[CLOS] You all say I've crossed a line, but the sad fact is I've lost my mind [Wairua]

 :: Édimbourg :: Southside :: Autres lieux Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Lun 22 Aoû 2016 - 22:29
Malgré les siècles qui séparaient notre rencontre, et le fait que nous nous connaissions sans doute mieux que la plupart des autres immortels ; je me demandais toujours ce que cela ferait de voir à travers le regard de mon amie. Certes, nos existences connaissaient quelques similitudes, heureuses comme malheureuses, mais il restait malgré tout des points sur lesquels nous différions. Et heureusement d’ailleurs. Cela se marquait d’autant plus maintenant, après les épreuves qui nous avaient fait prendre des routes différentes. Mais malgré les ténèbres dans lesquels j’avais plongés, elle continuait à voir du bon en moi et à garder espoir. Elle était ainsi, c’est vrai, mais qu’elle parvienne à le rester, alors que j’avais échoué… Je me surprenais pourtant à croire ses paroles, et espérer des jours plus radieux dans cet avenir toujours aussi opaque. Comment réussissait-elle encore ce tour de force ? C’était une énigme que j’acceptais de ne pas résoudre.

"Je suis curieux de voir ce que cette nouvelle Delight va vivre, ainsi que de connaître ses aventures. Et moi aussi, je ferai de mon mieux pour t’aider et serai là pour toi. C’est ce que font les amis, paraît-il."

Je serrai légèrement ses mains, en esquissant un nouveau sourire. La chaleur de son contact me rappela que j’avais vécu sans toucher une seule personne pendant près de dix ans. Mes illusions ont beau être d’un réalisme parfait, je restais leurs créateurs et savais qu’elles n’avaient rien de réel. Et rien de la douceur d’une véritable poignée de main. Cependant, Delight devait être l’une des rares que j’autorisais à s’approcher autant de moi, preuve que le lien entre nous était plus fort que la plupart des autres. Il en avait toujours été ainsi, et il était rassurant de voir que cela n’avait pas été altéré par le temps ou par nos épreuves respectives.

Aussi, lorsqu’elle me demanda si je pouvais lui tirer les cartes, je le fis avec plaisir. Et puis, la voir réagir avec autant d’enthousiasme aurait été en soi une motivation suffisante pour accepter. Tout en les préparant, je la tenais au courant de mes occupations actuelles, car, comme elle, avoir un travail m’aidait à garder pied avec le réel et le présent. A défaut de pouvoir me faire rêves comme auparavant. J’acquiesçai donc doucement à ses paroles.

"Et j’espère que ce diner te passionner autant et t’aider lorsque tu auras besoin de trouver un peu de calme pour te ressourcer."

Je me concentrais ensuite sur mon tirage, plissant légèrement les yeux pour lire les réponses qui se tenaient désormais devant moi. Sans doute aurais-je pu parvenir au même résultat sans les cartes, mais ces dernières m’aidaient à canaliser les flux d’informations qui parvenaient à moi. On aurait pu les qualifier d’instinct plus que vraiment des prédictions, d’où leur côté un peu flou. Et le tarot avait ma préférence depuis de nombreux siècles, et il s’avérait beaucoup plus pratique et propre que la lecture dans les entrailles d’animaux, il fallait l’admettre.

Pour le passé et le présent, cela sembla lui convenir, et elle approuva ce que je venais de lui annoncer. Je souris légèrement lorsqu’elle me dit être curieuse de ce que les nouvelles rencontres allaient lui réserver.

"C’est plutôt bon signe, non ? Une autre preuve que la voie que tu as choisie est prometteuse. Et puis, il s’en passe des choses sur cette arche, j’ai cru comprendre que des personnes… intéressantes y vivaient désormais."

Et ce qu’elles soient immortelles ou non. Edimbourg abritait après tout la réputée école PH, ainsi que de nombreuses organisations. Et avec l’exposition universelle qui s’annonçait, cela devait être encore plus vrai.

Comme je le pensais, la mention de Desire ne manqua pas de faire réagir mon interlocutrice. Je savais le sujet délicat, et toujours aussi douloureux, comme le prouvait l’émotion que je lus dans le regard de mon amie. Je fréquentais depuis assez longtemps pour savoir qu’il y avait un lien puissant entre eux, quelque chose que nous pouvions difficilement comprendre en tant qu’externe, même me concernant. Plus d’une relation familiale, c’était une relation… particulière et immortelle. Et même s’ils étaient chacun différent, la disparation de leur sœur les affectaient tous. Je n’avais pas eu beaucoup l’occasion de croiser beaucoup Desire, et sans doute avions-nous moins d’accroches qu’avec le reste de sa famille. Mais il n’empêchait que leur désarroi et leur impuissance me peinait énormément.

Tout en l’écoutant, ce fut à mon tour de serrer les mains de Delight pour la soutenir du mieux que je pouvais.

"Parfois, j’aimerais que mes prédictions soient plus précises, afin de pouvoir vous aider. Mais si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider à la retrouver, vous pouvez compter sur moi. Vous finirez par la retrouver, j’en suis certain. Et j’espère que ce sera au plus tôt." J’attrapai une serviette pour essuyer ses larmes, et ajoutai avec un petit sourire navré : "Je suis désolé d’avoir abordé ce sujet, cela m’attriste toujours de voir des larmes sur ton visage et non un sourire."

Mieux valait donc changer de sujet, et il était inutile d’insister pour le moment. Lorsqu’elle parla des secrets que les humains, prodiges et immortels pouvaient encore avoir, malgré des millénaires de recherches, j’eus une pensée pour Sveda. La belle Rose des sables qui s’était toujours évertuée à la recherche, se négligeant souvent elle-même. Dans d’autres circonstances, sans doute aurais-je fais rencontrer les deux femmes, qui auraient certainement beaucoup de choses à se dire. Mais pour être honnête, j’ignorais –encore- ce que faisais mon ancienne compagne actuellement. Avait-elle avancé dans son sérum pour maîtriser les dons les plus instables ?

"C’est une bonne question… Visiblement, mon cerveau et mon corps ont de plus en plus de peine à contenir autant de souvenirs… Certains s’en vont, c’est inéluctable. Mais oui, j’espère pouvoir encore découvrir de nouvelles choses, et peut-être des réponses à ces questions. Il faudra seulement être patient…"

Allais-je seulement être capable de quoi que ce soit dans cette vie ? Un nouveau regard sur les illusions de ma famille disparue me fit douter. J’étais fragilisé par ces dernières années, fatigué, et pas toujours certain de vouloir trouver certaines réponses… Mais face à ces pensées noires, je tâchais de m’inspirer de mon interlocutrice et de me monter positif. L’avenir avait encore de belles promesses, malgré tout.

"Tu pourras toujours me faire des reproches, je ne le prendrai jamais mal." répondis-je en secouant doucement la tête. "Et je ne t’en veux pas. Pas du tout. Au contraire, cela me fait du bien d’avoir un avis extérieur et tes paroles sont sages. Je verrai bien comment cela se passe avec ma fille, mais... je suis au moins heureux d’avoir de ses nouvelles."

Une nouvelle fois, je songeais à Sveda. Elle qui n’avait jamais cessé d’avoir des enfants des hommes qu’elle avait aimés, et perdus. Des enfants qu’elle aimait profondément, qu’ils soient encore de ce monde ou non. Elle était si spontanée, si vraie pour cela. A côté d’elle, je me sentais parfois comme un sans-cœur. Mais Delight avait raison : ce qui comptait sans doute, c’était l’amour qu’avaient reçu ces enfants, le temps d’une vie. L’amour était la seule chose qui ne mourrait jamais vraiment, et même si certains de mes enfants d’autres vies s’effaçaient progressivement de ma mémoire, ils continuaient à vivre quelque part dans mon cœur, et dans ce monde, au travers de leurs nombreux descendants.

"Tu as aussi le temps d’y réfléchir, et il faut que tu en ressentes le besoin. Mais si tu les aimes toujours, alors tout deviendrait bien se passer." Je pris quelques instants pour réfléchir, hésitant, avant d’ajouter : "Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour parler, mais… ce sont toujours des choses qui nous tombent dessus sans qu’on s’y attende. Même quand on pense avoir tout vécu, et qu’on ne pourra jamais plus aimer ou fonder une famille, on peut être surpris par la vie. Ce sont des choses naturelles après tout, même pour nous. Et on a également le droit à y aspirer."

J’avais tant vécu, et pourtant, existence après existence, je continuais à tomber amoureux, à souffrir de la perte de ceux que j’aimais et à renaître à nouveau malgré tout. Il était des choses qui continuait à me surprendre, et c’était certainement beaucoup plus merveilleux et intriguant que nos esprits, finalement. A mon tour, je levai ma tasse pour trinquer avec mon amie.

"Et à toi, mon amie. A ta nouvelle vie, et à tes nouvelles rencontres. A notre amitié."
Wairua
Sphère Savoir
avatar
Messages : 139
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Ven 26 Aoû 2016 - 12:10
J'avais beau avoir vécu plus de siècles que je n'arrivais vraiment à ma rappeler, l'instant présent ne cessait jamais de me surprendre. Comme si je préférais sans cesse m'étonner de la vie plutôt que de me laisser blaser par elle. Je n'aurais jamais imaginé me retrouver ici en Écosse, dans un diner tenu par mes soins, avec un de mes plus vieux amis. La vie nous réservait une configuration pratiquement infinie de situations, et je n'étais pas sûr que même Anima soit capable de toutes les épuiser un jour. En y repensant, même si c'était d'une autre manière que lui, j'avais vécu bien des vies, moi aussi. Et depuis mon retour, je réalisais plus que jamais à quel point j'avais envie de découvrir ce que les prochaines me réserveraient.

« Une nouvelle Delight... » fis-je en écho à Camille, songeuse. « Oui, je crois qu'on peut dire ça. C'est peut-être le seul avantage de mes dons : ils m'ont toujours poussée à me renouveler. Je crois que l'immuable est la pire choses qui puisse arriver à un immortel... Il est important qu'on se rappelle que la vie a encore de quoi nous surprendre, et que nous ne sommes pas condamnés à suivre le même chemin. J'ai failli abandonner, dans le désert. En Australie, avant ma capture. J'ai joué le rôle de l'ermite, évitant la moindre rencontre, le moindre contact. En un sens, ce que j'ai vécu durant mon emprisonnement, puis avec Angie... Tout ça m'aura permis de franchir une nouvelle étape. On ne cesse jamais d'apprendre, mais ce n'est pas à toi que je vais...et bien, l'apprendre. »

Plus je parlais avec mon ami, plus je me sentais de bonne humeur. Le revoir me faisait me sentir plus complète, et je comprenais à quel point cet être singulier faisait partie de ma vie. Bien sûr, les membres de la Famille -que je me réjouissais de retrouver prochainement- aussi, mais avec Anima, c'était...différent. Je n'avais pas choisi la Famille, c'est elle qui m'avait trouvée ; mais j'avais choisi mon ami. Le vieil adage me revenait en tête, et je ne pus m'empêcher de sourire. Les mains de Camille dans les miennes m'ancraient dans un réel que j'étais impatiente de continuer à découvrir. Je les serrai en retour, satisfaite de ce simple contact.

« La vie est une grande aventure. C'est ce que j'ai redécouvert. Elle contient son lot d'épreuves, bien sûr, souvent terribles... Mais aussi de belles surprises. Te retrouver ici en fait partie. Je réalise à quel point tu m'avais manqué. Si je ne m'étais pas éloignée de tout, peut-être... J'aurais aimé être là pour toi avant, quand tu en avais le plus besoin. »

Une fois de plus, je ne pouvais m'empêcher de voir mon éloignement comme égoïste. J'avais laissé tomber Anima, la Famille, mes amis, mes enfants... Je m'étais mise en tête que c'était pour leur bien, mais en réalité j'avais simplement essayé de fuir, sans prendre en compte ce qu'ils allaient en penser. J'avais tourné les talons sans explications, et je m'en voulais terriblement. Et plutôt que de m'en vouloir, mes proches m'avaient sauvée. Death, Dream, Destiny, Dastan... Mais c'était pour Anima que je m'en voulais le plus. Si j'avais été là pour le soutenir pendant son horrible épreuve, peut-être que les choses auraient été différentes. Peut-être aurais-je pu l'aider à s'en sortir, à ne pas s'abandonner à la folie. Je savais à quel point cette expérience pouvait être traumatisante, et j'éprouvai une honte cinglante en l'imaginant affronter ça seul, loin de tous.

« Je suis désolée... » ne pus-je m'empêcher de répéter. « Mais je suis là, maintenant. »

Je secouai la tête, retrouvant le sourire. Le présent, voilà sur quoi je devais me concentrer pour espérer réparer mes erreurs. Observer mon vieil ami préparer les cartes était un rituel apaisant, qui m'avait beaucoup manqué. Il y avait quelque chose de rassurant dans la manière dont il disposait les cartes, avec l'expertise de quelqu'un qui savait ce qu'il faisait. J'avais l'impression de retrouver l'Anima que je connaissais, ce qui me confortait dans l'idée qu'il existait encore, et qu'il serait prêt à revenir à la surface un jour. Pas tout à fait le même, bien sûr, mais...remis. Guéri, même si les cicatrices ne partiraient jamais.

« Ce n'est pas en gérant ce diner que je vais trouver du calme, mais je crois que c'est ce qui me plaît. Il y a toujours quelque chose à faire, des détails à régler, des imprévus à gérer... Et puis il y a les clients ; c'est peut-être idiot, mais j'aime me dire qu'à ma manière, je leur apporte un petit quelque chose avec Reggie. J'aime être active comme ça. Et toi, monsieur le professeur ? J'imagine que gérer ses élèves, c'est autre chose de gérer les clients.»

Elle se souvenait d'Anima comme un pédagogue efficace, toujours ravi de transmettre son savoir. Elle espérait qu'il n'avait pas perdu ça ou, du moins, qu'il saurait le redécouvrir un jour. Elle espérait que ses activités actuelles l'aidaient à se recentrer ; au moins ne vivait-il plus en reclus.

« Ah ça, la vie sur l'Arche n'est jamais ennuyeuse, et ce ne sont pas les personnes intéressantes qui manquent. J'ai déjà une collection de connaissances plutôt hétéroclites, dans les vieux amis comme dans les nouveaux. Le directeur de la PH est un ami de longue date ; Alex, il m'a aidée à retrouver mes esprits en Australie. Avec Feuerbach. Je ne peux pas dire que c'est un ami, mais il est clairement intéressant. » Je haussai les épaules. « Et puis il y a les clients qui deviennent déjà les des habitués, voire qui finissent par travailler au diner. Si tu viens souvent, tu finiras par rencontrer Charlie. » Je me demandais comment s'entendraient Camille et Charlie, et espérais grandement être là le jour où leur rencontre se produirait.

« Ne sois pas désolé. »
dis-je, tandis qu'il s'excusait d'avoir mentionné Desire. Je me laissai faire lorsqu'il essuya mes larmes, appréciant ce geste de soutien réconfortant, et serrai une fois encore ses mains dans les miennes. « Vraiment, ne t'en fais pas. En fait, je crois que c'est important de parler d'elle. De se souvenir. Ce n'est pas toujours facile, mais...quelque part, ça fait du bien, aussi. Elle a toujours été compliquée, mais qui ne l'est pas ? Ce qui compte, c'est qu'elle faisait partie de la famille. Fait partie. Je ne sais pas si on la retrouvera un jour, mais...j'ai décidé de garder espoir. Et je te remercie pour ton aide. Vraiment. »

Je retrouvai le sourire, chassant pour l'instant les dernières bribes de tristesse. Parler de Desire avait été douloureux, mais je ne mentais pas quand je disais que cela m'avait aussi fait du bien. C'était une autre partie de ma vie que je retrouvais, et que je me devais d'accepter.

« La patience, je crois que c'est le super pouvoir dont nous avons le plus besoin. » m'amusai-je. « Sans elle, une longue vie s'avère de plus en plus compliquée. Mais tu sais quoi ? Je ne doute pas que tu sauras faire toi aussi de nouvelles découvertes. Tu as encore de la place là-dedans pour t'y faire de bons souvenirs. Ils n'effaceront pas les pires, je le sais bien, mais... Ce que je veux dire -et je me rends compte à quel point ça va paraître cheesy, alors ne te moque pas de moi- c'est que tu as encore droit au bonheur. Un jour, quand tu seras prêt. Et sans trahir le souvenir de celles que tu as perdues. »

J'en étais convaincue, et si je pouvais faire quelque chose pour l'aider, Anima pouvait compter sur moi. Maintenant que nous nous étions retrouvés, je n'allais certainement pas laisser tomber mon ami, et ce quoi qu'il arrive. Je regrettais trop de ne pas avoir été là pour lui plus tôt pour imaginer autre chose. Il n'allait pas se débarrasser de moi aussitôt, pour le meilleur comme pour le pire.

« Toi aussi, tu peux tout me dire, reproches comprises. N'hésite jamais. Je ne sais pas si mes paroles sont sages, mais c'est ce qui me semble juste. L'important, c'est que ça te semble juste à toi aussi. Ta fille... Je ne la connais pas encore très bien, mais elle a l'air très bien. Et heureuse. Pour le reste... Et bien toi aussi, tu as le temps de voir venir. Quelle que soit ta décision, je serai là pour te soutenir. Ou te botter les fesses. » Je lui fis un clin d’œil. « Quant à moi... J'aime mes enfants, du moins à ma manière. C'est juste que je n'ai jamais vraiment su comment être une mère. Et je m'en veux, même si ceux qui vivent encore s'en sont bien sortis malgré tout. Je pense que le contact ne sera jamais comme il aurait pu être. Mais je suis prête à m'en contenter. Mais comme tu dis, la vie est pleine de surprises. Peut-être aurai-je un jour l'occasion de refaire ça bien depuis le début, qui sait ? »

Je ne m'imaginais pas sur le point de fonder une nouvelle famille, mais le simple fait que ce soit une possibilité me paraissait aussi effrayant que rassurant. Je crois que j'avais surtout envie de me laisser surprendre, et de faire de mon mieux cette fois-ci. Pour faire honneur à la nouvelle Delight que j'avais envie d'être. Et à tous ceux qui l'entouraient. Autour d'Anima et moi, le diner s'animait de plus en plus tandis que les clients arrivaient, les habitués comme de passage : la matinée commençait vraiment pour Chez Reggie, et Larry s'occupait de la salle. Il aurait bientôt besoin d'un coup de main.

« A notre nouvelle vie à tous les deux. A nos retrouvailles. Et compte sur moi pour ne plus te lâcher, maintenant. »
Delight
Sphère Economique
avatar

Messages : 70
Etat Civil : célibataire
Pouvoirs : modifie la réalité autour d'elle à travers ses émotions
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 1 Sep 2016 - 22:23
Revivre allait bien à Delight. Mais, comme elle le disait elle-même, son existence était en soi une renaissance perpétuelle. Et plus que les cycles qu’elle avait à traverser, j’en avais la preuve sous les yeux, alors mon amie semblait plus épanouie que jamais. Elle était l’exemple même que tout était possible, et que l’immortalité ne nous condamnait pas à vivre sans jamais changer ou se remettre en question. Je réalisais la chance que j’avais de la connaître. En plus des conseils et de la bonne humeur, elle me montrait qu’il y avait encore peut-être de l’espoir. Et pour cela, je lui serai éternellement reconnaissant, quoi que le futur nous réserve.

"C’est le propre de l’être humain et de tout être vivant, de changer. Tant qu’on le fait, c’est que d’une manière ou une autre, nous sommes encore vivants. L’accepter, et accepter les épreuves qui nous forgent, c’est un premier pas vers l’évolution. Vers l’avenir." Je terminai en lui adressant un sourire plus doux. "Et crois-moi, j’apprends encore beaucoup, et grâce à des personnes comme toi."

Le don d’empathie ne faisait pas partie de mes compétences, encore moins maintenant. Mais je savais que mon interlocutrice était tout aussi heureuse de me retrouver que je l’étais d’être en sa compagnie. C’était ce lien si particulier qui nous reliait, cette amitié de plusieurs siècles et qui continuait comme aux premiers jours. A ses côtés, je me rappelais de nos meilleurs moments passés ensemble, sans que cela ne fatigue mon esprit ou mon humeur. C’était les rares instants où je pouvais ressentir un bonheur simple, et qui m’avait cruellement manqué depuis notre dernière rencontre.

Serrant doucement ses mains dans les siennes, je la fixais avec une expression plus douce et plus apaisée que d’ordinaire.

"Oui, tu restes encore l’une des grandes surprises de ma vie, et j’espère que c’est réciproque. Quant au reste, ce qui est passé est passé, n’y revenons plus. Essayons plutôt de nous concentrer vers ce qui est à venir, et ce qui est certain, c’est que tu me reverras dans le coin, et pas qu’une fois. Moi qui cherchais justement un bon endroit pour manger et boire du vrai café, je suis servi."

Même nous n’avions pas le pouvoir de défaire ce qui était fait, autant se serrer les coudes pour tenter d’avancer et de rattraper ce qui avait été à jamais perdu dans les méandres du temps.

Et autant commencer de suite, en lui tirant les cartes. Le vieux jeu de ma mère avait été bien usé, mais j’avais toujours bien pris soin de cet héritage familial qui était, pour cette vie, quasiment un outil de travail.

"J’entendais un autre genre de calme, mais oui, tu ne dois pas chômer ici. Et en me basant sur mon expérience actuelle de ce diner, je dirais sans hésiter que tu apportes quelque chose à tes clients, définitivement. Et c’est autre chose que ce que je tente d’inculquer à mes élèves. Mais tu devrais passer voir un de mes cours, un de ces quatre. Pour voir par toi-même ce que c’est. Tu seras toujours la bienvenue." Puis, je l’écoutais avec attention me raconter les rencontres qu’elle avait d’ores et déjà faites sur cette arche. Et pas que des personnes lambda, visiblement. J’avais déjà entendu parler de la PH bien sûr puisque c'était là que Lily-Rose vivait, ainsi que le nom de Feueurbach. Par contre, cette Charlie ne m’évoquait rien. Pour le moment, du moins. "Eh bien, je te souhaite que cela continue comme cela. Et on verra bien ce que tes collègues m’inspireront, mais si tu les as choisis, c’est déjà une bonne chose."

Puisque j’avais mentionné sa sœur disparue, je m’excusais ensuite d’avoir entamé ce sujet et de l’avoir fait pleurer pour cela. C’était prévisible, et je savais que ce n’était pas un sujet de discussion des plus heureux, mais je n’avais plus l’habitude de prendre des gants, et préférais aussi me montrer honnête envers mon amie. Séchant ses larmes, j’acquiesçai doucement de la tête.

"Oui, même si c’est difficile, c’est quelque chose que ton cœur souhaite exprimer malgré tout. Elle reste ta sœur, et si ça peut t’aider, alors j’espèrerais avec toi son retour."

Je lui devais au moins cela. Je soupirais cependant lorsque mon interlocutrice suggéra que c’était de patience dont nous avions le plus besoin. J’étais tout à fait d’accord, et même davantage. Notre notion du temps qui passe pouvait parfois être biaisée, n’étant pas semblable à celle d’êtres humains normaux. Mais quand nous devions en faire preuve vers nous-même, c’était encore plus difficile. Car nous savions bien souvent que cela pouvait être long, très long. Je ne pus cependant contenir un sourire franchement amusé lorsqu’elle me dit que j’avais encore droit au bonheur.

"C’est très cheesy, effectivement." Je me redressai légèrement pour la fixer avec un regard plus tendre. "Mais il n’en reste pas moins que j’espère que c’est vrai. Pour toi aussi. On a tous besoin d’un peu de cheesy dans la vie. Et je ne me permettrais jamais de me moquer de toi."

Après tout, pourquoi pas. C’était ce à quoi j’aspirais le plus, même si je n’y croyais parfois plus. Au moins, avec Delight, cela ne ressemblait plus uniquement à une chimère impossible.

"Alors, je serais là pour t’aider à tout refaire de la manière qui soit. Toi aussi, tu pourras compter sur mes coups de pied aux fesses." Je levai ma tasse, un peu plus léger. "A nous et à notre harcèlement mutuel."

Ce faisant, je laissais gentiment mon amie commencer son travail, maintenant que les clients affluaient avec l’heure qui passait. Je réglais la note, et laissais un message avec mes coordonnées et celle de mon bureau. Je sortis ensuite du Diner, adressant un dernier signe à Delight. L’illusion de ma famille me suivit, mais cette fois-ci, je me sentais presque aussi léger et souriant qu’elle en affrontant cette nouvelle journée.

Fin du sujet cookie
Wairua
Sphère Savoir
avatar
Messages : 139
Etat Civil : Veuf
Pouvoirs : Réincarnation, illusions, prédictions
Revenir en haut Aller en bas
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Arche :: Édimbourg :: Southside :: Autres lieux-