[CLOS] Bonheur présent. [Caleb]

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Mar 22 Mar 2016 - 19:58


L’homme, à l’origine, était un vagabond dans le désert brûlant et désolé de ce monde.
Dostoïevski


Tohum avait trouvé une cachette sur cette île à la taille plutôt modeste. L’idée lui était venue après avoir visité le site l’an dernier. À l’est, là où vous trouvez surtout des plages. La Catastrophe avait modifié les paysages. Avec la complicité d’un gardien de Duddinston, Sveda avait pris ses quartiers dans la réserve naturelle d’Édimbourg. L’endroit était assez vaste et tranquille pour que notre nomade cohabite avec les bêtes sans se faire remarquer. Le pôle de gestion de la réserve comprenait quelques entrepôts de stockage. Les plus vétustes d’entre eux avaient été condamnés une dizaine d’années plus tôt.

La planque idéale.

Il y avait fallait quelques allés retours nocturnes, mais ce grand espace vide avait fini par être équipé par le strict minimum de survie. Un système de récupération d’eau de pluie, un réchaud, et un énorme stock de bougies suffisaient pour notre vieille âme. Cela l’amusait de vivre aussi chichement à quelques pas de la cité. Elle avait très vite repris ses habitudes d’antan.

Vagabonde dans l’âme.

La seule différence était qu’elle avait emporté un ordinateur portable d’où elle pouvait surveiller les activités de sa cible. Reprenant les méthodes que lui avaient enseignées Robert, Diane avait reconstitué l’emploi du temps des Lampeduza en grandeur nature. La frise chronologique occupait entièrement le mur de droite. Les thèses scientifiques étaient remplacées par les techniques d’espionnage. Tohum était totalement immergée par la préparation de son plan.
Esprit Vagabond.

Enfin, depuis quelques jours une autre pensée occupait son esprit. La sortie au zoo avait réactivité sa culpabilité et sa tristesse envers les enfants. Sveda s’en voulait surtout par rapport à Ava, qu’elle savait encore fragile. Mais, comment revoir sa fille sans la mettre en danger ? C’était un dilemme terrible pour elle. Au moins, Caleb était plus apte de veiller à sa propre sécurité. Ils avaient donc convenu de se revoir tous les deux, quelques jours plus tard.

C’était ce soir. Kent avait tenu à ce que ce soit ainsi, pour limiter les risques. Elle savait que ce soir là Strega était à l’opéra et que son personnel avait relâché. L’occasion parfaite pour faire une pause. Un calcul sensé, disons. Dante savait qu’il pouvait venir dès que le soleil commencerait à se coucher. Sveda se faufilait hors de l’entrepôt pour aller ouvrir une porte de service à l’archéologue. Elle patienta, assise contre le mur d’enceinte, en observant les lumières de la ville briller dans le ciel nuageux. Le ciel d’Afrik lui manquait se disait-elle.

Des bruits étouffés la mirent en alerte. Elle se redressa et écouta. Même sans le voir la belle reconnaissait l’aura de Carso. Elle lui ouvrit rapidement et le fit passer de l’autre côté pour les enfermer le plus vite possible. Une fois la clé bien rangée dans sa veste, Sveda s’arrêta et détailla le Prodige. Il avait le visage à contre-jour. Mais même ainsi, elle pouvait discerner la courbe de son nez. La joie brisa toute retenue. Elle fondit dans ses bras, en prenant garde à ses blessures et le respir à pleins poumons. La chaleur de Dante était agréable, de même que cette odeur qui se dégageait de sa peau. L’effusion dura un petit moment.


« C’est bon de t’avoir là. Tu m’as manqué. Elle releva le visage et caressa sa barbe naissante. Un sourire de bonheur se dessinait sur sa bouche. Il faut dire qu’elle avait souvent pensé à Caleb très souvent. Mais le voir, le toucher, c’était encore mieux. Allons dans mon « QG » ? »

Ils marchèrent pendant quelques minutes sur un chemin banalisé avant d’arriver dans la zone de gestion. Sveda s’y déplaçait avec assurance. Elle tenait la main de son invité sur tout le trajet. Échangeant avec lui des regards complices. Il était la première personne que Geyer voyait seule, depuis qu’elle était « portée disparue ».

« Tu vas enfin pouvoir me raconter ton expédition. Comment va Matt ? Tohum s’arrêta devant un bloc de fer et repoussa la longue porte coulissante sur les deux tiers de sa longueur. La lueur des bougies dans le fond indiquait la direction à prendre. Bienvenue chez moi ! »

Une fois le rideau remit en place l’endroit était plutôt bien isolé. C’était spacieux. Trop. Sveda occupait seulement une petite partie de l’espace. Elle avait tout concentré dans le fond droit. Un léger parfum de tomate cuite flottait dans l’air à mesure qu’ils approchaient. La belle alla baisser la température du réchaud.

« Met toi à ton aise. Tu verras c’est spartiate. Mais on a tout ce qu’il faut. J’ai fait du thé. Il vient d’un petit village à l’ouest de Kansai. Tu en veux ? »

Sveda avait retiré les vêtements superflus. Elle se révélait dans toute sa sobriété. Un pull gris léger et un jeans des plus classiques. Les cheveux teints accentuaient peut-être un peu ses cernes. Rien de grave tant ses jolis yeux luisaient de ce pétillement de joie amoureuse. Elle fit de nouveau face à son amant et se remit à le contempler. Si elle s’écoutait, d’ailleurs, elle le reprendrait dans ses bras sur l’instant. Elle se porta vers lui, pour aller caresser ses cheveux en bataille.

Cœur au repos, lui.
Tohum
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Ven 25 Mar 2016 - 22:46
Bonheur présent

<< Rose perdue

L'attente avait été longue, entre le zoo et cette soirée. Même si ça n'avait été que deux petits jours, c'était deux longs jours. Même s'il avait été bien occupé, ses pensées l'amenaient souvent à ce moment de retrouvailles avec sa belle. Elle lui manquait, terriblement. Et l'annonce de sa disparition, n'avait vraiment rien aidé. Alors maintenant, il était pressé de la retrouver et de passer du temps en sa seule et unique compagnie.

La journée lui avait semblée plus interminable que les autres, mais finalement, le soleil avait commencé à disparaître à l'horizon. Il s'était arrêté dans un petit commerce sur son chemin, pour prendre du riz, de la bière et un petit cadeau pour sa belle. Rien de bien important, mais c'était l'attention qui comptait, non?

Ayant bien enregistré le chemin qu'elle lui avait expliqué, il arriva sans encombre à l'endroit indiqué. La porte s'ouvrit avant même qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit. Sveda capta directement son attention et un sourire tendre se fit sur ses lèvres.

- Salut. Il entra quand elle l'invita à le faire et l'accueilli dans ses bras sans réfléchir plus. La serrant avec force, il s'enivrait de son odeur, son nez perdu dans sa chevelure, embrassant doucement son crâne. Il était tout aussi ravi de la voir, peut-être même que les émotions de la belle, le rendait encore plus heureux, puisqu'ils se mélangeaient. Toi aussi. Son regard était alors plongé dans le sien, il lui déposa un baiser sur le front. Je te suis!

Elle pouvait ne pas lâcher sa main, mais il faisait pareil. La suivant dans les dédales, observant tout l'endroit avec curiosité. Ce n'était pas banal, mais suffisamment incongru pour qu'on ne pense pas à venir la chercher dans le coin. C'était bien vu.

- Il va bien. Mon expédition, oui, si ça t'intéresse tant.
L'observant faire, regardant autour de lui, quand ils arrivèrent finalement là où elle s'était installée. C'est... exotique. Fit-il avec un petit ton taquin. Tu es confortables ici, au moins? Un peu?

Il enlevait son bonnet et sa veste, qu'il posa dans un coin, tout en continuant d'observer ce nouvel environnement.

- Volontiers. Il ne disait jamais non à un thé, revenant inlassablement vers sa compagne, il sortit alors de son sac, le paquet de riz demandé et... une rose rouge. Qu'il plaça entre eux. Pour toi. Sans être gêné, il ne savait pas trop comment la lui offrir autrement, alors il avait fait au plus simple, puis lui déposa un doux baiser sur les lèvres. J'espère que tu as un semblant de vase. Lâcha-t-il alors, comme un cheveu sur la soupe, mais c'était surtout dit sur le ton de l'humour.

Codage par Libella sur Graphiorum
Caleb
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Sam 26 Mar 2016 - 23:14

Sveda était curieuse à propos de cet homme qui accompagnait Carso lors de ces aventures. Elle était curieuse envers le genre humain en général de toute façon. C’est pour elle une source intarissable d’émerveillement et de… perplexité ! Ca oui. Elle se demandait quel genre d’homme pouvait être ce scientifique-là. Maintenant qu’elle avait rencontré la « petite Charlotte », elle essayait même de l’imaginer.

« Tu me le présenteras ? Je serais curieuse de faire sa connaissance à lui aussi. » Elle poussa vivement un carton sur le passage pour leur dégager la voie.

Avoir un invité l’incita d’ailleurs à allumer le chauffage d’appoint. Elle le fit ensuite rouler au centre de la zone habitée. Il émit un vrombissement régulier et rassurant. Cela lui faisait penser aux turbines des anciens navires. Ceux qui étaient restés échoués sur une planète détruite.

« Oui. C’est suffisant. »

Tohum avait passé son enfance à dormir dans les écuries d’une minuscule auberge, dans un village minuscule lui aussi. Elle se contentait de peu, quoi que suggérât son statut social actuel. Elle se considérait d’ailleurs moins chercheuse que rebouteuse dans le fond. Elle n’avait pas d’ambition personnelle, comme pouvaient en avoir ses enfants. Les siennes étaient plus attachées à des avancées collectives.

Une rose pour une Rose.

Sveda contempla la fleur dans la main de Dante. Elle en sourit, car elle avait toujours aimé les fleurs. N’avait-ce pas été l’un de ses premiers alias ? Elle l’attrapa avec délicatesse et la porta jusqu’à son nez. Son parfum lui évoqua la splendeur de jardins anglais. Un champ hollandais émergea dans le fouillis de sa mémoire. Ses lèvres réceptionnèrent ensuite leur baiser. Quand leurs bouches se séparèrent, la belle lui souffla un « merci » ravi.

Un sourire complice naquit sur son visage à la petite plaisanterie.

« Je suis sûre qu’on peut trouver ça. »

Le coin qui faisait office de cuisine était plutôt en bordel. Il y avait des objets disposés un peu partout. La vaisselle propre traînait encore sur un coin d’étagère métallique. Tohum vivait dans le chaos. Trop focalisée sur son enquête, elle relayait le reste à plus tard. Elle avait vaguement commencé à mettre de l’ordre en fin de matinée, avant de se replonger dans ses affaires. Elle dénicha quand même un silo en métal, qu’elle épousseta et rempli d’eau de pluie en le plongeant dans une bassine, où elle réceptionnait son eau potable. Elle y plongea enfin la fleur avec précaution.

« Et voilà, elle a trouvé sa place. » Déclara l’immortelle, en plaçant « le vase » en évidence sur sa table de travail.

Elle y déposa aussi deux tasses, avant d’aller saisir la vieille théière, qu’elle avait empruntée à son complice de P. H. Le thé avait une jolie couleur dorée. Il sentait bon. La fumée remonta dans les hauteurs de l’entrepôt.

« Attention, c’est chaud. » Il n’y avait qu’une vieille chaise de bureau, que Geyer avait été piqué dans une autre partie du complexe. Il fallait bien se débrouiller. Et puis, elle finirait par la rendre. Elle laissa la chaise à Dant’ et s’installa sur le bord du matelas d’à point. « La femme qui me l’a offert m’a dit qu’il aidait à apaiser les muscles. »

Les mains enroulées autour de la tasse, Tohum savourait son bonheur.

« Jimmy et Charlotte étaient contents de leur journée ? » Sveda avait eu l’impression de se retrouver embarquée dans une sortie familiale. Un plaisir auquel elle n’avait pas goûté depuis des années. Probablement depuis la petite enfance de Riley. Cela lui avait fait du bien, tout en la rendant un peu nostalgique. Depuis sa séparation d’avec Pietro elle n’avait pas retrouvé, cet esprit, cette vie de famille. Il lui arrivait d’y rêver avec envie, en particulier depuis que Carso avait ravivé son vieux cœur. Eh oui, ce vieux loup avait réussi à agiter son âme ensommeillée depuis le décès de Joachim. « C’était vraiment un bon moment. »

Allez Diane, pose-là ta question. De toute façon, il faut bien que tu saches. Au moins, tu pourras te faire à l’idée.

« Tu es en ville pour combien de temps ? »

Traduction : je veux passer le plus de temps possible avec toi. Au cas où, Cal’ n’aurait pas comprit.

Tohum était elle aussi une nomade. Elle savait qu’une âme vagabonde ne tenait pas en place très longtemps. Ça ne l’empêchait pas d’espérer en avoir un peu. Caleb lui faisait du bien. Il lui apportait un sentiment de bien être et de sécurité, que même Zac ne lui avait jamais complètement donnée. (Une exception avec Anima, qui avait été nickel, jusqu’à ce que « la mort les sépare ».) Cela vous montre un peu le chantier. Pourquoi alors se retenir ? La peur pardi. Sveda voulait s’éviter une déception. Et en même temps, c’était inutile. Le « mal » était fait. Elle désirait sincèrement voir ce que cela pourrait donner. Nous aussi, on se demande !

« Quand, je serais tranquille… on le fera ce voyage ? »
Tohum
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Lun 28 Mar 2016 - 14:52
Matt' était un mec normal, il vous le dirait lui-même si on lui demandait. Un photographe comme on trouve partout. Même s'il avait la particularité de se retrouver dans les pires situations, quand il accompagnait Dante sur certaines de ses expéditions. Ou était-ce l'archéologue qui se faisait un plaisir de le faire? Non, ce n'était pas ce qui l'amusait, Dante essayait toujours de leur éviter le pire, mais la loi de Murphy lui collait souvent bien à la peau. Il eut un petit sourire à la question de Sveda.

- Bien entendu. Il est tout autant curieux de te rencontrer un jour. Même si pour le moment, tu es portée disparue... il va vraiment falloir que tu m'expliques pourquoi tu as fait une telle chose, Sveda...

C'était même le plus important à ses yeux. Il voulait l'aider, du mieux qu'il le pourrait. Mais pour cela, elle allait devoir lui parler à cœur ouvert. Il espérait qu'elle ose passer ce cap. Après tout, il n'était pas un ennemi.

- Tant mieux. Si tu veux quelque chose de spécifique, n'hésite pas à me le demander, je te l'amènerai. Dans la nuit, promis. Fit-il avec un léger sourire. Il voulait juste qu'elle soit le plus confortable possible, le temps que cette mascarade durerait.

Même s'il ne doutait pas qu'elle ait connu pire, tout comme lui, au moins savaient-ils, tous deux, se contenter de peu. Son petit cadeau eut l'effet escompté, il la regarda chercher ensuite un vase pour y mettre la fleur. Il hocha de la tête quand elle fit voir qu'elle avait trouvé.

- Parfait.

Il attrapait la tasse remplie, avec précaution et allait s'asseoir à côté d'elle, il se moquait d'être bien assis, il voulait juste profiter de sa présence. Un genou touchant celui de sa compagne, il goûta au thé, en faisant toujours gaffe pour ne pas se brûler bêtement la langue.

- Hum, il est bon.
L'observant un instant, caressant sa joue avec le dos d'un de ses doigts. Avec un nouveau sourire aux lèvres, quand elle parla alors de la journée au zoo. Toute cette sortie avait été épique.

- Il me semble oui, après tout, ils ont créés l'apocalypse. Cela les a grandement amusés.
Et à voir la tête de sa belle, elle aussi avait apprécié sa sortie. Hum, oui mais je verrai à les semer la prochaine fois...

Reprenant alors un peu de thé, pour regarder autour de lui, observant ce nouveau lieu de vie.

- Quelques temps. Je n'ai rien de réservé pour le moment. Je dois trouver quelques bonnes âmes qui voudraient bien financer la prochaine expédition. Et puis... je crois que tant que tu es dans cette situation, je ne vais pas te laisser. L'observant alors avec attention. Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider? Concrètement?

Il avait évité le sujet au zoo, de la meilleure des façon, mais la question de Tohum lui rappela qu'il avait voulu lui proposer de partir d'ici, en profitant de sa fausse disparition.

- Bien sûr Sveda. Marquant un petit temps, ses mains autour de la tasse. On pourrait... même... partir pendant que tu es disparue aux yeux de tous?

Connaissant un peu le caractère de la scientifique, Caleb doutait qu'elle saute sur l'occasion, mais bon, voilà, comme ça, c'était proposé.
Caleb
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Mer 30 Mar 2016 - 0:24

Oui, oui, une minute Carso… Elle finira par aller à confesse avec toi. Ça n’a pas été un de tes premiers jobs d’ailleurs ? Écouter le commun avouer ses pensées les plus sombres. Ou bien tu as surtout coupé la tête des femmes… rousses, non ? Ah l’humour noir, Sveda n’en a jamais. Je dois le contenter de toi, lecteur. Enfin si elle ne dit rien, c’est qu’elle a des raisons. Cette peur qu’elle a expliquée aux enfants. Voyez-vous donc son dilemme ?


« J’aimerai bien… qu’un archéologue aventureux puisse me serrer fort dans ses bras, chaque soir, pour m’endormir. Tu penses que tu pourrais me dénicher cette perle rare ? »

L’expression : il y a de l’amour dans l’air, s’appliquait ici. Quand Dante cherchait la chaleur de Sveda, il la trouvait. Et lorsque Sveda collait son épaule contre la sienne, c’était aussi innocent qu’annonciateur de leur besoin mutuel de contact humain. Plus encore, pour Tohum qui, disons-le clairement, a beaucoup de mal avec la solitude, quand elle aime. Elle était comme une rose qui était en manque de lumière.

« Charly a vraiment gardé ce pingouin ? »

Trêve de bavardage la nomade. Si tu te concentrais sur le danger. Il est bien beau de se « faire porter disparue » encore faut-il des résultats ! Un allié dans le coin n’était pas à négliger. Car Tohum s’était lancé un défi de taille. Ce n’était pas une mince affaire que de s’en prendre à l’une de ses plus vieilles ennemies. Mais avec tous ses enfants réunis à Édimbourg, notre amie avait la vue occultée par la peur. Elle redoutait que ses adversaires en profitent. Ce en quoi elle n’a pas tout à fait tort.

« Je te remercie… ça me soulage de savoir que tu n’es pas loin. Surtout que connaissant Aby, elle risque de faire une bêtise. Sans parler de ma petite Ava. Ça t’embêterait de garder un œil sur elles ? Tiens… c’est elles. » Elle lui tendait son téléphone, avec une photo récente des trois blonds de la fratrie. La première depuis au moins 40 ans. Pas mal, hein.

Il n’y a pas 36 façons de faire là Geyer. Donc maintenant, tu arrêtes de te la jouer en solo et tu dis enfin à quelqu’un ton problème. Comme ça du même coup, les autres aussi le sauront. On pourra avancer. En plus, ça te fera du bien d’en parler avec lui.


« Viens. » Diane attrapa la main du vieux voyageur, pour l’emmener plus près de son mur de recherche.

D’un geste, elle fit glisser le plastique qui dissimulait son travail. Les documents réunis grâce à divers complices. Elle pointa du doigt une photo d’un article de journal vieux de quelques semaines. La photo avait été prise devant l’opéra de la ville. On y voyait un couple d’un certain âge, qui n’était autre que ! Je vous donne dans le mille, les Lampeduza.


« Tu vois cette femme-là ? C’est une immortelle, comme toi et moi. Je l’ai rencontré il y a très longtemps. »

Les souvenirs datant du milieu du XVI siècle étaient trop loin dans sa mémoire, pour que Tohum les retrouvent tout de suite. Tout finissait par se brouiller. En théorie, Tarek aurait pu lui faire faire une introspection. Mais, à ce compte autant demander à Kussi. Sveda était consciente que l’histoire avait commencé à cette époque là. Quelque part en Crète, elle avait rencontré la Sorcière.

« C’est elle qui a dit a Jao où j’ai déménagé. Elle qui a commandité le mercenaire qui m’a attaquée. Elle qui a fait tuer mon petit fils Ygor. Elle me hait. C’est une haine qu’elle garde en elle depuis tout ce temps. Je sais que je ne peux pas la raisonner. J’ai déjà essayé. Elle veut me tuer. Elle a failli réussir… deux fois. »

Crois-moi Carso, tu incarnes une réelle tentation. Ça fait des mois qu’elle rêve à un voyage. Avec toi, c’est encore mieux. Elle aurait enfin le temps de te dire, que tu la trouble, qu’elle a envie de vivre une histoire d’amour avec toi. Ce genre de truc. Le genre qui vous fera des biens, vieux arpenteurs.

« J’adorerais faire ça. Vraiment ! Mais ? Mais, j’ai peur qu’elle me retrouve de toute façon. » Allez pose ta tasse. Embrasse-le. Voilà qui est mieux.

Un front blanc, tendre, contre le front d’un amant. À la fois pour lui dire, merci, pour lui dire, j’espère, et pour lui dire « je crois que je t’aime » Non, plutôt, je sais que je t’aime. Rends forte et fragile à la fois. Comme le dit l’adage. Aimer c’est avoir peur de ne plus pouvoir aimer. Etre privé du bonheur, de l’autre, toute une tragédie. Mais bon sang Tohum n’est pas fait pour les tragédies.

Aussi Sveda releva-t-elle ses doux yeux bleus.


« Je ne veux pas que tu sois en danger à cause de moi Dante. Je… je tiens trop à toi. »
Tohum
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Sam 2 Avr 2016 - 11:35
Tohum évitait de lui répondre, en ce qui concernait le pourquoi du comment. Carso attendrait donc. Il ne voulait pas la presser, mais il voulait quand même savoir et comprendre. Sa belle préférait se concentrer sur les besoins qu'elle avait, ce qui ne manqua pas de le faire sourire légèrement.

- Mmm... je connais un mec, plutôt sympa, beau gosse, qui correspondrait assez à ce que tu cherches. Je peux lui en parler, si ça t'intéresse? Bon il est un peu chiant parfois, mais de toute façon, ce n’est pas pour sa conversation que t'en as besoin hein? D'un air taquin, avec un petit sourire en coin. En tous les cas, il avait noté la demande et n'aurait aucun problème à la satisfaire, lui aussi, ne dirait pas non à l'avoir dans ses bras toutes les nuits.

Quand elle colla son épaule à la sienne, Caleb tourna doucement la tête pour l'embrasser sur la tempe. Fermant un instant les yeux, profitant de son contact, s'enivrant de son odeur. Il était juste bien, à ses côtés ainsi. Avant que sa douce voix ne se fasse à nouveau entendre. Cette histoire de pingouin allait rester dans les annales, c'était une certitude, il eut un petit rire.

- Je crois bien oui. Miguel ne semble pas être prêt à vouloir la quitter. Et quand j'ai tenté d'expliquer à Charly que ce n'était peut-être pas génial pour son nouveau copain, je n'ai pas vraiment réussi à lui faire entendre raison. Elle sait être butée quand elle le veut. Enfin, tant que l'animal semble être, lui aussi, heureux. J'espère juste qu'elle ne le nourrit pas qu'aux marshmallows.

Il jetterait un œil tant qu'il pourrait sur l'animal. Il tentait d'imaginer la tête du double de sa petite sœur, quand ce dernier se réveillerait avec du poisson sur la tronche et un animal pareil dans son salon. Enfin, trêve de plaisanterie, ils revenaient sur un sujet un peu plus sérieux. Caressant doucement sa joue du dos de ses doigts, il l'écoutait avec attention.

- Si tu veux, je peux voir à faire attention à elles, oui.
Il prit le téléphone pour regarder la photo et haussa un sourcil. Alors voilà pourquoi Riley lui disait quelque chose. Oh, je l'ai croisé il n'y pas si longtemps, montrant du doigt la dénommée Ava. Par hasard, à Carlton Hill, on a discuté un peu. Il comprenait alors mieux certaines choses. Elle semble vraiment touchée par ta disparition... En tous les cas, il ferait encore plus attention à cette demoiselle, maintenant qu'il savait pourquoi elle lui avait donné ce sentiment de la connaître.

L'aventurier se vit tirer en avant, par la main et se releva, posant la tasse parterre il suivit donc Sveda jusqu'à son mur et l'observa avec curiosité, la photo, il l'avait vue dans le journal certes, mais ne connaissait guère ces gens. L'explication ne tarda pas à venir. Il comprit bien rapidement que ce n'était pas le grand amour entre les deux femmes. Il fronça légèrement les sourcils.

- Pourquoi est-ce qu'elle te hait? Qu'est-ce qu'il s'est passé? La fixant alors. Et qu'est-ce que tu comptes faire? Il semblait un peu plus inquiet tout d'un coup.

Sa proposition semblait si futile d'un coup, à ses propres yeux. Il caressa un instant les cheveux de sa belle, ses paroles étaient réalistes.

- Je n'aurai pas du te le proposer comme ça.
Plantant son regard sombre dans le bleu du sien. Tu sais, je me mets tout seul très bien en danger. Alors un peu plus ou un peu moins. Par contre, je ne vais pas te laisser aux prises avec cette femme, seule. Je vais t'aider, si je le peux.

Il avait déjà une idée de comment approcher la dame, simplement pour se rendre compte de lui-même, de ce qu'elle était vraiment.

- Ensuite, toi et moi, on partira faire ce voyage. Souriant tendre et rassurant, lui déposant un doux baiser sur les lèvres, pour scelle l'accord.

Oui, Sveda n'avait pas vraiment le choix, son historien de mec, se mêlerait de son histoire, qu'elle le veuille ou non. Sa décision était prise.
Caleb
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Lun 4 Avr 2016 - 18:11

Le rire de Sveda. C’est un peu comme le sourire de Mona. Un petit chef d’œuvre. Il était rare qu’on l’entende venir, se répercuter sur les traits, dans les yeux.

Carillon de lumière.

« Dis-lui aussi que… Là, elle glissa à son oreille, pour accentuer le plaisir de leur promiscuité. Pour le toucher aussi. je fais les meilleurs massages du coin. »

Le terrain d’entente était trouvé. En même temps, ils ne se cachaient pas vraiment. Qui les regardait voyait l’attraction qui s’opérait entre eux, tant sur le plan psychique que physique. C’était comme de rapprocher deux aimants l’un de l’autre. Sveda pouvait sentir chez Dante une bonté, une bienveillance, qui lui rappelait des êtres passés. Elle savait que la situation n’était pas idéale, mais son cœur était plus léger quand il était son la protection de cet homme.

« Oui une têtue. Elle me fait un peu penser à Aby, par certains aspects. »

Les nouvelles fraîches concernant Riley n’étaient pas encourageantes. L’éclat se ternit dans la pupille de la belle. Tohum baissa les yeux. Elle ne savait pas très bien où se mettre face à sa propre défaillance. Elle ne faisait pas une Bonne Mère à laisser sa fille. Le prix de son choix serait probablement lourd à porter. En attendant, elle devait faire de son mieux. Ses mains pressèrent celle du Prodige.

« Je… Je me doute oui. On venait à peine se retrouver. Elles vont m’en vouloir. Je ne pourrais pas le leur reprocher. Mais… Dante, les prévenir les mettraient trop en danger. Je… tu seras là pour elles ? » Lui répéta-t-elle doucement.

Allez assume donc ce que tu as fait. De toute façon, tu n’as pas le pouvoir de voyager dans le temps. Ce qui est fait est fait. Il ne saurait en être autrement. Alors, pourquoi te torturer ? La blessure causée cicatrisera. Cela dit, tu n’es peut-être pas forcée de lui raconter toute l’histoire aujourd’hui. Va à l’essentiel.

« Parce que je l’ai dénoncée. Elle a été emprisonnée. Puis pendue. … enfin, le corps qu’elle occupait. » Hmm. J’imagine que ça peut suffire pour l’instant.

Reflet d'une armure d'antan.

Caleb le chevalier ! Il a la gueule de l’emploi non ? L’ami des loups a une petite réputation chez nous. Je ne la partage pas. Cela vous gâchera toute la découverte du personnage. Le bon point c’est qu’il redonna le sourire à sa compagne. Il la prenait de cours. Sveda s’était déjà imaginé la façon dont elle allait en finir avec Nikolas. Dans ce plan, il n’y avait personne d’autre.

« Tu veux m’aider ? Mais comment ? Tu serais forcé de t’en faire une ennemie. Il vaut mieux éviter ça… Son époux aussi risquerait de s’en prendre à toi ensuite. C’est quelqu’un qui a les moyens de faire du mal. »

Ne jamais sous-estimer les vieux félins. Tohum gardait un souvenir assez précis du peintre italien. Elle se souvenait de leur dernière rencontre à Paris. Sous ses dehors de noble bohème, il y avait un homme dangereux. Qui d’autre aurait pu épouser Strega ? Tous les deux faisaient la paire. Un peu comme nos deux idéalistes là, non ? Le duo maléfique contre le duo bénéfique, voilà qui ferait une belle épopée fantastique. On ajoute un elfe et deux trois licornes.

Le baiser sur sa bouche ranima le souvenir de leur intimité. Celle qu’ils avaient partagée, avant le départ de Carso pour l’aventure. Diane avait encore une conscience diffuse, de l’harmonie qui s’était opérée, durant leurs premiers corps-à-corps. La complicité était née. Ils s’étaient fait du bien. Pour deux âmes aussi âgées, c’était une victoire en soi.

Chair et sang rattachent au monde concret.

« Tu as vraiment envie de voyager avec moi alors… » Une caresse en appelle souvent une autre. Tohum posait une main sur sa joue. Ses yeux attirés par la chaleur qu’ils lisaient chez leurs vis-à-vis. « Ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie comme ça. Ou que quelqu’un d’autre n’a plus eu envie de veiller sur moi. Je… Je ne sais pas comment tu fais, mais quand tu es là, je suis heureuse. »

Chut. Arrête donc de parler. Sveda se laissait guider par les envies qui l’animaient en souterrain. Son corps cherchait à se nicher contre le sien. Elle s’approchait, posait doucement ses lèvres sur une épaule avant de remonter au coin des lèvres pour un léger baiser. Les mains remontaient dans son dos pour l’éteindre avec force. Une agréable sensation se rependait sous sa peau.

Qu’il est bon de sentir une présence humaine dans ces grands moments de peur et de questions. Tohum avait besoin de ça pour rester forte. Mais surtout pour ne pas oublier en quoi ils étaient humains. Carso était une bénédiction. Il gonflait son cœur d’un espoir quasi salutaire. Sveda se sentait presque flotter. Elle inspirait doucement avant de s’écarter avec un léger vertige.

« Il faut encore que je termine mon plat... » À la place, elle l’embrassait amoureusement. Pendant l’échange sa poitrine se contracta de façon étrange. En échos, quelques loups hurlèrent à la lune, dans la réserve. Quand la nomade éloigna ses lèvres, un frisson lui ébroua les épaules. Elle chuchotait. « Je… j’ai un pressentiment.»

Basique instinct ?

Puis la sensation passa. Tohum s'excusa, embrassa la joue de son amant et se leva lentement.

Tohum
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Jeu 7 Avr 2016 - 11:19
C'était bon de l'entendre rire, Caleb se disait qu'il ferait tout pour entendre ce son le plus souvent possible. Son petit sourire en coin pouvait trahir sa pensée. Il posait délicatement sa main sur sa cuisse quand elle se rapprocha de lui et tendit bien l'oreille, avec un petit regard intéressé, tout en ne manquant pas d'être amusé à son tour.

- Oh, je pense que ça lui conviendra parfaitement. Je te l'envoie rapidement. Avec un petit clin d'œil.

Il profitait maintenant de la promiscuité qu'ils avaient installés tous les deux. Restant proche de sa belle, épaule contre épaule, une main dans la sienne, l'autre caressant du pouce sa cuisse, il lui déposait un doux baiser sur la joue.

- Mais est-ce qu'Aby est une dévoreuse de sucre? Fit-il avec un petit sourire dans la voix.

Même s'ils revinrent sur des sujets plus sensibles, où il ne valait mieux pas trop en rire. Il comprenait que sa belle se sente mal vis-à-vis de ses enfants et il comprendrait parfaitement que ces derniers lui en veuillent. Si lui avait su pardonner rapidement, il n'était pas non plus dans leur situation. Il lui serra doucement la main, lui caressant la joue, d'une manière aussi rassurante qu'il le pouvait.

- Il sera impératif que tu leur explique bien le pourquoi de cette action Sveda. Si tes enfants t'aiment, ils finiront par arrêter de t'en vouloir. Il hocha légèrement de la tête. Je vais garder un oeil sur eux, oui. Lui souriant tendrement.

Carso écouta alors les explications sur la haine qui tenait les deux femmes et fût surpris de l'histoire qu'il entendit. Pendue... leur relation remontait donc à loin. Ce qui pouvait être plus inquiétant, était d'apprendre que cette Prodige était capable de transférer son âme d'un corps à l'autre? Il serait difficile de l'arrêter pour de bon.

- Pourquoi as-tu fait ça? La dénoncer? Est-ce vraiment quelqu'un d'aussi mauvais? Il ne mettait pas la parole de Tohum en doute, mais il voulait comprendre et le mieux possible, tous les tenants et aboutissants de cette histoire.

Bien entendu que Dante était prêt à l'aider. Il lui avait bien dit qu'il ferait ce qu'il pourrait pour cela. Et si ça le mettait dans le coup pour mettre hors d'état de nuire une femme dangereuse, pour que sa belle puisse revenir à la lumière, alors oui, il se jeterrait dans la gueule du loup.

- Je ne sais pas encore... si c'est une femme qui peut s'intéresser à financer mon expédition par exemple, ce serait une première approche. Il observa sa belle un instant. Ne t'inquiète pas pour moi. Je saurai gérer. Mais... as-tu une idée de comment faire? Si elle est capable de passer d'un corps à l'autre, l'arrêter me semble difficile. Se frottant un instant sa barbe de quelques jours. Qui est son mari? Il fait quoi? Autant se renseigner sur ce couple.

Mais ils redevenaient plus égoïstes en pensant d'abord à eux, son sourire qui ne se décrochait définitivement pas de ses lèvres, se marquait un peu plus aux paroles de son interlocutrice. Il lui caressait aussi les joues.

- Bien entendu que je veux voyager avec toi Sveda. Je ne lance pas des paroles en l'air, pour te faire plaisir. Il l'embrassa sur le coin de la bouche. Peut-être parce que je t'aime. Et si tu es heureuse, alors j'ai réussi. Avec un petit air complice.

Notre aventurier laissa sa belle docteur venir se coller à lui, il passa ses bras autour d'elle, pour la tenir avec force, son nez glissant dans ses cheveux, dont il respirait l'odeur avec bonheur, il aurait pu lui dire que le plat pouvait attendre, elle le fit finalement à sa place, en l'embrassant. Baiser auquel il répondit avec passion, ses mains caressant son dos, ses hanches, pourtant, il ressentit, lui aussi ce pressentiment, sans doute transmis par la femme dans ses bras. Il fronça légèrement les sourcils.

- De quel genre? Il se leva alors pour la suivre, l'attrapant doucement pour la ramener à lui. Tout se passera bien belle rose. Lui embrassant le nez. Je te donne un coup de main?
Caleb
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Mer 13 Avr 2016 - 1:17

La famille. Tohum se damnerait cent fois pour chacun d’eux.

« Oui… j’espère qu’ils te donneront raison. La belle se frotta nerveusement les mains. Evidement tout cela lui rappelait que l’erreur s’était déjà produite une fois. Kim ne lui avait pas adressé la parole depuis des lustres. Il avait volontairement coupé les ponts. Je ne supporterais pas qu’eux aussi me tournent le dos. »

Caleb était décidément curieux. Tout le monde l’était de toute façon. Elias aurait bondit de voir que Tohum était sur le point de tout raconter à un homme venant de l’extérieur. Sveda n’était pas réticente pour parler d’ordinaire. Mais, cette histoire-là provoquait chez elle un sentiment de honte dont elle n’avait jamais réussi à se débarrasser. Aussi mauvaise qu’était Strega son sort, terrible, continuait de hanter son ancienne élève.

« Elle l’est oui. Quand je l’ai rencontrée, elle testait ses poisons sur les malades et les blessés de guerre ! Elle est totalement insensible au mal qu’elle peut faire aux autres. Elle a causé la mort de villages entiers Dante. Uniquement pour entretenir le pouvoir de tyrans. Alors quand l’Inquisition a commencé… je l’ai dénoncée aux autorités religieuses... »

Tohum avait un plan… Un plan qui avait été pensé il y a déjà plusieurs années. Il avait été mis de côté parce que d’autres problèmes, plus urgents à régler, avaient émergé. « Faire au plus presser », comme dit l’expression, s’applique aussi aux immortels. La Guerre des cultes, par exemple, avait accaparé une bonne partie des prodiges de l’Arche.

« Ce serait une idée pour la rencontrer oui… Difficile oui. Mais je crois que c’est possible. Kussi, l’homme dont je t’ai parlé au zoo ? C’est un ami. Il a beaucoup étudié ce genre de don. Certaines tribus en Afrique ont essayé de reproduire ce don via des expériences. Kussi les a rencontrés. Il pense que l’on peut attraper une âme pendant qu’elle passe d’un vaisseau à un autre. Quand elle n’est dans aucun corps solide pour la protéger. »

Bien entendu, il n’avait pas précisé si cette théorie avait été validée ou pas, par d’autres chercheurs. Sveda avait fait quelques recherches annexes. Elle en avait visiblement tiré la conclusion que l’idée valait le coup d’être tentée. Encore fallait-il avoir une opportunité pour le faire. C’était ce qui retenait principalement l’exécution. Nikolas était rarement seule. Depuis la tentative, échouée, d’Ygor il y a quelques semaines, la Sorcière était encore plus sur ses gardes.

Quant au mari… Le mari. Diane ne savait pas quoi penser de lui. Mitigée.

« C’est Vito Lampeduza. Il est peintre. Pas extrêmement connu. Surtout dans un cercle d’initiés en fait. C’est aussi un aristocrate aussi. Et ça fait quelques temps que je le soupçonne d’avoir une activité annexe. Mais je n’ai pas de preuves. C’est un séducteur. Il faut que j’agisse quand il sera absent. Ce sera plus sûr. »

LES mots magiques. Se les ont-ils seulement dits la dernière fois ? Au petit matin, pendant que l’autre dormait encore ? À la dérober entre deux soupirs durant l’ébat ? Sveda était souvent spontanée pour dire ce qu’elle ressentait. C’est ce qui lui avait valu de se retrouver avec des Jao ou des Pietro. Mais elle était ainsi faite.

« Tu m’aimes ? » Bien sur qu’il a le béguin… Sveda.

Tremblements nocturnes. Les prédateurs se calmèrent peu à peu. La nuit retrouva son calme. En partie. Ils se trouvaient au beau milieu de la réserve. Ces deux nomades avaient assez parcouru la Terre pour savoir que les animaux sont souvent pleins de clairvoyance. Ils étaient là depuis bien plus longtemps. Tohum eut du mal à mettre des mots sur son impression.

« Comme si… la nature se tendait. » Elle se laissa gentiment rattraper. Ses doigts plus caressants. Son souffle un peu plus retenu. « Oui. Tout se passera bien. »

Mirlitons. Au boulot ! La ripaille ne va pas se faire toute seule.

« Tu peux préparer le riz. Il y a une bouilloire sur le tabouret. »

Les confidences… Peu d’interlocuteurs pouvaient écouter des histoires du passé.

« Cette femme Nikolas… Elle m’a raconté un jour, comment elle a tué son père, parce qu’il n’était pas assez fort pour asseoir son pouvoir. C’est comme si elle n’a pas de sentiments pour la retenir. J’ai vu des cas alexithymie, mais à son niveau c’est de la psychopathie. Elle est vraiment dangereuse. Ça me fait froid dans le dos rien que d’en parler. Si tu l’approches, il faut que tu sois prudent. »

Une délicieuse odeur se renforçait dans la cuisine de fortune. Sveda reprit leurs tasses posées sur le sol. Elle lui rendit la sienne avec un sourire complice. Elle ne résista pas à aller déposer un baiser sur sa barbe. Un instant ses lèvres tendres dévièrent à la frontière de la bouche de Carso. Il y avait entre eux une attirance qui oscillait entre la tendresse et la fébrilité. Sveda elle-même n’osait pas s’attarder sur sa peau de peur de ne plus pouvoir s’arrêter jusqu’à sentir leurs chaleurs mutuelles se retrouver. Peau à peau.

« C’est agréable de pouvoir parler de tout avec quelqu’un qui ne soit ni mon fils ni ma fille ! Je connais peu d’immortels. Peu avec qui je partage une vision du monde. Je commençais à me sentir un peu seule. »

La solitude. C’est du pa-ssé !
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Tohum
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Dim 17 Avr 2016 - 16:42
Une main venait se poser dans le dos de la belle, pour le caresser doucement, afin de la rassurer. Il espérait aussi que les enfants comprendront ou en tous les cas, feront la part des choses et n'en voudront pas trop longtemps à leur mère.

- Je serai avec toi quand tu leur parleras si tu veux.

Autant avoir un allié pendant ce genre de moment un peu difficile, non? Ils verraient bien quand ils y seraient. Posant sa main libre sur les siennes, pour qu'elle se rassure. Les enfants pouvaient être vaches, il le savait, mais peut-être que les choses changeraient.

Attentif, il écoutait ce que Tohum avait à lui dire sur Strega, comprenant un peu plus la situation dans laquelle elle se trouvait. Et pourquoi, cette femme, avait une dent contre son amante. Pas étonnant, quand elle avait à l'origine d'une de ses morts.

- Je vois...
l'écoutant alors lui faire part de son plan. Il haussa légèrement un sourcil, se demandant si c'était réellement quelque chose de possible. Tenir une âme dans une bouteille, t'y crois vraiment Sveda? Bon bien sûr, il imageait quelque peu l'idée. Et tu penses qu'elle ne fait rien pour la protéger d'une façon ou d'une autre pendant ces changements? Sans compter que si tu rates... qu'est-ce qui se passera?

Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en la rose, son ami sorcier ou autre, mais avait-elle vraiment pesé tous les pour et contre de ce plan qui lui semblait quelque peu... pas bancale non, mais un peu utopiste? Si cette femme était aussi dangereuse qu'elle le disait, ce n'était sans doute pas la meilleure idée que de s'attaquer à elle, avec simplement des croyances. Le mari semblait tout aussi intéressant et si Sveda pensait qu'il avait quelques activités externes à la peinture, Carso pouvait voir le pire.

- Et est-ce qu'il s'absente vraiment?


Évidemment, nos deux nomades ne pouvaient pas parler indéfiniment de leurs ennemis. Il était important aussi, qu'ils parlent d'eux. Après tout, leur relation n'en était qu'à ses débuts, il fallait encore la construire, la solidifier. Notre homme eut un petit sourire et caressa la joue.

- Ça me semblait évident pourtant, tu en doutes encore? Allant frotter son nez du sien. Il la serrait dans ses bras, pour faire passer le frisson, cette soirée ne serait pas gâchée par quoi que ce soit. Laissons-la parler sans l'écouter ce soir. Avec un petit baiser dans le cou, avant de la lâcher et d'aller s'occuper du riz.

Dante attrapait le paquet qui se trouvait dans le sac qu'il avait ramené, l'ouvrait, détendu et le jetait dans la flotte, tout en gardant un œil dessus, il continuait d'écouter son hôte. En effet, cette Nikolas ne semblait vraiment pas commode. Un parricide... ce n'était pourtant pas si surprenant que cela. Après tout, ils venaient tous de périodes où ce genre de chose était plutôt commun. Même si ça n'était jamais accepté, bien entendu.

- Je ferai attention, oui. Je ne tiens pas à me retrouver avec la tête sur une pique. Pas encore, en tous les cas. Fit-il avec un petit sourire, presque sur le ton de l'humour. Mieux valait adoucir la conversation et Tohum n'avait pas à se rajouter du stress. Lui, verrait comment approcher ce couple, de la manière la plus naturelle possible. Au moins pour voir, de ses yeux, de quoi il en retournait.

L'aventurier leva les yeux sur sa belle et se redressa pour prendre la tasse qu'elle lui tendait, la remerciant d'un sourire, avant de se laisser embrasser, faisant dévier le baiser sur ses lèvres, une main revenant sur ses hanches, pour la garder contre lui. Il était sans doute près à totalement oublier le repas pour un moment de bonheur.

- Oui, ils sont tous un peu trop pessimistes. L'embrassant à nouveau. C'est dommage d'ailleurs, je suis certains qu'on pourrait réellement changer les choses, si on arrêtait de croire que l'Humanité n'en vaille pas la peine.

Faisant alors quelques pas dans la pièce avec elle dans ses bras, comme une danse sur une musique inexistante.
Caleb
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Mar 26 Avr 2016 - 20:02

Bon sens ne saurait mentir… Je dois dire que je ne suis pas mécontente que quelqu’un vienne mettre le doigt sur les failles de la stratégie. C’est un peu ce que j’attendais. Parce que moi, voyez-vous, je ne peux qu’influencer son parcours. Oui, sinon, ce serait trop facile !

« Pas si je parviens à garder l’effet de surprise. Elle sera forcée d’agir vite pour survivre. Elle n’aura pas le temps de complètement se protéger… Bien sûr, oui, je sais, il y a des risques. Elle peut tenter de me tuer, ou même s’héberger en moi. Mais après TOUT ce qu’elle a fait de mal. Je suis prête à courir les risques. Cette femme est un poison, Dant’. Quelqu’un doit la stopper. Avant qu’elle enclenche la chute d’une autre civilisation… »

Une reine d'Apocalypses. Contre une Princesse de Lumière.

Byzance, Rome, les Mérovingiens… Nikolas avait été là à chaque fois décadence. Elle observait, susurrait. Qu’importe qu’il faille dix ou cent ans. A la fin, le résultat était là : la guerre. Le chaos. Pour les esprits comme celui-ci, le monde est un vaste terrain de jeu. Les hommes sont des pions. La partie se jouait à l’échelle de la planète aux yeux et à la barbe de ses participants. Pourquoi ? Excellente question. Je pense que la seule réponse est : la folie.

Là Tohum fit part d’une partie de ses recherches. Sans se douter qu’elle recommencerait quelques jours plus tard dans un jardin hollandais.

« Non, enfin, je l’espérais. » Lui chuchota-t-elle avec un petit sourire amoureux. Certains traits de caractère ne vieillissent pas eux. Cette fois sera peut-être la bonne ?

Caleb réussit à la faire rire. De quoi dissiper le malaise qui s’insinuait chez elle, chaque fois qu’elle pensait à Strega. Cette histoire en suspend entre elles, revenait régulièrement hanter son existence. Maintenant qu’elles se retrouvaient sur la même, Arche Tohum savait qu’elle ne pourrait pas éviter un nouvel affrontement. Elle redoutait que Wang, en brave chevalier vengeur soit là pour défendre sa sombre alliée. Car Jao serait plus dur à éliminer encore.

« Je te serais reconnaissante de garder cette jolie tête sur ses épaules oui ! » Tu auras bien assez le temps de te casser la tête plus tard.

Une main dans le creux de la nuque de Carso, la belle rendait baisé pour baiser. Leur attraction mutuelle lui donnait de l’énergie. Elle lui avait dit qu’il lui avait manqué. Mais c’était là, en dialoguant avec lui, en lui confiant ses questions et ses peurs, que Sveda se souvenait combien elle avait besoin d’autrui. Un autre qui puisse l’accompagner, lui apporter les repères et les objectifs qui allaient au-delà de ses propres quêtes.

Danser…

« Peut-être bien qu’à deux on va réussir à faire changer leur regard ? Au moins un peu ! »

Pendant longtemps, la danse avait été le premier moyen de rencontrer un homme. Voir même, dans certains cercles, de le toucher. Leur petite valse muette était agréable. Sveda avait toujours aimé danser. Chaque fois que son ventre venait effleurer le sien, elle ressentait la chaleur qui émanait de lui. La fermeté de son épaule, lui évoquait une force protectrice et rassurante. Les mouvements qu’ils esquissaient, depuis le début de la soirée, attisaient l’envie de se retrouver avec lui. Elle la sentait, cette envie. Rien n’était plus naturel que ça.

Sveda ralentit ses pas de danse, jusqu’à ce qu’ils ne bougent plus. Elle porta une main à sa joue, l’embrassa une nouvelle fois. La douce retenue qu’elle avait disparaissait à mesure qu’elle se rapprochait de lui. Une force vive déferla dans ses veines. Elle colla ses lèvres brûlantes dans son cou. Son ventre se contractait sous le coup d’une excitation grandissante. L’air lui parut plus dense.

Nous y revoilà.

Leur danse, quant à elle, prit une autre forme. Tohum retrouvait l’amant chez le compagnon. Ses caresses, toujours délicates, suggéraient pourtant autre chose. Ce désir qui palpitait et lui coupait peu à peu le souffle. Elle lui échangea un regard lumineux avec lui, avant de lui attraper la main, et de l’attirer vers le fond du hangar. Geyer, ou Kent, retira son pull et retourna dans les bras de l’archéologue. Son absence avait créé un manque dans ce domaine aussi évidemment.

En plus de ça Dante était probablement le seul actuellement à être capable d’effacer les mauvais souvenirs laissés sur son corps pendant leur séparation. Sveda, n’en avait pas encore tout à fait conscience, mais elle avait aussi besoin que les mains de l’homme dont elle était éprise, achèvent sa guérison. Elle était plus mince que quand il était parti. Il n’y avait plus de bandages, ni de bleus, mais une fatigue latente dans ses muscles et des blessures internes.

La fébrilité.

La respiration plus profonde, Tohum, abandonnait avec Caleb, emplie de joie. Son désir irradiait son être, sa peau. Il était sincère et fort, comme les sentiments qui s’étaient forgés. Elle sentait la vie circuler le long de ses os. Un appel ancestral auquel elle répondait toujours. D'autant plus puissant, après les pertes essuyées.

Ce qui faisait que l’éternité n’était pas une punition, mais un don.

« J'en ai rêvé. »

Enfin plus besoin de rêve, le vrai, la chair était là pour les lier.
Tohum
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Dim 1 Mai 2016 - 23:21
Caleb pouvait comprendre cette envie d'arrêter au plus vite une âme noire, quitte à prendre tous les risques, même les plus insensés, pourtant, il n'aimait guère ce qu'il entendait et il se demandait vraiment, si ce plan était le bon.

- Et tu penses agir quand et comment? Seule? Est-ce vraiment une bonne idée de partir ainsi contre elle, avec aussi peu de moyen? Je me doute bien que ton retour parmi les vivants pourrait lui faire un choc, mais tu ne crois pas qu'elle pourrait s'y attendre? Si elle est si noire que tu le dis, elle a pu déjà imaginer que tu n'avais disparu que pour la tromper, non?

Il n'était pas défaitiste, mais il avait un peu peur des conséquences qu'une mauvaise préparation ou une faille dans le plan de sa belle, ne la retire à lui pour de bon. Sveda l'avait dit elle-même, elle pouvait mourir de cette confrontation et honnêtement, notre vieux loup, ne le souhaitait pas. Pas du tout même.

- As-tu un plan B, au cas où? Mieux valait prévenir que guérir, vraiment. Je comprends que tu veuilles mettre à terre un ennemi de cette importance, surtout si elle est aussi maléfique que tu le dis, lui remettant doucement une mèche de cheveux en place, mais la préparation est importante, les alliés encore plus. Le chevalier qui va seul face au dragon, se retrouve souvent grillé sur place, tu sais. Tout en parlant doucement, y mettant même un peu d'humour, simplement pour rendre l'atmosphère un peu moins pesante.

- Elle n'ira nulle part pour le moment!
D'un petit clin d'œil tendre. Il était évident que si Carso ne voulait pas voir sa belle disparaître de ce plan terrestre, il en était de même pour sa propre personne. Encore plus maintenant qu'il l’avait rencontré.

A force de s'embrasser, il y avait des envies autres que la faim qui s'allumait doucement dans le creux de son ventre et il savait qu'il en était de même avec son amante. Toujours connecté aux émotions de la belle du désert, Dante pouvait ressentir tout son désir pour lui, décuplant ainsi le sien propre pour elle. Autant dire que le repas risquait d'être mangé froid.

- Un peu, soyons optimiste.

Son visage collé à sa tête pendant ces pas de danse improvisés, il s'enivrait de son odeur, cette odeur qui l'avait accompagnée lors de son dernier voyage, jusqu'à ce qu'il la perdre peu à peu au gré de ses pérégrinations. Aujourd'hui, il était heureux de la retrouver. Répondant aux baisers, il se laissait guider sans se faire prier, sans opposé aucune résistance. Ses mains se montraient aussi douces que possible, alors qu'elles réapprenaient à connaître les formes de ce corps à travers le tissu.

Caleb ne put empêcher un petit rire de passer, alors qu'ils se retrouvaient bien éloignés de la "cuisine" et que madame commençait à montrer clairement ce qu'elle attendait de la suite entre eux. Pourtant, pour ne pas qu'elle pense une seule seconde qu'il se moquait, il l'attrapa par la hanche et l'attira tout contre lui, son nez collé au sien.

- Moi qui pensais que nous pourrions tenir au moins jusqu'à après le dîner. Sur un ton tout à fait complice, tandis que ses mains reprenaient contact avec ce grain de peau, qu'elles épousaient ses contours, qu'il l'embrassait comme un noyé récupérant son air. Tout aussi fébrile finalement, ses habits tombaient les uns après les autres, il étendait sa compagne sur ce lit de fortune, la contemplant d'un regard tendre et amoureux. Et moi donc.

Certaines retrouvailles méritent leur intimité, celle de ces deux nomades, en fait partie. Mais ils ne manquèrent pas de se montrer à quel point ils s'étaient manqués et c'était un loup comblé, essoufflé et affamé, couvert de sueur, qui s'étendait auprès de Tohum, avec un regard ravi et conquis. Il embrassait encore sa peau humide, sa langue récupérant les gouttes qui coulaient le long de sa gorge. Un bras possessif posé en travers de son ventre.

- Tu crois que notre repas a refroidi?
Aussi taquin qu'il pouvait l'être, alors qu'il riait simplement de bonheur, tout en capturant ses lèvres encore une fois. Si son ventre se faisait entendre, ce n'était pas pour autant qu'il semblait prêt à lever la première oreille pour aller se sustenter.

Ahhh... l'amour.
Caleb
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Mar 10 Mai 2016 - 19:49

Ça n’est jamais aisé de se confronter à un regard extérieur. Surtout quand on a gambergé seule, dans son coin, depuis des semaines. On tourne en rond. Sveda avait certes essayé de pensé à tout. Mais était-ce possible ? Le désir de se débarrasser de Strega n’était-il pas un peu trop fort ? Convaincre Carso lui donnerait la preuve qu’elle était prête à défier l’ennemie.

« Non, elle ne s’y attend pas. Elle croit que je n’oserais jamais l’affronter à nouveau. Elle se croit en sécurité. Ça la rend moins défiante. Je n’ai pas besoin de grand-chose. Juste un face à face de quelques minutes. J’ai le plan de sa villa. Je sais comment y entrer sans me faire repérer. J’ai de quoi endormir ses chiens. Je sais comment désactiver les caméras. Le temps que quelqu’un s’en rende compte, j’aurai fini. Je connais ses habitudes et ses horaires. J’attaquerais un soir où elle sera seule chez elle. C’est une puissante alchimiste. Mais au corps à corps je la battrais. Je suis plus forte et plus rapide. Et… j’ai une arme. »

Une hésitation retint les mots sur la langue de notre amie. Puis, elle rencontra le regard de Dante et se traita intérieurement d’idiote. Pour cause, ce n’était pas de lui dont elle avait à se défier. Caleb était une personne sûre. Il le lui avait déjà démontré. D’ailleurs, n’était-ce pas cette confiance naturelle qui leur avait permis de se (re)connaître ?

« J’ai prévu de rencontrer un homme qui aura aussi des moyens de l’arrêter. Je dois le rencontrer dans quelques jours. Il dirige une organisation. Perceval Rose. Ça te dit quelque chose ? Je crois qu'il a des buts communs. Si je ne réussis pas, il pourra s’en charger. »

Virevoltement des sens. Sveda avait peu à peu abandonné là toutes ses pensées parasites. Elle n’était plus qu’envie, désire. Enfin, les angoisses qui lui serraient le cœur s’éclipsaient pour un instant. Plus d’anciens compagnons pleins de rancœurs, plus d’enfants enlevés ou tués. Elle sourit, sur un nuage, qui lui rendait cette légèreté naturelle.

« On a qu’à se dire que ça fait partie du menu ! »

Des rires. Ça ils riaient.

Tohum passait ses doigts dans les cheveux de Caleb. Un mouvement lancinant et tranquille, tandis qu’ils savouraient la langueur d’après l’amour. La « petite mort » comme on la nommait quittait les amants à une plénitude.

« Oui… »

Elle posa ses lèvres sur l’arrondi de son épaule pour un baiser léger. Ses yeux bleus levés vers les siens avaient éclaircies. Elle embrassa une joue. Ses pieds cherchaient les siens sous la petite couverture en laine, qui les couvrait à peine. Un sourire doux flottait sur sa bouche rougie par le désir et leurs baisers. Son bienêtre transparaissait de toute part.

« Hum. On est bien ici… » Lâché dans un soupir.

Yeux mi-clos. Diane Geyer était sans aucune armure. Elle envisagea même un instant de s'endormir là, maintenant dans ces bras.

Elle retrouvait la sensation de sécurité. Celle qu’elle n’avait ressentie que trop peu auprès de ses amants. C’était étourdissant n’est-ce pas ? Cette impression de ne plus être seule au monde. Sveda ne voulait pas seulement prendre soin du loup blessé, elle voulait aussi qu’il soit là, là pour elle. Cette fois, elle ne voulait pas déterrer une lumière perdue. Non, cette fois, elle voulait seulement être avec quelqu’un.

Partager. Le bon et le moins bon.

« Je n’ai vécu ça qu’une fois… Être avec quelqu’un qui cherche aussi la lumière. Je ne pensais pas pouvoir revivre ça. C’est un cadeau, un vrai cadeau. » Déclara-t-elle en baisant sa poitrine avec douceur.

Joie. Aimer était le meilleur remède pour contrer la mélancolie latente. La petite ombre était partie. L’ivresse de vivre. Sveda envie de suivre Dante dans un voyage, de faire de longue promenade au bord de la mer à ses côtés, d’écouter un concert de violon au grand air, de découvrir des choses ! Tant de choses ! Elle se redressa sur ses genoux, les cheveux fous, les mains posées sur ses cuisses à le regarder d’un air malicieux.

« Tu m’emmèneras sur la Terre ? Je voudrais voir comment c’est. Je pourrais trouver des pistes de recherches. Je suis sûre qu’en alliant tes connaissances et les miennes on pourrait comprendre comment tout ça a commencé. »

Un baiser volatile, avant que la belle se lève, enjambe le voyageur, pour retourner vers la « cuisine ». Elle saisit une tablette de chocolat et improvisa un bain-marie avec les moyens du bord. Un parfum de chocolat fondu s’éleva doucement dans la zone habitée. Sveda échangea un regard complice. Après l’amour, elle avait toujours envie de sucrer. Comme si la douceur appelait la douceur.

« Tu as eu des pistes pour le collier ? »

Le jus de l’orange dégoulina le long de son avant bras. Kent alla récupérer les gouttes entre ses lèvres et rit. Qui eu crus que cette femme se préparait à la guerre !

Tohum
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Sam 21 Mai 2016 - 21:18
Caleb ne pouvait s'empêcher de se demander si c'était une bonne idée. Sveda semblait sûre d'elle, elle avait, semblait-il, toutes les cartes en main pour mener à bien sa mission. Mais avait-elle tout prévu? Il pouvait y avoir des imprévus... des problèmes... il préférait ne pas penser au pire. Doucement, il lui prenait une main pour la caresser doucement.

- Ok... la fixant. Une arme? Quel genre d'arme? Si c'est une immortelle, ça risque de ne pas lui faire grand-chose.

Il n'aimait pas totalement ce qu'il entendait. Le nom de Rose n'alluma rien chez lui. Il ne savait pas qui était ce type. Pouvait-elle seulement réellement lui faire confiance? Sans le vouloir peut-être, son amante lui montrait qu'il pouvait y avoir une faille au plan, qu'elle pouvait parfaitement y laisser sa peau. Sa main se serra sur la sienne, c'était quelque chose qu'il ne voulait vraiment pas voir arriver.

- Comment tu l'as connu ce Rose? Tu peux vraiment lui faire confiance? C'est quoi son organisation? Bon, il devait paraître un peu brusque avec ses questions, qui étaient digne d'un agent de police. Mais il voulait tout savoir, parce qu'il voulait aider et surtout, ne pas laisser partir sa belle dans une croisade dont elle ne reviendrait pas. C'était tout simplement impensable.

Malgré toutes les inquiétudes qu'un plan pareil pouvait réveiller, l'attirance, le manque, le besoin de l'autre, devenait toujours le plus fort et nos deux nomades finissaient par oublier le pourquoi de cette conversation sérieuse, simplement pour profiter l'un de l'autre. Ces retrouvailles étaient importantes et Dante en profitait pleinement. Admirant cette femme à ses côtés, il lui caressait doucement le visage, comme s'il imprimait par la rétine et le toucher, tout ce qu'elle était. Il la trouvait magnifique après l'amour, il y avait cette petite lueur dans son regard, qu'il voulait voir jusqu'à la fin des temps.

- Parfaitement bien même. Avec un petit sourire amoureux.

Sa belle voulait garder le contact avec sa peau, il ne l'en empêchait pas, bien au contraire, il rapprochait son corps du sien, pour que leur chaleur se complète, adorant les petites attentions qu'elle avait pour lui, lui en offrant tout autant à son tour.

- Je ferai en sorte que ça reste un cadeau alors. D'un ton complice. Ses mains se posant sur ses genoux, alors qu'elle se redressait quelque peu.

Carso sembla surpris un instant de sa demande. Ne sachant pas si cela s'avérait être vraiment utile. Mais il n'avait rien contre avoir un peu de compagnie lors de ses voyages sur la terre qui ne s'était pas élevée. Il lui caressa le menton, tout en plongeant son regard dans le bleu de ses yeux.

- Si tu le souhaites, pourquoi pas. Je ne sais pas ce que tu pourras trouver là-bas, qui pourrait t'aider en tant que scientifique, mais si tu es prête à partir à l'aventure, je t'emmène dans mes bagages avec grand plaisir, belle rose. Marquant un temps. Mais peut-être qu'on pourrait trouver un début d'explication oui. Tant qu’on n’aura pas essayé, on ne le saura pas de toute façon.

Il se cala alors contre le dossier du lit, les mains derrière la tête, l'observant alors se lever, l'admirant dans son plus simple attirail. Elle était vraiment magnifique. Il s'amusa de la voir tenter de faire un peu de chocolat, après le sexe, un peu de sucre, c'était parfait.

- J'en ai quelques-unes oui, je vais devoir approfondir un peu mes recherches, mais je pense que tu en sauras bientôt plus sur tes origines. Tu veux toujours le savoir?

Dante n'allait pas lui apporter des réponses, si finalement, elle avait changé d'avis. Il se levait alors, passant juste son caleçon, pour s'approcher d'elle et lui piquait le jus d'orange, pour en boire une bonne rasade au goulot.

- Mmmm... Un baiser déposé alors dans ses cheveux. Ça sent bon ton chocolat, je m'occupe de faire chauffer le plat de résistance quand même. Non?

Il attrapait un autre réchaud, pour mettre la casserole dessus. Son ventre gargouilla quelques instants. Il avait faim, entre le fait qu'il n'avait guère mangé aujourd'hui et la petite partie de sport avec madame, son corps lui demandait de se sustenter un peu plus sérieusement que simplement avec des sucreries.
Caleb
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Lun 30 Mai 2016 - 21:02

Un dictionnaire des Prodiges. C’eu été bien pratique. Mais enfin, il y avait autant de septicité que d’individus touchés. Depuis Armageddon, les ouragans fréquents, le nombre avait implosé au cours des 140 dernières années. Sveda avait échafaudé de nombreuses théories. Aucune n’avait encore pu couvrir l’ensemble de l’équation. Elle ignorait quel schéma suivait la Nature. Pourquoi les mutations touchaient ces individus et pas d’autres. Mais, elle percevait le danger. Il couvait dans le cœur des Aoeliens. Il suintait des babines des âmes noires.

« Si. Elle n’est pas invincible comme certains Prodiges. Son immortalité vient du fait qu’elle peut transférer son esprit de corps en corps. Mais ce corps est mortel lui. J’ai la même limite… je ne suis pas atteinte par la dégénérescence cellulaire, mais si on me coupe la tête, elle tombe. »

Ce que Mr Wang avait parfaitement compris ! Mais Sveda songea alors à Anima. Elle n’avait plus pensé à lui depuis longtemps. Penser à lui faisait ressurgir un passé doux amer. Sahar, sa jolie fleur, Azenzâr son joli danseur. Mais Anima donc. Lui aussi avait hérité du don de réincarnation. Peut-être, pourrait-il lui apporter quelques réponses ?

Ça te paraît étrange qu’un homme s’implique, pas vrai la nomade ? Tu ne l’as pas porté en toi celui-là. Cependant, sa loyauté est solide. Aussi longtemps que ton combat demeurera juste. Ne te retient pas alors. La belle alla passer une main dans les cheveux en bataille du vieux chevalier. Elle en profita pour embrasser son menton.

« Elle s’appelle Arkadia. J’en ai entendu parler pendant la guerre des Cultes. Je n’ai encore jamais pu rencontrer son directeur. Mais, je l’observe depuis quelque temps. Je sais qu’il fait et pareil de son côté. Il a sous ses ordres des hommes formés pour le combat et il défend des idées qui ressemblent aux nôtres. » Il n’y avait plus qu’à vérifier ça, une fois à Amsterdam.

Tant d’espoir. Au moins avait-elle cet allié de sûr à ses côtés. Lui au dos tatoué d’un loup. Un loup et une lionne voilà qui donne les bases d’une légende. Ce qui nous le verrons comptera beaucoup par la suite. Tohum alla semer un baiser au coin des lèvres de son Protecteur. Elle lui adressa un petit sourire. Sans même y penser, elle se perdit un peu dans son regard, y devinant un avenir radieux, paisible.

« Oui. Autant essayer. »

Comme dit l’adage : qui ne tente rien. Ce monde continuait d’évoluer. Il y aurait d’autres catastrophes, d’autres miracles. Cette Arche, ces Arches, ne sont que quelques morceaux épars de cette Terre que vous avez connue. Elle qui l’avait foulé si longtemps, avait du mal, et c’est normal, d’y renoncer. Le cataclysme lui avait arraché quelque chose. Un lien, une connexion, avec la planète. C’était comme si une partie d’elle était restée en bas. Ce lien, Tohum avait besoin de le rattacher à une nouvelle Terre.

Un homme peut-il être un Monde ?

« Oh d’accord… Oui. Il faut que j’en sache plus sur ma famille. Ava a des soucis avec ses dons. Ils sont différents de tous ceux qu’on eut les enfants. Et, je ne veux pas que ça se finisse comme avec Baia… Baia n’a jamais réussi à maîtriser ses dons. » Le sourire pétillant de Baia s’imposa sous les paupières de sa mère. Elle secoua vivement la tête pour chasser l’image suivante.

La présence de Carso chassa aussi vite la mélancolie qui prenait Tohum en otage, quand elle pensait à ses enfants perdus. Sveda retint le sursaut de tristesse. Elle barricada sa mémoire. Un exercice qu’elle avait appris à contrôler par la force des choses. Elle ferma les yeux sous le baiser de l’archéologue et se concentra sur la paix que celui-ci lui procurait. Dante était là. Bien vivant ! La blonde hocha de la tête et termina de préparer leur dessert.

Tohum avait enfilé une tunique et un pull pour ne pas avoir froid. Ses pieds nus se posaient à peine sur le sol. On aurait dit qu’elle dansait en marchant. La poussière de sable voletait dans l’air tout autour d’elle. Signe d’un relâchement complet de ses fonctions. Elle déposa les deux tasses de thé sur le sol, qui allait faire office de table. En revenant vers la « cuisine » elle s’attarda dans le dos de l’archéologue pour le prendre un court instant par la taille.

Le festin fut bientôt prêt à être dégusté. Ici on mangeait dans des bols. La vapeur avait un parfum épicé. Sveda attrapa son bol à deux mains et souffla doucement sur le riz. La chaleur sur ses paumes était agréable. Elle s’installa non loin de Dante. Ils pouvaient entendre les bruits de la nuit. Mais, elle n’avait pas peur cette fois, au contraire.

« Quand je vivais en Chine on mangeait souvent ce genre de plat. »

Kim. Jao. Pietro. Tant d’années à chercher et chercher la solution. S’ils n’avaient pas été avides de pouvoir, combien d’années gagner ? Sveda s’était lancée dans sa quête avec le cœur pur. Mais, parfois, il lui arrivait de ne plus être sûr de rien. Si ces hommes malveillants voulaient tant « Enée » cela ne voulait-il pas dire que son projet était trop dangereux ? Caleb, qu’en penserait-il lui ?

« Je peux te poser une question un peu « étrange » ? Si… si tu avais le choix. Qu’on pouvait t’enlever ta mutation, tes capacités… qu’est-ce que tu ferais ? »

Assise en tailleur, Sveda fixait Dante dans les yeux. Les mains posées dans le creux de ses cuisses, elle attendait sa réponse. Car celle-ci allait influencer la façon dont elle allait lui parler "d'Enée".


Tohum
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