[CLOS] "L'amitié entre deux personnes dépend de la patience de chacun" [WAIRUA]

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Sam 19 Mar 2016 - 17:44
L'amitié entre deux personnes, dépend de la patience de chacun

<< Un bordel sans nom

Même s'il n'avait guère pu dire le fond de sa pensée à Sveda, Dante préparait un départ. Il aurait voulu pouvoir emmener sa belle avec lui. Pas au fin fond de la forêt amazonienne, mais au moins en Afrique, comme ils en avaient parlés, pour régler son problème à elle et pour être loin, un moment d’Édimbourg... mais s'il se demandait si elle accepterait une proposition pareille. En attendant, il avait besoin de continuer de préparer sa prochaine expédition. Son but restait bien de trouver un berceau de l'humanité. S'il continuait à traîner, les peuples indigènes qu'il avait rencontrés, avec qui il s'était lié d'amitié, risquaient peut-être de l'oublier, à force du temps qui passe.

C'était pour cela que notre archéologue s'était rendu au Musée d'Ethnographie, pour parler avec le conservateur qu'il connaissait. Et avec qui il avait eu un bon contact. Même s'ils ne se connaissaient pas des masses.

Flânant dans les couloirs, les mains dans les poches, il attendait qu'on veuille bien le recevoir. Dante était arrêté devant une vitrine, dans la partie d'histoire touchant aux arches américaines, qui offrait la vue d'un costume d'un chef de village. Il lui rappelait celui que son propre chef portait. Sa mâchoire se serrait doucement, il n'y avait pas que des bons souvenirs accrochés aux plumes de la coiffe du chef de tribu.

Carso faisait en sorte d'aider les tribus encore existantes sur sol américain, il se rendait dans les réserves et faisait de l'assistance. S'occupait des plus jeunes, donnait des cours, tentait de leur apprendre leur histoire, même si parfois, on le regardait de travers. Après tout, pourquoi un blanc se permettait-il d'en faire autant? Lui qui n'y connaissait sans doute rien à cette culture. Mais quand il répondait avec précision à certaines questions, on le laissait finalement entrer dans les cercles.

Perdu dans ses pensées, notre homme ne se rendit pas compte tout de suite, qu'une silhouette connue, s'était posée à côté de lui.

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Caleb
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Dim 20 Mar 2016 - 14:57



« A museum is a place where one should lose one’s head. »
Renzo Piano

La table de travail au centre de la pièce était déjà couverte de livres, et régulièrement, je faisais des allers et retours vers les rayons pour ranger ou sortir de nouveaux ouvrages avant de les parcourir avec attention. Le tout compléter avec de fréquentes consultations de diverses bases de données virtuelles, et de nouvelles recherches dans le catalogue de l’établissement.

Depuis quelques années déjà, l’un de mes plus grands sujets d’intérêt concernait certains peuples autochtones du monde entier. Mais la grande partie de mes recherches dans ce domaine concernait désormais le peuple Maori en Océanie, notamment depuis que j’y avais vécu et avais pu participer à des études sur place. Malgré mon départ des arches néo-zélandaise, je continuais à faire et à publier des recherches, ayant gardé un certain nombre de contacts là-bas. Actuellement, mes travaux portaient notamment sur la période du XIXème siècle, et de l’arrivée massive des colons et marchands européens.

Après un temps qui me semblait incertain, comme souvent lorsque j’étais plongé dans mon travail, je finis par me décider pour une série d’ouvrages à emprunter pour continuer mes investigations dans mon bureau de l’université, afin de les comparer avec d’autres livres en ma possession. Pour la première fois depuis mon arrivée, je m’adressais à un membre du personnel pour lui signaler l’emprunt. Après avoir signalé chaque ouvrage sortant ainsi que mon nom, il s’arrêta sur le dernier en fronçant légèrement les sourcils.

Je suis désolé, mais pour celui-ci, il va falloir aller signer un registre particulier pour livre précieux dans le bureau du conservateur.

Habitué à ces règles parfois saugrenues pour un néophyte, je haussais simplement les épaules en guise d’acquiescement. Puis, laissant le reste des ouvrages sur place, je pris le livre en question –Une ancienne édition des récits du Capitaine Cook et de ses premiers contacts avec les peuples d’Océanie-, et me dirigeais vers le bureau du conservateur. Je connaissais ce dernier, et cela ne m’étonnerait pas qu’il soit occupé en cet instant. Qu’importe, j’attendrais.

Mais sur le chemin, un individu capta mon attention. Il observait une vitrine consacrée aux indiens des arches américaines, mais ce n’était pas vraiment ça qui attira ma curiosité. Plutôt le fait que cet homme ne m’était pas étranger.

"Professeur Carso." Je le saluai d’un léger hochement de tête poli, mais distant. Puis, observant un instant la vitrine et le chef. "Des gens fascinants, dont on piétine encore et toujours les droits et la culture."

Plus qu’un reproche, il s’agissait surtout d’un constat. L’expérience, et surtout ces dernières années m’avaient rendu beaucoup moins actifs, me transformant en un observateur pessimiste et retiré. Puis, me tournant vers Carso :

"Vous avez travaillé avec ces tribus, si mes souvenirs sont bons ? Vous avez aussi beaucoup voyagé."

Puisque le hasard nous avait fait nous croiser, et que je devais de toute manière attendre un moment avant de pouvoir voir le conservateur, autant entamer une conversation sur un sujet intéressant.
Wairua
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Ven 25 Mar 2016 - 22:02
Carso revoyait ces nombreux mois dans les plaines américaines, en compagnie de la tribu, Chaussette, c'était une vie agréable et sans prise de tête. Une nouvelle vie pour lui, quand il avait décidé de se reprendre en main. Les Indiens l'avaient alors reconnu comme un homme perdu et en besoin de retrouver des racines. Ils l'avaient accueilli parmi eux, presque comme l'un des leurs. Et l'avaient aidé à soigner ses blessures, pas les physiques, mais les plus profondes. Une belle aventure, qui avait pris fin dans le sang, comme souvent. Ses poings s'étaient légèrement resserrer, avant qu'une voix ne le tire de ses pensées. Son regard se posa alors sur l'homme à ses côtés, à l'entendre, il le connaissait, et le regard qu'il croisa, lui rappela, aussi, d'autres souvenirs. Un fin sourire se posa alors sur les traits de l'archéologue.

- Ani... Cami... professeur! Avec enthousiasme. Il n'était pas trop certains de comment l'appeler ou de comment il pouvait l'appeler entre ces murs. Si je m'attendais à te... vous? Croiser ici. C'était parfois perturbant de croiser à l'improviste, des connaissances, qui avaient aussi cette capacité de vivre à travers les siècles.

Il lui avait tendu la main, pour le saluer avec un peu plus de chaleur encore.

- Depuis combien de temps? J'ai l'impression que nous ne nous sommes pas vu depuis...Toujours son sourire aux lèvres, ce dernier le ramena un instant sur la vitrine, le regard de Carso se tourna alors dessus. Oui, malheureusement. Ils mériteraient qu'on respecte un peu plus leur mémoire.

- J'ai même vécu quelques années avec eux, oui.
Hochant de la tête. Et je continue de voyager. Et vous? Que faites-vous ici? Des recherches?

Caleb pouvait se montrer assez curieux, avec les gens qu'il appréciait. Enfin, Anima était un collègue à travers les âges, il avait pourtant l'air d'avoir passé de sales dernières années, vu sa tête. Peut-être serait-il a en parler?

Chaque chose en son temps, aventurier.

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Caleb
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Jeu 31 Mar 2016 - 13:51
Le visage déjà croisé commençait à évoquer une multitude de souvenirs, plus ou moins distants. Je les mis volontairement de côté, me concentrant uniquement sur l’individu souriant qui me faisait face. Le phénomène était loin de m’être étranger, mais lorsque j’étais lucide, il m’était facilement possible d’ignorer ces instants d’autres vies passées avec les quelques personnes que j’étais amené à croiser à travers les âges. Le nom et quelques informations suffisaient généralement à situer l’individu, et à me donner une impression générale. Positive, dans le cas présent.

"Vous pouvez m’appeler comme cela vous arrange." répondis-je avec un léger et bref sourire tout en serrant la main que Carso me tendait. Il n’était de loin pas le premier à rencontrer ce problème de dénomination me concernant, et j’y étais désormais totalement habitué. Le mieux était de faire au plus simple, car me concernant, ce n’était de loin pas toujours le cas. Je hochais ensuite doucement la tête, en retrouvant une expression plus neutre et posée. "C’est également une surprise pour moi de vous rencontrer ici. Mais à la réflexion, ce n’est pas si étonnant."

Au vu de nos domaines de prédilections respectifs, j’entendais. Et le monde était étonnamment devenu petit depuis qu’il se composait d’arches.

La réflexion me prit quelques instants, le temps de me replonger dans mes souvenirs. Et les années les plus récentes, après ma pause forcée de dix ans dans la folie, n’étaient pas les plus faciles à me remémorer.

"Si je me souviens bien, je crois que je vous avais envoyé quelques courriers lorsque je travaillais à l’université d’Otago, il y a une dizaine d’années…" J’avais toujours suivi avec un certain intérêt la carrière de cet homme, et l’avais même amicalement côtoyé à plusieurs reprises. Mais désormais, tout cela me semblait si loin. Je n’étais résolument plus la même personne que celle qu’il avait connue il y a même à peine dix ans, et malgré tous les souvenirs qui me parvenaient, l’homme me paraissait être comme un étranger. D’où la retenue dans mon attitude générale. Cependant, mon admiration professionnelle et le respect que j’avais pour cet homme n’en avaient pour autant pas disparu non plus.

Notre attention se porta ensuite sur la vitrine, et les indiens qui s’y trouvaient, puisque je croyais me rappeler que mon interlocuteur s’y était intéressé.

"Vraiment ? Récemment ?" demandai-je en inclinant légèrement la tête. Malgré mon aspect globalement éteint, je n’avais jamais perdu la curiosité scientifique qui m’animait depuis mes premiers souvenirs. Et les récits de Carso étaient assurément d’un grand intérêt. Le qualifier d’aventurier n’était de loin pas exagéré.

Je hochais une nouvelle fois la tête pour confirmer ses dires.

"Je continue quelques recherches, notamment certaines que j’ai dû arrêter après mon départ de Nouvelle-Zélande. J’avais commencé à monter un projet d’étude sur les Maoris et les influences des premiers colons européens. Ma mémoire n’étant plus tout à fait ce qu’elle a pu être, je me dois de me reposer sur d’autres sources." Je baissais brièvement le regard sur le bouquin de Cook que je tenais toujours, avant de reporter mon attention sur Carso. Pour demander sur mon désormais habituel ton plat : "Et vous ? Vous prévoyez une nouvelle expédition prochainement ?"
Wairua
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Sam 2 Avr 2016 - 12:13
Son collègue remarqua bien vite la peine qu'il avait à trouver comment l'appeler. Il eut un petit sourire presque gêné quand ce dernier lui fit comprendre qu'il pouvait l'appeler comme il préférait.

- Alors Camille, ce sera sans doute le plus approprié dans cet endroit.

Parce qu'Anima... ça ne risquait que de mettre la puce à l'oreille aux mauvaises personnes et aucun d'eux, ne souhaitaient attirer l'attention sur leur personne, surtout à ce niveau. Ils n'étaient pas du genre à crier sur les toits qu'ils étaient des prodiges. Autant continuer sur ce chemin. L'homme n'avait pas tort, ce n'était pas si étrange qu'ils se croisent dans un tel lieu.

- Il est vrai que c'est même plutôt logique. C'est plutôt la ville et sa grandeur qui rend la rencontre surprenante. Fit-il en se frottant sa barbe de quelques jours, qui le grattait quelque peu. Oui, vous suiviez de prêt mes recherches en Birmanie. Des souvenirs revenaient par flash, ça avait été une expédition plutôt éprouvante, comme souvent avec lui, mais là, il avait dû composer avec les gouvernements du coin et ça n'avait vraiment pas été une partie de plaisir.

Quand il observa son interlocuteur, Caleb ressenti qu'il y avait quelque chose de changer chez lui. Quelque chose sur laquelle il n'arrivait guère à mettre le doigt pour le moment. Mais Wairua semblait plus distant, comme s'il ne savait pas comment agir avec lui. Bon, c'était un peu compréhensible, vu qu'ils ne s'étaient pas croisés depuis longtemps. Pourtant, il lui semblait que ce quelque chose, était plus profond qu'un simple malaise d'une rencontre hasardeuse entre eux après des années de non-contact.

Dante secoua légèrement la tête à la question de son collègue.

- Pas récemment, cela remonte à quelques années déjà. Quand ces terres étaient encore les siennes... mais tout s'est fini dans la poudre et le sang. Il grogna quelque peu sa dernière phrase. Les blancs avaient cette faculté de tout foutre en l'air, pour leur orgueil personnel. Il avait failli y passer d'ailleurs. Une des nombreuses cicatrices sur sa peau, en était la preuve.

Il l'écouta alors avec attention.

- Oh, vous aurez de quoi dire. Finalement, ils ne sont pas si loin des Indiens d'Amérique. La colonisation n'a pas apporté que du bon, surtout aux différents autochtones.
On pouvait sentir que notre ami avait quelques soucis avec la colonisation en général et ce qu'elle avait imposé. Il avait noté les quelques bribes d'informations qu'avait laissé filtrer Camille. Que s'est-il passé? Pour sa mémoire, pour le fait qu'il quitte la Nouvelle-Zélande. Il n'était pas obligé de lui répondre, bien entendu.

- En effet. Je suis en pleine recherche de fond. J'aimerai retourner en Amazonie, je n'ai pas fini ce que j'y ai commencé. Mais après une bonne année passée dans la jungle, j'ai dû revenir à la "civilisation", notamment pour mettre mes notes à jour et utiliser la technologie qu'on trouve dans le coin, pour pouvoir trianguler tout ce que j'ai pu trouver. J'ai l'impression d'être proche de quelque chose d'important. Fit-il avec un sourire énigmatique.

Il ne voulait pas trop s'épancher sur le sujet. Préférant garder un grand nombre de ses informations pour lui, mais il ne pouvait s'empêcher de montrer une sorte d'élan quand il parlait de sa dernière expédition, qui l'avait mené, il en était certains, proche de ce qu'il cherchait depuis des années.

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Caleb
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Mar 12 Avr 2016 - 20:46
Un simple hochement vint répondre à son choix, montrant que la réponse me convenait tout à fait. Caruso était un homme intelligent et prudent, ce qui expliquait sans doute sa préférence pour mon prénom actuel. J’en avais tellement porté que cela devenait moins intime et singulier, mais d’un autre côté, chacun de ces noms avait une signification particulière. Et dans le cas présent, il me rappelait toujours ma mère dans un sentiment que ni les années ni les épreuves n’avaient su altérer complètement.

Et mieux valait effectivement ne pas trop ébruiter les singularités de nos existences, et ainsi risquer d’attirer l’attention. La discrétion était, à ce qu’il me semblait, un autre de nos points communs. Rien d’étonnant donc à ce que nous nous croisions en ces lieux

"Et pourtant, l’expérience m’a souvent appris que les rencontres ne sont pas toujours dues au hasard…" J’inclinais légèrement la tête tout en continuant à l’observer, comme si je cherchais précisément la raison qui avait fait croiser nos chemins aujourd’hui. Quoiqu’elle m’échappait, pour le moment. Je me redressai ensuite pour affirmer ses dires d’un nouveau hochement de tête. "Précisément. Vos recherches sont toujours de qualité, et je m’en voudrais de les manquer. D'autant plus quand elles sont réalisées dans des conditions difficiles."

Le terrain n’était pas toujours une partie de plaisir, même pour ceux qui avaient beaucoup vu et vécu. Néanmoins, cela faisait aussi partie du jeu. Et l’aventure qu’était parfois ces missions ne le serait pas vraiment sans quelques complications, et il fallait composer avec ce genre de situations. C’était, avec les siècles, une autre constante qui revenait, les conflits et autres barbaries n’étant jamais très loin lorsque l’on décidait de parcourir le monde, même pour la science.

Sentant le regard quelque peu interrogatif de mon interlocuteur, je préférais mentionner la scène qui nous faisait face, faisant une nouvelle fois référence à ses études. Si je n’avais pas eu connaissance du fait qu’il avait vécu avec des tribus amérindiennes, cela ne m’étonnait pas non plus complètement, sans toutefois refroidir ma curiosité. Je restais quelques instants silencieux, et réfléchissais tout en redirigeant mon regard vers le costume. Ce dernier évoquait également des souvenirs, dont les plus récents n’étaient effectivement pas heureux.

"De quoi se sentir honteux de faire partie de ces gens civilisés.", confirmai-je simplement. L’accent sur ce dernier mot témoignait de la distance que je ressentais vis-à-vis de ce qu’il englobait, et de la lassitude que je ressentais désormais de voir ce genre de destruction répétée encore et encore. Fut un temps, je partageais la colère justifiée de Carso. Mais désormais… Je ne me sentais l’énergie que de la constater.

"En effet, il y a des similitudes. Ce serait un intéressant sujet d’étude de les comparer, et nous aurions beaucoup à en dire…" J’esquissai un léger sourire entendu, avant de retrouver un air plus neutre lorsqu’il demanda ce qui m’avait fait quitter la Nouvelle-Zélande. Je réfléchis quelques instants, puis hochais doucement les épaules, ne voyant aucune objection à lui répondre. "Des problèmes personnels, ma… femme, et ma fille sont décédées. Dans un accident."

L’hésitation portait plus sur la façon d’annoncer la chose que sur l’information en elle-même. En dix ans, j’avais eu le temps de l’accepter, même si le deuil en lui-même n’avait certainement pas été fait. Preuve en était que cette évocation de ma femme la fit apparaître soudainement, derrière Carso. Habitué à ces apparitions, et au fait que j’étais le seul à la voir, je n’y prêtais pas plus d’attention, alors qu’elle s’approcha de nous pour fixer à son tour la vitrine.

Heureusement, la discussion repartit sur les travaux de mon interlocuteur, et surtout de sa prochaine expédition. Une lueur d’intérêt apparut alors plus vivement dans mon regard.

"Quelque chose d’important ? Vous pensez pouvoir le trouver là-bas ?" A lui de voir s’il souhaitait s’avancer et partager ses suppositions, ou l’état de son avancée. Pour ma part, si cela m’intéressait, je savais que cela pouvait être quelque chose que l’on préférait garder pour soi. Mais je ne doutais pas que l’Amazonie avait encore beaucoup à dévoiler. Puis, j’ajoutais sur un ton plus posé : "Le retour dans ces contrées est toujours un sacré choc, mais une partie effectivement nécessaire de ce travail. Et pour les fonds, est-ce que vous arrivez à en trouver ? Je peux peut-être regarder pour vous aider. Depuis le temps, j’ai des contacts un peu partout et de divers milieux, on ne sait jamais…"
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Dim 17 Avr 2016 - 17:19
Bien, il garderait donc en tête le prénom de Camille et se concentra sur la suite de cette rencontre impromptue. Même si son interlocuteur semblait dire que peu de choses étaient dues au hasard. Quand on y réfléchissait, il n'avait pas totalement tort. Carso aussi pensait que tout était sans doute "écrit" quelque part, que les choses ne se faisaient pas de façon hasardeuse, mais qu'il y avait sans doute un dessin à tout ce qui pouvait arriver dans une vie. Après, tout dépendait de comment on prenait et réagissait à ces événements. Pour le moment, il était plutôt content de retrouver cet homme qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.

- Nous verrons bien où cela nous mènera. Les éloges de son interlocuteur ne manquèrent pas de le faire sourire. C'était toujours agréable d'en entendre, même s'il était assez humble, pour ne pas prendre la grosse tête. Je ne sais pas si elles ont autant de qualités que vous semblez le dire, mais je fais au mieux.

Lui faisait surtout cela pour lui, premièrement. Pas égoïstement, mais il estimait que si les gens lisaient ses travaux c'était un plus. Il ne recherchait aucune gloire et s'il devait écrire parfois sur ses recherches, c'était aussi pour lui assurer de trouver quelques mécènes prêt à mettre la main à leur porte-monnaie, pour qu'il puisse continuer de s'aventurer à travers le monde, pour continuer son travail.

- C'est un fait. Ne pouvant ainsi qu'approuver les dires de son collègue. Après tout, comment être fier de faire partie d'une catégorie de la population qui avait asservie l'autre. Ce n'était pas ainsi qu'il estimait que les relations entre humains devaient se passer. Il y aura toujours des choses à dire sur ce sujet, j'en suis certains.

Mais la conversation devint alors plus personnelle et Dante se sentit alors triste pour cet homme. Perdre des gens que l'on aimait, était le lot de tout immortel, mais dans de telle condition et donc bien trop tôt, ça devait être affreux. Lui avait cette chance de ne s'être jamais réellement attaché avant de rencontrer Sveda.

- Je suis désolé pour cette perte Camille. Si je peux faire quoi que ce soit pour... aider, n'hésitez pas.

Même s'il doutait qu'il puisse faire quoi que ce soit à ce niveau. Mis à part être une oreille attentive. Mais il doutait aussi que Wairua soit du genre à venir pleurer sur une épaule amicale. Même si elle était offerte sans arrière-pensée. Il était pourtant important qu'il sache qu'il avait en l'aventurier, un ami, qui était prêt à être présent, si besoin. Surtout que notre ancien inquisiteur, sentait que l'homme face à lui avait fait son deuil, ou en tous les cas, avait finalement accepté la situation.

Ils revenaient alors sur le sujet du travail. C'était peut-être un tournant bienvenu dans la conversation. Dante ne souhaitait pas replonger son vis-à-vis dans des mauvais souvenirs à cause de sa question. Pas trop longtemps en tous les cas.

- Je l'espère oui. Ou, en tous les cas, une piste concrète qui pourrait bien m'y amener au plus près.
L'archéologue ne souhaitait pas trop en dire. Pas qu'il n'avait pas confiance, mais certaines informations devaient rester secrètes. Pour la simple raison que des oreilles indiscrètes trainaient un peu partout. Que l'information pouvait être lâchée sans que l'on ne le veuille vraiment. Et que ses adversaires, aimaient bien le prendre au dépourvu. Alors il gardait les informations les plus importantes pour lui et lui seulement. Ce sont des endroits que j'aime réellement, même s'ils ne sont guère accueillants. Pesant le pour et le contre de sa proposition. Oh, je ne dirai pas non. Ce n'est pas la chose dans laquelle j'excelle le plus. Il est plus facile pour moi de faire face à une tribu sauvage, qu'à des gens blindés d'argent. Tout en riant quelque peu. Vous êtes dans le coin pour un moment? Lâcha-t-il tranquillement.

C'était toujours intéressant de savoir jusqu'à quand ils seraient capables de se croiser dans les rues de la capitale.

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Caleb
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Mar 3 Mai 2016 - 21:56
Il n’avait pas vraiment changé, si je m’en fiais à mes souvenirs. Je ne savais pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose, mais au moins, il avait l’air en forme. C’était toujours ça, je supposais. Et bien sûr, il continuait ses recherches, la preuve en était certainement sa présence en ces lieux. Comme quoi, nous étions presque obligés de nous croiser, et en comparaison du monde, Edimbourg n’était pas si grande finalement. Si j’avais su qu’il était en ville et disponible, peut-être l’aurais-je contacté avant… Ou pas. J’avais pris l’habitude de repousser tout ce qui me liait au passé, même si la relation était en partie professionnelle. D’un autre côté, le croise ne me dérangeait pas non plus. Je n’avais tout simplement plus envie de forcer quoi que ce soit, et laissait simplement les choses se passer, indifféremment.

En attendant de voir ce qui arrivera, comme le disait fort bien Carso.

Je hochais cependant la tête doucement lorsqu’il déclara qu’il n’était pas aussi certain de la qualité de ses travaux.

"Je ne dis pas cela pour vous faire plaisir ou vous flatter." répondis-je simplement. Et c’était la vérité, j’énonçais ma pensée avec honnêteté, sans chercher à complaire. Nous n’en avions pas besoin l’un et l’autre. "Vous faites certes de votre mieux, mais c’est bien plus que la plupart des chercheurs. Et j’en connais de moins en moins qui sont prêts à quitter leur confort pour partir sur le terrain."

L’université en était remplie. Les enseignants ou même les chercheurs étaient souvent trop occupés à aligner les recherches et à les faire publier dans de prestigieuses revues pour augmenter leur prestige et leurs revenus, quitte à rendre leurs papiers de plus en plus vide de sens ou dilués. Ce n’était pas le cas de mon interlocuteur, et si la recherche n’était peut-être pas sa priorité, il restait malgré tout plus… authentique. Une sorte d’aventurier savant, survivant d’une période plus glorieuse du monde scientifique. Et avec lequel il était donc agréable de converser.

Il n’était également pas surprenant que nos recherches se croisent, ou du moins se ressemblent. Nous en avions assez vu du monde pour nous faire une idée, en particulier sur ces sujets. Et notre avis sur notre civilisation et ses dérives semblait bien se rejoindre.

"Malheureusement, oui. Mais quelque part, je pense que c’est ce que nous pouvons encore faire pour eux. Rappeler constamment ces faits pour qu’on ne les oublie pas. A défaut de pouvoir empêcher que cela se reproduise."

Mais la suite de la conversation prit un tournant autre lorsque je dus évoquer la raison qui m’avait fait quitter la Nouvelle-Zélande. Là encore, ce n’était que l’énoncé d’un fait, mais je comprenais bien qu’il aurait une toute autre portée sur mon interlocuteur. Je hochais cependant doucement la tête, esquissant un rapide sourire.

"Merci Carso. Je crois qu’après dix ans, il n’y a plus grand chose à faire. Mais… l’attention me touche. Je m’en souviendrai. "

Ce qui était également vrai. On ne pouvait pas grand-chose pour mon cas, du moins c’est ce que j’en étais venu à penser et accepter. Mais peut-être qu’une simple présence pouvait faire quelque chose… Difficile à dire. J’étais resté seul si longtemps, et préférais le rester le plus possible désormais. Mais mon interlocuteur faisait en tous cas partie des personnes que j’estimais assez pour me soucier de leur présence. Même si je préférais ne pas trop m’épancher sur la question.

D’ailleurs, revenir au travail m’arrangeait. Surtout concernant celui de l’archéologue, même si ce dernier préférait ne pas trop en dire. Ce que je comprenais, il fallait parfois savoir garder ses recherches pour soi, surtout avant de pouvoir aller les vérifier sur le terrain.

"J’espère que vous pourrez trouver ce que vous cherchez, alors." commentai-je simplement. "Peu d’endroits le sont encore, désormais. Mais, tant qu’il y a des choses à découvrir…"

Et pour ça, je savais que je pouvais compter sur Carso. Il réfléchit à ma proposition d’aide pour chercher des fonds, puis accepta finalement. Je sortis alors un calepin et un stylo de mon costume, et y inscrivit quelques noms et coordonnées. Je détachai la feuille et la lui tendis. "Ce sont des personnes ou fondations qui ont l’habitude de financer des projets de recherche en sciences humaines et historiques. Dites-leur que vous venez de ma part. Il faudra néanmoins discuter des termes avec eux, la confidentialité de vos recherches est possible, mais peut-être serez-vous forcé d’assister à quelques soirées ou autres œuvres de charité en retour… J’espère que vous avez un trois pièce quelques part dans votre armoire."

On n’avait jamais rien sans rien. Néanmoins, je connaissais ces mécènes depuis un moment et avait l’habitude de traiter avec eux pour financer des recherches, que ce soit les miennes ou pour d’autres collègues de l’université notamment. Ils n’attendaient pas spécialement de retour sur investissement comme d’autres, et restaient encore relativement intègres pour le milieu. Et je ne doutais pas que Carso sache négocier ses financements. Rangeant ensuite mon carnet, je lui répondis avec calme :

"Normalement oui. Tant que je le peux, et j’ai le besoin de me poser quelque part pour travailler à mon aise en ce moment. D’autant que les activités sur cette arche semblent bien animées ces temps… C’est toujours prometteur et stimulant. Et vous, quand espérez-vous partir ? "
Wairua
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Sam 21 Mai 2016 - 20:52
Camille avait raison, ses collègues étaient de moins en moins aventureux. Mais ce n'était pas réellement un problème aux yeux de Carso, qui se disait ainsi qu'il avait un plus grand terrain de jeu. Même si son plus farouche adversaire restait encore et toujours dans les parages. Enfin, c'était ainsi, on ne pouvait pas être un aventurier, sans avoir un autre type capable de vous mettre des bâtons dans les roues. Et puis, il pouvait aussi comprendre la non-envie de ses collègues à se mettre en danger. Car il fallait bien descendre parfois sur la croute terrestre, si l'on souhaitait faire des recherches un peu plus poussées. Lui avait sans doute l'avantage de l'avoir connue, cette terre sans arche. Pour savoir un peu comment se déplacer, contrairement à tous ces bleus.

- C'est vrai, mais je crois que certaines choses leur font peur aussi. Ce qui est paradoxal, vu le métier que nous faisons. Enfin... les mentalités changent au fil du temps, vous en savez quelque chose, n'est-ce pas? Fit-il d'un air entendu, après tout, ils étaient deux immortels qui parlaient ensemble. Ils savaient tout deux ce que cela voulait dire.

C'était en effet le devoir de ces historiens, de garder les mémoires actives, de ne pas laisser les mêmes erreurs se produisent encore et toujours. Mais ce pouvait être difficile, vu la connerie humaine. Mais Carso faisait tout ce qu'il pouvait pour aider ces peuples, en tous les cas. Il hocha simplement de la tête, pour appuyer les propos de son interlocuteur.

- C'est exactement ce que je fais et tente d'inculquer aux plus jeunes. Dans un petit sourire. Voilà pourquoi il acceptait de faire des séminaires, de venir parler devant des parterres d'étudiants.

Caleb avait, en plus, cet avantage d'avoir justement la casquette d'aventurier, pour attirer un peu plus les foules. Ces jeunes esprits voulaient entendre ses histoires et il en profitait pour glisser un peu plus dans son discours. Espérant ainsi éveiller les consciences de tout un chacun.

10 ans... c'était long, tout comme c'était court. Surtout pour un deuil. Il se souvenait de certaines pertes, qui le marquaient encore aujourd'hui. Après de longues années, voir des siècles. Alors quand cela touchait à une femme et un enfant. Il préféra pourtant ne pas insister, chacun gérait son deuil à sa façon, et il ne fallait surtout pas s'immiscer dedans. Il refit un petit mouvement de la tête, avec un sourire.

- C'est la moindre des choses.

Son aide donnée, son ami en ferait bien ce qu'il voulait. L'important était bien qu'il sache qu'il était là pour lui, si besoin.

- Merci Camille. Avec un petit air mystérieux. Il y a toujours des choses à découvrir, il faut simplement savoir où regarder et beaucoup, ont besoin de lunette. Bon ok, il se moquait un peu, mais tant mieux pour lui, ça lui laissait du boulot pour au moins quelques années, voir quelques siècles, s'il se trouvait chanceux.

L'ancien inquisiteur prenait le papier qu'on lui tendait, tout en lisant les noms qui y étaient inscrit, tout en écoutant quand même les indications de son collègue. Il leva les yeux sur lui, avec un petit air amusé, quand il lui parla d'un trois pièce.

- Sûrement perdu quelque part dans des cartons, j'espère que les mites n'en ont pas fait leur nid.

Autant dire que ce n'était vraiment pas sa tasse de thé. Mais il saurait s'en accommoder, surtout si c'était pour la bonne cause. Il fallait parfois se faire violence, on ne faisait jamais toujours ce que l'on voulait.

- Nous risquons donc de nous croiser à nouveau. Ce qui lui faisait plaisir en y pensant. Peut-être ailleurs que dans un musée, ou en costume de pingouin. La remarque sur l'activité de l'arche, ne manqua pas de le faire réagir. En effet, et puis, avec la préparation de cette expo universelle, je me dis que ce n'est pas fini. Marquant un petit temps. Hum, le plus tôt possible, pour ne pas perdre tout ce que j'ai déjà pu faire comme travail sur place.

Même si... Sveda était un facteur qui risquait bien de le faire prendre racine sur l'Arche encore quelques temps, mais il ne pouvait guère en parler. Pour le moment.

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Caleb
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Jeu 23 Juin 2016 - 23:15
La recherche, et la vie de manière générale, avait certes beaucoup changée depuis un siècle. Les phénomènes climatiques qui avaient totalement changé la topographie terrestre avaient eu des impacts énormes sur toutes les formes de vie, et il était encore sans doute trop tôt encore pour analyser pleinement toutes les conséquences. Surtout lorsque nous avions connu autre chose pendant des siècles, comme Carso et moi. Mais c’était également un défi fascinant, autant pour le côté scientifique que pour l’aventure que constituait désormais la recherche sur le terrain. Et visiblement, le second aspect semblait plaire à mon interlocuteur.

"Il doit être difficile ou imprudent de choisir un métier sans en connaître complètement les risques et responsabilités qui vont avec… Mais je ne me fais en effet pas trop de souci, il y aura certainement toujours des personnes que l’inconnu et l’aventure n’effrayeront pas. Et je suppose qu’il faut toujours un certain équilibre entre terrain et théorie."

Les changements de mentalités, nous en avions vu passer. Autre processus intéressant à observer, d’autant qu’il nous incombait également le devoir de rappeler aux hommes les erreurs qu’ils avaient pu commettre durant d’autres époques et sous différentes mœurs. Comme notre discussion sur certains peuples nous le rappelait. Par certains côtés, il me rappelait Sveda. Nous partagions au moins tous les trois cette faculté à traverser l’histoire en tentant d’apporter notre pierre à l’édifice de l’humanité, chacun à notre manière. Mais non sans conséquence. Puisqu’il mentionnait la plus jeune génération, je lui demandais, avec un intérêt tout scientifique :

"Comment pensez-vous que les jeunes considèrent le monde, désormais ? Dans cette époque, et maintenant qu’eux et leur parents, voire leur grands-parents, n’ont connu que les arches ?"

L’aspect pédagogique de notre travail avait toujours eu une part importante, même si depuis mon arrivée ici et mon désintérêt général, elle pouvait être moins forte qu’auparavant. Néanmoins, cela m’intéressait de connaître l’avis de Carso, sachant qu’il avait également assez d’expérience pour permettre des comparaisons plus instructives.

Je me contentais ensuite d’un hochement de tête reconnaissant lorsqu’il proposa son aide pour ma situation, tout en n’insistant pas plus que nécessaire. Le but n’était pas non plus de lui imposer mes propres problèmes, d’autant qu’à mon sens, il n’y avait rien à faire. Le temps devait faire son œuvre. De même, je n’insistais pas plus que nécessaire face au mystérieux projet de recherche de Carso, quand bien même l’intérêt y était.

"Nous sommes d’accord là-dessus. Et tant mieux, finalement, sinon, nous nous ennuierions certainement beaucoup."

A défaut de pouvoir l’aider directement, je pouvais au moins l’aider à trouver un financement. Sans doute l’un des côtés les moins passionnants de notre métier, surtout lorsqu’on n’appréciait guère sortir de nos bureaux ou du terrain pour aller chercher l’argent là où il se trouvait. Mon interlocuteur le prit cependant avec humour, et j’esquissais à mon tour un sourire.

"Ça aurait le mérite d’être orignal. Et l’originalité paie, parfois."

Quand je parlais de danger et conséquences d’un métier. Au moins, c’était quelque chose que nous semblions peu apprécier tous les deux, nous pouvions nous comprendre sur ce point. Le plaisir qu’il sembla éprouver à l’idée de me recroiser me surprit légèrement, mais à la réflexion, cela n’était certes pas une mauvaise chose. Malgré une certaine distance de ma part –nullement dirigée personnellement contre lui, mais tout de même-, nos discussions étaient toujours intéressantes, tout comme notre partage d’expériences souvent semblables.

"C’est plus que probable. Peut-être devrions-nous songer à envisager de collaborer, si votre emploi du temps vous le permet…" Je croisais les bras, légèrement songeur. Après tout, pourquoi pas… Reportant mon attention sur Carso, je lui demandais : "Vous prévoyez de faire quelque chose pour l’exposition ?" Puis j’ajoutai avec un léger sourire, autant pour lui que pour moi-même : "La vie de nomade et de chercheur, c’est toute une affaire…"
Wairua
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Lun 25 Juil 2016 - 20:56
- C'est exactement ce que je pense! Tout en faisant un petit mouvement du doigt dans sa direction, un sourire accroché à ses lèvres. A croire qu'il prenait vraiment plaisir à discuter avec Camille. Mais c'était ainsi, après tout, il l'appréciait vraiment, malgré le don d'empathie qui lui faisait ressentir le peu de ressenti, justement, qu'avait son interlocuteur. Certains voudraient m'accompagner dans mes expéditions. Comme quoi, la relève est là.

Bien qu'il ne prenait jamais personne avec lui, ou presque, Charlie et Matt' étaient les deux privilégiés, mais parce qu'ils connaissaient les risques, ainsi que la façon de faire de Caleb, et mieux valait que ça continue ainsi. Il ne souhaitait pas perdre l'un de ces petits jeunes. Même si en sa compagnie, ils avaient sans doute plus de chance de survie... il y réfléchirait.

- C'est une bonne question. Comme tous les jeunes, de toutes les générations que nous avons connus sans doute. Que ce monde ne leur apportera rien, que de toute façon, tout est voué à l'échec... allez savoir s'il plaisantait ou pas en disant cela. Il se passa une main à l'arrière du crâne. Et sans doute que d'autres, sont plus optimistes.

Au moins, Anima gouttait encore un peu à l'humour, parfois assez nul de Carso.

- Hum, oui, un costard à trou, c'est toujours intéressant, au lieu de piquer leur intérêt, peut-être obtiendrais-je un peu de leur pitié.

Après tout, tant qu'on le finançait, le pourquoi du comment, n'était pas plus important. Chose étrange, avec un homme aussi vieux que lui, qu'il ait encore besoin d'argent. Mais le côté matériel n'était vraiment pas quelque chose qui le caractérisait et il n'avait jamais été très écureuil. Sans compter que jamais, il n'avait vraiment fait un boulot qui lui rapportait beaucoup. Bref, sans être sans le sous, il n'était pas plus riche que cela. Ainsi allait la vie.

La proposition de son interlocuteur ne manqua pas de tirer un nouveau sourire à notre aventurier. Travailler de concert avec lui, lui ferait, bien entendu, plaisir et il était content que la proposition vienne de cet homme. Cela montrait que tout n'était pas encore perdu.

- C'est une idée que je ne vais pas refuser. J'adapterai mon emplois du temps, on trouve toujours le moyen.
Notre homme savait s'arranger. Non, juste m'y balader en tant que touriste et vous? Il eut un petit mouvement de la tête. En effet. Ils savaient tous deux de quoi ils parlaient. Sortant alors son portable. Je vais prendre vos coordonnées, que nous puissions voir comment arranger nos agendas? Autant revenir sur l'important, non?

Et c'était, en plus, un moyen de pouvoir garder le contact avec lui.

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Caleb
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Mar 16 Aoû 2016 - 19:33
Carso sentait-il la retenue dans mon attitude ? Le connaissant, sans doute. Mais il devait également voir que je prenais malgré tout un certain plaisir à cette discussion. Dans le cas contraire, cela ferait longtemps que je me serais éclipsé sans demander mon reste, comme j’avais si bien appris à le faire sans y mettre parfois le moindre tact. Mais mon interlocuteur et moi partagions des points communs assez spécifiques et une expérience dont peu de personnes pouvaient se targuer. Et s’il avait remarqué quoi que ce soit, il avait la délicatesse de ne rien montrer, ce que je lui étais gré.

"L’archéologie aventureuse a donc encore un bel avenir devant elle." Avec un sourire, je désignais le livre que je venais de sortir de la bibliothèque pour obtenir l’aval du conservateur. "Pour cette fois, je m’occuperai de la partie théorique. Mais qui sait, une prochaine fois, on pourrait se recroiser sur le terrain."

Pendant de nombreuses existences, j’avais aussi parcouru la terre, à la recherche de plantes, ruines, animaux, civilisations ; n’importe quel sujet pouvait éveiller ma curiosité et me lancer dans une nouvelle aventure. Mais pour l’heure, et après ces dernières années, je n’aspirais qu’à pouvoir faire mes recherches au calme et à un endroit fixe. Il ne restait plus grand-chose de la passion que j’avais à courir le monde comme Carso, à part la recherche dans les archives et les bibliothèques. Il y avait là bien assez de travail de toute façon. Mais dans une autre vie, allez savoir ce qui m’attendrait, surtout avec la configuration en arche qu’avait pris notre planète.

En parlant de cela, je demandais l’avis de l’archéologue-historien et du prodige plusieurs fois centenaire sur la génération post-Armagedon.

"Vous n’avez pas tort." reconnus-je dans sa remarque somme toute globale mais vraie. "De tous temps, les adultes pensent peu au monde et à l’héritage qu’ils laisseront à leurs enfants et à leurs descendants. Et ils oublient si vite qu’ils ont eux-mêmes été jeunes auparavant…"

A se demander comment le monde avait continué. Peut-être grâce à ceux qui avaient su se montrer un peu plus optimiste.

Dans un domaine plus léger, au moins connaissions-nous l’un des plus grands dangers de la recherche : trouver des fonds. Ce qui permettait de nous en amuser, ayant visiblement aussi peu d’attrait pour ces événements que pour l’argent.

"Tant que vous obtenez leur argent et parvenez à mettre votre amour-propre de côté, pour quelques heures… Mais la perspective de la vraie jungle devrait pouvoir vous permettre de tenir à cette variante mondaine beaucoup moins intéressante."

La possession matérielle et personnelle était un concept qui m’avait depuis longtemps échappé. A chaque fin de vie, le compteur était de toute manière remis à zéro, aussi, pourquoi s’embêter à accumuler des objets et monnaies que l’on perdra à la fin ? Seuls les objets porteurs de connaissance m’intéressaient d’une vie à l’autre, et ces derniers se trouvaient bien souvent dans les bibliothèques, musées et archives. Aussi, à quoi bon m’encombrer ? Je n’avais conservé que quelques souvenirs amassés au cours de mes vies et qui gardaient un intérêt pratique ou intellectuel, et qui étaient désormais soit disposés dans mon bureau, soit conservés dans les archives de ma famille, en Cornouailles. Tout le reste avait disparu, et depuis bien longtemps.

Mon interlocuteur accepta ensuite ma proposition de collaboration, et je le remerciai d’un léger hochement de tête.

"Pareillement, je n’y vais qu’en spectateur. Je ne suis pas vraiment d’humeur à participer plus activement, cette fois-ci du moins. Mais le salon des inventions semble prometteur." Le voyant sortir son portable pour prendre mes coordonnées, je lui dictais mon numéro de téléphone privé et de bureau. C’était de toute manière le dernier où j’étais le plus facilement joignable. Je lui demandais les siennes, afin de pouvoir également le contacter. Quant à mon horaire : "Je suis assez flexible, de manière générale. Je donne quelques cours à l’université, en dehors de mes recherches, mais rien de très accaparant. En revanche… il se peut que j’aie des moments d’absence non-prévus et de durée indéterminée. Dans ce cas, le numéro sera redirigé vers le secrétariat du département d’Histoire, où vous aurez toutes les informations nécessaires."

Mes crises de folie se faisant de plus en plus fréquentes et longues, je ne pouvais jamais prévoir quand et combien de temps elles me tiendraient éloigné du travail et de la vie sociale. Mais cela, mieux valait peut-être éviter de le mentionner. Quoique… J’esquissais un nouveau petit sourire en l’observant.

"Il n’est pas toujours bon d’être un vieux prodige, je crois que vous savez de quoi je parle, non ?"
Wairua
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Sam 27 Aoû 2016 - 14:27
Dante avait un petit sourire, alors qu'il observait toujours cette vieille connaissance. Oh oui, il sentait la retenue, mais aussi le plaisir qu'il avait à le voir. Au moins, n'imposait-il pas sa présence à Anima. Même s'il aurait voulu lui poser un peu plus de questions, pour trouver un moyen de lui faire retrouver un peu plus de goût à la vie. Mais il ne pouvait pas sauver tout le monde, il le savait. Ça n'empêchait rien. Surtout quand on était un empathe comme il l'était.

- On a toujours besoin des chercheurs en bibliothèque. Beaucoup de chose se trouvent dans les livres. Enfin, je ne vous apprends rien, n'est-ce pas?

Même si Carso avait sans doute moins de temps dans les bibliothèques que sur le terrain, il lui fallait pourtant faire ses devoirs avant de partir. Pour savoir où il se rendait et trouver les informations qu'il pouvait sur ce qu'il cherchait. Quand les objets avaient un passif écrit, bien entendu. Il découvrait aussi pas mal de parchemins, bouquins et autres informations en travaillant sur le terrain. Objets qu'il ramenait généralement aux musées. Mis à part quand cela touchait à ses recherches plus personnelles, qu'il préférait garder en sécurité chez lui, sur l'arche helvétique.

- Je vous y croiserai avec plaisir. Et si un jour l'envie vous prend, faites-le moi savoir, on pourra monter une expédition ensemble, aussi.

S'il était le plus souvent solitaire, il n'était pas contre, parfois, à être accompagné par un tiers. Surtout quand il le connaissait et savait de quoi il était capable. L'avantage avec Camille, c'était bien le fait qu'ils étaient suffisamment vieux tous les deux, pour bien connaître le boulot.

- Comme quoi, rien ne change. Malgré les siècles qui passent.

Alors que les enfants espèrent toujours se différencier de leurs parents, ils font tout pareil.

- Oh oui, je ne pense qu'aux jungles sauvages quand je suis dans ce genre d'endroit. Tout en gardant un petit air amusé.

Après tout, il fallait bien trouver le côté positif à ce genre de chose. Il n'aimait vraiment pas demander de l'argent, mais il était bien obligé, s'il souhaitait pouvoir repartir sur la croûte terrestre, ou dans les grandes jungles, pour continuer ses recherches. Les origines de l'Homme, n'étaient pas à portée de mains, malheureusement.

- Oui, je suis curieux de voir les nouvelles inventions. Les idées deviennent de plus en plus folles à force que le temps passe. Un jour peut-être, irons-nous sur la lune! Ce qui offrirait alors de nouveaux espaces de conquêtes et de découvertes. Mais ils en étaient encore un peu loin pour le moment.

- Parfait, je donne aussi parfois quelques conférences à l'université.
Alors qu'il notait le numéro dans son téléphone. Donnant ensuite ses propres coordonnées. Il releva pourtant un regard curieux quand il parla de ses absences. Des... absences?

Peut-être qu'Anima ne voudrait pas en parlait et Carso comprendrait parfaitement. Mais il sentait que tout n'allait pas très bien chez cet homme. Encore une fois, il se sentait l'envie de l'aider. Ce n'était vraiment pas pour rien que Sveda et lui s'était trouvé.

- Mmm... oui... nous sommes affectés par des choses que beaucoup ne pourraient sans doute pas comprendre.

C'était là le poids d'être immortel.

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Caleb
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Mar 13 Sep 2016 - 18:05
Rien ne m’avait plus passionné que de faire avancer la recherche et d’assister aux nouvelles découvertes de la Science, au sens le plus large du terme. Que cela soit en traçant des signes géométriques dans le sable, en observant à travers un télescope ou en parcourant des terres inconnues. J’avais toujours préféré ça aux grandes batailles ou aux jeux de pouvoirs, même si ces derniers s’avéraient malheureusement inévitables. Il n’en restait pas moins que ce qui me motivait toujours à travers le temps, c’était d’apprendre et découvrir. Une passion que partageait mon interlocuteur.

"Les livres sont une mémoire souvent plus fiable que celle des hommes, même à notre niveau." Comme en témoignait l’immense bibliothèque et les archives qui s’entassaient encore dans le domicile paternel, sur l’arche anglaise. "Néanmoins, les livres ne s’écrivent pas d’eux-mêmes, et j’espère pouvoir un jour lire le compte rendu de vos prochains exploits."

Mes lèvres s’étirèrent légèrement en un sourire. Il était toujours plaisant de discuter avec quelqu’un qui partageait les mêmes points de vue, ce qui n’arrivait pas tous les jours. Ne pas partager le même avis que ses collègues était certes quelque chose de normal, surtout au sein d’institutions telles que les universités ou laboratoires de recherche. Mais peu de gens partageait l’expérience que Carso et moi avions, et les perspectives que cela impliquait.

Je restais silencieux quelques instants, réfléchissant à la proposition que l’aventurier venait de me faire de l’accompagner dans l’une de ses expéditions. Venant de sa part, je savais que cela témoignait d’une certaine confiance et il y a quelques années, j’aurais accepté sans une seule seconde d’hésitation. D’un autre côté, je savais que ce n’était pas une offre à prendre avec la légère et dans mon état d’instabilité actuel, ce n’était peut-être pas la meilleure des idées. Néanmoins, je finis par décider que cela ne coûtait rien d’y penser.

"Eh bien, je ne dirais pas non à voir ce que la terre ferme devient, si l’occasion se met. Et si ce n’est pas dans cette vie, ce sera dans la suivante."

Qui sait, je retrouverais peut-être la passion et l’énergie d’il y a plusieurs siècles, une fois les affres de cette vie terminés.

"Et nous non plus, nous ne changeons pas vraiment…" commentai-je simplement, plus pensif que je l’aurais souhaité. Mais je repris vite une expression plus amusée, imaginant Carso rêver d’aventures pour s’évader au moins mentalement de l’enfer des endroits plus pompeux. Chacun sa technique. "La jungle a l’avantage d’être authentique, et de nous laisser l’être également."

Faire des ronds de jambes et des courbettes, ce n’était définitivement pas notre tasse de thé. Je regrettais presque le temps où de grands mécènes s’occupaient financièrement d’hommes et de femmes de sciences ou de lettres, leur épargnant la tâche ingrate de chercher des fonds. Suivant l’individu qui les prenait sous le bras, ils avaient davantage la paix et le loisir de s’adonner librement à leurs activités.

"La lune…" Je restais silencieux quelques secondes, perdu dans mes pensées. Il y a plusieurs siècles, c’était tout simplement impensable. Mais aujourd’hui, pourquoi pas. Cela ouvrait en tous cas des possibilités infinies, ce qui en soi n’était pas une mauvaise chose. "L’homme a pourtant encore beaucoup à apprendre sur lui-même, et il y a encore de quoi étudier sur cette bonne vieille planète avant d’aller au-delà…"

La seule limite, comme le disait l’adage populaire, c’était notre imagination, après tout.

"Dans ce cas, tenez-moi au courant de vos prochaines conférences, j’y assisterai avec plaisir." Je donnais mes coordonnées à Carso, lui indiquant également quand il pourrait me joindre et que faire en cas d’absence. Ce qui sembla attirer son attention. Après quelques instants de réflexion, je ne vis aucune raison de ne pas lui dire la vérité. Comme il le soulignait bien, peu de personnes pouvaient comprendre ce qui nous affectait parfois. "Un corps et un esprit humain ne sont pas faits pour contenir les souvenirs d’autant de vies. Il est parfois difficile de les maîtriser complètement, et des pertes de contrôle peuvent arriver. Quand cela arrive, je préfère alors me retirer, le temps que cela passe. C’est plus sûr, pour tout le monde."

Mon regard se perdit dans le vide quelques instants.

"Ma théorie, c’est que vivre éternellement n’est pas naturel. Peu importe ce qui a créé cette capacité, cela doit être une anomalie, d’où ces contreparties lourdes. Dans l’ordre du monde, nous sommes des anomalies…" Je relevais finalement le regard vers Carso, un petit sourire navré sur les lèvres. Mais d’un côté, je me doutais qu’il comprenait assez bien ce dont je voulais parler. Lui aussi était d’ailleurs libre d’en parler s’il le souhaitait. Ou non. "Mais au moins, nous profitons de ce temps en plus pour réaliser ce qui nous passionne."
Wairua
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Lun 19 Sep 2016 - 17:01
Ahh écrire, ce n'était vraiment pas ce qu'il préférait. Pourtant, comme ses collègues, il lui fallait parfois mettre noir sur blanc, ce qu'il avait fait, ce qu'il avait vu, pour que la mémoire ne s'oublie pas. Il appréciait pourtant les nouvelles technologies, qui lui permettaient de n'avoir plus qu'à parler, pour que tout soit enregistré, puis remis au propre, sans qu'il n'ait trop besoin de se creuser les méninges.

- Heureusement que vous avez du temps devant vous, mes écrits n'arriveront pas tout de suite.


Dante se frotta doucement les mains, avec un sourire sincère, heureux de voir que la proposition pouvait intéresser ce vieil ami. Alors oui, peut-être qu'un jour, ils feront un voyage ensemble.

- Si nous nous ne sommes pas perdu de vue avant, si vous changez d'identité j'entends. Gardez mes coordonnées quelque part, que vous puissiez me contacter. Si cela arrivait.

Carso n'avait jamais trop parlé de comment se passait ces changements d'hôtes avec Wairua, sans doute parce qu'il craignait qu'on vienne, à son tour, lui poser des questions sur son immortalité. Il y avait des sujets, qu'il préférait ne pas aborder et garder pour lui. Parce qu'il n'était pas fier de ce qu'il devait faire et ce qu'il avait déjà fait, plus de fois qu'il ne lui aurait été permis.

- Nous changeons, un peu, quand même. Je pense que toutes les expériences, tout ce que nous vivons, nous changent. Même si ce n'est pas voyant. Hochant de la tête. Très clairement. Et les animaux sauvages, sont toujours plus sympathique, que les requins que nous devons approcher pour quelques malheureux sous.

Il était vrai que la Terre avait beaucoup à apporter à l'homme, mais c'était dans sa nature, de voir toujours plus loin. D'oublier ce qu'il avait à portée, pour toucher l'infini et l'espace, était toujours une source de curiosité.

- C'est un fait, mais l'herbe est toujours plus verte chez son voisin, n'est-ce pas? Et l'infiniment grand, attire plus, que ce que nous avons sous les yeux.
Marquant son approbation d'un mouvement de la tête. Je vous tiendrai au courant, oui.

L'écoutant alors avec attention, se sentant quelque peu triste de voir que certains, ne tenaient plus aussi bien les années qui passaient.

- Pourrais-je vous aider d'une quelconque façon? Si une crise refait surface, appelez-moi, je viendrai vous aider.

Peut-être ne pourrait-il rien faire. Mais une présence amie ne faisait jamais de mal, même dans la folie. Et puis, c'était la nature profonde de Caleb, de vouloir aider ceux qui en avaient le plus besoin. Cet homme, face à lui, faisait partie de cette catégorie. Maintenant qu'ils avaient repris contact, il ne risquait pas de le lâcher de sitôt. Il aurait bien voulu lui répondre, mais une autre voix connue se fit alors attendre.

- Professeur Carso! Un homme s'approcha de lui. Je suis désolé de vous avoir fait attendre. Saluant alors l'homme à ses côtés. Professeur Wintertowne, je dois vous l'enlever, navré.

- Ce n'est rien. Comme vous le voyez, j'ai eu un peu de compagnie. A l'immortel à ses côtés. Rappelons-nous. Lui tendant la main pour la serrer chaleureusement. Ce fût un plaisir, un vrai, Camille. Prenez soin de vous. Et il le pensait.

Puis sans attendre, il dût suivre le directeur du musée dans son bureau. Après tout, c'était pour cela qu'il était venu à la base et il ne pouvait se permettre de lui faire un faux plan maintenant.

Les deux immortels se reverraient sans doute plus vite qu'ils ne le pensaient, après tout, n'étaient-ils pas liés tous deux, par une rose des sables, sans le savoir?

>> Rencontrer la belle famille

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Caleb
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