[CLOS] E la Regina [Scénario au féminin]

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Mar 22 Mar 2016 - 22:28
E la Regina
Feat. Ces dames.

Un soir à l’orée du printemps de l’année 2016. La nuit est tombée depuis près de trois heures. Il fait nuit noire. La lune est gibbeuse décroissante. Une fois que vous êtes loin du centre-ville d’Édimbourg, quelques étoiles se faufilent à travers des nuages, presque transparents. Il bruine depuis un bon quart d’heure, lorsque la neuvième heure du soir débute son tic-tac.

La propriété qui s’étend devant vous est imposante. Vous devinez plus loin la forme de deux bâtiments rectangulaires. Le premier est un chenil dans lequel dort une meute d’une douzaine de chiens de chasse. Le second héberge les écuries de la maisonnée. Deux chevaux y passent la nuit. Une splendide villa se dresse fièrement au pied d’une cour pleine de gravillons. Sa forme architecturale s’apparente au courant moderne des années 2000. L’espace est dégagé, à l’exception du flanc ouest où sont entreposés les véhicules des convives. Il y en a sûrement déjà une demi-douzaine de garée les unes à côté des autres.

Seul le rez-de-chaussée de la demeure, et l’allée qui y mène sont illuminés. Une lumière électrique qui tire plus du jaune chaud que du blanc neutre. Néanmoins, il vous est possible de distinguer un sous-sol et un étage supérieur, grâce aux reflets. À l’est une petite dépendance abrite le matériel pour s’occuper de la terre, et de la chasse.

Vous pénétrez dans un hall spacieux et lumineux au sol dallé de marbre clair.

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Estelle

Estelle O’Neal, petite quarantaine, est tout à fait avenante. Son visage vous évoquera sans doute quelque chose si vous êtes allées au théâtre ces temps derniers, où elle joue des seconds rôles.


Une jeune femme se charge de vous prendre vos effets superflus. Comme tout les membres du personnel ce soir, elle se distingue par un code vestimentaire très simple, un vêtement noir et un tilak d’inspiration indienne. Un point doré, positionné au centre du front de la femme, indique l’appartenance au Service.

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Jessica

Jessica Keenan est une jeune héritière américaine. C’est également une talentueuse avocate, aux dents et à l’ambition longues.


Une autre vous attend sur votre droite. Elle a avec elle la liste des invités. Elle ne vous demandera pas votre nom, car un trombinoscope lui permet de vous reconnaître, sans avoir à le faire. Cette jeune femme en profitera pour récupérer deux documents. Le premier est ce contrat qui vous a été envoyé. Le second est donc le questionnaire concernant vos habitudes alimentaires.

Ensuite, il est temps d’entrer dans la première pièce habitée. Sachez que dès cet instant, vous avez à votre disposition trois salons, alignés les uns à la suite des autres. Ils sont tous les trois grands, bien éclairés, avec sofas, fauteuils et autre repose séant à votre disposition. Un piano de très belle facture se trouve dans le salon central.

Le dernier de ces salons ouvre d’ailleurs sur un beau jardin. Un léger parfum musqué flotte dans l'atmosphère. La chaleur est agréable. L'aspect cosys de ces pièces, vous fera probablement songer aux gravures, qui représentent ces salons littéraires européens de la fin du XIX siècle.

En suivant le bâtiment de l’extérieur, vous pouvez retrouver la piscine chauffée. Elle a été préparée. On vous informera que commodités, tout comme chambres de repos sont à votre disposition à tout instant.

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Domestique n°3

Miss Ridley, nouvellement arrivée au service, se fera un plaisir de vous servir.


D’un point de vu pratique, chaque salon est géré par deux domestiques, ainsi qu’une femme membre de l’Ordre. Un mouvement féministe dont vous entendrez parler plus tard. La représentante se tiendra à votre disposition, tout au long de la nuit, afin de répondre aux éventuelles questions. [Signalez votre envie dans la partie HRP.]

Vous noterez, sans aucun doute, l’absence de personnel et d’invités masculins dans l’assistance. Il n’y en a point. Le Duc et tous les autres hommes de la maisonnée ont déserté pour ce soir.

Autre élément, que vous finirez par prendre en compte, le wifi ne prend pas ici. Vous ne pouvez accéder à vos outils de communication à distance. Un brouilleur a été installé quelques jours plus tôt afin de contrôler les entrées et sorties des flux d'informations. Dans le même registre, d'un système de vidéo surveillance est actif dans toutes les pièces. Vous êtes observée en permanence, et cela, sans aucun mystère.

Vous comprendrez bien vite que le souper se présente sous la forme d'un apéro dînatoire. Le personnel est là pour vous servir en boissons et nourriture. La flûte de champagne, le Côte du Rhône 1988, le jus de kiwis pressé, le verre d'eau gazeuse, tout est là. Le choix est aussi exhaustif concernant les mets proposés à vos palais. Il semble qu'un soin particulier a été fait quant à la présentation de tous ces produits de luxe.

L'ambiance générale se prête donc à la détente et à la conversation. L'hôtesse n'est pas encore visible. Ce qui pour le moment, n'a pas la moindre importance.

Bienvenue mesdames.

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Liebeth

Impossible de connaître cette femme, à moins d’avoir vécu à Londres bien avant l’Ouragan. Pourtant, à son allure et sa façon de vous regarder, vous pouvez soupçonner chez elle une bonne dose de ruse.

Strega
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Mar 22 Mar 2016 - 22:41





SCENARIO


<< Invitation étrange
"E la Regina"

Décidément, les deux femmes ne pouvaient pas se passer l'une de l'autre, à croire le nombre de fois que Rix venait dans cette villa. Il fallait bien dire que l'invitation l'avait rendue curieuse, finalement, sans apprécier non plus Strega - il ne fallait pas pousser - cette femme avait de quoi cultiver un mystère et n'était pas aussi "désagréable" que tous ces culs coincés de son statut. Alors autant voir ce qu'était cette nouvelle soirée.

Gabrielle l'avait bien compris quand un colis arriva chez elle. Contenant une nouvelle robe, à croire que sa garde-robe ne convenait guère à la duchesse. Elle se ruinait vraiment pour rien, enfin... l'agent accepta de porter l'habit. Mettant dans un sac à dos toutes les affaires qu'elle avait besoin en plus, elle terminait de passer un pantalon, sous la robe. Oui c'était quelque peu étrange, mais elle avait décidée de faire le voyage en moto, comme toujours et une robe, n'était pas le plus utile pour cela. Oui c'était une hérésie, mais qu'importe.

Arrivée devant le portail, elle montra patte blanche, comme tout le monde et alla garer son engin dans un coin, descendant de moto, elle vira son pantalon, qu'elle rangea dans son sac, puis changea de chaussure, mettant des bottes un peu plus classe que celles qu'elle portait pour venir, puis réajusta la fameuse robe au moins n'avait-elle presque aucun morceau de peau blessée à montrer. Ce qui lui convenait pas mal et après avoir repassé une main dans ses cheveux pour les coiffer, se dirigea vers l'entrée de la villa. Sans plus s'émerveiller que cela sur l'endroit, puisqu'elle le connaissait déjà.

Kreizler tendis, comme les autres invitées présentes, ses affaires, le contrat et le reste. Elle n'avait pas pris son arme de service, pour une fois, n'ayant ainsi pas grand-chose à donner à garder aux domestiques. Même son portable était resté chez elle. Pénétrant le premier salon, elle remarqua vite qu'elle n'était pas la première arrivée, s'approchant d'un des bars, elle demanda directement un scotch. Serait-il aussi bon que celui de Percy? Elle secoua légèrement la tête et remercia d'un sourire celle qui la servait, puis se dirigea vers l'extérieur de la ville, pour se fumer une clope, au calme.

La maîtresse de maison ne semblant pas encore être présente, autant en profiter!

Peu sociable, Rix risquait d'être plus observatrice que de se mêler réellement à la foule. Même si elle trouvera très bien que des femmes décident de se mettre ensemble pour tenter de faire renverser la vapeur concernant ce monde patriarcale casse-ovaire, qui ne méritait que de se prendre une baffe en pleine tronche.

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Rix
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Tu ne t'intéresses aux gens
qu'une fois qu'ils sont morts!
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Mer 23 Mar 2016 - 19:28
La voiture qui nous amenait au lieu de gala était pour le moins… animée. Enfin, cela semblait peu étonnant, ayant quatre jeunes filles à son bord. Et dont au moins une s’appelait Charlie. Mais bon, ce n’était pas pour me déplaire. La compagnie de ces dames s’avérait être bien vivante, donnant un air soudainement plus joyeux à la soirée. Faire la connaissance de la dénommée Angie avait donc été une bonne surprise, et la perspective de passer ce gala en leur compagnie et celle de Charlie promettait au moins de l’animation.

Et ce, même si le début de toute cette affaire s’était avéré assez périlleux. N’ayant pas vraiment confiance en la capacité de Charlie et d’Angie pour se trouver des tenues appropriées, j’avais finis par m’en charger, leur expliquant le B.A-BA de ce genre d’événements. Et des robes qu’il fallait porter en circonstance. Finalement, le choix avait été fait, et de côté-là, on avait au moins évité la catastrophe vestimentaire. Pour le reste… Eh bien, qui vivra verra, comme le disait le dicton. J’avais pour ma part opté pour une robe aux motifs dorés et bleu nuit, ainsi que des chaussures assorties. Malgré la hauteur de ces dernières, le tout permettait une facilité de mouvements non-négligeable, surtout lorsqu’on était entraînée comme je l’étais. Ne sachant pas à quoi nous attendre, en dehors du fait que j’aurais à chanter au cours de la soirée, mieux valait être prévoyant.

Je restais calme et attentive tout le long du trajet, écoutant et observant mes compagnes de voyage avec un petit sourire amusé. La limousine qui était passée nous chercher ralentit finalement l’allure, et je lançais un regard curieux vers l’extérieur, retrouvant une expression plus sérieuse. L’endroit semblait immense, et on distinguait au moins deux bâtiments. La villa était en elle-même passablement impressionnante, tout comme l’accueil qui nous attendait à l’intérieur. Sortant du véhicule avec les autres demoiselles, je me dirigeais d’un pas assuré vers l’entrée. Une fois dans le hall, je tendis avec un grand sourire les papiers demandés, le contrat dûment signé ainsi que le papier signalant mon régime végétarien. Je pris quelques secondes pour admirer la décoration, ainsi que le personnel –entièrement féminin-, avant de confier les quelques affaires que j’avais amené avec moi. Une tenue plus décontractée ainsi qu’une chemise de nuit et quelques affaires de premières nécessités. Je n’emportai avec moi qu’une pochette, avec un peu de maquillage et un petit carnet.

Puis, j’entrai dans la première pièce où se trouvaient déjà quelques invitées. Je me tournais ensuite vers les filles, le sourire en coin.

"Bon les filles, essayez de limiter les bêtises. Au moins, au début de la soirée."

Je voyais déjà une piscine qui ferait certainement le bonheur de certaines. L’endroit était dans tous les cas magnifique, et le contexte de ce gala avait tout pour me plaire, même s’il restait bien mystérieux. Dire que je me sentais comme un poisson dans l’eau dans ce milieu composé uniquement de femmes n’était pas un euphémisme, et cela se ressentait sur mon humeur, sincèrement plus légère. Mais par-dessus tout, je devais admettre être surtout curieuse de ce qui nous attendait ce soir.

L’hôtesse de ce soir n’était cependant pas encore visible. Ne doutant pas qu’elle ferait son apparition en temps et en heure, j’observais rapidement le reste de l’assemblée. Il y aurait bien quelques visages connus, à n’en pas douter. Attrapant un verre de champagne, j’allais ensuite commencer ma tournée de salutation, tout en gardant néanmoins toujours un œil sur Charlie, Angie et la piscine. J’offris un sourire à la jeune femme blonde située vers le bar, dont le visage ne me semblait pas inconnu. Peut-être l’avais-je croisé, pour le travail… Bah, au pire, ce serait peut-être l’occasion de faire connaissance. Entre femmes.
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Ven 25 Mar 2016 - 9:50
Si j'avais accepté de me rendre à cette soirée, c'était principalement parce que j'avais été ravie de me voir proposer une telle distraction. Je n'avais pas participé à un tel événement depuis...oh, près d'un demi siècle. J'avais pourtant toujours aimé les festivités, les bals, les galas ; avec leurs robes de toutes les couleurs, la musique, les cocktails et son lot de personnes captivantes. Parler pendant des heures avec des inconnus, peut-être repartie au bras de l'un d'entre eux ou de l'une d'entre elles. Ou, pourquoi pas, un peu des deux. La pensée d'une de nos fiestas animées quelques siècles plus tôt, avec Desire, me revint brièvement à l'esprit pour faire naître un sourire animé sur mes lèvres. Un sourire qui se fana vite, comme à chaque fois que je songeais à la disparition de Desire. Death dut le sentir, alors qu'elle nous suivait sur sa fidèle harley. Ma sœur avait toujours quant cette tristesse particulière m'étreignait le cœur. Peut-être était-ce dû au lien que nous partagions au sein de la Famille. Et puis elle avait toujours été douée pour déchiffrer les émotions des gens. Sa présence me faisait beaucoup de bien, et j'étais heureuse de l'avoir enfin retrouvée. Elle m'avait beaucoup manqué ; c'est d'elle que j'avais toujours été la plus proche, et je la considérais autant comme ma grande sœur pleine de sagesse que ma meilleure amie débridée. Elle était arrivée à Édimbourg le matin même, et j'avais aussitôt reconnu le bruit tonitruant du moteur de sa vieille harley tandis qu'elle arrivait dans la rue où je tenais mon diner. Elle entretenait amoureusement la même moto depuis plus d'un demi-siècle. Chaque pièce avait dû être changée au moins une fois, et pourtant elle avait l'air si semblable à son état d'origine qu'il ne pouvait s'agir que de la même ; Death disait toujours que sa bécane avait une âme, et il était difficile de ne pas la croire lorsqu'on la voyait rugir sur la route, cheval de légende pour une cavalière qui n'avait jamais affectionné la sévérité que l'on attribuait généralement à ses attributions. Ce soir, elle avait laissé l'engin au bistrot, pour nous rejoindre dans la voiture.

Une voiture des plus animées, remplie de nos discussions et de nos éclats de rire. Entre ma journée de boulot et la préparation pour la soirée, je n'avais pas encore eu beaucoup de temps pour rattraper celui qu'on avait perdu avec Death, mais nous aurions tous le temps pour cela ses prochains jours. Elle resterait en ville, au moins jusqu'à ce que le dernier membre de la Famille nous rejoigne pour une réunion trop attendue. Je me réjouissais de revoir Dream, du moins en chair et os ; il avait déjà visité plusieurs fois mes rêves ces dernières semaines. Quant à Destiny, je ne l'avais revu qu'une fois depuis l'Australie ; notre aîné n'avait jamais partisan des effusions, mais il serait présent également le moment venu. Pour l'heure, j'étais surtout heureuse de voir que Death s'était bien entendue avec Charlie et Dahlia lors de leur rencontre au diner. Rien d'étonnant, ceci dit : ma sœur s'entendait très vite avec tout le monde ou presque. Il fallait bien la connaître, comme moi, pour saisir le très bref instant où elle avait jaugé la vie de mortelle qu'il leur restait à vivre. Si le savoir de Death ne concernait que la mort naturelle, et que les accidents ou les maladies pouvaient prendre le pas sans qu'elle ne puisse les prédire, je savais que c'était toujours pour elle un moment difficile que de se voir ainsi forcée de constater la brièveté de la vie. Mais plutôt que de se laisser accabler par ses dons, elle en avait fait une force qui la poussait d'autant plus à croquer la vie à pleine dents. Et qui faisait sans doute d'elle la plus humaine de la curieuse Famille que nous constituions avec nos deux frères. Je n'étais pas étonnée non plus qu'elle se soit instantanément prise d'affection pour Charlie ; difficile de faire autrement. Quand la blonde, une des premières habitées de « Chez Reggie » (son appétit pour les plats sucrés ne cessait d'ailleurs jamais de me surprendre) m'avait demandé si je voulais bien l'engager comme serveuse à temps partiel, j'avais accepté sans me faire prier. J'appréciais beaucoup sa compagnie, son énergie et son enthousiasme communicatif qui apportaient encore plus de vie au diner.. Entre elle, Larry et Hernando, je m'étais constituée une petite équipe dont j'étais très contente. Quant à Dahlia, j'apprenais encore à la connaître, mais elle m'était déjà très sympathique. Et fascinant, à la manière d'une énigme soigneusement entretenue. J'avais fait sa connaissance via Charlie, et ses conseils nous avaient été précieux pour dépoussiérer un peu notre sens de la mode. Oui, cela faisait décidément bien longtemps que je ne m'étais pas rendue à un événement aussi mondain...

Et cela faisait plus longtemps encore que je n'avais revu Nikolas. La curiosité quant à son invitation était l'autre raison de ma venue ; qu'on soit d'accord avec ou pas, ses plans n'avaient jamais manqué d'intérêt. Et puis nous connaissions depuis bien longtemps, la duchesse et moi. Plus d'une fois, j'avais été attirée à elle et son don fascinant qui me permettait d'étouffer dans l’œuf le cycle infernal auquel j'étais condamnée en supprimant mes capacités mutantes. A plusieurs reprises, j'avais gravité autour d'elle, espérant trouver par là le moyen de briser le cercle vicieux une fois pour toutes. Mais au final, nos idéaux divergents nous avaient toujours divisées, et m'avaient poussé à m'éloigner de manière plus définitive. Mais malgré nos différents, nous avions toujours su rester courtoises et respectueuses l'une envers l'autre ; j'espérais découvrir aujourd'hui que cela n'avait pas changé. Quant à Death, je savais qu'elle ne portait pas particulièrement Nikolas dans son cœur, mais chez elle aussi la curiosité avait été la plus forte. Surtout après que la duchesse ait déniché l'adresse où la joindre, étant donné que ma sœur n'en avait jamais vraiment eue.

Une fois arrivées à la splendide villa, nous présentâmes les documents demandés. Signer un accord m'exhortant à ne rien révéler de ce qui allait se passer pendant notre bref séjour ne m'avait pas dérangée, et Death avait suivi en maugréant néanmoins quant à toutes ces simagrées. Elle qui privilégiait tant sa liberté, elle avait toujours détesté devoir lié son nom à quelque document que ce soit. D'autant que cela faisait depuis toujours ou presque qu'elle ne portait que le nom de Death, ne prenant jamais la peine de se constituer une identité civile ; aussi ce patronyme fut-il celui qu'elle avait griffonné sur le papier. Mais je n'avais aucun doute sur l'importance légitime que lui accorderait Nikolas ; elle avait toujours compris ces choses-là. En terme d'affaires, je n'avais pas emporté grand chose : dans une besace, j'avais rassemblé un pyjama pelucheux, une paire de pantoufles lapins (et une paire de pantoufles écureuils pour Charlie), une brosse à dent et du dentifrice, ainsi que des sous-vêtements de rechange et une tenue plus simple pour le lendemain. Au vu de la confidentialité de la réception, j'avais laissé mon téléphone chez moi, et ne possédait aucun autre appareil à être confisqué. Pour la tenue, j'avais opté pour une robe conseillée par Dahlia, dont l'élégance et la couleur m'avaient beaucoup plu ; je devais bien avouer qu'il m'avait été agréable de me faire belle pour une occasion pareille. Tenue, coiffure, maquillage, j'avais opté pour le grand jeu tout en restant simple, tout bêtement ravie à l'idée de profiter d'une telle distraction. De me sentir, quelque part, normale ; au moins autant qu'il m'était possible l'espace d'une nuit dans le grand monde. J'étais loin de me douter du véritable agenda de notre hôtesse, et n'avait pas vraiment fait attention au fait qu'invitées comme personnel, il n'y avait ici que des femmes. A vrai dire, mon attention avait tout de suite été attirée par la piscine, dont la vue m'arracha un sourire si grand qu'un peu plus, et il m'aurait sans doute coupé le visage en deux. Je cherchai Charlie du regard, et lui indiquai l'eau étincelante d'un signe de tête :« Tu penses à ce que je pense ? »

Sans attendre sa réponse ni voir si elle suivait, je jetai ma besace sur le bord, enlevai mes chaussures...et me jetai à l'eau en poussant un cri de ravissement. Tant pis pour la robe, le maquillage et la coiffure ; quant à mes boucles d'oreilles ou mon bracelet, je n'y songeais même plus, insouciante à l'idée de risquer de les perdre. Enfin, à part ma dignité, mais cela n'avait jamais été quelque chose dont j'avais particulièrement cure. Je remontai à la surface, tout simplement heureuse de profiter d'un pur moment de bonheur un peu fou, aussi bref soit-il. Un peu plus loin, je pus voir ma sœur approcher une blonde à l'air sévère, qui était sortie pour fumer. Elle était élégante dans sa tenue, même si elle avait le maintien de quelqu'un qui ne portait pas ce genre de robe tous les jours.

« Je peux vous demander une cigarette ? » Death, souriante dans sa robe rouge, attendait la réponse. Je me dis que même si ma sœur n'appréciait guère Nikolas, elle devait être heureuse de ne plus voir les gens vieillir en permanence sous ses yeux, même de manière infime. « C'est à vous, la moto parquée dehors ? Bel engin. » Ah, vu les quelques personnes présentes, il ne lui avait pas fallu longtemps pour essayer de deviner à qui appartenait cette moto ; voilà qui avait certainement eu le mérite de piquer sa curiosité. Pour ma part, je me mis à faire la planche, me laissant silencieusement dériver à la surface de l'eau, contemplant le ciel et ses étoiles avec un rare sentiment de paix. Cela ne durerait sans doute pas mais, après tout, la soirée ne faisait que commencer...
Delight
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Sam 26 Mar 2016 - 13:59
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L'élégante voiture de fonction qui vint se garer devant la demeure des Lampeduza était un modèle dernier cri, un prototype issu des garages de la société d'Arkadia. Le véhicule aérien personnel -ou VAP- avait l'allure effilée d'une limousine, peinte d'un noir mât et aux vitres teintées. Et blindées, bien entendu, de même que l'ensemble de l'engin. Quant aux répulseurs qui la faisaient s'élever à un presque un mètre au dessus du sol, ils était aussi perfectionnés qu'il leur était possible. Assis à l'arrière, la comtesse Andrea Antonov devait reconnaître que son frère ne lésinait pas sur les moyens lorsqu'il était question d'allier la sécurité à l'efficacité. Elle lui reconnaissait même une pointe de bon goût, même si le tout était souvent un peu trop pompeux selon elle. Elle n'était pas femme à s'embarrasser des apparences, et afficher son statut ne lui importait guère ; si elle se pliait au jeu, c'était bien parce que c'était là ce qui était attendu d'elle. A côté d'elle, sa sœur sirotait déjà une coupe de champagne. Agrafena n'avait pas besoin d'arriver sur les lieux d'une réception pour commencer la fête ; sur ce point, elle estimait qu'il n'était jamais utile d'attendre.

« Est-ce que tu crois qu'ils serviront du cidre ? Ou alors au moins une bonne bière. Ils doivent quand même avoir de la bonne bière, ces gens-là, non ? » demanda-t-elle, une note d'espoir dans la voix. Elle avait été plutôt déçue de ne trouver que du champagne dans la voiture, une boisson qu'elle considérait comme un peu gâchée par tout ce volume de bulles.

« Je ne serais pas surprise que la duchesse ait pensé à tout. » commenta Andrea. « Le contraire serait étonnant. »

Depuis l'arrivée de Nikolas Lampeduza sur l'arche, la comtesse et elle en étaient rapidement venues à échanger, puis à se fréquenter Elles évoluaient après tout dans les mêmes cercles, et leurs caractères s'accordaient à un point qui n'aurait pas manqué de faire dresser les derniers cheveux de Perceval sur sa tête. Andrea n'était pas dupe pour autant, et elle surveillait de près les agissements de la duchesse, comptant sur cette dernière pour faire de même. Et même si leurs agendas devaient différer, cela n'empêchait nullement Andrea d'apprécier Nikolas pour ce qu'elle était : une femme de pouvoir, à l'esprit acéré et qui savait ce qu'elle voulait. Il restait à déterminer quoi exactement, et cette soirée serait sûrement un premier pas sur cette voie. La curiosité d'Andrea avait été piquée, et il aurait été impensable que l'ambassadrice manque un tel événement. Quant à Agrafena, elle avait plus ou moins suivi le mouvement en se disant qu'il y aurait peut-être de quoi passer une bonne soirée, voire même l'occasion de chanter une ou deux chansons paillardes.

La portière s'ouvrit pour révéler Miranda, qui les avait conduites jusqu'ici. Il était rare de la voir séparée de Percy, mais ce dernier n'avait certainement pas été invité, ce qui ne manquerait sûrement pas de le faire bouder. A cette pensée, Andrea se permit un sourire amusé. Elle décocha un petit coup de coude dans les hanches de sa sœur pour lui signifier qu'elles pouvaient descendre. La comtesse étaient heureuse d'avoir Miranda à leurs côtés. Elle s'était prise d'affection pour la jeune femme, et appréciait grandement la manière dont elle arrivait à s'accommoder de son frère. La blonde était officiellement là pour leur servir d'escorte et de garde rapprochée ; officieusement, les deux sœurs espéraient qu'elle saurait profiter un peu d'une telle soirée. Les trois femme se présentèrent à l'entrée, remettant leurs effets aux domestiques (Miranda se séparant à regret de ses deux armes de service et des trois lames attachées à sa cuisse droite ; elle garda néanmoins les deux aiguilles qui attachaient ses cheveux, et qui pouvaient se révéler redoutables une fois libérées).

Pour une fois, Miranda avait consenti à mettre de côté ses habituels vêtements noirs pour une robe rouge sans fioritures. Quant aux deux sœurs, elles étaient habillées avec sobriété et élégance, ne cherchant pas vraiment à faire une grande impression. Du moins, pas de cette manière. Une fois introduites à l'intérieur, elles purent découvrir les premières invitées en plus du personnel présent. Comme à son habitude, Miranda observait les alentours avec l'intensité du faucon, et était probablement en train d'établir le niveau de danger de chacune des personnes présentes. Agrafena s'était déjà dirigée vers un des buffets, ravie d'y trouver de la bière.

« Ma marque préférée, en plus ! » gloussa-t-elle, ravie, avant de papillonner d'un plat à l'autre pour en jauger la qualité de préparation de son œil de cuisinière expérimentée.

De son côté, Andrea se saisit d'un verre de vin proposé par une domestique, et déambula tranquillement dans les pièces, observatrice. Elle avait remarqué les caméras présentes un peu partout, et nota qu'aucun effort n'avait été fait pour être dissimulées. Elle prit aussi note de repérer les visages qu'elle connaissait. Elle y dénombra plusieurs personnalités, issues de milieus variés. Elle reconnut Estelle O'Neal et Dahlia Anderson dans le domaine du spectacle ; la seconde travaillait à l'occasion avec son frère, et était bien plus qu'elle ne laissait paraître, ce qui me manquait pas d'intérêt aux yeux de la comtesse. Il y avait aussi Keenan, qui aurait pu être taxée de simple héritière profitant de ses rentes si elle n'avait pas en plus été une redoutable avocate. Andrea ne connaissait pas les trois jeunes femmes qui étaient arrivées avec Anderson ; ce qui voulait dire qu'elles n'avaient eu connaissance que des dossiers établis sans jamais les avoir rencontrées. Enfin, elle aperçut Gabrielle Kreizler, qui se tenait à l'écart. La comtesse était curieuse à l'idée d'enfin rencontrer l'agent de Scotland Yard, qui avait pris une certaine importance dans la vie de son frère. Nikolas Lampeduza brillait par son absence, mais Andrea comptait sur elle pour réussir son entrée. Fait intéressant, il n'y avait aucune présence masculine, ce qui réduisait grandement un certain niveau d'incompétence. Il ne serait pas désagréable de passer une soirée à traiter entre femmes, en tous les cas. La comtesse aurait bien voulu approcher Kreizler, mais s'était coiffée au poteau. Voilà qui attendrait ; et puis ce n'était pas comme si la soirée manquait de gens intéressants...

« Détendez-vous, Miranda. » dit-elle à la jeune femme, restée à ses côtés. « Je sens que cette...mission, si vous voulez voir la soirée comme telle, devrait se dérouler sans trop de grabuges. Ou du moins, pas comme on pourrait l'imaginer. »

« On ne sait jamais, madame. » Miranda voyait la plupart de sa vie comme une mission ; voilà qui la rendait bien plus facile à gérer. Car au-delà de ça, elle ne savait pas trop comment se comporter au sein d'un tel événement sans objectif précis à réaliser. Socialiser n'était pas vraiment son point fort. Par contre, elle ne manqua pas de remarquer les choux à la crème qui trônaient sur une table non loin, dont la consommation était pour sa part un vrai point fort (la consommation des choux donc, pas de la table). Toujours attentive, elle se dirigea vers le plat, elle aussi conscient de la surveillance déployée un peu partout, et de la composition des invitées. Restée seule, Andrea but une gorgée de vin, avant de se diriger vers une femme brune qui lui était inconnue, et qui piquait du coup d'autant plus son intérêt ; la comtesse aimait savoir qui était qui.

« Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître. » glissa-t-elle à celle qui s'appelait Lisbeth, bien qu'elle ne le sache pas encore. Elle lui tendit une main fine mais ferme, se présentant : « Andrea Antonov. »
Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Dim 27 Mar 2016 - 23:42


E la Regina
L’Aventure avec un grand A peut parfois avoir des formes super étranges. Et nous faire porter des trucs aussi confortables que les bandages d’une momie. Bon, faut avouer que pour quelqu’un qui se balade toujours en short et en chemise large, ça fait un changement radical mais je suis sure que même les gens qu’en porte tous les jours peuvent pas trouver ça confort. Et je vous parle pas des chaussures.

Enfin, recherches ethnologiques obligent, me voilà serrée avec l’élégance d’une patate dans une de ces dites robes, prêtée par Dahlia. Pour le coup, ça risque d’être mon guide spirituel sur plus que la mode, si je veux réussir à me fondre dans la masse pour observer la faune des « soirées mondaines ». Par contre, pour ma propre sécurité et celles des autres, on a évité les talons. Soulagement ! De un parce que je voudrais garder mes pieds, sans qu’un petit doigt décide de rentrer à tout jamais dans celui d’à côté. De deux parce que je risquerais d’éborgner quelqu’un. Moi la première, si on me mettait des perches comme à certaines.

Dire que j’aurais pu être en costume de Cookie Monster… Ou avec les pantoufles Écureuils trop classe qu’Angie voulait me prêter… Aucun gout ces nantis !

Enfin bref, on monte en voiture et je passe le trajet le nez à m’extasier sur tout ce qu’il y a de nouveau. Sans surprise, je suis jamais montée dans une limousine. Encore moins une aussi classe. Faut dire que les parents de l’Asperge tenaient pas tellement à montrer ma petite tête blonde partout. Et faut dire, que ça me posait pas tellement de souci de couper à ce genre de soirées, vu les souvenirs de l’autre. Pourtant ce soir, par amour de la Science, je braverai tout ça ! Et un peu aussi parce que Death m’a promis qu’il y aurait des montagnes de sucreries à se foutre sous la dent, mais chut. J’ai beau avoir pris deux plâtrées de pancakes au Diner avant de quitter mon service, je commence à avoir les crocs et manquerait plus qu’il cache le buffet par peur de faillite.

Le trajet est plus court que prévu, surement parce que je l’ai passé à héler Angie et sa sœur sur chaque petits points d’émerveillement. Ou peut-être parce qu’on a bien ri avec les filles ! Faut dire, je suis contente qu’elles s’entendent aussi bien. Même si c’est un peu normal vu qu’elles sont toutes cools ! Une bonne team, qu’importe depuis quand je les connais. Dans la valeur des coupains, c’est pas le temps qui compte le plus. Ah ça non ! Et notre sortie digne des Anges de Charlie, ça montre bien ce que ça montre ! J’enlève même des lunettes de soleil qu’on m’a refilé et balance ma tête façon l’Oréal. Après tout, c’est ce qu’il faut faire, non ?

On finit par avancer dans le hall. La première dame met un petit moment pour trouver mon visage sur son papier. Faut dire, que je me ressemble plus vraiment, maquillée et coiffée par les mains expertes de Dahlia. Je suis obligée de faire une grimace pour que ça paraisse plus évident et c’est parti pour le second round. J’ai l’impression d’être aux contrôles du centre d’Aviations. L’Aventure promettant d’être vachement plus exotique que d’habitude pour sûr ! On oublie souvent qui sont les vraies barbares, je vous le dis !

Je laisse donc ma veste au vestiaire et je tends le papier taché de sirop d’érable à la dame qui me le demande. Rien d’étonnant à ce que sous régime alimentaire, j’ai mis : Sucre. Après tout, je risque de pas trop manger sinon et j’ai le ventre qui gronde déjà. Si si, je vous assure. Tellement fort que quand on me signale que j’ai pas signé en bas de la décharge, elle me fait des yeux étranges. A croire que dans ce monde, on a pas faim ? Dans tous les cas, je lui signe son papier sans vraiment le lire. Si les filles ont signé c’est que c’était bon, non ?

Une fois toutes passées, Dahlia se tourne vers nous pour nous dire de ne pas faire trop de bêtises et nous laisse découvrir un peu les lieux. Autant dire que quand on repère la piscine avec Angie, on a la même idée qui nous traverse l’esprit. Dans son regard, je lis sa question silencieuse et je hoche la tête. Ni une ni deux, elle court et plonge sans réfléchir. Je commence à courir à sa suite, mais je m’arrête un instant.

Pas parce que j’aurais soudainement compris que je m’apprête justement à faire ce que Dahlia nous a recommandé de ne pas faire à peine quelques secondes plus tôt. Non, c’est juste que sa robe a l’air de valoir le prix de mon appartement, si c’est pas plus, alors ça m’embêterait de lui abîmer. Et aussi parce que je risquerais de couler à piquer avec une telle cote de mailles. Je commence donc à me tortiller pour retirer la prison de tissus. Je manque de me casser la gueule se faisant mais je finis par y arriver. Je relève alors le visage et je repère Death avec un autre visage familier près de l’eau. La nouvelle idée met autant de temps que la première à germer. C’est parti !

A l’eau, les poulettes ! que je gueule en tentant de me la jouer joueuse de football américain pour les entraîner avec moi dans l’eau.

Autant dire que pour la fonte dans le décor, on repassera. La discrétion, ça a jamais vraiment été mon truc ! Et j'ignore si j'ai réussi à venir à bout de mon plan machiavélique.


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Lun 28 Mar 2016 - 0:54
E la regina

Lieu :

Villa Sophia

Date de l'événement :

Mars 2016

Participants :

cf. Scénario

Précédemment:

Together alone

A suivre:

La danseuse et le gymnaste



***


Comment décrire la sensation de bonheur et de bien être que procurait au corps un bain de récupération ? Nikiya avait répété toute la journée. Six heures de danse intensives avec un nouveau partenaire. 
Son compagnon habituel de scène s'était blessé la veille et si, en temps normal, un autre couple de danseurs les auraient remplacé pour le reste des représentation, le Edimbourg City Ballet n'avait pas vraiment l'intention de faire une croix sur leur nouvelle vedette toute droit arrivée de France qui leur permettait d'afficher "sold out" sur cette nouvelle production. 
Pour Nikiya, c'était presque repartir de zéro, mais elle avait soif de relever ce défi.

À sa propre surprise pourtant, cet état de fait n'occupait pas tout son esprit. Et si sa concentration sur les planches était toujours optimale, elle s'était montrée plutôt distraite le reste du temps ni ne s'était attardé après la répétition. A peine changée, elle avait passé un jogging sur son justaucorps, une paire de baskets au pied et avait repris le métro, l'esprit ailleurs. 

A vrai dire, ses pensées étaient accaparées par la perspective de la soirée à laquelle elle avait été conviée. 
Car si notre étoile se tenait plus ou moins volontairement à l'écart des potins mondains, la rumeur de cet événement hors du commun n'avait pas échappé à ses oreilles. 
Généralement, elle ne se pliait au jeu des mondanités qu'avec réticence. Elle était, certes, une habituée des galas de l'opéra, mais ne prenait que peu de plaisir à être exhibée comme un bel objet, présenté comme une étoile montante, un talent à ne pas rater. Alors son rôle était de sourire, de remercier modestement les compliments et de faire les yeux doux aux mécènes. Plus jeune, elle s'était pliée à cet exercice pour sa survie au sein du corps de ballet. Elle avait depuis revendiqué son refus de passer pour une potiche et était sortie de ce carcan appliquée à toute. Mais elle savait que seul son don pour la danse lui avait permis un tel comportement. 
Pour en revenir à ladite soirée qui attendait notre protagoniste, elle ne savait que penser de ces bruits de couloirs. Où s'arrêtait la vérité et où commençait le fantasme de toutes celles qui n'y étaient invitées ? -puisque les mâles en semblaient systématiquement exclus.
Lotte était rentrée chez elle vers dix sept heures pour se laisser un peu de temps pour se préparer. Elle était de toute façon trop curieuse et -avouons-le, excitée - pour faire des heures supplémentaires. 

L'invitation, à l'image de la femme qui en était à l'origine, était aussi mystérieuse qu'intrigante. Nikiya ne pouvait que vaguement imaginer ce que serait cette soirée probablement très chic mais également très sélect. Malgré tous les "on dit", elle n'avait pas la moindre idée de quels seraient les invités triés sur le volet mais se réjouissait de rencontrer du beau monde. Elle ne doutait pas du fait que les profils seraient aussi variés qu'intéressants, du moins, c'est se qu'elle espérait. Le soin que l'hôtesse avait porté à garder cette réception confidentielle laissait, comme la rumeur le laissait entendre, entrevoir à la première danseuse, un événement sortant définitivement de l'ordinaire. Alors, l'esprit espiègle de la jeune femme vagabondait vers les délices d'une telle réception, tandis que l'ascenseur de l'immeuble la hissait jusqu'à l'étage où elle louait un luxueux appartement de New Town.

Sous le bras, elle portait deux paquets que lui avait remit le concierge de la résidence à son passage devant la loge. Elle avait sourit intérieurement, regardant les soigneux colis crèmes et or griffés d'une grande marque française.
Une fois chez elle, elle avait posé les larges boîtes dans un coin avant d'abandonner un à un ses vêtements à mesure qu'elle traversait le loft lumineux pour rejoindre la salle de bain. Elle fit couler un bain d'eau glacée et y plongea avec délectation. Le contraste était aussi violent que délicieux, tandis que son corps encore chaud de la séance intensive de travail, pénétrait dans l'eau. Elle ferma les yeux, écoutant la musique silencieuse de son corps semblable à une douce symphonie où tout fonctionnait en harmonie.

Délassée, revigorée, elle était sortie de l'eau comme de son lit, aussi reposée et dispos qu'après une bonne nuit de sommeil. A croire qu'elle n'avait pas passé six heures sur pointes plus tôt dans la journée. Seule preuve, peut-être, ses pieds encore rougis par la dureté des chaussons et la rigueur du travail. Nue, elle s'assit sur son lit, à ses côtés était posé un kit de crèmes, pansements et autres bandages. Se soigner était un rituel indispensable d'autant plus qu'elle devait être parfaite pour ce soir. Elle observa avec satisfaction la repousse d'un ongle arraché quelques jours plus tôt. 
Une fois chouchoutée, crémée sur tout le corps et les cheveux séchés, elle se posa sérieusement la question d'ouvrir les paquets qu'on lui avait fait parvenir. 
Dans le premier, une paire de stiletto dont la hauteur de talon fit pâlir un instant notre héroïne - passer sa vie sur pointes était, quoi qu'on en dise, autre chose que sur des aiguilles. À l'intérieur du second, et parfaitement accordée au contenu du premier, une robe de soirée tout à fait élégante. 
Lotte ne voulait pas savoir comment son frère avait su pour l'invitation et elle voulait laisser au hasard cette livraison fortuite, qui n'avait rien, elle le savait, d'une coïncidence. 

Elle se glissa alors dans de jolis sous-vêtement avant de revêtir cette pièce de haute couture, se maquilla avec une discrétion nude et tenta de dompter ses cheveux trop souvent laqués en chignon serré. 
Mine de rien, elle ne savait pas aussi bien faire que les professionnels qui l'entouraient quotidiennement. Elle était clairement trop maternée de ce côté là. Chaque soir de représentation et ce depuis de très nombreuses années, coiffeurs et maquilleurs s'évertuaient à l'embellir, tandis que des habilleuses l'aidaient à entrer dans des costumes sublimes. Alors forcément... 
Du reste, ce soir son charme naturel pouvait enfin prendre le pas sur une allure trop sophistiquée ou sur-faite. D'un dernier coup d'œil dans le miroir, elle se trouva plutôt joli -ce qui était, dans le doute, déjà ça.

Elle appela le chauffeur dépêché par la Duchesse, glissa une petite trousse de toilette, un déshabillé et une tenue de rechange dans un tote bag, et pris à la main une petite pochette, laquelle ne contenait que l'extrême nécessaire. 
Une limousine noire arriva quelques minutes plus tard et Lotte jeta un coup d'œil à l'heure. Sept heure et quart. 
Une fois dans le véhicule de luxe, la jeune femme souffla un peu. Se laissant conduire, elle ne s'occupa ni du chemin, ni du temps qu'il fallu pour laisser derrière eux la mégalopole. Ici, la campagne dominait le paysage et dans la nuit tombante et humide, se découpa enfin la silhouette imposante une immense demeure et ses dépendances. 
La voiture s'immobilisa dans la cour de cette résidence moderne et le chauffeur lui ouvrit la porte. Lotte était difficilement impressionnable mais la sensation qui s'installa au creux de son ventre était étrange mais pas inconnue. Elle l'avait également ressenti lors de sa première rencontre avec la duchesse.

Elle rejoignit, d'un pas élancée, l'entrée où elle fut invitée à entrer après remise du contrat et du téléphone portable. 
L'intérieur de la demeure était splendide. Chaque espace semblait parfaitement pensé pour ses proportions, sa lumière, ses couleurs. La somptuosité des matériaux, le goût de la décoration, le raffinement qui se dégageait du lieu collait à l'image que c'était faite Nikiya des Lampeduza à leur première rencontre. 
Des invitées aux domestiques, la soirée était bien exclusivement féminine, cependant, madame la Duchesse n'était pas encore visible. D'autres convives en revanche avaient déjà pris leur aises. 
Lotte, pour sa part ne pouvait que sentir un mal à l'aise grandissant, comme si son corps s'était... "tut (?)". Elle ne laissa pourtant nullement transparaître ce ressentit, elle, si bien habituée à cacher derrière le masque de la grâce, l'inconfort et la douleur. 

Quel ravissement ce fut donc de voir Dahlia en ces lieux. Sa présence eut le don de rassurer notre héroïne. Persona était tout simplement resplendissante et un petit pic de jalousie passa dans le sourire de notre héroïne. L'actrice était en pleine salutations, un verre à la main et un sourire charmant sur les lèvres... Lotte chassa une pensée et la salua d'un petit signe de main. Elle aurait tout le temps d'aller saluer plus chaleureusement son amie et ancienne amante, car même si elle mourrait d'envie de le faire immédiatement, il aurait été malvenue, pour son ego, de le laisser transparaître !

Lorsqu'une serveuse passa à sa hauteur, elle s'autorisa une coupe de champagne pour y tremper seulement les lèvres, sentir le goût fruité mais sec et les fines bulles sur son palais. Jetant ensuite un œil sur le salon, la danseuse ne pu que remarquer les fenêtres qui donnaient sur la terrasse. L'une était ouverte et l'on pouvait par delà voir le bleu turquoise d'une piscine d'où s'échappait les vapeurs de l'eau chaude dans la fraîcheur de février et dans laquelle, semblait-il, une femme avait déjà plongé toute habillée. Elle s'approcha légèrement des baies vitrées ouvertes pour observer plus amplement la scène. Deux autres femmes, restées sur le bord semblait profiter de ce moment pour fumer une cigarette. C'est alors que son regard amusé tomba sur une quatrième demoiselle qui avait fait le sage choix de quitter sa robe avant d'entrer dans la piscine tout en essayer d’entraîner avec elle les deux fumeuses. Demoiselle qui ne lui était d'ailleurs pas inconnue ! La jolie blondinette qui se tortillait hors de sa robe n'était autre que cette petite guide du muséum d'histoire naturelle ! 
Le visage de Nikiya s'illumina d'un sourire indéchiffrable avant que la jeune femme ne se détourne de la scène cocasse. Son regard tomba sur une ravissante blonde qui semblait aussi bien lorgner sur des choux à la crème que tu les différentes caméras qui semblaient les filmer. La danseuse ne les aurait d'ailleurs pas remarqué tout de suite si elle n'avait pas surpris un regard furtif vers l'un des dispositifs. Elle s'était également dirigée vers la table portant les choux si convoité. Davantage par désir d’entamer la conversation que de réellement manger, elle s'adressa à la femme vêtue de rouge :

-Ne les dévorez pas comme ça du regard, prenez-en un et donnez-m'en un autre, fit-elle avait un air espiègle et gentiment moqueur.
Nikiya
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Lun 28 Mar 2016 - 19:30


Loïse Moore



    Bien. Donc, nous revoilà avec les deux Tanit. Élias avait très (très) fortement insisté pour emmener sa sœur sur place. Il espérait réussir à la dissuader d’aller à cette soirée, avant qu’ils abordent l’antre de La Lampeduza. Comme on dit entre nous. Mais, vouloir décourager Abigaël, c’était un peu comme de vouloir arrêter un Ouragan : peine perdue. La provocation de la sorcière avait fonctionné, comme le chant d’une sirène maléfique.


    -… et puis tu sais que si ce n’est pas un piège, elle en profitera quand même pour te provoquer. Aby… tu n’aura même pas tes pouvoirs. Non vraiment, je le sens mal… Grommelait le Viking pour au moins la quatrième fois.

    -Ce que tu peux être trouillard quand tu t’y mets. Il faudra plus que les petits tours de cette vieille peau pour m’arrêter. Avec un peu plus d’un siècle dans son dos, notre amie avait comme qui dirait une appréciation du danger assez laxiste.

    - Joachim aussi pensait être plus fort que les autres et regarde où ça l’a mené. Outch. Ça, c’est… plutôt bien placé Eli. Mais, si tu ne veux pas te recevoir un poing, je te suggérerais….

    -La ferme Elias. J’y vais. Alors, fais-toi à l’idée une bonne fois pour toutes et accélère. On va être en retard. Je l’avais dit, ou non ?

    La villa Sofia. Dernier arrêt. Élias avait ressenti ce petit picotement, dans le creux de la nuque, au moment où Aby était descendue de la voiture. Il avait levé les yeux une seconde trop tard pour pouvoir apercevoir la personne qui les épiait des hauteurs. Hou, ça sent le film d’horreur là… Personne n’est cardiaque, ici ?

    -Je t’appelle demain matin. Bisous.

    - Ouais… Fais attention. Eh ouais, El’ tu n’iras pas plus loin sur ce coup.


    **
    *

    La suite maintenant. Abigaël rajusta la hanse de son sac sur son épaule. La malice gagna son sourire de blonde. Elle avait complètement joué sur la carte de la poupée acidulée et Innocente. Of course. Mais vous savez ce qu’on dit ? Il faut se méfier des jolies filles. Persona vous le confirmera.

    Depuis qu’elle est née, Aby a entendu parler de cette immortelle. La Sorcière. Sveda n’avait jamais voulu lui raconter toute l’histoire. Mais le seul fait d’évoquer ce Prodige suffisait pour allumer une lueur rarissime dans les yeux de Tohum. Une légende urbaine, quoi. Normal dans ces conditions, que sa fille soit curieuse. Par deux fois déjà, elle avait manqué le couple en Europe. Mais cette fois, Strega lui avait simplifié les choses. Je ne donnerais pas mon avis sur cette tactique d’approche…


    -A nous deux la Vipère.

    Un plan architectural ne rendait jamais justice à la réalité. Aby devait reconnaître que son adversaire savait comment en mettre plein les yeux. Probablement, parce qu’elle avait été élevée dans la démystification de la richesse, la jeune immortelle observait tout ce luxe avec recul. Elle donna ses documents à l’hôtesse d’accueil, avant de demander tout de suite à se rendre aux WC.

    Règlement ou pas, on ne se rendait pas dans la bouche de l’Enfer, sans prendre quelques précautions. Oui c’était une triche dangereuse, mais attendons de voir. Les deux armes dissimulées avec soin sous la robe, il ne manquait plus qu’à se repoudrer le nez ! Des trois filles, encore en vie de Sveda, Abigaël était –selon elle- celle qui lui ressemblait le moins. (Oui vous pouvez rire.) Pour autant, il ne serait pas très difficile à Nikolas de l’identifier.

    Les invitées étaient arrivées par vagues. Le rez-de-chaussée était d’or et déjà animé. Évidemment, la Duchesse n’était pas encore dans le coin.


    -Alors… laquelle ?

    Étape une, se fondre dans le nid. Puis, attendre de voir la reine mère pointe le bout de son nez. Avec un peu de chance, il y aurait une ou deux nanas sympas. Tiens, mais ce n’était pas Edge par là bas ?
Tohum
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Mar 29 Mar 2016 - 22:34
E la Regina
Feat. Ces dames.


Aux environs de 21h15, l’une des employées -Julia Mac Gregor de son état- se dirigea tranquillement vers la porte d’entrée, pour la verrouiller de l’intérieur. Vous êtes maintenant consignées sur la propriété des Lampeduza, dont le portail vient lui aussi de se refermer.

Huis clos.

L’élégante Anglaise laissa un avenant sourire s’épanouir sur son visage. Une étincelle de curiosité brilla dans son œil rusé quand elle reconnut son interlocutrice. Elle ne perdit pas un instant pour réagir à l’ouverture que venait de lui proposer cette politicienne écossaise. Ce genre de soirées étaient aussi faites pour créer pareilles occasions.

- Madame l’ambassadrice ! Je suis une admiratrice de votre travail. Lizbeth Featherworth. Chasseuse de têtes… pour le principal. Enchantée ! Puisque nous sommes là. Peut-être pourrais-je vous aider ?


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Domestique n°3

Miss Ridley, nouvellement arrivée au service, se fera un plaisir de vous servir.

Pendant que quelques adaptes de Machiavel liaient connaissances, Fawn se doit donc de réprimer, un soupir excédé, en voyant de drôlesses piquer un plongeons dans la piscine. Elle avait été assignée à la surveillance de cette zone et fut donc de corvée. Elle attrapa deux draps de bain et alla –poliment- demander à Angie et Charly de bien vouloir sortir leurs jolies paires de fesses de l’eau. D’ailleurs, elle les presse, comme si le temps était minuté.

La musique, jusqu’à présent chantante, change alors diamétralement de style. Ce sont des percussions lentes et profondes qui remontent des amplificateurs. Un son bas, lourd, qui va graduellement augmenter pendant de longues minutes tout autour de vous. Les amateurs imageront le continent noir, alors que cet écho revient du fond des Temples antiques. Sans que vous ayez à faire le moindre effort, votre rythme cardiaque va se mettre au diapason de cette mélodie.

Alors, une à une les charmantes servantes, vous tendrons un petit gobelet en argent. Rempli au deux tiers d’un liquide doré vous fera-t-il penser au miel fermenté dont -dit la légende- les Dieux nordiques se répétèrent aux nuits de liesses. Le breuvage est doux avec en arrière goût légèrement amer. L’hydromel, l’un des tout premiers alcools connus par l’Homme, dont seuls les vieux bouilleurs de cru préservent la recette d’origine.

C’est probablement une façon de vous dire « Bienvenue ».

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Amélia Powell

Il vous est peut-être arrivé de déguster un cigare ? En fine connaisseuse vous aurez savourez un « Clark ». Voilà la chargée aux relations publiques de l’entreprise familiale.


Dégustez tranquillement. Ensuite, d’un aimable sourire, celles qui se sont faites guide, vous attireront une à une dans le second salon, celui du piano. Elles vous caresseront dans le sens du poil, au sens figuré, ou au sens propre, selon votre curiosité tactile. Car oui, il semble que les entraves n’aient cures dans la Villa Sofia. A l’image de ces demeures grecques où l’on fit fleurir les préceptes d’Épicure, ou était-ce Aristippe ?

Les lumières déclineront peu à peu, jusqu’à ce que les ombres des unes et des autres soient projetées sur les murs. Les écrans qui diffusaient des portraits de femmes se sont simultanément arrêtés. Le blanc immaculé des murs semble prêt à servir de support… Vous vous sentirez projetées dans un théâtre. Un théâtre d’ombres…
Si d’aventure vous aviez consommé l’un des mets présents dans la villa, que ce soit l’eau (de la piscine) ou les choux à la crème, vous voilà habitée par une douce chaleur corporelle. Ce n’est pas désagréable. Vous vivez là une « élévation » contrôlée, qui modifiera très légèrement vos repères spatiaux et temporels. Les effets seront plus ou moins longs selon chacune de vous, dépendamment de votre corpulence, ou encore de vos relations avec les drogues.

Alors, dans ce petit état de flottement, sans doute profiterez-vous totalement du jeu d’Ombre qui se diffuse sur les quatre murs qui vous entourent. C’est une 4 dimensions que même Spielberg n’a su reproduire avec ses machines. L’histoire pourrait s’apparenter à un conte, une légende, ancestrale, car tout semble métaphorique. Les personnages sont des hommes, mais des bêtes aussi, ils combattent et meurent ensuite. En fait, c’est un peu l’Histoire de l’Homme.

Au cours de ce qui semble être « l’introduction ». Les femmes que vous avez pu croiser semblent s’être volatilisées. Disparues.
Vous n’êtes plus que vous. 10 jeunes (ou moins jeunes) femmes. Enfin, c’est du moins la première impression que vous pouvez-vous faire dans cet étrange silence nocturne. Mais si vous regardez attentivement dans la pièce. Très attentivement. Vous finirez par discerner la lueur d’une petite flamme dans un coin. Ou plutôt deux.

Celles qui s’approcheront verront ainsi les silhouettes de deux des femmes présentes juste avant la scénette. Une femme blonde et une femme brune qui portent toutes deux la même robe rouge. Chacune se tient en effet devant une porte dissimulée dans le mur. Chacune tient, entre ses paumes, une bougie qui éclaire un sourire amusé.

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Jessica

Jessica Keenan est une jeune héritière américaine. C’est également une talentueuse avocate, aux dents et à l’ambition longues.
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Guilia

Cette splendide italienne au sang bien trempée est aussi la belle-sœur de votre hôte de ce soir.

- Deux gardiennes. Chacune devant une porte. L’une mènerait au Paradis, et l’autre en Enfer. Début-elle tranquille.

- L’une des gardiennes dit toujours le contraire de la vérité, et l’autre, au contraire, ne dit que la vérité. Précise l’ensorcelante Américaine.

- Vous ne savez pas. La quelle de nous deux dit la vérité. Ni laquelle de nous deux vous ment. Pourtant, vous aimeriez sûrement aller au Paradis. N’est-ce pas ? Taquina-t-elle en posant ses yeux sombres sur l’agent de police.

-Pour cela, Vous pouvez poser une question Attention, Vous n’a droit qu’a une et une seule questions. À l’une d’entre nous.

- Alors, quelle est cette question pour ne pas finir en Enfer ?

Il semble mesdames que votre soirée est belle et bien ouverte. En réponse à cette question métaphysique, des aboiements, longs, plaintifs, s’élèvent tout à coup du chenil. D’ailleurs, avez-vous remarqué ? La lumière n’est toujours pas revenue. Tandis là haut une Duchesse retient un sourire en se tournant vers un coin d’ombre.

Le dernier élément va se mettre en place. Ensuite. Elle seront tout à vous.

Strega
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Dim 3 Avr 2016 - 20:27





SCENARIO


"E la Regina"

Gabrielle espérait sans doute pouvoir rester tranquillement dans son coin, sans qu'on ne vienne la déranger plus que tant. Mais c'était sans compter les femmes qui étaient invitées ce soir-là. Elle vit bien rapidement une nana sauter dans l'eau toute habillée, se moquant bien de la robe hors de prix qu'elle portait. Ce qui ne manqua pas d'amuser l'agent, qui eut un petit sourire en coin en la voyant faire, tout en recrachant lentement la fumée qu'elle venait de tirer.

Une belle femme noire, vint alors vers elle, pour lui demander une cigarette. Si Rix était assez du genre associable, elle ne disait jamais non à un fumeur en manque de sa nicotine. Dans un simple mouvement elle sortait une cigarette du paquet et la tendait à la dame.

- Vous pouvez oui. Avec un léger sourire, tout en lui donnant aussi son briquet, avant de reprendre une taffe de sa cigarette, acceptant le compliment. Vous avez vu juste, c'est vrai, je n'ai pas à m'en plaindre. Une connaisseuse?

Au moins, n'aurait-elle pas trop de mal à faire la conversation avec une motarde. C'était un point commun qui pouvait lui plaire. Et lui éviter des conversations beaucoup plus barbantes. Mais à peine avait-elle posé sa question, qu'une petite blonde s'agrippa à elle pour tenter de la foutre à l'eau. Ce qui n'était guère au goût de la profileuse, qui ne tenait pas, pour le moment, à prendre un bain forcé. Dans un mouvement assez déconcertant et avec facilité, elle fit en sorte de lui faire lâcher prise et l'élan prit par Charlie, l'envoya seule - ou en tous les cas sans elle - dans la flotte.

- Sans façon, merci. Lâcha-t-elle alors laconiquement. En regardant les dames barboter.

Puis son regard fût attiré par les mouvements à l'intérieur de la maison. Les dames arrivaient les unes après les autres. Il y avait du monde là-dedans et Kreizler ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle n'avait vraiment rien à faire là. Un peu comme les deux qui profitaient de la piscine, non sans joie à voir leurs têtes. Mais l'amusement semblait voir sa fin, quand une des jeunes femmes du service, fit comprendre qu'il était peut-être temps qu'elles sortent de la piscine.

La musique avait changée, elle trouvait étrange d'entendre une telle chose dans un tel endroit. Enfin, tous les riches avaient le droit d'être excentriques, n'est-ce pas? Elle prit le gobelet qu'on lui tendait et renifla la liqueur qui se trouvait dedans, tout en écrasant le mégot de sa cigarette dans le cendrier prévu à cet effet.

- Qu'est-ce qu'on risque?
Lança-t-elle alors à celle qui se trouvait près d'elle. Puis haussant finalement les épaules, elle but cul sec le verre. On vivait dangereusement ou pas, n'est-ce pas?

Rix restait attentive à ce qu'il se passait, mais pour le moment, elle suivait le mouvement, curieuse, quand même, de voir où cette soirée les mènerait. Plutôt peu causante, elle restait en retrait en général, se retrouvant dans la même salle que toutes les autres, fixant les murs, n'étant guère réceptive à quoi que ce soit. On pouvait sentir qu'elle avait monté des barrières énormes, pour qu'on la laisse tranquille le plus possible. Il était difficile de la caresser dans le sens du poil, dans tous les sens du terme, malgré toute la douceur que tentait de mettre la belle Estelle O'Neal. La profileuse s'intéressait avec plus de ferveur à ce qui se diffusait sur les murs.

Elle respira mieux, une fois qu'on arrêta de l'assaillir de toutes parts. Le fait d'être seule - enfin si on pouvait le dire comme ça - lui fit du bien. Que le personnel de la demeure ait disparu des lieux, lui convenait. S'il n'y avait vraiment plus que les convives, qui ne l'approcheraient pas avec autant de facilité, cela lui allait. Bien entendu, ça ne durerait pas. La faible lueur l'attira, comme le tigre curieux qu'elle pouvait être.

Rix ne savait que penser de tout ce qu'elle entendait. Les bras croisés, elle observa les deux femmes, se demandant dans quelle secte elle venait d'entrer.

- Super... j'adore les énigmes.
Murmurè d'un ton sarcastique. Secouant la tête, alors que l'un d'elle parlait de Paradis. C'était mal connaître les envies de la flic, en tous les cas. Elle regarda les autres femmes présentes, les laissant choisir la question qu'elles voudraient poser. Elle, pour le moment, continuait à suivre et surtout, observer.

Et puis l'Enfer... ça pouvait être aussi intéressant.

Codage par Libella sur Graphiorum

Rix
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Tu ne t'intéresses aux gens
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Dim 3 Avr 2016 - 21:14
Ma mise en garde avait été vaine, mais fallait-il s’en étonner finalement ? En voyant Charlie et Delight tourner autour de la piscine, je n’avais aucune peine à imaginer la suite des événements. A leurs côtés se trouvaient la jeune femme blonde, et Death, la fameuse et intrigante sœur de Delight. Mon regard se posa un peu plus longtemps sur elle et sur sa robe rouge, simple mais élégante. Je ne me l’expliquais pas, mais quelque chose chez elle attirait mon attention. Je trouverais peut-être le moyen de discuter avec elle plus tard dans la soirée.

Si elle survivait à l’attaque surprise de Charlie, qui avait au moins eu la bonne idée d’enlever sa robe avant de se jeter à l’eau à la suite d’Angie. La blonde fumeuse ne se laissa cependant pas faire. Esquissant un léger sourire, je reportais ensuite mon attention sur la salle, trempant à peine mes lèvres dans la coupe de champagne qui me servait surtout d’accessoire et pour occuper mes mains. Je remarquais alors de nouvelles arrivantes.

Miranda fit son entrée en compagnie de deux femmes que je me rappelais être liées à Arkadia. L’une d’elles était de plus ambassadrice de l’arche, et l’autre restauratrice, si mes souvenirs étaient bons. Et ils l’étaient généralement. Vaguement intriguée, je ne fus cependant pas surprise de leur présence à cette soirée. Si je ne le montrais pas, je les observais toutes trois avancer dans la salle, osant un discret hochement de tête lorsque mon regard croisa celui de Miranda. J’en déduisis par son attitude qu’elle était là pour le travail. Quoique, je me demandais si, comme moi, l’assistante de Rose savait réellement quitter ses fonctions.

Cela promettait au moins une soirée de plus en plus intéressante.

J’étais en train d’aborder Estelle O’Neille, l’interrogeant sur ses derniers rôles avec légèreté et candeur, lorsque Lotte fit à son tour son entrée. Nous nous étions mutuellement remarquées, mais l’une comme l’autre nous savions qu’il était préférable de faire durer le plaisir. Je continuais à discuter, surveillant cependant du coin de l’œil la silhouette souple de la danseuse. S’il était une certitude, c’était que la savoir en ville quelque peu ma curiosité, et me rappelait d’agréables souvenirs, et attisait. Le premier sentiment m’avait poussé à la contacter pour savoir si elle était toujours pareille après ces années, et le second d’accepter ses invitations à la voir danser. La curiosité se fit toutefois plus intense lorsque je la vie aborder Miranda, et pour la première fois, j’osais les observer directement en haussant un sourcil surpris.

Le bruit de la porte me ramena à la réalité, et je tournais la tête en direction de l’entrée. Plus de sortie possible, donc. J’eus à peine le temps de remarquer une jeune femme qui était arrivée entre temps que les choses commencèrent à s’animer. Souriant innocemment, je remerciais avec enthousiasme la jeune femme qui me servit un verre de ce qui s’avéra être de l’hydromel. Reposant mon verre de champagne à peine touché, je fis de même avec l’alcool de miel, le sirotant par politesse plus que par réel intérêt. L’alcool ne m’avait jamais intéressé, quoi que je pouvais me targuer d’avoir une bonne descente.

Une des membres du personnel m’entraîna alors dans la pièce suivante, passant une main le long de mon bras. Si je me gardais bien de répondre à ce geste, un léger sourire en coin apparut sur mes lèvres. L’endroit était d’une étonnante blancheur, et le léger effet euphorique mais inhabituel me signala que quelque chose clochait. Je connaissais mon corps pour en découvrir les moindres mécanismes et problèmes, et je songeais un instant au champagne et à l’hydromel. Néanmoins, je préférais ne pas trop m’en inquiéter, étant étonnamment bien et de toute manière sans doute peu touchée par ce qu’on avait bien pu mettre dans mon verre.

Gloussant légèrement, je glissais dans la direction de Nikiya avec un grand sourire.

"Ma chère, quel plaisir de te retrouver ici ce soir ! Tu m’avais manquée."

Je m’approchais pour lui poser un baiser sur la joue, mais qui se trouva finalement être dangereusement proche de ses lèvres. Par jeu, ou simplement pour être dans mon rôle plus que réellement à cause de cet étrange état. Quoique. Je m’éloignais ensuite et laissais échapper un léger rire cristallin en voyante apparaître les ombres sur les murs. Malgré cette apparente légèreté, je suivis avec attention l’histoire qui nous était contée. J’aimais beaucoup les histoires, c’était révélateur de tant de choses…

Il me fallut quelques temps pour remarquer que le personnel avait disparu, ne laissant que dix invitées. Une lueur se dessina alors au loin, laissant finalement apparaître deux femmes. Je m’approchais légèrement pour découvrir que chacune se trouvait devant une porte. Elles prirent alors la parole, le sourire en coin, et après qu’elles nous aient énoncé leur petit mystère, je battis joyeusement des mains.

"Une énigme, quelle belle idée !" Et au-delà de la supercherie, l’idée me plaisait effectivement assez. Même si, finalement, l’Enfer ne pouvait-il pas s’avérer aussi intéressant que le Paradis en ces lieux ? Mimant un grand enthousiaste, je me tournais vers les autres jeunes femmes, tout sourire. Avec amusement, je gloussais, sans paraître sérieuse : "Oh, je ne sais pas quelle question poser ! Mais bon, ces deux jeunes femmes ont l’air bien charmant, si on leur demandait leur avis sur le choix de l’autre concernant le paradis, peut-être pourraient-elles nous aider un peu…"

Peut-être n’était-il pas prudent d’énoncer ma véritable pensée, même indirectement. Mais tant pis, il fallait parfois prendre des risques. Et c’était un jeu après tout, non ? Pour l’heure, je préférais observer la réaction des autres, la jeune femme blonde ayant décidé de faire de même. Avec Miranda, cela fait donc au moins trois observatrices ce soir, donc.
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Lun 4 Avr 2016 - 16:46
Allongée sur le dos, je me laissais porter par l'eau, apaisée par le rythme doux du clapotement de la piscine et des conversations. J'aurais pu aller me mêler aux autres convives, grignoter quelques petits-fours, mais ces considérations mondaines me paraissaient moins attrayantes maintenant que j'étais immergée. Moi qui me réjouissais encore, à peine une heure auparavant, d'un tel gala, voilà que je me languissais d'une tranquille solitude. Rien de très étonnant : mes humeurs avaient toujours été changeantes, sensibles aux signaux les plus subtils. Et quelque chose me disait que cette soirée n'allait pas s'orienter vers la fête, du moins pas comme je la concevais. Ma robe, si légère l'instant d'avant, m'apparaissait soudain bien lourde, comme si quelque chose essayait de me tirer vers le fond.. Songeuse, je contemplais le ciel nocturne au-dessus du domaine, comparant chaque étoile scintillante à une arche lointaine et pleine de possibilités. Peut-être aurais-je plus ma place sur l'une d'entre elles ; ce n'était pas la première fois que je me posais une question de ce genre, et ce ne serait certainement pas la dernière...

Un bruit d'éclaboussure vint m'arracher à ma rêverie, et les vagues provoquées par le plongeon forcé de Charlie m'encouragèrent à m'immerger encore plus profondément. Je me laissai couler, debout au milieu de l'eau, mes cheveux submergés flottant paresseusement au-dessus de moi. J'ouvris les yeux, contemplant Charlie avant qu'elle ne remonte à la surface. Je luis fis un petit signe de main et ne put m'empêcher de sourire ; il y avait des personnes qui dégageaient tellement de bonne humeur et d'enthousiasme qu'ils ne pouvaient qu'être contagieux, et la blonde en faisait assurément partie. Il était agréable d'être celle qui réagissait aux humeurs d'autrui, pour une foi, et ce sans qu'aucun pouvoir n'entre en jeu. Je remontai à mon tour, aspirant une profonde goulée d'air avant de réaliser qu'une des femmes du personnel nous faisait signe de sortir de la piscine. Je rejoignis le bord et me hissai à l'extérieur, acceptant avec plaisir l'épaisse serviette qu'on me tendit. Le temps était doux, mais les nuits étaient encore fraîches, et il était toujours agréable de se pelotonner dans un linge après un bon bain. Sans prendre la peine de remettre mes chaussures, et bien emmitouflée, je me dirigeai vers les autres invitées, qui s'étaient réunies.

De son côté, Death avait accepté la cigarette tendue par Gabrielle, toujours agréablement étonnée de voir à quel point la solidarité des fumeurs était aussi universelle. Des gens qui ne se seraient jamais adressés la parole se retrouvaient rassemblés autour de quelques bâtons de nicotine, d'un briquet et de la reconnaissance silencieuse d'un vice partagé. Son immortalité la préservant des effets nocifs de la chose, Death avait toujours pu s'adonner à ce petit plaisir sans y penser, et ce n'était pas une soirée dépourvue de ses dons qui allait y changer grand chose. Elle restait néanmoins fascinée par la propension qu'avaient autant de mortels à entreprendre sciemment une activité qui allait irrémédiablement réduire leur espérance de vie sur le long terme. Loin d'elle l'idée de leur faire la leçon, d'autant que cela faisait finalement partie de ce qui les rendait si intéressants.

« Une harley, de 58. Merci pour la cigarette. » avait-elle renseigné Kreizler, contente d'y trouver une connaisseuse. Elle n'eut pas besoin d'en dire plus, parce qu'il était parfois agréable de simplement partager un instant cigarette avec quelqu'un sans qu'on ne se sent obligé de parler plus que cela pour meubler le silence. Et puis elles n'auraient de toute façon pas eu le temps de se dire grand chose, Charlie fonçant dans le tas pour se retrouver ensuite frappée du sort qu'on lui connaît. Death s'était contentée de s'écarter d'un bond discret, avant d'éclater de rire. La soirée ne serait peut-être pas aussi pompeuse que prévue... Quant à moi, terminant tranquillement d'égoutter, je m'étais rapprochée des deux femmes qui avaient été brièvement été abordées par Dahlia. La grande blonde -Miranda- était passée quelque fois au diner, son appétit rivalisant avec celui de Charlie pour ce qui était des pancakes (et, comme je le découvrais ce soir, des choux à la crème). Je ne connaissais pas la brune qui se tenait à côté d'elle ; j'avais encore beaucoup de chose à rattraper, et le monde de la danse n'y avait pas échappé.

« Vous devriez songer à aller piquer une tête plus tard, si l'occasion se présente. L'eau est super bonne, je crois bien qu'elle est chauffée. » dis-je en guise de salutations. Je devais avoir une allure un peu fantasque, encore humide de la tête aux pieds, ma robe (qui n'avait rien demandé à personne, la pauvre) ayant connu des jours meilleurs, mon linge autour des épaules et mes cheveux qui commençaient presque à friser. J'aurais bien voulu engager la conversation, mais la soirée fut à nouveau interrompue. Entre la musique, le jeu d'ombres et de lumière, et le cérémonial de la situation, voilà que la soirée prenait un tour presque tribal. Je me demandais encore si son déroulement allait suivre un de ceux auxquels j'avais pu participer au cours de ma longue vie (en espérant qu'il impliquerait plus de froufrous que de couteaux pointus) quand on me présenta une coupe de ce qui ressemblait à de l'hydromel. Cherchant ma sœur des yeux, nous échangeâmes un bref regard, avant de lever chacune notre coupe à l'intention de l'autre. On se serait presque crue à l'une de ces festivités vikings, dont nous gardions toutes deux plutôt de bons souvenirs, même si nos atours étaient aujourd'hui bien différents. Je pouvais deviner que Death n'était pas spécialement impressionnée par la tournure que prenait la soirée, et je crus même déceler une pointe d'agacement chez elle. Elle n'avait jamais eu beaucoup de patience pour les simagrées, qu'elle différenciait des traditions. Pour ma part, je me laissais porter par le rythme lancinant des percussions, appréciant le goût du breuvage, le plus authentique de la sorte qu'il me fut donné de boire ces deux derniers siècles. La boisson me réchauffait plus encore que le linge, que je tenais malgré tout toujours serré autour de moi à la manière d'une cape. Je réalisais bien que l'hydromel avait dû être agrémenté d'une substance qui devait influencer sur le corps et l'esprit, mais cela ne me dérangeait pas vraiment ; la sensation était plutôt agréable.

Quand les deux jeunes femmes finirent de présenter leur petite énigme, je relevai le nez de ma coupe avec un air légèrement étonné. Tout à mes pensées, je n'avais pas vraiment écouté, et quelqu chose me disait que l'assemblée n'apprécierait guère que la question posée soit du domaine de « Pourriez-vous répétez, s'il vous plaît ? ». De ce que j'avais saisi au vent, l'énigme me semblait familière, ce qui ne voulait pas pour autant dire que c'était le cas ; j'en avais entendue des milliers, et je ne pouvais pas me souvenir de toutes. D'autant que je n'avais jamais eu une grande patience pour ce genre de choses ; les énigmes, c'était plutôt le domaine de Destiny, pour qui l'invention des mots croisés avaient été la plus formidable découverte du genre humain. Death ne fit pas plus mine de répondre qu'une autre ; si elle connaissait la réponse, elle n'avait pas envie de la donner. Elle se rapprocha plutôt de Dahlia, qui l'intriguait depuis le début un petit moment déjà.

« Je me suis toujours demandée pourquoi les gens tenaient autant à choisir entre les deux. » glissa-t-elle. « Passer de l'un à l'autre, voilà qui est bien plus amusant. J'ai toujours pensé qu'il était idiot de se priver de quoi que ce soit avant même d'ouvrir la porte pour voir à quoi ça ressemble. »

Levant mon verre, je vis qu'il était vide, ce qui était ma fois fort dommage. D'autant qu'il était bon, cet hydromel. Enfin, si c'était bien de l'hydromel. Peu importe, à vrai dire. En réalité, le contenu de ma coupe m'intéressait bien plus que celui de n'importe quelle porte. « Est-ce qu'il y a encore de l'hydromel ? » demandai-je distraitement, avant de réaliser que je l'avais bien fait à voix haute. Oups. Restait à espérer que cela ne soit pas considéré comme l'unique question à laquelle nous avions droit... "J'veux dire, c'est super bon, alors je me disais que..." On disait que l'enfer était pavé de bonnes intentions ; pour ma part, je commençais à me dire qu'il dépendait souvent d'un verre de trop.
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Lun 4 Avr 2016 - 18:03
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Lizbeth Featherworth. Non, ce nom n'évoquait rien à Andrea, et elle hésitait encore entre s'en amuser ou s'en agacer. Elle ne pouvait pas connaître tout le monde, après tout, même si elle aurait bien voulu. Elle détestait les inconnues dans l'équation au moins autant que son frère et, présentée à une équations dotée d'un x ou deux, elle aurait aussitôt insisté pour savoir d'où ils venaient et pour qui ils travaillaient avant de leur intimer de se présenter comme des personnes respectables qui n'avaient rien à cacher. D'autant que la dénommée Featherworth ne lui en apprit guère plus sur elle-même, ce qui ne manqua pas d'intriguer plus encore l'ambassadrice. Elle avait presque pu entendre les trois petits points après « chasseuse de têtes ». Toute personne désireuse de réellement conserver un mystère sans équivoque ne s'embarrassait généralement pas de petits points. Audibles ou non, les petits points étaient toujours une invitation aux interrogatoires les plus poussés.

« J'aimerais pouvoir vous proclamer ma propre admiration, mais je ne crois pas avoir entendu parlé de vous. Ce qui, dans votre domaine, est soit un gage de qualité, soit une preuve d'incompétence. Et quelque chose me dit qu'il ne s'agit pas de la deuxième. Vous...chassez pour la duchesse? »

On ne devenait pas une ambassadrice réputée sans soi-même maîtriser l'usage des petits points. Ces derniers pouvaient aussi indiquer la confusion, mais Andrea Antonov n'était pas du genre à se montrer confuse. Elle laissait ça aux autres, comme par exemple à sa chère sœur, qui savait très bien se montrer confuse après quelques verres. Même s'il s'agissait chez Agrafena d'une confusion d'apparat, la petite femme ayant fait rouler des russes bâtis comme des ours sous la table avant même d'avoir le hoquet. En réalité, elle s'en servait surtout pour rendre les autres confus, et s'en servait comme une adepte de judo. Beaucoup de gens avaient appris bien trop tard qu'il était souvent dangereux de sous-estimer un petit bout de femme comme Agrafena : elle avait beau se donner des airs de distraite boulotte qui vous appelait joyeusement  « Mon chou ! », elle pouvait dans son genre se révéler bien plus redoutable qu'Andrea. Elle aurait même fait une excellente politicienne si elle n'avait pas préféré la pâte à gâteaux aux politiciens, qu'elle trouvait plus tendre (ce qui ne l'avait pas empêcher de menacer plus d'une personne de haute stature d'un robuste rouleau à pâtisserie).

Quant à Miranda, elle se demandait encore sous quel angle attaquer la soirée. Se détendre ne faisait pas vraiment partie de ses fonctions, comme s'il s'agissait d'un réglage d'usine dont son cinglé de père avait oublié de lui programmer. Mais elle n'était pas véritablement en mission non plus, du moins rien qu'Arkadia n'ait officiellement demandé. Et Percy encore moins. Elle accompagnait Andrea, mais cette dernière n'avait certainement pas besoin d'une protectrice pour l'épauler dans ce genre d'événements. Et après qu'Agrafena en finisse joyeusement avec les invités qui croisaient son chemin, c'était généralement eux qui finissaient par avoir besoin de protection. Rien n'empêchait Miranda de profiter de la réception, après tout. Enfin, mis à part le système de surveillance. Et le fait curieux que toutes les invitées étaient des femmes, ce qui relevait autant du bon sens que de la curiosité à retenir, indicatrice que la soirée était plus que ce qu'elle paraissait. Et puis, il y avait toute cette histoire d'être tenues au secret. Sans oublier le fait que la maîtresse de maison ne s'était pas encore montrée et ça, dans le livre de Miranda, c'était sans doute le signe le plus certain que quelque chose allait se passer. Mais quoi ? Elle pouvait toujours manger un ou deux choux à la crème en y réfléchissant, voilà qui n'était certainement pas incompatible avec sa vigilance. Elle en était en réalité à son troisième, et avait un chouïa de crème au coin des lèvres, quand une brune élancée vint lui demander de lui en passer un.

Le premier instinct de Miranda fut de lui balancer un chou au visage, de profiter de la distraction pour lui passer les mains dans le dos afin d'immobiliser la menace, et de lui demander qui l'envoyait. Étant donné que ce premier instinct s'enclenchait même quand le chauffeur de bus lui demandait son billait, la blonde avait appris à l'ignorer à moins qu'il ne se révèle absolument indispensable. Son deuxième instinct, dans le cas présent, fut de s'enfuir avec le plat de choux, qu'elle avait espéré garder pour elle. Son troisième instinct la fit scanner la femme des pieds à la tête avec l'intensité du faucon, des fois qu'elle ait réussi à dissimuler une ou deux armes létales dans sa tenue (on n'était jamais trop prudente). Et ainsi de suite jusqu'au douzième instinct au moins ; Miranda était dotée d'une véritable batterie d'instincts aussi variés qu'efficaces, qui se succédaient d'un coup en une seconde ou deux, voire s'exprimaient tous en même temps en cas de situation plus dangereuse. Ils lui avaient plus d'une fois sauvé la vie -et la vie d'autrui- sans pour autant s'adoucir dans des situations qui s'y prêtaient moins. Comme le fait de se aire aborder par une ravissante jeune femme dans un cadre qui n'était pas celui d'une mission. Qu'il puisse s'agir d'une tentative de séduction ne vint même pas à l'idée de Miranda ; dès qu'il s'agissait de sociabiliser pour de vrai, ses fameux instincts fondaient comme neige au soleil pour devenir, disons, aussi affûtés que ceux d'un tabouret.

« J'avais déjà commencé, c'est juste que je mange vite. » finit-elle par dire, un brin prise au dépourvu. Enfin, elle se saisit d'une pâtisserie, qu'elle tendit un peu brusquement à son interlocutrice. « Un chou. A la crème, donc. Pour vous. » tout en s'accrochant plus fermement à l'aliment qu'elle ne le réalisait, à la manière de celle qui espérait vraiment que l'autre personne se montrait polie en quémandant le dernier donut de la boîte (ce qui se produisait rarement, Miranda dévorant la plupart du temps tout le contenu de la boîte avant même que quelqu'un ne puisse songer à en demander un.). Miranda n'arrivait pas vraiment à dire quelle était l'intention de l'inconnue ; elle espérait presque qu'elle soit hostile, voilà au moins quelque chose qu'elle savait comment gérer. Elle fut soulagée de voir apparaître Dahlia, qu'elle avait salué d'un signe de tête plus tôt dans la soirée. Visiblement, son amie connaissait cette femme. La connaissait plutôt bien, même, si Miranda décryptait correctement ce qui ne se disait pas. Et elle était bien plus apte à le devinez chez les autres que pour son propre compte. Mais voilà que Dahlia s'éloignait déjà, laissant son amie seule face à la belle brune. Elles furent de toute façon vite interrompues par la mise en place de la curieuse cérémonie qui avait petit à petit pris le dessus sur la soirée. Méfiante, Miranda n'avait pas touché à la coupe, et n'était que peu incommodée par les effets de ce qui avait été mis dans la nourriture. Le métabolisme amélioré de son corps n'était pas dû à ses dons de prodige, mais avait bel et bien été stimulé génétiquement par les expérience de Lockhart père. Aussi, les drogues douces ne lui faisaient pas grand chose, même si elle n'appréciait nullement d'y être sujette malgré tout. Elle détestait tout ce qui pouvait fausser son jugement, et elle redoubla d'attention, bien décidée à ne pas se laisser entourlouper par ce qui allait se passer.

Andrea, elle, ne put s'empêcher de soupirer devant autant de cérémonie. Elle n'avait que trempé ses lèvres dans le champagne, mais n'appréciait pas plus que Miranda le fait d'être forcée à consommer une substance active sans qu'on lui demande son avis au préalable. Elle en toucherait deux mots à Nikolas, quand cette dernière daignerait enfin se montrer... Elle n'avait pas perdu son goût pour le théâtral, en tout cas ; ce qui, pour l'ambassadrice, était une perte de temps. La duchesse ne pouvait-elle pas en venir au fait, qu'on en finisse ? Si elle avait voulu participer à une soirée à thème aussi incongrue qu'imprévisible, il lui aurait suffi de répondre à n'importe quelle invitation de ses collègues ambassadeurs de par le monde... Elle n'avait pas de temps à perdre à jouer à pareil petit jeu ! Elle avait beau apprécier le caractère de Nikolas, son amie pouvait parfois se montrer bien trop portée sur l'apparat. Non, Andrea n'était pas une femme patiente, ce qui était pourtant une qualité attendue chez une politicienne, surtout dans son domaine. Mais en général, elle savait d'avance à quoi s'en tenir. Et voilà qu'on leur soumettait une énigme, maintenant. Elle s'attendait presque à ce que la prochaine étape fasse se retrouver toutes les invitées autour d'un feu afin de voter qui n'aurait pas le droit de poursuivre l'aventure. Se faufilant entre les convives avec la certitude propre aux femmes joyeuses de sa corpulence comme aux boulets de canon, Agrafena approcha sa sœur, les joues rosies et l’œil pétillant.

« Un vrai sabbat de sorcière, dis donc ! Tu crois qu'on va nous demander d'ôter nos vêtements avant de psalmodier des louanges à la lune ? Je me suis toujours demandé pourquoi les gens tenaient autant à ce que les sorcières se mettent à poils dans les histoires, tiens. J'ai rien contre enlever mes vêtements, remarque, surtout quand on me demande gentiment, mais c'est un coup à attraper un rhume de le faire à tout de bout de champ. Dis, t'as pas fini ton verre ? Tu permets ? »

Sans attendre de réponse, elle se saisit de la coupe d'Andrea pour la vider d'un trait. « Ah, délicieux ! On n'en fait plus des comme ça... Bon, et cette énigme, alors ? Une seule question, c'est vache quand même. » Son visage s'illumina soudain, et elle commença à s'avancer en levant la main : « Oh, je sais ! Dites, est-ce que... ? »

« Agrafena McAdams, tu vas me faire le plaisir de fermer ton clapet ! Je sais très bien ce que tu vas demander, et... » Andrea se saisit fermement de sa sœur, exaspérée, au moment ou la femme qui avait plongé dans la piscine demandait distraitement s'il y avait encore de l'hydromel.

« Ah ben ça alors ! C'est exactement ça que je voulais demander ! Bravo ma p'tite! Alors, il y en a ou pas? J'espère que vous pourrez me donner la recette, ça ferait fureur!» s'exclama Agrafena, le visage vendu d'un large sourire, tandis qu'Andrea commençait à se masser les tempes ; la soirée allait être longue, elle pouvait le sentir...
Percy
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Thème: Everybody Wants To Rule The World - Lorde




"Chaos is found in greatest abundance wherever order is being sought. It always defeats order, because it is better organized." Terry Pratchett
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Dim 17 Avr 2016 - 13:57


E la Regina
▬ YIPPEE KI-YAY!

Et… c’est le double fail ! D’accord, fallait s’y attendre, j’ai pas vraiment la carrure pour attraper deux opposants dans un match de football américain, mais rater les deux, c’est... Je peux pas m’empêcher de partir en un fou rire sur le chemin entre mon saut et la piscine. Et après aussi. Autant dire que j’avale rapidement des galons d’eau par les narines. Mais worth it, au moins j’ai essayé ! Et avec ma bombe, je manque pas de m’amuser un bon coup !

Je tarde pas de remonter à la surface pour recracher tout ça façon baleine et rendre avec enthousiasme son coucou à Angie. Avant d’essayer d’aller la couler… très furtivement. Telle une loutre s’approchant d’un saumon fatigué par la remontée du courant. Ou un requin sur un thème musical très recherché. Après tout, ne jamais tourner le dos à l’ennemi ! Pas même pour discuter avec une dame tapant du pied, des linges au bras.

Alors j’avance. J’avance encore de mes petits bras. Mais pas assez vite. J’ai à peine le temps de lui attraper la cheville, mais pas assez pour la ramener à l’eau ! Et à voir le regard de la dame à coté, y a plutôt pas intérêt. Du tout, du tout. Alors je sors aussi, illico presto, pour attraper la serviette qu’elle me tend. Je m’ébouriffe un bon coup et je vais renfiler la robe qu’elle est allée me chercher gentiment. On me fait ensuite me dandiner vers la villa, les cheveux dégoulinant comme un chiot à la mer.

La musique commence alors à changer... tout comme quelque chose en elle. Dans la posture, dans sa façon de se déplacer. Et même de s'exprimer. Aussi lorsqu'elle s'approcha de Rix, puisqu’on les rabattait toutes vers l’intérieur de la Villa, c'était une jeune femme tout à fait transformée. Une mèche brune se détachait déjà de la masse blonde.

▬ Kreizler. lâcha-t-elle une fois à sa hauteur.

Le ton était si particulier à son alter ego, si habituel, que si ses traits n'avaient pas été ceux d'une femme, l'Agent l'aurait sûrement reconnu les yeux fermés. Et soupiré davantage. Néanmoins, si la ressemblance pouvait être flagrante, Charlie n’était pas Augustus. Pas encore du moins. Ou le serait-elle ?

Quoiqu’il en fût, les domestiques ne tardèrent pas à mettre en ses mains une coupe contenant un liquide des plus étranges.
Je pose mon nez sur le bord et je renifle un bon coup. L’odeur me dit rien qui vaille mais bon, on est là pour découvrir des choses. Sauf qu’une gorgée, et je recrache tout. Yurk ! Beaucoup trop amer ! Qui peut bien boire un truc aussi dégueulasse ? Je regarde autour de moi, et la réponse a l’air évidente. Tout le monde. Ça doit être une boisson qu’ils ont l’habitude de boire mais sérieux, c’est infect ! Je tends donc ma coupe à Angie, vu qu’elle a l’air d'en redemander une tourner. Et l'empressement que je mets là-dedans peut pas lui laisser de doute : j'ai pas l'intention de le boire, qu'elle se fasse plaisir. Et pour me nettoyer la langue, je cherche les trucs sucrés. Même si finalement je penche pour quelque chose de complètement inhabituel.

▬ PIZZAAAAAAAA ! S'exclama-t-elle vivement, voyant un plateau en débordant passant dans son champ de vision.

Sa préférence pour le sucre était chamboulée mais nulle surprise sur sa réaction. Elle se dirigea vers lui sans perdre une seconde et engloutit l'entièreté de celui-ci en quelques secondes. Autant l'avouer tout de suite, elle qui ne tolérait guère la drogue risquait de planer une galaxie ou deux. De quoi s'amuser face aux ombres dansant sur le mur. Elle laissa les images défiler sous ses yeux, se laissant transporter par leurs mouvements ondulatoires ou saccadés, comme en transe.

Deux femmes surgirent alors, chacune une bougie à la main. L’énigme fut énoncée, puis le temps laissé.
Oh ça brille… Une énigme, weee ! J’adore les énigmes. Je regrette presque de pas avoir ma pipe à bulles dans ma poche ! Mais apparemment les deerstalker c’était pas approprié pour ce genre de soirée. En levant les yeux, je remarque enfin les mèches brunes sans comprendre d’où elle sort. Je dois ressembler traits pour traits à Cruella D'Enfers, avec la moitié du crâne clair et l'autre foncée.

Et perdue dans mes pensées, je laisse le reste de la bande se demander quoi faire. Mais elle connaissait la réponse. Si elle l’avait déjà entendu, une simple déduction lui aurait permis de trouver la solution. Après tout, avec l’habitude, les solutions venait plus simplement. Et surtout, cette chose qui avait changé à elle réveillait un esprit d’enquêtes. Méticuleux au possible, qui s’intercalait avec le sien de manière étrange.

Alors que les filles débattent à coté sur une nouvelle tournée de la boisson affreuse, je préfère fuir. Et sautiller vers les demoiselles aux bougies. Je me frotte un instant le menton, façon Sherlock Holmes, avant de lever le doigt et poser notre seule question sur ce coup de tête ! Avant qui que ce soit ait le temps de foutre sa main sur ma bouche pour me faire taire.

▬ Si je demande à l’autre quelle porte mène au paradis, qu’est-ce qu’il me répondra ?

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Dim 17 Avr 2016 - 22:01
Au regard que lui lança la jeune femme à qui elle s'était adressée, Lotte se demanda pour une seconde si cela avait été une bonne idée de s'interposer entre l'élégante et le plat de petites pâtisseries fourrées. Quelques courtes secondes s'écoulèrent, étranges, pendant lesquelles notre protagoniste attendait une quelconque réponse. Légèrement amusée par la surprise de son interlocutrice qui semblaient ne pas vraiment savoir comment lui répondre, elle tentait d'imaginer ce qui pouvait bien se passer dans son esprit – et probablement aurait-elle était plus amusée encore si elle avait réellement pu savoir. Peut-être un brin effrayée aussi.
La blonde vêtue de rouge fini tout de même par lui répondre, comme prise de court.

-Je vois ça, en effet, oui. Répondit-elle, un peu moqueuse, un sourire étrange sur ses lèvres fines. D'un mouvement doux, elle vint, du bout du pouce, retirer le peu de crèmes qui avait été oublié au coins de ses lèvres. Puis, dans un geste intentionnellement effronté et sensuel, elle vint porter ce pouce à sa bouche pour en lécher la garniture.

Le geste crispé et peu naturelle de la jeune femme lorsqu'elle lui tendit la bouchée, laissa la danseuse perplexe. A croire que se séparer de ce chou était plus compliqué qu'il n'y paraissait... Lotte avait du mal à percevoir s'il s'agissait d'une plaisanterie ou d'un acte névrosé.

-Merci.

Elle finit par pouvoir récupérer l'amuse bouche qu'elle dégusta avec un sourire, tandis qu'elle sentait le regard de Persona tomber sur elle et l'inconnue aux petits choux.
Elle n'en avait pas espéré moins.
Était-ce un jeu, une provocation, ou une douce vengeance ? Satisfaite d'avoir su attirer son attention, elle s'évertua à ne plus accorder un seule regard à son ex-compagne - pour le moment - se concentrant seulement sur la belle blonde à ses côtés.

Mais voilà que les portes du domaine furent fermée et, au frisson qui parcouru l'épiderme de notre héroïne, elle su que son instinct s'inquiétait de ce soudain enfermement.
La musique changea alors radicalement. Les voix du bel canto italien laissèrent la place à au rythme mesuré et profond des percussions. Un rythme venu des entrailles de la terre qui venait la prendre au ventre pour se répandre dans son organisme, comme si son corps entrait en communion avec la musique de plus en plus intense. Un nouveau frisson parcourra ses bras nus. Ce malaise était infondé, elle devait se rassurer. Elle n'était pas seule, la soirée était agréable, de même que les mets, la boisson et la compagnie. Profiter.

Dans la petite foule des invités, les domestiques distribuèrent des petits gobelets. Naturellement, Nikiya prit un verre d'argent contre sa flûte de champagne qu'elle avait reposé sur le plateau. Intriguée, elle en observa le contenu. Invitée à boire, elle porta le récipient à ses lèvres pour n'en consommer qu'une petite gorgée. Malgré les circonstances, elle se devait de rester dans la modération. Déjà, elle sentait la chaleur du liquide se propager le long de sa gorge, ses membres, dans sa poitrine jusqu'à son ventre et son bas ventre aussi. Son esprit semblait s'enivrer, se délier de l'angoisse, alors que le breuvage faisait définitivement taire les dernier chuchotement de son don.
Sur ses lèvres, un petit sourire, et l'impression de flotter. Peu à peu, elles furent entraînées dans une pièce voisine, le contact se faisait délicieux. Peau à peau aiguisant les sens dans l'obscurité tombante sur la pièce au mur parfaitement immaculé. Dans cette effervescence, Dahlia vint finalement vers elle. Mon dieu, ce sourire. Elle exprima son ravissement de la voir auquel Lotte se forçait bien difficilement à répondre avec retenue

-Tu m'as manquée également, souffla-t-elle. Comment vas-tu ? Persona ne serait pas dupe cependant, elle ne voulait pas lui donner ce plaisir de constater si facilement que le manque était plus important qu'elle ne voulait le montrer.
Elle posa une main délicate sur l'épaule nue de la jeune femme, presque caressante, pour cette embrassade qui se transforma en un geste aux limites de la provocation. Mais déjà les lèvres de Dahlia étaient loins et elles laissaient au coin de sa bouche le goût amer de l'inachevé.
Déjà, la voleuse s'éclipsait en riant.
Lotte aurait voulu pouvoir partir à sa suite, l'attraper par le bras, récupérer ce dont elle l'avait privé. Mais voilà, cela resterait un fantasme. Comment pouvait-elle, diable, retomber aussi facilement sous son charme.

La tête lui tournait maintenant légèrement et le jeu des ombres qui s'en suivit n'en fut que plus impressionnant. Sur les murs vierges se déroulait une effrayante histoire.
A ce moment là, Nikiya se rendit compte qu'elles ne sont plus qu'elles, les invitées, dans la large pièce plongé dans la pénombre. Ses yeux s’habituaient peu à peu à l'obscurité partielle et le silence retomba sur la pièce lorsque le jeu du théâtre d'ombre s'arrêta. Un silence d'autant plus oppressant pour notre danseuse, qu'elle était d'habitude habitée par la musique de son propre organisme. Combiné aux effets des substances ingurgités, notre danseuse se trouvait dans un état étrange de légèreté mêlé d’appréhension et elle était définitivement moins à l'aise qu'elle ne le laissait magnifiquement paraître.

Deux lumières vacillèrent alors au bout de la pièce plongée dans la presque obscurité. Deux bougies portées par autant de femmes placées devant deux portes dérobées. Tour à tour, elles énoncèrent une énigme à résoudre. Enfer ou Paradis ? Pour Nikiya, peu importe où menait ces portes, elle aurait bien suivi la blonde vénitienne m'importe où...
Les aboiements au loin accentuèrent l’effet dramatique, comme les hurlements d'un cerbère.

Elle observa Dahlia qui – contrairement à d'autres, qui le firent remarquer plus sarcastiquement - semblait se réjouir de la charade. La frivolité dont faisait preuve la starlette fit sourire notre protagoniste. Mais elle savait, à la lueur qui brillait dans son œil, que cet enthousiasme était celui de son personnage. La proposition qu'elle formula était d'ailleurs un moyen de vouloir les mettre sur la piste sans réellement le montrer ni prendre de véritable initiative. Cacher l’intelligence sous la candeur, une technique de manipulation qu'elle maîtrisait parfaitement.

Lotte considéra ensuite les autres convives, remarquant au passage qu'une magnifique femme à la peau d'ébène, qu'elle se rappelait avoir vu plus tôt au bord de la piscine, s'était rapprochée de son ex pour lui glisser quelques mots à l’oreille – à croire que notre héroïne ne pouvait définitivement pas la quitter du regard trop longtemps ? L'échauffement de son esprit transforma la pointe de jalousie en quelques fantasmes voluptueux.

Nikiya sourit à l'idée, aussi incongrue que probable, de participer à un sabbat. Elle écoutait distraitement les femmes échanger à sa droite dont l'une semblait faire preuve d'une désinvolture exacerbée par l’excitation des circonstances. Caractère naturel ou emphase de la boisson ?
La jeune femme qu'elle avait croisé au musée et qui avait rapidement fini dans la piscine s'était approchée des deux porteuses de lumière, alors que plus loin une voix s'était élevée pour s’enquérir de la possibilité de se procurer davantage du précieux et amer nectar qu'on leur avait servi – question qui fut d'ailleurs ôtée des lèvres à la femme replète à sa droite pour être formulée par une seconde, la première a avoir fait un plongeon en début de soirée.
Lotte, divertie par cette conversation bien éloignée de la véritable question, et qui ne semblait pas du goût de tout le monde – mais n'était-ce pas un choix comme un autre que d'utiliser leur seule question à redemander de la boisson ?  - regarda d'un œil distrait le liquide dorée, où elle n'avait fait que porter ses lèvres, tourner dans son verre. Elle releva la tête lorsque Charlie, qui donnait si bien l'air de réfléchir avait finalement lancé une réponse avec précipitation, comme pour qu'on ne puisse l'en empêcher.
Mais après, tout la réplique semblait judicieuse. Peut-être leur hôte s'était attendue à une concertation, mais elles s'en passeraient très bien puisque l'unique à leur disposition avait été posée.
Il fallait désormais attendre la réponse et probablement désigner la bonne porte en fonction.

Nikiya s'était doucement rapprochée de la jeune femme pour se rendre compte qu'une partie de sa chevelure était maintenant brune. Un détail qu'elle n'avait pas remarquée plus tôt... car persuadée que, justement, plus tôt elle fût tout à fait blonde. Se glissant derrière elle, elle vint lui murmurer doucement à l'oreille :

-J'espère que tu as formulé la bonne réponse, notre destin repose peut-être sur toi, fit-elle gentiment moqueuse avant de se placer à son côté. Comment vas-tu depuis la dernière fois ? Demanda-t-elle toujours à voix basse. Passant une main dans les cheveux d'Edge pour y attraper une mèche foncée et la montrer à sa propriétaire :

-C'est tout de même pas l'eau de la piscine ? Demanda-t-elle intriguée.
Nikiya
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