[CLOS] Portée disparue. [Riley]

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Mar 22 Mar 2016 - 15:09
El’ & Aby



Tout ça a commencé de façon assez banale. Deux jours sans donner de nouvelles. Ce qui arrivait souvent, depuis que Tohum avait accepté d’être chef au service de chirurgie, à l’hôpital général. Elle n’avait pas son téléphone sur elle pendant ses gardes. Tout le monde s’était habitué. Mais, quand à six heures trente, Édith la secrétaire du service avait appelé chez Catherine, elle était tombée sur son répondeur. Aucun de ses collègues n’avait réussi à la joindre non plus. Alors, la petite vieille était passée par Elias Tanit, dont les coordonnées avaient été fournies « en cas de souci ». Elias était alors en déplacement vers un archipel voisin. Il avait naturellement donné le numéro d’Aby, qui était toujours plus au courant que Sahar, sur ce que faisait leur mère.

C’est là que la situation avait commencé à devenir inquiétante. Sveda n’avait pas répondu non plus à sa fille. Une voix automatique indiquait que la ligne téléphonique de Kent était hors service. Or, cette femme ne faisait jamais de choses de ce genre. Pas sans au moins prévenir l’un d’eux. Aurore avait quitté Édimbourg la veille pour aller assister à un concert quelque part on ne sait où. Ava et Sveda avaient encore une relation si compliquée que ce n’était probablement pas la peine d’espérer des infos de son côté.

Une crainte.

Ainsi que le veut la logique… Abigaël demanda une absence exceptionnelle à l’école, pour aller voir directement sur place. Avant de prévenir qui que ce soit, autant aller vérifier soi-même. Sveda s’était installée dans la partie sud de la ville. Elle avait trouvé un petit appartement qui n’était qu’à quelques blocs du foyer de Miss Novak. Ce qui lui permettait de passer régulièrement pour donner un coup de main. À Aby, comme à ses trois autres Prodiges domiciliés en ville, Tohum avait donné un double de son trousseau. Une façon discrète de leur assurer un toit sûr, sur la tête. (Kim n’avait démontré aucune envie de revenir vers sa mère, elle n’avait donc pas insisté encore.)

L’appartement était clean. Il était même bizarrement clean. Exit les tasses de thé dans l’évier, les revues scientifiques qui traînaient sur toutes les tables, les cds entassés dans les coins de la bibliothèque. Tout était… rangé. C’était ce qui avait alerté l’immortelle en premier. Sveda ne faisait jamais son ménage de printemps, à moins de prévoir d’aller quelque part.

Une peur.

La lettre se trouvait dans une enveloppe.

Aby reconnut immédiatement l’écriture de sa mère. Elle était restée cinq bonnes minutes à fixer cette enveloppe avant d’aller dans le salon pour appeler son frère et ses sœurs. Elle laissa d’abord un message vocal à Aurore lui disant de la rappeler. Puis, elle était passée à Elias. Il ne l’avait pas prise au sérieux au début. Mais quand Abygaël avait finalement évoqué les récentes menaces de Jao Wang, il n’avait plus discuté et organiserait son retour. Et enfin, Ava… celle dont Aby appréhendait le plus la réaction.

Puis l’attente. Maintenant, elle devait attendre que chacun arrive au compte goutte. Autant vous dire qu’elle avait commencé à fouiller le deux pièces de Kent de fond en comble. Elle fut étonnée de retrouver des documents récents du laboratoire de Saint-Pétersbourg. Sveda avait laissé entendre que le projet avait été abandonné…. Tohum, une menteuse ? Diable ! Mais serait-elle humaine en fin de compte ?

Elias fut le premier à débarquer. Il posa son sac dans un coin du salon et l’air soucieux regarda sa sœur. Ils avaient une place particulière dans la fratrie tous les deux. Issus des deux mêmes parents. Tous les deux Prodiges, immortels et vivants, ils partageaient quelque chose de plus que les trois autres encore en vie. Assis l’un à côté de l’autre ils avaient contemplé cette enveloppe close. Que pouvait-elle leur annoncer ?



- Elle avait l’air nerveuse depuis quelque temps.

-Je croyais que c’était parce qu’elle avait peur de ne pas réussir à se rapprocher d’Ava…

- J’avais plutôt l’impression que ça allait de ce côté-là ?

-Je ne sais pas, aucune d’elle ne m’en a vraiment parlé.

D’un même mouvement, ils tournèrent leurs visages vers la porte du salon.


- Kim est en ville en ce moment…

-Ca veut dire que ?

Une soupçons.

**
*

Tohum
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Dim 27 Mar 2016 - 14:00


Lieu :

Appartement de Sveda

Date de l'événement :

Mars 2016

Participants :

Élias - Abygael

Précédemment :

Premier post

A suivre :

Falait bien se croiser un jour



PORTEE DISPARUE

♦ ♦ ♦

---------------------------------------------------

Lorsqu'elle avait vu le nom de son aînée s'afficher sur son téléphone, Riley avait eu un instant d'hésitation. Sans comprendre pourquoi, son cœur s'était légèrement serré dans sa poitrine.

Les messages d'Abygael étaient inhabituels, pour ne pas dire rarissimes. Plus que ceux d'Elias, par exemple, qui n'hésitait à prendre davantage de ses nouvelles. Leurs échanges étaient moins compliqués, plus naturels.

Mais Riley ne se formalisait pas des silences de sa demi-sœur. Elle n'était pas plus prolixe de son côté. Elles savaient, l'une comme l'autre, que le malaise qui s'était installé n'était que la conséquence des tensions et non-dits refoulés et sous-jacents. « Faire comme si de rien n'était » était une politique dangereuse mais qui protégeait pour le moment l'équilibre précaire du clan depuis le retour de la fille prodigue. Alors, limiter les contacts et les interactions, était, du point de vue de notre héroïne, une solution pour coller à cette ligne de conduite.

Mais voilà, sur l'écran de son téléphone s'était affiché un nouveau SMS. La jeune femme regarda l'objet pendant un instant, sans même ouvrir l'enveloppe qui symbolisait le message. Ses pensées vagabondaient. Sur le contenu du mot. La curiosité ne prenait pas suffisamment le pas sur l'appréhension. Comme si elle craignait à tout instant d'avoir affaire au volcan. La crainte du mont qui dort en surface, mais bout à l'intérieur. Riley savait pertinemment qu'un jour, il se réveillerait et que ce jour là, elle devrait répondre de ses actes.

Elle finit par lire ledit message. La jeune prodige resta un instant perplexe. Elle relisait chaque mots les uns après les autres. Fronçant les sourcils. Elle regarda l'horloge. Le message avait été envoyée depuis plusieurs heures. Une sensation étrange pris naissance au creux de son cœur.

Alors, elle se prépara avec automatisme, perdue dans ses pensées noires, et lorsqu'elle sortie de cette torpeur sombre, elle se trouvait devant la porte de l'appartement de Sveda.
Riley cligna plusieurs fois des yeux. Comment s'était-elle retrouvée là ? Elle força son esprit à se remémorer. Elle le devait. Sa mère lui avait expliqué l'importance de reconstituer le chemin de ses souvenirs. Elle revoyait le paysage de la ville défiler à travers les vitres du métro aérien et la petite épicerie au coin de la rue. C'était bien tout. Elle soupira et prit son courage à de main.

Elle toqua tout de même deux fois à la porte avant d'ouvrir la porte, qui était déverrouillée comme l'avait prévenu Abygael. Inexplicablement, elle avait l'horrible impression que ce n'était pas Sveda se serait pas dans son propre appartement.
Dans le salon se trouvait les deux Tarin.

-Hey... fit la jeune femme en guise de salutation.

Elle posa ensuite son regard sur la pièce qui lui semblait sensiblement avoir changé sans qu'elle ne puisse dire en quoi.

-Tout va bien ? Demanda-t-elle aussi bien par formalité qu'avec une certaine appréhension vis-à-vis de la réponse.
Riley
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Lun 28 Mar 2016 - 20:57
ELIAS ABYGAEL


Tous les deux fixaient l’enveloppe scellée devant eux. Ils avaient l’air d’un jeune couple. Ils étaient beaux, avec leurs cheveux blonds et leurs traits graciles. On aurait facilement pu les associer aux Anges, à des Apollons. Pourtant, ils n’étaient rien de plus que deux Prodigues sans père et maintenant, sans mère non plus. Ils étaient beaux, oui. Mais ils étaient vieux.


- Qu’on doit aussi le prendre en compte. C’est tout. El n’aurait jamais avoué devant ses sœurs qu’il gardait un œil sur Kim depuis tout ce temps.


**
*

- Hey te voilà ! Cool. Mets-toi à l’aise. On ne sait encore rien.
Le colosse s’étirait vers le ciel pour aller souhaiter la bienvenue à Riley. Il lui fit une courte embrassade, pour ne pas qu’elle soit trop mal à l’aise. Il avait remarqué que le contact physique n’était pas une évidence pour elle. Après quoi, il alla fermer à clé. On n’est jamais trop prudent par les temps qui courent.


-On vous attendait pour ouvrir ça…
Aby se contenta d’un petit sourire pour la cadette. Elle lui désigna la fameuse missive d’un regard. Elle se leva à son tour pour aller arrêter la cafetière.


- Sahar est en Italie. Elle attend de nos nouvelles.
Donc avec Joachim qui tenait compagnie aux verres, et Kim le paria, la fratrie de Tohum était quasi au complet. Sveda aurait aimé savoir que ses enfants se sentaient un peu concernés. Elle ne doutait pas de leur amour. Mais disons-le, la famille ce n’était pas vraiment un concept qu’elle avait réussi à partager avec ses petits.


-Ava ? Tu veux un café ? Sans rien demander à El’, Aby lui prépara une tasse. Un café noir, sans aditif. Comme ils en avaient bu, là-bas, en Afrique. Oui. Il y avait toute une vie entière que ces deux avaient partagée. Ils étaient complices comme seuls le sont ceux qui ont vécu des événements forts.

- On l’ouvre ? Elias avait saisi le courrier. Il l’ouvrit. Il n’y avait qu’une feuille pliée en quatre. Elle était blanche. Une encre noire en recouvrait le recto et une partie du verso. C’était bien l’écriture de Sveda.

- « Mes chéris, mes enfants, Je vous écris cette lettre pour vous dire de ne surtout pas vous inquiéter pour moi. Je vais bien. J’ai malheureusement du me volatiliser, pour tromper la vigilance de vieux adversaires. Je ne sais pas encore pour combien de temps exactement. Je ne vous ai rien dis, pour vous protéger de ces personnes. Moins vous en saurez et plus vous pourrez rester en sécurité. Je suis vraiment désolée. Je ne voyais pas d’autre solution indolore pour vous. J’aurai aimé que vous soyez éloigné de tout ça. Surtout toi, Ava. Toi qui viens juste de nous revenir. Mais, je sais que tes sœurs et ton frère seront là, pour poursuivre avec toi ce que l’on a commencé ensemble. J’espère vous revenir très vite. En attendant, prenez soin les uns des autres. Je vous aime, infiniment. Maman. » …


-Génial… Les dents serrées, Aby ravala sa hargne.

**
*
Tohum
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Mer 30 Mar 2016 - 22:42
D'un petit geste de la main, elle avait décliné l'offre de sa sœur. Un, Non, merci, distrait, passa sur ses lèvres un peu tremblantes, alors que son aînée de levait pour servir le café. 

-Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi cette lettre ?

Ses grands yeux sombres allaient et venaient entre la missive posée en évidence sur la table et son frère et sœur. La tension blanche dans sa voix laissait transparaître son appréhension. Dans le message qu'elle lui avait envoyé, Abygael était restée pragmatique. Maintenant, voilà qu'ils étaient tous les trois réunis - à défaut de pouvoir être plus - et l'angoisse montait au creux de son ventre. 

-Où est maman ? 

Silence. Voilà où se tenait le nœud du problème.
Finalement, Élias ne résista pas plus longtemps – à quoi bon, de toute façon, patienter encore, si ce n'était pour la torturer un peu plus - et il ouvrit l'enveloppe pour en sortir son contenu.
Une lettre. Écrite de la main de leur mère. Riley fixait le papier noirci en retenant son souffle. Elle se tenait légèrement à l'écart, les bras croisés contre la poitrine, les épaules courbées. Au fur et à mesure de la lecture, sa mâchoire se serrait un peu plus.
Chaque mots, lus à voix haute par le viking, étaient autant de coup de poignard. Une lame aiguisée qui, péniblement, s’immisçait encore et encore entre ses côtes. La nausée lui montait aux lèvres. Une colère sourde partageait la place avec l'incompréhension muette.

Sveda partie. Partie où ? Partie pourquoi ?
De quoi parlait-elle ? Quel vieux adversaires ? 

Le cœur de notre héroïne au cheveux blancs se contracta avec douleur. Les dents serrées. Elle encaissait. Tohum avait-elle compris pour elle, pour Pietro, était-ce pour tenter de la détromper qu'elle l'avait mentionné ? « Surtout toi, Ava »...

Telle mère, telle fille ? Ce départ soudain la renvoya amèrement à sa propre fuite. Riley avait voulu croire que la chaleur rassurante de l'amour maternelle serait éternelle. Elle se rendait compte maintenant à quel point elle avait été stupide. Kim l'avait mise en garde pourtant. Sveda était une nomade, elle le resterait.

Inconsciemment, elle s'était mise à faire les cents pas dans la pièce. Elle refuser d'accepter les arguments avancés par la Rose. Elle lui en voulait. Elle lui en voulait tellement. Et elle n'avait cependant pas son mot à dire. Elle devait se taire et accepter. Parce qu'elle avait exactement fait la même chose, trente années plus tôt... Mais elle ne voulait pas accepter... Sa pire désillusion avait été de croire que son retour aurait tout changé... mais la preuve que non. La preuve qu'elle n'était pas si importante... pas faute qu'on lui ait répété pourtant...
Riley
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Lun 4 Avr 2016 - 18:06
ELIAS ABYGAEL



Quelques phrases, pour résumer une décision que Tohum avait prise sur le vif. C’était en revenant de l’hôpital. Après que Zimmerman, son collègue lui ait annoncé la fausse couche provoquée par le traumatisme de l’attaque. Sveda n’était même pas sûre encore d’être enceinte. Il aurait été beaucoup trop tôt pour savoir si ça aurait été un garçon ou une fille. Mais le fait été là. Une vie avait été perdue.

- Ca explique pourquoi elle ne répond pas au téléphone.
Marmonna Elias en suivant les allers-retours de la cadette. Il retourna la feuille. Ça ne servait à rien. Mais non, il n’y avait rien d’autre. Aucun indice qui peut leur indiquer où était allée Sveda. Elle n’était pas une débutante dans le domaine.

-Ca a sûrement un lien avec Wang.

Les phalanges devenaient blanches à force de se contracter. Les yeux d’Abigaël lançaient des éclairs. Cette histoire n’avait pas de sens pour elle. C’était la première fois qu’ils étaient tous sur la même île depuis 30 ans. Sveda ne serait jamais partie comme ça sent une bonne raison. La déduction était donc que la menace était de taille.

-Pourquoi elle ne nous en a pas parlé ? Rahhh je déteste quand elle fait des trucs comme ça. « La famille » tu parle ! Que dal ! Elle recommence à faire ses trucs dans son coin. Ça me soule !

La tension dans la voix de l’Immortelle allait crescendo. Elle avait l’air à la fois furieuse et vexée. Ah Aby ! Ça ne change rien. Tu es toujours celle qui connaît le mieux ta mère. Respire… tu vas nous faire une attaque. Vous n’auriez rien pu empêcher. Quand Tohum a une idée en tête, on ne peut l’en faire changer. C’est comme ça. Une bornée. D’ailleurs, j’en vois d’autres dans cette pièce.

- Calme-toi Aby… ce n’est pas en t’excitant que tu vas régler le problème. Je vais appeler François. Il pourra peut-être la localiser. Si son ennemi est ici, elle est sûrement encore sur Édimbourg.
Temporiser, de base, ce n’était pas réellement le délire d’un gars comme El’. Mais, il sentait bien que les deux blondes avaient encore des comptes à régler. Le moment était mal indiqué pour ça les filles.

Il croisa le regard de Riley et lui adressa un sourire de réconfort. Il était moins inquiet que les filles. Il avait vu Tohum partir en vrille à la fin de la guerre contre les adeptes. Il lui arrivait parfois d’atteindre une limite et de prendre des décisions radicales. La mort de leur aîné l’avait bien montré. Paniquer, pour le moment, n’aurait pas servi à grand-chose.

- T’en fait pas. On va la retrouver. Je suis sûre qu’on va vite savoir où elle est.

-C’est ça vend lui du rêve… On sait bien que si maman ne veut pas être retrouvée, on n’a aucune chance. On a le truc pour jouer à cache-cache dans la famille… Pas vraie Ava ?
Hou la mesquine.

- Ce que tu peux être chiante quand tu t’y mets. Va plutôt dans sa chambre voir s’il n’y a pas un de ses carnets. Ava, vient, on va fouiller la bibliothèque. Elle a dû faire des recherches avant de se lancer.

La tasse de café posé sur le bar de la cuisine. Le Viking traversa la salle pour rejoindre l’endroit indiqué. Téléphone en main, il envoyait déjà un message à son neveux. C’est bien dans l’adversité que les liens se resserrent ?

Tohum
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Jeu 14 Avr 2016 - 19:22
L'horloge s'arrêta un moment. Une seconde. Ou dix. Ou plus peut-être. Pour quelle durée le temps avait-il lâché son emprise sur la jeune femme ? Seulement le temps pour se perdre en elle-même. Un instant indéterminé pendant lequel elle s'était retrouvée seule face aux contradictions qui lui déchiraient le cœur.

La réplique d'Abygael l'avait frappé avec autant de dureté qu'une gifle. Tout aussi rapide et efficace. Plus douloureux encore. Sa mâchoire s'était crispée pour recevoir le coup bas. Les points fermés, serrés, pour contenir la fureur. Elle dévisageait sa sœur de ses grands yeux maintenant allumés d'une lueur brûlante tandis que la haine lui remontait le long de la gorge. 
Folie. Ou désespoir. 

Elle devait ravaler sa bile. Ravaler les mots qu'elle lui aurait cracher à la figure, garder en elle les cris et la déchirure dans son âme. 
Elle aurait voulu défier sa sœur de vivre pour une journée ce qu'elle avait vécu. Pour une journée, la douleur, la peur, les choix, le désir de revenir et celui de les protéger. 
Mais les justifications étaient inutiles. L'un comme l'autre n'auraient pas compris. 
L'heure était à récolter ce que l'on sème. 

Le pire était que, dans cet aveuglement, elle était incapable de voir que sa mère était probablement passée par les même dilemmes, les mêmes appréhensions, et peut-être la même souffrance. Elle ne pouvait le voir, elle qui aurait dû être la plus à même de la comprendre. 

Lorsqu'elle revint à elle-même, ce fut comme la sortie d'un rêve flou, lointain. Elle entendait à peine Élias tentant de calmer le jeu. Son aînée était sortie de la pièce pour commencer les recherches. Les recherches ? Quelles recherches ? Pour trouver quoi ? C'était insensé de croire que Sveda aurait laisser derrière elle des indices pour être retrouvée. Non, ils ne trouveraient rien. Ils devraient attendre son retour.
Si elle leur revenait un jour. L'idée lui retourna le ventre. Les tripes. Nourrissait la colère au creux de sa poitrine. 

Riley demeura encore un instant immobile alors que son frère l'encourageait à venir avec lui dans la bibliothèque. Il avait prit les devants et la jeune femme aux cheveux blancs avait sortie son portable.
Nouveau message de Kim.
Elle eut un rictus crispé. Son père avait-il réellement un lien avec le départ de leur mère ? Était-il possible que lui-même ait quelque chose à voir dans l'histoire ? Elle ne voulait pas se sentir une nouvelle fois trahie. Pas par lui. 
Rangeant le téléphone, elle se dirigeait d'un pas traînait à la suite de son frère. 

Elle regardait sans vraiment voir. Furetait sans réellement sans savoir ce qu'elle était censée trouver. Elle déplaçait les livres, bougeait la paperasse, remuait tout ce que la Rose avait accumulé. Elle jura à voix basse lorsqu'une liasse de feuillets tenant en équilibre précaire sur un bouquin en haut d'une étagère, s'éparpilla au sol. Se penchant pour ramasser ce qu'elle venait de faire tomber, ses yeux s'accrochèrent à des formules. Des sortes de brouillons. Des trucs griffonnés ici et là, qu'elle était bien en peine de comprendre. 
Mais la prodige s'arrêta une seconde. Pas une minute elle n'avait pensé aux travaux de Pietro. Était-il possible que sa génitrice les garde en lieux sûr dans son appartement ? C'était l'occasion. L'occasion de tenter de mettre la main sur ce que son parrain cherchait à tout prix. L'occasion de payer sa dette. 

Les recherches de la jeune femme prirent alors une toute autre allure... 
Riley
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Mar 26 Avr 2016 - 19:53
ELIAS ABYGAEL


Contrairement à ce qu’avait laissé présager le tempérament d’Elias, il s’était révélé beaucoup plus attaché à sa mère que prévu. Sveda était pour lui l’incarnation d’un Espoir. L’espoir qu’il ne parvenait pas lui-même à garder pour cette humanité, qui répétait sans les mêmes erreurs. Il admirait beaucoup la foi de cette femme. Il se disait que tant que Tohum gardait cette –intime- croyance, ils avaient une chance, et que si la planète ne lui détruisait pas, ils finiraient peut-être par réussir à grandir.


- Tu sais que tu as une nièce qui porte ton nom ? Elle doit avoir une quinzaine d’années maintenant. Jo disait souvent qu’elle est aussi rêveuse que toi. Je crois que sa mère et elles sont à … maintenant.

Irina Nabov, dernière née de Joachim, était une adolescente de son époque. Sa mère l’élevait seule.

Elles n’avaient pas quitté l’Arche scandinave, depuis la mort soudaine de Joachim. Natacha leur avait pourtant proposé plusieurs fois de quitter leur petit village pour venir à la ville. El ne les avait pas vues depuis l’enterrement de son demi-frère. Mais il savait que la jeune fille avait de nombreux points communs avec Riley.

La frénésie de cette dernière fit sourire le Viking. Il était content de voir Ava motivée. Il ne pouvait pas se figurer que les raisons qui la motivaient n’étaient pas les meilleures. Il faut dire que Sveda n’avait rien dit, ne leur avait rien dit, sur la cure de désintoxication de leur sœur. Non plus sur l’implication de son ex-compagnon dans les soins d’Ava. Elle avait pensé avoir le temps. Mais c’était avant d’être agressée par ce mercenaire. Avant la disparition de Natacha.

-Tu trouve quelque chose ? Il feuilletait sans trop y croire un recueil de poésie perse sans grande conviction.

Les livres avaient été de très bonnes cachettes en temps obscurs. Tohum avait pris l’habitude de semer des informations dans les ouvrages qu’elle avait partagés avec ses enfants. C’est ainsi que dans les pages d’un essai était glissée une feuille avec quelques phrases rédigées en russe, écrites de la main de Sveda. Le temps avait effacé une partie de l’encre. La date correspondait au moment où Tohum était encore avec le père de Riley. Quand avait-elle griffonné cette prose annonciatrice au juste ?

-Sacrée Sveda. Regarde…

« Toi qui m’a donné une merveille pourquoi rêves-tu de monstres ? Je ne puis t’aimer sans ton consentement. Alors faudra-t-il que tu me fasses choisir entre l’amour ou la raison ? Quel cruel dilemme nous impose cette vie. »

Après un silence songeur, Elias se remit à chercher. Il avait pourtant l’impression qu’Aby avait vue juste. Leur mère était prudente quand il était question de secrets. Si au moins, ils mettaient la main sur ces fameux carnets intimes ? Tohum continuait de les écrire. Il le savait. Cette situation le chagrinait. Il se rendait compte qu’il n’avait pas été aussi attentif qu’il l’avait crus. Cela ne concernait d’ailleurs pas que la scientifique.

-Aby n’aurait pas du t’attaquer comme ça. Donne-lui un peu de temps. Elle va s’apaiser. La personne contre qui elle est vraiment en colère, c’est elle. Pas toi.

Il soupira a gros poumons. Ca ne servait à rien. Ce n’était pas comme ça qu’ils allaient trouver ce que Sveda avait en tête.

- Hey ! J’ai peut-être une piste.

Un calendrier en main Abigaël débarqua dans la bibliothèque. Une marque avait été faite sur le mardi deux semaines auparavant. Un nom avait été inscrit. Kussi. Mmm. Voilà qui donnait au moins une direction.

- Kussi. Ça fait au moins 20 ans qu’elle n’a pas parlé de ce gars. A mon avis, ce n’est pas un hasard. Il pourra surement nous dire pourquoi elle a voulu le voir. François pourrait nous trouver son adresse tu penses El' ?

Bon, au moins, la tension était retombée !
Tohum
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Dim 1 Mai 2016 - 21:48
Le regard plongé dans des papiers quelconques, sa concentration fut sapée par la prise de parole inattendue de son aîné. Les mots sur la page se brouillaient, changeaient de places, se répétaient. Elle lisait sans comprendre des phrases incohérences et finit par relever le menton. Persister était inutile.
Tournant les yeux vers Élias, son cœur de crispa. La mention douloureuse de Joachim l'avait paralysé. Elle baissa les yeux pour cacher l'humidité de ses yeux. La gorge sèche et serré et l'impression qu'une lame se glissait entre deux côtes que l'on remuait avec une lenteur délibérée.
Elle n'arrivait pas à accepter son décès. Elle refusait de croire qu'elle ne le verrait plus jamais. Sans avoir pu échanger un dernier mot, un dernier adieu. Elle se sentait lésée. Elle aurait dû avoir ce droit, cette possibilité. Le destin l'avait privé de beaucoup de choses, mais celle-ci était la plus cruelle.
Que pouvait-elle répondre à cet aveu ? Elle avait au fond de l'âme cette terrible superstition qu'un tel prénom ne pouvait porter que malheur. Aurait-elle seulement l'occasion de la croiser un jour ? Combien de nièces et de neveux avait-elle, au juste ? De cousins et de cousines, de frères et sœurs de sang ou de demi-sang ? Combien étaient encore en vie et combien n'avaient pas eu cette chance de résister au temps -si cela était véritablement une chance. 
Les ramifications de la lignée de Tohum étaient infinie. Elle-même n'était qu'un point insignifiant dans l'arbre généalogique de l'immortelle. Insignifiante. Un mot qui la terrorisait. 

-J'ai de plus en plus de mal à me rappeler de son visage, finit-elle par lui confier à voix basse. Du visage de Joachim, précisa-t-elle. Une image flou, aux couleurs passées, abîmé par le temps était tout ce d'un il lui restait. Elle n'était plus certaine des traits de ce grand frère disparu. L'aurait-elle seulement reconnu si elle l'avait croisé dans la rue ?

Elle secoua doucement mais négativement la tête alors que le viking lui demandait si elle trouvait quelque chose. A vrai dire, elle avait abandonné l'espoir de tomber sur un indice. Elle avait donc fait le choix de se concentrer sur ce que lui avait demandé Pietro.
L'immortel, pour sa part, tenait un livre de poésie, un ouvrage qui avait été lu et relu. Un l'intérieur semblait s'être perdu un billet. Écrit en cyrillique de la main de leur mère, la note écornée avait jauni et l'encre passée.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils. 

Élias dut lui faire la lecture. 

-Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? A qui est-il adressé ?

L'impression étrange au creux de son ventre lui donnait la nausée. Une peur, ou un pressentiment ? 
Elle observa immobile son frère se remettre à chercher. La prodige à la chevelure blanche demeura silencieuse alors qu'Elias trouvait des excuses à sa sœur. Que pouvait-elle répondre, de toute façon. Elle haussa les épaules, comme pour signifier qu'elle s'en fichait un peu, du comportement d'Abygael, comme pour faire croire que cela lui passait au dessus. 
Elle hésita un instant avant de le distraire une nouvelle fois dans sa fouille. Elle lui montra les brouillons gribouillés de formules.
Si elle s'y prenait bien, peut être arriverait-elle à lui tirer des informations sur les recherches menées par Sveda et son père. Élias devait forcément savoir quelque chose et peut-être même où leur génitrice cachait ce fichu dossier. 

-Ce quoi, tous ces trucs ? Elle tentait de prendre une voix désintéressée. 

Mais la voix d'Abygael traversa l'appartement. Elle avait trouvé quelque chose. 

-Kussi ? Demanda notre héroïne, un peu perdu. Elle n'avait pas souvenir de se nom, une connaissance de leur mère et des deux plus âgés également, apparemment.Elle hésita un instant :

-Maman n'a pas un coffre ? Peut-être que si elle voulait cacher des infos sur son départ, c'est là qu'elle l'aurait fait ? 
 

Riley
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Mar 10 Mai 2016 - 19:43
ELIAS ABYGAEL




-J'ai des photos si tu veux. Proposa gentiment le géant blond.

Ah les petits secrets de famille ! De quoi faire jacter pas mal de monde. Tohum avait beau être pleine (à ras le bord) de bonnes intentions, elle avait à son actif un très mauvais score en matière de famille. Ceux qui en subissaient le plus les conséquences étaient précisément les enfants. Peu importe qu’ils aient déjà tous dépassé la cinquantaine ! Les mauvais choix de Sveda retombaient sur eux.

-Hum. J’ai une hypothèse, mais elle ne va pas te plaire.

Elias fit un quart de tour pour croiser le regard de sa sœur. Comme lui et Aby, Ava n’avait pas grandi avec son père. En fait, à l’exception de Sahar aucun d’eux n’avait eu cette possibilité. Mais les raisons de cette absence de figure paternelle étaient plus ou moins semblables. El s’était souvent demandé comment leur mère avait réussi à choisir des partenaires aussi mal adaptés à ses attentes. À chaque fois ! Il en avait conçu une étrange colère.

-Je ne sais pas ce que maman t’a dit sur Pietro ? Tu sais que c’est un scientifique ? Ils se sont rencontrés comme ça. Pour un projet international de recherche sur la génétique, j’crois. Perso j’ai tout de suite senti qu’ils allaient se plaire. Quand tu trouves quelqu’un d’aussi obnubilé que toi sur un sujet, tu t’y accroches. Le problème c’est que l’éthique et la déontologie ont rapidement marqué leur différence de point de vue. Pietro voulait faire avancer la science quitte à ce que se soit au détriment des règles. Les « monstres » qu’évoque maman ce sont des expériences qui ont mal tourné.

Berné comme un débutant, il l’était le Viking. Vous auriez été aussi naïf à sa place ! Riley faisait le change et lui avait envie d’y croire. Comme quoi l’expérience ne fait pas tout. Il n’était pas celui qui était le plus au fait des travaux du docteur Kent. Mais, il en savait déjà plus que Riley. Cela dit, le mieux aurait été de cuisiner Natacha, miss. Ah oui, c’est vrai, Nat’ est toujours séquestrée par l’autre grand taré du grand arbre.

-Hum. On dirait des formules sur l’ADN. Ça fait un moment qu’elle travaille sur ça. Elle pense que le génome humain s’est adapté au moment du Premier Ouragan. Tous les humains seraient en fait des Prodiges. Sauf que pour la majorité la capacité est en sommeil. Ils seraient « en attente » d’un éveil.

Enfin ce n’était qu’une partie de la théorie. La première théorie. Diane avait eu le temps d’en imaginer un paquet, vous pensez bien ! Dont une part non négociable revenait à ce cher Jao. Kussi était l’un de ses interlocuteurs les plus anciens, encore en vie. Il était parfaitement au fait des travaux qu’elle avait entreprit à Saint-Petersburg. Encore un nouveau nom à retenir, Ava. Ne t’en fais pas. Tu t’y feras.

- Oui. Il vit en NewAfrik. Maman lui a demandé son aide plusieurs fois concernant ses capacités élémentaires. Il a pas mal de connaissance sur les dons offensifs. Et les dons temporels aussi, il me semble. Ça fait un bail que je ne l’ai pas vue !


-Un coffre… hum non. Ça m’étonnerait. Pas ici en tout cas. Elle a des archives dans la maison en Angleterre. Mais elle a peut-être laissé des infos ?

Les coffres sont là pour cacher des trésors. Or Tohum avait très peu de ressources pécuniaires à son actif. Elle les dépensait trop vite pour ça. L’argent servait à soutenir des projets d’études, des recherches, des aides financières spontanées.

- Faudrait mettent la main sur ses carnets de notes. Au moins ceux qu’elle a écrits depuis qu’elle habite ici. Humm. Quand j’avais été la voir à Londres, elle le rangeait…

Aby sortit de la pièce et prit la direction de la chambre à coucher. Mue par un puissant instinct (moi) elle accéléra le pas sur les derniers mettre. Elle ouvrit vivement la porte de la penderie maternelle. C’était quand même indiscret non de fouiller comme ça dans habits de sa mère, non ? Derrière les pulls d’hiver, il semblait y avoir quelque chose. Un carnet protégé par du cuir. Bien joué Abigaël. Le saint Graal de la Rose.

- Bingo !

La page de garde indiquait février 2015.

Abigaël alla s’asseoir sur le rebord du lit. Elle feuilleta les pages avec fébrilité. Au bout de quelques pages, son regard s’arrêta sur une phrase. Une perte progressive de couleur sur ses joues en dit long sur le contenu. Je sais pourquoi. Les pièces du puzzle se mettaient en place sous ses yeux. Chaque élément était apparu.

« [...] Nikolas est à Edimbourg. Je dois savoir ce qu’elle a en tête. » ; « […] Jao est entré par effraction dans l’appartement. » ; « […] Pietro… lui aussi. Comment a-t-il eu ce numéro ? » ; « […] Je sais leur soif de pouvoir. Je sais ce qu’ils veulent. Je dois agir avant… »

-

- Alors ? Raconte ? Qu’est-ce que ça dit ?
Le silence d’Aby le mettait un peu mal à l’aise. Il n’aimait pas quand elle avait cette tête. Était-ce plus grave que ce qu’il avait crus ?

-Elle veut régler ses comptes.
Elle tendit le carnet à son frère. Dans un arabe littéraire apparaissait la funeste prédiction.
Tohum
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Lun 16 Mai 2016 - 13:19
Le regard du frère et de la sœur se croisèrent. Sa mâchoire se crispa aux paroles de son aîné. Elle n'était pas si sûre d'être prête à entendre ce qu'il aurait à lui dire. A la mention de Pietro, elle sût qu'elle ne voulait pas s'avancer sur ce terrain, mais avait-elle vraiment le choix ? Elle se contenta de hausser les épaules. L'homme n'avait pas fait parti des quelques conversations échangées avec sa mère.
Au fur et à mesure, ses poings se resserraient et ses ongles avaient fini par entamer sa chaire. Cette situation était extrêmement pénible. Dans la façon qu'Elias avait de parler de Pietro, Riley pouvait sentir le ressentiment.
Elle ne savait plus qui ou quoi croire. Son... géniteur... lui-même lui avait donné une autre version des faits. Mais ne lui-avait-il pas menti sur sa véritable identité, sur sa parenté ? Et, certes, les pressions du russe étaient de plus en plus fortes, mais la disparition de Sevda lui avait fait perdre patience, Riley n'en était qu'à moitié consciente mais cela était probablement dû à la peur que la Rose ait tout emporté avec elle. Si elle cherchait à le fuir, lui, de nouveau, il n'aurait plus beaucoup d'espoir de retrouver ses recherches un jour. Après tout, il l'avait sorti de son enfer, il avait prit soin d'elle. Elle lui devait au moins ça. Il ne pouvait pas être le monstre que tout le monde voulait s'accorder à décrire...

-Quels types d'expériences ? Demanda-elle d'une voix blanche, mue par l'appréhension.

Pour une seconde, elle en avait oublié son petit jeu d'interrogatoire. Elle avait peur de ce que l'immortel allait lui répondre.
Elle l'écoutait néanmoins avec attention, malgré son incompréhension sur beaucoup de points scientifiques mais tentait de retenir un maximum d'informations.
Elle nota ensuite le nom de cet ami et collaborateur avant que sa demi-sœur ne fasse la mention d'un élément qui attira son attention :

-Une maison en Angleterre ? Elle n'en avait jamais entendu parlé. Sveda ne lui avait jamais fait mention de cette endroit. Son cœur s’accéléra soudainement. Était-ce possible que ses travaux puissent être cachés là-bas ? Peut-être touchait-elle au but. Mais où se trouvait cette maison, exactement ?

Elle réalisa alors que, depuis leurs retrouvailles, sa mère ne lui avait jamais vraiment rien dit ou confié... Cette prise de conscience laissa dans sa bouche une amertume. L'avait-elle jugé trop peu à même de connaître tous ces détails ? Où avait-elle eut des soupçons dès le début et ne lui avait jamais fait confiance ?

Abygael mentionna ensuite des carnets, qu'elle semblait écrire régulièrement. Son cœur fit un nouveau bond. La prodige ne mit que peu de temps à trouver le plus récent dans la penderie de leur génitrice. Elle l'avait ouvert et s'était plongée dans une sorte de lecture frénétique, tournant rapidement les pages, probablement pour déceler les extraits les plus pertinents. Le silence se faisait lourd et Elias la pressa de partager ce qu'elle avait trouvé. La demoiselle avait très légèrement pâli avant de tendre le carnet à son frère, laissant Riley à l'écart.

-Je peux savoir ce qui se passe ? Demanda-elle plus abruptement qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle se figea alors. Une vague de paranoïa s'empara d'elle. Sveda savait. Elle avait su pour Pietro et elle. Elle en faisait mention dans ses carnets et Abygael venait de tomber dessus, c'est pour cette raison qu'elle s'était gardée de partager ce qu'elle avait pu lire. Une peur inconditionnelle la saisit au ventre. Elle serait obligée de fuir. Pietro serait fou. Elle ne voulait pas retourner à la rue, à sa vie d'avant...
Riley
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Lun 30 Mai 2016 - 20:56

ELIAS ABYGAEL



J’espère que tu n’as pas peur des contes horrifiques Riley. Non angélique mère a frayé avec des forces bien sombres pour tenter de comprendre les rouages de l’univers. Le plus sombres des chemins bien sur avait été celui qu’elle avait à la droite de Strega, la Sorcière.

[/i]-Moches. C’était pendant la guerre froide. Les deux camps voulaient des « super soldats ». Ils ont fait des expériences sur des prisonniers de guerre. Judith Baker avait d’ailleurs tenté de faire stopper ces abus.

Mais « à la guerre, comme à la guerre », tout le monde avait fermé les yeux. Quand le peuple et menacé l’éthique, les droits de l’homme, tout devient plus relatif. Sveda avait souffert de cette hypocrisie collective. Justement, la naissance d’Ava lui avait donné une raison valable de quitter l’enfer blanc. Mais encore maintenant, pendant l’hiver, quand le vent souffle, la belle a parfois l’impression d’entendre leurs cris. Ils n’étaient pas les seuls à la hanter, oh non. Enfin, revenons à ces brebis égarées.

-Celle de Tauton. M’am l’a achetée après la seconde guerre mondiale. La voix un peu radoucie, Abigaïl se revoyait poser le pied sur le sol anglais.

Maintenant. Trêve de nostalgie les petits ! Remontez vos manches. El était le plus empressé. Il voulait avancer. Il lui fallait une piste à suivre, n’importe laquelle. Il lorgna sa sœur. Il savait qu’elle cherchait à créer le débat. Il la connaissait.

-On n’est pas sûr, Aby. Continue de traduire. Moi je vais aller voir François directement, ce sera plus simple. …
Ava ?


Alors qu’est-ce qu’on colle à la frangine ? Si j’étais vous, je prendrais une tâche simple. Voir répétitive. Avec sa perception temporelle complètement (de) désaxée Riley ne se rendrait compte de rien. Enfin, c’est là mon interprétation de la chose.

-Non pas d’enquête de terrain.
Ava, si je te donne la fréquence, tu peux vérifier si Scoland Yard est sur son cas ?
Abigaël reprit le carnet de notes des mains d’Elias.

Guidée par son impatience, elle quitta la chambre de leur mère et retourna dans le salon. Elle rangea le document dans son sac avant de lancer un regard panoramique à la pièce. Elle fouilla dans son sac en tira un stylo et un vieux ticket de caisse. D’une écriture nerveuse elle inscrivit le nom d’un logiciel libre et un code algébrique. Elle relut les informations une fois et tendit vivement le papier à sa petite sœur.

-Tiens. Tu télécharges le logiciel sur un PC et tu rentres ce code. Ça te donnera un accès à la fréquence générale. Fais-le dans un endroit sûr.

Pendant ce temps Elias avait fait un dernier tour de la pièce de son côté. Il observait les différentes statues posées sur les meubles. Certaines d’entre elles étaient érodées à cause du temps passé. L’une d’elles attira plus particulièrement son attention. Elle représentait une divinité africaine. La protectrice des enfants. El’ se souvient de sa mère, agenouillée dans le sable, le visage déformé par les pleurs et la peine, qui entonnait un chant de deuil. Elle avait chanté ainsi pendant des heures pour accompagner Salif. Salif qui se souvenait encore de lui maintenant que Joachim était mort ?

-Ne t’en fait pas maman. On va la sauver. Il caressa du regard les objets avant de rejoindre ses sœurs.

Sac-à-dos sur l’épaule, le Viking toisa les jeunes femmes. Il retenu la remarque qui lui montait aux lèvres. Ils auraient une conversation sérieuse plus tard. L’urgence était de retrouver la piste de leur mère avant que les indices ne s’effacent. Il fondit sur Riley et lui fit une embrassade, sans se rendre compte qu’il était un peu bourru. Un baiser sonore claqua sur le front de la benjamine.

-Fais gaffes à toi. S’il y a quoi que ce soit, tu m’appelles, Ok ?
Et toi… Oublis pas tes marmots. On te connait.
Se moqua-t-il gentiment en embrassant la joue droite d’Aby.

-Ouais, ouais. Bon, on reste en contact de toute façon.

Elias leur fit un dernier signe de la main et s’engouffra vers l’entrée. La porte claqua. Il dévala les escaliers comme un endiablé. Une bonne façon de juguler le trop plein. En haut, Abigaël, n’avait pas l’air impatiente de quitter l’appartement. Elle s’occupa de laver leurs tasses de café en silence. son esprit était ailleurs, il recherchait les mots cachés derrière les mots.

L’enquête débutait.
Tohum
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"Le bonheur c'est mieux quand on le partage."


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Mar 31 Mai 2016 - 1:22
Dans ses veines, son sang s'était glacé. Un frisson qui remontait le long de la colonne vertébrale, jusqu'à sa nuque. La gorge serrée. Non. Au final, elle n'était plus si sûre de vouloir en savoir davantage. Elle voyait ses géniteurs comme elle ne les avaient jamais vu. Comme elle n'aurait jamais vu les voir. Comme des savants fous, des hommes se prenant pour des dieux. C'était ironique, elle était probablement un monstre parmi d'autres de leurs créations...
La poupée de porcelaine était plus pâle que le lait.
La voix d'Abygael l'avait ramené à la réalité et ses grands yeux bruns s'étaient tournés vers son aînée. La lueur de détresse avait laissé place à autre chose. Une forme d'espoir ? Plutôt une libération. Si elle disait vrai, elle pourrait se débarrasser de son fardeau, s'affranchir de lui. Ce qu'elle ferait ensuite, elle n'en avait pas la moindre idée. Elle aimerait revoir les neiges russes. Ou les nuits d'été islandaises pendant lesquelles le soleil ne se couche pas. Elle n'avait pas la moindre idée d'où lui revenait ses souvenirs qui portaient une joie certaine et elle essaie de ne rien en laisser paraître. Car encore faudrait-il que les travaux de Sveda soit en Angleterre.
Pietro n'accepterait pas une nouvelle fausse piste.

Lorsqu'Elias l'appela par son prénom de naissance, elle tourna le visage vers lui. Décidément, elle n'avait plus l'habitude de ces trois lettres. Elle avait l'impression qu'il s'adressait à une autre qu'elle. Où était celle qui s'était fait appeler Ava, la créature innocente... Elle n'était plus, et depuis longtemps, cette jeune fille.

-Hmm... ? Elle était là sans être là.

L'autorité de sa sœur avait pourtant ce don de la rappeler dans le concret. Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme tirée d'un rêve ou plutôt pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un songe. Elle plongea son regard dans le bleu des Tanit. Elle aurait pu s'y perdre, dans cet océan limpide. Elle lui avait jalousé beaucoup de chose, dont ce si beau regard. Si profond, si expressif, mais aussi sûr de lui.
Les yeux de Sveda.
Elle eut l'impression de voir sa mère et détourna la tête.

-Je crois, oui... murmura-t-elle alors qu'elle prit mécaniquement la note chichement rédigée par Abygael.

Elle déchiffra son écriture. Son cœur battait à tout rompre. Comment pouvait-elle seulement lui faire confiance ? La pensait-elle vraiment capable de réaliser une telle tâche ? Riley était le parfait contraste de ses deux autres frères et sœur, parfaitement immobile dans la pièce, tandis que les deux autres s'agitent, virevoltent autour d'elle.

L'étreinte de son frère la surprit. La tendit. Il n'aurait pas dû faire ça. Il n'aurait pas dû la toucher. Pourtant le contact se fait tellement chaleureux. Elle aurait tout donner pour ses bras réconfortants de viking. Pour s'abandonner à son amour. Automatiquement, elle hocha la tête. Elle ne savait même plus à quoi elle disait oui.
Elle jeta une dernière fois une œillade vers le papier chiffonné d'Aby. Sa... mission...

-Je te tiens au courant, glissa-t-elle à voix basse avant de s'éclipser.

L'idée de rester seul à seul avec sa demi-sœur n'était pas la meilleure idée qu'elle pouvait avoir.
Sur le trottoir, elle réfléchit. Kim pourrait lui apporter son aide.

Fin du sujet
Riley
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