ; au vu des dispositions de la soirée, je m'étais attendu à quelque chose dans ce goût-là. Encore plus de la part de Nikolas Cnossos. En fait, j'étais surtout étonnée qu'elle ait attendu aussi longtemps. J'écoutai à peine, guère intéressée ; je ne me sentais certainement pas ciblée par de telles paroles. Peut-être étais-je simplement trop individualiste, ou peut-être que je me méfiais trop de Nikolas. Il me suffit d'échanger un seul regard avec ma sœur pour savoir qu'elle pensait la même chose. Si les buts d'un tel ordre nous semblaient louables, mais tout était question de méthode ; et elle comme moi, nous n'étions pas sûres d'aimer l'idée qu'une femme comme la duchesse tire les ficelles d'un tel mouvement. Plutôt que de rejoindre les débats qui fleurissaient ici et là, je vis Death se rapprocher de Dahlia, ce qui eut le mérite de me faire sourire.

« Tu as une voix magnifique. »
la félicita-t-elle. « On pourrait la suivre aussi bien au paradis qu'en enfer. »

Quant à moi, j'eus la confirmation de mes soupçons lorsqu'une femme donna presque l'impression de se matérialiser à mes côtés. Je pu remarquer que contrairement aux autres images, personne d'autre que moi ne semblait la voir, et je reconnu celle qui s'était montrée à moi dans mon diner, quelque temps auparavant. Elle était toujours aussi belle, toujours aussi...calme, et souriante. Et mon cœur se serra une fois de plus en songeant à la tragédie dont mon ami et elle avaient été victimes. La confiance qu'elle me témoignait -qu'il s'agisse de celle d'Anima, ou...d'autre chose- me touchait, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur pour pour mon vieil ami. De le voir s'engager sur un chemin dont il ne pourrait plus revenir.

« Il pourra toujours compter sur moi. Vous pourrez tous les deux compter sur moi. Je ferai de mon mieux pour prendre soin de lui, vous avez ma parole. » dis-je doucement. Avant qu'une coupure de courant ne coupe également la parole de l'intervenante au micro, et nous plonge tous dans le noir. De longues minutes s'écoulèrent avant que la lumière ne revienne, et que notre hôtesse réapparaisse, accompagnées de molosses qui se mirent à parcourir la foule. Je me mis à la recherche de Charlie, de peur qu'elle ne se jette sur une bestiole pour une séance de papouilles. Mieux valait éviter un nouvel accident, et puis je ne voulais pas être la seule à ne pas grattouiller une de ses braves bêtes derrière les oreilles. Car tout menaçants qu'ils soient, pour moi ils restaient des chiens, et je les avais toujours appréciés. Et puis l'apparence de Charlie, secondée par un curieux et presque imperceptible changement de comportement, m'intriguait...

« Ah, te voilà ! » lançai-je à mon amie, installée au bar près de la motocycliste à l'air sévère. « Tu bois, maintenant ? » ajoutai-je d'un ton amusé, ne m'étonnant pas plus que cela de la voir ajouter plusieurs cuillères de sucre à sa boisson. « Tu es sûre que tout va bien ? Tu parais...je ne sais pas, différente... » Death était toujours aux côtés de Dahlia, et je pus l'entendre lui parler : « C'est ce que j'appelle une soirée intéressante... Des énigmes, un ordre antique, des célébrités de tous les côtés, de quoi boire et chanter, et une pointe d'inattendu. Que demander de plus ? »

En observant ma sœur plus en détails, je notai la légère pointe de tristesse apparue dans ses yeux tandis qu'elle observait son interlocutrice. Et cela me suffit pour savoir que nos pouvoirs nous avaient été rendus. Je connaissais cette expression, chez elle : c'était celle qu'elle avait lorsque son pouvoir lui dévoilait l'estimation du temps qu'il restait à vivre chez les gens qu'elle voyait. Mais elle souriait à nouveau, bien décidée à ne pas se laisser démonter. Quant à moi... Je sentais plusieurs émotions monter en moi d'un coup, se mêlant les unes aux autres pour former un tout imprévisible. Peut-être était-ce la soudaine réapparition de mes pouvoirs, conjuguée à l'alcool et au reste, et à l'ambiance si particulière. Toujours est-il que j'avais de la peine à dissimuler mon trouble, et que je craignais le résultat... Je n'étais pas assez déstabilisée pour passer véritablement d'une persona à l'autre, et heureusement ; mais en cas de tension, Delirium n'était jamais très loin... A la manière de Charlie, une partie de mes cheveux se mit à changer de couleur à vue d’œil : une mèche d'un bleu presque électrique me tomba devant les yeux, tandis que du rose zébrait le reste. Un de mes yeux vira au violet fluo, et une volée de petits papillons multicolores se manifesta autour de moi, pour volter ici et là.

« C'est une assemblée de pingouins, et les bananes sont reines... » marmonnai-je ; mine de rien, je trouvai beaucoup de sens dans cette déclaration. Et j'en gardais assez moi-même pour conserver un brin de contrôle. Non, je n'allais pas devenir Delirium ce soir, pas totalement ; mais elle pointait le bout de son nez lorsque j'avais besoin de décompresser, que je le veuille ou non. J'espérais surtout que mon influence ne causerait pas dégâts. Elle n'était pas assez puissante pour réellement s'imposer chez autrui sous cette forme, mais elle ne manquerait pas de raviver les pensées farfelues de certaines convives, même si elles décidaient par la suite de ne pas le montrer.

« Ce n'est vraiment pas le moment de faire le bâtonnet de poisson... » maugréai-je en me prenant la tête d'une main, comme prise d'un vertige soudain. Il ne manquait plus que ça...

Citation :
A vous de voir sous vous souhaitez être légèrement influencées par les pouvoirs de Delirium, qui à ce stade aura tendance à faire remonter à la surface les pensées et les comportements un peu farfelus ou dépourvus du sens habituel. Il n'est cependant pas assez puissant sous cette forme pour surpasser la volonté des personnes présentes, donc c'est comme voulez.^^
Delight
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Sam 21 Mai 2016 - 22:34





SCENARIO


"E la Regina"

Au moins, à boire, personne ne venait trop l'emmerder. Mis à part cette nana un peu bizarre qui d'abord, avait décidé de la foutre à la flotte et qui maintenant, se comportait comme un de ses supérieurs. Alors que même si la façon de faire pouvait ressembler au plus grand emmerdeur que la terre ait portée, il était un homme... non pas cette gringalette qu'elle pouvait sans doute mettre ko en un rien de temps. Oui c'était sans doute un peu présomptueux de penser les choses ainsi, mais elle n'appréciait guère qu'on se permette de telle remarque, quand elle ne savait pas à qui elle avait affaire.

- En quoi ça vous regarde? Elle fixa son regard sur la nana, de son air un peu mauvais, pas vraiment d'humeur à ce qu'on vienne lui chercher des poux. Et d'ailleurs, on se connait?

Ouais bon, ce n’était franchement pas le truc le plus cool pour entrer en matière, mais avant qu'elle n'ait réellement droit à une réponse, la comédienne qui avait tenté une approche un peu plus tôt, montait à son tour sur l'estrade pour expliquer pourquoi elles se trouvaient toutes là. L'idée lui paraissait intéressante, après tout, elle n'avait rien contre faire tombé le patriarcat qui maintenait un pseudo ordre sur cette terre.

Bien qu'elle écoutait le discour, son regard fût attiré par une autre blonde qui invectivait la maîtresse des lieux, à croire qu'elles se connaissaient et ne s'aimaient guère, l'agent aurait été prête à rejoindre ces femmes, pour avoir le fin mot de l'histoire, mais une coupure de courant changea la donne. Rester dans le noir, sans savoir ce qu'il se passait, ne plaisait pas à Rix, qui alluma son briquet, pour tenter de ne pas rester totalement aveugle.

Difficile de voir grand chose dans cette opacité, heureusement la lumière revint rapidement, mais à peine son regard se réhabitua à la lumière, que les paroles de Nikolas arrivent jusqu'à elle, elle eut l'impression d'un vrai blackout, presque aussi désagrable que quand elle partait faire un tour dans la tête des tueurs. Le truc l'avait carrément fait se retrouver adossé à un pilier en pierre. Elle se tint un instant la tête, avec crainte de faire une crise, mais ce n'était rien, ou presque.

Il se passait des trucs qui ne lui plaisaient vraiment pas, elle chercha Miranda des yeux, c'était sans doute une des femmes dans la pièce en qui elle pouvait avoir confiance et qu'elle savait suffisamment efficace pour trouver ce qui arrivait. Puis ce fût Nikolas qu'elle chercha du regard, mais elle remarqua bien vite que celle qui avait aussi fait un saut dans la piscine semblait se sentir mal près du bar, elle la rejoignit alors pour voir si elle pouvait faire quelque chose. Son côté flic qui ressortait, il était important d'aider les autres.

- Ça va? Vous avez besoin de quelque chose?

Les paroles de son interlocutrice ne voulaient pas dire grand-chose, elle mettait cela sur le compte de ce qu'il venait de se passer. Le moment de blackout n'avait pas été génial. Et dire que ce n'était que le début, sans s'en rendre compte, le don de Delirium était gentiment en train d'influencer son esprit, pourtant, c'était tout à fait normal de voir une licorne poser devant un photographe. Non?

Codage par Libella sur Graphiorum
Rix
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Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
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Dim 22 Mai 2016 - 16:29
PNJs utilisés:
 


« Est-ce que j'ai une tête à aimer les soirées qui sortent de l'ordinaire ? »
répliqua sèchement Andrea a à l'adresse de la duchesse. Les poings sur les hanches, elle pouvait sentir son tempérament sanguin bouillonner de plus en plus au fur et à mesure qu'avançait la nuit. Et elle n'était pas aidée par les remarques de sa sœur, qui ne put s'empêcher d'ajouter : « Bah moi j'aime bien, quand ça sort un peu de l'ordinaire. Il paraît qu'il y a une vieille phrase malédiction qui dit : puissiez-vous vivres des choses intéressantes. Perso, j'ai toujours pensé que c'était plutôt un truc chouette à souhaiter à quelqu'un. Hésite pas à repasser au restau la semaine prochaine, Nikolas : je lancerai quelques nouveaux plats dont tu me donneras des nouvelles. Et peut-être bien que je vais commencer à servir de l'hydromel, tiens ; j'aurais dû y penser avant ! »

Au fond, Andrea savait que sa sœur jouait à merveille son rôle, surtout pour désamorcer les situations tendues, mais il y avait des fois où elle aurait eu envie qu'elle se passe de ces simagrées. Mais si Agrafena était une femme dangereuse, elle préférait ne l'être qu'en dernier recours, et seulement pour ceux qui le méritaient. Au moins tempérait-elle à merveille les ardeurs de son aînée, qui ne cacha pas son agacement lorsqu'une jeune blonde interrompit la soirée. Et, derrière l'agacement, elle prenait soin de noter chaque détail de la suite des événements, pour les passer en revue plus tard. S'il y avait du grabuge du côté de Nikolas, elle préférait garder autant de longueurs d'avance que possible ; elle prit note de creuser le sujet ces prochains jours. Nul doute que son cher frère souhaiterait y ajouter son grain de sel...

Quant à Miranda, elle avait suivi la procession sans se faire remarquer, continuant d'être aux aguets. Elle ne s'était pas formalisée de la jeune femme qui s'était pendue à son bras lors de leur descente ; un coup d’œil lui avait suffi pour déterminer qu'il ne s'agissait pas d'une menace. Et puis elle avait senti son besoin d'être rassuré ; l'instinct de la grande sœur avait pris le dessus, et elle avait accompagné la petite blonde, présence protectrice à ses côtés. Une fois la demoiselle arrivée à bon port et partie s'égayer parmi les convives, réelles ou non, Miranda avait suivi les festivités avec un intérêt tout relatif. Elle finit par repérer Lotte, nonchalamment installée dans les coussins d'un sofa, qui la salua d'un sourire et d'un petit signe de tête. Tout d'abord interloquée -était-ce vraiment à elle que la danseuse s'adressait?- Miranda se demanda un instant comment réagir, ce qui ne lui arrivait pas souvent et encore moins en mission, où une seule seconde de perplexité suffisait à faire la différence entre la vie et la mort. Elle finit par hocher la tête en retour puis, mue par une sorte d'instinct qu'elle ne put contrer, elle se dirigea droit vers elle.

« Il n'y a personne pour éveiller ton intérêt parmi nos nouvelles...invitées ? » demanda-t-elle en désignant d'un geste l'une des prestigieuses illusions. Pour Miranda, c'était sans doute ce qui se rapprochait le plus d'une entrée en matière, surtout dans un tel contexte. Tout en continuer de surveiller les alentours régulièrement, elle prit soin d'observer Lotte, de la regarder vraiment, au-delà du simple devoir de surveillance. Elle la trouvait séduisante, c'était un fait, avec ses cheveux qui lui tombaient sur les épaules et la posture à la fois lâche et maîtrisée dont s'était parée l'artiste. Miranda réfléchit de longues secondes, se demandant comment continuer la conversation. Ce n'était pas l'envie qui lui en manquait, loin de là ; seulement, elle n'était pas sûre de savoir comment s'y prendre, surtout après l'attitude dont elle avait fait preuve un peu plus tôt, qui devait avoir paru pour le moins farfelue. Elle n'avait pas ignoré le grabuge pour autant, jugeant qu'il n'était pas de son fait d'intervenir : la maîtresse de maison avait sûrement de quoi régler ses propres problèmes. Tant que la sécurité des sœurs du patron ou des autres convives n'étaient pas en jeu, Miranda se tiendrait tranquille. Quant au discours, il ne manqua pas de l'intriguer, même si elle prit son de garder une expression neutre. Les grandes lignes de la déclaration avaient piqué son intérêt, et elle devait avouer qu'elle sympathisait instinctivement avec une cause pareille.

« Le rideau est tombé... » glissa-t-elle à l'attention de Lotte. « Qu'en penses-tu ? »

De son côté, Andrea se montrait tout aussi attentive. Voilà pourquoi Nikolas avait tenu à toutes les réunir ici, ce soir. Comme Miranda, elle ne pouvait qu'approuver les bases d'un tel discours. Elle n'était pas surprise de l'existence d'une telle organisation, et elle passait déjà en revue toutes les possibilités qu'elle pourrait offrir. Il lui faudrait décidément en savoir plus, et elle s'imaginait mal ignorer un cercle pareil maintenant qu'elle était au courant. Cnossos était une vieille roublarde habile, il fallait lui reconnaître ça. De nombreuses questions se bousculaient dans l'esprit de l'ambassadrice, tandis qu'Agrafena restait étonnamment silencieuse. « Pourquoi faut-il toujours qu'on en arrive là ? Nous contre eux, eux contre nous...» demanda-t-elle tout bas, le ton triste.

« Parce que nous n'avons pas toujours le choix. » répliqua Andrea, qui connaissait assez la petite femme pour savoir qu'elle s'efforçait toujours de voir le meilleur chez chacun. Ce n'était pas qu'elle n'acceptait pas la réalité, mais elle voulait croire qu'il était possible pour cette dernière de se montrer raisonnable. Malheureusement, c'était loin d'être toujours le cas. Elles n'en sauraient pas plus maintenant, la coupure de courant interrompant les explications. La soirée révélait bien des surprises, et il semblait que Nikolas n'était pas aussi en contrôle qu'elle souhaitait le montrer ; voilà qui n'échappait pas non plus à son amie... La lumière finit par revenir, leur hôtesse aussi, accompagnée d'une explication sommaire quant à la présence des molosses qui circulaient dans la foule tandis que la musique reprenait. Du moins, jusqu'à ce que tout le monde perde connaissance. Dès qu'elle eut repris ses esprits, elle se jeta sur Lampeduza : « Un cambriolage ? Et encore ? Tu vas nous dire de quoi il retourne ou ça fait partie du mystère ? J'apprécie ce que tu essaies d'accomplir ce soir -et tu as très certainement déjà réussi à obtenir mon soutien pour cette histoire d'ordre- mais j'aimerais bien savoir dans quoi nous mettons toutes les pieds... »

Dès la coupure de courant, Miranda avait bondi, se reposant sur tous ses autres sens pour essayer de deviner ce qui se passait dans la pénombre. Elle s'était dressée devant Lotte, mue par son instinct protecteur, se disant qu'il s'agissait simplement de l'invitée la plus proche, donc la plus logique à défendre. Lorsque la lumière revint, elle était prête à agir...et elle n'aimais pas du tout ça, les surprises n'étaient pas son fort. Elle croisa un instant le regard de Gabrielle Kreizler, et elles n'eurent pas besoin de parler : les deux femmes étaient prêtes à agir, quoi qu'il arrive. Il était rassurant de se dire qu'il y avait au moins une autre invitée formée à réagir en cas de crise, voire de danger. Miranda s'assura de la présence et de la sécurité d'Andrea et Agrafena, même si le terme « sécurité » lui apparaissait soudain bien relatif... Puis, sans relâcher sa vigilance, elle s'adressa doucement à Lotte :

« Tout va bien ? »
Percy
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