La Sirène [PV Rylee]

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Jeu 6 Déc 2018 - 23:00
Ça se passe ici:
 

La promenade de Water of Leith est déserte. Comment pourrait-il en être autrement, vu le temps? L'eau n'a pas encore gelé, mais c'est probablement pas loin. D'ici une dizaine de jours, peut-être. Le froid et la pluie ont découragés les habitués comme les touristes. Quoiqu'il n'y en a pas énormement de ce côté-ci de Dean Village. La plupart vont de l'autre côté, vers St Bernard's Well et le centre-ville. Et j'espère pour eux qu'ils sont tous restés au chaud. J'entends la pluie qui crépite sur mon parapluie. Ce n'était pas prudent de sortir dans mon état.

*** Son état. Parlons-en. Elle broie du noir. Cela faire quelques mois maintenant. Depuis que Juno lui a dit qu'elle ne viendrait pas à Edimbourg. Qu'elle devait travailler avec ce nouveau professeur, spécialiste dans son domaine. "L'année prochaine, je retenterais.". Elle lui avait demandé si elle comprenait. Madeline avait fait semblant de comprendre, alors que la peur, l'insécurité et la jalousie naissaient dans son coeur. Elle n'a jamais été la plus lumineuse des jeunes femmes, mais elle s'assombrit. Pas assez pour que je m'en préoccupe, toutefois. Pas encore. Les peines de coeur, ça arrive. Je ne peux pas toutes les faire disparaître. La douleur fait partie de l'humain, et c'est l'humanité que je protège. Pas le bonheur. ***

Quand je pense que sans ce parapluie, il y a des chances que je batte la queue sur le bitume, sans rien pouvoir y faire. Mom et Maman ne voulaient pas que je sorte, je l'ai vu à leur regard. Elles s'inquiètent pour moi. Elles savent que je ne maîtrise plus rien, ou presque, quand je suis dans cet état-là. En ce moment, je suis incapable de prendre des douches. J'avais fait des progrès, pourtant. Tant que je n'étais pas immergée un minimum, ça allait. Je gardais le pouvoir sur mon corps. Mais depuis quelques mois, je suis cantonnée à la baignoire. Décision prise après que je me sois transformée dans la douche et me soit ouvert l'arcade en tombant. Quitte à me transformer, autant que ça soit dans de bonnes conditions. J'étais bien contente de voir que Mom n'avait pas retirés les barres aménagées dans la salle de bain, pour que je puisse sortir seule, et traîner mon corps inutile hors de l'eau, pour me sécher intégralement. Il n'y avait que comme ça que cette foutue queue de poisson disparaissait. Sortir de l'eau, et me sécher.

Je m'assieds sur les pierres qui longent le fleuve, et je regarde l'eau. Si belle, et si cruelle avec moi.


*** Belle et cruelle, c'est ce que je suis. Nourricière et mortelle. Mais Madeline ne saisit pas sa chance. Si elle savait. A quel point elle aurait été révérée parmi mon peuple. A quel point les créatures comme elle ont fasciné, de tout temps. Si elle embrassait sa nature au lieu de la craindre... Elle découvrirait un monde d'ivresse et de liberté. Si elle plongeait dans les eaux de Portobello et me laissait lui faire découvrir ce que j'expérimente à chaque plongée. La caresse des vague, l'extase de la vitesse. L'étourdissement de sa première promenade aquatique. La découverte de ses capacités d'apnées, de mobilité. Elle hait être une sirène parce qu'elle envisage la terre ferme comme normalité. Si elle se donnait l'effort de tenter l'expérience, si elle n'était pas si désespéramment butée... Je crois qu'elle passerait moins de temps sur terre. ***

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là, à regarder l'eau, recroquevillée sous mon parapluie. Je devrais prévenir. Que tout va bien, que j'ai toujours mes jambes et que je vais rester un peu. Maman va s'inquiéter, si je ne rentre pas pour le repas de ce midi. Mais j'ai encore un peu de temps. Je ne suis pas très loin de la maison. Plongeant ma main dans ma poche, j'en sors mon téléphone. Mais un mouvement maladroit me fait lâcher l'objet, que je tente de rattraper en vain. Il tombe dans l'eau peu profonde de la rive, et glisse sur un mètre, sous la force paresseuse du courant. Je retiens un juron, qui ne mènerait à rien. Foutue maladresse. Ce corps maladroit m'exaspère. Comment puis-je manier aussi bien les faits, les chiffres, mais être à ce point malhabile avec mon corps? C'est exaspérant, désolant.

Quelques secondes encore, je regarde mon téléphone, noyé, que le courant ne parvient pas à emporter. Il est fichu, très probablement. Mais je pourrais récupérer la carte mémoire. J'ai dedans des informations que je n'ai pas l'intention de perdre. J'ai pris l'habitude de m'enregistrer régulièrment lorsque je travaille. Les numéros de téléphones se récupèrent, mais mes réflexions sur l’algorithme? Je ne me souviendrais pas de tout. Et compter sur mon cerveau alors que j'ai des trous de mémoire, c'est bien risqué. Je me mords la lèvre. J'en pleurerais presque de frustration.

Comme si j'avais le choix.

J'enlève mes baskets, puis mes chaussettes, que je pose par terre. Mes pieds nus sur la pierre froide font naître un frisson désagréable sur ma peau. Un regard a droite, à gauche. L'endroit est désert, je crois. J'espère. Dépitée, je continue de me déshabiller. Mon jean, plié, posé sur les baskets. Il ne résistera pas à la transformation. Puis mon manteau, mon pull, mon tee-shirt, que j'aurais pu garder... Mais je suis pragmatique. Si je me transforme, je vais tomber. Et si je tombe, je serais mouillée. Hors, je serais bien contente d'avoir des vêtements secs pour réchauffer et me sécher par la même occasion. A vivre des transformations indésirables, on prends quelques réflexes.

Délaissant mes affaires, je quitte, en sous-vêtement et en serrant les dents l'abri de mon parapluie, que je pose par dessus la pile de vêtement, coincé par une pierre pour ne pas qu'il s'envole. Je m'entoure de mes bras, réflexe dérisoire contre le froid. La pluie, clairsemée maintenant, me fait frissonner. Alors, doucement, je descends, jusqu'au bord de l'eau. 2 mètres, Madeline. 2 mètres. Tu peux le faire. Tu en était capable, il n'y a pas si longtemps.
Tu es la maîtresse de ton corps.



*** Je sourirais, si j'avais une tangibilité pour le faire. Si elle savait. Je suis la maîtresse de son corps. Sans moi, rien de tout ça n'arriverait. Elle avance, doucement, hésite. Elle a peur. Moi, j'ai hâte. De ce contact avec une eau sauvage, vive, naturelle. Cela fait si longtemps.***

Je mets un pieds dans l'eau et retient un gémissement plaintif. J'ai l'impression d'avoir mis le pieds dans un étau gelé. Quelques pas, encore. Puis le retour. L'autre pied. Je sens la sirène, qui s'éveille, veut sortir. Altérer mon corps. Je l'en empêche. Un pas de plus. C'est comme un torrent qui s'oppose à ma volonté. Je dois mobiliser toutes mes forces. Mais je ne la laisserais pas sortir. Je continue d'avancer. Et pas à pas, j'arrive, de l'eau jusqu'aux mollets, à peine plus, frigorifiée, jusqu'au cadavre noyé de mon téléphone, que je prends en main. J'ai réussi. Le retour.


*** Enfant têtue. Cède, par les Dieux. Laisse-moi ce plaisir.
Comme j'aimerais prendre le contrôle maintenant, et plonger dans le fleuve. Ma peau ne connaîtrait plus le froid, seulement l'ivresse. Mais je me retiens. Je n'ai pas à intervenir. Et mes envies égoïstes n'ont pas à modifier sa vie. Pas tant que cela n'est pas nécessaire. Et j'ai encore suffisamment d'énergie pour ne pas lui imposer un bain forcé. A regret, je la vois qui se détourne et retourne vers la berge.

Mais soudain, un sourire bien involontaire.
La Sirène a gagné.
***

Le torrent me submerge. Je n'ai plus la force. J'abandonne. Mes jambes se couvrent d'écailles, se soudent, dans ces tiraillements désagréables que je ne peux que subir. Le boxer de coton cède à son tour, moindre de mes préoccupations. Et je perds l'équilibre. Tenant fermement mon téléphone, je gère ma chute. L'habitude. Le corps bascule en avant, et je me receptionne de mes poings.
Un éclat douloureux, et je vois le pourpre colorer le courant, s'échapper avec paresse. Une pierre saillante, sans doute.
Qu'importe. J'ai échoué. Je mérite cette blessure, non? Je n'ai pas réussi à résister.

A moitié immergée dans l'eau glacée, je tape du poings sur le sol de gravier, éclaboussant autour de moi. Alors, piteusement, je soulève ce qui autrefois furent des jambes. Une queue de poissons dans les tons bleus et vert de gris, qui retombe dans une grande gerbe d'eau.


*** Elle fait pourtant une belle sirène. La couleur de sa peau contraste avec les nuances de ses écailles, que l'eau et la lumière grise font scintiller, doucement. Je ne comprends pas qu'on puisse à ce point haïr ce corps, si fort, si élégant. C'est la première qui déteste autant ce pouvoir que j'ai fait naître en prenant possession d'elle. La seule. J'espère qu'elle finira par comprendre.***

J'ai vaguement envie d'exprimer ma rage et ma frustration. Perte de temps. Il faut que je me sorte de là. Maladroitement, je soulève mon buste hors de l'eau et tente de me tirer de là. Mais combattre la transformation m'a épuisée. Il faudra bien que je sorte, de toutes manières. Ce n'est pas comme si quelqu'un aurait l'idée de venir me chercher ici.
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Lun 24 Déc 2018 - 22:15


❝La Sirène❞
Siren & Rylee
La pluie et le froid. Si le froid n’est rien, la pluie c’est chiant pour les motards, on ne voit rien, tout devient glissant et casse gueule. Ca a toujours fait chier Rylee mais bon il pleut assez souvent ici alors elle finit juste pas s’y habituer. Ayant fini son entrainement de boxe mais pas l’envie de rentrer dans le hangar qui lui sert de maison tout de suite elle a décidé de faire le tour de la ville, histoire de profiter un peu de la journée et de ne pas se plonger tout de suite dans une bonne bouteille d’alcool. Rapidement la pluie l’a prise de court et vu la quantité d’eau qui tombe elle a préféré s’arrêter avant de finir dans le décor. Elle a donc mis sa beauté, la prunelle de ses yeux à l’abri sous un petit haut vent et s’est allumée une clope en regardant la pluie tomber devant elle. Ce spectacle a un petit quelque chose de tranquille mais pour Rylee rien n’est vraiment tranquille ou chiant ou énervant, elle a oublié de ressentir ses sentiments depuis longtemps. Ce qui n’est qu’un don a fini par devenir une habitude et elle se sent de moins en moins humaine au fil des années. Cela ne lui pose pas vraiment de soucis mais les gars de son équipe lui disent souvent qu’elle abuse. Elle oublie de s’occuper d’elle. Aussi bien émotionnellement que physiquement elle se sent morte et cela ne va pas en s’arrangeant. Elle a ressenti quelques émotions il y a quelques jours quand elle a appris qu’Iza a peut être des soucis mais aussitôt elle a tout refermé.

La pluie se calme un petit peu, elle est là depuis longtemps, telle une statue de marbre aussi elle se décide à bouger, faisant s’envoler des animaux qui n’avaient pas remarqué à sa présence et elle remonte sa capuche sur sa tête pour ne pas finir totalement trempée même si elle est déjà dans un sale état. Elle se rallume une clope à l’abri de ses mains, se brûlant légèrement mais n’y faisant pas attention avant de poser son regard sur le fleuve. Elle n’a pas forcément fait attention à la jeune femme qu’elle a croisé quelques instants auparavant, elle est un peu plus loin, son regard perdu quand elle entendu un bruit sourd dans l’eau. Par automatisme elle va tourner la tête, sur le qui vive, sixième sens de flic peut être et plisse les yeux pour essayer de voir d’où vient le bruit. Elle se décale légèrement et son regard tombe sur une forme dans l’eau. Pour une fois une lueur de surprise passe dans son regard alors qu’elle dévisage ce qui se trouve non loin d’elle : une sirène. Voila un être bien étrange dans ce décor et même étrange tout court. Pourtant elle n’a pas bu, elle est même étrangement clean pour une fois, ne buvant jamais avant de partir pour son entrainement de boxe.

Elle ne s’est pas rendue compte que ses pas la mènent vers la jeune femme qui est en train de se débattre pour sortir de l’eau. C’est bel et bien une sirène. Elle a vu beaucoup de choses étranges mais ça, ça dépasse de loin ce qu’elle a pu voir jusqu’ici. Elle s’arrête non loin de la jeune femme en finissant de l’observant et remarque le sang qui coule, son épuisement, son masque revient mais la flic n’a jamais laissé une jeune femme dans les ennuis, c’est certainement son plus gros point faible d’ailleurs. Elle ne va rien dire, il n’y a rien à dire après tout aussi elle se contente de marcher sur le gravier puis dans la flotte avant de bloquer sa clope au coin de ses lèvres et de s’accroupir auprès de la jeune femme. « Passes ton bras autour de mon cou » Ce sera déjà une première étape pour pouvoir l’aider à sortir de l’eau. Elle la laisse faire avant de passer un de ses bras autour de sa taille puis le second sous sa queue et elle se redresse en prenant bien appui sur ses pieds qu’elle a ancré au maximum dans le sol, soulevant la sirène dans ses bras pour pouvoir la sortir de l’eau. Rylee ne sait pas si elle doit être dans l’eau ou non, si c’est un don ou non, pour l’instant elle se contente juste de l’aider à faire ce qu’elle désire : sortir.

Elle fait quelques pas dans le gravier avant d’aviser un rebord où elle peut la poser histoire qu’elle puisse s’asseoir. Une fois cela fait, elle défait sa veste qu’elle pose sur les épaules de la sirène histoire qu’elle n’ait pas froid. « Fais voir » Autant mettre quelque chose tout de suite sur sa blessure avant que cela ne s’infecte et elle a tout ce qu’il faut dans son sac de boxe si besoin. Elle n’est certainement pas la meilleure des aides, en tout cas pas la plus douce et réconfortante mais elle reste un roc qui peut prendre en charge les personnes dans le besoin, tant qu’on lui demande pas forcément énormément d’humanité.


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Mar 1 Jan 2019 - 2:25
Stupide queue de poisson. Je ne suis pas bien douée avec deux jambes, alors si l'on ne m'en donne plus qu'une et qu'on remplace mes pieds par une foutue nageoire...

Mon cerveau engourdi semble avoir réalisé pleinement que j'avais la main blessé. La douleur vient par vagues. Mais je n'ai pas aussi froid que je devrais. Je tremble un peu, mais j'ai surtout l'impression que c'est à cause du choc et de la fatigue. Ma chair de poule s'est résorbée, et pourtant, je baigne jusqu'au torse dans une rivière qui ne doit pas être à plus de 3 degrés. Ma curiosité s'éveille et je me force à la faire taire. Ce n'est pas le moment de faire des expériences. Il faut que je sorte et que je récupère la faculté de marcher avant que Mom ne rameute tout le quartier pour une battue.

Un instant, je songe à plonger, suivre le courant, pour récupérer un endroit, peut-être, ou l'accès serait plus facile.


*** Elle y songe, mais renonce rapidement. Au fond, elle sait que si elle nage... Peut-être qu'elle aimera ça. Et elle s'y refuse. Elle ne peut rien me cacher. Je lis en elle comme si... et bien, comme si nous n'étions qu'une seule personne. C'est presque vrai. Intangible, je souris. Un jour, elle cédera. Sa curiosité serait trop forte.***

Je me suis retournée. Assise dans l'eau, ma queue repliée sous moi, je regard ma nageoire caudale, immense. Si lourde. Et un instant, je ne sais plus quoi faire. La seule solution logique qui me vient à l'esprit c'est d'essayer de me traîner jusqu'aux rochers, pour m'en servir d'appui. Ça semble tellement loin. Infaisable, dans mon état.

*** Elle se fige. Elle a entendu du bruit et a un début de mouvement. Je le reconnais, ce mouvement. L'instinct de la créature qui sait qu'elle n'appartient pas au monde des humains et qu'elle doit se cacher d'eux. Une vraie sirène aurait plongé, sans se poser de question. Mais Madeline est un ersatz, modelée par la vie dans un monde tolérant, où sa logique sait qu'elle ne se fera pas capturer ou écorcher vive. Alors elle se fige, simplement. Comme un animal effrayé.***

Des pas. C'était des pas, non? J'arrête de bouge, paralysée, avant de me rendre compte que cesser de respirer ne me fera pas disparaître. Je voûte le dos et plonge mon regard dans l'eau. J'aurais préféré que personne ne me vois comme ça. Jamais. Mais... Il y a bien des gens qui l'ont accepté. Mes parents, certains professeurs. Et Juno. Elle disait toujours que mes transformations la faisaient m'aimer encore plus. Parce que j'étais un mystère de la nature, et qu'elle adorait les mystères.

Les pas se rapprochent, toujours plus, et je n'ai toujours pas bougé. Comme si j'avais quelque part ou aller. La personne avance dans l'eau. J'aimerais qu'elle dise quelque chose. N'importe quoi. Même une insulte.
Mais rien que le silence. On s'accroupit à côté de moi, et seulement je tourne le regard.

Je découvre une femme, une cigarette aux lèvres, qui me regarde. Pas de jugement. Ni bon, ni mauvais. Elle me regarde juste. Mon regard à moi doit être tellement désespéré. Effrayé, même. Je déglutis. Mes yeux s'agrandissent rien qu'un peu, lorsqu'elle me dit de passer mon bras autour d'elle. Elle veut m'aider. J'hésite une seconde. Pas plus .Sans elle, je ne sortirais probablement pas.

Alors je m'exécute. Elle me soulève, comme si elle n'avait besoin d'aucuns efforts pour ça. Je me sens rougir, alors je baisse le regard. Je n'arrive pas à prononcer un mot, rien. Elle m'aide à m'asseoir sur un rocher. Au sec. Je sens ma poitrine se décompresser, rien qu'un peu. Je vais redevenir humaine. Ce n'est qu'une question de temps, maintenant.

Les yeux fixés sur le sol, je sens quelque chose de chaud sur mes épaules. Sa veste.


*** Elle en rougit encore plus, la pauvre enfant. Je lève les yeux au ciel. Elle est parfois si...innocente. Cela en deviendrait presque exaspérant.***

Je relève les yeux. Elle me regarde, sans un chouilla de curiosité. Comme si elle faisait ça tous les jours, de sortir des sirènes de l'eau. C'est peut-être vrai. Elle pourrait.

Je mords ma lèvre.


- Je suis désolée. A cause de moi, tu vas chopper la mort.

*** Maddie l'a tutoyée. Et a voir les yeux qu'elle fait, elle en est la première surprise. Mais elle sait, je sais, que ça semblait juste. Comme la chose à faire. Elle a des élans de spontanéité, parfois, que je ne parviens pas tout à fait à comprendre. Elle regrette celui-ci instantanément. Prend garde, ma fille, rougis encore et tu vas finir par t'enflammer.***

- Pardon, je... vous...

Si je pouvais disparaître, là, maintenant. Pourquoi n'ais-je pas le don d'invisibilité? Pas de doutes que ça aurait été bien plus pratique.

- Merci.

Pour ça, au moins, je n'ai pas besoin de pronom personnel. Et c'est le moins que je puisse lui dire après qu'elle m'ait tirée de l'eau. Je ne croyais plus vraiment aux chevaliers depuis mon enfance. Je n'avais jamais vraiment été du type dragon princesse et compagnie mais... c'est à ça que je pense quand je l'observe -en douce. Un chevalier. Enfin, tu parles d'une princesse. Je finis par lui montrer ma main, et en profite pour y regarder moi-même de plus près. La paume est déchirée sur quelques centimètres. Je ne crois pas que ça soit très grave, très endommagé, puisque mes doigts jouent quand je le leur demandent. Mais entre la vase, les graviers et les autres microorganismes qui doivent pulluler dans cette rivière, j'imagine que je devrais nettoyer. J'enlève en grimaçant les quelques débris que je peux saisir, mais alors que le sang se mêle a l'eau qui ruisselle sur ma peau, je ferme le poings.

Je me sens tellement... nue. Vulnérable. Et un instant, j'ai l'impression de suffoquer. J'arque mon dos et me ramasse sur moi-même, jusqu'à poser mon front contre ces fichues écailles, les bras serrés autour de mon buste malingre. Je ferme très fort les yeux, et je sens les larmes perler. Retiens la panique, Madeline. C'est fini. Le plus dur est passé. Maintenant, ça va aller. Une respiration, deux, ou trois. Il faut que je me calme. Je ne vais pas en plus fondre en larme devant cette nana. J'ai suffisamment honte. Même moi j'ai mes limites.


- Je suis désolée.

Il ne pleut plus. J'espère que ça va durer.

- Tu n'es pas obligée de rester.
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Ven 11 Jan 2019 - 15:34


❝La Sirène❞
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La sirène est l’opposée de Rylee, il y a tellement de sentiments qui passent dans ses yeux que la flic a l’impression d’être submergée mais elle reste de marbre face à cela. Non pas que la détresse de la jeune femme ne la touche pas mais elle ne le laisse pas paraitre. Elle lui fait penser à certaines victimes qu’elle a trouvé enfermée après des jours de recherche ou certains parents de victimes totalement sous le choc. Elle a déjà vu tellement de fois ce regard qu’elle ne le compte plus mais ce n’est pas pour autant qu’elle y est insensible, surtout qu’elle n’a encore jamais eu à sortir une sirène de l’eau. Cette jeune femme semble toute fragile et pourtant les légendes sur ce genre de créatures ne sont pas douces et elle réagit un peu tard que si c’est un stratagème pour l’entrainer dans l’eau c’est rudement efficace mais Rylee sait très bien que les femmes sont sa principale faiblesse. Et ce serait certainement une bien belle mort après tout. Elle la sort donc de l’eau puisqu’elle semble totalement paniquée d’être ici et surtout très faible. Elle la sent trembler dans ses bras alors qu’elle la porte vers un rebord et défait son manteau pour lui mettre sur les épaules. Ce n’est pas la veste la plus chaude au monde mais cela la coupera du froid et du vent quelques instants.

Elle ne répond pas tout de suite aux bafouillements de la jeune femme car ce n’est pas son genre de parler pour ne rien dire, elle se contente de regarder sa blessure et apprécie que la pluie se soit arrêtée. Pour une fois que les éléments les emmerdent pas sur cette arche. « Je vais te soigner ça. » se contente t’elle de dire alors que la jeune femme recroqueville ses doigts avant de le faire avec son corps entier comme si elle allait pouvoir se protéger ici mais ça ne sert à rien, on est au milieu de nulle part et on ne voit qu’elles mais c’est un réflexe humain. Ca ne sert juste à rien à part perdre du temps mais Rylee se sait rude sur ce sujet là. Et pas que sur ce sujet là d’ailleurs. « Arrêtes de t’excuser » fait la flic rudement avant de se rendre compte que ce qu’elle vient de dire ressemble plus à un ordre qu’autre chose aussi elle grimace un court instant avant de reprendre. « Ecoutes. Si j’avais voulu te laisser dans la merde je t’aurais laissé dans la flotte, ok ? Donc arrêtes de t’excuser, on soigne cette blessure, je te ramène où tu veux et après y'a pas de soucis on oublies, ok ? » On ne va pas commencer à partir dans tes tonnes de remerciements à la noix ça va la faire chier donc autant aller au plus rapide.

Elle attend que la jeune femme acquiesce avant de retourner à sa moto pour récupérer son sac de boxe où elle garde toujours de quoi se soigner parce que parfois les coups portés brisent plus qu’ils n’entrainent. Elle revient quelques instants plus tard, s’installe sur un rocher et commence à virer les morceaux qu’elle peut retirer à la main de la plaie de la sirène. Elle ouvre son sac -où y’a marqué RYLEE dessus au feutre- pour en sortir une bouteille d’eau et file dans l’autre main de la sirène une flasque d’alcool fort « Pour la douleur si t’as besoin. » Parce qu’elle n’a pas d’anti douleur sous la main et l’alcool ça sert à tout. Elle vide ensuite l’eau dans la plaie histoire de nettoyer puis y colle une bonne dose d’antiseptique avant de coller quelques strips et de lui faire un bandage. Elle est loin d’être médecin mais elle s’est assez fait péter le nez, arcades, pommettes ou doigts pour savoir soigner ce genre de bobos. Elle remet sa trousse à pharmacie dans son sac d’où on voit clairement dépasser des gants de boxe, un tee-shirt et une serviette. « Tu veux une serviette ? Je viens de l’utiliser mais c’est mieux que rien ». Enfin elle s’en est servie pour s’essuyer après sa douche mais elle est propre quoi et la sirène a peut être envie de se sécher un peu vu qu’elle ne semblait pas super à l’aise dans l’eau. Enfin elle n’en sait rien mais elle propose quoi.


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Mer 23 Jan 2019 - 2:42
"Arrête de t'excuser". Les mots claquent un peu violemment, et me prennent de cours. Assez pour que je réalise le ridicule de la situation, et m'applique à me calmer, en tous cas.

*** Si j'en avais la possibilité, je sifflerais d'admiration. Impressionnante, la chevalière. Elle réussissait en quelques mots à contrôler ce qui m'exaspérait le plus chez Madeline. Sa propension extraordinaire à se perdre au cœur d'elle-même lorsqu'elle était confronté à des évènements imprévus ou à des émotions trop fortes. Ses mères trouvaient ça attendrissant, lui disait que sa sensibilité était une force à exploiter. Je n'était pas totalement en désaccord avec elles. J'estimais juste que Maddie ne l'exploitait pas, et se contentait de se laisser submerger par elle.***


Je me redresse, un peu interloquée, à temps pour la suite. Elle n'a pas tord. Elle a même scandaleusement raison. Elle aurait pu me laisser. Elle ne l'a pas fait. C'était son choix.
Tout ceci est parfaitement logique, au final. Un être A prends une décision A' qui impacte un être B. Si effectivement A' induit deux hypothèses B' et B''... Ce ne sont que des résultantes d'un calcul qui a déjà été fait.

Alors... J'acquiesce. Et je la regarde s'éloigner vers sa moto, que je n'ai pas les connaissances pour admirer. J'ai toujours trouvé ça... à la fois attirant et dangereux, les motos. Et alors que je regarde son dos, je me dis que ça lui ressemble. Je sens que je rougis, de nouveau.


*** Un lien. Oh, il leur est invisible. Et palpite à peine, pour le moment. Mais quand moi, j'observe la sauveuse de mon hôtesse, je vois ce qu'elle ne distingue pas encore. Le potentiel de quelque chose. Rien de concret, rien de défini. Juste... un chemin, qui se dessine. Vers où, vers quoi, je l'ignore. Si je suis omnisciente je ne suis pas devin. Mais je ne crois pas au hasard. C'est dans ma nature.***

Je lui laisse ma main à soigner. Elle fait ça méthodiquement, détritus après détritus. Pas perturbée par la blessure. Je me demande qui elle est. Pourquoi elle est là. Pourquoi elle m'aide, pourquoi elle est si imperturbable, pourquoi le sac, la moto, l'alcool qu'elle me met dans la main. J'ai un tressaillement alors qu'elle retire quelque chose qui était planté un peu plus profondément que ce que je pensais. Mais je retiens le gémissement pitoyable que j'aurais lâché devant n'importe qui d'autre. Pas devant elle.
Question... d'orgueil, je crois.

Je regarde son sac. Rylee. Son nom. Je n'arrive pas à savoir si ça lui va ou pas. Je finis par décider que ça n'est pas à moi d'en être juge. C'est son nom. C'est comme ça, c'est tout. Elle est boxeuse. Ça, par contre, ça lui va bien. Je regarde la flasque d'alcool. Je regarde son visage, affairé à rincer la plaie qui apparaît, lézarde sanguinolente. Maman va criser. Un frisson. Le froid sur les quelques gouttes d'eau qui glissent depuis mon soutien-gorge détrempé sont autant d'épingles à même ma chair. Moi qui avait un temps supporté cette température, je prends rapidement conscience de mon état. A moitié nue sur une arche ou le vent, la pluie et le froid sont des locataires réguliers. Au moins de décembre. C'est complètement ridicule.

Rylee me propose une serviette.


- Je veux bien.

Je retiens un merci, pas certaine de mon droit à prononcer ce mot devant elle. Qu'est-ce qui était acceptable, qu'est-ce qui ne l'était pas... Un mystère pour moi. J'hésite, un quart de seconde.

- Est-ce que tu veux bien récupérer mes affaires, aussi ?Elles sont sous un parapluie, derrière ce rocher, là...

J'y serais bien allé, mais... Pas évident sans pouvoir marcher. Une seconde, je prie pour qu'une bourrasque farceuse et purement écossaise n'ait pas tout envoyé à la flotte. J'avoue que je compte un peu sur mon jean et mon pull. Essayant un peu maladroitement d'être discrète, je retire le soutien-gorge que je laisse tomber par terre. Et méticuleuse, je commence à m'essuyer. Le torse, le dos, les bras, le ventre. Puis la queue de poisson. Retirer la moindre goutte d'eau de ma peau et prier pour qu'il ne se remette pas à pleuvoir, ou bien je suis foutue. Le vent est de mon côté.

Je sens la sirène battre en retraite. Elle sait reconnaître sa défaite. Ce n'est plus son royaume désormais et elle me laisse redevenir humaine. Les écailles disparaissent, et ma queue se désolidarise pour me rendre mes jambes, aussi vite qu'elle me les avait prise. De la sirène, il ne reste rien qu'un souvenir.

Je croise les jambes, rougissant de ma nudité, et ressert un peu les pans de sa veste sur mon torse.
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